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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 22:47

logo-CILRECO.gifIl y a une semaine, des soldats sud-coréens ont tiré sur un avion civil, mais le drame a heureusement été évité. Leur commandement a couvert ces actes inquiétants, en déclarant que les militaires avaient fait leur devoir : les deux Marines sud-coréens impliqués ne seront pas sanctionnés, même si le ministère sud-coréen de la Défense a toutefois décider de présenter des excuses. La couverture de ce grave incident par la presse française a révélé, une fois encore, un parti pris qui ignore les conséquences de l'aventurisme du gouvernement Lee Myung-bak. L'AAFC publie ci-après l'analyse du professeur Robert Charvin, doyen honoraire des facultés de droit et d'économie de Nice, vice-président de l'AAFC et membre de la direction du Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée (CILRECO).

 

Tout acte de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est assimilé par les médias occidentaux à une "provocation". L'Armée populaire de Corée, lorsqu'elle assure la protection de la souveraineté du territoire de la République, est accusée d' "agressivité" : quoi qu'il fasse, le Nord "menace" !

 

Par contre, les manoeuvres militaires de la Corée du Sud et des Etats-Unis qui se succèdent à proximité immédiate de la RPDC sont des "opérations de défense et de paix".

 

Lorsqu'un événement se produit qui porte atteinte à la réputation de Séoul, le silence est de rigueur ou tout au moins la plus grande discrétion.

 

Le 17 juin, l'armée sud-coréenne positionnée à 2 km de la ligne de démarcation fait feu sur un avion. Il s'agit d'un avion de l'Asiana Airlines (un Airbus avec 119 passagers à bord), en provenance de Chine vers l'aéroport d'Incheon, en Corée du Sud. C'est dans la même zone qu'ont eu lieu les incidents de l'île de Yeonpyeong en novembre 2010 et de la corvette sud-coréenne qui a sombré en mars 2010.

 

Les rares médias occidentaux qui ont fait allusion à cette attaque armée d'un avion de ligne ne parlent pas d'une provocation intentionnelle des Sud-Coréens. Pour les Etats-Unis et l'Europe occidentale, la Corée du Sud serait incapable d'un tel geste !

 

La quotidien parisien Le Figaro du 19 juin, par exemple, ne parle que d'un incident qui "illustre le regain de tension sur la péninsule", en citant le ministre de la Défense à Séoul qui "justifie" tout : il y avait "la possibilité d'une provocation surprise" du Nord ! Et Le Figaro d'excuser la Corée du Sud bien que des autorités de Séoul aient déjà annoncé qu'elles ne sanctionneraient pas les militaires qui ont tiré sur l'avion civil car "ils doivent immédiatement répondre par le feu à toute incursion ennemie" !

 

Le Figaro profite même de l'article (signé S. Faletti) pour citer la déclaration d'un conseiller de Barack Obama sur les armes de destruction massive, alors de passage à Séoul : "nous répondrons action contre action" !

 

Décidément, la désinformation et l'intoxication anti-RPDC se portent bien. Il est vrai que la vision simpliste du chef de l'Etat français "il y a la démocratie et il y a la dictature" permet aux médias français de ne pas se poser de question. Il y a la Corée du Sud et il y a la Corée du Nord. Il y a aussi et surtout un besoin de paix, de développement et de réunification dans l'intérêt de tout le peuple coréen. La France n'y travaille guère !

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 12:09

 

logo-CILRECO.gifAlors que la Corée du Sud s'apprête à reprendre ses tirs d'artillerie à partir de l'île de Yeonpyeong, les précédents exercices de ce type étant à l'origine de la crise actuelle en Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne publie une déclaration du professeur Robert Charvin, vice-président de l'AAFC et membre de la présidence du Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO). Robert Charvin réaffirme l'urgence d'un traité de paix en Corée. Il revient aussi sur l'enquête préliminaire lancée le 6 décembre 2010 par la Cour pénale internationale au sujet du naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan , le 26 mars, imputé à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et des tirs nord-coréens contre l’île de Yeonpyeong, le 23 novembre.

 

 

Pour la paix en Corée :

la négociation et la conclusion d'un traité de paix

 

Les États-Unis et leurs alliés sud-coréens n'ont aucun complexe. Ils ont les moyens d'instrumentaliser toutes les institutions internationales pour obtenir le soutien à leur politique.

 

A l'heure où aux États-Unis même des historiens revisitent les origines de la guerre de 1950-1953, en révélant les massacres sud-coréens dès 1948 et l'appui des États-Unis apporté sans réserve aux autorités de Séoul, le Parquet de la Cour pénale internationale mène une enquête préliminaire sur l'affaire du Cheonan et sur celle de l'île de Yeonpyeong.

 

En droit, ce type d'affaires ne relève pas de la compétence de la Cour pénale internationale. Dans les faits, l'affaire du Cheonan a été montée de toutes pièces par Séoul tandis que celle de Yeonpyeong résulte d'une ligne « frontière » tracée unilatéralement par la marine américaine en 1953 et contestée par la RPDC depuis un demi-siècle !

 

Dans cette zone maritime, les incidents et les manœuvres militaires américano-sud-coréennes se multiplient, à quelques kilomètres des côtes de la RPDC et l'île de Yeonpyeong est une base militaire sud-coréenne dont la population civile travaille pour une part au service de l'armée, tout en servant de « bouclier humain » aux militaires.

