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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 18:27

Lors du sommet du G20 à Hambourg des 7 et 8 juillet 2017, intervenu quelques jours après le lancement d'un missile balistique de longue portée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le président américain Donald Trump a recherché l'appui de son homologue russe Vladimir Poutine sur la question nucléaire nord-coréenne, qualifiée par le président russe de "problème très grave" qu'il faut traiter "de manière pragmatique et très délicate", tout en gardant "son sang froid". Cette interpellation du leader russe, après que l'administration Trump a fait part de sa déception vis-à-vis de la Chine pour traiter la question nord-coréenne (en mettant en place des sanctions secondaires contre les entreprises chinoises commerçant avec la RPDC), est particulièrement significative du rôle que la Fédération de Russie peut être amenée à jouer dans la péninsule, malgré une influence économique encore limitée.
 

Vladimir Poutine et Kim Yong Nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, au Kremlin le 9 mai 2015.

Vladimir Poutine et Kim Yong Nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, au Kremlin le 9 mai 2015.

Alors que pendant la guerre froide l'Union Soviétique avait été le principal partenaire de la RPD de Corée, l'influence de la Russie en Corée du Nord avait fortement décliné dans les années 1990, avant de connaître un regain à la suite de l'élection de Vladimir Poutine, qui avait visité la Corée du Nord dès juillet 2000, puis rencontré Kim Jong Il en Russie à plusieurs reprises - notamment en août 2011, à la fin de la vie du dirigeant nord-coréen, soucieux de développer les relations de la RPD de Corée avec d'autres partenaires que la Chine. La visite en Russie d'août 2011 avait permis de conclure l'annulation de la plus grande partie de la dette bilatérale nord-coréenne vis-à-vis de la Russie, actée par le Parlement russe en mai 2014 en contrepartie d'investissements russes en RPD de Corée. Même si le Maréchal Kim Jong Un n'a pas donné suite à l'invitation de Moscou de venir en Russie à l'occasion des célébrations de la fin de la Seconde guerre mondiale, plusieurs hauts responsables nord-coréens ont fait le déplacement et rencontré le président russe, notamment Choe Ryong Hae, membre du praesidium du bureau politique du Parti du travail de Corée, en novembre 2014, et Kim Yong Nam, chef d'Etat en titre en qualité du président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême, lors de l'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi en février 2014, et à l'occasion des cérémonies de la victoire à Moscou en mai 2015.

Le développement des relations économiques bilatérales, par ailleurs favorable au développement de l'Extrême-Orient russe, reste cependant encore largement à concrétiser - même en considérant comme exactes les récentes allégations d'un défecteur nord-coréen, selon lequel la Russie serait l'un des principaux fournisseurs d'hydrocarbures de la RPDC, à hauteur de quelques 300 000 tonnes de produits pétroliers par an. En 2015, selon les données officielles disponibles, le commerce bilatéral russo - nord-coréen est ainsi resté inférieur à 100 millions de dollars (constitué à 83,2 millions de dollars d'exportations russes et à 5,7 millions de dollars d'exportations nord-coréennes), nettement en-deçà des niveaux atteints au milieu des années 2000 (200 millions de dollars par an). A ces échanges commerciaux s'ajoutent cependant les travailleurs nord-coréens en Russie, qui seraient plusieurs dizaines de milliers. 

Commerce bilatéral Russie - RPD de Corée (2007-2015), en millions d'euros.

Commerce bilatéral Russie - RPD de Corée (2007-2015), en millions d'euros.

Tout en respectant strictement les sanctions internationales vis-à-vis de la RPDC, en les étendant même à la coopération scientifique et culturelle, la Russie cherche à développer ses relations économiques avec la Corée du Nord - ainsi qu'en a témoigné l'établissement, en mai 2017, d'une liaison maritime entre Rason et Vladivostok. Cet essor reste cependant entravé par les capacités d'investissement russes et surtout le contexte international : en étendant en 2016 ses sanctions unilatérales contre la Corée du Nord aux projets ferroviaires entre la Russie et la RPDC, en reportant sine die les perspectives prometteuses d'établissement de liaisons énergétiques (oléoducs et gazoducs) entre la Russie et le Sud de la péninsule via la RPDC, les autorités sud-coréennes ont délibérément cherché à couper les relations économiques entre la Russie et la RPDC, conformément à la stratégie des conservateurs (au pouvoir à Séoul entre 2008 et 2017) d'asphyxier la Corée du Nord pour provoquer son effondrement.

Si les relations économiques ne sont pas dépourvues d'importance, la question nord-coréenne est cependant d'abord stratégique et diplomatique pour Moscou. A l'écart des pourparlers internationaux (à quatre) dans les années 1990, présente dans les pourparlers à six dans les années 2000, la Russie a longtemps adopté un profil relativement bas sur la question coréenne depuis la fin de l'URSS : en soutenant les initiatives de la Chine acceptant le principe de sanctions internationales accrues au fur et à mesure des progrès des programmes balistiques et nucléaires nord-coréens, mais dans le but (selon Pékin) d'un retour in fine à la table des négociations, la Russie est apparue suiviste de Pékin, dont l'influence principale en Corée du Nord était de facto reconnue. Vis-à-vis de la Corée du Nord, Moscou partage toujours les objectifs stratégiques de Pékin (pas de Corée du Nord nucléarisée, pas d'actions déstabilisatrices tant du côté nord-coréen qu'américain, refus de l'unilatéralisme de Washington et notamment du déploiement en Corée du Sud du système de missiles antimissile américain THAAD qui remet en cause les équilibres stratégiques). Mais la Russie se place désormais sur un pied d'égalité avec la Chine, en prenant des initiatives conjointes en vue de faire baisser les tensions dans la péninsule : le jour même du lancement d'un missile balistique intercontinental par la Corée du Nord, Pékin et Moscou réitéraient
 leur proposition que Washington et Séoul suspendent leurs manoeuvres militaires dans la péninsule coréenne, en contrepartie d'un gel (et non d'un démantèlement) de ses programmes balistiques et nucléaires militaires par Pyongyang.

Signe que la Russie n'est plus seulement le partenaire mineur de la Chine sur la question nord-coréenne, elle développe aussi ses analyses propres (selon Moscou, la RPDC n'a pas procédé à un tir de missile balistique intercontinental le 4 juillet 2017) et joue une partition diplomatique qui n'est celle d'aucun autre pays. Ainsi, si les résolutions onusiennes contre la Corée du Nord sont, jusqu'à aujourd'hui, toujours le fruit d'un travail en commun entre Washington et Pékin ensuite soumis aux autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, l'adoption de la résolution 2270 du Conseil de sécurité des Nations Unies, prise après l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016, avait été retardée par la Russie - qui l'avait d'ailleurs modifiée à la marge en ce qui concerne la liste des personnes et entités sanctionnées. En juillet 2017, le Conseil de sécurité des Nations Unies n'a pas adopté de déclaration condamnant le lancement d'un ICBM par la RPDC à la suite du refus russe d'affirmer qu'il s'agissait d'un ICBM. Les Etats-Unis ont alors décidé de renoncer à une déclaration, annonçant qu'ils se concentreraient sur la seule adoption d'une nouvelle résolution renforçant les sanctions contre la Corée du Nord.

