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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 13:07

Le 30 janvier 2017, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) ont coorganisé une conférence à Grenoble, sur le thème "Mouvement social en Corée du Sud, agressions impérialistes contre la Corée du Nord". Nous publions ci-après un compte rendu de cette conférence et deux vidéos présentant les interventions des conférenciers, publiées sur le compte Youtube du PRCF.

Présentation par Jin Yong-ha, responsable du Comité des Travailleurs du Parti Démocratique et Populaire (Corée du Sud)

1-Contexte historique

La situation en Corée est très mal connue en France. Pour connaître la situation en Corée, il faut connaître son histoire. La Corée est un petit pays entouré de grandes puissances qui a dû sans cesse lutter pour conserver son indépendance. La politique isolationniste poursuivie jusqu'en 1910 a empêché l'industrialisation du pays et l'a rendu vulnérable à l'invasion japonaise.
L'occupation japonaise se poursuivit de 1910 à 1945 avec pour objectif l'anéantissement de la culture coréenne et de sa langue. Lorsque les Américains occupèrent ensuite le sud de la péninsule, ils donnèrent à la Corée du Sud une apparence d'indépendance tout en mettant à la tête de l'Etat sud-coréen les anciens dirigeants de la collaboration avec les Japonais.
Cela conduisit à une révolte très forte des Coréens du sud et à la formation du Comité national des travailleurs de Corée. Ce syndicat appela à la grève générale puis fut dissout par l'Etat sud-coréen pour être remplacé par des syndicats jaunes.
Une dictature militaire perdura des années 1960 jusqu'à la fin des années 1980.

Un événement important fut l'immolation par le feu du jeune travailleur Jon Tae-Il en 1970 qui marqua le mouvement de résistance à  la dictature. En juillet-septembre 1987, une série de grèves eut pour revendication la création d'un syndicat démocratique. Celle-ci fut effective avec la création de la Confédération Générale des Syndicats (KCTU) en 1995.
De ce syndicat naquit le Parti Progressiste unifié en 2000. Il y a en Corée moins de distance entre parti et syndicat démocratique qu'en France.

2-Actualité

Le mandat du président sud-coréen  est de 5 ans. La présidence actuelle Park Geun-hye est la prolongation de la présidence réactionnaire précédente avec Lee Myung-bak.
La présidence de Lee Myung-bak fut entachée entre autres par le lancement du projet d'aménagement des quatre fleuves à  la fois inutile et dangereux pour l'environnement. 2009 fut une année d'importantes répressions contre les travailleurs avec l'interdiction du syndicat des fonctionnaires alors que le droit de se syndiquer est reconnu par la Constitution sud-coréenne.
La présidence Park Geun-hye a commencé en décembre 2012 suite à des fraudes électorales massives.
En décembre 2014, le Parti progressiste unifié fut interdit suite à l'affirmation mensongère selon laquelle il aurait préparé un coup d'Etat avec le soutien de la Corée du Nord. Ceci montre le caractère fascisant de la présidence Park Geun-hye. Il y eut également le scandale du naufrage du Sewol avec 300 enfants morts en avril 2014, scandale qui ne fut jamais éclairci. Des mesures de répression furent prises contre les parents des victimes et les militants pour la vérité sur le naufrage, avec des arrestations et gardes à  vue arbitraires de plusieurs jours.
En 2013, le siège de la KCTU fut perquisitionné et son dirigeant arrêté et condamné à  7 ans de prison ferme. L'Organisation internationale du travail émit des protestations. Les demandes de création de syndicats de fonctionnaires furent rejetées et le syndicat des enseignants interdit.
Il faut savoir que la Corée du Sud a 10 millions de travailleurs précaires et trois millions de chômeurs pour 50 millions d'habitant et n'a pas de système complet de sécurité sociale. Participer aux luttes sociales et syndicales en Corée du Sud mène très souvent en prison.
La répression est particulièrement forte dans les grandes entreprises comme Samsung et Hyundai, dont le poids économique est écrasant. A Hyundai, il y a deux fois pus de travailleurs précaires que de travailleurs permanents.
A Samsung, les syndicats sont interdits. Il y a eu récemment une tournée européenne des syndicalistes (illégaux) de Samsung. Un problème grave est notamment l'exposition des travailleurs à  des substances toxiques qui ont causé au moins 80 leucémies mortelles.
A cela s'ajoutent d'autres problèmes comme ceux de la dette étudiante.
En conclusion, la résistance est forte au sein du peuple de Corée du Sud, et porteuse d'espoir pour l'avenir.

Présentation sur la Corée du Nord et l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) par Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération

La Corée du Nord est l'objet de tous les fantasmes. Toute personne portant un autre regard que celui des médias dominants sur la Corée du Nord sera facilement qualifiée de "suppôt du régime". L'image négative la Corée du Nord en Occident est largement fabriquée par les services secrets sud-coréens et américains, alors que les Etats-Unis stationnent près de 30 000 soldats dans la péninsule coréenne. Ceci s'explique notamment par son système économique capitaliste, sa position géostratégique entourée de grandes puissances et ses capacités technologiques puisque la Corée du Nord est un des quelque 10 pays au monde capables de lancer un satellite dans l'espace.