 

Depuis des décennies, c'est-à-dire depuis 1953, la RPDC réclame une négociation véritable avec les États-Unis en faveur de la conclusion d'un traité de paix, créant les conditions d'une détente et d'une coopération, y compris pour résoudre la question nucléaire que les États-Unis mettent systématiquement en avant.

 

Ces négociations, Washington, Séoul et Tokyo les refusent : on préfère dénoncer les prétendues « provocations » de la Corée du Nord, essayer de la dissocier de la Chine, tout en constituant simultanément un front anti-chinois. On invente des explications fantaisistes pour expliquer les réactions de Pyongyang, sans jamais mettre en cause la responsabilité de Séoul !

 

Ces négociations RPDC-États-Unis et la conclusion d'un traité de paix sont plus que jamais urgentes : elles sont possible puisqu'elles avaient commencé avec le Président Clinton, qu'elles étaient appuyées par l'ancien Président Carter et qu'elles avaient commencé avec Séoul lorsque le gouvernement sudiste y était favorable.

 

Aujourd'hui, c'est le retour à la guerre froide et à une volonté affirmée de la part des États-Unis et de la Corée du Sud d'une rupture totale. Depuis 2008, les gouvernements sud-coréens ne cessent d'aggraver la situation sans que les gouvernements européens et leurs médias ne tentent de les freiner.

 

Pour rétablir un climat de paix, il est nécessaire de négocier un traité entre ceux qui sont depuis plus d'un demi-siècle en état de belligérance. Cette négociation pourrait créer les conditions d'un désarmement et le départ des troupes étrangères de la zone. Pour y parvenir, les États-Unis doivent maintenir une politique stable et cohérente : ce n'est pas le cas au fil des élections américaines et des différents présidents. L'ancien ambassadeur Gregg à Séoul entre 1989 et 1993 l'a lui-même souligné, l'ambassadeur Laney à Séoul (1993-1997) a ajouté qu'un « traité de paix fournirait une base de référence pour nos relations ». Si l'on recense les diverses propositions d'hier et d'aujourd'hui de la RPDC, on ne peut que constater que Pyongyang est prête à la discussion.

 

Le 9 décembre 2010

 

Robert Charvin

Professeur Émérite des Facultés de Droit

 

 

A lire aussi :

Robert Charvin, Guillaume Dujardin, La Corée vers la réunification, L'Harmattan, 2010

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 16:32

logo-CILRECO.gifA l'heure où les exercices militaires Key Resolve et Foal Eagle mobilisent 18.000 soldats américains, dont 10.000 stationnés hors de Corée du Sud, ainsi que 20.000 soldats sud-coréens, une autre mobilisation a lieu, en Corée même et dans le monde, pour dénoncer ces manoeuvres de nature à augmenter les tensions. Ainsi, le Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée (CILRECO, auquel est affiliée l'Association d'amitié franco-coréenne) vient de publier le communiqué reproduit ci-après.




COMITE INTERNATIONAL DE LIAISON POUR LA

REUNIFICATION ET LA PAIX EN COREE

 

INTERNATIONAL LIAISON COMMITTEE

FOR REUNIFICATION AND PEACE OF KOREA

 

COMITE INTERNACIONAL DE ENLACE POR LA

REUNIFICACION Y LA PAZ EN COREA

 

119, rue Jean Jaurès – 92320 – Châtillon – France

Tél. 33 1 40 95 05 10 – Télécopie : 33 1 46 62 07 98

www.cilreco.com

 

 

 

A NOUVEAU, DES MANOEUVRES AMERICANO-SUD-COREENNES CONTRE LA RPDC

 

Cette année encore, comme depuis des décennies, l'armée américaine (40.000 soldats) et les Sud-Coréens ont organisé des manœuvres conjointes dont l'adversaire déclaré est la R.P.D. de Corée.


Le Président Obama confirme ainsi qu'il n'a pour l'heure pratiquement pas modifié l'attitude agressive des États-Unis qui se prolonge depuis un demi-siècle, comme si la RPDC (dont les médias occidentaux ne manquent jamais de souligner les difficultés de toutes natures dont l'Occident est pourtant le principal responsable) menaçait d'une quelconque façon la première puissance mondiale et ses alliés couverts par son bouclier nucléaire. La paranoïa nord-américaine se manifeste ainsi, dans cette région de l'Asie comme au Moyen Orient, c'est-à-dire partout où les États-Unis se heurtent à la volonté de souveraineté des États se fondant sur la disposition fondamentale de la Charte des Nations Unies : pour les États-Unis et l'Occident tout État souverain, dont le marché n'est pas totalement ouvert, est un manque à gagner insupportable. L'argument nucléaire, comme celui de la « démocratie », ne sont que des prétextes : ils ne sont pas avancés contre les nombreux États déjà équipés de l'arme nucléaire et contre ceux, encore plus nombreux, en Afrique, dans le Monde Arabe, ou en Amérique du Sud qui n'ont aucune réalité démocratique mais qui sont les soutiens serviles de la politique américaine.


La RPDC a multiplié, avec persévérance, les propositions de paix, de traités, de dénucléarisation régionale, de coopération, et les États-Unis répondent en montrant dans la péninsule coréenne leur puissance militaire.


