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Assemblée générale de l'AAFC du samedi 5 avril 2014

Rapport d'activité

présenté par Patrick Kuentzmann

secrétaire général de l'Association d'amitié franco-coréenne

 

 

En Corée, l'année 2013 fut marquée par deux anniversaires significatifs : le soixantième anniversaire de l'armistice de Panmunjom qui mit fin aux combats de la guerre de Corée ; le soixante-cinquième anniversaire de la fondation de deux Etats coréens, la République de Corée au sud et la République populaire démocratique (RPD) de Corée au nord, après l'échec - largement imputable aux influences extérieures - des tentatives des Coréens patriotes de toutes tendances, du nord et du sud, de parvenir à un gouvernement unifié dans la péninsule coréenne.

Ces anniversaires sont autant d'échos de l'histoire tourmentée de la Corée au vingtième siècle résonnant encore aujourd'hui.

La division de la péninsule coréenne en 1945, par le jeu des grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, soit la division d'un peuple uni pendant plusieurs siècles, partageant une même langue et une même culture, constitua une erreur historique. Cette erreur fut d'autant plus injuste et tragique qu'elle engendra une guerre civile atroce, vite internationalisée, qui faillit dégénérer en un conflit mondial destructeur. Faute d'un véritable traité de paix après 1953, la Corée reste « techniquement » en état de guerre aujourd'hui et les tensions du printemps 2013, suite aux manœuvres militaires américano-sud-coréennes, une provocation aux yeux de la RPD de Corée, rappellent au monde entier qu'une déflagration de première ampleur peut toujours partir de la « poudrière » coréenne.

C'est dans ce contexte que des délégations de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) se sont rendues à deux reprises en Corée du Nord au cours de l'année 2013, en juillet à l'occasion du soixantième anniversaire de l'armistice de 1953 (appelé au Nord « victoire dans la Guerre de libération de la Patrie ») et en septembre pour le soixante-cinquième anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée.

Ces séjours d'une dizaine de jours chacun ont, bien sûr, été trop courts pour permettre une vue exhaustive d'une société aussi complexe que la société nord-coréenne. Néanmoins, les séjours effectués en 2013 en RPD de Corée ont donné une vision d'autant plus intéressante des évolutions en cours dans le pays que les deux précédents voyages de délégations de l'Association d'amitié franco-coréenne eurent lieu en octobre 2010 et en avril 2012. Autrement dit, ces trois dernières années, nous avons pu observer, sur place, la situation de la RPD de Corée tous les 18 mois au moment où le pays connaissait une évolution majeure majeur de son histoire : l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-un après le décès de Kim Jong-il, le 17 décembre 2011.

Plutôt que d'une transformation radicale de la RPD de Corée depuis 2010, il convient de parler d'une accélération des mouvements déjà amorcés à l'époque. Cette accélération se voit, d'abord, dans les transformations subies par la capitale nord-coréenne Pyongyang : construction de nouveaux quartiers d'habitation, multiplication des installations culturelles et de loisirs, engouement pour les nouvelles technologies, intensification du trafic automobile, etc…

Indéniablement, ces transformations traduisent une amélioration de la situation économique en RPD de Corée, probablement supérieure à la croissance de 1,3 % estimée par la Banque de Corée (du Sud) pour l'économie nord-coréenne en 2012. Cette amélioration est d'autant plus remarquable que le pays reste frappé par de nombreuses sanctions économiques et financières en raison de ses programmes nucléaire et balistique (le « pays le plus sanctionné du monde » avoua même un jour de 2008, comme pour s'en féliciter, le président américain George W. Bush). Aux nombreuses critiques qui, en France et ailleurs, argueront que « Pyongyang n'est qu'une façade », on pourra rétorquer que, quand on se rend sur place, on voit qu'il y a de la vie derrière la façade... On pourra aussi leur poser cette question : Si ce n'est qu'une façade, pourquoi les Nord-Coréens n'ont-ils pas apporté toutes ces améliorations à leur capitale auparavant?

