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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 18:02

Le 30 mars 2017, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que le Maréchal Kim Jong-un avait envoyé une couronne de fleurs après la disparition, la veille à Pyongyang, de Kim Ki-ryong. Figure moins médiatisée que d'autres dirigeants nord-coréens, occasionnellement cité dans les dépêches de KCNA, Kim Ki-ryong avait néanmoins joué un rôle clé dans le monde de l'information en RPDC pendant plus de deux décennies, ayant occupé toutes les fonctions majeures en ce domaine (notamment, président de l'agence KCNA, rédacteur en chef du Rodong Sinmun, quotidien du Parti du travail de Corée, président du Comité de l'information publique), et aussi initié des coopérations intercoréennes et internationales. L'Association d'amitié franco-coréenne revient sur son parcours, en présentant ses condoléances à sa famille et à ses proches.

Disparition de Kim Ki-ryong, un géant des médias en Corée du Nord

Kim Ki-ryong était né dans la province de Ryanggang en 1940, sous l'occupation japonaise. Diplômé de la prestigieuse Université Kim Il-sung, il avait commencé à travailler comme journaliste au Rodong Sinmun en 1965, grimpant dans la hiérarchie du quotidien jusqu'à assumer des responsabilités de rédacteur en chef en 1985.

Les fonctions qu'il exerça alors successivement témoignent qu'il était devenu une des personnalités les plus influences des médias en RPD de Corée : en 1988, il est nommé directeur du Bureau d'orientation des publications (organisme qui veille à leur ligne éditoriale, conformément à la politique du Parti du travail) ; en 1989, il devient président de l'agence KCNA (jusqu'en 1996, et à nouveau de 2000 à 2010) et parallèlement président du Comité de l'information publique, fonction équivalente à celle, en Occident, de ministre de l'Information. Kim Ki-ryong est aussi devenu député de l'Assemblée populaire suprême (en 1990), membre (suppléant, en 1991, puis titulaire, en 1992) du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC). Lors de sa disparition en 2017, il appartenait toujours au Comité central du PTC.

En 2010, il avait abandonné la présidence de l'agence KCNA pour redevenir rédacteur en chef du Rodong Sinmun, avant d'être remplacé à ce poste en 2013 par Yun U-chol et faire valoir ses droits à la retraite à la faveur d'un changement de génération après la disparition du Dirigeant Kim Jong-il, en décembre 2011. Quarante-troisième dans l'ordre protocolaire lors des funérailles de l'ancien Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, Kim Ki-ryong a été parmi les premiers récipiendaires, en février 2012, de l'Ordre de Kim Jong-il. La dépêche de KCNA ayant annoncé que le Maréchal Kim Jong-un adressait une couronne de fleurs et présentait ses condoléances à la famille du défunt a d'ailleurs fait mention, non de ses fonctions passées comme homme des médias ni comme homme politique (membre du Comité central du Parti), mais de sa double qualité de titulaire de l'Ordre de Kim Il-sung et de l'Ordre de Kim Jong-il - soulignant ainsi qu'il avait été un des grands serviteurs de l'Etat.

Sa longévité dans le monde des médias nord-coréens en avait fait une personnalité de confiance du centre du Parti, impliquée dans les échanges non seulement avec ses homologues étrangers (en mai 2004, il avait rencontré à Pyongyang le vice-président de l'agence chinoise Xinhua, Xu Xian, se félicitant de la coopération entre leurs deux agences), mais aussi dans la promotion des relations intercoréennes. En août 2000, il avait rencontré l'ancien ministre sud-coréen de la Culture et du Tourisme Park Jie-won, et exprimé le souhait d'accueillir son homologue de l'agence Yonhap de la République de Corée (du Sud). Ce sera chose faite le 12 octobre 2007, à Pyongyang, comme l'a relevé Aidan Foster-Carter de l'Université britannique de Leeds, dans un article consacré aux relations Nord-Sud :

Les chefs des agences d'information des deux Corée se sont rencontrés pour la première fois à Pyongyang. Kim Ki-seo, président de l'agence Yonhap de la République de Corée, propose des "échanges actifs" ; Kim Ki-ryong de KCNA a dit que "nous l'étudions sérieusement", ce que Yonhap a interprété comme un geste tiède. L'un et l'autre ont co-organisé une exposition de photos des peintures murales du royaume de Koguryo avec l'agence japonaise Kyodo News Service, qui a été inaugurée le 11 octobre.

https://csis-prod.s3.amazonaws.com/s3fs-public/legacy_files/files/media/csis/pubs/0704qnk_sk.pdf

En fait, la fin de la politique du "rayon de soleil" à partir de 2008 allait ruiner les progrès du dialogue intercoréen, alors que, comme nous l'avons vu, Kim Ki-ryong avait été initiateur d'échanges Nord-Sud - dès 2000 - qui auraient également pu concerner les sujets sensibles des médias et de l'échange d'informations si la politique du "rayon de soleil" s'était poursuivie.

