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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 13:38

Après le tir de missile de moyenne portée auquel a procédé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le 21 mai 2017, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une réunion d'urgence à la demande des Etats-Unis, du Japon et de la République de Corée (Corée du Sud) le 23 mai. Dans une déclaration publiée la veille, le président du Conseil de sécurité des Nations unies avait exprimé une condamnation "énergique" "du tout récent lancement de missiles balistiques effectué par la République populaire démocratique de Corée le 21 mai 2017", tout en ajoutant que "les membres du Conseil sont convenus que le Conseil de sécurité devait continuer à suivre de près la situation et de prendre d'autres mesures substantielles, y compris de sanctions, conformément à la détermination qu'il a précédemment exprimée". De fait, dès le 16 mai (à la suite du précédent tir de missile nord-coréen, intervenu le 14 mai), les Etats-Unis avaient déclaré travailler avec la Chine à l'adoption d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), dont ils souhaitent qu'elle renforce les sanctions contre la RPD de Corée - sans exclure néanmoins un dialogue avec Pyongyang. Nul doute que le tir de missile du 21 mai va renforcer la détermination américaine.

La représentante américaine aux Nations unies, Mme Nikki Haley, aux côtés de ses homologues japonais Koro Bessho (à gauche) et sud-coréen Cho Tae-yul (à droite), le 16 mai 2017

La représentante américaine aux Nations unies, Mme Nikki Haley, aux côtés de ses homologues japonais Koro Bessho (à gauche) et sud-coréen Cho Tae-yul (à droite), le 16 mai 2017

Déjà, réunir ses alliés : tel est le sens de la conférence de presse qu'a tenue Mme Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, le 16 mai 2017, flanquée de ses homologues japonais et sud-coréen, en marge d'une réunion d'urgence du CSNU qu'avait convoquée Washington après le tir nord-coréen du 14 mai 2017.

Ensuite, élargir le front anti-Pyongyang pour isoler la RPD de Corée : à l'occasion de sa conférence de presse, Mme Haley a indiqué qu'elle travaillait avec la Chine à l'adoption d'une nouvelle résolution du CSNU renforçant les sanctions contre la RPD de Corée, ce qui serait une première après un tir de moyenne portée nord-coréen : par le passé, les sanctions contre Pyongyang ont toujours fait suite à des essais nucléaires ou des lancements de satellite, jamais à des tirs de courte ou de moyenne portée auxquels procède très régulièrement la Corée du Nord.

Le 16 mai, la représentante américaine n'a cependant pas exclu de "parler" avec Pyongyang, mais en posant des conditions, à savoir un "arrêt total du processus nucléaire et de tout essai" de missiles. Par le passé, Pyongyang a proposé de "suspendre" son processus nucléaire - jamais de l'arrêter totalement.


Si les Etats-Unis, qui cherchent à agir de concert avec la Chine, proposent apparemment une alternative sanctions ou dialogue (les deux processus pouvant être conduits conjointement, comme veut le faire croire Washington), en pratique il est pour le moins improbable que Pyongyang revienne à la table des négociations après des sanctions pour des tirs de missile de courte ou de moyenne portée n'ayant jamais entraîné, par le passé, l'adoption de nouvelles sanctions à son encontre. A ce stade, la proposition de dialogue de Mme Haley est purement rhétorique : il faudra que Washington fasse des propositions concrètes et réalistes si l'administration Trump veut apparaître sincère, aux yeux des dirigeants nord-coréens, dans sa volonté d'ouvrir des négociations.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 21:09

Une semaine après le tir d'un missile de portée intermédiaire Hwasong-12, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à un nouveau tir de missile balistique, également de portée moyenne, le 21 mai 2017. Lancé depuis la province du Pyongan du Sud, l'engin a parcouru environ 500 kilomètres. A la demande des Etats-Unis, de la République de Corée (du Sud) et du Japon, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira le 23 mai 2017.

Tir de missile Hwasng-12, le 14 mai 2017, d'une portée estimée entre 3500 et 4200 kilomètres.

Tir de missile Hwasng-12, le 14 mai 2017, d'une portée estimée entre 3500 et 4200 kilomètres.

