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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 09:31

Le 19 juin 1997, Kim Jong Il, alors dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), publiait l'ouvrage Adhérer à l’esprit du Juche et à l’identité nationale au niveau de la révolution et du développement du pays. Idéologie directrice de la RPDC, le Juche pose pour principe que l’homme est maître de tout et décide de tout. Il offre la vision d'un monde dominé et modifié par l’homme, se développant grâce à son action et à son rôle actifs, dans le sens des services qu’il rend à l’homme et à la mesure du développement de celui-ci. Près d'un quart de siècle plus tard, les visions et principes énoncés par le Dirigeant Kim Jong Il en 1997, alors que la RPDC affrontait de fortes difficultés, n’ont jamais paru si actuels.

La Tour des idées du Juche, à Pyongyang, capitale de la RPDC

Souveraineté, identité nationale, indépendance, patriotisme économique, défense nationale souveraine, prennent toutes leurs dimensions dans le contexte d’une mondialisation de plus en plus contestée, et aux effets particulièrement négatifs mis en évidence par une pandémie de Covid-19 accompagnée, dans certains pays, d’un long confinement suivi d’un « déconfinement » marqué par un climat social inquiétant et dangereux où s’affichent injustices, rebellions, colères, luttes, violences identitaires, désobéissances. Alors qu'un effondrement économique menace, on voit aussi l'aspiration à un patriotisme économique pour le maintien du développement des pays concernés.

Face à cette situation qui touche toute la planète, l’esprit du Juche prend toute sa signification.

« Adhérer à l’esprit du Juche et à l’identité nationale est un principe fondamental à maintenir pour conserver et développer les valeurs de la nation à laquelle on appartient. L’union et la coopération basées sur l’indépendance, tels doivent être les vrais rapports internationaux », écrivait le Dirigeant Kim Jong Il en 1997.

La République populaire démocratique de Corée, sous la direction de Kim Jong Un, Président du Comité des affaires d’Etat, paraît avoir bien géré cette crise sanitaire, grâce à une capacité d'anticipation et à l’adhésion aux idées du Juche, conception du monde qui se veut axée sur l’homme et une idéologie authentiquement attachée au pays et à la nation autant qu’au peuple. 

Parmi les mesures prises par la RPDC, dès le début du mois de février 2020, toutes les personnes entrées après le 13 janvier en RPDC ont été recensées et suivies médicalement, les cas suspects étant mis en quarantaine. Les marchandises en provenance de l’étranger ont aussi été isolées pendant un certain temps et stérilisées. Parallèlement, le port du masque était rendu obligatoire dans les entreprises, écoles et autres établissements publics, en même temps que médicaments, matériels de protection individuelle et produits désinfectants étaient distribués dans chaque province, ville et arrondissement du pays. Les usines et entreprises de RPDC ont été mobilisées pour produire les solutions antiseptiques, médicaments et tenues de protection nécessaires.

Le 11 avril 2020, le Bureau politique du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC) s'est réuni pour discuter de mesures encore plus rigoureuses à prendre pour lutter contre une pandémie devenue mondiale, faisant de cette lutte la priorité.

Le Parti du travail de Corée fait grand cas de l’identité nationale et des meilleures traditions nationales du peuple coréen et en tient compte dans tous les domaines du développement du pays.

« L’identité nationale incarne l’esprit souverain national et les traditions culturelles nationales, formant le trésor d’une nation », écrivait Kim Jong Il. « Une nation doit avant tout s’unir sur la base de sa volonté et de ses intérêts communs dans sa lutte pour sa souveraineté. La nation s’identifie avec le peuple ; le Parti et le Leader sont au centre de leur union et de leur cohésion. »

Il s'agit d'édifier une économie nationale puissante et une défense nationale indépendante. En l'occurrence, disposer de capacités militaires nécessaires à la préservation de la souveraineté, de la sécurité et de la dignité de la nation, permet d’affronter les provocations extérieures malveillantes et d’assurer le développement du pays. 

L’épidémie de Covid-19 a été un révélateur des motifs qui font que le PTC et le dirigeant de la RPDC demeurent fidèles à l'esprit du Juche, dans le permanent souci de garantir la souveraineté nationale et d’accroître le développement du pays, dans le cadre d’une économie indépendante à même d'améliorer la vie quotidienne des citoyens.

Kim Jong Il, Adhérer à l'esprit du Juche et à l'identité nationale au niveau de la révolution et du développement du pays, Éditions en langues étrangères, Pyongyang, 19 juin 1997

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2 janvier 2020 4 02 /01 /janvier /2020 15:39

Le 1er janvier 2020, pour la première fois depuis 2013, Kim Jong-un, chef d’État de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et président du Parti du travail de Corée (PTC) n’a pas prononcé de discours de Nouvel An. En revanche, il s’est exprimé au cours de la 5ème session plénière du 7ème Comité central du PTC qui s'est tenue du 28 au 31 décembre 2019. La durée exceptionnelle de cette session et le choix d'une intervention devant les plus hauts cadres du PTC, plutôt que d’une allocution publique, traduisent sans doute la gravité de la situation, dans un contexte où semble s'achever la phase diplomatique amorcée avec les Etats-Unis en 2018, et marquée par les sommets RPDC-Etats-Unis de juin 2018 et février 2019 (auxquels il convient d'ajouter une rencontre « impromptue » à Panmunjom le 30 juin 2019). Les discussions entre la RPDC et les Etats-Unis n’ont permis aucune avancée concrète sur les questions de l'établissement d'un régime de paix permanent en Corée, de la dénucléarisation de la péninsule coréenne et de la levée des sanctions à l'encontre de la RPDC. Au cours de son discours, Kim Jong-un semble donc avoir tiré le bilan de l'absence d'avancées diplomatiques et tracé une nouvelle voie pour 2020, tant dans la conduite des affaires diplomatiques qu’en matière de politique intérieure et de développement économique.

Faute d'avancées diplomatiques, la RPDC prône le renforcement de la défense et l'autosuffisance en 2020

Si, en théorie, ni les Etats-Unis ni la RPDC n’ont annoncé leur volonté de mettre fin à leurs négociations, les dernières semaines de l'année 2019 semblent avoir, en pratique, sonné le glas de tout espoir d’un accord, alors que se rapprochait la date butoir du 31 décembre fixée par Kim Jong-un dans son discours du 12 avril 2019 lors de la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême. Devant le Comité central du PTC, Kim Jong-un a déclaré que « l’intention des Etats-Unis est de tergiverser sous couvert de dialogue et de négociations afin d’atteindre leurs visées politiques et diplomatiques et en même temps de maintenir indéfiniment leurs sanctions dans le but d’user et d’affaiblir de plus en plus nos forces ».

De fait, incapables de présenter un plan de route crédible ni de faire la moindre concession permettant de parvenir à un accord équilibré, les Etats-Unis ont favorisé ce qui s’apparente à un « retour à la case départ ». Kim Jong-un a ainsi rappelé les efforts engagés par son pays en vue d'apaiser les tensions et l'hostilité constante manifestée par les Etats-Unis : « Rien que ces deux dernières années où notre République avait pris des mesures préalables de haute importance pour la création de la confiance entre la RPDC et les Etats-Unis, notamment la cessation des essais nucléaires et des tests de lancements de fusées balistiques intercontinentales et la suppression de la base d’essai nucléaire, les Etats-Unis, loin d’y répondre par leurs mesures correspondantes, ont effectué à des dizaines de reprises les exercices militaires conjoints d’une grande et petite envergure que le Président américain avait promis lui-même de cesser, et introduit en Corée du Sud des matériels de guerre de pointe pour nous menacer militairement, et adopté plus de dix fois des mesures de sanctions séparées contre nous. Ils ont ainsi montré de nouveau au monde que leur ambition d’écraser notre régime est invariable. »

Même si Donald Trump ne parle plus de « détruire complètement » la Corée du Nord, comme en septembre 2017 devant l'Assemblée générale des Nations unies, le risque d’un affrontement armé en Corée est désormais plus élevé. Le discours de Kim Jong-un au sujet des impératifs de la défense nationale tient évidemment compte de cette nouvelle donne et il a souligné la nécessité de prendre des « mesures offensives pour assurer efficacement la souveraineté et la sécurité de notre Etat ».