Le CILRECO dénonce l'option militaire que les États-Unis semblent préférer à l'option diplomatique. Il espère que l'opinion internationale pèsera suffisamment pour que le processus de négociation reprenne dans l'intérêt du peuple coréen tout entier, qu'il soit au Nord ou au Sud.


Le 10 mars 2010

 

 


Sur le même sujet : comptes-rendus et photos des manifestations contre les exercices militaires en Corée du Sud sur le site No Base Stories of Korea (en anglais)

 



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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 20:32

Les 21 et 22 février 1977 s'est tenue, à Bruxelles, la Conférence mondiale pour la réunification pacifique de la Corée, à laquelle participait notamment le sénateur André Aubry, chef de la délégation française, aujourd'hui président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Les changements politiques intervenus en Europe de l'Est après 1989 ont conduit à rendre publics des documents d'archives diplomatiques jusqu'alors tenus secrets : publié depuis janvier 2009, le rapport en date du 3 mars 1977 rédigé par Lajos Lelkes, premier secrétaire de l'ambassade de Hongrie à Pyongyang, et adressé à Frigyes Puja, ministre hongrois des Affaires étrangères, est un document exceptionnel pour comprendre la position d'un pays membre du Pacte de Varsovie vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Il montre que les principes défendus par Pyongyang sur la réunification de la Corée, avec le soutien de nombre d'organisations internationales tiers-mondistes et de pays non alignés, ainsi que par les Partis communistes s'inscrivant dans la mouvance eurocommuniste (soucieux de se démarquer de Moscou), ont été regardées comme "nationalistes" par l'ambassade de la Hongrie en RPDC.  

Ayant réuni à Bruxelles, les 21 et 22 février 1977, 160 délégués originaires de 50 pays, la Conférence mondiale pour la réunification pacifique de la Corée a été un événement fondateur du mouvement de solidarité avec la Corée, avec la création du
Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée (CILRECO), auquel est affiliée l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC).

Document secret aujourd'hui déclassifié (dans une traduction en anglais comportant quelques coquilles, notamment sur la graphie des noms propres), le rapport alors rédigé par le premier secrétaire de l'ambassade de Hongrie à Pyongyang apporte des éclairages intéressants sur les participants à la Conférence mondiale de Bruxelles, ainsi que sur la position de Budapest, alors membre du Pacte de Varsovie, l'alliance militaire constituée en Europe autour de l'Union Soviétique.

La liste des organisations internationales présentes à la Conférence montre le soutien des mouvements tiers-mondistes et non-alignés, le Premier secrétaire de l'ambassade de Hongrie 
Lajos Lelkes mentionnant plus particulièrement :
- le
Conseil mondial de la paix, qui a réaffirmé en avril 2008 sa solidarité avec le peuple coréen pour une réunification pacifique et indépendante ;
- la
Fédération syndicale mondiale ;
- le Comité de solidarité Afro-Asiatique ;
- la
Conférence chrétienne pour la paix, évoquant la position de solidarité pour la réunification de la Corée adoptée par le Conseil oécuménique des Eglises, le 1er juiller 2008 ;
- l'Organisation de solidarité des peuples, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine (OSPAAAL), plus connue sous le nom de
Conférence tricontinentale.

Le comité international ayant parrainé la conférence fait apparaître le soutien actif de chefs d'Etat étrangers (l'amiral Ratsiraka, Madagascar ; Gnassingbé Eyadema, Togo ; le général Kérékou, Bénin) mais aussi de personnalités de divers horizons politiques (le leader socialiste japonais Narida Domi et le gouverneur socialiste de Tokyo Ryokichi Minobe ; Santiago Carrillo, secrétaire général du Parti communiste d'Espagne ; Romulo Escobar Bethancourt, alors président de l'Université de Panama, conseiller du chef de l'Etat, et qui allait devenir le président du Parti révolutionnaire démocratique). De même, comme l'observe le diplomate hongrois, le comité préparatoire en Belgique comprenait non seulement des responsables du Parti socialiste et du Parti communiste belges, mais aussi des personnalités de sensibilité démocrate-chrétienne. Le chef de la délégation de la RPD de Corée était le ministre de l'Education, Kim Sun-ki.

Le parrainage de Santiago Carrillo est également significatif de l'appui des Partis communiste européens s'inscrivant dans la mouvance eurocommuniste : outre le PC espagnol, les Partis communistes français et italien, dont il est souligné la participation active aux travaux de la Conférence, étaient représentés par des membres de leur Comité central, à l'instar d'ailleurs du Parti communiste cubain et de l'Alliance communiste yougoslave.

Le chef de la délégation française était le sénateur communiste André Aubry, actuel
président de l'AAFC. Son rapport a porté sur les relations internationales, le danger de guerre, et le retrait des troupes américaines et de leurs armes nucléaires en Corée, thèmes toujours d'actualité dans le combat du CILRECO. Le rapport présenté par la chef de la délégation italienne a présenté les violations des droits de l'homme en Corée du Sud, alors gouvernée par les militaires. L'opposition sud-coréenne, non invitée à la Conférence, n'était pas présente.