Avec la disparition de Kim Ki-ryong, les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, perdent aussi un homme qui était sincèrement attaché à la réunification.

Source principale :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Société Politique de la RPDC Relations intercoréennes
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 19:16

La couverture médiatique des événements est parfois étrangement différente des faits eux-mêmes. Le traditionnel message de nouvel an télévisé du Président Kim Jong-un, le 1er janvier 2017, en offre une illustration frappante : alors que le numéro un nord-coréen a clairement mis en avant le souci d’œuvrer pour la paix et la sécurité en Corée, les médias anglo-saxons n'ont retenu que la poursuite du programme nucléaire et balistique de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour transformer un message de paix en un discours belliqueux. Décryptage (PS : les extraits cités dans l'article sont une traduction, non officielle, par l'AAFC).

Message de nouvel an de Kim Jong-un : pour la paix et la sécurité, pour la prospérité de la Corée

Une fois n'est pas coutume, alors que la part la plus importante du message de nouvel an a été consacré, comme à l'ordinaire, à la situation économique intérieure, la dépêche de l'agence KCNA en ayant rendu compte a déjà évoqué les questions internationales.

Selon l'agence KCNA, dans un contexte marqué en 2016 par le renforcement sans précédent des sanctions contre la RPD de Corée, le Président Kim Jong-un a déclaré que « tant que les États-Unis et leurs suiveurs n'abandonneront pas leurs exercices de guerre », la RPDC « continuera de renforcer son potentiel d'autodéfense et sa capacité à mener une attaque préventive avec comme pivot ses forces nucléaires », tout en précisant que « les tests d'un missile balistique intercontinental sont en phase finale » - une référence étant par ailleurs faite aux progrès réalisés l'an passé dans le domaine balistique et nucléaire, notamment les essais nucléaires de janvier et septembre 2016 présentés comme des essais de bombes H. Mais ces précisions, qui ne sont en rien nouvelles et doivent être envisagées sous l'angle nord-coréen selon lequel l'objectif du désarmement nucléaire n'est possible que dans un cadre global, contrairement au désarmement unilatéral de la RPDC que recherchent les États-Unis (et qui, une fois obtenu, leur ont permis d'agresser des pays dépourvus de moyens suffisants d'autodéfense, comme l'Irak et la Libye).

 

Le principe de la politique étrangère de la RPD de Corée reste, comme le rappelle le premier paragraphe de la dépêche de l'agence KCNA, « la défense de la paix et de la sécurité », dans la péninsule coréenne et dans le monde. La RPD de Corée entend continuer à développer une politique d' « indépendance, de paix et d'amitié », fondée sur des « relations de bon voisinage, d'amitié et de coopération » avec tous les États qui respectent sa souveraineté.

 

Selon la dépêche de l'agence KCNA, le Dirigeant Kim Jong-un a ensuite mis l'accent sur la nécessité d'améliorer les relations intercoréennes et d'encourager par tous les moyens la réunification de la patrie, alors que l'année 2017 marque le 45e anniversaire de la déclaration conjointe du 4 juillet 1972 et le 10e anniversaire de la déclaration du 4 octobre 2007. La RPDC est « constante dans sa position de ne pas combattre ses compatriotes mais de défendre ses compatriotes et la paix du pays (…) Tous les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, doivent être solidaires et se réunir autour du principe consistant à tout subordonner à la réunification » - par-delà les différences d'idéologies et de systèmes politiques. Ce message trouve une résonnance particulière après le vote par le Parlement sud-coréen d'une motion de destitution de la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye, qui a favorisé les tensions intercoréennes – le nom de Mme Park n'étant toutefois pas cité (tout comme d'ailleurs ceux des actuel et futur présidents américains).

 

La plus grande partie du message de nouvel an concerne, une nouvelle fois, la priorité portée à l'amélioration de la situation économique et au développement du pays, dans la continuité des orientations définies lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée en mai 2016 dans le cadre de la stratégie quinquennale de développement économique (le mot « stratégie » étant employé de préférence à celui de « plan »), et sur la base des résultats obtenus l'an passé.

 

Trois secteurs industriels sont à privilégier : l'électricité, la métallurgie et la chimie. L'accent est porté non seulement sur les aspects quantitatifs, mais aussi sur l'amélioration de la qualité de la production – notamment pour la métallurgie afin de diminuer les coûts d'extraction en modernisant le processus de production (dans la dépêche de KCNA, cette modernisation est décrite comme un recours aux technologies modernes dans le cadre des idées du Juche). Les transports, qui sont un des freins au redressement de l'économie, sont à nouveau identifiés comme une priorité – notamment les transports ferroviaires.

 

Pour atteindre l'objectif d'autosuffisance alimentaire, le besoin d'accroître la production agricole est souligné – sont notamment cités l'amélioration de l'alimentation du bétail dans la région de Sepho, la production de fruits, de champignons et de légumes et la pisciculture.

 

Dans le domaine de la construction, plusieurs chantiers prioritaires sont identifiés : la construction de logements rue Ryomyong, la station électrique de Tanchon et la modernisation de l'usine de locomotives Kim Jong-thae.