L'influence croissante de la Russie en Corée a été favorisée par la distorsion des liens entre la Corée du Nord et la Chine qui désormais n'a plus d'objections à une place accrue de la Russie. Moscou n'entend pas favoriser une partie plutôt qu'une autre (et son soutien aux sanctions internationales suffirait à prouver qu'elle n'entend pas voir ses positions assimilées à une défense des initiatives nord-coréennes) : elle se place en faiseuse de paix et en promoteur du dialogue, non seulement intercoréen mais aussi entre l'ensemble des parties impliquées dans la péninsule coréenne (au rang desquelles l'Union européenne est toujours la grande absente), pouvant aussi jouer sur les différences de positions entre les Etats-Unis et leurs alliés, comme la Corée du Sud soucieuse de renouer avec le dialogue Nord-Sud depuis l'élection de Moon Jae-in à la présidence de la République à Séoul. Apparaissant comme le chef de file d'une conception des relations internationales fondée sur le respect de la souveraineté des Etats, la recherche de solutions par le dialogue et le multilatéralisme, la Russie gagne en influence et en respectabilité, tout en pouvant abattre la carte coréenne pour appuyer son rôle majeur de puissance internationale incontournable dans d'autres régions du monde - comme la Syrie, l'Irak et l'Iran.

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 23:03

Le 18 mai 2017 a été inaugurée une nouvelle liaison maritime entre Vladivostok, en Russie, et Rason, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), assurée par le ferry Man Gyong Bong, qui peut transporter 200 passagers. Les trajets, d'une durée de neuf heures, seront hebdomadaires, dans chacun des deux sens.

Etablissement d'une liaison maritime Rason-Vladivostok

Business as usual. Les tensions autour de la péninsule coréenne n'empêchent pas la poursuite du rapprochement économique russo - nord-coréen, marqué par l'effacement en 2014 de la plus grande partie de la dette nord-coréenne vis-à-vis de la Russie. Cet essor des relations entre les deux pays permet également de contrebalancer l'influence chinoise, de plus en plus prépondérante dans les échanges économiques extérieurs de la RPD de Corée.

Dans ce contexte, l'établissement d'une liaison maritime directe par ferry entre Vladivostok et Rason répond déjà à un objectif de développement économique, les passagers attendus étant principalement des Russes, des Nord-Coréens et des touristes chinois bénéficiant ainsi d'un accès à la mer.

Le ferry Man Gyong Bong permettra aussi des gains précieux de temps pour le transport de marchandises, ainsi que l'a souligné auprès de l'AFP Vladimir Baranov, directeur de la société InvestStroïTrest :

[Le ferry] transportera aussi des marchandises parce qu'actuellement, la situation est terrible sur le plan de la logistique: il faut 22 jours pour transporter des marchandises entre Vladivostok et Rajin [autre nom de la ville de Rason, NdA].

Cette initiative prend enfin place dans un contexte où le Président Vladimir Poutine a dénoncé comme dangereuses et inefficaces de nouvelles sanctions contre Pyongyang, signe d'une volonté russe de jouer une partition qui lui est propre dans la péninsule coréenne tout en préservant la paix et la stabilité - auxquelles contribuent des initiatives telles que la liaison maritime par ferry entre l'Extrême-Orient russe et la RPD de Corée.

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 22:24

Le 16 mars 2017, le journal russe en ligne Vzgliad, dont la fréquentation estimée à 20 millions de visiteurs par mois, a publié un article d'Andrei Rezchikov intitulé (en français) : "Les « mises en garde » chinoises sur la défense anti missiles commencent à produire leur effet", revenant sur la montée des tensions dans la péninsule coréenne, à la suite notamment du déploiement dans le Sud de la Corée du système américain de missiles antibalistique Terminal High Altitude Area Defense (THAAD). Nous reproduisons ci-après une traduction en français de cet article par Marianne Dunlop, par ailleurs adhérente de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), publiée sur le site Histoire et société. L'AAFC a ajouté les liens dans cet article vers d'autres articles du blog de l'AAFC.

Moon Jae-in, favori de l'élection présidentielle anticipée sud-coréenne du 9 mai 2017.

Moon Jae-in, favori de l'élection présidentielle anticipée sud-coréenne du 9 mai 2017.

Il semble bien que la Corée du Sud ait l’intention de reconsidérer sa décision de déployer sur son territoire le système de défense antimissile des États-Unis. Des allusions en ce sens ont commencé à apparaître au sein du parti dont le représentant est susceptible de diriger le pays après la prochaine élection. La Chine a trouvé des arguments très sensibles pour les Coréens.

Jeudi, le chef de l’opposition parlementaire sud-coréenne « Toburo » (« Ensemble ») A San-ho a appelé à renoncer à l’installation du système anti-missile US THAAD – tant que le pays n’aura pas obtenu le consentement de la Russie et de la Chine.

Le politicien a expliqué que le déploiement du système anti-missile n’est possible que si cela ne porte pas atteinte aux relations de Séoul avec les pays voisins, rapporte TASS en référence à « Yonhap. » « Nous devons être très prudents dans cette affaire délicate, – a-t-il dit. – La Chine exerce une forte pression économique ».

Début mars, le commandement du contingent américain en Corée du Sud a annoncé avoir commencé le déploiement du complexe anti- missile THAAD. Les deux premiers lanceurs ont été acheminés vers une base militaire près de la ville de Pyeongtaek, à 70 km de Séoul. Selon la position officielle de Washington, la raison de l’installation de THAAD dans la région a été la menace nucléaire de la Corée du Nord.

Initialement le déploiement de THAAD était prévu pour l’été, mais le processus a été accéléré après que la Corée du Nord a mené une série de lancements de missiles. A Moscou, le Conseil de la Fédération a qualifié l’apparition de THAAD en Corée du Sud « un nouveau défi à la Russie », une tentative de « l’encercler par l’est et l’ouest. » La Chine est encore plus préoccupée. Pékin estime que la puissance de THAAD est excessive pour dissuader la Corée du Nord, et son véritable objectif est la surveillance de la partie nord-est de la Chine avec l’aide d’un puissant radar. « Nous ne permettrons pas de porter atteinte à nos intérêts de sécurité nationale », – a déclaré à cette occasion le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei.

Le fait que ce soit la gauche qui s’oppose au déploiement du système antimissile américain n’est pas un hasard. Selon un expert de la Corée, le Professeur de l’Université d’Etat de St. Petersbourg Irina Lantsova, la vie politique de la Corée du Sud comprend principalement : une aile droite conservatrice, qui est basée sur une alliance étroite avec les Etats-Unis, et un groupe de partis, dont le « Toburo », qui peut être qualifié de centre-gauche. Ils préconisent une politique étrangère plus équilibrée avec un appui non seulement sur les États-Unis mais aussi d’autres puissances régionales.

« Déjà au printemps et en été de l’année dernière, beaucoup de personnalités de centre-gauche se sont opposées au système de défense antimissile en Corée. La société en Corée du Sud n’est pas unie sur cette question. Et maintenant, avec la crise politique que connaît le pays, lorsque les chances pour l’arrivée du centre-gauche au pouvoir sont accrues, des voix s’élèvent à nouveau pour que soit révisée la décision sur la défense antimissile », – dit Lantsova à notre journal.