L'évolution des slogans en RPD de Corée est aussi révélatrice : jusqu'en 2012, année charnière marquant le centième anniversaire du fondateur de la République populaire démocratique de Corée, Kim Il-sung, l'objectif affiché était de bâtir « un pays puissant et prospère ». En 2013, il a beaucoup été question de l'émergence d'une « société de haute civilisation », but affiché de la multiplication des installations culturelles et de loisirs, non seulement dans la capitale mais aussi en province (station de ski de Masik, dans l'est du pays). Au quantitatif doit maintenant succéder le qualitatif, en quelque sorte.

On se met même à rêver de ce que la Corée du Nord pourrait accomplir si les sanctions étaient levées. Et on s'interroge sur la raison de ces sanctions, sanctions multilatérales imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies et sanctions unilatéralement prises par les Etats-Unis, le Japon ou la Corée du Sud, bien loin, dans le cas de cette dernière, de l'esprit des déclarations Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007.

Posons-nous la question de la justification des sanctions qui frappent la RPDC.

Les sanctions à l'encontre de la RPD de Corée sont-elles dues à son programme nucléaire? Il est exact que, le 13 février 2013, la Corée du Nord a procédé à son troisième essai nucléaire, étant de ce fait soumise à un nouveau train de sanctions. Mais la force de dissuasion nord-coréenne (une dissuasion du faible au fort qui, dans son esprit, n'est pas sans rappeler celle voulue en son temps pour la France par le général de Gaulle) est une conséquence, non la cause, de l'absence d'un régime de paix permanent dans la péninsule coréenne.

Dès lors, il appartient aux Etats-Unis d'adopter une attitude responsable et d'engager au plus vite des négociations de paix avec la RPD de Corée pour mettre fin à un état de guerre qui dure depuis plus de soixante ans. C'est bien le moins qu'on puisse attendre d'une puissance dont le budget militaire est, selon une estimation « optimiste », cent fois plus élevé que celui de la Corée du Nord.

Seconde question concernant les sanctions : les sanctions prises à l'encontre de RPD de Corée sont-elles dues à son programme balistique? Bien sûr, les techniques utilisées dans les missiles balistiques et dans les fusées spatiales sont les mêmes. Maîtrisant ces techniques, la Corée du Nord a lancé, avec succès, une fusée et mis sur orbite un satellite le 12 décembre 2012. Mais, là aussi, ce lancement a suscité un durcissement des sanctions à l'égard de la RPD de Corée, laquelle a ainsi eu le triste privilège de devenir le premier pays à être sanctionné pour un programme spatial.

Le lancement d'une fusée par la Corée du Sud en janvier 2013 n'attira pas les mêmes foudres de la « communauté internationale », mettant en évidence le « deux poids et deux mesures » pratiqué par la dite communauté réduite, dans le meilleur des cas, aux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies.

En Corée du Sud, l'évolution de la situation politique et sociale fait craindre un tournant autoritaire dans ce pays et un retour aux pratiques d'avant 1987.

Il est maintenant avéré que l'élection de Mme Park Geun-hye à la présidence, le 19 décembre 2012, a été précédée d'une campagne de manipulation de l'opinion publique par les services de renseignement sud-coréens, lesquels entendaient ainsi favoriser l'accession au pouvoir de la fille du général Park Chung-hee, dirigeant de la Corée du Sud de 1961 à 1979. En Corée du Sud, l'année 2013 fut jalonnée par les tentatives des autorités de masquer l'ampleur de la fraude par des manœuvres de diversion grossières, par exemple en brandissant le danger d'un complot « anti-Etat » venant d'opposants politiques ou en lançant des campagnes médiatiques contre la Corée du Nord, à base de rumeurs et d'informations non sourcées, campagnes malheureusement largement relayées par les médias français.

Sur le plan social, les autorités sud-coréennes ont eu recours à la coercition et à la répression, en interdisant, le 24 octobre, le Syndicat des enseignants coréens et en lançant une vague d'arrestation parmi les cheminots en grève, à partir du 9 décembre, contre la privatisation des chemins de fer.

En République populaire démocratique de Corée, la fin d'année 2013 a été marquée par l'exécution, pour haute trahison, de Jang Song-thaek, membre du bureau politique du comité central du Parti du travail de Corée et vice-président du Comité de la défense nationale, plus haute instance du pays. Le bureau national de l'AAFC a pris acte de cette évolution politique majeure en RPDC, tout en réaffirmant son opposition à la peine de mort.