Deux informations d’une particulière importance ont été annoncées. Premièrement, la RPDC ne s'estime plus tenue par ses engagements de suspendre les essais nucléaires et les tests de lancements de missiles balistiques. Deuxièmement, la RPDC va développer de nouvelles « armes stratégiques » que « le monde verra dans un proche avenir ».

Justifiant ces annonces, Kim Jong-un a déclaré que, « à cause des actes brutaux des Etats-Unis, l’environnement extérieur de notre République ne change nullement à une heure où nous concentrons toutes nos forces sur l’édification économique, comme à l’époque où nous poursuivions la voie du développement parallèle [de l'économie et d'une force de dissuasion nucléaire], et les actes hostiles, la menace et le chantage nucléaires ne cessent de s’accentuer ». Tirant les conséquence de cette situation, le dirigeant de la RPDC a ajouté que, « dans cette circonstance, nous ne pouvons pas délaisser la sécurité de notre avenir en aspirant uniquement aux succès économiques concrets et au bien-être ».

La session plénière du Comité central du PTC a aussi abordé les difficultés économiques rencontrées en RPDC. Avec l'absence d'avancées diplomatiques avec les Etats-Unis, l’espoir d’un allègement des sanctions économiques semble s’éloigner et, avec lui, la possibilité d’une amélioration rapide de l’économie nord-coréenne.

Dans son discours, Kim Jong-un n’a ainsi pas caché l’existence des difficultés causées par les sanctions et les souffrances qui en découlaient pour la population : « Comme de tangibles succès n’ont pas été enregistrés dans la direction unifiée et la gestion stratégique des affaires économiques ni dans l’amélioration des méthodes de gestion et d’administration des entreprises, l’Etat n’a pas réussi à jouer son rôle d’organisation de l’économie, et de sérieux problèmes surgissent dans l’effort pour rajuster, étoffer et activer l’économie dans son ensemble et la porter à une étape d’accroissement. »

La RPDC devra continuer à privilégier le chemin de l’« autosuffisance », lequel a montré qu’il constituait une alternative crédible, notamment par le développement de grands projets d’infrastructures et de constructions. Le mot d’ordre est donc le suivant : « Plus nous renforçons notre propre force et créons de précieuses richesses sur la base de l'autonomie et de l'autosuffisance, plus les ennemis seront entraînés dans une agonie profonde et plus tôt viendra le jour de la victoire du socialisme. »

Dans ce cadre, Kim Jong-un a proposé un plan pour réaliser un « tournant décisif dans le développement de l'économie du pays et du niveau de vie de la population ». L’accent a notamment été mis sur les questions des sciences, de la santé et de l’éducation.

Kim Jong-un a beaucoup insisté sur la nécessité de réformer l’organisation économique, particulièrement dans les « secteurs industriels clés, piliers de l’économie indépendante », tels que notamment les « industries métallurgique, chimique, houillère et mécanique, des matériaux de construction, du transport ferroviaire et de l’industrie légère ». La nécessité de lutter contre les désastres naturels et d’agir en faveur de l’environnement a aussi été rappelée.

A l'issue de la réunion, la 5ème session plénière du 7ème Comité central du PTC a adopté un projet de résolution comportant les huit décisions suivantes :

1 - Mettre en ordre de nouveau les assises économiques du pays et mobiliser toutes les potentialités de production pour faire face aux nécessités du développement économique et de la vie du peuple ;

2 - Accorder de l’importance à la science et à la technique et améliorer l’enseignement et la santé publique reflétant l’aspect du régime socialiste ;

3 - Protéger l’écosystème et prendre des mesures de gestion de la crise dans le cadre de l’Etat pour faire face aux calamités naturelles ;

4 - Garantir la victoire de la lutte pour vaincre de front les difficultés grâce à la puissante offensive politique, diplomatique et militaire ;

5 - Intensifier la lutte contre les actes antisocialistes et non socialistes, instaurer la discipline morale et soigner l’éducation idéologique dans les organisations de travailleurs ;

6 - Renforcer le Parti, état-major de la révolution, et accroître sa capacité de direction considérablement ;

7 - Les cadres, personnel dirigeant de la révolution, se dévoueront pour s’acquitter de leur responsabilité et de leur devoir assumés devant le Parti, la révolution et le peuple dans la lutte pour surmonter de front les difficultés rencontrées sur la voie de l’édification du socialisme ;

8 -Les organisations du Parti à tous les échelons et les organismes politiques soigneront le travail d’organisation et la politique pour appliquer cette décision et les organismes concernés, notamment le Présidium de l’Assemblée populaire suprême et le Cabinet, prendront des mesures pratiques pour réaliser parfaitement les tâches définies dans la décision.

KCNA, 1er janvier 2020

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 17:57

Le comté de Samjiyon, situé au nord-est de la péninsule coréenne, dans la province du Ryanggang de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), occupe une place de premier plan dans l’histoire de la RPDC : le Président Kim Il-sung y a dirigé la guérilla jusqu'en 1945, alors que la Corée était sous le joug de l'empire du Japon. Par ailleurs, c’est dans un camp situé au pied du Mont Paektu,  point culminant de la péninsule coréenne situé dans le même comté, qu’est né le 16 février 1942 le Dirigeant Kim Jong-il, successeur de Kim Il-sung de 1994 à 2011. Alors qu'était commémoré le 17 décembre 2019 le huitième anniversaire de la disparition de Kim Jong-il, Kim Jong-un, Chef d’État de la RPDC, a inauguré quelques jours auparavant, le 2 décembre, la nouvelle ville de Samjiyon, après des travaux qui ont complètement transformé cette dernière.

La ville de Samjiyon inaugurée le 2 décembre 2019 (source : KCNA)

La ville de Samjiyon inaugurée le 2 décembre 2019 (source : KCNA)

À un moment où la perspective d’un accord entre les États-Unis et la RPDC s’éloigne chaque jour d’avantage – et, avec elle, un allègement des lourdes sanctions pesant sur la RPDC -, l’inauguration de la « nouvelle ville de Samjiyon » démontre au monde que, malgré les difficultés, la RPDC dispose des ressources humaines et matérielles nécessaires pour réaliser en un temps record d’immenses projets d’infrastructures. Car l’inauguration de Samjiyon - la ville ne sera achevée en totalité qu’en 2021 - n’est qu’un des projets civils lancés ces dernières années sous l’impulsion de Kim Jong-un. On peut citer, entre autres, le Complexe scientifique et technologique (inauguré en 2016) et l'avenue Ryomyong (inaugurée en 2017), à Pyongyang, la cité balnéaire de Wonsan (en cours d'achèvement) ou encore le Complexe des sources chaudes de Yangdok, inauguré le 7 décembre 2019.

L'avenue Ryomyong inaugurée en 2017 (source : KCNA)

L'avenue Ryomyong inaugurée en 2017 (source : KCNA)

Le Complexe des sources chaudes de Yangdok inauguré le 7 décembre 2019 (source : KCNA)

Le Complexe des sources chaudes de Yangdok inauguré le 7 décembre 2019 (source : KCNA)

Ces immenses chantiers mobilisent tout un peuple et nombreux sont les volontaires et soldats mobilisés qui affluent de tout le pays pour participer à l’effort de construction. Surtout, ils illustrent des principes depuis longtemps ancrés dans le Juche, idéologie directrice de la RPDC, notamment les principes d’indépendance et de créativité.

Kim Jong-il (1942-2011) a joué un rôle primordial dans le développement des idées du Juche. Plus précisément, à partir de 1974, alors qu’il était  directeur du département de l'organisation et de l'orientation du Parti du travail  de Corée, Kim Jong-il a accompli un grand travail de théorisation, dont l’aboutissement fut la publication en 1982 d’un ouvrage important dans l'histoire des idées en RPDC : Des Idées du Juche.

De l'action politique de Kim Jong-il, on peut retenir deux événements marquants,  sur le plan intérieur et en matière de politique étrangère.