Pour rappel, des élections présidentielles anticipées sont prévues à la date du 9 mai. Elles ont été rendues nécessaires après que le Parlement a voté la destitution de la présidente Park Geun-hye, et maintenant la décision a été approuvée par la Cour constitutionnelle. Selon Lantsova, après le fiasco de Park Geun-hye, la cote de la droite a chuté et les chances d’arrivée au pouvoir du centre-gauche sont grandes. Comment l’écrivait jeudi « Kommersant », le favori incontesté de la course est aujourd’hui le représentant du parti « Toburo », Moon Jae-in.

Des sanctions non annoncées officiellement, mais néanmoins efficaces

En outre, un grand impact sur la politique de Séoul a été exercé par les sanctions de la Chine, qui a commencé à restreindre le commerce avec son voisin, y compris l’annulation officieuse des tournées de chanteurs et la diffusion de films en provenance de Corée du Sud. « La Chine est le principal partenaire économique de la République de Corée. Les restrictions commerciales concernent principalement les biens de consommation de la jeunesse. En outre, les Chinois ont limité la présence de grandes sociétés coréennes comme le groupe Lotte », – dit-elle. Le ministère de la Défense coréen a reconnu que la tension dans ce domaine s’est également amplifiée – la coopération militaire entre les deux pays est presque au point mort. C’est la société Lotte qui a fourni un emplacement sur le territoire de Corée pour l’installation de THAAD, et maintenant la moitié de son réseau de supermarchés en Chine a déjà fermé – sous divers prétextes.

Le politologue de Corée du Sud Pak No-ja a expliqué au journal VZGLIAD que, selon les sondages, la plupart des Coréens considèrent déjà ces sanctions comme une menace pour l’économie du pays, jusqu’à 30% du commerce étant effectué avec la Chine (en comptant Taiwan et Hong Kong). « Du point de vue de nombreux Coréens, qui sont essentiellement préoccupés par la survie économique, THAAD  est de la folie complète », – a dit Pak.

Le parti « Toburo » s’appuie sur de grands conglomérats tels que Samsung et Hyundai, qui sont maintenant liés à la Chine, et non aux États-Unis. La plus grande usine de Samsung pour la production de semi-conducteurs se trouve en Chine. « Du point de vue du capital monopoliste coréen, une rupture avec la Chine serait un coup mortel, couvrir de telles pertes à court terme serait absolument impossible », – dit-il.

En fin de compte, tout se résume à qui l’emportera, du grand capital en alliance avec les libéraux et le centre-gauche, ou de la droite étroitement associée au lobby militaire, puisque le ministère de la Défense est le principal soutien du THAAD. Pak prévoit que l’élection de mai portera sans doute au pouvoir l’opposition, et le président sera le représentant de « Toburo » Moon, et ensuite, avec le soutien de la grande entreprise, le nouveau chef va se battre contre le ministère de la Défense. « Le résultat de cette lutte montrera quels sont les rapports de forces sociales et politiques dans la société, leur influence, leurs possibilités », – prédit Pak No-ja.

Dans le cas d’une telle lutte, l’expert n’exclut pas que les Etats-Unis par la suite abandonnent le système de défense antimissile en Corée du Sud, afin de conserver leur influence sur la partie sud de la péninsule coréenne. « Les Etats-Unis comprennent qu’il leur faut maintenir l’hégémonie idéologique. Il faut que la majorité des Coréens soient persuadés que la suprématie politique et militaire américaine en fin de compte est à leur avantage », – a-t-il conclu.

La situation autour du radar américain en Corée du Sud ressemble à celle autour du radar américain en Pologne. Les États-Unis envisagent de déployer un radar en Pologne pour surveiller la Russie, de même que leur radar en Corée du Sud est conçu pour avoir un œil sur la Chine. Cependant, la peur de fâcher la Chine en Corée du Sud, semble-t-il, a été beaucoup plus forte que la peur de fâcher la Russie en Pologne.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

Sources :

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 20:27

Le 22 février 2017, le journal russe Kolokol Russia a publié un article du journaliste indépendant Boris Djerelievsky dans lequel celui-ci dénonce les sanctions que s'apprête à prendre la Fédération de Russie à l'encontre de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Il déplore que celles-ci traduisent une soumission aux intérêts des puissances occidentales (et en premier lieu des États-Unis) et soient contradictoires avec la dénonciation par les autorités russes elles-mêmes des sanctions que lui imposent l'Occident. Nous publions ci-après une traduction du russe de cet article.

 Sanctions contre Pyongyang, Moscou joue une partition étrangère

Les sanctions russes en cours de préparation contre la RPDC sont loin d’être indiscutables tant au point de vue moral que pratique.

La Russie se prépare à prendre de dures sanctions contre la République populaire démocratique de Corée. Le projet des mesures annoncées par les médias, déjà visibles sur les portails d'information juridique, constitue la réponse aux essais nucléaires réalisés par Pyongyang et interdits par les accords internationaux. Il est indiqué que l'introduction de nouvelles sanctions est liée à la résolution 2321 du Conseil de sécurité de l'ONU du 30 novembre 2016, qui prévoit une série de restrictions en ce qui concerne la RPDC en réponse à la réalisation de ses essais nucléaires, ainsi qu’à la loi de la Fédération de Russie du 30 décembre 2006. Le projet de décret du Président de la Russie prévoit la cessation de toute coopération scientifique et technique avec certaines personnes ou certaines organisations de la RPDC « à l'exception des échanges dans le domaine de la médecine ». La coopération dans le domaine de la science nucléaire, de l’aérospatial et de l’aéronautique est possible seulement avec l'approbation du comité du Conseil de sécurité de l'ONU. Le projet de décret prévoit aussi l'introduction de l'interdiction d’importer de RPDC du cuivre, du nickel, de l’argent et du zinc et de transporter ces minerais sur le territoire de la Russie. Par exception il est possible d’acheter à la Corée du Nord du charbon et du minerai de fer, si ne participent pas à ces achats des personnes physiques et morales figurant sur la liste de sanction ou des personnes liées au programme nucléaire du pays. Sont projetées également la clôture des représentations existantes des banques de la Fédération de Russie, qui agissent sur le territoire de la RPDC sous juridiction russe (excepté pour ce qui est destiné à l'aide humanitaire), et l'expulsion de Russie de ceux qui travaillent en Fédération de Russie au nom de ou pour n'importe quelle institution financière nord-coréenne. En outre serait interdite à la Corée du Nord l'utilisation de biens immobiliers, qu’elle en soit propriétaire ou locataire, sur le territoire de la Fédération de Russie pour tout usage autre que ses activités diplomatiques ou consulaires.

Le décret prévoit aussi la restriction du nombre des comptes bancaires des citoyens de la République populaire démocratique de Corée à un seul compte pour chaque diplomate accrédité en Russie et chaque collaborateur d’un consulat.