Enfin, rappelons que l'année 2014 marque le cinquantième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la République française et la République populaire de Chine. En 1964, la France fut un précurseur au sein du camp occidental, ignorant les critiques pour nouer des liens puissants avec la Chine. En 1968, la France fut encore à l'avant-garde avec l'ouverture d'une délégation commerciale de la République populaire démocratique de Corée à Paris (élevée en 1984 au rang de délégation générale). Mais, aujourd'hui, la France reste le seul pays de l'Union européenne, avec l'Estonie, à ne pas avoir de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée. Cette anomalie marque un inexplicable effacement de la France dans cette partie du monde où, par son histoire, par son rayonnement, par les valeurs qu'elle porte, elle pourrait être un médiateur de premier plan entre les différentes parties, dans l'intérêt de la paix en Corée et donc de la paix du monde.

Cinq grands axes ont donc guidé l'action de l'AAFC en 2013 :

Encouragement des changements positifs en cours en République populaire démocratique de Corée, dont nous avons été les témoins en 2013, face aux sanctions de toutes natures qui frappent la RPD de Corée.

Soutien à la mise en œuvre des déclarations intercoréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 pour un dialogue intercoréen fructueux faisant avancer la cause d'une réunification de la péninsule coréenne dans l'indépendance et dans la paix.

Ouverture de négociations pour qu'advienne une véritable paix en Corée.

Fin du « deux poids et deux mesures » dans les relations internationales, singulièrement quand il s'agit de la Corée.

Adoption par la France d'une politique envers la Corée, digne d'un grand pays attaché aux valeurs d'indépendance et de souveraineté et dont la voix reste écoutée dans le monde.

Pour cela, l'AAFC a mené plusieurs actions dans de multiples domaines.

Voyages de l'Association d'amitié franco-coréenne en Corée

Du 6 au 20 mai, six adhérents de l'AAFC ont participé à un séjour dans les provinces chinoises du Jilin et du Liaoning, organisé par l'Association Rennes-Chine, à la rencontre de la minorité coréenne.

Du 24 juillet au 6 août, une délégation de huit membres de l'AAFC s'est rendue en RPDC pour le soixantième anniversaire de l'armistice de la guerre de Corée. Ce voyage a fait l'objet d'une réunion de compte rendu le 2 septembre à Paris.

Du 6 au 16 septembre, une seconde délégation de trois membres l'AAFC est allée en RPDC pour le soixante-cinquième anniversaire de la fondation de la RPDC. Ce voyage a fait l'objet d'une réunion de compte rendu le 4 octobre à Paris.

Outre ces voyages, l'AAFC peut aider à l'organisation des déplacements en RPDC de personnes ayant un projet précis.

Actions de l'Association d'amitié franco-coréenne vis-à-vis des pouvoirs publics

Le 14 janvier, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a répondu à la lettre adressée le 30 novembre 2012 par André Aubry, président de l'AAFC. Le contenu ne diffère pas sensiblement des précédentes réponses du MAE français aux questions de l'AAFC, mais le fait que le Ministre signe lui-même marque une évolution intéressante, au moins un intérêt renouvelé des autorités françaises pour la question coréenne.

Le 28 janvier, en cette année de soixantième anniversaire de la fin des combats en Corée, et à l'approche des manœuvres militaires américano-sud-coréennes annuelles de mars-avril, le président de l'AAFC André Aubry a écrit une lettre à S.E. Charles H. Rivkin, ambassadeur des Etats-Unis en France, pour lui faire part des préoccupations de l'Association d'amitié franco-coréenne et se tenir à sa disposition pour une entrevue. Cette lettre est malheureusement restée sans réponse.

Le 2 mai, à l'assemblée nationale, le député Jean-Jacques Candelier (GDR, Nord) a déposé d'une nouvelle proposition de résolution estimant urgent un traité de paix en Corée. Cette proposition fait suite à la pétition lancée en 2008 par l'association sud-coréenne SPARK et relayée par l'AAFC depuis 2010

Solidarité de l'Association d'amitié franco-coréenne avec la lutte du peuple coréen pour la paix et la réunification

Le 8 mars, début des manœuvres militaires annuelles américano-sud-coréenne, le bureau national de l'AAFC a publié, sous forme de communiqué de presse, une déclaration « Pour la paix en Corée, il faut faire entendre la voix du dialogue et de la raison ».