Si la RPD de Corée n'a pas procédé cette année à un essai nucléaire (il y en avait eu deux en 2016), ni au lancement (annoncé et attendu) d'un missile balistique intercontinental, la fréquence de ses tirs de missile de moyenne portée (celui auquel elle a procédé le 21 mai 2017 était le dixième de l'année) indique une volonté de ne rien céder, alors que Washington - par la voix du secrétaire d'Etat Rex Tillerson - venait d'annoncer cette semaine que les Etats-Unis n'entendent pas procéder à un changement de régime en Corée du Nord, tout en soulignant qu'une guerre dans la péninsule aurait des conséquences catastrophiques.

L'entourage du Président Trump, alors en déplacement à Riyad, a minimisé le tir de missile du 21 mai, en observant que sa portée était inférieure à celle du missile Hwasong-2 lancé une semaine plus tôt. Néanmoins, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira (à la demande de Washington, de Séoul et de Tokyo) dès mardi - de nouvelles sanctions n'étant pas exclues, à condition de trouver un terrain d'entente avec Pékin.

Les protestations de Tokyo et de Séoul sont cependant différentes, l'une et l'autre capitales soulignant l'occasion manquée par Pyongyang de renouer le dialogue, notamment après l'élection  en Corée du Sud de Moon Jae-in, favorable au dialogue intercoréen. Mais si, au contraire, Pyongyang ne multipliait pas les initiatives pour renouer le dialogue, en position de force ? Les Nord-Coréens peuvent par ailleurs tirer argument de la très forte intensité des exercices militaires américano - sud-coréens en cours : tant que ceux-ci n'auront pas pris fin, il est pour le moins improbable que les tensions reculent autour de la péninsule. L'objectif actuel est de maîtriser l'escalade.

Si la Corée du Sud peut se sentir non prise en considération par les tirs de missile balistique à répétition de Pyongyang (celui du 21 mai était le deuxième depuis l'investiture du Président Moon Jae-in), la Corée du Nord considère cependant que sa sécurité dépend d'un dialogue direct avec Washington, recherché de manière constante par Pyongyang - suivant un schéma dans lequel la RPDC réduit la République de Corée et le Japon au rang de supplétifs des Etats-Unis.

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 14:10

Le 14 mai 2017, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a effectué un nouveau tir de missile - apparemment de moyenne portée. Plus que l'initiative elle-même (le précédent tir nord-coréen de ce type avait eu lieu il y a moins d'un mois, déjà un dimanche, le 16 avril dernier), dans un contexte marqué par les exercices de guerre américano-sud-coréens qui conduisent chaque partie à riposter, c'est le moment choisi par Pyongyang qui retient l'attention : la RPD de Corée a procédé à ce tir quelques jours seulement après l'élection et l'investiture du nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, démocrate qui privilégie le dialogue plutôt que les sanctions pour aborder les relations Nord-Sud.

Tir de missile : la Corée du Nord teste l'administration Moon Jae-in

Une fois encore, ce sont les Américains et les Etats-Unis qui ont donné leur version de la dernière initiative sud-coréenne - même si lors des précédents tirs de missiles nord-coréens, les données factuelles apportées par Washington et Séoul se sont avérées globalement fiables.

Le tir - selon toute vraisemblance celui d'un missile balistique de portée intermédiaire - a eu lieu le dimanche 14 mai 2017 à 5h27 heure locale, depuis Kusong dans la province du Pyongan du Nord, en direction de la mer de l’Est. Le missile aurait parcouru 700 km, suivant un angle de tir pratiquement vertical.

Les condamnations les plus vives sont venues, comme d'habitude, des Etats-Unis et du Japon. Cependant, Donald Trump est apparu plutôt isolé à ce stade lorsqu'il a évoqué la nécessité selon lui de nouvelles sanctions contre la RPD de Corée. Ferme dans sa condamnation (en déclarant que "les autorités militaires doivent rester prêtes à répondre à n’importe quelle provocation militaire de la Coré du Nord" et en mentionnant "l’accélération du processus de conception du bouclier antimissile sud-coréen Korean Air and Missile Defense (KAMD)"), le Sud-Coréen Moon Jae-in n'a pas appelé à renforcer les sanctions contre Pyongyang, tout comme d'ailleurs l'Union européenne.

