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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 20:36

Huit jours après sa sortie, le film du Sud-Coréen Ryoo Seung-wan The Battleship Island a dépassé les 5 millions d'entrées : témoignant du travail forcé des Coréens et des Chinois dans l'île japonaise de Hashima pendant la Seconde guerre mondiale, ce film très largement diffusé en salles témoigne de la popularité des longs métrages historiques en Corée du Sud - puisque le jour où il dépassait les 5 millions d'entrées le film de Jang Hoon A Taxi Driver, consacré à un journaliste allemand témoin de la Commune de Gwangju en 1980, faisait une entrée fracassante au box office.  

"The Battleship Island", un film de Ryoo Seung-wan sur le travail forcé des Coréens et des Chinois à Hashima

Etroite (elle ne mesure que 160 mètres de large sur 450 mètres de long, soit une superficie de seulement 6,3 hectares), l'île de Hashima, située à 19 kilomètres des côtes de Nagasaki a connu un destin exceptionnel lié à l'exploitation des mines sous-marines de charbon situées aux alentours, après son achat par Mitsubishi en 1890. Le groupe japonais met en valeur l'île, construit des immeubles et des infrastructures pour les ouvriers : abritant 5 229 habitants en 1959, Hashima est alors l'endroit comptant la plus forte concentration de population au monde - avec une densité de population de 83 500 habitants au kilomètre carré. Mais le déclin de l'industrie houillère entraîne le recul de l'exploitation minière : les derniers habitants quittent Hashima en 1974, qui devient une île fantôme ayant accueilli des décors de film - notamment pour Skyfall de Sam Mendes et Inception de Christopher Noland. L'île, en tant que site de la révolution industrielle de l'ère Meiji, est inscrite depuis juillet 2015 au patrimoine mondial de l'UNESCO.

"The Battleship Island", un film de Ryoo Seung-wan sur le travail forcé des Coréens et des Chinois à Hashima
"The Battleship Island", un film de Ryoo Seung-wan sur le travail forcé des Coréens et des Chinois à Hashima
"The Battleship Island", un film de Ryoo Seung-wan sur le travail forcé des Coréens et des Chinois à Hashima

Le sang et les larmes des mineurs de Hashima sont aussi mêlés à l'histoire tragique de la colonisation japonaise, notamment le travail forcé des Coréens et des Chinois : derrière les murailles ceignant l'île navire de guerre (selon la traduction en français de son nom japonais) ont été déportés 800 travailleurs forcés coréens pendant la Seconde guerre mondiale. 134 d'entre eux y sont morts, et ceux qui tentaient de fuir étaient torturés.

Le film de Ryoo Seung-hwan The Battleship Island, sorti en salles fin juillet 2017, nous raconte la vie et le récit de l'évasion de Coréens déportés dans l'île - avec l'acteur Hwang Jung-min dans le rôle principal de Lee Kang-ok. Ryoo Seung-hwan a souligné que le film, tourné à Chuncheon où ont été reproduits les décors de Hashima, est une fiction - alors que certains médias japonais ont dénoncé le long métrage décrivant Hashima comme un enfer, négligeant de ce fait que le taux de mortalité (17 % des travailleurs forcés coréens y sont morts) suffit à rendre compte de leurs conditions terribles d'existence, encore largement méconnues en Occident.

"The Battleship Island", un film de Ryoo Seung-wan sur le travail forcé des Coréens et des Chinois à Hashima
"The Battleship Island", un film de Ryoo Seung-wan sur le travail forcé des Coréens et des Chinois à Hashima

Des survivants interrogés par Yonhap ont rendu compte des conditions de travail forcé extrêmement dures dans l'île de Hashima.

Choi Chang-seop y est arrivé en 1943 à l'âge de 15 ans, et y est resté jusqu'à a capitulation japonaise en août 1945 :

J’ai vécu une vie de prisonnier pendant trois ans sur l’île de Hashima, totalement entourée par la mer (...) ça m’étouffe de me souvenir de l’époque où j’ai travaillé pendant 12 heures par jour en petite tenue au fond de cette mine de charbon

Mal nourri, Choi Chang-seop, comme les autres Coréens, était affecté aux tâches les plus dangereuses - non seulement l'extraction du charbon mais aussi boucher les trous de la mine :

Lorsque j’ai eu cette mission, les Japonais responsables m’ont dit, ‘‘pauvre toi, jeune, faut faire attention à ta tête, on se blesse souvent la tête avec les pierres qui tombent’’. J’ai été plusieurs fois hospitalisé à cause de blessures à la tête.

Choi Chang-seop

Choi Chang-seop

Egalement interrogé par Yonhap, un autre survivant aujourd'hui âgé de 92 ans, Lee In-woo, qui est resté huit mois dans la mine, s'est dit sauvé quand il a été incorporé dans l'armée japonaise. Il raconte aussi qu'une petite île à côté de Hashima était appelé le crématorium, car "c'était le lieu où les Japonais incinétaient les cadavres des travailleurs et fugitifs morts".  