Les Nord-Coréens ne prétendent pas être un modèle. La culture politique locale est très marquée par le confucianisme. Il s'agit d'une adaptation locale des démocraties populaires.

L'Association d'amitié franco-coréenne considère le dialogue avec la Corée du Nord nécessaire comme avec tout pays différent du nôtre. Dès sa fondation en 1969, l'AAFC ne comporta pas que des communistes mais aussi des socialistes, des gaullistes de gauche ou encore des chrétiens progressistes.

Le destin des deux Corée est lié malgré la division. Comme l'a montré la succession d'une phase de démocratisation de la Corée du Sud en 1998-2008 et de dialogue avec le Nord, suivie d'une phase autoritaire et de fermeture du dialogue avec la Corée du Nord, le combat social en Corée du Sud et le combat pour la paix et la réunification en Corée sont liés.

L'AAFC n'a pas pour but défendre en bloc un gouvernement qui ne prétend pas exporter son modèle, mais de donner des clés pour mieux comprendre la situation en Corée. La situation française est particulière puisqu'il s'agit du seul pays européen avec l'Estonie qui n'a pas établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée. L'AAFC ne s'intéresse pas seulement au Nord mais aussi au Sud de la péninsule, d'où sa contribution à la fondation du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud.

La question est souvent posée de savoir si la Corée du Nord est un pays socialiste. Le socialisme est un concept qui prend dans la réalité des formes diverses. On retrouve en Corée du Nord les caractéristiques essentielles du socialisme développé dans les démocraties populaires, avec notamment la propriété collective des grands moyens de productions, le système de santé et d'éducation gratuits, les logements à  prix modiques. Cependant, la Corée du Nord ne se reconnaît plus dans le marxisme-léninisme mais dans une idéologie qui lui est propre, les idées du Juche

La Corée du Nord a été fondée par des résistants à l'occupation japonaise, et la menace impérialiste permanente l'a amenée à maintenir une certaine opacité des mécanismes décisionnels au sommet de l'exécutif comme il est d'usage dans tous les réseaux de résistance. On notera cependant que le pouvoir à la base est exercé par les cellules du Parti du travail de Corée, qui fait remonter ses décisions, informations et opinions en haut de la pyramide.

Lors des années 1990, la Corée du Nord a perdu subitement la plupart de ses partenariats commerciaux. De plus la perte d'accès au pétrole soviétique à des conditions préférentielles cumulé avec de graves inondations ont considérablement mis à mal l'agriculture nord-coréenne jusqu'alors assez fortement mécanisée. Cette situation a conduit à un certain nombre de réformes marquées par la légalisation et la généralisation des marchés de surplus agricoles, la monétarisation de l'économie et une autonomisation de gestion des entreprises.

Le programme nucléaire nord-coréen prend son origine dans son manque de confiance dans ses alliés qui s'avèrera ensuite justifié dans les années 1990. Les dirigeants nord-coréens furent d'avis que seule la dissuasion nucléaire pouvait protéger leur pays d'une invasion des Etats-Unis, et furent confortés dans cette opinion par l'invasion de l'Irak, de l'Afghanistan, de la Libye... La Corée du Nord se voit ainsi, non sans raisons, comme un Etat guérilla en permanence menacé.

 

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 13:12

Lors d'une conférence de presse organisée le 1er février 2017, Ban Ki-moon, ancien secrétaire général des Nations unies, a annoncé qu'il renonçait à se présenter à l'élection présidentielle qui devrait être organisée à la fin du premier semestre 2017 (si la Cour constitutionnelle confirme le vote de destitution de la Présidente Park geun-hye, auquel cas une élection aurait lieu dans les 60 jours - alors que le président sortant de la Cour constitutionnelle, Park Han-chul, a exhorté ses collègues à rendre une décision d'ici le 13 mars) ou en décembre 2017 - si la Cour constitutionnelle invalide le vote de destitution de Park Geun-hye. 

Ban Ki-moon, lors de sa conférence de presse à l'Assemblée nationale

Ban Ki-moon, lors de sa conférence de presse à l'Assemblée nationale

L'anguille, comme avait été surnommé Ban Ki-moon pour sa capacité à être de toutes les majorités politiques successivement au pouvoir à Séoul (il était devenu secrétaire général des Nations unies grâce aux démocrates, avant d'avoir aujourd'hui le soutien des conservateurs sud-coréens), a finalement renoncé à se présenter, dénonçant ceux qui l'ont attaqué et déplorant que les conditions ne soient pas réunies pour réaliser un consensus national.