Le programme nucléaire et balistique de la Corée du Nord compte déjà plus d’une décennie d’existence. A Pyongyang son début est lié aux événements de la crise des Caraïbes (1962). Après que le leader soviétique de l’époque Nikita Khrouchtchev a pris, sous la pression des États-Unis, la décision de retrait des fusées soviétiques du territoire de Cuba  malgré les objections catégoriques de la direction cubaine, le leader de la République populaire démocratique de Corée Kim Il-sung en est arrivé à la conclusion que pour avoir une garantie de sécurité on peut compter que sur soi-même. Cette question est tout à fait réelle pour ce pays qui, depuis sa création, s’est trouvé et se trouve sous la menace de l'agression américaine. Washington et Séoul ne cachent pas leurs intentions hostiles en ce qui concerne la Corée du Nord, en déclarant ouvertement préparer des actes de terroristes contre ses dirigeants et une « attaque préventive ». Durant les années de la guerre froide la Corée du Nord recevait une aide militaire de l’URSS et de la République populaire de Chine. Actuellement cette aide a entièrement cessé. Moscou n’apprécie pas la faible capacité de paiement de Pyongyang, et Pékin est extrêmement mécontent de sa politique. On peut ajouter que fin décembre 2016, après l'essai de bombe thermonucléaire, le président de la Russie Vladimir Poutine a interdit de livrer à la Corée du Nord tout armement léger. Le slogan « compter sur ses propres forces », qui est la pierre angulaire de la politique de la République populaire démocratique de Corée, est entièrement justifié dans la situation  internationale actuelle, quand les institutions supranationales appelées à défendre les intérêts et à assurer la sécurité de tous les pays participants, en réalité soit présentent une totale inefficacité, soit servent ouvertement les pays riches - et avant tout les États-Unis.

Le destin tragique de la Yougoslavie, de l'Iraq, de la Syrie et de la Libye, montre que le régime de droit international existant sur la planète ne fonctionne pas et n’est pas en état de protéger l'indépendance et l'intégrité territoriale d'un pays qui n’est pas lui-même capable de façon indépendante, soit de repousser les coups de l'agresseur, soit au moins de lui infliger des pertes sérieuses. Peut-être la seule possibilité de défendre sa souveraineté dans une telle situation est la possession de l'arme nucléaire et des moyens balistiques associés. Le bouclier nucléaire de la République populaire démocratique de Corée est strictement défensif, il est vraiment risible d’imaginer que la Corée du Nord nourrisse des intentions agressives en ce qui concerne les États-Unis compte tenu de la disproportion des forces. Bien que toute la puissance de la propagande occidentale tente de persuader le monde entier de l'imprévisibilité et du caractère irréaliste de la direction de la Corée du Nord, ses dirigeants, depuis la création du pays, ont mené une politique étrangère tout à fait conséquente avec des tâches tout à fait évidentes, parmi lesquelles on n’observe pas d’intentions agressives. Entre autres, Pyongyang déclare que, vis-à-vis de la Corée du Sud, l'arme nucléaire ne sera pas utilisée quelles que soient les circonstances. De plus, il est facile de remarquer que les États-Unis et le régime de Séoul, qui dépend d’eux, provoquent constamment et d'une manière délibérée la Corée du Nord. Ce sont les manoeuvres répétées avec la planification d’attaques contre la RPDC, pendant lesquelles se déroule la préparation de débarquement de troupes et ce à proximité directe des frontières, ce qui ne ressemble pas à des manoeuvres ordinaires, et les apparitions constantes dans la péninsule coréenne ou à proximité des armes nucléaires américaines. La politique d'agression des États-Unis dans la péninsule n’est pas seulement dirigée contre la Corée du Nord. La tension soigneusement entretenue par les États-Unis leur a permis de créer dans la péninsule coréenne une place forte contre la République populaire de Chine, et, naturellement aussi contre la Russie. C'est en particulier le cas des dispositifs de défense antimissiles qui sont déployés sur le territoire de la Corée du Sud. Au vu de tout ce qui précède apparaît une question évidente : qui est le plus coupable de violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, la RPDC ou les États-Unis, qui ne laissent pas à ne laissent pas d'autre choix à Pyongyang ?

Quand le seul garant de la souveraineté nationale et de la sécurité est le bouclier nucléaire, aucune sanction n'obligera pas à s’en séparer. À propos du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, comme on le sait, la Corée du Nord n’en est pas signataire de même que l'Inde, le Pakistan et Israël. Et en outre, ce dernier, à la différence de la RPDC, mène réellement une politique d'agression, en portant de temps en temps des coups aux pays voisins et en menaçant de guerre l'Iran et en évoquant la possibilité d'une frappe nucléaire. Cependant, personne ne soulève de questions sur le programme illégal balistique et nucléaire de l'État juif. Où est la raison d’une sélectivité si surprenante ? La question est purement rhétorique concernant les États-Unis.

Mais nous sommes beaucoup plus inquiets de la position de la Russie, dont les représentants ont qualifié maintes fois les sanctions économiques de l'Ouest de « contre-productives et sans perspectives ». Et on peut utiliser des mêmes mots pour caractériser les sanctions que notre pays a l'intention d'appliquer à Corée du Nord. Elles ne pousseront pas Pyongyang à tourner le dos à l'indépendance et à la sécurité et sont seulement à même de détériorer les relations entre nos deux États. La RPDC est un pays original, plusieurs de ses traditions et de ses orientations nous semblent étranges et incompréhensibles, mais cette circonstance ne peut en aucune façon mettre en doute le droit de vivre des Coréens, conformément aux valeurs qu’ils ont choisies. Notre département de politique extérieure a affirmé plus d'une fois avec fermeté ce droit souverain. Mais le droit ne peut avoir de sens que s'il est confirmé et protégé. Dans la situation concrète donnée il se trouve que la Russie joue un jeu étranger, selon des règles étrangères fausses, selon les règles de ces forces, qui veulent voir le monde non comme un ensemble de pays libres et souverains mais comme un camp de concentration mondial sous la direction de l'oligarchie financière, camp dans lequel les États-Unis jouent le rôle du principal gardien-surveillant.

Boris Djerelievsky (journaliste indépendant)

Traduction du russe : AAFC - YB.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 12:48

L'Institut russe d'Extrême-Orient est l'un des organismes internationaux les plus réputés pour ses analyses sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Le 7 septembre 2016, le site russe Newsinfo a publié un entretien avec un des chercheurs du centre, Evgeny Kim, sous le titre "Les sanctions des Etats-Unis rendront le régime de Kim Jong-un éternel". Nous publions ci-après cet article traduit du russe, qui revient en détail sur la situation internationale actuelle en Asie du Nord-Est et aussi les politiques des principaux acteurs en présence, y compris la Russie et la Chine.

"Les sanctions des États-Unis rendront le régime de Kim Jong-un éternel"

En quoi  l’arme nucléaire est-elle utile à la direction de la RPDC ? Quel rôle jouent les États-Unis dans la rivalité entre la Corée du Sud et la Corée du Nord ? Comment les gens vivent-ils maintenant en République Populaire Démocratique de Corée, et pourquoi la Russie et la Chine misent-elles sur ce pays ? Sur ces questions nous donnons la parole à Evgeny Kim, candidat en sciences philosophiques et collaborateur scientifique principal du Centre des études coréennes de l'Institut d'Extrême-Orient.