Le 12 mai, à l'issue des manœuvres militaires américano-sud-coréennes, au vu du déchaînement médiatique qui a accompagné ces exercices, l'AAFC a été à l'initiative d'un appel-pétition « Assez d'hypocrisie à propos de la Corée du Nord », signé par des personnalités extérieures de divers horizons : le député Jean-Jacques Candelier, la chef d'orchestre Elizabeth Cooper, le grand résistant Léon Landini, le directeur de la revue Afrique-Asie Majed Nehmé, le syndicaliste Jean-Pierre Page…

Le 11 juin, Maurice Cukierman, Benoît Quennedey et Patrick Kuentzmann, membres du bureau de l'AAFC ont accordé un entretien à la revue The Front de l'Institut de recherches coréennes du 21eme siècle à l'occasion du treizième anniversaire de la déclaration Nord-Sud du 15 juin.

Pendant le traditionnel mois de solidarité avec le peuple coréen (25 juin-27 juillet), marqué cette année par le soixantième anniversaire de l'armistice en Corée, l'AAFC a organisé deux réunions, le 29 juin et le 22 juillet. Cette seconde réunion fut l'occasion de rendre hommage à Henri Alleg, grand militant pour l'indépendance des peuples, qui fut adhérent de l'AAFC, décédé le 17 juillet.

Agir pour un meilleur avenir en Corée signifie ne pas oublier le passé. Il convient de toujours rappeler l'histoire tourmentée de ce pays au vingtième siècle et appuyer les justes demandes du peuple coréen, du Nord, du Sud et outre-mer, qui réclame justice. Ainsi, l'AAFC s'est associée aux actions du Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclaves sexuelles par le Japon (les « femmes de réconfort »), lors de la visite en France d'une délégation dudit conseil en septembre.

Le 18 septembre, l'AAFC a participé à une manifestation au Trocadéro en soutien au combat des anciennes « femmes de réconfort » pour la reconnaissance de ce crime commis par l'armée impériale japonaise pendant l'occupation de la Corée. A cette occasion Benoît Quennedey a été interviewé par la télévision sud-coréenne.

Le 20 septembre, l'AAFC a accueilli à la Maison des association du 16ème arrondissement une conférence de Mme Kim Bok-dong, ancienne « femme de réconfort »,en visite en France avec la délégation du Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclaves sexuelles par le Japon. La chaîne sud-coréenne KBS a aussi rendu compte de cet événement.

Le 30 septembre, par une déclaration de son bureau, l'AAFC a apporté son soutien au député sud-coréen du Parti progressiste unifié Lee Seok-ki, emprisonné, et plus tard condamné à 12 ans de prison, pour complot contre l'Etat sud-coréen. Une analyse objective des faits montre que cette condamnation est abusive et constitue une nouvelle manœuvre de diversion du parti actuellement au pouvoir en Corée du Sud, soupçonné de fraude dans l'élection présidentielle du 19 décembre 2012, et traditionnellement défavorable au rapprochement intercoréen, notamment aux déclarations Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007.

Le 16 octobre, l'AAFC a co-organisé à Paris, avec la Gangjeong Village International Team, une conférence du maire du village de Gangjeong, Kang Dong-kyun, contre la construction d'une base militaire sur l'île de Jeju, menace contre l'environnement de l'île et plus généralement contre la paix en Asie du Nord-Est.

Du 11 au 14 novembre, à l'invitation du Comité pour la déclaration du 15 juin 2000, des membres de l'AAFC ont participé à la Conférence internationale sur la paix et la réunification de la péninsule coréenne de Potsdam, en compagnie de Coréens du Nord, du Sud et d'outre-mer.

Interventions de l'Association d'amitié franco-coréenne à l'extérieur et dans les médias

En janvier, a été publié l'ouvrage du vice-président de l'AAFC en charge des actions de coopération, Benoît Quennedey, L'Economie de la Corée du Nord en 2012 : Naissance d'un nouveau dragon asiatique? (Indes Savantes). Cet ouvrage, seul de son genre en langue française, constitue une bonne base de réflexion sur la situation économique de la RPDC et suscite déjà un intérêt certain.