Signe supplémentaire de l'indépendance de Pyongyang, très impliqué dans le mouvement des pays non-alignés, vis-à-vis de Moscou, les représentations diplomatiques à Pyongyang des pays membres du Pacte de Varsovie étaient invitées à la conférence comme observateurs. Il aurait été convenu qu'ils ne soient pas présents au niveau de leurs ambassadeurs : la Hongrie, comme d'ailleurs la Chine, était ainsi représentée par son Premier secrétaire. En revanche, la Yougoslavie et Cuba avaient envoyé des délégations officielles. 
 
Alors que la RPD de Corée a toujours refusé de rejoindre le Conseil d'assistance économique mutuelle, les 30 contributions sont décrites comme "ayant de profondes résonances anti-impérialistes", le rapport soulignant les échos de la lutte du peuple coréen pour sa réunification aux
combats d'indépendance dans le Tiers-Monde, notamment au Sahara Occidental et en Palestine, dans la continuité de la conférence de Colombo des pays non-alignés, en 1976.

Le rapport de l'ambassade de Hongrie souligne la réussite de la conférence et le soutien "tout à fait remarquable" obtenu parmi des partis communistes et socialistes influents, en envisageant que la réunification de la Corée prenne une place accrue dans les travaux des pays non-alignés, ainsi qu'au sein de l'Internationale socialiste : de fait, les organisations internationales progressistes, présentes en 1977, ont globalement maintenu, depuis cette date, leurs positions sur la question de la réunification de la Corée, alors que la participation de dirigeants socialistes au mouvement international de solidarité, aujourd'hui au sein du CILRECO, a été acquise à la même période. Toujours selon le rapport de l'ambassade de Hongrie, un des objectifs principaux était de sensibiliser l'opinion internationale, et d'abord celle ouest-européenne et nord-américaine, à la question de la réunification de la Corée, dans un mouvement plus organisé.   

Si l'ambassade hongroise  juge "positive" la tonalité anti-impérialiste, l'indépendance vis-à-vis des grandes puissances dans la réunification de la Corée est déplorée : elle "fait ressortir le caractère nationaliste des concepts de la réunification de la RPDC" (cette mention de la seule RPDC est importante, dans la mesure où il est observé que la RPDC aurait guidé l'ensemble des travaux). Pour Budapest, cette position serait illusoire sans le soutien de la Chine et de l'URSS. Dans le débat interne au mouvement communiste international, il est cependant fait une mention - critique - de l'influence chinoise qui s'exercerait sur certaines délégations africaines et asiatiques.

Les divergences de la Hongrie peuvent aussi refléter celles de l'URSS et d'autres pays socialistes, sans qu'elles ne s'expriment alors ouvertement. En effet, la solidarité entre pays socialistes conduisait, à cette époque, à un soutien de principe à Pyongyang sur la question de la réunification. Mais la pérestroïka en URSS, ainsi que les réformes menées dans plusieurs pays d'Europe centrale, créèrent ensuite le contexte politique opportun au relâchement des liens de certains pays socialistes avec la RPD de Corée, avant même la disparition de l'URSS et des démocraties populaires d'Europe de l'Est. De fait, des relations diplomatiques officielles ont été établies entre Moscou et Séoul en septembre 1990, un an avant la dissolution de l'Union soviétique.  

Source :
Centre de recherches de Budapest sur l'histoire de la guerre froide

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 14:40

 

Le 28 mars 2009, à Bruxelles, s'est tenue une réunion élargie de la présidence du Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée (CILRECO), en présence de délégués venus d'Algérie, de Belgique, du Danemark, de France, de Grande-Bretagne, du Luxembourg et de Turquie. L'Association d'amitié franco-coréenne, affiliée au CILRECO, participait à cette réunion. En introduction, le professeur Robert Charvin, membre de la présidence du CILRECO (et vice-président de l'AAFC) a présenté le rapport que nous reproduisons ci-après, rappelant le contexte et fixant les grandes lignes de l'action des organisations d'amitié avec le peuple coréen. 

 



Je me permets de présenter ce rapport introductif en remplacement de Guy Dupré, secrétaire général, victime d'un incident de santé, que je salue en toute amitié et que je remercie au nom du CILRECO de l'inlassable dévouement qu'il manifeste pour la cause du peuple coréen, qui soulève des questions fondamentales, décisives pour tous les peuples, bien au-delà des seuls problèmes de la péninsule.


Ce sont les questions :

 

- du maintien de la paix et du désarmement,


- de la souveraineté des peuples et de leur libre disposition malgré tous les impérialismes,

 

- du type de développement entre lesquels les peuples doivent choisir (réservant une priorité au social ou à une croissance aveugle, source de profondes inégalités),


- de la nature de la démocratie, de la place conférée aux droits collectifs et aux droits individuels, étant entendu qu'il ne peut y avoir démocratie authentique sans indépendance, condition nécessaire de base, et ni droits de l'homme développés dans une situation de belligérance chronique.


Le maintien de la paix concerne le monde entier, y compris l'Occident et l'Europe dont on a vu l'angoisse lorsque les conflits armés leur sont intérieurs (attentats de New York, ex-Yougoslavie), bien qu'ils adoptent une attitude d'indifférence indigne lorsque les massacres ont lieu dans le Sud (Palestine, République démocratique du Congo, etc...).


Or, aussi longtemps que la péninsule et son environnement ne relèveront pas d'une zone dénucléarisée, comme proposée par la RPDC, le risque d'un affrontement nucléaire existe.