Lee In-woo

Lee In-woo

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Cinéma Histoire de la Corée Relations Japon-Corée
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 15:08

En 1958, un groupe d'intellectuels français (dont faisait notamment partie Francis Lemarque, futur membre fondateur de l'AAFC), qui s'étaient opposés à la guerre de Corée, se rend en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : plusieurs œuvres rendront compte de leur expérience, notamment Coréennes de Chris Marker et le film franco-nord-coréen Moranbong de Jean-Claude Bonnardot, sur un scénario d'Armand Gatti. Dans le groupe, le réalisateur Claude Lanzmann, auteur de Shoah, avait déjà raconté une brève d'histoire d'amour, platonique, avec une infirmière nord-coréenne, Kim Kum-sun, dans son livre Le lièvre de Patagonie. Près de 60 ans plus tard, il en a fait un film de quarante-cinq minutes, Napalm, présenté en sélection officielle au festival de Cannes.

Quand on parle de la Corée du Nord il y a des figures imposées (le triptyque « famine – dictature – armées nucléaires »). Pour avoir refusé de s'y soumettre dans son film Napalm, Claude Lanzmann s'est naturellement attiré les foudres d'une bonne partie de la critique qui, au mieux, a décrit comme un OVNI ce que le réalisateur refuse de classer dans la catégorie des documentaires. Pourtant, la confession intime qu'il livre est passionnante à plus d'un titre. Elle émane d'un homme qui, pas plus en 1958 qu'aujourd'hui (ses remarques sur les guides ou la nourriture suffisent amplement à le prouver), n'idéalise ni même ne défend la RPD de Corée - les compagnons de voyage de Claude Lanzmann lui ont fortement reproché, en 1958, d'adopter un regard systématiquement critique, mais il pouvait en tout cas faire valoir une activité de résistant qui a forcément résonné pour les Nord-Coréens, la RPDC tirant sa légitimité de la résistance à l'occupation japonaise). Ainsi elle permet de comprendre les évolutions dans la relation que la Corée du Nord a entretenue avec l'Occident et surtout d'offrir un témoignage dépouillé de toute considération lourdement politique.

 

Pourtant, le premier voyage de Claude Lanzmann en 1958 était éminemment politique. À cette date, le Parti communiste français est la plus grande force politique française - le général de Gaulle, qui allait instaurer peu après la Cinquième République, ayant d'ailleurs estimé a posteriori que, sans les événements du printemps 1958, les communistes auraient probablement pris la tête du gouvernement français. Avec le Mouvement de la paix, le Parti s'est engagé résolument dans les manifestations (interdites) contre la guerre de Corée, qui ont fait deux morts à Paris, tombés près de la place de Stalingrad. La délégation d'intellectuels dont fait partie Claude Lanzmann est reçue avec honneurs à Pyongyang – où elle rencontrera à deux reprises le Président Kim Il-sung – et ses membres sont loin d'être tous, loin s'en faut, des membres du Parti communiste français (Claude Lanzmann n'avait d'ailleurs pas sa carte au PCF). Au-delà de leurs sensibilités politiques diverses, ils sont animés par le même refus de la guerre, une guerre civile internationalisée qui, pendant trois ans, a causé des millions de morts. Le titre du film Napalm est d'ailleurs hautement significatif : avant la guerre du Vietnam, la Corée a été le premier théâtre d'opérations militaires où l'armée américaine a fait un usage intensif du napalm.

 

En 1958, les visiteurs occidentaux qui se rendent à Pyongyang sont déjà invités à témoigner de la volonté du peuple nord-coréen de bâtir le socialisme et de reconstruire leur pays dévasté au rythme de Cheollima, le cheval ailé des légendes coréennes qui parcourt 1.000 ri par jour. Claude Lanzmann le reconnaît : lorsqu'il revient en Corée du Nord en 2004, à l'occasion d'une extension dans le cadre d'un séjour en Chine où il présentait Shoah, le visage de la capitale s'est radicalement modifié.

 

Après cette visite fortuite - c'est seulement après son arrivée à Pékin en 2004 que Claude Lanzmann apprend qu'il peut visiter pendant quatre jours la RPDC, en compagnie d'Anglo-Saxons qu'il décrit comme des adeptes de Noam Chomski enchantés de « découvrir le communisme pur et dur » - Claude Lanzmann envisagera de revenir en Corée du Nord y tourner un film, de manière tout à fait officielle – nous l'avons d'ailleurs croisé à plusieurs reprises aux réceptions de la délégation générale nord-coréenne en France, à l'instar d'autres artistes ou de journalistes ayant des projets de visite en Corée du Nord. Cette troisième visite au Nord de la Corée interviendra finalement en 2015.

 

Il venait y retrouver les souvenirs d'une brève idylle – ce qui aurait été, selon lui, impossible à expliquer aux Nord-Coréens, si bien qu'il leur a parlé d'un film documentaire sur le Taekwon-do, le sport national de combat coréen pour justifier son déplacement de 2015.