Le 13 février, en réaction au reportage diffusé par France 3 « Sur la piste des Françaises kidnappées en Corée du Nord », l'AAFC a publié sur son site une analyse dénonçant la désinformation à l'égard de la RPDC, suivie d'un échange avec le réalisateur du reportage Lionel de Coninck.

Le 20 mars, dans le contexte des tensions en Corée provoquées par les exercices militaires américano-sud-coréens, l'AAFC a répondu à l'invitation du Rotary Club d'Enghien-Montmorency et a présenté devant ses membres une analyse de la situation.

Le 5 avril, toujours dans le contexte des tensions en Corée, Patrick Kuentzmann a accordé un entretien à La Voix de la Russie.

Le 15 octobre, à Bruay-la-Bussière (Pas-de-Calais), le président du comité régional Nord de l'AAFC a rendu compte de son voyage en RPDC effectué en septembre à l''invitation du Front solidaire, émanation culturelle des cinq Unions locales CGT de l'ouest du bassin minier. Le 23 octobre, cette réunion a fait l'objet d'un article dans la revue La Tribune de la Région minière.

Le 27 octobre, à Tousson (Seine-et-Marne), des membres de l'AAFC ont rendu compte de leurs voyages en RPDC de juillet et septembre à l'invitation du Foyer rural, partenaire de l'AAFC depuis 2011.

Le 9 novembre, l'AAFC tenait un stand aux Sixièmes rencontres internationalistes de Vénissieux (Rhône).

Participation de l'Association d'amitié franco-coréenne a des événements culturels sur la Corée

Le 23 février, l'AAFC a organisé avec le Foyer rural de Tousson un stage de cuisine coréenne animé par les épouses des diplomates de délégation générale de RPDC.

Le 10 mars, des membres de l'AAFC, ainsi que des diplomates de la délégation générale de RPDC, ont participé à la projection-débat organisée par le Foyer rural de Tousson autour du film Intérieur Nord de David Carr-Brown.

Le 19 avril, le professeur Robert Charvin, vice-président de l'AAFC, donnait une conférence « Où en est la question coréenne? » à Paris.

Le 10 juin, à l'initiative du comité régional Bretagne de l'AAFC, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, est allé à la rencontre des lecteurs de son ouvrage L'Economie de la Corée du Nord en 2012 : Naissance d'un nouveau dragon asiatique? à la librairie Planète Io de Rennes.

Actions de coopération menées avec l'aide de l'Association d'amitié franco-coréenne 

L'AAFC entend répondre aux demandes de ses partenaires coréens qui font de l'amélioration et de la diversification de la production agricole en RPDC une priorité. Ainsi, des semences de plantes fourragères et de betteraves ont été remises par des agriculteurs du Gâtinais aux représentants de la RPDC le 15 avril, à l'issue de l'assemblée générale 2013 de l'AAFC, et par des agriculteurs du Cotentin le 19 avril.

L'AAFC a poursuivi son partenariat avec l'Ecole secondaire n°1 de Moranbong, à Pyongyang, en offrant un vidéoprojecteur à cet établissement lors de la visite d'une délégation en Corée du 24 juillet au 6 août. 

Le 9 décembre, le Secours populaire français (SPF) et l'AAFC organisaient une soirée-débat sur le thème « Quelles actions de solidarité en Corée du Nord? », à laquelle participait, notamment, le président du SPF Julien Lauprêtre de retour d'un déplacement en RPDC.

Fonctionnement et développement de l'Association d'amitié franco-coréenne 

le bureau national de l'AAFC se réunit une fois par mois, en moyenne,

Outre les réunions mensuelles du bureau national de l'AAFC, ce dernier a été reçu par S.E. Yun Yong-il, délégué général de la RPDC, le 3 janvier pour expliquer les orientations de la RPDC pour 2013, exposées dans le discours de Nouvel an de son dirigeant, et le 3 avril pour expliquer la position de la RPDC au cours des tensions suscitées par les exercices américano-sud-coréens.

Un comité national de l'AAFC s'est réuni le 8 février pour étudier les orientations de l'Association pour 2013, orientations validées lors de l'assemblée générale du 15 avril.