La vérité est plus prosaïque : Ban Ki-moon espérait rallier, grâce à son positionnement ambigu, non seulement les différentes factions conservatrices (le parti au pouvoir s'étant scindé en deux entre partisans et adversaires de Mme Park Geun-hye), mais aussi un certain nombre de centristes, voire de démocrates d'opposition, qui auraient opportunément rallié le favori. Mais le discours de ce pseudo-candidat "indépendant" était bien celui d'un candidat de droite classique, qui a par ailleurs multiplié les maladresses et été embourbé dans des scandales, comme l'a rappelé en termes mesurés l'agence de presse officielle sud-coréenne Yonhap :

Selon un magazine local, Ban aurait reçu environ 230.000 dollars de Park Yeon-cha, un homme d'affaires, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères dans les années 2000. L'intéressé a menacé de poursuivre le magazine en justice. Par ailleurs, son frère et son neveu ont récemment été impliqués dans une affaire de corruption. Ban s'est dit «sidéré» par la nouvelle et a assuré qu'il n'était pas au courant des faits.

Dans ce contexte, Ban Ki-moon était tombé à moins de 20 % dans les intentions de vote, loin derrière le principal candidat démocrate Moon Jae-in, crédité de près de 30 %, adversaire malheureux de Park Geun-hye à l'élection présidentielle de 2012. Si l'on ajoute qu'un des prétendants sérieux à l'investiture démocrate, le maire de Séoul Park Won-soo, a aussi renoncé à se présenter, et que le leader du deuxième parti de sensibilité démocrate (le Parti du peuple), Ahn Cheol-soo, piétine à moins de 10 % dans les sondages, le scénario s'éloignait d'une possible victoire de Ban Ki-moon comme unique candidat de la droite et du centre, face à une opposition démocrate morcelée et divisée - alors que la Corée du Sud utilise le mode de scrutin uninominal à un tour, en vigueur aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, qui permet d'être élu par une minorité de votants.

Désormais, le candidat qui sortira vainqueur de l'élection primaire des démocrates fera un pas supplémentaire vers la victoire à l'élection nationale. Si Moon Jae-in est plus que jamais favori, il trouvera notamment sur sa route le populaire maire de Seongnam, Lee Jae-myung, qui a officialisé sa candidature le 23 janvier dans une usine de montres où il a travaillé pendant sa jeunesse, sur une ligne plus marquée à gauche et mettant l'accent sur la lutte contre la corruption, comme l'a souligné Yonhap :

Sous le slogan «une société juste», Lee propose une législation pour la restitution des biens acquis d’une façon illicite, l’accroissement des impôts sur les sociétés, l’extension des emplois et de la couverture sociale, la hausse des revenus des ménages ainsi que la croissance et le cycle vertueux de l’économie. Lee a également déclaré qu’il souhaite devenir «le président le plus incorruptible», «un président dévoué aux classes démunies». Ses promesses électorales incluent une allocation pour la garantie d’un revenu minimum d’un million de wons (environ 800 euros) par mois dont le nombre de bénéficiaires s’élèverait à 2,8 millions d’habitants âgés de moins de 29 ans et de plus de 65 ans.

Les derniers sondages, qui mettent en compétition plusieurs candidats appartenant à la même sensibilité politique (et donc susceptibles de se retirer en cas de vainqueur de l'un d'entre eux à l'élection primaire), donnent un peu plus de 10 % des intentions de vote à Lee Jae-myung. Mais les rebondissements peuvent encore être nombreux d'ici un scrutin dont la date même reste inconnue...

Sources :

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 18:26

Le 1er janvier 2017, Chung Yoo-ra a été arrêtée à Aalborg au Danemark, ne disposant pas d'un titre de séjour valide. La fille de Choi Soon-sil devait être extradée vers la Corée du Sud, après avoir fait l'objet d'un signalement sur Interpol : son témoignage devrait permettre de mieux comprendre le système de corruption des conglomérats (et notamment de Samsung) mis en place par la gourou de la Présidente Park Geun-hye.

Chung Yoo-ra, la fille de Choi Soon-sil, arrêtée au Danemark

Médaillée d'or par équipe en équitation, à l'épreuve de dressage, aux Jeux asiatiques d'Incheon en 2014, Chung Yoo-ra (20 ans) visait l'or aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Mais les malversations de sa mère ont mis un coup d'arrêt à sa carrière : alors que les notes d'entrée de Chung Yoo-ra à l'Université Ehwa ont été truquées, la jeune femme aurait aussi bénéficié de largesses du groupe Samsung (pour un montant de 2,8 millions d'euros) dans sa préparation olympique en Allemagne. Elle sera également entendue sur l'achat de biens immobiliers qu'elle a effectué outre-Rhin.

Au final, ce sont 16 millions d'euros qu'aurait versés le groupe Samsung aux fondations sportives et culturelles créées par Choi Soon-sil, soit le plus important donateur parmi les conglomérats ayant versé leur obole aux lucratives activités de Mme Park. Ces versements pourraient ne pas avoir été désintéressés, comme la justice sud-coréenne cherche actuellement à le vérifier : quelques mois plus tôt, une fusion avait été opérée entre deux branches de Samsung, Cheil Industries et Samsung C and T, pour un montant de 7,6 milliards d'euros, grâce aux actions détenues par le
fonds de pension National Pension Service (NPS), troisième plus important fonds de pension au monde, dont le président Moon Hyung-pyo a été arrêté fin décembre. Ministre de la Santé au moment de la fusion, Moon Hyung-pyo est mis en cause pour abus de pouvoir, après avoir reconnu avoir effectué des pressions sur le fonds de pension pour qu'il approuve la fusion.