 

Victime d'un coup de fatigue lors de son séjour en 1958, il lui est fait une piqûre de vitamines « dans le gras de la fesse » par une jeune infirmière, Kim Kum-sun, sous le regard de militaires. Un baiser sera échangé en cachette, des messages échangés sous forme de dessins... et une lettre reçue d'elle, six mois après son retour en France. Revenant sur son histoire d'amour, Claude Lanzmann l'avoue : « Ça marque, une histoire comme ça ! Elle n'a jamais cessé de me hanter. »

 

Quelque romancée qu'elle puisse être, c'est une histoire humaine, profondément humaine – qui en rappelle d'autres (comme celle entre une Est-Allemande et un Nord-Coréen qui étudiait à Berlin après la guerre de Corée, mariés puis séparés après son retour en Corée et qui se sont revus un demi-siècle plus tard) – et s'inscrit dans la continuité des leçons d'humanité que nous a prodiguées Claude Lanzmann dans ses documentaires sur la Seconde guerre mondiale et le génocide des Juifs, qui représentaient jusqu'ici la totalité de sa filmographie.

 

Le réalisateur n'a pas souhaité revoir Kim Kum-sun. Elle était plus jeune que lui, né en novembre 1925 et alors âgé de 32 ans. Mais à quoi bon ? C'est le souvenir de la Kim Kum-sun de 1958 qui a ému et hanté Claude Lanzmann pendant toutes ces années, et c'est cette seule image qu'il faut garder.

 

Source :

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 14:15

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero Yun Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, sorti en salles le 22 février 2017 en France. Le film a donné lieu à des avant-premières, à l'initiative notamment de membres de l'AAFC, à Tousson et à Pithiviers le 18 février 2017, en présence du réalisateur Jero Yun. Le cinéma d'art et d'essai "Les 3 Luxembourg", à Paris, a projeté deux séances suivies de rencontres-débats : le 22 février avec Jero Yun, et le 27 février avec Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération. Nous revenons sur la séance-débat du 27 février. 

"Madame B. histoire d'une Nord-Coréenne" : projection-débat avec l'AAFC au cinéma "Les 3 Luxembourg"

Madame B. histoire d'une Nord-Coréenne est un film d'accès apparemment difficile : filmé dans un style dépouillé, parfois brut, à mille lieues des clichés sur les réfugiés nord-coréens véhiculés par des stars (ou supposées telles) ayant des besoins de reconnaissance et/ou financiers, le long métrage invite les spectateurs à se forger leur propre opinion et ne délivre pas d'autre message que celle de l'humanité d'une femme, Mme B., qui, comme des dizaines de milliers de Nord-Coréens, a quitté son pays à la recherche d'une vie économique meilleure. Son récit devient, par extension, celui de nombreux réfugiés de par le monde. Comme l'observe Isabelle Regnier du quotidien Le Monde,

La force du film tient à la tension qu’il instaure entre le tableau cataclysmique des conditions de vie de ces migrants d’Asie extrême et la personnalité fascinante de son personnage, bloc de volonté qui oppose aux coups de massue du destin un désir de vivre dévorant, et une capacité de résilience qui laisse pantois.

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/02/21/madame-b-le-periple-d-une-battante-entre-les-deux-corees_5082797_3476.html#g45ZObYMiz8lUArg.99

Animé par Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, le très riche débat qui a suivi la projection, en présence de Coréens et de spécialistes de la Corée, a permis d'aborder de multiples autres questions qui touchent à la société coréenne dans son ensemble, Nord comme Sud : les représentations réciproques entre Coréens du Nord et du Sud ; l'intégration (ou non) des Nord-Coréens en Corée du Sud, confrontés à l'anticommunisme viscéral d'une société où ils souffrent de l'absence de réseaux, essentiels pour réussir au Pays du Matin Calme ; la question des femmes dans la société coréenne, marquée par une culture patriarcale d'origine néo-confucéenne... Car Mme B. traduit aussi l'émancipation de millions de femmes (nord-)coréennes, à la faveur de l'ouverture économique du pays, à la mesure des positions privilégiées qu'elles occupent souvent dans les activités commerciales privées, légales ou non, qui permettent aujourd'hui à la RPD de Corée de poursuivre son développement économique et social.

Jero Yun a réussi le tour de force d'accepter que parle, sous l'oeil de sa caméra, toute une famille de réfugiés nord-coréens - alors que les réfugiés coréens, qu'ils soient du Nord ou du Sud, sont le plus souvent réservés à témoigner. Par la force de sa volonté, Mme B. a d'ailleurs aujourd'hui réussi à ouvrir un café en Corée du Sud, tandis que son fils aîné enchaîne tous les travaux, ne rechignant pas devant les tâches les plus difficiles, et que son fils cadet est engagé dans des études pour devenir acteur - ce qui répond en partie aux interrogations qui se font jour à la fin du film.