— Que représente la République populaire démocratique de Corée ? Comme le pays vit derrière un  rideau de fer, des rumeurs circulent selon lesquelles les gens y souffrent de la faim. Qu’en est-il réellement ?

— Le peuple vit  non dans l'aisance, comme en Amérique ou en Suède. Sans doute leur niveau de vie n’atteint pas le nôtre. Et en ce sens, certes, le pays est pauvre. Mais d'autre part, je voudrais remarquer que c'est un pays avec une économie en croissance. Si vous vous rappelez, dans les années 90 et au début des années 2000 vous aviez une économie périssante, qui allait en général vers le désarroi. Ils ont surmonté cette étape, et c'est maintenant une économie en expansion.

De plus je voudrais remarquer qu'il n'y a pas là-bas de gens mourant de famine. Oui, puisque le pays est  modeste, leur approvisionnement n’est pas celui auquel nous sommes habitués. On estime là-bas normal que, chez eux, une personne consomme environ 1700-1800 kilocalories (kcal) par jour, et non 8000 kcal, comme le champion olympique Phelps, ou  3000 kcal, comme le Russe ordinaire. Mais, selon les normes de l'Organisation mondiale de la santé, le minimal nécessaire pour le maintien de l'activité vitale et pour le travail normal d’une personne est de 1430 kcal. Tout cela est assuré. De plus, le pays a des relations diplomatiques avec environ 150 États. Peut-on parler d'isolement ? Il me semble que non. Naturellement,  on ne va pas là-bas très facilement, un visa est nécessaire. Mais dans le monde il en est de même dans de nombreux pays.

Pourquoi le pouvoir nord-coréen veut-il l’arme nucléaire ?

Il faut prendre en considération que le pays vit en réalité en état de siège, parce que les troupes américaines se trouvent en Corée du Sud. Elles ne sont pas très nombreuses (28 500 soldats), mais elles sont équipées de l'armement le plus moderne.

De plus il y a une immense base américaine militaire sur le territoire du Japon, depuis laquelle le temps de vol jusqu'en Corée n'est que de 2 à 3 heures. En outre l'armée sud-coréenne, qui comprend 660 000 personnes est environ la cinquième armée, en nombre de militaires, dans le monde. Les dépenses militaires annuelles de l'armée sud-coréenne sont d'environ 35 milliards de dollars. Pour que vous ayez une idée claire de ce que cela représente pour le Nord, j’ajoute que le produit intérieur brut de la Corée du Nord est d’environ 33 à 34 milliards de dollars.

Les potentiels militaires de la Corée du Sud et de la Corée du Nord ne sont  pas comparables. La  Corée du Nord a décidé de miser notamment sur l'armement nucléaire et les missiles, parce qu’elle ne peut pas rivaliser avec le Sud en termes d’armements conventionnels.

Ils ont vu  comment Kadhafi a renoncé à l'arme nucléaire, et ce qui lui est arrivé ensuite. Ils ont vu également comment, en son temps, Saddam Hussein a renoncé lui aussi à se doter de l'arme nucléaire, et ils en sont arrivés à la conclusion : si tu as l’arme nucléaire, on ne te touchera pas.

Certes, cela demande de l'argent, mais la présence de cette arme permet de dépenser moins pour la mise en place d’armements conventionnels faisant contrepoids à ceux de la Corée du Sud. On a l’impression que les États-Unis et la Corée du Sud agissent d'une manière délibérée pour le renforcement du régime de la Corée du Nord. Ainsi, ce printemps ont eu lieu les manœuvres militaires "Key Resolve"  et "Foal Eagle". Le but de ces manoeuvres est de tester, préparer et répéter de la réalisation du plan rapide 5015 (OPLAN 5015), qui prévoit la destruction de la direction de la Corée du Nord, la destruction des centres spatiaux du pays, des centrales nucléaires et de tous les systèmes liés aux centres de gestion de la force de frappe nucléaire et des missiles.

C'est un plan de déclaration de guerre contre un autre pays, l’inconnue étant sa date de mise en oeuvre. C'est pourquoi la direction de la Corée du Nord peut raisonner à peu près ainsi : "Regardez, nous tentons de leur parler, et eux essaient constamment de nous anéantir. C'est pourquoi nous devons être unis tous ensemble et résister face aux impérialistes américains".

Que les États-Unis, et la Corée du Sud rêvent de liquider le régime de la Corée du Nord ne fait pas l'objet du moindre  doute. Ils le déclarent ouvertement. Bien que, officiellement, la direction sud-coréenne dise : "Nous ne sommes pas pour le remplacement du régime politique de la Corée du Nord, nous voulons seulement qu'ils renoncent à  l'arme nucléaire". Or ils ne peuvent pas renoncer à l'arme nucléaire tant que les  Américains seront présents sur territoire de la Corée du Sud, et chaque année les manoeuvres recommencent !

 

 La Chine a bloqué récemment au Conseil de sécurité de l'ONU une résolution, qui condamne l'essai de missiles. Cette décision est liée au fait que les Américains installent  leur propre défense antimissiles, mais la Chine considère qu'il faut d’abord y mettre fin, et ensuite parler des essais de fusées nucléaires. C'est-à-dire que la Chine a pris la défense de la Corée du Nord. Pourquoi pas la Russie ?

Vous savez, nous avons une répartition des rôles bien définie. L'application du droit du veto au  Conseil de sécurité de l’ONU est une mesure extraordinaire, et il ne faut pas l'utiliser en toute occasion. Nous avons, si vous voulez, un accord  officieux avec la Chine : tout ce qui touche à la Corée du Nord  à l'ONU sera réglé par elle. Et nous appuyons automatiquement toutes les résolutions du Conseil de sécurité liées aux sanctions contre la Corée du Nord parce que les Américains les ont coordonnées avec les Chinois. Y compris la résolution 2270 du Conseil de sécurité de l'ONU qui interdit les exportations de charbon par la RPDC.

Ainsi  la Chine fait preuve d’hypocrisie en ce qui concerne la Corée du Nord et quand elle en prend la défense c'est seulement quand l'affaire concernée touche ses propres intérêts ?

La Chine a accédé en son temps aux désirs des Américains, et maintenant  il lui faut continuer à soutenir automatiquement cette position. Mais la Chine, en prenant tout en compte, n’est pas à même de mettre en oeuvre cette résolution. C'est aussi le cas maintenant. Le commerce entre la Corée du Nord et les régions frontalières de la Chine n'est pas fermé, il se poursuit. Et c'est pour cela qu’il n’y a pas encore en RPDC de signes de détérioration de son approvisionnement. Tout va normalement.

Mais il me semble qu'en leur temps nos diplomates, de même que les diplomates chinois, ont fait une erreur, en pensant que s’ils accédaient aux désirs des Américains, ceux-ci accéderaient aux leurs. Il n'en est rien. Le jour même où la Chine a accepté la résolution la plus dure contre la Corée du Nord, proposée par les Américains, ceux-ci ont avancé leurs  navires en mer de Chine. Le jour même où nous avons accepté cette résolution, à la suite de la Chine, les États-Unis ont annoncé qu’ils prolongeaient les sanctions contre nous.