Les médias occidentaux osent accuser la RPDC de ne pas respecter ses engagements de démantèlement nucléaire. Or, ne sont pas respectées les contreparties officiellement acceptées par les Etats-Unis, par exemple, les livraisons de réacteurs à eau légère, de pétrole, de même que l'arrêt de l'embargo unilatéralement imposé, les campagnes permanentes de discrédit contre la RPDC, etc... Jamais, dans l'histoire, aucun Etat du monde n'a procédé à un désarmement unilatéral. C'est ce que certains exigent pourtant de la RPDC.


La RPDC a un besoin vital d'énergie pour son développement ; elle est fondée à organiser souverainement sa défense nationale, d'autant que l'Accord d'armistice de 1953 n'a jamais été transformé (après 55 ans) en un traité de paix supprimant l'état de belligérance, en dépit des demandes de la RPDC. Il faut noter aussi que lorsque la RPDC a adhéré au Traité de non prolifération (TNP), elle n'y a subi que des pratiques discriminatoires (par exemple les inspections « spéciales ») de la part de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'AIEA, instrumentalisée par les Etats-Unis, a conduit la RPDC à ressortir du TNP, ce qui est parfaitement conforme à la légalité internationale.


Les manoeuvres militaires Corée du Sud- Etats-Unis se poursuivent, créant un climat de guerre dangereux (Key Resolve, Falcon, Uji Freedom Guardian en août 2008), comme à l'époque de la guerre froide (avec les Team Spirit) ; les bases militaires américaines ont été redéployées en vue de faciliter une attaque préventive contre la RPDC ; le « plan d'opération 5029 » de l'état major sud-coréen a été mis en place en cas « d'un éventuel effondrement brutal du régime du Nord » ; les vols d'espionnage sudistes au-dessus du territoire du Nord se sont multipliés durant 2008. En bref, les autorités civiles et militaires de la Corée du Sud favorisent, par tous les moyens, un climat de tension.


Le CILRECO doit donc travailler à l'explicitation des problèmes nucléaires (notamment du droit nucléaire parfaitement méconnu) ; il doit aussi favoriser une dénucléarisation de la péninsule et de toute la région car la marine et l'aviation états-uniennes disposent de missiles (mobiles) à proximité de la RPDC.


La RPDC a pour axe stratégique depuis sa fondation la défense et la promotion de sa souveraineté. C'est une option qui a sauvegardé son existence dans le passé, y compris vis-à-vis des Alliés, dont certains ont disparu. C'est ce qui sauvegarde aujourd'hui plus que jamais sa libre détermination et particulièrement vis-à-vis du Japon et des Etats-Unis, au coeur d'une zone où les volontés hégémoniques des grandes puissances se manifestent en permanence. Dans le processus de mondialisation en cours, la position de la RPDC est originale : la plupart des pays cèdent aux phénomènes de transnationalisation imposés par les puissances mondialisatrices et leurs firmes. A Séoul, à Tokyo, en Occident, ce refus de l'intégration au marché capitaliste mondial a été longtemps considéré comme un archaïsme, source d'échec économique.


La première crise financière de 1997-98 a provoqué de multiples bouleversements en Asie : la Corée du Sud a dû s'aligner sur les exigences du FMI [1] pour échapper à la faillite ; la situation de dépendance de Séoul est désormais totale (à la différence des pays moins « industrialisés » à l'époque comme l'Inde, la Chine, Taïwan ou le Vietnam, mieux protégés des effets de la crise). La Corée du Sud est alors classée par les banques internationales dans la catégorie des « Junk bonds » (« obligations pourries ») ! Au plan social, on a assisté à une hausse très forte du chômage, à une chute du niveau de vie et à une aggravation des inégalités sociales. [2] Si avant la crise, les salaires conséquents permettaient de faire face aux dépenses de santé, d'éducation et de retraite, le chômage (n'est pas considéré comme chômeur celui qui travaille une heure au cours de la semaine !) et la précarité, sans la moindre protection sociale, sont désormais sources de misère pour près de la moitié des travailleurs. Les femmes salariées, en particulier, ne connaissent ni salaire minimum, ni horaire maximal, ni assurance maladie... Mais l'inexistence ou la violation des droits sociaux n'ont jamais sensibilisé les partis, les ONG et les médias occidentaux ! Par ailleurs, de nombreux travailleurs étrangers ont été expulsés.


En quelques jours, le travail et les sacrifices imposés aux salariés pendant des dizaines d'années ont été balayés aussi vite que sont repartis nombre d'investisseurs étrangers pris de panique. Quant aux investisseurs japonais restés sur place, ils ont, par exemple, pris le contrôle pour une large part de Hyundai-automobile ainsi que des téléviseurs et ordinateurs, dont seuls certains composants seulement restent coréens.


En 1997-98, ont constate en Corée du Sud que la croissance économique n'est pas le progrès social ! Pourtant, à la même époque, les médias occidentaux ne parlent que des difficultés de ravitaillement en Corée du Nord !