L'AAFC a poursuivi son développement en province.

Le 10 février, a eu lieu l'assemblée générale du comité régional Nord.

Le 27 avril, a été créé le comité régional Normandie.

Le 11 mai, s'est tenue l'assemblée générale du comité régional Bourgogne.

Le 27 mai, S.E. Yun Yong-il a effecté une visite dans le Limousin (usine de bière, élevage bovin, carrières) à l'invitation des adhérents de la région.

Les 22 et 23 juin, de S.E. Yun Yong-il a visité la Normandie (distillerie, Mémorial de Caen, ferme, rencontre avec des élus locaux), à l'invitation du comité régional récemment créé.

Pour faire connaître son action auprès de ses adhérents, l'AAFC a publié quatre bulletins trimestriels, envoyés par la poste à ceux qui le désirent et disponibles en téléchargement, et a continuer à alimenter son site Internet. Les bulletins trimestriels ont été publiés avec retard et le site Internet a enregistré une érosion sensible de sa fréquentation, avec, en moyenne, 4 800 visiteurs différents par mois en 2013, contre 5 300 en 2012. Ces évolutions ne remettent pas en question le fonctionnement de l'AAFC, mais traduisent, au contraire, une montée en puissance de ses activités, empêchant parfois une équipe rédactionnelle réduite de tenir les délais.

Les adhérents de l'Association d'amitié franco-coréenne ne doivent pas hésiter à faire part de leurs remarques ou suggestions et toutes leurs initiatives sont encouragées dans tous les domaines pour que le quarante-cinquième anniversaire de l'AAFC soit couronné de nouveaux succès et, surtout, que les relations entre la France et la Corée entrent dans une phase nouvelle pour le plus grand bénéfice de la paix en Corée, en Asie orientale et donc dans le monde.

 

 

Assemblée générale de l'AAFC du samedi 5 avril 2014

Rapport d'orientation

présenté par Benoît Quennedey

vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne

en charge des actions de coopération

 

 

Il y a 45 ans, en 1969, naissait l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC). Peu d’associations peuvent s’enorgueillir d’une telle continuité dans leur action, au service d’une cause qui rassemblait des hommes et des femmes animés par un même idéal : permettre de faire vivre la paix et la prospérité dans une région éprouvée par le premier conflit de la guerre froide, qui avait causé des millions de morts et entraîné la division d’un pays à la culture plurimillénaire, ainsi que la séparation de familles qui, aujourd’hui encore, n’ont aucun moyen de communiquer avec leurs proches restés de l’autre côté de la DMZ. Evoquer la Corée symbolise aussi l’effort titanesque accompli par tout un peuple pour reconstruire une nation ravagée par la guerre, comme l’a notamment souligné le réalisateur Chris Marker, à l’occasion d’un séjour au Nord de la péninsule, dans la République populaire démocratique de Corée (RPDC), à la fin des années 1950, à l’époque de la construction du socialisme sous la direction du Président Kim Il-sung, et de taux de croissance économique à deux chiffres qui étaient alors parmi les plus élevés au monde. Evoquer la Corée c’est aussi saluer le combat courageux et opiniâtre des militants pour la démocratie qui, au Sud de la péninsule, ont réussi à abattre l’un des régimes militaires les plus autoritaires de la planète, au prix de la vie de milliers d’entre eux, en permettant la mise en place d’une régime de démocratie parlementaire qui, en 1997, réalisait enfin l’alternance politique en portant à la présidence de la République le champion de la démocratie et des libertés qu’était Kim Dae-jung.

   