Sur le plan intérieur, il s’agit bien évidemment de la lutte contre les conséquences des tragiques événements de la décennie 1990, période désignée en RPDC comme la « dure marche ». Si le bilan humain de la famine qui frappa la RPDC à la fin des années 1990 est toujours controversé, il s’agit sans doute de l’événement le plus dramatique de l’histoire de la péninsule coréenne depuis la fin de la guerre  en 1953. Aussi, cette période reste durablement ancrée dans les mémoires, tant en Corée qu’à l’étranger. Pourtant, on ne peut que regretter que beaucoup d’observateurs étrangers et experts plus ou moins autoproclamés de la Corée du Nord mettent toujours en avant des images et témoignages vieux de plus de 20 ans, et soient incapables de mesurer et apprécier l’importance de la modernisation voulue et accomplie ces dernières années  par la RPD de Corée sous la direction de Kim Jong-il puis de Kim Jong-un.

Alors que la RPDC était en proie à d’immenses défis, Kim Jong-il a d'abord voulu protéger les intérêts vitaux de son pays, notamment face aux tentatives de déstabilisation d'ampleur croissante. En ce sens, la poursuite du programme de développement d'une force de dissuasion nucléaire autonome, malgré les difficultés économiques, grâce à la politique du Songun (priorité aux affaires militaires), a sans doute permis à la RPDC de conserver sa souveraineté et de maintenir l’équilibre des forces en Corée. Ainsi, Kim Jong-il a écrit : « Se défendre par ses propres moyens est un des principes essentiels de l'édification d'un État indépendant et souverain. Tant qu'existe l'impérialisme, un pays qui ne dispose pas de forces armées d'autodéfense susceptibles de repousser ses ennemis, de l'intérieur comme de l'extérieur, ne peut, en fait, être considéré comme un pays complètement indépendant et souverain. » (Kim Jong-il, Des Idées du Juche,  « L’autodéfense en matière de sécurité nationale », Éditions en langues étrangères, Pyongyang, 1982).

Il convient de noter que la dissuasion « du faible au fort » pratiquée par la RPDC est analogue à la doctrine française de dissuasion voulue par le Président Charles de Gaulle dans les années 1960, dans un contexte différent puisque, à cette époque, la France bénéficiait encore du  « parapluie nucléaire » des États-Unis et ses intérêts vitaux étaient moins menacés que ceux de la RPDC dans les années 1990...

Mais la politique de priorité aux affaires militaires ne fut jamais une fin en soi et s’est accompagnée d'efforts diplomatiques de la part de la RPDC qui ont marqué un tournant décisif pour la Corée et pour le monde.

On retiendra d'abord la relance du dialogue inter-coréen entre 1998 et 2008 et les historiques sommets entre Kim Jong-il et les présidents sud-coréens Kim Dae-jung, en juin 2000, et Roh Moo-hyun, en octobre 2007.  Les déclarations signées conjointement par les dirigeants suprêmes des deux États coréens le 15 juin 2000 et le 4 octobre 2007 posèrent les bases d'une réunification de la Corée dans l'indépendance et la paix « par les propres efforts du peuple coréen ». Deux des résultats les plus emblématiques de la relance du dialogue inter-coréen furent le circuit touristique des monts Kumgang et la zone industrielle de Kaesong, projets malheureusement arrêtés, respectivement, en juillet 2008 et février 2016 par les gouvernements conservateurs revenus au pouvoir en Corée du Sud.

Le Dirigeant Kim Jong-il accueille le Président Kim Dae-jung à Pyongyang le 13 juin 2000

Le Dirigeant Kim Jong-il accueille le Président Kim Dae-jung à Pyongyang le 13 juin 2000

Kim Jong-il a aussi tendu la main aux pires ennemis de son pays, en déléguant à Washington du 9 au 12 octobre 2000 le vice-président de la Commission de la défense nationale de la RPDC, le vice-maréchal Jo Myong-rok, visite suivie par celle de la secrétaire d'État américaine Madeleine Albright à Pyongyang le 23 octobre 2000. Le 17 septembre 2002, Kim Jong-il reçut aussi à Pyongyang le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi.

La secrétaire d'État Madeleine Albright accueillie par Kim Jong-il à Pyongyang le 23 octobre 2000

La secrétaire d'État Madeleine Albright accueillie par Kim Jong-il à Pyongyang le 23 octobre 2000

À l'instar des grands projets civils menés en dépit des difficultés économiques - souvent imposées de l'extérieur -, les gestes diplomatiques spectaculaires accomplis par la RPDC au cours des deux dernières décennies, démontrant que le dialogue est toujours possible, adressent un message d'espoir au monde entier.

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 22:01

La révision constitutionnelle de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), adoptée au début de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême, a été dévoilée le 11 juillet 2019. Depuis sa promulgation en 1972, cette Constitution – la seconde dans l’histoire de la RPDC depuis 1948 - a fait l’objet de sept amendements et la révision adoptée en avril 2019, la dernière en date, apporte trois modifications principales. Premièrement, le titre de chef de l’Etat n’est plus uniquement dévolu au président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême mais aussi au président de la Commission des affaires d’Etat, Kim Jong-un. Ensuite, un nouveau mode de gestion et d’organisation des entreprises vient officiellement remplacer le modèle dit Tae-an, en vigueur depuis le début des années 1960. Enfin, on ne trouve plus trace dans la Constitution de référence à la politique de Songun donnant la priorité aux affaires militaires.

La révision de la Constitution de 1972 votée le 11 avril 2019 au cours de la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême est la septième (après les révisons constitutionnelles de 1992, 1998, 2009, 2012, 2013 et 2016) et la quatrième depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-un (décembre 2011). On savait que, au cours de cette première session, outre le passage de flambeau entre Kim Yong-nam et Choe Ryong-hae au poste de président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême, une révision constitutionnelle avaient été adoptée mais le texte final n’avait pas été publié. C’est chose faite depuis le 11 juillet 2019.

En premier lieu, on retiendra de la révision du 11 avril 2019 qu’elle vient mettre fin à une « bizarrerie constitutionnelle », dans le sens où auparavant, le titre de chef de l’Etat était dévolu au président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême et non pas au président de la Commission des affaires d’Etat, c’est-à-dire à Kim Jong-un, par ailleurs président du Parti du travail de Corée et commandant suprême des forces armées de la RPDC. Avec cette révision, la Constitution accorde à présent, dans son article 100, la fonction de « représenter l’Etat » non seulement au président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême mais aussi au président de la Commission des affaires d’Etat.

Dans les faits, il s’agit d’une évolution symbolique et qui ne devrait pas apporter un changement significatif dans la pratique de l’exercice du pouvoir en RPDC. De l’avis de certains analystes, ce changement devrait favoriser la signature d’un traité de paix remplaçant l'accord d'armistice de 1953, dans le sens où si un tel traité devait être conclu, ce serait au Chef de l’Etat, Kim Jong-un en l'occurrence, de le signer. La signature d’un traité de paix en Corée dépend toutefois d'autres paramètres qu’une révision constitutionnelle…

Sur le plan protocolaire, cette révision constitutionnelle n’a qu’un effet assez limité. En effet, conformément à l’article 116 de la Constitution révisée, il revient toujours au président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême la mission de recevoir les lettres de créance des ambassadeurs étrangers en poste à Pyongyang.

La deuxième modification majeure apportée à la Constitution par la révision du 11 avril 2019 réside dans l’actualisation du modèle de gestion jusqu’alors en vigueur dans les entreprises. En effet, le « modèle Tae-an » est remplacé à l’article 33 de la Constitution par un « modèle de gestion responsable des entreprises socialistes », officialisant ainsi l’accroissement de l'autonomie des dirigeants d’entreprises sur les unités de production, tout en rappelant l’existence du concept de « profitabilité », déjà présent dans la Constitution nord-coréenne.