Cette fusion entre les deux branches du groupe Samsung était déterminante pour renforcer la position au sein du groupe du vice-président du conglomérat, Lee Jae-yong, héritier de Samsung, soutien inconditionnel des conservateurs au pouvoir à Séoul, et par ailleurs mis en cause pour ses pratiques antisyndicales et ses atteintes aux droits des travailleurs (en particulier, des centaines de cas de leucémies mortelles que Samsung refuse encore de reconnaître, pour la plupart, comme maladies professionnelles).

Collusion entre le pouvoir politique et les conglomérats financiers, enrichissement personnel, manipulation des hommes et des femmes politiques (au premier chef la Présidente Park Geun-hye, dont les avocats continuent d'adopter la ligne de défense du déni, sous l'influence de sa gourou Choi Soon-sil) : si la justice doit encore démêler les fils de ce qui pourrait devenir le plus retentissant scandale politico-financier de l'après-dictature en Corée du Sud, les ingrédients de ce mauvais feuilleton n'ont malheureusement rien de nouveau. Et c'est ce système corrompu et inégalitaire, soutenu grâce à la bienveillance des gouvernements occidentaux (avec un zèle tout particulier du Président François Hollande), dont ne veulent plus entendre parler les Sud-Coréens, qui ont manifesté par millions pour le départ immédiat de Mme Park Geun-hye.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 17:25

Dans le système politique sud-coréen, le Président sortant ne peut pas être immédiatement candidat à sa réélection. Alors que le mandat de la Présidente élue en 2012, Mme Park Geun-hye, devait normalement venir à échéance en février 2018 après une élection en décembre 2017, le vote de sa destitution par le Parlement devrait accélérer le calendrier électoral - dans l'attente toutefois de la confirmation par la Cour constitutionnelle de la procédure de destitution, ou d'une démission de la chef de l'Etat en titre. En tout état de cause, les événements politiques des derniers mois, marqués par des manifestations de masse contre la Présidente Park, ont fortement modifié le contexte politique. L'AAFC présente les principaux prétendants possibles, à ce jour, à la magistrature suprême.

Quel(le) prochain(e) Président(e) pour la Corée du Sud ?

L'opposition démocrate a tiré le principal bénéfice des manifestations anti-Park Geun hye, et en premier lieu Moon Jae-in, qui appartient au principal parti d'opposition (Parti Minjoo), première formation politique au Parlement. Candidat malheureux contre Mme Park Geun-hye à l'élection présidentielle de 2012 (en ayant obtenu 48,02 % des voix contre 51,55 % à sa rivale), il a remis en cause les choix les plus contestés de l'actuelle administration conservatrice au pouvoir à Séoul - de la politique de tensions délibérée avec la Corée du Nord, en passant par l'accord nippo - sud-coréen sur les "femmes de réconfort" et au déploiement dans la péninsule du dispositif de missiles américain THAAD, dont il exige qu'il soit différé.

Pour être élu encore Moon Jae-in doit-il rassembler son propre camp, alors que le système électoral à un tour est taillé sur mesure pour favoriser le camp conservateur, qui se réunit plus facilement derrière un seul candidat, comme en 1987 où l'opposition démocrate a été battue après avoir réuni plus de 55 % des suffrages. A cet égard, si Moon Jae-in est crédité de 22,8 % des voix par l'institut de sondages indépendant Real Meter, le créneau du centre-gauche est également occupé par Ahn Cheol-soo (7,4 %), principale figure du second parti d'opposition en nombre de voix, le Parti du peuple, qui avait renoncé à concourir en 2012 en se ralliant (tardivement) à Moon Jae-in après avoir été un temps le favori des sondages, et surtout Lee Jae-myung (10,9 %) : le populaire maire de Seongnam est un électron libre de l'opposition démocrate, comparé à Bernie Sanders ou à Donald Trump pour sa critique des élites (il a d'ailleurs déclaré qu'il serait prêt à travailler avec Donald Trump), qui a été au premier rang des manifestations anti-Park Geun-hye et exige que la lutte contre la corruption remette en cause les pouvoirs acquis par les conglomérats - les chaebols - depuis des décennies et surtout que les conservateurs au pouvoir soient poursuivis. Partisan d'un dialogue avec la Corée du Nord, dans le cadre duquel il s'est dit prêt à rencontrer le Président Kim Jong-un, Lee Jae-myung a aussi mis en place d'importantes politiques sociales à Seongnam - et a engagé une grève de la faim dans le cadre d'un bras-de-fer financier avec le pouvoir central menaçant la pérennité de ses politiques locales. Les autres figures du camp démocrate, notamment le maire de Séoul Park Won-soon, n'atteignent pas 5 % dans les sondages. Pour sa part, la gauche - représentée au Parlement par le Parti de la justice (social-démocrate) - obtient traditionnellement des scores inférieurs à 4% lors de l'élection présidentielle.