A travers un récit individuel, c'est aussi une certaine histoire de la Corée que nous raconte la vie de Mme B. - et qui fait plus que jamais ressortir la nécessité de réunifier un pays divisé depuis sept décennies. Quant à lui, Jero Yun a pour sa part exprimé sa reconnaissance envers les réfugiés nord-coréens qui l'ont soutenu, lorsqu'il les accompagnait lors de leur périple express (cinq jours !) de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande, lui qui était blessé, découragé parfois, mais avait promis à Mme B. de transcrire dans un film l'histoire d'une vie peu banale. 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 14:08

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero Yun Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, Madame B., loin des clichés sur les réfugiés nord-coréens en Corée du Sud, avant une sortie en salles le 22 février 2017 en France. Le long métrage produit par ZORBA a été présenté à Cannes en 2016 à la sélection de l'ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Plusieurs avant-premières en France ont eu lieu avec la participation de membres des comités régionaux de l'AAFC, le comité régional Bourgogne-Franche-Comté ayant par ailleurs relayé la diffusion en avant-première au Festival international du film de Belfort. Le 18 février 2017, deux avant-premières suivies d'un débat avec le réalisateur ont eu lieu, à l'initiative de Pierrot Beltante, animateur du foyer rural de Tousson "La tête des trains", le foyer rural de Tousson ayant une longue tradition de présentation de la culture coréenne et du cinéma de et sur la Corée, en partenariat avec l'AAFC : à Tousson (en présence de 25 participants, la capacité maximale d'accueil de la salle de projection) et au cinéma Le Mail à Pithiviers, devant 120 spectateurs. Des délégations du bureau national de l'AAFC étaient présentes lors des projections-débats à Tousson et Pithiviers. L'AAFC remercie Pierrot Beltante (qui avait découvert le film et rencontré Jero Yun lors de la sélection à Cannes), l'équipe du foyer rural de Tousson et le cinéma Le Mail à Pithiviers pour l'organisation de ces avant-premières, suivies d'excellents buffets, et relayées dans les médias locaux (journaux, site de la mairie de Pithiviers et web-télévision).

Projection en avant-première à Pithiviers

Projection en avant-première à Pithiviers

Comment parler du film Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne ? On peut retenir une approche sociale et politique, mettant l'accent sur les raisons qui ont conduit des dizaines de milliers de Nord-Coréens à quitter définitivement leur pays - essentiellement pour des raisons économiques, comme Madame B., qui pensait initialement revenir en Corée du Nord après un an - avant souvent de déchanter lors de l'arrivée au sud de la péninsule - où nombre d'entre eux sont accusés d'espionnage et doivent purger de longues peines de prison.

On peut aussi s'intéresser à l'esthétique du film, sobre, dépouillée, qui évite tout jugement de valeur, et à ses conditions de réalisation particulièrement difficiles pour Jero Yun, qui avait fait à Madame B. la promesse de porter son histoire à l'écran - une promesse qu'il mettra trois ans à honorer. Ayant suivi le groupe de fugitifs nord-coréens dont faisait partie Madame B. dans leur périple de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande (d'où ils rejoindront la Corée du Sud), Jero Yun a déclaré :  

Marcher avec les autres clandestins tout en filmant et en prenant le son seul m’était cependant devenu impossible tant j’avais moi-même du mal à survivre. Des réfugiés nord-coréens m’aidaient, c’était une relation très étrange, car j’étais pour ma part incapable de les aider physiquement. Parfois, les passeurs soutenaient quelques groupes épuisés en portant leurs sacs. Il y avait des moments d’entraide et de partage. Durant le périple, j’ai donc filmé tout ce que je pouvais filmer, mais dans certaines situations, c’était impossible. Un passeur laotien, notamment, avait un visage qui ne m’incitait pas à sortir la caméra… D’autres fois, ma blessure et la faim m’empêchaient de filmer. Quand je suis arrivé en Thaïlande, je ressemblais à un clochard. Sur place, je me suis fait contrôler quatre fois par les autorités, tant ma situation de clandestin était évidente.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-246814/secrets-tournage/

On peut, enfin, retenir une approche centrée sur la leçon d'humanité que délivre le film, né de la relation exceptionnelle qui s'est créée entre Jero Yun et Madame B., mais aussi la famille de cette dernière - notamment ses deux fils, dont le plus jeune a commencé des études pour devenir acteur de cinéma. Comme l'a déclaré une spectatrice de l'avant-première à Tousson, le film est une histoire d'amour - ou plutôt une histoire d'amours. Celles de Madame B. pour son mari nord-coréen, pour son mari chinois et pour ses deux fils, son départ pour la Corée du Sud tenant à sa seule volonté de gagner mieux sa vie pour leur offrir la possibilité de poursuivre des études universitaires, très coûteuses en Corée du Sud. Alors que le film se termine sur les questions que se pose Madame B., elle a aujourd'hui créé un café à Séoul, où elle vit toujours, en ayant par ailleurs obtenu la nationalité et un passeport sud-coréens.