 

Toujours selon le Président Kim Jong-un, l'atteinte des objectifs de développement exige une amélioration de modes de gestion, la mise en œuvre des progrès technologiques (il est fait allusion à la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 en février 2016, ainsi qu'au développement d'un modèle coréen de robotisation) ainsi qu'un travail idéologique de mobilisation des travailleurs et des soldats – rappelant ainsi le rôle de l'armée comme acteur économique.

 

Les priorités ainsi définies constituent autant d'orientations pour la politique de la RPDC en 2017, justifiant l'intérêt d'en faire une analyse rigoureuse.

 

Source :

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 00:53

Les 27 et 28 août 2016 la Ligue de la jeunesse socialiste Kim Il-sung, qui regroupe 5 millions de membres en RPD de Corée, a tenu son 9e Congrès à Pyongyang, en présence de Kim Jong-un. A cette occasion, l'organisation de masse de la jeunesse en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a changé de nom : fondée en 1946 comme Ligue de la jeunesse démocratique de Corée du Nord (puis de Corée), devenue en 1964 la Ligue de la jeunesse travailleuse de Corée et en 1996 la Ligue de la jeunesse socialiste Kim Il-sung, elle a été rebaptisée Ligue de la jeunesse kimilsungiste-kimjongiliste lors du congrès d'août 2016. Deux organisations de jeunesse communistes françaises avaient adressé des messages à leurs camarades coréens à l'occasion de leur Congrès : le groupe "La relève" (formé autour du groupe "Intervention communiste", du nom de son journal), et les Jeunes pour la renaissance communiste en France (JRCF), organisation de jeunesse du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF). Nous revenons ci-après en images sur ce Congrès.

Retour en images sur le congrès de la Ligue de la jeunesse kimilsungiste-kimjongiliste
Retour en images sur le congrès de la Ligue de la jeunesse kimilsungiste-kimjongiliste
Retour en images sur le congrès de la Ligue de la jeunesse kimilsungiste-kimjongiliste
Retour en images sur le congrès de la Ligue de la jeunesse kimilsungiste-kimjongiliste
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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 12:18

Le 25 août 1960 est célébré en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme le début de la politique de Songun par le Dirigeant Kim Jong-il. La politique de Songun consiste à donner la priorité aux affaires militaires. Dans ce contexte, le Président Kim Jong-un a défini la ligne byeongjin (byungjin dans les textes reprenant la graphie de l'anglais), consistant à poursuivre simultanément le développement de l'économie et la constitution d'une force de dissuasion nucléaire. Nous revenons ci-après sur la ligne byeongjin.

Lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée qui s'est tenu en mai 2016, Kim Jong-un a réaffirmé la ligne byeongjin.

Lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée qui s'est tenu en mai 2016, Kim Jong-un a réaffirmé la ligne byeongjin.

Lors de la réunion plénière du Comité central du Parti qui s'est tenue le 31 mars 2013, le Président Kim Jong-un a défini la ligne byeongjin comme une nécessité pour assurer la sauvegarde de la RPD de Corée "face à l'impérialisme américain", dans un contexte de graves tensions internationales :

Contre les impérialistes et ceux qui vénèrent leurs menaces ouvertes et les débats sur la possibilité d'une invasion, la ligne byeongjin du parti nous permettra de détenir la puissance nucléaire pour construire un pays puissance économiquement.

Alors que les sanctions internationales du Conseil de sécurité des Nations Unies visent à ce que la RPD de Corée renonce à son programme nucléaire militaire et à ses programmes balistiques et spatiaux, la ligne byeongjin prend le contre-pied de cette position en affirmant que la construction d'une puissance militaire (en l'occurrence, nucléaire) est au contraire un fondement du développement économique, et que ces deux objectifs doivent être poursuivis simultanément.

Ce lien a été explicité dans une brochure en coréen intitulée Aperçu sur la Corée d'aujourd'hui en 100 questions et 100 réponses, en mettant en parallèle le nucléaire militaire et le nucléaire civil, dans la perspective plus large de l'approvisionnement de la Corée du Nord en sources d'énergie :

En se reposant sur l'industrie de l'énergie nucléaire, [la ligne byeongjin] développera à la fois les capacités nucléaires et résoudra la question des pénuries d'énergie, en renforçant ainsi les capacités de défense et en développant l'économie pour améliorer le niveau de vie du peuple.

Trois ans après la définition de la ligne byeongin du Parti, l'agence nord-coréenne KCNA s'est félicitée, dans une dépêche en date du 31 mars 2016, que cette orientation avait "élevé la RPDC au rang de pays prospère pour le peuple, doté d'une puissance nucléaire invincible", en soulignant :

- s'agissant des capacités de défense, le test nucléaire du 6 janvier 2016 et le renforcement des capacités balistiques ;
- en ce qui concerne l'économie, plusieurs réalisations architecturales comme le quartier scientifique résidentiel de Wisong, les rues des scientifiques Unha et Mirae, la maison de retraite des scientifiques Yonphung, le parc aquatique Munsu et la station de ski de Masikryong.