Face aux démocrates, les conservateurs se sont divisés lors des manifestations contre Mme Park Geun-hye : la moitié des députés du parti Saenuri (au pouvoir) ont voté la destitution de la Présidente Park. Vingt-neuf députés de la fraction anti-Park du parti Saenuri ont d'ores et déjà fondé une nouvelle formation politique, le Nouveau parti conservateur réformiste. Dans les simulations électorales en cas d'élections législatives, le Nouveau parti conservateur réformiste est crédité d'un score supérieur (17,4 %) au parti Saenuri (15,8 %).

L'absence de figure prééminente au sein du camp conservateur a conduit à ce qu'un "indépendant" (membre en tout cas d'aucun parti), le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, dont le mandat prendra fin le 31 décembre 2016, devienne de fait le candidat des électeurs conservateurs : Real Meter le crédite de 24,5 % des intentions de vote. Ancien ministre des Affaires étrangères d'un Président démocrate, Ban Ki-moon est surnommé "l'anguille" pour sa capacité à changer de bord politique. Conscient qu'être le candidat des conservateurs (mais tous le rallieront-ils ?) le desservirait, il cherche toutefois à élargir son assise politique en ralliant des démocrates opportunistes. Un récent scandale de corruption l'a affaibli, sans abattre sa candidature attendue.

A moins d'un an de l'échéance, alors que traditionnellement les candidats à l'élection présidentielle sont désignés dans le cadre d'élections primaires, le jeu politique, bien que penchant en faveur des démocrates, reste ouvert.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 21:02

Du 2 au 18 décembre 2016, des ouvriers sud-coréens du groupe Samsung et des membres de leurs familles ont visité l'Europe (France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Suisse) pour dénoncer les conditions de travail au sein du conglomérat. Le 14 décembre 2016, ils ont donné une conférence à Grenoble, à l'initiative du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) et de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), avec le soutien du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) et du Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC) qui remercient chaleureusement les organisateurs de cette rencontre - la CGT Métallurgie Isère, l'Union Locale CGT Grenoble, les salariés Ecopla et Fakir - pour l'audience importante de cette conférence suite à l'invitation qu'ils ont donnée aux travailleurs de Samsung. Nous publierons ci-après le compte rendu de cette conférence, qui reprend en partie un article déjà publié sur le site du CILD.
 

Grand succès de la conférence du Syndicat Général de Samsung à Grenoble
Le 14 décembre 2016, les syndicalistes sud-coréens du Syndicat Général de Samsung en tournée en Europe sont passés par Grenoble pour y donner une conférence.

Grâce à l'appui de la CGT métallurgie Isère, ils ont pu s'exprimer juste avant la réunion "Alu Debout" organisée en coopération avec Fakir en soutien aux salariés d'Ecopla. Ceci a permis de faire connaître leur combat auprès de plusieurs centaines de personnes. Ce fut également l'occasion d'établir des contacts avec des syndicalistes du bassin grenoblois, qui abrite une importante industrie de la microélectronique.

Les syndicalistes ont d'abord commencé par entonner leur chant de combat pendant la manifestation puis chacun d'entre eux a exprimé son vécu et la situation générale des travailleurs de Samsung et des sous-traitants de Samsung.

Ils ont rappelé que Samsung représente un quart du PIB de la Corée du Sud. Cette situation particulièrement aiguë de concentration capitalistique donne aux propriétaires de Samsung une influence démesurée dans la politique de la Corée du Sud, ainsi surnommée "République de Samsung". Ils usent de leur influence pour une politique antisalariée particulièrement féroce: interdiction du Syndicat Général de Samsung, seul syndicat réellement combatif, salaires bas, conditions de travail malsaines, conditions dures envers les sous-traitants. Il est important que les conditions de travail à Samsung soient enfin connues à l'étranger pour mettre fin à ces faits inacceptables.

Kim Sung-hwan est intervenu en tant que Président du Syndicat général des travailleurs de Samsung, syndicat illégal. Alors qu’il travaillait auprès d’un sous-traitant de Samsung, Kim Sung-hwan a créé en 1996 un syndicat indépendant, ce qui a entraîné la rupture de son contrat de travail puis une condamnation à trois ans de prison, de 2005 à 2007, suite à une plainte pour diffamation déposée par la firme. Depuis octobre 2012, Kim et ses camarades manifestent tous les mercredi devant le siège de Samsung pour exiger le respect du droit constitutionnel de s’organiser en syndicat et, plus généralement, la défense des droits des travailleurs.

Jung Ae-jung a perdu son mari à l'âge de 31 ans suite à une exposition à des produits toxiques dans le cadre de son travail qui a entraîné une leucémie. Elle a également fait une fausse couche à cause de son travail.