Femme exemplaire, déterminée à lutter pour obtenir ses droits, Madame B. témoigne du rôle nouveau joué par les femmes dans la société nord-coréenne (ce sont d'ailleurs elles qui tiennent les échoppes des marchés généraux de biens et de services), le portrait que dresse d'elle Jero Yun dépassant le cadre strict du contexte coréen pour gagner une portée universelle.

Pour aller plus loin, quelques critiques du film : 

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 20:27

Première université fondée en 1946 dans le Nord de la Corée après la libération du pays en 1945, l'Université Kim Il-sung témoigne de l'importance accordée aux questions d'éducation par les nouvelles autorités politiques. Le long métrage nord-coréen Graduation diploma, sorti en salles fin 2016, est consacré à la première promotion d'étudiants de l'université.  

Affiche du film

Affiche du film

Tout régime politique a besoin de références fondatrices mettant en place un système de valeurs, ou de "lieux de mémoire" - forgeant la mémoire nationale - pour reprendre le titre de l'ouvrage collectif dirigé par Pierre Nora. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ne fait pas exception, ce dont rend compte le film historique Graduation diploma, consacré à la première promotion d'étudiants de l'Université Kim Il-sung, sorti en salles à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation du plus prestigieux établissement d'enseignement supérieur en Corée du Nord.

La création artistique coréenne, qu'elle soit littéraire ou cinématographique, exalte des héros positifs dont l'action doit avoir valeur d'exemplarité - conformément à une approche qui puise ses racines dans la culture confucéenne commune à toute la Corée. Elle se focalise ici sur les doubles figures de la jeunesse (magnifiée par le personnage même de Kim Il-sung, qui avait 34 ans lors de la fondation de l'Université) et de l'intellectuel - ce dont rend compte l'ajout du pinceau à la faucille et au marteau dans les symboles du Parti du travail de Corée. Suivant un style réaliste socialiste ancré dans la vie quotidienne, le film retravaille une thématique qu'on retrouve dans d'autres longs métrages nord-coréens récents, comme Le journal d'une écolière, sorti en salles en France en 2006-2007.

"Graduation diploma", un long métrage consacré à la première promotion de l'Université Kim Il-sung
"Graduation diploma", un long métrage consacré à la première promotion de l'Université Kim Il-sung
"Graduation diploma", un long métrage consacré à la première promotion de l'Université Kim Il-sung

Source :

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 19:01

Après la guerre de Corée (1950-1953), les passages du Sud au Nord de la Corée (et du Nord au Sud de la péninsule) sont devenus quasi-impossibles, et n'ont donné lieu qu'à des mouvements de population très limités (dans les deux sens). La sévère pénurie alimentaire qu'a ensuite connue la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) entre 1992 et 1999 a alors conduit, à partir de cette date, des dizaines de milliers de Nord-Coréens à se rendre en Chine avant de rejoindre, pour une partie d'entre eux, la Corée du Sud - où résiderait aujourd'hui une communauté d'environ 30 000 réfugiés nord-coréens, soit environ un millième de la population nord-coréenne. Les réfugiés nord-coréens sont l'objet de nombreux débats : si le regard que les Occidentaux portent sur eux (et par extension, sur la Corée du Nord) est largement conditionné par les récits spectaculaires, en grande partie fantasmés et instrumentalisés par l'extrême-droite, de défecteurs célèbres (comme Shin Dong-hyuk et Park Yeon-mi), une partie des réfugiés nord-coréens regrette pour sa part sa vie au Nord de la péninsule (où certains ont choisi de retourner vivre). Dans ce contexte, il importe de dépassionner la question des réfugiés nord-coréens en Corée du Sud : c'est tout l'intérêt d'un film comme Madame B, Histoire d'une Nord-Coréenne, qui sortira prochainement en France, d'offrir une approche documentaire, loin des jugements de valeur, pour comprendre la vie peu commune de nombre de ces réfugiés. L'Association d'amitié franco-coréenne a apporté son soutien à la diffusion du film.

Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne sortira en salles le 22 février 2017 : ce long-métrage franco-sud-coréen de Jero Yun a reçu le prix du meilleur documentaire au Festival international de Moscou et au Festival de Zurich. Caméra au poing, Jero Yun a suivi dans son périple, de la Chine jusqu'en Corée du Sud, dans des conditions particulièrement difficiles, Madame B., Nord-Coréenne ayant quitté clandestinement son pays, mariée à un paysan chinois par ses passeurs, devenue passeuse elle-même.