En conclusion, KCNA observait que la ligne byeongjin ne correspondait pas à une position tactique dans uns situation économique reconnue comme en retard, mais bien à une ligne stratégique pour le développement de la révolution coréenne.

Source principale :

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 19:05

Lors de sa session du 29 juin 2016, un peu moins de deux mois après le Congrès du Parti du travail de Corée (PTC), l'Assemblée populaire suprême (APS) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a créé une nouvelle Commission des affaires d'Etat, qui remplace la Commission de la défense nationale. Le Président Kim Jong-un a été élu à la présidence de ce nouvel organe suprême dans la direction des affaires publiques, civiles comme militaires.

Kim Jong-un, lors de la session de l'Assemblée populaire suprême qui s'est tenue le 29 juin 2016

Kim Jong-un, lors de la session de l'Assemblée populaire suprême qui s'est tenue le 29 juin 2016

L'APS de la RPDC, qui décide des nominations aux plus hauts postes de l'Etat, a créé la Commission des affaires d'Etat sur le rapport de Kim Yong-nam, Président du Praesidium de l'APS. Le nouvel organisme, en étant compétent sur l'ensemble des questions publiques (civiles comme militaires), a un champ de compétences plus large que l'ancienne Commission de la défense nationale (CDN), témoignant ainsi de la poursuite du rééquilibrage des pouvoirs entre les autorités civiles et militaires au profit des premières.

Kim Jong-un a été élu Président de la Commission des Affaires d'Etat (CAE). Comme ses prédécesseurs, il occupe donc les plus hautes fonctions au sein du Parti, de l'Etat et de l'armée. Lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée, en mai 2016, il avait été élu Président du Parti.

Les autres membres de la CAE sont le général Hwang Pyong-so, qui était jusqu'à présent vice-président de la CDN, le Premier ministre Pak Pong-ju, et Choe Ryong-hae, membre du bureau politique du PTC, qui ont tous trois le titre de vice-président. Les autres membres de la CAE sont Kim Ki-nam, Pak Yong-sik, Ri Su-yong, Ri Man-gon, Kim Yong-chol, Kim Won-hong, Choe Pu-il et Ri Yong-ho.

Lors de cette même session, l'APS a précisé la stratégie sur cinq ans de développement économique nationale - conformément à la définition d'un nouveau plan quinquennal (2016-2020) lors du Congrès du PTC de mai 2016 - et transformé le secrétariat du Comité pour la réunification pacifique de la Corée en un Comité de la RPDC pour la réunification pacifique du pays. Enfin, la Constitution a été révisée pour tenir compte des changements institutionnels liés à la création du CAE et à la suppression de la CDN, ainsi qu'aux changements de noms de plusieurs autres organismes publics (entre autres, le Parquet suprême est devenu le Parquet central, et la Cour suprême s'appelle désormais Cour centrale).

Principale source : bulletin d'information de la délégation générale de la RPD de Corée en France.

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 19:28

Les travaux du septième congrès du Parti du travail de Corée se sont achevés lundi 9 mai 2016 avec l'élection de Kim Jong-un, jusqu'alors Premier Secrétaire du Parti du travail de Corée (PTC), aux fonctions de Président du PTC. La proclamation de son élection a eu lieu en présence de journalistes étrangers - tandis que l'arrestation puis l'expulsion d'un journaliste étranger de la BBC (fait rarissime) a monopolisé l'attention des médias. Le nouveau Praesidium du Comité central du PTC comprend, outre le Président du Parti Kim Jong-un, Kim Yong-nam, Président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême, Pak Pong-ju, Premier ministre, Choe Ryong-Hae, secrétaire du Comité central, et Hwang Pyong-so, vice-maréchal, et qui dirige par ailleurs le bureau politique de l'Armée populaire de Corée. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) revient sur quelques points saillants du rapport d'activité.

Kim Jong-un a été élu Président du Parti du travail de Corée.

Kim Jong-un a été élu Président du Parti du travail de Corée.

Le rapport d'activité, inscrivant la continuité de l'action du PTC dans la ligne définie par le fondateur de la RPD de Corée, le Président Kim Il-sung, puis par son successeur, le dirigeant Kim Jong-il, a réaffirmé le kimilsunisme-kimjongilisme comme son idéologie directrice (outre les références aux idées du Juche et à la politique de Songun dans la construction du socialisme). Il a réitéré la ligne de développement simultané de l'économie et de la défense nationale. Dans ce cadre, il a présenté les objectifs d'un nouveau plan quinquennal (couvrant la période 2016-2020) comme devant orienter le développement de l'économie nationale.