La position du nouveau président démocrate de la République de Corée est conforme à celle de ses prédécesseurs démocrates de la décennie du "rayon de soleil" de dialogue avec Pyongyang (1998-2008) : discuter avec la RPDC, certes, mais tout en maintenant l'alliance militaire avec les Etats-Unis et en condamnant la poursuite des programmes balistique et nucléaire nord-coréens. La vraie question est de savoir si Moon Jae-in liera ce sujet et celui des relations intercoréennes (comme les administrations conservatrices de Lee Myung-bak et Park Geun-hye), ou s'il tendra à les dissocier (à l'instar de Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun). Manifestement, le tir de missile de Pyongyang teste l'administration Moon Jae-in.

Si la Chine a également déclaré s'opposer aux violations par la Corée du Nord de ses obligations résultant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, Pékin est de longue date favorable, de concert avec la Russie, à un règlement global de la question, en dénonçant également les initiatives américano-sud-coréennes.


Par ailleurs, au moment où les différentes parties (notamment Pyongyang et Washington) ont parlé de la possibilité de renouer le dialogue sous certaines conditions (restant à préciser), il ne fait guère de doutes que tant la RPDC que les Etats-Unis font monter les enchères pour aborder d'éventuelles négociations dans la meilleure position possible - même si les initiatives prises de part et d'autre n'encouragent pas de retour au dialogue, tout du moins à court terme. Pour ce faire, sans doute faudra-t-il au moins attendre la fin des manoeuvres militaires en cours conduites par Washington et Séoul.

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 11:23

Après son élection à la présidence de la République de Corée le 9 mai 2017, le démocrate Moon Jae-in a déclaré, lors de son serment d'investiture, qu'il "allait éliminer la culture d'un président autoritaire", et instaurerait une communication régulière tant avec l'opinion publique qu'avec l'opposition. D'ores et déjà, ce sont toutefois les chantiers diplomatiques qui représentent la priorité : à cet égard, il a effectué plusieurs annonces, qui manifestent la volonté d'une plus grande indépendance diplomatique vis-à-vis des Etats-Unis.

Vers une nouvelle diplomatie sud-coréenne

L'élection présidentielle s'étant tenue de manière anticipée suite à la destitution de Mme Park Geun-hye, il n'y a pratiquement pas eu de période de transition entre l'élection et l'investiture du nouveau chef de l'Etat. Après avoir prêté serment devant l'Assemblée nationale le 10 mai 2017 (soit le lendemain du scrutin), le Président Moon Jae-in a immédiatement procédé à de premières nominations : Lee Nak-yon au poste de Premier ministre, Suh Hoon à la direction des services de renseignement (NIS), Im Jong-seok comme secrétaire général de la présidence et Joo Young-hoon comme responsable de la sécurité pour la présidence de la République. Le changement immédiat à la direction du NIS - ainsi que la volonté affirmée de mettre fin aux ingérences du NIS dans la vie politique sud-coréenne - est le signe manifeste d'une volonté de démocratisation, tandis que le choix d'un spécialiste des questions intercoréennes sous les précédentes administrations démocrates traduit l'idée que le NIS pourrait cesser d'être un bras armé des lobbies anti-Corée du Nord.

S'agissant plus généralement des relations diplomatiques, Moon Jae-in a exprimé la volonté de renouer le dialogue et les échanges Nord-Sud pratiquement réduits à néant après neuf ans d'administrations conservatrices (2008-2017), en poursuivant par le dialogue plus que par la coercition et les sanctions l'objectif de dénucléariser la péninsule coréenne. Il souhaite la reprise des réunions de familles séparées, la réouverture de la zone économique de Kaesong ainsi que du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang.

Sur le déploiement du système américain de missiles THAAD, Moon Jae-in souhaite l'engagement d'une négociation avec les Etats-Unis et la Chine, la seconde étant fermement opposée au dispositif THAAD qui rompt l'équilibre stratégique en Asie du Nord-Est. L'installation de THAAD a été suspendue dès l'élection, après avoir été accélérée dans les semaines précédant le scrutin - tandis que l'administration Trump a exprimé sa volonté de faire participer davantage la Corée du Sud au paiement de ce dispositif de sécurité. Un sommet Moon-Trump est ainsi évoqué.

Vis-à-vis du Japon, Moon Jae-in a enfin déclaré qu'il remettrait en cause l'accord inique conclu, fin 2015, sur la question des anciennes esclaves sexuelles de l'armée impériale japonaise avant et pendant la Seconde guerre mondiale ( "femmes de réconfort").