La Corée évoque encore trop souvent les clichés éculés, au Nord de ce qui serait le dernier « régime stalinien » de la planète et au Sud d’un idéal type – dirait Weber – de libéralisme et d’américanisation. Mais qui connaît un peu l’histoire et les spécificités du peuple coréen et de sa culture vous dira le caractère étonnamment latin de ceux qui ont été surnommés les « Italiens de l’Asie », tant au Sud qu’au Nord de la péninsule, et qui avaient fait de la Corée du Nord un dragon asiatique dans les années 1960, avant que ce ne soit la Corée du Sud qui symbolise une réussite économique sans précédent : en 1970, son niveau de vie était celui du Sénégal, et dès 1995 du Portugal. Aujourd’hui, c’est aussi au Nord qu’apparaissent, n’en déplaisent aux néoconservateurs et à leurs affidés, les signes d’une mutation sans précédent, marquée par la transformation progressive de la structure économique et l’élan vers une modernité qui a commencé à façonner Pyongyang sur le modèle des capitales high tech de l’Asie de l’Est, après les très difficiles années de la dure marche qui avaient entraîné l’arrêt de la machine économique et une sévère pénurie alimentaire. Si la situation s'est heureusement améliorée, permettre aux populations nord-coréens de retrouver l'autosuffisance alimentaire doit constituer une de nos priorités : un appel a été lancé pour l'achat d'engrais, et nous appelons toutes et tous à se mobiliser pour réussir cette action.  



Notre rôle est, encore et toujours, de communiquer sur une réalité coréenne infiniment plus complexe, et notamment d’en déceler les aspects propres à la société et à l’histoire de la péninsule, au-delà des différences de systèmes politiques et économiques. C’est le sens des quatre blogs de l’Association d’amitié franco-coréenne qui, par leurs milliers d’articles, offrent un aperçu aussi exhaustif que possible sur la Corée – les deux Corée, et largement repris par les bulletins papiers de l’AAFC. Pour continuer à être une référence sur l’actualité coréenne, l’AAFC a besoin des contributions de toutes et de tous : plusieurs adhérents ou sympathisants nous ont fait parvenir des contributions thématiques, sur le football, le Taekwon-Do ou encore les religions, ou par des traductions d’articles depuis l’anglais, le russe et le coréen non disponibles en français. Je tiens à les saluer, et à appeler chacune et chacun d’entre vous à venir rejoindre l’équipe éditoriale de l’AAFC, car vous disposez de connaissances spécifiques ou de compétences linguistiques uniques que ne peuvent pas maîtriser les rédacteurs réguliers des articles de nos sites Internet.

 

Informer mais aussi animer et faire vivre un réseau de partenaires – journalistes, parlementaires, universitaires spécialistes de la Corée – exige également une présence sur le terrain de la coopération et faciliter la réalisation de travaux spécialisés. L’AAFC a accompagné des étudiants effectuant des recherches sur la Corée ; elle a répondu aux questions de journalistes et participé à des conférences devant un public universitaire d’étudiants et de professeurs. Il est indispensable d’être plus encore présent sur ce terrain, pour faire partager notre connaissance unique de la Corée, grâce à des contacts réguliers nourris de déplacements dans la péninsule. A cet égard, rappelons ici les perspectives de conclusion d’un partenariat entre le Centre d’études sur la Corée de l’EHESS et l’Université d’architecture de Pyongyang ont été rendues possibles grâce au travail mené en amont, pendant plusieurs années, par l’AAFC. Les adhérents de l’AAFC se sont vus proposer de participer à un voyage en RPD de Corée en août 2014 : il s’agit, ici encore, d’identifier des champs de coopération possibles, en fonction de vos compétences et centres d’intérêt, afin de prendre sur place les contacts nécessaires et permettre des échanges à caractère culturel, sportif ou économique. Nous nous efforcerons également de permettre la venue en Corée de professionnels qui, dans leurs domaines respectifs, participeront à des événements organisés sur une base régulière – qu’il s’agisse des foires du commerce international de Pyongyang et de Rason, des festivals de cuisine ou de cinéma – ou à des visites ad hoc comportant des rencontres et des échanges avec les interlocuteurs coréens que nous aurons pu identifier grâce à nos contacts réguliers, plusieurs fois par mois, tant avec la délégation générale de la RPD de Corée à Paris qu’avec nos homologues de l’Association d’amitié Corée-France – que je tiens à remercier pour leur parfaite disponibilité.