Kim Ji-sook avait commencé à travailler pour le compte de Samsung avec sa sœur en installant un poste de fabrication à domicile. Il s'agissait pour elle de payer les soins à sa mère malade, sachant qu'il n'existe pas de couverture sociale généralisée en Corée du Sud. Malheureusement, l'exposition à des produits toxiques avec du nickel l'a rendue malade, atteinte de leucémie, ainsi que sa sœur. Si elle a pu survivre à sa leucémie, ce n'est pas le cas de sa sœur, qui en est morte, suivie peu après par sa mère tuée par le chagrin. Lorsqu'elle protesta devant l'entreprise, elle fut frappée et blessée par le personnel de sécurité.

Au total, 223 salariés ou anciens salariés du groupe sont atteints de leucémie, et 76 d’entre eux en sont morts. Pourtant, le groupe Samsung s’obstine à reconnaître le moins possible de leucémies comme des maladies professionnelles dont il est responsable. Le profit ne connaît pas la morale mais uniquement le rapport de force.

Choi Sung-chul était un ancien patron de PME sous-traitante de Samsung et avait trois usines, deux en Corée du Sud et une en Chine. Samsung donne des sommes importantes aux partis politiques et à leurs membres. Choi Sung-chul obéissait ainsi aux requêtes impérieuses du groupe Samsung en faisant des dons hors de tout lien contractuel. Cependant, les exigences devenant de plus en plus intolérables, il refusa un jour de donner. Cela conduisit Samsung à mettre fin à tous ses contrats et à mettre son entreprise en faillite : il a tout perdu. Cet exemple montre le haut niveau de concentration du capital en Corée du Sud, qui conduit à l'affaiblissement des PME au profit des monopoles, en particulier de Samsung.

Pour faire taire ses opposants, Samsung lance des procès, achète le silence des médias sud-coréens, met sur écoute et organise des filatures. C’est contre ce système politique et économique corrompu, dont Samsung est le symbole le plus flamboyant, que des millions de Coréens se sont soulevés ces dernières semaines, jusqu’à obtenir le vote par le Parlement d’une motion de destitution de la Présidente Park Geun-hye. Mais ce n’est qu’un début, pour l’avènement d’une réelle démocratie politique et sociale en République de Corée, et qui exige plus que jamais la solidarité internationale avec les militants politiques et syndicaux en lutte.

Nous pouvons nous aussi en France aider les Coréens dans leur lutte en faisant connaître le plus largement possible les pratiques intolérables du groupe Samsung.


Regarder toutes les photos du voyage en Europe sur le site Internet du Syndicat général du groupe Samsung (cliquer sur le jour correspondant)
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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne Social Activités AAFC
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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 19:03

Après le vote par le Parlement de la motion de destitution de la Présidente Park Geun-hye le 9 décembre 2016, les manifestations géantes qui se succèdent en République de Corée (Corée du Sud) depuis plus d'un mois ont pris une autre tournure : la célébration de la première victoire que représente le vote du Parlement, qui aurait été clairement inenvisageable il y a deux mois sans la mobilisation populaire. Or, précisément, le risque existe que rien ne change en Corée : que les conglomérats continuent de déterminer la vie de la nation, que des drames comme celui du naufrage du ferry Sewol continuent de se produire (un thème très présent dans l'expression des manifestants, souvent très jeunes), que les atteintes de plus en plus nombreuses aux libertés politiques et syndicales ne prennent pas fin... C'est pour toutes ces raisons que la mobilisation s'est poursuivie, non seulement à Séoul et dans les autres villes coréennes et dans le monde, à l'initiative des Sud-Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure - avec évidemment des chiffres de mobilisation moins importants. Nous revenons ci-après en images sur la manifestation du 10 décembre 2016 à Paris, qui a réuni 150 participants, en remerciant Dominique de Miscault pour avoir permis ce reportage photo.

Un parfum de victoire
Un parfum de victoire
Un parfum de victoire
Un parfum de victoire
Un parfum de victoire
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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne Relations France-Corée
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 13:33

Le vendredi 9 décembre 2016, l'Assemblée nationale de la République de Corée (Corée du Sud) a adopté à une très large majorité la motion de destitution de la Présidente Park Geun-hye (234 voix "pour", "56 contre", 2 abstentions et 7 votes invalides, sur 299 parlementaires présents au sein d'une assemblée qui compte 300 membres, alors que la majorité qualifiée pour l'adoption de cette motion était fixée à 200 voix). Dans l'attente du détail des votes, il s'avère que la moitié des parlementaires du parti majoritaire ont voté en faveur de la motion de destitution déposée par l'ensemble des formations d'opposition.

Les Coréens qui manifestent par millions depuis des semaines pour le départ de la Présidente Park Geun-hye ont laissé éclater leur joie.

Les Coréens qui manifestent par millions depuis des semaines pour le départ de la Présidente Park Geun-hye ont laissé éclater leur joie.

Des scènes de liesse ont éclaté à Séoul à l'annonce du vote du Parlement en faveur de la destitution de la Présidente Park Geun-hye, corrompue et autoritaire.