Avec ce changement, c’est tout un pan de la culture économique nord-coréenne qui se transforme. En effet, à l'occasion d'une visite à l’usine de machines électriques de Tae-an en décembre 1961, Kim Il-sung, alors Premier ministre de la RPD de Corée, avait reconnu qu’« en examinant en profondeur qui dirige la production, comment cela se concrétise, de quelle manière les ateliers sont dirigés et de quelle façon ces derniers s’acquittent de leurs tâches, nous avons constaté que l’actuel système de direction de la production présente de graves défauts ». (Kim Il-sung, De la gestion de l’économie socialiste, Editions en langues étrangères, Pyongyang, 1992, pp 37-38)

Sur la base de ce constat, Kim Il-sung avait préconisé un nouveau modèle d’organisation des entreprises, dit Tae-an, d’après lequel il revenait au comité du Parti du travail de Corée dans les usines, placé sous l’autorité d’un ingénieur en chef, de jouer le rôle d’« état-major chargé de diriger la production » ainsi que d’être en charge de la « coordination des différents services ». Ce modèle avait ensuite été généralisé aux autres unités de production dans tout le pays.

Sur ce volet, la révision d’avril 2019 a pour objectif de donner plus d’autonomie aux entreprises et à leurs dirigeants dans l’organisation quotidienne de la production et notamment par rapport au plan. En effet, à l’heure actuelle, il est possible pour les entreprises de conserver une part des bénéfices réalisés une fois que les exigences du plan ont été satisfaites.

Cette révision constitutionnelle entérine une réalité quotidienne déjà à l’œuvre depuis plusieurs années dans la gestion des entreprises et qui avait été appelée de ses vœux par Kim Jong-un lors de son discours de clôture du 7ème congrès du Parti du travail de Corée en mai 2016.

Enfin, la révision constitutionnelle du 11 avril 2019 a supprimé toute référence à la politique de Songun donnant la priorité aux affaires militaires, initiée par Kim Jong-il et intégrée dans la Constitution en octobre 1998. Preuve de son importance, l’article 3 de la Constitution de 1972 disposait, dans sa version amendée en 2009, que « la République populaire démocratique de Corée se guide dans ses activités sur les idées du Juche, les idées du Songun ».

A l’époque, la politique de Songun était une réponse à un contexte politique incertain, qui avait vu disparaître les alliés traditionnels de la RPDC et se multiplier les offensives diplomatiques contre elle, notamment suite au développement de sa force de dissuasion nucléaire.

Après son accession à la direction suprême de la RPD de Corée en décembre 2011, Kim Jong-un a opéré un rééquilibrage : la priorité à l’armée de la politique de Songun a laissé la place au Byongjin, soit le développement parallèle de l’arme atomique et de l’économie. Après la réussite de son sixième essai nucléaire (3 septembre 2017) et du lancement d'un missile balistique intercontinental (29 novembre 2017), la RPDC a considéré disposer d'une force de dissuasion suffisante, et a mis un terme au Songun et au Byongjin pour se focaliser sur le développement économique, notamment grâce aux technologies de pointe.

Cette révision constitutionnelle ne doit cependant pas laisser croire que l’Armée populaire de Corée jouera un rôle secondaire à l'avenir. Il faut comprendre de cette révision que l’armée a accompli sa tâche en développant avec succès l’arme nucléaire et les vecteurs associés, garantissant à la RPDC sa souveraineté et son indépendance et lui permettant de parler d’égal à égal avec les autres puissances, à commencer par les Etats-Unis. Maintenant, l’armée nord-coréenne, qui est aussi un opérateur économique de première importance, peut se consacrer pleinement au développement du pays, en intervenant sur les grands chantiers en cours en RPDC.

 

Version originale coréenne du texte de la Constitution de la République populaire démocratique de Corée amendée en avril 2019 

 

Sources :

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 22:10

Les 11 et 12 avril 2019, à Pyongyang, se sont réunis pour la première fois les 687 députés  de l'Assemblée populaire suprême (APS) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) élus le 10 mars précédent. Outre la réélection de Kim Jong-un comme président de la Commission des affaires d'Etat, cette première session de la 14ème législature de l'APS a donné lieu à plusieurs évolutions significatives au sein des instances dirigeantes de la RPDC. L'accent a aussi été mis sur le développement économique.

Ouverture de la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, le 11 avril 2019 à Pyongyang (photo : KCNA)

Ouverture de la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, le 11 avril 2019 à Pyongyang (photo : KCNA)

Selon l'article 87 de la constitution de la République populaire démocratique de Corée, l'Assemblée populaire suprême est « l'organe suprême du pouvoir ». Les 687 députés de la 14ème gislature de l'APS ont été élus le 10 mars 2019.

D'après l'agence officielle KCNA, 16,2 % des membres de la nouvelle Assemblée sont des ouvriers, 9,6 % des paysans et 17,2 % des soldats. 4,8 % des députés sont âgés de moins de 40 ans, 63,9 % ont entre 40 et 59 ans, et 31,3 % sont âgés d'au moins 60 ans. L'Assemblée populaire suprême élue le 10 mars 2019 est composée à 17,6 % de femmes.

Ouverte le 11 avril 2019, la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême a réélu Kim Jong-un président de la Commission des affaires d'Etat, plus haut organe de décision de la RPDC, élection qualifiée de « plus grand événement politique, d'une importance historique cruciale » par l'agence KCNA.

Kim Jong-un avait été élu pour la première fois président de la Comission des affaires d'Etat en 2016, à la création de cet organe remplaçant la alors la Commission de la défense nationale.

Le 12 avril, Kim Jong-un a prononcé un discours dans lequel il s'est d'abord attaché à mettre en avant les principes d'indépendance et de souveraineté.

« Que le vent vienne de l’Est ou de l’Ouest, que nous ayons à faire face à des défis et à des difficultés, notre République ne fera pas la moindre concession ni le moindre compromis en ce qui concerne les intérêts fondamentaux de notre Etat et de notre peuple et promouvra l’édification d’une puissance socialiste comme nous l’entendons et par nos propres moyens en résolvant tous nos problèmes selon le principe de se renforcer par soi-même» , a notamment déclaré Kim Jong-un.

S'agissant des rapport entre les Corée du Nord et du Sud, Kim Jong-un a plaidé en faveur de l'application « rigoureuse » de la déclaration de Panmunjom (27 avril 2018) et de la déclaration de Pyongyang (19 septembre 2018) malgré les « agissements hostiles des ennemis de la réunification et de la paix de l’intérieur comme de l’extérieur du pays », en référence aux conservateurs sud-coréens et aux « faucons » de l'administration américaine.

Au sujet les relations entre la RPDC et les Etats-Unis, ayant connu un tournant décisif avec le sommet de Singapour (12 juin 2018), « événement donnant l’espoir de voir la paix s’installer dans la péninsule coréenne », Kim Jong-un a fait part de sa « méfiance à l’égard de la sincérité du dessein des Etats-Unis d’améliorer les rapports RPDC-Etats-Unis », eu égard à l'échec du second sommet RPDC-Etats-Unis de Hanoï (27-28 février 2019). Il a toutefois souligné que ses « relations privées avec [le Président Donald Trump] ne sont pas hostiles comme celles qui existent entre la RPDC et les Etats-Unis et demeurent excellentes ».

Evoquant la possibilité d'un troisième sommet avec Le Président des Etats-Unis, Kim Jong-un a dit : « J’attendrai [...] avec patience jusqu’à la fin de cette année la décision des Etats-Unis [quant à la levée des sanctions frappant la RPDC], mais ce serait difficile d’obtenir une occasion aussi bonne que la dernière [à Hanoï]. J’apposerai sans hésitation ma signature sur un éventuel texte d’accord à condition qu’il contienne des articles conformes aux intérêts des deux parties, RPDC et Etats-Unis, et acceptables pour elles. Tout cela dépend entièrement de l’attitude et du mode de calcul des Etats-Unis. »

Kim Jong-un, président de la Commission des affaires d'Etat de la RPD de Corée, prononce un discours pendant la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême, le 12 avril 2019 (photo : KCNA)

Au sein de la Commission des affaires d'Etat élue à l'occasion de la première session de la 14ème législature de l'APS, on note trois départs et cinq nouvelles entrées, dont celle de la vice-ministre des Affaires étrangères Choe Son-hui, impliquée dans la préparation du second sommet RPDC-Etats-Unis .

Le premier vice-président de la Commission des affaires d'Etat, Choe Ryong-hae a été élu président du Présidium de l'Assemblée populaire suprême, devenant, à ce titre, le chef de l'Etat de la République populaire démocratique de Corée. Il succède à Kim Yong-nam (91 ans), élu à cette fonction en 1998.