La seconde crise financière de 2008-2009, infiniment plus grave, n'a pas encore développé toutes ses conséquences et les lendemains sont incertains : l'ouverture du marché sud-coréen aux importations américaines, en particulier le tabac et la viande de boeuf (source d'une crise violente en 2008), qui se sont imposées à partir de 1980 et surtout de 1998, mettant la balance commerciale sud-coréenne en déficit, se double d'un néo-protectionnisme américain limitant les exportations, axe de la croissance sud-coréenne !


Certes la RPDC paye le prix de son indépendance qui a un coût certain : néanmoins, grâce à elle, elle est en mesure de conserver la ligne politique de son choix et constitue pour les partisans de la réunification un havre de stabilité permettant d'envisager, pour demain, un large marché intérieur dont a besoin l'économie sud-coréenne. La Corée tout entière et réunifiée a la capacité de devenir une nouvelle « puissance émergente ».


Il convient donc de bien prendre conscience que la crise financière donne de nouveaux arguments aux partisans de la souveraineté et d'une coopération internationale n'ayant rien à voir avec la subordination des intérêts des plus faibles à ceux des plus riches et des plus puissants.


Plus que jamais, la réunification et la « co-prospérité », selon la formule du Sommet intercoréen de 2007, exigent la libre détermination du peuple coréen et le rejet de toute ingérence.


L'indépendance de la RPDC vis-à-vis des pays amis, comme vis-à-vis des adversaires, permet au peuple coréen de choisir son mode de développement.


La question est aujourd'hui posée avec une nouvelle actualité : on a assisté en 1990 à l'effondrement du « modèle » soviétique, on assiste depuis une dizaine d'années à une série de crises mettant en cause la rationalité et l'efficacité du capitalisme financier. On constate que le capitalisme n'a rien à offrir, si l'on n'appartient pas à la mince couche des hyperprivilégiés : précarité de masse, instabilité sociale chronique, dégradation des droits sociaux conquis, déclin des formes démocratiques politiques et du multilatéralisme dans les relations internationales, recours à la force armée et ingérence, dégradation écologique, déclin culturel, etc...


Oser critiquer le caractère original de l'expérience inédite de la RPDC et l'idéologie du Juche basée sur le principe de « compter avant tout sur ses propres forces » relève de l'inconscience ou de la mauvaise foi.


La double implosion du modèle soviétique et du modèle capitaliste requiert nécessairement la recherche d'une voie nouvelle, dans chaque société, au coeur de chaque civilisation, et la RPDC travaille dans cet esprit depuis plusieurs décennies, en tenant le plus grand compte de ses spécificités nationales. La remise en question de tous les modèles est une immense contribution de la RPDC : il est délirant de constater que les médias occidentaux et mêmes quelques universitaires osent parler de « stalinisme » et de dogmatisme, à croire qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent ! La RPDC invente son socialisme : c'est une leçon pour tous.


En tout état de cause, la RPDC enseigne qu'il ne faut pas confondre développement et croissance, processus d'accumulation de richesse industrielle et création de biens communs fondamentaux (l'éducation, le logement et la santé).


Dans la situation nouvelle, certains retards quantitatifs de l'économie nord-coréenne tendent à être compensés par le niveau des biens communs de la RPDC, par la sécurité sociale, au sens large, assurée à tous les citoyens, dont la crise dans le monde capitaliste révèle l'importance fondamentale. Le fait aussi qu'il n'y a pas, en RPDC, l'inégalité vertigineuse qui existe en Corée du Sud, rend la société infiniment plus viable, en dépit des difficultés alimentaires se produisant, périodiquement, depuis 1995-96. Enfin, la place donnée par Pyongyang à l'éducation et à la culture est enviable comparée aux valeurs essentiellement commerciales hégémoniques au Sud.


Un développement du processus de réunification qui connaîtrait nécessairement des confrontations entre les deux « modèles », qui pourraient être simultanément complémentaires, pourrait ainsi dynamiser l'ensemble de la nation coréenne.


La RPDC, en Occident, fait l'objet de nombreux procès concernant les droits de l'homme. La légitimité des ingérences occidentales se veut fondée sur les carences du Nord en matière de démocratie.


Il faut se débarrasser sur ce terrain de toute attitude défensive, et au contraire être offensif. Il est l'heure d'être radical !


  • -  Les Américains et les Européens n'ont jamais fait le procès de Séoul durant les décennies de dictature militaire et aujourd'hui encore en raison des pratiques anti-sociales, anti-syndicales et la répression qui demeurent fondées sur la Loi sur la Sécurité Nationale toujours en vigueur. Rien lors du massacre de Kwangju, en 1980, rien sur la répression des mouvements politiques de 1987, rien sur les protestations de masse de 1991 (et les immolations par le feu!). Cette partialité enlève toute légitimité aux « donneurs de leçon » !


  • - La RPDC est, par nécessité conduite (puisque l'accord d'armistice de 1953 n'a jamais été transformé en traité, par exemple, et qu'elle est en confrontation avec la première puissance mondiale qui l'accuse de tous les crimes, notamment celui « d'aide au terrorisme » et la classe parmi les pays de « l'axe du mal »), de pratiquer une politique d'unité stricte et de mobilisation générale évidemment éloignée des canons de la démocratie à l'occidentale. Cette situation n'a jamais dans l'histoire et pour aucun pays favorisé la promotion des droits civils et politiques ! Elle légitime la politique de Songun, associant l'Armée populaire, le Parti du travail et la population.