Depuis toujours les États-Unis se renforcent en Corée pour une toute autre raison que le bien des Coréens. Ils sont installés en Corée pour contrer la Chine, et le système de défense antimissiles n'est pas directement dirigé contre la Corée du Nord. Quand les hommes politiques du Sud disent que les missiles du Nord menacent la sécurité nationale du pays, je me demande toujours : "prennent-ils l’avis de leurs militaires, oui ou non ?"

Le système qui s'installera est étudié pour détruire des missiles à hauteur de 50 à 150 kilomètres. 100 kilomètres et au-delà c’est déjà au-delà de l’espace aérien. Ne sont donc concernées que les fusées balistiques intercontinentales. Pour les Coréens du Nord pilonner ou détruire quelque chose sur le territoire de la Corée du Sud n'a aucun sens si c'est pour utiliser des missiles balistiques intercontinentaux, beaucoup trop coûteux et trop imprécis. Ils feront cela par des missiles tactiques à proche rayon d’action. Et ce système, que les Sud-Coréens veulent installer, ne sera aucunement utile, mais est par contre adapté pour tenter d’intercepter des missiles qui seraient lancés depuis la Chine ou la Fédération de Russie.

On estime que les Américains ont investi dans la Corée du Sud après la guerre pour en faire l'image du miracle asiatique et que les habitants du Nord envient le niveau de vie des Sud-Coréens et renversent leur gouvernement. Pourquoi la Chine et la Russie ne peuvent pas maintenant, s'étant unies, créer un pareil miracle avec la Corée du Nord ?

En ce qui concerne le miracle coréen, les Américains ont injecté environ cinq milliards de dollars dans l'économie de la Corée du Sud jusque dans les années 1960. L'Union Soviétique et la République populaire de Chine ont davantage investi dans l'économie de la Corée du Nord. Jusqu'en 1972 la Corée du Nord avait un niveau de vie plus élevée que la Corée du Sud, l'économie se développait avec davantage de succès, la formation était plus élevée.

Comment les Sud-Coréens ont-ils commencé à gagner ? Quand les Américains ont commencé la guerre contre le Viêt Nam en 1965, le pouvoir sud-coréen a envoyé là-bas deux divisions, et les États-Unis, en échange, ont augmenté l'aide militaire à la Corée du Sud et lui ont accordé un certain nombre de crédits. De plus les Américains ont également vu que leurs militaires qui faisaient la guerre au Viêt Nam avaient besoin de repos, de traitement, ils devaient coudre l'équipement, la literie … et il les fallait les approvisionner. Les Américains ont confié tout cela à la Corée du Sud. Et la Corée du Sud a gagné beaucoup d'argent. Si l'Amérique avait passé ces commandes au Japon ou en Amérique, cela aurait coûté deux fois plus cher. C'est pourquoi il n'y avait pas de place pour de la bienfaisance, c'était un calcul du côté des États-Unis de se servir du bas niveau de vie de la population de la Corée du Sud et d'une main d'oeuvre à bas coût pour recevoir toutes les facilités attendues : les vêtements, le confort et les femmes…

Mais pour le compte de quoi la rivalité entre la Corée du Sud et la Corée du Nord se prolonge-t-elle à  longueur d’années ?

 La compétition a lieu non pas dans l'intérêt de l'aide directe américaine, mais au compte de la création de conditions plus favorables aux capitaux en dehors du pays et sur le marché international grâce à l'accès au FMI et au bénéfice de conditions favorables pour l'exportation de biens aux États-Unis.

Pourquoi la Russie et la Chine n’aident-elles pas les Coréens du Nord à se redresser un peu économiquement ?

 La Russie est un pays capitaliste, pourquoi  aiderait-elle  un pays socialiste ?

 

Il faut y trouver quelque intérêt. Nous aidons la Syrie, nous aidons l'Ukraine.

Il y des intérêts.  Par exemple, depuis  longtemps j’ai dit que la Corée du Nord a des minérais très intéressants, qui seraient utiles à notre économie. Et aussi des réserves très intéressantes de terres rares. Vladimir Poutine a récemment organisé une conférence sur ce sujet. Il est intéressant de noter que nos grandes entreprises achetaient les minerais et terres rares en Amérique latine. Je dis : "Pourquoi ? Vous comprenez qu'à n'importe quel moment peut surgir un  conflit militaire, et tout cela s'arrêtera". Et ici nous avons une frontière commune, nous pourrions acheter à la République populaire démocratique de Corée ! Mais les sociétés pensent seulement uniquement à leurs bénéfices à court terme. L'avenir leur importe peu.

Il faut qu'ici les compagnies d'État agissent, or chez nous on tente de réduire le rôle de l'État. En conséquence, sans soutien de l'État, nos sociétés travailleront difficilement avec la Corée du Nord. Il faut ici que l'État manifeste sa volonté et élabore un programme précis de coopération économique avec la Corée du Nord. Par exemple, la Corée du Nord avait une dette envers nous, nous avons déprécié 90 pour cent de cette dette, et en avons maintenu 10 pour cent (un milliard de dollars). Si les Coréens du Nord disent qu’ils ont élaboré des projets réalisables avec la Russie, alors nous pouvons considérer cet argent comme notre placement, qui irait sur de telles affaires. Nous soustrairions cela de la dette restante, et nous considèrerions cela comme notre apport. Ainsi, on peut aider Corée du Nord à moderniser certaines entreprises.

 

Maria Snytkova a préparé cette publication.

Lioubov Lioulko posait les questions.

Traduction du russe YB.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 07:54

A l'occasion du 71e anniversaire de la libération de la Corée de la colonisation japonaise, le 15 août 1945, le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine a adressé un message de félicitations à Kim Jong-un, Président de la Commission des affaires de l'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Alors que l'anniversaire de la Libération est traditionnellement, dans toute la Corée, l'occasion d'appeler au dialogue et à la réconciliation Nord-Sud, la Présidente Park Geun-hye de la République de Corée (Corée du Sud) a choisi cette année de délivrer un message guerrier, à la veille de manoeuvres militaires américano - sud-coréennes qui aggraveront une nouvelle fois les tensions et les risques de conflit dans la péninsule coréenne.

Dans son message au Président Kim Jong-un, le Président Vladimir Poutine a appelé au resserrement des liens avec la RPD de Corée et rappelé que des soldats de l'Armée rouge et des patriotes coréens étaient tombés pour la libération de la Corée. De fait, conformément à leurs engagements internationaux, les Soviétiques étaient intervenus en Corée en août 1945 pour combattre les troupes d'occupation japonaise, en respectant la limite du 38e parallèle au Sud de laquelle les Américains devaient recevoir la reddition des troupes japonaises - pour leur part, les Américains ont attendu la fin des combats pour débarquer en Corée, et n'ont donc pas combattu sur le sol de la péninsule coréenne pour libérer les Coréens de l'occupation japonaise. Selon l'agence nord-coréenne KCNA, le Président Vladimir Poutine a déclaré :

Nous nous souvenons avec respect des soldats de l'Armée rouge et des patriotes coréens qui ont consacré leur vie à l'indépendance de la Corée (...) Les glorieuses traditions d'amitié et de coopération forgées dans les années de la guerre sont devenues la pierre angulaire du développement des relations entre la Russie et la RPDC.

http://www.kcna.kp/kcna.user.home.retrieveHomeInfoList.kcmsf;jsessionid=CCC047A0401B8F6B387AC68AC4BFA728

Le Président Vladimir Poutine a également appelé à l'essor des relations bilatérales entre la Russie et la RPD de Corée dans les domaines économiques, scientifiques, technologiques et humanitaires, afin de garantir la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est.