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 19:16

Alors que les tensions en Corée ont encore monté d'un cran avec le déploiement effectif en Corée du Sud du dispositif américain de missiles antimissile THAAD (dont la Chine a demandé la suspension "immédiate"), le Président américain Donald Trump a créé la surprise en déclarant, lors d'un entretien le 1er mai 2017 avec Bloomberg dans le bureau Ovale, qu'il était prêt à rencontrer son homologue nord-coréen Kim Jong-un. Mais un tel sommet est-il possible, à quelle échéance et sous quelles conditions ? Décryptage.

Donald Trump, lors de son entretien avec Bloomberg le 1er mai 2017

Donald Trump, lors de son entretien avec Bloomberg le 1er mai 2017

Pour apprécier à leur juste mesure les déclarations de Donald Trump, commençons déjà par les citer exactement :

S'il était approprié pour moi de rencontrer [Kim Jong-un], je le ferais tout à fait, je serais honoré de le faire (...) La plupart des hommes politiques ne le diraient jamais, mais je vous dis que dans les circonstances appropriées, je le rencontrerais. Nous avons un scoop.

Si ce n'est pas la première fois que Donald Trump évoque un possible sommet avec le Maréchal Kim Jong-un, il ne s'était jamais exprimé aussi clairement depuis son investiture - alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à une série récente de tirs de missiles balistiques. Ce changement de ligne a d'ailleurs été salué par la Chine (pour le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, "nous avons pris note des déclarations de la partie américaine et des signaux positifs qu’elles transmettent") - alors que Pékin déploie d'importants efforts diplomatiques en appelant toutes les parties à la retenue, pour prévenir les risques réels d'escalade militaire dans la péninsule. Par ailleurs, Donald Trump et Vladimir Poutine - lui aussi favorable au retour au dialogue - ont eu un échange téléphonique dans lequel ils ont évoqué, entre autres, les situations en Syrie et en Corée.

Les revirements rapides de position de l'administration Trump incitent à la prudence : conformément à ses déclarations de campagne, le chef d'Etat américain a annoncé que Séoul devrait payer le prix du déploiement de THAAD. Face à la levée de boucliers qu'une telle annonce a suscité en Corée du Sud, Washington a opéré un repli - qui n'est peut-être que tactique, dans l'attente de négociations sur les conditions financières de la présence américaine en Corée du Sud. Les Sud-Coréens devront s'habituer à une administration présidentielle américaine plus imprévisible.

Par ailleurs, des conditions à une rencontre au sommet sont posées par la partie américaine : Donald Trump est prêt à un tel sommet "dans les circonstances appropriées" - lesquelles ne sont manifestement pas réunies aujourd'hui. Alors que les attentes de Pyongyang sont bien connues (dans un premier temps, suspendre ses activités nucléaires et balistiques en contrepartie d'un allègement des sanctions ou que soient stoppés les exercices de guerre américano-sud-coréens, engager de vraies négociations pour un traité de paix avec des garanties de non-agression...), Washington n'a fait aucun geste : pis, elle conduit les plus grandes manoeuvres militaires au monde et accélère le déploiement de THAAD dans le but manifeste de mettre le (la) futur(e) président(e) sud-coréen(ne), qui sera élu(e) le 9 mai, devant le fait accompli. Si Donald Trump ne donne pas des signes concrets d'ouverture, ses espoirs d'un sommet bilatéral risquent de n'avoir guère plus de consistance que ceux qu'entretenait naguère le président conservateur sud-coréen Lee Myung-bak (2008-2012) qui, après avoir mis fin à la quais-totalité des échanges intercoréens, a tenté (en vain) d'organiser un sommet intercoréen. Il est ainsi temps que, au sein de l'administration Trump, émergent des intermédiaires crédibles d'un dialogue avec Pyongyang, qui seraient à même de gagner la confiance des autorités nord-coréennes. Assurément, un tel processus prendra du temps, en semaines ou plus probablement en mois - indépendamment de la façon de négocier de Donald Trump, très commercial (comme l'a relevé le Kremlin), privilégiant les relations interpersonnelles et n'hésitant pas à manier une plus grosse carotte et à agiter un plus gros bâton que ne le faisaient ses prédécesseurs à la Maison Blanche.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 16:26