Au sein du Cabinet (Gouvernement), le Premier ministre Pak Pong-ju a été remplacé par Kim Jae-ryong. Pak Pong-ju demeure, avec Choe Ryong-hae, vice-président de la Commission des affaires d'Etat.

La liste des membres du nouveau Cabinet a ensuite été soumise à l'aprobation de l'Assemblée.

La réunion de l'Assemblée populaire suprême parlementaire a également abordé les questions budgétaires.

Selon KCNA, en 2018, 47,6 % des dépenses de la RPDC ont été consacrées au développement économique. Les investissements de l'Etat dans des grands projets (réaménagement du comté de Samjiyon, construction de la zone touristique de Wonsan-Kalma et des centrales électriques d'Orangchon et Tanchon, notamment) ont augmenté de 4,9 % et les investissements dans les sciences et techniques, de 7,4 %.

Les dépenses dans le domaine de la santé publique, des sports et la culture ont représenté 36,4 % des dépenses totales en 2018.

Enfin, 15,8 % du budget est allé à la défense nationale.

Concernant le budget de 2019, l'Assemblée populaire suprême prévoit des recettes en progression de 3,7 % par rapport à 2018 : il est attendu une augmentation de 4,1 % du produit de la taxe sur les transactions et 4,3 % des bénéfices des entreprises d'Etat, ces deux sources de recettes représentant alors 85,7 % des recettes totales du budget. D'autre part, il est prévu les évolutions de recettes suivantes : + 1,1 % pour les bénéfices des unités coopératives, + 0,3 % pour les loyers, + 0,2 % pour les cotisations d'assurance sociale, + 0 % pour les produits issus de la vente de propriétés et de la fluctuation des prix, + 1,6 % pour les revenus des zones commerciales et + 0,5 % pour les autres revenus.

KCNA rapporte que les recettes budgétaires centrales compteront pour 73,9 % des recettes du budget de l'Etat. A côté des recettes générées par le secteur public d'Etat, dont la proportion est stable, les provinces, villes et comtés doivent contribuer aux budget central, l'autre partie de leurs recettes servant à couvrir leur dépenses.

Les dépenses du budget de l'Etat devraient s'accroître de 5,3 % en 2019. Les dépenses consacrées au développement économique progresseront de 5,4 % pour représenter 47,8 % des dépenses totales, tandis que les investissements dans le domaine des sciences et techniques augmenteront de 8,7 %. Il est aussi prévu une augmentation de 5,7 % des dépenses pour les secteurs de l'électricité, du charbon, de la métallurgie, de la chimie, des chermins de fer de l'agriculture, de la pêche et de l'industrie légère.

Les dépenses dévolues à de grands projets s'accroîtront de 6,6 %. Ces projets portent, entre autres, sur la campagne de reforestation, la zone touristique de Wonsan-Kalma, l'usine d'engrais phosphatés de Sunchon, les centrales électriques d'Orangchon et Tanchon ou encore la seconde phase de la construction d'un canal dans la province du Hwanghae du Sud.

Il est prévu d'accroître les dépenses touchant directement au bien-être de la population de la manière suivante : + 5,5 % pour l'éducation, + 5,8 % pour la santé publique, + 4,1 % pour la culture et + 4,5 % pour les sports.

Enfin, comme en 2018. 15,8 % du budget sera consacré à la défense nationale.

Composition des instances dirigeantes de la République populaire démocratique de Corée élues le 11 avril 2019 pendant la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême

(les changements par rapport à la 13ème législature sont indiqués en bleu)

Commission des affaires d'Etat

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Kim Jong Un

Kim Jong Un

Premier vice-président

Choe Ryong Hae

Vice-président

Pak Pong Ju

Pak Pong Ju

Vice-Président

Choe Ryong Hae

Membre

Ri Su Yong

Ri Su Yong

Membre

Kim Yong Chol

Kim Yong Chol

Membre

Thae Jong Su

Thae Jong Su

Membre

Ri Yong Ho

Ri Yong Ho

Membre

Jong Kyong Thaek

Jong Kyong Thaek

Membre

Choe Pu Il

Choe Pu Il

Membre

Pak Kwang Ho

Kim Jae Ryong

Membre

Kim Jong Gak

Ri Man Gon

Membre

Pak Yong Sik

Kim Su Gil

Membre

No Kwang Chol

Membre

Choe Son Hui

Assemblée populaire suprême

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Choe Thae Bok

Pak Thae Song

Vice-président

An Tong Chun

Pak Chol Min

Vice-président

Ri Hye Jong

Pak Kum Hui

Présidium de l'Assemblée populaire suprême

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Kim Yong Nam

Choe Ryong Hae

Vice-président

Kim Yong Dae

Kim Yong Dae

Vice-président

Yang Hyong Sop

Thae Hyong Chol

Vice-président honoraire

Kim Yong Ju

Vice-président honoraire

Choe Yong Rim

Secrétaire général

Jong Yong Guk

Jong Yong Guk

Membre

Kim Yong Chol

Kim Yong Chol

Membre

Ju Yong Gil

Ju Yong Gil

Membre

Kim Chang Yop

Kim Chang Yop

Membre

Jang Chun Sil

Jang Chun Sil

Membre

Kang Myong Chol

Kang Myong Chol

Membre

Kang Su Rin

Kang Su Rin

Membre

Pak Myong Chol

Pak Myong Chol

Membre

Kim Su Gil

Kim Nung O

Membre

Park Chol Min

Kang Ji Yong

Membre

Jon Kyong Nam

Ri Myong Chol

Membre

Ri Chol

Commission des affaires étrangères de l'APS

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Ri Su Yong

Ri Su Yong

Membre

Ro Ryong Nam

Ro Ryong Nam

Membre

Ri Son Gwon

Ri Son Gwon

Membre

Kim Jong Suk

Kim Jong Suk

Membre

Kim Tong Son

Kim Tong Son

Membre

Kim Kye Gwan

Choe Son Hui

Membre

Jong Yong Won

Kim Song Il

Commission du budget de l'APS

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

O Su Yong

O Su Yong

Membre

Hong So Hon

Hong So Hon

Membre

Pak Hyong Ryol

Pak Hyong Ryol

Membre

Pak Yong Ho

Ri Hi Yong

Membre

Kye Yong Sam

Kim Kwang Uk

Membre

Kim Hui Suk

Choe Yong Il

Membre

Choe Yong Il

Ri Kum Ok

Commission des lois de l'APS

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Choe Pu Il

Choe Pu Il

Membre

Kim Myong Gil

Kim Myong Gil

Membre

Kang Yun Sok

Kang Yun Sok

Membre

Thae Hyong Chol

Pak Jong Nam

Membre

Cha Hui Rim

Kim Yong Bae

Membre

Pak Myong Guk

Jong Kyong Il

Membre

Ryang Jong Hun

Ho Kwang Il

Cabinet

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Premier ministre

Pak Pong Ju

Kim Jae Ryong

Vice-Premier ministre, Président de la Commission de la planification d'Etat

Ro Tu Chol

Ro Tu Chol

Vice-Premier ministre

Im Chol Ung

Im Chol Ung

Vice-Premier ministre

Kim Tok Hun

Kim Tok Hun

Vice-Premier ministre

Ri Ju O

Ri Ju O

Vice-Premier ministre

Ri Ryong Nam

Ri Ryong Nam

Vice-Premier ministre

Jon Kwang Ho

Jon Kwang Ho

Vice-Premier ministre

Tong Jong Ho

Tong Jong Ho

Vice-Premier ministre, Ministre de l'Agriculture

Ko In Ho

Ko In Ho

Ministre des Affaires étrangères

Ri Yong Ho

Ri Yong Ho

Ministre de l'Industrie de l'énergie électrique

Kim Man Su

Kim Man Su

Ministre de l'Industrie houillère

Mun Myong Hak

Mun Myong Hak

Ministre de l'Industrie métallurgique

Kim Chung Gol

Kim Chung Gol

Ministre de l'Industrie chimique

Jang Kil Ryong

Jang Kil Ryong

Ministre des Chemins de fer

Jang Hyok

Jang Hyok

Minister des Transports terrestres et maritime

Kang Jong Gwan

Kang Jong Gwan

Ministre de l'Industrie minière

Ryom Chol Su

Ryom Chol Su

Ministre du Développement des ressources naturelles nationales

Ri Chun Sam

Kim Chol Su

Ministre de l'Industrie pétrolière

Ko Kil Son

Ko Kil Son

Ministre des Forêts

Han Ryong Guk

Han Ryong Guk

Ministre de l'Industrie des machines-outils

Ri Jong Guk

Yang Sung Ho

Ministre de la Construction navale (nouveau)