L'objectif de réunification de la Corée et les objectifs de la diplomatie de la RPDC ont représenté une part importante du rapport d'activité. Concernant la réunification de la péninsule, il a été réaffirmé que l'action conduite par la RPDC s'inscrit dans la continuité des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007

Grâce à la volonté patriotique sublime de réunification du Dirigeant Kim Jong Il et à sa grande résolution, le sommet Nord-Sud a eu lieu à deux reprises pour la première fois depuis la division nationale, et la Déclaration commune du 15 Juin ayant pour noyau l’idéal « entre nous, Coréens » et la Déclaration du 4 Octobre, programme pour son application, ont été adoptées. Ce fut un événement remarquable qui a posé un jalon historique dans le mouvement pour la réunification indépendante et marqué un tournant dans cette œuvre.

En ce qui concerne les relations internationales, la RPDC a clarifié à nouveau le principe de non-utilisation de l'arme nucléaire en premier (confortant le principe de dissuasion nucléaire), et sa contribution à la non-prolifération de l'arme nucléaire :

Notre République, pays nucléaire responsable, n’emploiera pas l’arme nucléaire comme elle l’a déjà déclaré, tant que les forces agressives hostiles ne violent pas notre souveraineté avec cette arme.

Elle accomplira loyalement le devoir qui lui incombe en matière de non-prolifération nucléaire devant la communauté internationale et travaillera à dénucléariser notre globe.

Tout en dénonçant la politique hostile des Etats-Unis à son égard, la RPD de Corée a à nouveau tendu la main à ses adversaires (sans les nommer) en se déclarant prête à améliorer ses relations avec tous les pays étrangers dans le respect de sa souveraineté :

Le PTC et le gouvernement de la RPDC amélioreront et normaliseront les relations avec les pays qui respectent la souveraineté de notre pays et le traitent amicalement même s’ils s’étaient montrés hostiles envers nous.

Ces gages de bonne volonté seront-ils entendus ? C'est en tout cas le voeu que forme l'AAFC pour qu'advienne une ère de paix et de prospérité dans la péninsule coréenne.

Sources :

- Bulletin de la délégation générale de la RPD de Corée en France ;

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 19:19

Le 7 mai 2016 le Parti du travail de Corée (PTC) a ouvert son septième congrès (et le premier depuis 1980), en présence de 3 467 délégués ayant le droit de vote et de 200 autres délégués, ainsi que de représentants des organisations invitées : le Parti social-démocrate de Corée (Kim Yong-dae, Président) et le Parti Chondogyo-Chongu (Yun Jong-ho, Vice-Président), le bureau de Pyongyang du Front démocratique national anti-impérialiste (Jo Il-min), les représentants des associations des Coréens du Japon et de Chine, dont les délégations étaient conduites respectivement par Py Yong-uk et Cha Sang-bo. Nous revenons ci-après sur l'allocution d'ouverture prononcée par Kim Jong-un, Premier Secrétaire du PTC, alors que l'ordre des jours des travaux prévoit, outre des rapports d'activité, une révision des statuts du PTC, "l'élection de Kim Jong-un au poste suprême" du PTC et "l'élection de l'organe directeur du PTC".

Kim Jong-un

Kim Jong-un

Si les médias occidentaux n'ont généralement retenu du discours du Premier Secrétaire du PTC que les déclarations sur les progrès militaires accomplis par la RPDC dans le domaine nucléaire et la mise sur orbite réussie du satellite Kwangmyonsong-4 en février 2016 (hâtivement assimilée à un tir de missile), spéculant sur de nouvelles initiatives militaires pendant la durée du Congrès, le développement concomitant de l'économie (par des références appuyées à la campagne des 70 jours) et d'une capacité de défense autonome, pour faire face à la menace des Etats-Unis et de leurs alliés, reste la principale orientation de la RPD de Corée, en continuité avec les choix opérés par les précédents dirigeants, le Président Kim Il-sung et le Dirigeant Kim Jong-il, auquel il a été rendu hommage.

Toutefois, c'est un hommage beaucoup plus large qui a été rendu non seulement aux prédécesseurs du Maréchal Kim Jong-un à la tête de l'armée, du Parti et de l'Etat, mais également aux patriotes et aux martyrs de la libération de la patrie et de la construction du socialisme - la mention nominative des figures les plus marquantes dominant toute la première partie du discours (soit un cinquième du discours) consacré à cet hommage, donnant lieu à l'observation d'une minute de silence. Il peut par ailleurs être relevé, en fin de discours, la mention de 6 vétérans de la lutte antijaponaise et de 24 anciens prisonniers politiques en Corée du Sud, rapatriés au Nord après des dizaines d'années de détention.

Le message est clair : montrer que les participants au Congrès, la plus haute instance du Parti, s'inscrivent dans les pas de leurs prédécesseurs, sur la voie de la construction du socialisme, basée en RPD de Corée sur l'union monolithique du Parti, du peuple et du dirigeant, en poursuivant parallèlement les objectifs de "la réunification de la patrie" (le discours saluant par ailleurs les compatriotes sud-coréens, alors que les Coréens du Japon et de Chine étaient présents par l'envoi de délégations) et de "l'émancipation du peuple entier".