La politique nord-coréenne de Barack Obama avait été qualifiée de "patience stratégique", dans la mesure où elle ne visait pas un conflit direct avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), mais consistait à attendre, sinon un changement de politique de Pyongyang en matière d'essais nucléaires et balistiques sous l'effet de sanctions internationales toujours accrues, du moins un effondrement de la RPD de Corée. Face à l'échec de cette stratégie, Donald Trump avait dit qu'il mènerait une autre politique - mais sans préciser laquelle. De fait, il a repris l'essentiel des pratiques de l'administration Obama - intensifier les manoeuvres militaires, accélérer la course aux armements (notamment le déploiement en Corée du Sud du système de missiles THAAD), accroître toujours plus les sanctions contre la RPD de Corée et faire pression sur la Chine pour leur application - sans aller (du moins à ce jour) jusqu'à la confrontation, en n'hésitant pas à pratiquer le bluff. Sauf que Donald Trump manifeste aussi, à la différence de Barack Obama, des signes d'impatience, appelant aussi plus ouvertement à un changement de régime de Pyongyang : en un mot, la position américaine a glissé de la patience à l'impatience stratégique, avec son cortège d'imprévisibilité et de risques accrus de guerre.

Donald Trump "Puis-je appuyer sur le bouton maintenant ?", son interlocuteur "Non, Monsieur le Président", D. Trump : "Et maintenant ?", son interlocuteur "Non, Monsieur le Président", etc.

Donald Trump "Puis-je appuyer sur le bouton maintenant ?", son interlocuteur "Non, Monsieur le Président", D. Trump : "Et maintenant ?", son interlocuteur "Non, Monsieur le Président", etc.

Le 25 avril 2017, à l'occasion de la célébration du 85e anniversaire de la fondation de l'Armée populaire de Corée, la RPD de Corée a mené des exercices de tir de grande envergure autour du port de Wonsan. Comme en écho, le lendemain les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud), dans le cadre de leurs manoeuvres conjointes, ont mené eux aussi des exercices de tir à Pocheon, dans la province du Gyeonggi, qui ont impliqué plus de 3 000 soldats des deux pays, des hélicoptères d'attaque Apache AH-64E et des véhicules de combat Bradley M1A2. Si les médias occidentaux aiment à montrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un supervisant les manoeuvres et les tirs de son pays, nous avons appris, à l'occasion d'une publicité peu ordinaire des exercices américano - sud-coréens soulignée par l'agence Yonhap ("c'est la première fois que des exercices de tirs ont été montrés au public"), que les dirigeants sud-coréens étaient impliqués de la même manière que leurs homologues nord-coréens : selon Yonhap, "le président par intérim et le Premier ministre Hwang Kyo-ahn, le ministre de la Défense Han Min-koo, plusieurs milliers de résidents locaux et des journalistes ont observé cet exercice".

Mais les Etats-Unis veulent aller encore plus loin : le 25 avril 2017, de nouveaux équipements du dispositif Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) sont arrivés en Corée du Sud, en particulier des équipements radar. THAAD consiste à détruire les missiles balistiques de portée moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche  en s'écrasant contre eux (hit-to-kill). La Chine a fait part aux Etats-Unis de ses graves préoccupations dans un contexte de montée des tensions, en appelant Washington et Séoul à arrêter le déploiement de THAAD. Lors de la conférence annuelle de Moscou sur la sécurité internationale, Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, a critiqué THAAD comme constituant un "facteur extrêmement déstabilisant" en Asie du Nord-Est, en appelant à ne pas avoir "la main lourde", faute de quoi les conséquences pourraient être "catastrophiques". Pékin - qui, comme la Russie, a déployé des troupes près des frontières coréennes - a été encore plus explicite sur l'origine des tensions, en appelant ouvertement Washington à la retenue. Signe manifeste d'un agacement chinois vis-à-vis des Etats-Unis, alors que Pékin avait suspendu pendant trois semaines ses vols à direction de et vers la Corée, ceux-ci viennent de reprendre.