Kang Chol Gu

Ministre de l'Industrie de l'énergie nucléaire

Wang Chang Uk

Wang Chang Uk

Ministre de l'Industrie électronique

Kim Jae Song

Kim Jae Song

Ministre des Postes et des Télécommunications

Kim Kwang Chol

Kim Kwang Chol

Ministre de la Construction et de l'Industrie des matériaux de construction

Pak Hun

Pak Hun

Ministre du Contrôle d'Etat de la construction

Kwon Song Ho

Kwon Song Ho

Ministre de l'Industrie légère

Choe Il Ryong

Choe Il Ryong

Ministre de l'Industrie locale

Jo Yong Chol

Jo Yong Chol

Ministre de l'Industrie des biens de consommation

Ri Kang Son

Ri Kang Son

Ministre de la Pêche

Song Chun Sop

Song Chun Sop

Ministre des Finances

Ki Kwang Ho

Ki Kwang Ho

Ministre du Travail

Yun Kang Ho

Yun Kang Ho

Ministre des Relations économiques extérieures

Kim Yong Jae

Kim Yong Jae

Président de la Commission d'Etat des sciences et techniques

Ri Chung Gil

Ri Chung Gil

Président de l'Académie d'Etat des sciences

Jang Chol

Jang Chol

Ministre de la Terre et de la Protection de l'environnement

Kim Kyong Jun

Kim Kyong Jun

Directeur du Bureau de supervision de la politique forestière de la Commission des affaires d'Etat (nouveau)

Kim Kyong Jun

Ministre du Management urbain

Kang Yong Su

Kang Yong Su

Ministre de l'Administration et de l'Approvisionnement alimentaires

Mun Ung Jo

Mun Ung Jo

Ministre du Commerce

Kim Kyong Nam

Kim Kyong Nam

Président de la Commission de l'éducation

Kim Sung Du

Kim Sung Du

Ministre de l'Education générale

Kim Sung Du

Président de l'Université Kim Il Sung, Président de la Commission d'orientation du Parti du travail de Corée, Ministre de l'Education supérieure

Thae Hyong Chol

Choe Sang Gon

Ministre de la Santé publique

O Chun Bok

Ministre de la Culture

Pak Chun Nam

Pak Chun Nam

Ministre des Sports et de la Culture physique

Kim Il Guk

Kim Il Guk

Président de la Banque centrale

Kim Chon Gyun

Kim Chon Gyun

Directeur du Bureau central des statistiques

Choe Sung Ho

Choe Sung Ho

Directeur du secrétariat du Cabinet

Kim Yong Ho

Kim Yong Ho

Bureau central des procureurs publics

Directeur

Kim Myong Gil

Kim Myong Gil

Cour centrale

Président

Kang Yun Sok

Kang Yun Sok


 


 

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 16:17

Le 1er janvier 2019, Kim Jong-un, président du Parti du travail de Corée (PTC), président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et commandant suprême de l'Armée populaire de Corée, a prononcé le traditionnel discours de Nouvel an, faisant le bilan de l'année écoulée et traçant les grandes lignes de l'année qui s'ouvre. Compte tenu des évolutions intervenues en 2018 dans les relations entre la RPDC et la Corée du Sud d'une part, entre la RPDC et les Etats-Unis d'autre part, cette allocution était particulièrement attendue cette année. Voici la traduction du compte rendu qu'en a fait l'agence de presse officielle KCNA.

Kim Jong-un, le 1er janvier 2019

Kim Jong-un, le 1er janvier 2019

Le dirigeant suprême Kim Jong-un a prononcé un discours à l'occasion du Nouvel an 2019.

Dans son discours de Nouvel an, il a adressé ses vœux chaleureux au peuple et à l'armée à travers le pays et aux compatriotes au Sud et à l'étranger, et exprimé son espoir que les dirigeants et amis de pays étrangers enregistrent des succès dans leur travail.

Il a déclaré que 2018 a été une année historique où, conformément à la ligne d’indépendance et à la décision stratégique du Parti du travail de Corée, de grands changements ont eu lieu dans la situation intérieure et extérieure et l’édification du socialisme a atteint un palier nouveau.

Notant qu'en cette année nouvelle nous sommes confrontés à la tâche d’ouvrir sûrement des perspectives pour le progrès de l’édification du socialisme grâce à l’élargissement et au renforcement de la capacité de développement indépendant du pays, il a dit que nous devons arborer le mot d'ordre « Ouvrons une nouvelle voie à la marche pour l’édification du socialisme en portant haut la bannière de la confiance en soi ! ».

Il a appelé à un essor révolutionnaire sur tous les fronts de l'édification du socialisme en considérant la confiance en soi comme une arme précieuse en vue de la prospérité.

Il a souligné le besoin de réussir à atteindre l’objectif stratégique du développement de l'économie nationale en comptant sur nos propres forces techniques et ressources ainsi que sur l’esprit créateur et l’enthousiasme révolutionnaire élevés du peuple entier, pour ainsi passer à une étape nouvelle de sa croissance.

Il a mis en évidence le besoin d'augmenter par tous les moyens le potentiel politique et idéologique de notre Etat.

Il a souligné le besoin d'accélérer l'édification d'une civilisation socialiste et de renforcer le potentiel de la défense national.

Il a dit que l'année dernière a été une année émouvante, marquée de changements spectaculaires jamais vus dans l’histoire de plus de 70 ans de la division.

En nous basant sur les réalisations précieuses de l’année dernière, marquée remarquablement d’événements sans précédent, nous devons faire, en 2019, de plus grands progrès dans l’effort pour le développement des rapports Nord-Sud, la paix et la prospérité ainsi que pour la réunification du pays, a-t-il souligné.

Tous les Coréens doivent arborer le mot d'ordre « Appliquons en tous points les Déclarations historiques Nord-Sud pour inaugurer une période de pleine floraison de l’effort de paix, de prospérité et de réunification de la péninsule coréenne ! », a-t-il insisté.

Notant que notre volonté immuable est de mettre fin à la source des rapports d’hostilité militaire entre le Nord et le Sud et de transformer la péninsule coréenne en une zone de paix permanente et durable, il a appelé à étendre et développer sur tous les plans la collaboration et les échanges entre le Nord et le Sud pour raffermir la réconciliation et l’union nationales et permettre à tous les Coréens de bénéficier réellement de l’amélioration des rapports Nord-Sud.

Il a déclaré que nous ne tolérons jamais l’ingérence des forces extérieures qui entendent barrer la voie de notre nation vers la réconciliation, l’union et la réunification, en cherchant à subordonner les rapports Nord-Sud à leurs goûts et intérêts.

Il a déclaré que, l'année dernière, le PTC et le gouvernement de la RPDC se sont efforcés de façon responsable de sauvegarder la paix et la sécurité mondiales, d’élargir et renforcer les relations d’amitié avec différents pays.

Notant que la rencontre et la conférence au sommet entre la RPDC et les Etats-Unis, premières dans l’histoire, ont changé de façon spectaculaire les rapports RPDC-Etats-Unis, rapports les plus hostiles sur le globe, et ont contribué grandement à la paix et à la sécurité de la péninsule coréenne et de la région, il a souligné que c’était l'attitude immuable du PTC et du gouvernement de la RPDC, ainsi que sa ferme volonté, d’établir de nouvelles relations entre les deux pays comme l’exige le nouveau siècle, d'instaurer un système de paix permanent et durable dans la péninsule coréenne et d'aller vers une dénucléarisation complète comme stipulé dans la Déclaration conjointe RPDC-Etats-Unis du 12 Juin.