Le discours s'est achevé par l'annonce du bilan qui serait conduit des résultats obtenus, au vue des "précieuses expériences accumulées" par le PTC, en vue de définir "la ligne stratégique et les tâches militantes visant à ouvrir avec plus de force une grande phase de prospérité dans l'édification du socialisme et la construction de [la] révolution".

Principale source : bulletin d'information de la Délégation générale de la République populaire démocratique de Corée en France.

 

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 12:02

Le 27 avril 2016, l'agence de presse officielle KCNA (Korean Central News Agency) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que le 7e Congrès du Parti du travail de Corée (PTC) s'ouvrirait le 6 mai 2016 à Pyongyang en présence de 3 000 délégués - sans préciser la date de clôture (le précédent Congrès, en 1980, avait duré quatre jours). Alors que nombre d'observateurs étrangers s'attendent à l'annonce de nouvelles mesures économiques pour élever le rythme de croissance économique de la RPDC, parallèlement au renouvellement des instances dirigeantes du Parti, l'annonce publique de la date exacte du Congrès - dont la convocation avait donné lieu à un communiqué de l'agence KCNA le 29 octobre 2015 - intervient dans un contexte d'accélération des efforts pour le développement simultané de l'économie nationale et des capacités de défense.

Le septième congrès du Parti du travail de Corée s'ouvrira le 6 mai 2016

Au plan économique, les Nord-Coréens sont engagés dans une nouvelle "bataille de la production" à l'approche du Congrès du PTC, la campagne des 70 jours : si elle suscite peu d'intérêt dans les médias occidentaux, elle n'en traduit pas moins la mobilisation de millions de travailleurs et d'étudiants en impactant fortement leur vie quotidienne, et fait ainsi l'objet d'une assez large couverture dans les médias nord-coréens.

Les initiatives prises par les autorités nord-coréennes dans le domaine militaire ont été en revanche largement couvertes en Occident, depuis l'essai nucléaire du 6 janvier 2016 : le 23 avril, la RPDC s'est félicité du "succès" du lancement d'un nouveau missile balistique mer-sol depuis un sous-marin sur sa côte Est. Si les commandements militaires américain et sud-coréen ont parlé d'un "échec", tout en dénonçant une violation des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies, il est avéré que, quel que soit le régime draconien de santions auquel elle est soumise, la Corée du Nord progresse dans l'obtention d'une capacité de frappe nucléaire sur le territoire américain à l'aide d'un missile balistique intercontinental, prétendant avoir déjà franchi ce seuil technologique.

En tout état de cause, la montée en puissance militaire de la RPDC est prise au sérieux par les Etats-Unis et leurs alliés : les exercices de guerre américano - sud-coréens de ce printemps sont d'une ampleur exceptionnelle, et un ancien conseiller du département d'Etat américain, Rober Einhorn, vient de rappeler lors du forum "Asan Plenum 2016" à Séoul que "les Etats-Unis ont déjà déclaré qu'ils étaient prêts à employer l'arme nucléaire en premier, si nécessaire, soit en Europe, soit en Asie de l'est afin de soutenir la Corée du Sud et le Japon. Cette approche fait toujours partie de la politique américaine". Cette constance de la politique américaine à envisager une attaque nucléaire en premier sur la Corée du Nord explique la volonté de Pyongyang de contrer cette menace en disposant elle-même d'une capacité de dissuasion nucléaire significative. Pour sa part, l'AAFC estime que l'escalade militaire en Asie du Nord-Est traduit la faillite de la politique occidentale de sanctions et d'isolement de la RPDC menée sans discontinuer par les administrations américaines successives (Barack Obama ayant avoué être un partisan de la théorie de l'effondrement nord-coréen développée par les faucons néo-conservateurs), et qu'il importe de revenir enfin au dialogue et à une volonté sincère de dénucléarisation de toutes les parties pour stopper l'engrenage de la guerre et de son corollaire, la course aux armements qui détourne des sommes importantes de politiques concourant directement au bien-être des populations.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique de la RPDC Relations Etats-Unis-Corée Economie
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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 12:32

En février, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a lancé la "bataille des 70 jours" pour accroître la production avant la tenue du septième Congrès du Parti du travail de Corée en mai prochain. Le précédent Congrès, en 1980, avait déjà donné lieu à une bataille de la production de 100 jours. De précédentes campagnes de développement accéléré de l'économie avaient été conduites en 2009, avec les batailles de 100 jours et de 150 jours.

La Corée du Nord engagée dans la "bataille des 70 jours" pour accroître la production

Dans les médias nord-coréens la campagne de 70 jours pour élever le niveau de production occupe une place notable - dans la continuité de la ligne fixée au plus haut niveau par les autorités de la RPDC de développement simultané de l'économie et des capacités de défense.

L'actuelle bataille de la production vise non seulement à augmenter la quantité produite, mais aussi à améliorer la qualité et à encourager l'innovation : dans une dépêche publiée le 28 mars 2016 l'agence nord-coréenne KCNA souligne les efforts déployés par l'usine de bonneterie de Pyongyang en insistant sur la qualité de la production ; une autre dépêche, en date du 23 mars, souligne que les fermes fruitières d'Unryul et Sinchon, d'une part, et de la Jeunesse de Sukchon, d'autre part, ont mis en place des produits de substitution aux composants agrochimiques importés.

