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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 00:04

Le 26 novembre 2013, en Corée du Sud, une association conservatrice a déposé une plainte contre l'avocat Jang Kyung-uk en raison des contacts que ce dernier a eus avec des responsables nord-coréens en violation de la loi de sécurité nationale qui proscrit tout contact entre Coréens du Nord et du Sud sans autorisation préalable du gouvernement sud-coréenLes contacts en question ont eu lieu lors d'une conférence internationale sur la paix et la réunification de la Corée, organisée à Potsdam, en Allemagne, du 11 au 14 novembre. A cette conférence participaient des Coréens et des non-Coréens venus de plusieurs pays, dont des membres de l'Association d'amitié franco-coréenne.

Potsdam_12nov2013_2.JPG

Agé de 45 ans, Jang Kyung-uk (1er en partant de la gauche) est un des défenseurs du Parti progressiste unifié (PPU) de Corée du Sud, contre lequel le gouvernement sud-coréen a lancé une procédure d'interdiction après qu'un député du PPU, Lee Seok-ki, a été accusé, sans preuves, d'avoir voulu renverser l'Etat sud-coréen avec l'appui de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). De telles accusations apparaissent comme une nouvelle tentative de détourner l'attention des citoyens de Corée du Sud des multiples scandales impliquant le gouvernement de la présidente Park Geun-hye, notamment l'utilisation des services secrets à des fins de manipulation de l'opinion publique.

Le 26 novembre 2013, le très conservateur quotidien Chosun Ilbo, relais médiatique habituel des services secrets sud-coréens, a fait une « révélation » supplémentaire dans l'affaire Lee Seok-ki : le 12 novembre, Jang Kyung-uk est entré en contact avec des Nord-Coréens lors d'une conférence sur la Corée organisée à Potsdam, en Allemagne, en violation de la loi sud-coréenne de sécurité nationale instaurée en 1948 et qui interdit tout contact entre Coréens du Nord et du Sud sans autorisation préalable du gouvernement sud-coréen.

Suite à cette rencontre, une plainte a été déposée par l'association conservatrice Hwalbindan le 26 novembre contre Jang, pour demander « une enquête sur l'objectif et la démarche de la participation [de Jang Kyung-uk] à cette conférence, les contacts qu'il a eus avec des personnalités nord-coréennes et les informations qu'il leur a transmises ». La plainte contre Jang Kyung-uk fait aussi état des propos tenus par Jang lors de la conférence : « Dans cette conférence, l'avocat Jang a déclaré que l'insécurité de la péninsule coréenne est de la faute des Etats-Unis et de la Corée du Sud et qu'il faut redéfinir la ligne de démarcation maritime. Nous demandons un enquête exhaustive pour savoir si ses paroles sont favorables à l'ennemi en vertu de la Loi de sécurité nationale. »

Par ailleurs, toujours selon le Chosun Ilbo, le ministère sud-coréen de la Réunification mène une enquête sur Jang Kyung-uk car il n'a pas averti de sa rencontre avec des Nord-Coréens. Et l'article de préciser que la non-déclaration d'une rencontre avec des Nord-Coréens dans un pays tiers est passible d'une amende de 3 000 000 wons (environ 2 000 euros).

La « Conférence internationale sur la paix et la réunification de la péninsule coréenne » avait lieu du 11 au 14 novembre 2013 à Potsdam. Elle avait pour objectif principal de mettre en évidence la responsabilité des Nations Unies dans une médiation visant à mettre fin au régime d'armistice et à œuvrer à l'établissement de la paix entre la République populaire démocratique de Corée et les Etats-Unis d'Amérique. Participaient à cette conférence des Coréens du Nord, du Sud et d'outre-mer, ainsi que des personnes intéressées par la question coréenne venues d'Allemagne, de France, des Etats-Unis, de Russie, de Norvège et du Vietnam. Des membres de l'Association d'amitié franco-coréenne participaient à la conférence.

Si les autorités judiciaires et politiques sud-coréennes veulent en savoir plus sur la conférence de Potsdam, et accessoirement sur l'intervention de M. Jang, elles pourront utilement se plonger dans la lecture des divers comptes rendus de ladite conférence publiés dès le 16 novembre sur le site chinois The 4th Media et sur le site du Conseil de coordination nationale coréen-américain (KANCC, dont des responsables étaient aussi présents à Potsdam), entre autres.

Potsdam 12nov2013 1

Le 12 novembre, invité à s'exprimer sur le thème « nécessité d'un accord de paix et perspectives », Jang Kyung-uk a notamment déclaré : « L'Accord d'armistice a défini une ligne de démarcation terrestre sans équivoque, mais ce n'est pas le cas de la ligne de démarcation maritime. En particulier, dans la mer de l'Ouest autour des cinq îles sous le contrôle de la partie Sud, il est très difficile de fixer les limites des eaux territoriales en raison de la distribution compliquée des juridictions sur les îles environnantes entre le Nord et le Sud. Dans l'état de trêve, toutefois, il est essentiel de fixer la ligne maritime de démarcation militaire entre le Nord et le Sud. Le Sud insiste sur la Ligne de limite nord, tandis que le Nord tient à la ligne maritime de démarcation militaire en mer de l'Ouest, laquelle diffère de la première. Dans cette situation, si le Nord et le Sud maintiennent les hostilités sans fixer de ligne maritime de démarcation militaire à travers le dialogue et la négociation, il arrivera inévitablement des affrontements militaires fréquents entre le Nord et le Sud en mer de l'Ouest. »