Il a ajouté que la RPDC n'avait pas l'intention de rester obstinément empêtrée dans l’histoire regrettable entre les deux pays, mais la volonté de résoudre au plus tôt le passé et à aller vers l’établissement de nouveaux rapports répondant aux aspirations des peuples des deux pays et aux impératifs de l’évolution de l’époque.

Comme l’a montré le progrès rapide des rapports Nord-Sud de l’an dernier, rien n’est impossible quand on prend la décision nécessaire, et si les partenaires de négociations osent se libérer chacun de son opinion invétérée, proposent, selon le principe de se reconnaître et de se respecter l’un l’autre, des projets équitables et procèdent avec une attitude correcte et la volonté de résoudre les problèmes, ils pourront parvenir sans faute à un aboutissement favorable à l’un et à l’autre, a-t-il déclaré.

Déclarant qu'il reste prêt à s’asseoir de nouveau n’importe quand avec le Président des Etats-Unis, il a également souligné qu'il s'efforcera d’obtenir un résultat digne d’être accueilli par la communauté internationale.

Mais si les Etats-Unis, au lieu de tenir les engagements qu’ils ont pris au vu et au su du monde entier, interprètent mal la patience du peuple coréen et tentent d'imposer certaines choses à la RPDC et de poursuivre toujours leurs sanctions et pressions contre elle, force nous serait de chercher une nouvelle voie permettant de sauvegarder la souveraineté du pays et les intérêts suprêmes de l’Etat ainsi que d’obtenir la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne, a-t-il souligné.

Il a appelé les pays voisins et la communauté internationale à soutenir les positions et efforts sincères de la RPDC tendant à stimuler l’évolution positive de la situation dans la péninsule coréenne et lutter contre tous les actes et défis de nature à détruire la paix et à contrecarrer la justice.

Il a souligné que le PTC et le gouvernement de la RPDC, suivant les idées d’indépendance, de paix et d’amitié, continueront à renforcer l’union et la coopération avec les pays socialistes et développeront les relations avec tous les pays qui traitent amicalement la RPDC.

"Supreme Leader Kim Jong Un Makes New Year Address", KCNA, 1er janvier 2019

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10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 20:11

Le 10 octobre 2018, la République populaire démocratique de Corée a célébré le 73e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC). A cette occasion se son tenues diverses manifestations sportives et culturelles : outre les finales d'un certain nombre de compétitions de sports d'équipes, l'orchestre national a interprété un concert intitulé Symphonie socialiste et la pièce La neige rouge tombe a été jouée au théâtre national. Un des autres faits marquants des commémorations a été l'association du Parti du travail de Corée à une figure maternelle (l'éditorial du jour du quotidien du PTC, le Rodong Sinmun, louant explicitement ce dernier comme un "parti mère"), suivant une métaphore familiale : le parti, avec à sa tête les figures paternelles des dirigeants auxquels il est plus particulièrement rendu hommage en ce jour particulier, dispense ses bienfaits à l'ensemble des citoyens, comme une mère prend soin de ses enfants. Si l'image de la mère patrie est classique dans les récits nationaux des Etats, celle de parti mère est en revanche plus spécifique à la RPD de Corée, et directement associée à la priorité accordée à la construction du socialisme et à l'élévation du niveau de vie - surtout à une période où l'accent est mis sur la volonté de renforcer la coopération pacifique avec les différents peuples du monde.

A propos de la fondation du PTC, à la Télévision Centrale de Corée (acronyme anglais : KCBS)

Dans une dépêche de l'agence KCNA intitulée "Le Parti du travail de Corée, grande mère du peuple de la RPDC" (et non des seuls membres du Parti), publiée le 10 octobre 2018, un long rappel est fait à la campagne de réhabilitation (et plus particulièrement de reforestation) conduite il y a deux ans dans la partie la plus septentrionale de la province de Hamgyong du Nord, qui avait été sévèrement touchée par les inondations. Selon KCNA, la vitesse de la reconstruction (en l'espace de 60 jours) et les moyens mobilisés pour venir à bout de la catastrophe ont témoigné de la réalité pratique du principe du "peuple d'abord" comme guidant les activités du Parti du travail.

La même dépêche élargit ensuite la liste des politiques sociales (logement, éducation, loisirs...) conduites sous la direction du PTC, comme témoignant de l'attention maternelle du Parti pour le peuple de la RPDC :

Grâce aux soins attentifs prodigués par le PTC qui dévoué ses efforts au peuple de manière désintéressée, des rues modernes pour les scientifiques, les enseignants et le peuple travailleur, des orphelinats, des crèches, des écoles primaires et secondaires pour les orphelins, des établissements industriels et les bases des activités culturelles et de loisirs conduisant à l'amélioration du niveau de vie du peuple sont apparus dans les différentes parties du pays.
En conséquence, le peuple de la RPDC loue hautement les soins prodigués par le PTC comme l'amour éternel d'une mère qui prend soin de la destinée et du futur [de ses enfants].

KCNA

Outre l'importance accordée à la jeunesse (renforçant encore la métaphore maternelle), la mention à deux reprises des orphelins est significative : pour celles et ceux qui ont perdu leurs parents, le Parti se substitue aux père et mère biologiques pour subvenir à leurs besoins et à leur éducation.

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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 19:41

Le général Kim Yong-chol, vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée et directeur du département du Front uni (en charge des relations intercoréennes), est parti pour les Etats-Unis pour préparer le sommet de Singapour, prévu le 12 juin, entre les présidents Donald Trump et Kim Jong-un. Ayant fait carrière dans les services de renseignement, le général Kim Yong-chol est l'un des hommes de confiance du Maréchal Kim Jong-un : lors du dernier sommet entre ce dernier et le Président Moon Jae-in le 26 mai 2018, Kim Yong-chol siégeait à droite du Président Kim Jong-un. Autant dire que son avis aura du poids sur la tenue de la première rencontre au sommet américano - nord-coréenne, où son homologue côté américain est le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, également issu des services, qui a déjà rencontré plusieurs fois le dirigeant nord-coréen à Pyongyang.

Kim Yong-chol reçu à Cuba par Raul Castro Ruiz le 24 mai 2018

Kim Yong-chol reçu à Cuba par Raul Castro Ruiz le 24 mai 2018

Comme souvent pour les personnalités nord-coréennes, les informations biographiques proviennent de sources ouvertes du renseignement sud-coréen devant être prises avec prudence, notamment pour les dates de naissance et les débuts de carrière (avant des mentions dans les sources publiques nord-coréennes), car souvent erronées faute en particulier de recoupements suffisants.

Sous ces réserves méthodologiques, Kim Yong-chol serait né en 1946 et aurait servi comme jeune officier de liaison à partir de 1968 auprès de la commission militaire d'armistice, réunissant les anciennes parties à la guerre de Corée dans la zone démilitarisée. 

Son ascension a suivi celle du Général Kim Jong-il, plus âgé que lui de quelques années : le général Kim Yong-chol a conduit des délégations nord-coréennes lors des discussions militaires intercoréennes en 1992 et en 2006-2007, et on le retrouve dans les différents événements intercoréens de la période du "rayon de soleil" (1998-2008) d'amélioration des relations Nord-Sud. Sa nomination comme vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée, en charge du département du Front uni, à l'issue du septième congrès du Parti du travail de Corée s'étant tenu en mai 2016, consacre son rôle dans les relations intercoréennes, à une période où celles-ci étaient au plus bas. Il a conduit la délégation nord-coréenne lors des cérémonies de clôture des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud. 

Certains médias conservateurs ont alors voulu faire croire qu'il aurait orchestré le dramatique naufrage de la corvette "Cheonan" : non seulement son implication supposée ne repose sur aucun élément tangible (comme l'a alors rappelé le gouvernement sud-coréen), mais la responsabilité nord-coréenne est largement battue en brèche et jugée non prouvée dans les milieux du renseignement occidental,  étant ouvertement remise en cause par un ancien membre du groupe d'enquête (le 26 mai 2010), par des chercheurs indépendants d'universités américaines (le 12 juillet 2010), ou encore par des experts de la marine russe (juillet 2010) invités par Séoul à examiner les « preuves » de la culpabilité de la Corée du Nord.