A l'issue du premier mois de la campagne des 70 jours (dont la durée fait référence à celle initiée par le Dirigeant Kim Jong-il en 1974), un compte rendu publié le 25 mars a fait état du dépassement des objectifs de production dans les secteurs de la production électrique, des mines et de la métallurgie. En particulier, selon l'agence KCNA :

Le complexe charbonnier et minier de la Jeunesse de la région de Sunchon a réalisé ses objectifs à hauteur de 117 % en moyenne quotidienne. 13 brigades de choc de la jeunesse du complexe charbonnier et minier de la région de Tokchon ont réalisé leur programme de creusement de tunnels pour la première moitié de l'année, tandis que plus de 1 000 mineurs de charbon ont réalisé les objectifs de production du premier semestre et que des milliers de mineurs ont atteint les objectifs du premier trimestre dans la province du Sud Phyongan.

La production minière a augmenté de 20 % par rapport à la même période de l'année 2015.

Les médias nord-coréens insistent aussi sur le rôle des troupes artistiques pour encourager les travailleurs - ainsi sur la tournée de la troupe de Wangjaesan dans la province de Jagang (dépêche du 24 mars).

Si les travailleurs les plus méritants sont mis à l'honneur sur leur lieu de travail, les dépêches nationales de KCNA insistent sur les résultats atteints collectivement par des groupes de travailleurs - sans citer de nom en particulier, afin de mettre en avant le collectif de production.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Economie Politique de la RPDC
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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 18:29

Chaque année, le discours prononcé par le Maréchal Kim Jong-un à l'occasion du nouvel an est étudié et analysé en détail - non seulement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), mais aussi à l'étranger par les spécialistes des questions coréennes - pour les orientations qu'il donne sur la politique interne et externe de la RPD de Corée. Le discours du nouvel an 2016 prend cette année une importance particulière, à quelques mois du VIIe Congrès du Parti du travail de Corée - le premier depuis 1980. Comme les années précédentes, il met l'accent sur l'édification d'un pays puissant et prospère. Par ailleurs, en dépit des vives réticences qu'ont opposées en 2015 les conservateurs sud-coréens à l'approfondissement du dialogue Nord-Sud, le Maréchal Kim Jong-un réaffirme l'engagement de la RPD de Corée pour le dialogue, la paix et la réunification dans la péninsule.

Discours de nouvel an de Kim Jong-un : "notre Parti considère le bien-être du peuple comme la première de toutes les affaires nationales"

Saluant non seulement les militaires et les civils nord-coréens oeuvrant à l'édification de la patrie socialiste, mais s'adressant aussi "aux frères du Sud et aux Coréens de la diaspora qui luttent pour la réunification de la patrie, aspiration de la nation, de même qu’aux peuples progressistes et aux amis étrangers", le dirigeant suprême exprime d'emblée le voeu que "toutes les familles débordent de concorde et d’affection et que les rires de bonheur de nos chers enfants retentissent plus haut".

Revenant ensuite sur l'année écoulée, marquée par le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, il souligne en premier lieu les réalisations économiques - ainsi que les exploits sportifs obtenus - en associant constamment le peuple travailleur à ces succès :

On a vu s’ériger les centrales des Héros-Jeunes de Paektusan, les centrales en étages de Chongchongang, le Palais de la science et de la technique, la cité des scientifiques Mirae, la ferme coopérative de culture légumière de Jangchon et d’innombrables autres monuments et villages merveilleux dignes du socialisme, concrétisation des idées et de la politique du Parti, montrant le dynamisme de notre patrie qui avance en faisant en un an ce que les autres ne pourraient faire qu’en dix ans.

Après l'accord conclu avec le Sud en août 2015, il exprime sa conviction que la politique du Parti a permis d'éloigner le danger d'un nouveau conflit armé qui aurait ravagé la péninsule coréenne.

La jeunesse et l'éducation occupent une place primordiale dans le discours du Maréchal Kim Jong-un, conformément à la politique qu'il a menée depuis quatre ans (marquée notamment par l'allongement à douze ans, en 2012, de la durée de la scolarité obligatoire) : après la référence liminaire aux enfants des familles coréennes, il adresse à la jeunesse des félicitations particulièrement appuyées comme étant les "dignes continuateurs de la cause révolutionnaire Juche", et mentionne in fine la jeunesse comme l'une des composantes sociales (à côté de la classe ouvrière, mentionnée à plusieurs reprises en tant que telle, des intellectuels et des cadres) devant contribuer au développement de l'économie nationale.