  • -  Depuis plus d'un demi-siècle, la RPDC est victime d'un embargo unilatéral économique, financier et politique de la part des Etats-Unis et de leurs alliés. Privée aujourd'hui de relations privilégiées entretenues avec l'URSS et les Etats de l'Europe de l'Est, la RPDC connaît de graves difficultés. La tentative d'étranglement de la Corée du Nord ne peut favoriser la « démocratie à l'occidentale » qu'exigent les Etats-Unis !


  • -  Au-delà de cette conjoncture éminemment défavorable, il convient de s'interroger concrètement sur la signification des droits de l'homme en Corée. Chaque droit social effectif est une fabuleuse conquête dans un pays qui était parmi les plus pauvres à la fin de la Seconde Guerre mondiale et qui était dévasté en 1953. La RPDC, sur ce terrain, a réussi des exploits que l'on ne rencontre pas souvent dans les pays du Sud.


  • - La Constitution de la RPDC révisée en 1992 a reconnu la totalité des droits civils et politiques, ce qui signifie qu'elle entend en assurer l'édification.


  • - Sur ses 60 ans d'existence, la Corée du Sud a connu plus de 35 ans de dictature violente ; ses dirigeants, à l'époque, déclaraient que les Coréens n'étaient pas « mûrs pour la démocratie ». Les droits sociaux y sont restreints. Mais, surtout, que signifie la liberté dans un pays dépendant et subordonné à l'étranger ? Sans souveraineté et indépendance nationale, peut-on considérer qu'il y a démocratie ? Quelle liberté d'option ont les citoyens sud-coréens (qu'ils soient progressistes ou conservateurs) dans la mesure où la politique économique (et sociale) se détermine au niveau des grandes puissances ou dans les organisations internationales sous leur contrôle ? Que signifie donc le pluralisme politique enfermé dans l'étau de la transnationalisation ?


La liberté est concrète ou elle n'est pas.


La réunification ne peut donc être réalisée que dans le respect de l'indépendance de toute la nation coréenne, sans ingérence étrangère. Seuls ceux qui militent pour une réunification, elle-même démocratique et pacifique, respectueuse des différences entre les deux parties, travaillent effectivement au progrès des droits de l'homme dans toute la péninsule.


Nous ne sommes pas isolés. L'Occident n'est pas le monde ! Et au sein de cet Occident, nous savons que la remise en cause de tous les hégémonismes se développe! Au Mexique, divers partis et organisations amérindiens en plein réveil sont intervenus en faveur de la réunification ; il en est de même pour le P.C. de Russie, pour le parti d'avant garde d'Indonésie, pour divers partis du Pakistan, et les différents comités d'amitié (notamment suisse, suédois tchèque, etc...).


Durant le mois de solidarité (25 juin-27 juillet), des manifestations diverses ont eu lieu en Grande Bretagne, Suisse, Cuba, Russie. L'Assemblée du Conseil mondial de la Paix à Caracas a manifesté son soutien. Il en a été de même pour la 15eme conférence des Ministres des Affaires étrangères des pays non alignés, pour la 10eme conférence des P.C. à Sao Polo, en novembre dernier, de l'Union internationale démocrate des femmes, de la Confédération mondiale des syndicats, du 8eme congrès de l'Organisation de l'Unité des peuples d'Asie et d'Afrique (réunissant 400 délégués de 25 pays), etc...


La défaite du Parti démocrate sud-coréen de Kim Dae Jung et la victoire électorale de Lee Myung-bak rendent plus complexe la bataille pour la réunification. La Corée du Sud a recommencé à manifester son agressivité vis-à-vis de Pyongyang, visant à discréditer personnellement Kim Jong-il, en développant la propagande hostile à l'intérieur de la zone économique spéciale, etc... La réaction de Pyongyang, par la même, ne voulant pas aider à la confusion, a été de déclarer annulés les accords à incidence militaire conclus avec le Sud, notamment celui de 2007.

 

Ce n'est ni en reculant ni en acceptant des compromis défavorables qu'un processus démocratique et pacifique de réunification peut avancer réellement. D'autres exemples dans le monde, notamment au Moyen-Orient, montrent que la pratique des reculades ne débouche sur rien !


Le CILRECO doit, avec persévérance, poursuivre son action, déjà précisée par Guy Dupré, dans son rapport de 2008, la situation étant encore plus complexe en 2009 !


Il est nécessaire de rappeler avec insistance quelle est la réalité de la politique nucléaire de la RPDC, l'hypocrisie de Séoul placée sous le parapluie atomique des Etats-Unis et les menaces et intimidations pratiquées par les Etats-Unis, en espérant une nouvelle politique du président Obama.


Il est fondamental de s'expliquer clairement sur la question des droits de l'homme et de la démocratie dans la péninsule coréenne et de ne rien laisser passer en réagissant à chaque désinformation pratiquée en Occident sur ces problèmes.


Il est nécessaire de montrer comment la souveraineté de la Corée vis-à-vis des grandes puissances est le facteur décisif de la réunification et que, dans ce domaine, la RPDC ne peut faire plus alors que la Corée du Sud a tout à faire !


Il faut rappeler aussi que la « Déclaration commune pour le développement des relations Nord-Sud, la paix et la prospérité » du 4 octobre 2007, appuyée par l'Assemblée générale des Nations Unies, lors de sa 63eme session, et la Déclaration du 15 juin 2000 sont des références de base en vue de favoriser le processus de réunification.