Alors que Pyongyang a utilisé une rhétorique guerrière (elle s'est déclarée prête à répondre aux menaces américaines, en diffusant une vidéo montrant une attaque balistique contre les Etats-Unis), l'administration de Donald Trump a annoncé qu'elle procèderait à un test de missile balistique intercontinental (ICBM) à tête nucléaire Minuteman III. Si ces essais ont lieu en moyenne quatre fois par an, le moment semble particulièrement mal choisi. En outre, selon David Krieger, président de la Fondation pour l'âge de la paix nucléaire, la politique américaine - consistant à faire ce qu'elle interdit aux autres - témoigne d'un "deux poids, deux mesures évident", selon l'expression de l'agence russe RT. D'après David Krieger,

[Les Américains] voient leurs propres tests comme justifiés et utiles, alors qu'ils considèrent ceux de la Corée du Nord comme menaçants et déstabilisants (...) Ce dont nous avons besoin, c'est de diplomatie plutôt que de provocations militaires (...) Les menaces, que ce soit sous forme de tweets, de groupes de porte-avions à capacité nucléaire ou d'essais de missiles nucléaires, ne font qu'augmenter les dangers pour nous tous.

Si la diplomatie consiste bien à prévenir les provocations militaires et à éviter les actions déstabilisatrices, espérons que les dirigeants occidentaux sauront faire preuve de sang-froid vis-à-vis de leur collègue Donald Trump en l'incitant à la retenue, alors que lui-même et les membres de son administration ont engagé une tournée diplomatique dont nous pouvons subodorer le but : obtenir le blanc-seing d'une improbable "communauté internationale" pour engager une guerre, le moment venu. La paix est en danger, mobilisons-nous !

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 18:54

La semaine dernière, l'annonce que l'USS Carl Vinson (un des plus grands navires de guerre américain) serait au large de la Corée pour dissuader d'une éventuelle initiative nord-coréenne (essai nucléaire, lancement d'un missile balistique intercontinental...) - qui n'a pas eu lieu - avait suscité de nombreux commentaires quant à l'imminence d'un conflit. Sauf que l'USS Carl Vinson ne s'est jamais approché de la Corée, dans la région de laquelle il ne parviendra qu'aux alentours du 25 avril - comme prévu de longue date dans le cadre des exercices militaires américano - sud-coréens. Retour sur un immense bluff de l'administration Trump.

L'USS Carl Vinson dans le détroit de la Sonde

L'USS Carl Vinson dans le détroit de la Sonde

Comme l'a indiqué l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, au moment où le Président américain Donald Trump menaçait la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) d'une réaction sans précédent en cas de nouvel essai nucléaire ou de lancement d'un missile balistique intercontinental, l'instrument supposé de cette riposte - le bâtiment USS Carl Vinson - se trouvait en réalité à des milliers de kilomètres au sud de la péninsule coréenne, dans le détroit de la Sonde :

Mais à ce moment précis, le porte-avions en question, l’USS Carl Vinson, était dans le détroit de la Sonde, selon une photo diffusée et une légende indiquant que «l’USS Carl Vinson (CVN 70) est en transit dans le détroit de la Sonde. Un déploiement dans le Pacifique Ouest du groupe aéronaval d’attaque du porte-avions Carl Vinson est prévu».

http://french.yonhapnews.co.kr/international/2017/04/19/0400000000AFR20170419001100884.HTML

Alors pourquoi ces rodomontades ? Dans le but manifestement de montrer que lui, Donald Trump, n'inscrirait pas ses pas dans ceux de son prédécesseur Barack Obama sur la question nord-coréenne. Et qu'importe si le mensonge devait finalement être éventé : le temps médiatique a ses raisons. L'annonce de Donald Trump donnant des coups de menton a reçu un écho bien plus important que les révélations sur la manipulation de l'opinion publique concernant le porte-avions Carl Vinson, et c'est bien tout ce qui compte. A toutes fins utiles, de nouveaux éléments de langage ont été servis aux médias internationaux qui ont docilement suivi la feuille de route de l'administration US, à savoir que le Carl Vinson aurait finalement changé de cap et sera de toute manière au large de la Corée autour du 25 avril.

Des images satellite auraient facilement révélé la supercherie. Mais si en ce domaine le site étonnamment bien informé 38 North nous indique en temps réel les prochains essais ou tirs de missile nord-coréens (réels ou supposés), dans le cas américain les mêmes sources se taisent. S'agissant des Etats-Unis, il est interdit de toucher au secret-défense ; dans l'autre cas, nous avons à faire à la stratégie classique de manipulation de l'opinion publique, via les médias dits de référence, par le Pentagone et le département d'Etat.