Evoquant le congrès à venir du Parti du travail de Corée, il souligne l'objectif de renforcer l'économie nationale pour élever le niveau de vie de la population, développant ensuite les problèmes économiques actuels dont la résolution apparaît ainsi comme une priorité. Au premier rang figure le "problème de l’énergie électrique" - décrit également comme la "pénurie d’électricité" (suivant une formule peu habituelle s'agissant des difficultés rencontrées) - qui requiert non seulement l'accroissement des capacités de production de l'électricité sous ses différentes formes (y compris à partir du charbon) - en mentionnant tout particulièrement la construction de la centrale de Tanchchon - mais aussi, de manière nouvelle, les économies d'énergie. Sont également évoqués le transport ferroviaire (dont l'obsolescence est un handicap au développement économique) et la production métallurgique, encore loin du niveau maximum qu'elle a atteint en 1990, avant le recul économique de la "dure marche". Par ailleurs, la référence à la lutte contre "la pollution de l’atmosphère, des cours d’eau et des mers" s'inscrit dans le cadre des objectifs de développement durable, tels qu'ils ont été réaffirmés lors de la conférence de Paris sur le climat par le ministre des Affaires étrangères en décembre 2015.

Comme les années antérieures, des instructions spécifiques portent sur le potentiel de défense du pays. L'accent est mis sur la formation et la discipline, et non sur le développement des armes non conventionnelles - en ne mentionnant pas la force de dissuasion nucléaire - et sur les capacités balistiques. Depuis le troisième essai nucléaire nord-coréen survenu le 12 février 2013, les médias conservateurs américains et sud-coréens annoncent régulièrement la survenue imminente d'un quatrième essai nucléaire, ou d'un nouveau tir de missile à longue portée. Cette omission dans le discours du dirigeant nord-coréen doit donc être appréciée comme la poursuite, au contraire, par la RPD de Corée d'une politique de la main tendue, pour réduire les tensions dans la péninsule, en s'abstenant d'initiatives qui auraient entraîné un nouveau cycle de tensions et de sanctions.

Suivant un usage bien établi, la réunification de la Corée et les relations internationales occupent la fin du discours - et ont retenu plus particulièrement (sinon exclusivement) l'attention des commentateurs étrangers.

Concernant les rapports Nord-Sud, le Maréchal Kim Jong-un blâme ouvertement les autorités sud-coréennes pour avoir mené en 2015 une politique de confrontation, alors que l'anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise, en 1945, aurait au contraire dû créer un contexte favorable :

L’année dernière marquée par le 70e anniversaire de la libération du pays, nous avons lancé un appel invitant à ouvrir une large voie à la réunification indépendante grâce à l’union des forces de toute la nation, et nous nous sommes attachés à le réaliser. Pourtant, les forces anti-réunification et hostiles à l’amélioration des rapports Nord-Sud se sont démenées pour des manœuvres belliqueuses, créant ainsi une situation critique au bord de la guerre et suscitant une grande inquiétude à l’intérieur comme à l’extérieur. Les autorités sud-coréennes, allant à l’encontre du dialogue Nord-Sud et de l’amélioration des rapports Nord-Sud, ont poursuivi ouvertement le « changement de régime » de notre part et, l’« unification des régimes », leur thèse unilatérale, aggravant ainsi la méfiance et l’affrontement entre le Nord et le Sud.

En dépit de ces difficultés, les autorités nord-coréennes réaffirment qu'elles sont prêtes à renouer le dialogue avec le Sud, en incitant les autorités sud-coréennes à appliquer avec sincérité les précédents accords Nord-Sud (notamment les déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007) qui ont été signés au nom du Gouvernement sud-coréen, et non des démocrates qui étaient alors au pouvoir à Séoul. En effet, les conservateurs revenus à la présidence sud-coréenne en 2008 ont tourné le dos aux perspectives de rapprochement Nord-Sud qui avaient ainsi été ouvertes, l'opposition démocrate leur reprochant d'avoir joué un rôle essentiel dans la dégradation des relations intercoréennes.

Vis-à-vis des Etats-Unis, mentionnés explicitement cette année à de nombreuses reprises, les critiques nord-coréennes se fondent sur trois arguments : le refus opposé par Washington à la proposition de Pyongyang de signer un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953 ayant clos les combats de la guerre de Corée ; l'exploitation de l'argument des droits de l'homme ; les exercices militaires de grande ampleur que les Etats-Unis et leurs alliés ont poursuivis dans la péninsule coréenne l'an passé. En cas de guerre provoquée par les Etats-Unis, la RPD de Corée exprime clairement sa volonté de riposter.

Envers le reste du monde (dont aucun pays n'est nommé, ni le traditionnel allié chinois, ni la Russie avec laquelle la RPDC a opéré un rapprochement depuis 2014), le discours de nouvel an du Maréchal Kim Jong-un réaffirme enfin la position traditionnelle de Pyongyang favorisant l'essor de relations d'échanges et de coopération :
 

Notre Parti et le gouvernement de notre République renforceront davantage la solidarité avec les peuples du monde entier s’opposant à l’agression, à la guerre, à la domination et à l’asservissement, élargiront et développeront les relations d’amitié et de coopération avec tous les pays qui respectent la souveraineté de notre pays et nous traitent amicalement.

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