Dotée d'une forte personnalité, le général Kim Yong-chol est décrit par les services sud-coréens comme un homme intègre, intelligent et entièrement dévoué au Président Kim Jong-un : en d'autres termes, un modèle de grand commis de l'Etat en République populaire démocratique de Corée.

Sources : 

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 13:14

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a fait une nouvelle fois le premier pas dans la mise en place d'une réponse diplomatique globale à la crise autour de la péninsule coréenne qui a atteint son paroxysme en 2017 : à la suite d'une réunion du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC) s'étant tenue la veille, les médias nord-coréens ont annoncé la suspension, à compter du 21 avril 2018, des essais nucléaires et des essais de missiles balistiques intercontinentaux, ainsi que le démantèlement du site d'essais nucléaires situé près du village (ri) de Punggye, dans la province du Hamgyong du Nord. Cette décision spectaculaire, prise à moins d'une semaine de la tenue du troisième sommet intercoréen (le 27 avril 2018) et après la visite en Corée du Nord du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, a été unanimement saluée et traduit la fermeté des engagements de Pyongyang à s'engager sur la voie de sa dénucléarisation - pour peu qu'elle obtienne les garanties de sécurité et la levée des sanctions économiques qu'elle est légitimement en droit d'attendre en tant qu'Etat souverain.

La Corée du Nord annonce la suspension de ses essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux : un signal pour une réponse diplomatique globale

Dans le compte rendu de la session du Comité central du PTC, l'agence KCNA a tout d'abord souligné que la suspension des programmes nucléaires et balistiques avait pu être décidée au regard des progrès obtenus en la matière pour la défense nationale du pays : 

Premièrement, nous déclarons solennellement que l'essai nucléaire subcritique, l'essai nucléaire souterrain, ayant rendu les armes nucléaires plus petites et plus légères, et le développement d'une très puissante arme nucléaire et de ses moyens balistiques ont été conduits dans le cadre de la campagne de mise en oeuvre de la ligne du parti de développement simultané sur deux fronts, et c'est ainsi que le travail pour équiper des têtes nucléaires sur des fusées balistiques a été mené de manière fiable.

Deuxièmement, nous allons arrêter les essais nucléaires et les tests de missiles balistiques intercontinentaux à compter du 21 avril de l'an 107 du Juche (2018).

Le site d'essais nucléaires situé au nord de la RPDC sera démantelé pour garantir en toute transparence l'interruption des essais nucléaires.

Ces décisions ont été resituées dans le contexte des efforts faits par la RPD de Corée pour le désarmement mondial, tandis qu'était réaffirmé l'engagement de Pyongyang à ne pas utiliser l'arme nucléaire en premier (ainsi qu'à lutter contre la prolifération nucléaire), sauf si elle faisait elle-même l'objet d'une menace d'attaque nucléaire ou d'une "provocation nucléaire" : 

Troisièmement, l'interruption des essais nucléaires correspond à un processus important pour le désarmement mondial, et la RPDC va rejoindre les efforts et les souhaits internationaux d'un arrêt complet des essais nucléaires.

Quatrièmement, la RPDC n'utilisera pas d'armes nucléaires et ne procédera à des transferts ni d'armes nucléaires, ni de technologies nucléaires, en toute circonstance, sauf en cas de menace nucléaire ou de provocation nucléaire contre elle.

Enfin, il est souligné que la priorité est donnée au développement d'une puissante économie socialiste - ce qui signifie que la dénucléarisation de la RPDC, qui ne pourra être réalisée que par étapes et dans le cadre d'un principe "action contre action", où chaque partie fera simultanément un pas vers l'autre, devra conduire à une levée des sanctions internationales. A cet égard, la balle est désormais dans le camp américain pour concrétiser cette promesse de paix, de désarmement et de prospérité dans la péninsule coréenne.

Source principale : KCNA.

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 12:38

Le 9 avril 2018 le Bureau politique du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC) s'est réuni sous la direction de Kim Jong-un, Président du PTC, Président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Il s'agissait d'une réunion incluant les membres suppléants du Bureau politique, et élargie aux vices-Premiers ministres en tant qu'observateurs. Si la dépêche de l'agence nord-coréenne KCNA rendant compte de cette réunion a tout d'abord mis en avant les aspects budgétaires (avec des rapports sur l'exécution budgétaire et la préparation de la prochaine loi de finances qui sera soumise à l'Assemblée populaire suprême lors de sa traditionnelle session d'avril), le moment majeur de la réunion a été le rapport présenté par le Président Kim Jong-un "sur les récents développements de la situation dans la péninsule coréenne", comme l'a précisé KCNA.

Réunion du bureau politique élargi du Parti du travail de Corée

Alors que le président américain Donald Trump a réaffirmé qu'il envisageait une réunion avec le Président Kim Jong-un "en mai ou début juin", une première réunion opérationnelle Nord-Sud s'est tenue le 5 avril (sur la sécurité, les questions protocolaires et la couverture médiatique) pour préparer le sommet du 27 avril, avant de nouvelles réunions de travail entre les deux parties. Dans ce contexte, le compte rendu par KCNA de la réunion du Bureau politique du PTC du 9 avril 2018 a donné lieu à une mention explicite du sommet du 27 avril, ainsi que de la rencontre à venir avec le président des Etats-Unis, échanges présentés toutefois comme relevant de la "perspective" d'un "dialogue", sans employer à ce stade le terme de "sommet", ni détailler le contenu des discussions :

Lors de la réunion Kim Jong-un a présenté un rapport sur les récents développements de la situation dans la péninsule coréenne.

Dans son rapport, le Dirigeant Suprême a fait référence à la réunion et aux discussions dans le cadre d'un sommet nord-sud devant se tenir à la "Maison de la Paix" dans la partie sud de la zone de Panmunjom le 27 avril. Il a fait une analyse détaillée et soumis à approbation l'orientation sur le développement actuel des relations nord-sud et la perspective d'un dialogue entre la RPDC et les Etats-Unis. Il a clarifié les questions stratégiques et tactiques de la ligne à suivre par la PTC, y compris la future politique de relations internationales et l'orientation correspondante.

Si le troisième sommet intercoréen aura lieu dans la zone démilitarisée, le fait que ce soit dans la partie sud de cette zone est un symbole à relever : pour la première fois un sommet intercoréen ne se tiendra pas au nord de la péninsule.

En ce qui concerne les relations bilatérales avec Washington, l'annonce reste prudente à ce stade : le dialogue avec les Etats-Unis, en cours, est en effet la condition préalable à un sommet, dont il reste encore à déterminer le jour, le lieu et le contenu. Le Président Kim Jong-un n'a pas encore parlé de dénucléarisation de la RPDC, ni des nécessaires contreparties en termes de sécurité qui résulteraient d'un tel choix.

Dans ce contexte, le bureau politique du PTC a pris des décisions de court terme (les questions "tactiques" évoquées dans la dépêche de KCNA), et des décisions "stratégiques", à plus long terme. En cas d'accord, il en résulterait l'ouverture d'un nouveau cycle de détente dans les relations internationales et la politique que conduirait alors le PTC.

La situation présente implique enfin des cadres dirigeants du PTC et aux unités du pays d'être pleinement à la hauteur de la tâche qui leur incombe, notamment pour le renforcement de l'économie nationale, comme l'a souligné le Président Kim Jong-un dans son rapport. Ainsi que l'a précisé KCNA,

Il a alors souligné en détail le travail récent des membres du Bureau politique du Comité central du PTC et mis en exergue le besoin pour eux de prendre pleinement leurs responsabilités à la hauteur de leur rôle comme membres dirigeants de la révolution.

Il a appelé tous les secteurs et toutes les unités de l'Etat à brandir constamment la bannière révolutionnaire de l'autodétermination et à accomplir avec succès les tâches pour cette année, la troisième dans la mise en oeuvre de la stratégie quinquennale pour le développement économique de la nation, en mobilisant pleinement les forces technologiques et le potentiel économique, afin d'accomplir une avancée décisive dans la revitalisation globale de l'économie.

Source : KCNA.

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