Préserver la paix n'était en revanche pas la préoccupation de la Présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye dans son message prononcé à l'occasion de la Libération de la Corée. Dans un discours au vitriol contre les "provocations" et les "menaces" nord-coréennes, elle a défendu la course aux armements en défendant avec force le déploiement en Corée du système américain de défense antimissile à haute altitude THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) qui soulève un rejet croissant dans l'opinion publique sud-coréenne. Le 9 août, les Etats-Unis et leurs alliés avaient échoué à obtenir du Conseil de sécurité des Nations Unies l'adoption d'une résolution condamnant la RPDC pour son tir de missile balistique effectué le 2 août, après que la Chine eut demandé - en vain - d'éviter les provocations et les initiatives telles que le déploiement de THAAD.

Dans quelques jours débuteront les exercices militaires américano - sud-coréens Ulji Freedom Guardian, avec l'introduction de bombardiers américains dans le ciel de la Corée.

L'Association d'amitié franco-coréenne appelle une nouvelle fois à la paix et au dialogue dans toute la Corée en vue d'une dénucléarisation de toute la péninsule, et à cesser la course aux armements et les manoeuvres militaires qui aggravent dangereusement les tensions dans une des régions les plus militarisées au monde.

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 18:26

Alors que l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a écrit le 19 avril 2016 aux représentants des pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) pour déplorer leur absence de réaction aux manoeuvres militaires américano - sud-coréennes qui font peser un danger sur la paix, la Fédération de Russie a demandé un délai pour réexaminer un projet de résolution du CSNU condamnant les plus récents tirs de missiles opérés par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en se préoccupant manifestement de la course aux armements et des exercices de guerre engagés dans la région sous l'égide de Washington. Déjà, en début d'année, la Russie, membre permanent du CSNU disposant d'un droit de veto, avait étudié en détail, avant son adoption, la résolution 2270 du CSNU prise suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016 et au lancement d'un satellite par la RPDC le 7 février 2016. La position de la Russie doit désormais être pleinement prise en compte par les Américains, qui ne peuvent plus rester avec seulement la Chine en vis-à-vis sur les questions coréennes. 

Vitali Tchourkine, ambassadeur de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies

Vitali Tchourkine, ambassadeur de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies

Le 2 mai 2016, Vitali Tchourkine, ambassadeur russe auprès de l'ONU, a annoncé que son pays souhaitait apporter des amendements présentant une véritable "valeur ajoutée" au projet de résolution du CSNU visant à condamner la RPD de Corée après ses récents tirs de satellite de moyenne portée - une initiative qualifiée de "malheureuse" par les Etats-Unis.

Parlant sous couvert d'anonymat, un diplomate d'un pays membre du CSNU a précisé que les amendements russes visaient les actions d'un autre pays que la Corée du Nord :

De manière incroyable la Russie a proposé des amendements ne visant pas la RPDC (Corée du Nord) mais plutôt des pays cherchant eux-mêmes à se protéger de cette menace.

La Russie a touché un point sensible contredisant le discours officiel développé par les Américains et leurs alliés, notamment sud-coréens : la montée des tensions autour de la Corée n'est pas imputable à la seule RPDC mais s'inscrit bien dans un ensemble d'actions et de réactions, à savoir une escalade des tensions entretenue par Washington et Séoul.

Sont ainsi visés l'annonce par les Etats-Unis et la Corée du Sud du déploiement du système de missiles antibalistiques THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) dans la péninsule, ainsi que l'engagement de manoeuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud d'une ampleur inédite, immédiatement après le lancement du satellite artificiel nord-coréen "Kwangmyongsong-4".

Plus que la RPD de Corée ce sont en effet bien la Russie et la Chine qui sont visés par le déploiement de THAAD, comme l'a observé le média russe Sputnik :

Les projets de déploiement du système THAAD sont un nouveau scénario américain destiné à exercer des pressions politico-militaires sur la Russie et la Chine.

C'est donc bien à la menace sur leur sécurité stratégique que comporte le déploiement de THAAD qu'entendent s'opposer Moscou et Pékin, les deux pays ayant annoncé la conduite d'exercices militaires assistés par ordinateur pour protéger leur territoire de frappes de missiles balistiques ou de croisière.

Face à la course aux armements et à l'escalade des tensions entretenue par Washington et ses alliés, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à revenir au plus vite à une réponse diplomatique aux besoins légitimes de sécurité de l'ensemble des parties concernées.

Sources :

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 15:56

Lors de la cérémonie qui s'est tenue le 21 avril 2016, la série télévisée nord-coréenne Le mur pare-balles (en anglais Bulletproof Wall) d'Um Chang-gol, saluée par la critique internationale comme l'une des meilleures jamais réalisée au Nord de la péninsule, a été récompensée par l'obtention d'un prix spécial lors du 18e Festival international du film policier de Moscou (DetectiveFEST). Selon l'agence nord-coréenne KCNA, les participants de plusieurs pays - outre la Russie (organisatrice), l'Autriche et le Kazakhstan - ont fait part de leur intention de diffuser la série sur leurs chaînes nationales de télévision.

"Le mur pare-balles" d'Um Chang-gol récompensé au Festival international du film policier de Moscou

Le mur pare-balles prend place dans la Corée à la fin de l'occupation japonaise et dans la période suivant immédiatement la libération le 15 août 1945, en décrivant avec force réalisme la vie d'un groupe de patriotes agissant dans la clandestinité. Relevant à la fois du film historique et du thriller, cette série télévisée récente - elle est datée de 2000 dans l'ouvrage de référence du cinéma nord-coréen de Ri Ok-gyong (et al.) publiée par la société nord-coréenne Korfilm - met à l'écran Heon Sung-joon. Elle se signale par son rythme haletant, ses scènes d'action spectaculaires et le recours aux effets spéciaux numériques, à partir d'une thématique classique de la création cinématographique de la République populaire démocratique de Corée : la lutte de libération nationale, dans lesquelles s'est illustré le groupe de guérilleros menés par Kim Il-sung, fondateur du pays. 

La série a obtenu un prix spécial dans le cadre de la 18e édition du prestigieux Festival international du film policier de Moscou qui a ouvert ses portes le 20 avril 2016, et proposé plus de 400 films originaires de 57 pays (dont la France).  