La tension actuelle entre les deux Etats coréens qui a conduit à une suspension des deux accords montre l'extrême fragilité des rapprochements, aussi longtemps que la réunification proprement dite n'a pas été enclanchée, pour se concrétiser enfin dans une situation confédérale. Lee Myung-bak et le « Grand Parti national » ultra conservateur sud-coréen portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle.


Le CILRECO doit, parmi ses priorités, intervenir auprès des autorités des Etats-Unis, du Japon et de l'Union européenne afin qu'elles prennent des initiatives en faveur de la paix en Asie et de la réunification de la Corée.


L'inertie et le suivisme de l'Union européenne vis-à-vis de la politique américaine dans cette région du monde manifeste de l'absence d'une véritable politique étrangère européenne. Pour aider à la souveraineté de la Corée tout entière, la souveraineté de l'Europe serait essentielle. Le CILRECO doit prendre des initiatives auprès du Parlement européen pour faire connaître la situation réelle du problème coréen, largement méconnue.


L'évolution positive d'une autre nation divisée, Chypre, doit nous encourager.


Chypre est aussi un site hautement stratégique en Méditerranée. Elle est au centre d'une zone permettant le contrôle de la Méditerranée orientale et du pétrole du Moyen-Orient. Ses bases militaires occidentales ont servi à l'agression de l'Irak. Depuis ses origines, la souveraineté de Chypre a été réduite au profit de la Grande-Bretagne jusqu'en 1950. Malgré l'indépendance, Chypre s'est vue imposer des droits d'intervention militaire de la Turquie et de la Grande-Bretagne. Les bonnes relations avec l'URSS du gouvernement chypriote ont conduit à l'ingérence permanente des Etats-Unis, puis à l'agression turque dont l'armée occupe 40% de l'île et divise le pays. Ici aussi, les Etats-Unis sont les principaux responsables de la division à laquelle le nouveau président de la République chypriote (AKEL) s'efforce actuellement de mettre un terme. Une liaison avec nos amis chypriotes s'impose.


Il en est de même avec les représentants du peuple palestinien, dont l'oppression qu'il subit depuis un demi-siècle, le rapproche du peuple coréen.


Chers amis,


La « Corée est une », historiquement, culturellement.


Demain, elle sera, à coup sûr, «UNE » politiquement.


Etre solidaire du peuple coréen et particulièrement du peuple de la RPDC, menacé et agressé par les deux plus grandes puissances du monde, c'est être solidaire de tous les peuples du monde « mondialisés » par la violence économique, politique et parfois militaire, et de tous les citoyens conscients des dangers d'un monde trop inégalement développé.


Etre solidaire du peuple coréen, c'est militer pour sa propre autonomie, pour la voie progressiste la plus ajustée à ses propres réalités civilisationnelles.


Chers amis,


La résistance du peuple coréen doit nous enseigner la persévérance et la patience qui sont deux vertus révolutionnaires.



[1] Cf. Ilaria Maria Sala « La Corée du Sud à l'heure du FMI ». Le Monde Diplomatique. Juin 1998.

[2] Les plus riches deviennent simultanément encore plus riches grâce à la hausse des taux d'intérêt et à diverses mesures gouvernementales favorables, par exemple, en matière de succession.

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 15:46

25 juin - 27 juillet : ces deux dates, qui marquent le début et la fin de la guerre de Corée (1950-1953), correspondent au mois de solidarité internationale avec la lutte du peuple coréen pour sa réunification. Comme tous les ans, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a pleinement participé aux manifestations organisées sous l'égide du CILRECO.

Dès sa fondation en 1972, le Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO), auquel est affiliée l'AAFC, a retenu les dates marquant le début (25 juin) et la fin (27 juillet) de la guerre de Corée (1950-1953) pour organiser le mois de solidarité internationale avec la lutte du peuple coréen pour sa réunification. La capacité de la République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée, Corée du Nord) à avoir tenu tête, pendant trois ans, à la superpuissance américaine, rappelle que les grandes puissances ont été responsables de la division de la péninsule à la Libération, contre le voeu du peuple coréen.

A l'occasion du mois de solidarité internationale, comme tous les ans, l'AAFC a organisé le 7 juin 2008 une fête champêtre de l'amitié franco-coréenne à Champlan, en présence du délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, de ses collaborateurs et de leurs familles.

L'AAFC fait siens les mots d'ordre du CILRECO pour la réunification de la Corée :

- pour le retrait de toutes les troupes d’occupation américaines installées en Corée du Sud et de leurs armements, ainsi que le démantèlement de leurs bases militaires,

- l’arrêt de la course aux armements en Corée et des manœuvres militaires américano-sud-coréennes,

- le remplacement de l’accord d’armistice de 1953 en un traité de paix, 

- la cessation des ingérences des Etats-Unis dans les affaires de la nation coréenne et la normalisation de leurs relations avec la RPD de Corée,


- l’application des Déclarations communes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, pour promouvoir la réunification indépendante et pacifique de la Corée, par la seule nation coréenne, sans ingérence extérieure, dans la continuité notamment de l'appel oecuménique lancé le 1er juillet 2008.

 

 

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)