 

Les actions d’information peuvent être menées partout en France, en réunissant celles et ceux qui veulent simplement s’informer et débattre sur la Corée. Nous avons évoqué comment le foyer rural de Tousson a permis de mieux faire comprendre des aspects méconnus de la culture coréenne – sa cuisine ou son cinéma. Le renforcement continu de nos comités régionaux et locaux passe par des actions concrètes, comme des déplacements des diplomates nord-coréens en France et l’organisation de rencontres et de débats pour lesquelles la direction de l’AAFC sera toujours à votre disposition pour se déplacer. Je salue d’ores et déjà l’initiative prise par notre ami Hamidou Konaté, à Stains, d’organiser une journée sur les relations entre l’Afrique et l’Asie – y compris les deux Corée ! – à Stains, le 17 mai prochain. Il ne s’agit pas d’une initiative de l’AAFC, mais j’y suis pour ma part associé en tant que conférencier, et un tel exemple montre que vous seuls, adhérents de l’AAFC, êtes en mesure de mobiliser votre réseau de connaissances pour savoir quelles actions peuvent être entreprises, dans les associations dont vous êtes déjà membre ou au regard des professionnels que vous connaissez et qui pourraient, demain, s’intéresser à la Corée dans son ensemble : la mise en relation est la première étape d’une coopération. Car ce sont ces actions de coopération et d’échanges qui identifient l’AAFC comme une association ne se contentant pas de déclarations verbales, mais qui se positionne aux premières loges des échanges entre la France et la Corée.

 

Et la République de Corée, nous disent certains ? L’AAFC n’a jamais ignoré ce qui se passait au Sud du 38e parallèle, bien au contraire : avec Robert Charvin, Guy Dupré et André Aubry, elle a été à l’avant-garde du combat pour la libération de Kim Dae-jung et dans le soutien aux démocrates coréens. Mais force est de constater que la Corée du Sud, qui dispose de relais bien plus nombreux que la Corée du Nord en France, n’a pas autant besoin d’être soutenue dans ces actions. L’AAFC a vocation à agir là où rien n’existe et où personne n’intervient : c’est pourquoi nous avons participé activement à la campagne pour la reconnaissance par le Japon du crime qu’il a commis envers les femmes de réconfort, ou que nous avons permis que s’exprime – à Paris – ceux qui refusent la construction de la base navale de Jeju, lourde de menaces pour la paix et compromettant irrémédiablement l’environnement naturel de l’île. L’AAFC doit être partout présente aux côtés des militants sud-coréens, qui luttent pour la paix, la démocratie, les droits des travailleurs ou encore la défense de l’environnement. C’est le sens de notre contribution à l’avènement d’une ère de paix et de prospérité dans la péninsule coréenne – toute la péninsule coréenne. Ici encore, nous faisons appel à vous tous, militantes et militants de l’AAFC, pour souligner que la démocratie et les droits de l’homme ne sont jamais un processus irréversible, et sonner l’alerte quand des combats justes doivent être relayés et portés, en France, par la seule association qui agit pour l’ensemble de la Corée.

 

 Car au Sud de la Corée, les signes d’une dérive autoritaire nous inquiètent au premier chef : comment accepter que les services de renseignement interviennent massivement dans la vie politique, au point de fausser la sincérité du scrutin ? Comment accepter la condamnation à douze ans de prison d’un député de gauche, Lee Seok-ki, sur la base d’un procès biaisé ? Comment accepter les restrictions à l’accès à l’information, en forçant les journalistes à adhérer à des clubs et à ainsi s’autocensurer, tout en interdisant des débats contradictoires au nom de l’antidémocratique loi de sécurité nationale – par exemple sur le terrible naufrage de la corvette Cheonan, attribué sans preuves convaincantes à la Corée du Nord ? Comment accepter la dissolution du premier syndicat des enseignants ? Comment accepter la montée inexorable du travail précaire et le suicide, dans l’indifférence en Occident, de militants des droits syndicaux pourchassés et frappés d’amendes qui visent à les briser, financièrement, psychologiquement, humainement ?

 

C’est notre rôle, à nous, défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme en Corée, de soutenir les initiatives prises, souvent au prix de leur vie et de leur liberté, par les militants sud-coréens. 

 

Je vous remercie pour votre attention.

 

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Lors des débats qui ont suivi, l'assemblée générale de l'AAFC a décidé d'interroger M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, sur les initiatives qu'entend prendre la France pour favoriser la reprise du dialogue et des pourparlers multilatéraux dans la péninsule coréenne, suite aux propositions faites en ce sens par les autorités nord-coréennes, et sur les perspectives d'établissement de relations diplomatiques complètes.

 

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)