Dans l'immédiat, la direction de l'exécutif sera assurée par le Premier ministre Hwang Kyo-ahn, notamment en ce qui concerne la politique étrangère et la direction des affaires militaires.

La Cour constitutionnelle dispose d'un délai maximal de 6 mois pour se prononcer sur la motion de destitution. Sa composition - ses membres ont été nommés par des présidents conservateurs - fait planer un doute quant à sa décision finale.

D'ores et déjà, des voix se sont élevés au sein des partis d'opposition pour remettre en cause certaines des décisions récentes de l'exécutif parmi les plus controversées - notamment l'accord de décembre 2015 avec le Japon sur les "femmes de réconfort", anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise, ainsi qu'en ce qui concerne les nouveaux manuels d'histoire révisionnistes. L'opposition souhaite également que les juges constitutionnels n'attendent pas l'expiration du délai de six mois pour rendre leur décision. En tout état de cause, quelle que soit la décision de la Cour constitutionnelle, une démission de la chef de l'Etat accélèrerait le dénouement de la crise politique, mais la Présidente Park Geun-hye n'a manifesté aucune intention explicite en ce sens.

En cas de départ ou de destitution du chef de l'Etat, une élection présidentielle anticipée doit être organisée dans un délai de 60 jours.

 

Le Président de l'Assemblée nationale Chung Sye-kyun dépose la motion de destitution après son adoption par le Parlement.

Le Président de l'Assemblée nationale Chung Sye-kyun dépose la motion de destitution après son adoption par le Parlement.

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 15:18

La motion de destitution contre la Présidente Park Geun-hye, engluée dans  l'affaire Choi Soon-sil, a été déposée le 8 décembre 2016 par les députés d'opposition, en vue d'un vote dès le 9 décembre. Les parlementaires ont avancé trois motifs à l'appui de leur procédure : abus de pouvoir, trafic d'influence et corruption. Le vote final dépendra de l'attitude des députés au pouvoir (notamment ceux de la faction opposée à la chef de l'Etat), alors que les Sud-Coréens manifestent massivement depuis des semaines pour exiger le départ de la Présidente Park, qui tente de gagner du temps en ayant appelé à un consensus au sein du Parlement sur les conditions de son départ du pouvoir.

La procédure de destitution de Park Geun-hye a commencé

Il faut une majorité qualifiée des deux tiers des députés (soit 200 sur 300) pour que la motion de destitution soit adoptée. Ce seuil est atteignable mais pas acquis, alors que le Parlement compte 172 députés d'opposition et  non-inscrits et que ceux-ci pourraient être rejoints par une trentaine de députés de la majorité opposés à la chef de l'Etat.

En cas de vote de la motion, la Cour constitutionnelle devra se prononcer dans un délai maximum de six mois, à une majorité des deux tiers - beaucoup d'observateurs s'interrogeant sur les conséquences de la composition très largement conservatrice de cette instance quant à la décision finale qu'elle pourrait prendre. Par ailleurs, l'échéance de l'élection présidentielle (normalement prévue en décembre 2017, pour une entrée en fonctions du président élu en février 2018) se rapprochera fortement, permettant en tout état cause à la Présidente de continuer à jouer la montre : le parti Saenuri au pouvoir ne propose-t-il pas qu'elle démissionne en avril, pour une élection présidentielle en juin ? Mme Park continue par ailleurs d'agiter l'épouvantail nord-coréen pour justifier la nécessité de procéder de manière ordonnée à une transition du pouvoir.

Si la motion est adoptée, Mme Park Geun-hye restera chef de l'Etat en titre, mais les fonctions de chef de l'exécutif seront transférés au Premier ministre.

En cas de non-adoption de la procédure de destitution, demandée à une écrasante majorité par l'opinion publique, la crise politique devrait encore s'approfondir, la colère de la rue pouvant alors conduire à une autre étape : la demande de dissolution par les manifestants du parti Saenuri lui-même. Les députés d'opposition ont alors envisagé de démissionner du Parlement.

Pour l'Association d'amitié franco-coréenne, il est plus que temps que Mme Park Geun-hye prenne la décision qui s'impose, en quittant un pouvoir qui lui échappe et dont elle a abusé en conduisant le pays sur une pente autoritaire dangereuse, et qu'elle réponde de ses actes devant la justice, comme tout citoyen. Ensuite, une nouvelle page pourra enfin s'écrire pour les libertés publiques et la démocratie en République de Corée.

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 16:19

Les manifestations sont ininterrompues en Corée du Sud, pour la sixième semaine d'affilée, afin d'obtenir le départ de la Présidente Park Geun-hye. Elles ont atteint un nouveau record : alors qu'ils étaient près de 2 millions à battre le pavé une semaine plus tôt le 26 novembre 2016 (1,8 à 1,9 million selon les organisateurs), ils ont été 2,32 millions le 3 décembre (1,7 million à Séoul, 620 000 dans les autres villes coréennes), toujours selon les organisateurs. Alors que le Parlement doit se prononcer la semaine prochaine sur une motion de destitution de la Présidente Park, rien ne sera jamais plus comme avant, car le peuple s'est exprimé, et qui quiconque ignore la volonté populaire s'expose à subir le contre-coup de la colère de millions de citoyens.