Madame B. ne prétend pas être une héroïne. Dans le film elle ne porte pas de jugement sur son pays d'origine, ni sur la Corée du Sud où elle vit désormais, ce qui déconcertera assurément les amateurs d'histoires à faire peur sur la Corée du Nord. Ce qui la guide, c'est la volonté d'aider sa famille, son mari et ses enfants (nord-coréens), puis son second mari (chinois), ce qui en soi relève certainement d'une forme de grandeur morale qui mérite d'être saluée - la fin justifiant les moyens. Les motivations très personnelles, profondément apolitiques, de Madame B. reflètent celles d'une immense majorité des réfugiés nord-coréens en Corée du Sud, qui ont découvert, à leur arrivée à Séoul, une société travaillée au corps par l'anticommunisme, qui prend en Corée du Sud la forme d'une paranoïa à l'égard de la Corée du Nord. Madame B. est d'ailleurs victime de cette paranoïa, elle et les siens ayant subi les sévices des services secrets sud-coréens, qui les soupçonnent d'espionnage pour le Nord. Un soupçon qui ne repose sur aucune preuve concrète, témoignant du caractère encore autoritaire de la Corée du Sud - à mille lieux des images d'Epinal d'une démocratie sud-coréenne pure et parfaite.

Le film est servi par une grande finesse dans les procédés techniques, où les silences des personnages et les clairs-obscurs laissent à comprendre sans jamais asséner de vérité révélée. Les portraits psychologiques, magnifiques, sont ceux de Madame B., mais aussi de ses deux familles, coréenne et chinoise. La caméra donne à voir, de manière pudique, tout comme la voix off qui créent une atmosphère exprimant de manière subtile les doutes et les tensions qui animent des personnages portant, chacun en eux, une part touchante d'humanité. Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne est un film documentaire puissant et beau, qui nous réconcilie avec un genre qui n'a été que trop souvent malmené quand il a abordé les questions nord-coréennes.

Lire la fiche du film et sa présentation sur le site de l'Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID) :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes Société Cinéma
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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 17:41

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a engagé de manière ancienne des coopérations dans le domaine du cinéma, que nous rappelons ci-après en présentant les liens anciens, mais aujourd'hui distendus, entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur les sujets cinématographiques. Contactée par la Korfilm, l'AAFC a d'ores et déjà pris de nouveaux contacts, et remis de la documentation à ses interlocuteurs coréens.

En relation avec le Festival International du Film de Pyongyang, l’AAFC encourage les échanges culturels autour du cinéma

L’intérêt que portent les Coréens pour le cinéma français ne date pas d’aujourd’hui puisque l’on connaît dès 1958 le célèbre Moranbong une aventure coréenne, coproduction RDPC-France de Jean-Claude Bonnardot et Armand Gatti. 

En 2010, ce film a fait l’objet d’une ressortie et présentation au festival de Pyongyang  grâce à l’action de Jérémy Segay, membre du comité de sélection de la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes. L’AAFC a ainsi accompagné, efficacement et sans ostentation, divers projets et rencontres sur le thème du cinéma nord-coréen, particulièrement méconnu en France.

Cependant, quelques audacieux ont tenté des aventures…. Comme par exemple le distributeur français Pretty Pictures avec Le journal d’une jeune nord-coréenne sorti en Corée en 2006 (8 millions d’entrées). Présenté au 10e  festival de Pyongyang où était présent le distributeur qui en a acheté les droits, le film a pu être montré au marché du film au Festival de Cannes 2007. Il est ensuite sorti en France en décembre de la même année, marquant pour la première fois la distribution en salles d'un film nord-coréen dans un pays occidental (si l'on excepte Pulgasari, sorti dans les salles japonaises). On peut rectifier sans doute l’affirmation sachant que nombre de films nord-coréens ont été projetés dans les pays de l’Est pour les raisons qu’on imagine.

Sans doute déçu par le faible intérêt commercial, le distributeur, en partenariat avec Wild Side, sort en décembre 2010 un coffret réunissant 4 films sous le titre accrocheur Regards sur le cinéma nord-coréen, dont Le journal d’une jeune nord-coréenne. Il s'agit d'un excellent coffret dont les 4 films de différentes époques sont commentés par Antoine Coppola, spécialiste du cinéma asiatique qui ne laisse pas indifférents les cinéphiles. Cette sortie a interpelé les cinéphiles.
 

Pour le 14e festival international du film de Pyongyang (FIFP), l’AAFC a tenté de mobiliser à la fois des jeunes réalisateurs dans l’entourage du ciné-club du Foyer Rural de Tousson (77), via les réseaux sociaux et des professionnels notamment des distributeurs commerciaux comme associatifs. Hélas, les 4 courts et moyens métrages n’ont pas été retenus.

La présence d’une petite délégation de l’AAFC au 14e FIFP  a permis de conforter les liens existants et surtout du côté français de prolonger un travail relationnel en direction de professionnels du cinéma avec l’expérience des premiers contacts.

Les cinéastes coréens à travers l’agence Korfilm (le CNC coréen en quelque sorte), espèrent, au-delà de simples projections, proposer la distribution de leurs films récents, engager des co-productions, associer des techniciens sur des tournages, rencontrer des professionnels français, organiser des présentations de films nord-coréens récents.