Episodes 1 et 2 de "Bulletproof Wall"

Sources :

Ri Ok-gyong, Hong Chan-su, Ri Un-gyong et al.Korean film : Feature Film, TV Drama, Documentary, Science Film, Children's Film / 조선 영화 : 예술, 텔레비죤극, 기록, 과학, 아동 (en anglais et en coréen). Traduction de Ro Yong-chol, Jang Hyang-gi et Yang Sung-mi, Korea Film Export & Import Corporation, Pyongyang, RPD de Corée. OCLC 857899124.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 21:07

Le 8 mars 2016, la République de Corée (Corée du Sud) a annoncé de nouvelles sanctions unilatérales - s'ajoutant à celles du Conseil de sécurité des Nations Unies - contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Si leur portée est relativement limitée pour la RPD de Corée puisque les échanges de personnes entre les deux Corée avaient déjà pratiquement cessé, et que la fermeture de la zone industrielle de Kaesong a mis fin aux derniers échanges économiques intercoréens, il en va en revanche différemment pour la Russie, Séoul ayant décidé dans ce cadre de mettre fin au projet de liaison transferroviaire entre les deux Corée et la Fédération de Russie. 

La Russie, principale victime des nouvelles sanctions sud-coréennes contre la Corée du Nord ?

En renforçant le régime d'interdiction d'entrée dans ses eaux territoriales des navires ayant transité par la RPD de Corée, les nouvelles sanctions unilatérales décidées par la Corée du Sud correspondent à une interprétation maximaliste de la résolution 2270 du Conseil de sécurité des Nations Unies, créant un embargo qui s'inscrit dans une logique connue, dont les néo-conservateurs sont très friands : celle de l'étranglement économique d'un autre pays dans le but de précipiter l'effondrement de son régime politique.

En outre, les nouvelles sanctions de Séoul ont élargi la liste des entités et personnes placées sur une "liste noire",  les coupant des circuits financiers. Par ailleurs, les Sud-Coréens à l'étranger sont priés de ne pas fréquenter les restaurants nord-coréens à l'étranger - mais cette dernière mesure est surtout d'affichage, l'interdiction étant déjà mise en oeuvre via les représentations diplomatiques sud-coréennes dans le monde, avec l'appui d'un vaste réseau de mouchards, dûment rémunérés, sans équivalent dans aucune démocratie parlementaire. Mais peut-être s'agit-il à présent, pour les services de renseignement sud-coréens (NIS), d'utiliser cette nouvelle mesure pour poursuivre des citoyens coréens lambda à l'étranger, en faisant une application hors de leurs frontières (donc illégale) de la loi de sécurité nationale (LSN) qui interdit les échanges humains Nord-Sud sans autorisation expresse - et donc de se réserver la possibilité d'engager des poursuites dès lors que les Sud-Coréens retourneront dans leur pays ? De la part du NIS, qui viole de manière massive les libertés fondamentales et dont les pouvoirs viennent encore d'être renforcés dans le cadre d'une loi dite antiterroriste, rien ne peut être exclu.

Mais l'élément le plus significatif est bien le coup d'arrêt donné au projet de rapprochement ferroviaire entre la Russie et les deux Corée (ligne dite Rajin-Khasan), qui aurait pourtant été bénéfique à l'ensemble des parties prenantes, dans le cadre de la mise en oeuvre de l'interdiction faite aux navires ayant mouillé en Corée du Nord de se rendre en Corée du Sud, comme l'a précisé l'agence officielle sud-coréenne Yonhap :

Cette interdiction a entraîné l'interruption du projet Rajin-Khasan entre les deux Corées et la Russie. Ce projet vise à acheminer en Corée du Sud du charbon russe et autres marchandises via voies ferroviaire et maritime, en passant par la Corée du Nord. Il était une des exceptions aux sanctions de 2010 interdisant les échanges inter-frontaliers.

Séoul a informé aujourd’hui la Russie de l’interruption du projet de coopération trilatéral. “Le gouvernement a expliqué à la Russie que l'application de nouvelles sanctions est une décision inévitable en réponse à l'essai nucléaire nord-coréen”, à déclaré l'envoyé sur le nucléaire Kim Hong-kyun lors d’un point de presse.

http://french.yonhapnews.co.kr/northkorea/2016/03/08/0500000000AFR20160308003300884.HTML

Une fois encore, ce sont bien les autorités conservatrices de Corée du Sud (au pouvoir depuis 2008) qui prennent l'initiative de dégrader encore davantage les relations intercoréennes - quitte à contredire une nouvelle fois les engagements pris par la présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye en personne, mais cette fois à l'égard de son homologue russe Vladimir Poutine. ce choix apporte aussi la preuve que le discours de Mme Park en faveur du dialogue et des échanges intercoréens était de pur affichage, sans volonté sincère de rapprochement pacifique avec le Nord. A Séoul comme à Washington, les néoconservateurs sont unis dans leur volonté de combiner le recours aux sanctions économiques et aux pressions militaires pour provoquer un changement de régime au Nord, suivant un processus appliqué dans d'autres parties du monde - et quelles que soient les souffrances des populations.

Autre source :

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 23:08

Dans une dépêche en date du 11 mars 2015, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que l'année 2015 serait celle de l'amitié entre la Fédération de Russie et la RPD de Corée. Alors qu'une série de visites ont marqué un resserrement récent des liens entre les deux voisins, un développement des échanges est attendu dans les domaines politique, économique et culturel.

Année de l'amitié Russie-RPDC : quels projets concrets ?

La Fédération de Russie et la République populaire démocratique de Corée partagent une même conception des relations internationales basée sur le respect des souverainetés nationales et le refus de l'unilatéralisme. Dans un contexte historique marqué par la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale (célébrée en Russie comme la "Grande Guerre patriotique"), qui a signifié l'accession de la Corée à l'indépendance, mais aussi l'enclenchement du processus de division du pays, la décision conjointe de faire de 2015 l'année de l'amitié russo - nord-coréenne doit s'accompagner par un essor des visites croisées entre les deux pays dans les différents domaines - politique, économique et culturel. L'agence nord-coréenne KCNA n'a toutefois pas confirmé, à ce stade, si le Maréchal Kim Jong-un visiterait lui-même la Russie à l'occasion de la célébration de la victoire sur le nazisme.

Un accroissement des échanges est tout particulièrement attendu dans le domaine économique, après l'annulation en 2014 de la plus grande partie de la dette nord-coréenne vis-à-vis de la Russie et l'ouverture de perspectives nouvelles d'investissements internationaux en RPD de Corée pour les groupes russes, particulièrement dans le secteur minier. Le raccordement des réseaux ferroviaires et le prolongement des liaisons dans le domaine du gaz sont des projets définis de longue date, qui bénéficieraient par ailleurs à l'ensemble de la péninsule coréenne, et pourraient entrer dans une phase plus opérationnelle. Enfin, la Russie est intéressée par le développement de ses régions d'Extrême-Orient.

En février 2015, la Chambre de commerce russe a mis en place un Conseil pour la coopération avec la Corée du Nord, visant à doubler les échanges commerciaux pour les porter à 1 milliard de dollars par an d'ici 2020. Alors que tant la RPDC que la Russie sont soumises à des régimes de sanctions par les puissance occidentales, les entreprises des deux pays bénéficieraient d'un accès privilégié à l'économie de leur partenaire. Les Nord-Coréens pourraient ouvrir des comptes dans les banques russes, et les hommes d'affaires russes bénéficieraient d'un régime assoupli de visas ainsi que d'un accès élargi à Internet et à la téléphonie mobile.

Principales sources :

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)