Outre sa présence à la même tribune que des chercheurs de l'Institut central pour la réunification de RPDC, ce sont donc ces paroles pleines de bon sens sur les risques d'affrontements en mer de l'Ouest (mer Jaune) qui semblent aujourd'hui reprochées à Jang Kyung-uk. Mais personne ne doit être dupe : c'est bien l'action de Jang Kyung-uk en tant qu'avocat dénonçant la diversion grossière qu'est la procédure d'interdiction du PPU qui lui vaut d'être inquiété.

A l'issue de la conférence de Potsdam, le 14 novembre 2013, les participants ont décidé la création d'un «  Comité international en faveur d'une résolution des Nations Unies pour la paix et la réunification de la Corée » (voir déclaration ci-dessous). L'Association d'amitié franco-coréenne soutient cette initiative, comme elle apporte son soutien à M. Jang Kyung-uk dans son combat pour la paix et la justice en Corée.


Photos : Ohmynews

 

 

Création d'un Comité international en faveur d'une résolution

des Nations Unies pour la paix et la réunification de la Corée

 

Le 14 novembre 1947 pourrait rester dans les mémoires comme un des jours les plus honteux de l'histoire des Nations Unies. Il y a 66 ans, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté un texte rédigé par les Etats-Unis, recommandant la tenue d'élections afin de choisir des représentants et constituer une Assemblée nationale, lesquelles aboutiraient à la création d'un gouvernement national en Corée. Le nombre de représentants de chaque zone de vote devait être proportionnel à la taille de la population, et les élections devaient se tenir sous la supervision de la Commission temporaire des Nations Unies pour la Corée. Le texte fut adopté malgré l'opposition de l'Union soviétique. Ce texte en apparence équitable violait la souveraineté coréenne et allait à l'encontre de l'accord conclu à la Conférence de Moscou par les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de l'Union soviétique et du Royaume-Uni en décembre 1945. Après cette résolution injuste et illégale, des élections eurent lieu et un gouvernement fut instauré en Corée du Sud, avec pour résultat final la division de la péninsule coréenne.

Cette résolution anéantissait tous les projets et efforts entrepris par beaucoup de Coréens qui avaient essayé d'établir un seul gouvernement unifié dans la péninsule coréenne. Les fruits de l'historique Conférence conjointe des représentants des partis politiques et organisations sociales du Nord et du Sud qui eut lieu à Pyongyang le 18 avril 1948 furent également ignorés. Finalement, le 15 août 1948, le gouvernement de la « République de Corée » du Sud fut instauré après l'élection du 10 mai 1948. Comme une conséquence inévitable, la « République populaire démocratique de Corée » fut proclamée au Nord le 9 septembre. De cette façon, la formation de deux gouvernements dans la péninsule coréenne était devenue une réalité, ce qui, comme on pouvait s'y attendre, entraîna la guerre de Corée.

Les Nations Unies ont été fondées en tirant la leçon historique de la Seconde Guerre mondiale, dans le but de bâtir la paix et la sécurité du monde. Mais, dans les faits, elles ont pris la décision d'apporter au pays la division que suivit la guerre de Corée. Cette décision fut, sans exception, le jugement le plus erroné des Nations Unies. Très clairement, les Nations Unies doivent reconnaître le problème que pose leur décision et produire une nouvelle résolution pour la paix et la réunification de la péninsule coréenne. C'est le seul moyen de garantir que les Nations Unies ne répéteront pas de telles erreurs.

Depuis 1945, la division de la Corée perdure. De plus, l'Accord d'armistice signé en 1953 par la Corée du Nord et les Etats-Unis n'a jamais été suivi d'un traité de paix. Il est de la plus haute évidence que la prochaine guerre dans la péninsule sera d'ampleur mondiale en s'étendant au-delà des limites de l'Extrême-Orient, la Troisième Guerre mondiale ; les Nations Unies ont donc l'obligation de prendre des mesures pour l'éviter.

Nous nous réunissons donc aujourd'hui, en cette soixante-sixième année de la résolution tragique des Nations Unies, afin d'organiser un « Comité international en faveur d'une résolution des Nations Unies pour la paix et la réunification de la péninsule coréenne »,

Le Comité travaillera continuellement pour bâtir une paix stable dans la péninsule et accomplir une réunification indépendante et pacifique du pays. Il se développera aussi en tant qu'organisation internationale réunissant plusieurs personnalités du monde, travaillant sincèrement ensemble pour la paix et la réunification de la Corée.

En conclusion, la création de ce comité international fournira la nouvelle résolution des Nations Unies et permettra d'avancer vers l'objectif final de la réunification pacifique de la péninsule coréenne.


Potsdam, 14 novembre 2013

 les participants à la Conférence internationale sur la paix et la réunification de la péninsule coréenne

 

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)