Par le biais de circuits associatifs telle la cinémathèque INTERFILMS, que l'AAFC a invitée, la découverte des films récents serait envisageable mais il est certain que, dans un premier temps, ces échanges seraient menés en dehors de tout aspect commercial pour lever les obstacles.

Le 15e festival international du film de Pyongyang aura lieu du 16 au 24 septembre 2016.  L’AAFC a été contactée un peu tardivement pour encourager des distributeurs français à présenter des longs métrages récents ou obtenir les retours de contacts professionnels.

Les responsables de la Korfilm, en cinéphiles avertis, avaient retenu une liste de films français pour leur sélection. Tous les contacts (Unifrance, distributeurs…)  ne leur ont pas répondu, ce qui est assez regrettable sachant que la plupart des pays européens envoient des films pour la compétition ou les autres sections, ainsi que d’autres pays dans le monde - Australie, Inde, Mexique, Asie, ... - accompagnés de délégations officielles. Cette situation est doublement regrettable lorsque l'on sait que les Coréens portent une grande estime pour le cinéma hexagonal.

Lorsque l'AAFC a été contactée, il était bien trop tard pour engager des contacts avec le Festival de Cannes ou bien le Marché du film. A l'intention de la Korfilm, une abondante documentation (presse professionnelle, etc.) a toutefois été collectée par l'AAFC et remise à M. Kim Jong-chol, secrétaire à la délégation générale de la RPD de Corée en France, au retour du festival de Pierrot Beltante, suscitant un vif intérêt de M. Kim. L’idée était de sensibiliser nos interlocuteurs sur le niveau international et commercial du Festival et du Marché, de rappeler les questions techniques de projections, notamment, et les diverses sections du festival. Une section comme « Cannes Classics » pourrait très bien accueillir un film ancien.

L’autre festival majeur de référence en France est le festival du film asiatique de Vesoul où une ouverture semble possible. Un premier échange avec ce festival ouvrirait sans doute des portes…

L’AAFC est fortement sollicitée par la Korfilm pour développer une coopération avec les professionnels du cinéma français, jouant l’artisan des mises en relations possibles et développant un secteur d’activité moins présent par le passé. Cependant des rencontres animées par les diplomates coréens de la rue Asseline avec différents professionnels, voire des personnalités des festivals, enrichiraient les connaissances mutuelles et aideraient à ces échanges sur le thème du cinéma. La coopération en matière de cinéma est décidément riche de promesses pour les activités de l'AAFC.

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 15:34

Vingt-et-un films sont en compétition pour la Palme d'or à l'édition 2016 du Festival de Cannes : parmi eux, un long métrage sud-coréen, Mademoiselle (titre anglais Handmaiden, en coréen 아가씨) de Park Chan-wook, adapté du roman Du bout des doigts (Fingersmith) de la Galloise Sarah Waters - une histoire de crime à l'époque victorienne -  nous replonge dans la Corée sous occupation japonaise des années 1930.

"Mademoiselle", de Park Chan-wook

"Mademoiselle", de Park Chan-wook

C'est la troisième fois qu'un film de Park Chan-wook est sélectionné au Festival de Cannes : le réalisateur de Old Boy (Grand Prix à Cannes à 2004) et Thist, ceci est mon sang (prix du jury en 2009) a choisi cette fois, selon l'expression de Caroline Vié, de nous narrer un "conte sadique autour d’amours lesbiennes, de littérature coquine, d’arnaque et d’érotisme chaud comme un plat de kimchi" - à partir de l'histoire d'une jeune servante (jouée par Kim Tae-ri) embauchée par une riche héritière japonaise (Kim Min-hee), elle-même piégée par deux escrocs.

En abordant des thématiques féministes et en faisant le portrait d'une société de classes, resitué dans le contexte de la colonisation japonaise de la Corée, Park Chan-wook. explore des voies nouvelles. Né en 1963, le réalisateur dit avoir été marqué, pendant sa jeunesse, par les combats conduits par les étudiants pour la démocratisation de la Corée du Sud, auxquels il n'a pas lui-même participé, ce dont il a gardé un sentiment de culpabilité qu'il exprime dans ses films : 

 

Bon nombre de mes amis ont été emmenés par les autorités et beaucoup ont été torturés (...) Je les ai vus combattre activement la dictature, et ils en ont subi les conséquences. Je n'ai pas joué de rôle actif et je me sentais coupable (...) Ce sentiment de culpabilité, je l'ai mis dans mes films.

Deux autres films coréens sont à l'affiche à Cannes : le film d'horreur à bord du KTX (le train à grande vitesse sud-coréen, dont la technologie provient du TGV) Train to Busan de Yeon Sang-ho, projeté hors compétition avec ses zombies, et le film policier et fantastique The Wailing, de Na Hong-jin, qui figure dans la sélection "Un certain regard".