Mais il y a peut-être aussi une autre raison, plus pragmatique : le Président Donald Trump trouve soudain de nombreuses vertus à la politique chinoise envers la RPD de Corée - après n'avoir cessé de critiquer Pékin pour sa gestion du dossier nord-coréen). Pour ce faire, rien ne vaut une preuve patente de l'estime qu'on a pour son nouveau partenaire : et si Donald Trump avait délibérément menti à l'opinion publique américaine et internationale dans le seul but de s'afficher avec la Chine qui aurait finalement su, en tout état de cause, grâce aux moyens militaires dont elle dispose, la réalité sur le USS Carl Vinson ? Après les revirements de position sur la Russie et la Syrie, Donald Trump n'est plus à un retournement de veste près. Jusqu'au prochain coup de tête de l'imprévisible président américain.

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 16:11

Alors que nombre d'experts prédisaient que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) procèderait à un tir de missile balistique intercontinental, voire à un nouvel essai nucléaire, à l'occasion du 105e anniversaire de la naissance de son fondateur, le Président Kim Il-sung, le 15 avril 2017, Pyongyang a finalement effectué un tir de missile de courte ou moyenne portée - comme elle le fait tous les mois ou deux mois - dans la matinée du 16 avril 2017 (et non pas un essai nucléaire comme a cru bon de l'écrire 20 minutes... illustrant la difficulté  du métier de journaliste consistant à savoir lire et reproduire les dépêches AFP). Selon les militaires américains et sud-coréens, cet essai a échoué. Cette nouvelle étape dans l'escalade militaire autour de la péninsule coréenne fait apparaître qu'il s'agit d'une riposte nord-coréenne graduée face aux manœuvres militaires en cours conduites de manière également très régulière par les Etats-Unis et leurs alliés (malgré le silence éloquent de la plupart des médias occidentaux). L'administration Trump refuse de rendre public le contenu des mesures qu'elle envisagerait de prendre (le cas échéant unilatéralement), suivant une attitude renforçant toujours davantage le danger d'une escalade vers la guerre.

Une parade militaire a été organisée par la RPD de Corée à l'occasion de la fete nationale du 15 avril 2017.

Une parade militaire a été organisée par la RPD de Corée à l'occasion de la fete nationale du 15 avril 2017.

C'est à un nouvel essai de missile, d'une portée inconnue (courte ou moyenne portée ?), auquel a procédé la RPD de Corée le 16 avril 2017. Manifestement, Pyongyang a entendu riposter à l'envoi du porte-avions nucléaire USS Carl Vinson au large de la péninsule coréenne : une initiative fortement médiatisée de l'administration américaine (bien qu'en rien nouvelle), qui visait à dissuader Pyongyang de procéder au lancement d'un missile intercontinental (ICBM) ou à un nouvel essai nucléaire. Et de fait, la RPD de Corée n'a ni testé pour la première fois un ICBM, ni procédé à un sixième essai nucléaire. Il n'empêche : le fait que la RPD de Corée refuse de se soumettre aux injonctions de Washington est insupportable à l'administration américaine, qui a déclaré qu'elle se rapprochait de la Chine - et cru bon de préciser que Donald Trump, adepte des tweets intempestifs, n'avait pas de commentaires à faire. La diplomatie secrète, qui a conduit au carnage de la Première guerre mondiale, a encore des beaux restes parmi les néo-conservateurs américains partisans de faire la guerre aux quatre coins de la planète.

Le tir nord-coréen est intervenu après l'arrivée en République de Corée (Corée du Sud) du vice-président américain Mike Pence.