2,3 millions !

Acculée face aux révélations autour de sa gourou Choi Soon-sil, Mme Park Geun-hye a cru trouver la parade, en annonçant remettre son destin entre les mains du Parlement. Les députés de son parti (Saenuri, conservateur) ont alors formulé la proposition d'une démission en avril, qui entraînerait alors une élection présidentielle anticipée en juin.

Une façon de gagner du temps - et d'assurer la possibilité pour les conservateurs de sauver les meubles lors de l'élection présidentielle, ainsi que d'assurer l'avenir juridique de la chef de l'Etat, accusée par le Parquet de complicité dans des activités criminelles - qui n'a pas du tout satisfait les manifestants, toujours plus nombreux, et qui demandent, eux, son départ immédiat.

Quelques heures plus tôt, les trois partis d'opposition représentés au Parlement, et les députés indépendants (soit 171 parlementaires sur 300, auquel il faut ajouter le Président du Parlement), ont déposé une motion de destitution, qui doit être débattue à partir du 8 décembre. Pour être adoptée, la motion doit recueillir le soutien de deux tiers des députés (soit 200 sur 300), avant d'être soumise au Conseil constitutionnel, un organe éminemment politique dominé par les conservateurs, qui avait entériné la mascarade juridique ayant conduit à la dissolution de la principale formation de gauche, le Parti progressiste unifié, en décembre 2014. Une dissolution alors inspirée par la gourou de la chef de l'Etat Choi Soon-sil... l'histoire est sur le point de juger ceux qui, à Séoul, sont à l'origine des violations les plus massives des libertés publiques et des droits de l'homme en Corée du Sud depuis trois décennies.

2,3 millions !

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 20:12

Dans sa troisième allocution télévisée depuis l'éclatement du scandale Choi Soon-sil, la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye a déclaré le 29 novembre 2016 qu'elle remettait son mandat entre les mains du Parlement... sans préciser la procédure ni le calendrier de son départ. Alors qu'un nombre record de manifestants a exigé le 26 novembre 2016 son départ immédiat du pouvoir, tout semble indiquer que la chef de l'Etat, aux abois, cherche à gagner du temps... et peut-être également à ne pas passer par la case prison.

Park Geun-hye dit vouloir quitter le pouvoir... mais sans dire quand ni comment

Que la Présidente Park accepte l'idée de quitter ses fonctions est déjà en soi une victoire pour les millions de Coréens qui manifestent depuis des semaines pour qu'elle démissionne ou, pour le moins, soit destituée par un vote du Parlement (à la majorité des deux tiers), elle-même ayant désormais pris acte de la nécessité publique de son départ en déclarant publiquement :

Si les partis politiques proposent des moyens qui permettent de léguer le pouvoir d’une façon stable et de minimiser le vide (de pouvoir) et les conflits dans la gouvernance du pays, je vais me retirer de mon poste de chef d’Etat suivant le planning proposé et la loi (...) Je me décharge maintenant de tout et je souhaite simplement que le pays reprenne son orbite tout en échappant au désordre (...) Je présente toutes mes excuses au peuple et demande au milieu politique de faire preuve de sagesse pour l’avenir éblouissant de la République de Corée.

L'opposition, majoritaire au Parlement, n'a pas réagi favorablement à ces déclarations, y voyant une nouvelle manoeuvre pour éviter un vote de destitution qui semble désormais hautement probable - une minorité importante des députés de la majorité s'étant détournée de la chef de l'Etat, certains d'entre eux ayant même rejoint les manifestants exigeant son départ immédiat.

Attendre un hypothétique consensus au sein du Parlement est aussi un moyen pour gagner du temps, et mettre fin à un déballage médiatique qui porte atteinte à l'image non seulement de la chef de l'Etat et du parti Saenuri au pouvoir, mais aussi de la République de Corée.

La formule selon laquelle elle se retire est ambiguë : remet-elle le pouvoir exécutif entre les mains du Gouvernement, et selon quelles modalités, alors qu'elle avait tenté sans succès - après l'éclatement de la crise - de faire nommer un gouvernement d'union nationale, sans en référer au Parlement, et qu'elle était passée outre, en avril 2016, son échec aux élections législatives en refusant de changer de Premier ministre et de ligne politique ?

En tout état de cause, si la campagne pour l'élection présidentielle est d'ores et déjà lancée (alors que le mandat de la Présidente Park doit venir normalement à échéance en février 2018, après un scrutin en décembre 2017), la question qui se pose maintenant est celle du mode de pouvoir - car les scandales impliquant les conglomérats financiers en fin de mandat présidentiel, de même que la montée en puissance continue depuis 2008 des services de renseignement dans le jeu politique, sont des maux endémiques qui nécessitent de refonder la démocratie sud-coréenne.

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