"Train to Busan", de Yeon Sang-ho

"Train to Busan", de Yeon Sang-ho

Sources :

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 15:56

Lors de la cérémonie qui s'est tenue le 21 avril 2016, la série télévisée nord-coréenne Le mur pare-balles (en anglais Bulletproof Wall) d'Um Chang-gol, saluée par la critique internationale comme l'une des meilleures jamais réalisée au Nord de la péninsule, a été récompensée par l'obtention d'un prix spécial lors du 18e Festival international du film policier de Moscou (DetectiveFEST). Selon l'agence nord-coréenne KCNA, les participants de plusieurs pays - outre la Russie (organisatrice), l'Autriche et le Kazakhstan - ont fait part de leur intention de diffuser la série sur leurs chaînes nationales de télévision.

"Le mur pare-balles" d'Um Chang-gol récompensé au Festival international du film policier de Moscou

Le mur pare-balles prend place dans la Corée à la fin de l'occupation japonaise et dans la période suivant immédiatement la libération le 15 août 1945, en décrivant avec force réalisme la vie d'un groupe de patriotes agissant dans la clandestinité. Relevant à la fois du film historique et du thriller, cette série télévisée récente - elle est datée de 2000 dans l'ouvrage de référence du cinéma nord-coréen de Ri Ok-gyong (et al.) publiée par la société nord-coréenne Korfilm - met à l'écran Heon Sung-joon. Elle se signale par son rythme haletant, ses scènes d'action spectaculaires et le recours aux effets spéciaux numériques, à partir d'une thématique classique de la création cinématographique de la République populaire démocratique de Corée : la lutte de libération nationale, dans lesquelles s'est illustré le groupe de guérilleros menés par Kim Il-sung, fondateur du pays. 

La série a obtenu un prix spécial dans le cadre de la 18e édition du prestigieux Festival international du film policier de Moscou qui a ouvert ses portes le 20 avril 2016, et proposé plus de 400 films originaires de 57 pays (dont la France).  

Episodes 1 et 2 de "Bulletproof Wall"

Sources :

Ri Ok-gyong, Hong Chan-su, Ri Un-gyong et al.Korean film : Feature Film, TV Drama, Documentary, Science Film, Children's Film / 조선 영화 : 예술, 텔레비죤극, 기록, 과학, 아동 (en anglais et en coréen). Traduction de Ro Yong-chol, Jang Hyang-gi et Yang Sung-mi, Korea Film Export & Import Corporation, Pyongyang, RPD de Corée. OCLC 857899124.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 16:54

Samedi 28 février 2015, plusieurs membres de l’Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) étaient présents au Foyer rural de Tousson (Seine-et-Marne) pour une réunion autour du voyage effectué lors du 14e Festival international du film de Pyongyang (PIFF), du 17 au 24 septembre 2014. Ce festival, reconnu et apprécié, permet à différents réalisateurs de concourir, qu’ils soient connus ou non. Des membres de l'AAFC avaient déjà été accueillis à plusieurs reprises au Foyer rural de Tousson dans le cadre de manifestations culturelles dédiées à la Corée.

En attendant le début de la réunion, projection du concert donné par l'orchestre Unhasu à Paris, en mars 2012

En attendant le début de la réunion, projection du concert donné par l'orchestre Unhasu à Paris, en mars 2012

Deux membres de la délégation française au 14e Festival international du film de Pyongyang, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, et Pierre Beltante, animateur du Foyer rural de Tousson, ont relaté ce séjour de l’AAFC. Autour de photos prises pendant le Festival, les participants ont pu constater que des diplomates étrangers étaient présents pour soutenir leurs « pousses ». Le Festival international du film de Pyongyang réunissait, en effet, des participants de 54 pays. À titre d’exemple, l’ambassadeur du Brésil en RPDC était présent pour soutenir Mauricio Osaki, que les membres de la délégation de l’AAFC ont longuement pu croiser lors de leur séjour. Le Festival international du film de Pyongyang est un évènement international, pas une rencontre isolée. Après la description du séjour par les reportages photos et une vidéo, les participants à la réunion organisée au foyer rural de Tousson ont assisté à la projection du court-métrage de Mauricio Osaki, My Father's Truck, qui narre le récit d'un camionneur vietnamien et de sa fille.

Les participants ont pu ainsi connaître un aspect méconnu de la RPDC. Le Festival international du film de Pyongyang est loin d’être un évènement convenu et de façade. Au contraire, c’est une véritable rencontre internationale qui permet aussi bien aux petits qu’aux grands réalisateurs de se faire connaître et de concourir. Une rencontre qui est loin d’être un évènement mondain ou pompeux. Ce n’est pas non plus un rassemblement à prétention idéologique ou militante, mais un véritable festival où les films récompensés le sont pour des raisons cinématographiques.

Après la projection de l’émouvant court-métrage brésilien, un (copieux) dîner coréen devait conclure cette réunion. Merci au Foyer rural pour son accueil toujours chaleureux ! Merci à Pierre Beltante pour sa convivialité et sa bonne humeur ! Merci, enfin, à tous nos amis toussonais pour l’intérêt qu’ils accordent aux activités de l’AAFC.

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)