En réalité, face à l'imprévisible Donald Trump capable de frapper de manière unilatérale la Syrie (qu'il confond par ailleurs avec l'Irak...) alors même qu'il recevait le Chinois Xi Jinping, il serait irréaliste et dangereux pour la RPD de Corée de se soumettre au bon vouloir erratique du chef des armées de la première puissance militaire mondiale, qui hésite entre attaquer la Corée du Nord, saboter son système de défense ou assassiner son dirigeant. La RPD de Corée a des raisons légitimes de vouloir se protéger de ces menaces en développant une capacité de dissuasion nucléaire crédible, c'est-à-dire s'appuyant sur des capacités balistiques éprouvées. Tel était le sens de l'essai du 16 avril, tout échec étant par lui-même riche d'enseignements en ce domaine.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 16:09

Au lendemain des frappes américaines en Syrie et d'un sommet avec la Chine, les Etats-Unis de Donald Trump ont opéré une démonstration de force au large de la péninsule coréenne en y déployant le porte-avions polyvalent à propulsion nucléaire USS Carl Vinson qui, avec ses 100 000 tonnes, est un des plus grands navires militaires au monde. Alors que les Nord-Coréens ont fait savoir qu'ils étaient "prêts à la guerre", l'inquiétude grandit sur cette nouvelle imprudence - certains diront, cette nouvelle provocation - de l'administration américaine qui élève le risque d'un conflit armé majeur causant des millions de morts, alors que le danger de guerre dans la région a atteint son paroxysme depuis des décennies. 

Qui veut la guerre en Corée ?

Les exercices de guerre ne font jamais bon ménage avec la paix : alors qu'ils sont actuellement engagés dans les plus grandes manoeuvres militaires au monde avec les troupes sud-coréennes, les Etats-Unis ont jugé utile de déployer dans la péninsule coréenne le porte-avions USS Carl Vinson - officiellement pour dissuader Pyongyang de procéder à un nouvel essai nucléaire ou un nouveau tir balistique à la veille du 105e anniversaire de la naissance du Président Kim Il-sung, qui sera célébré le 15 avril 2017. La réalité de l'équilibre des forces est bien évidemment autre. La RPD de Corée n'a pas plus de raisons aujourd'hui qu'hier de procéder à une attaque contre l'un ou l'autre de ses voisins, renforçant sa capacité de dissuasion nucléaire pour prévenir toute agression par la superpuissance américaine après avoir tiré les leçons des guerres en Irak et en Libye. En revanche, avec leur frappes en Syrie les Etats-Unis n'ont pas caché que, pour leur part, ils ne font que très peu de cas de la légalité internationale et du cadre des Nations Unies (ni même d'une autorisation parlementaire, Donald Trump ayant fait passer une mesure dès janvier 2017 lui permettant de procéder à une première frappe nucléaire dite "préventive", sans l'aval du Congrès), s'arrogeant le droit de frapper qui il voulait quand il voulait.

Mais la Corée du Nord a un potentiel militaire bien supérieur à celui du gouvernement syrien, en proie à une guerre civile internationalisée. C'est ce qu'a observé à juste titre le congressiste démocrate Ted Lieu, élu de Californie, réserviste de l'armée de l'air :

A la différence de la Syrie, la Corée du Nord a des bombes et peut faire pleuvoir son artillerie sur la Corée du Sud. Vous faites n'importe quoi et des millions de personnes peuvent mourir dans la péninsule coréenne.

A ceux qui, en France ou ailleurs, applaudissent bruyamment aux frappes américaines en Syrie, l'Association d'amitié franco-coréenne adresse cette mise en garde : en encourageant l'administration américaine à agir unilatéralement, vous vous comportez en alliés objectifs des faucons américains qui veulent semer la guerre partout dans le monde. Si un conflit éclatait par votre légèreté, vous auriez à répondre de votre irresponsabilité devant les familles des trop nombreuses victimes innocentes d'un conflit que l'on peut et doit empêcher, pour peu que l'opinion publique internationale se mobilise pour refuser une escalade mortifère.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 19:00

Le 7 avril 2017, les tirs en Syrie de 59 missiles de croisière Tomahawk par les navires américains USS Porter et USS Ross contre les forces loyales au Président Bachar el-Assad ont révélé que, conformément au remaniement de ses équipes de conseillers, le président américain Donald Trump entendait  adopter une ligne encore plus militariste et interventionniste que son prédécesseur Barack Obama. L'initiative en Syrie a ainsi posé la question d'une éventuelle aventure militaire en Corée - mais sur ce sujet les Etats-Unis ont d'abord sondé la Chine, lors d'une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping dans le complexe hôtelier de Mar-a-Lago, en Floride, dont peu d'éléments ont filtré - faisant ainsi renaître la détestable pratique de la diplomatie secrète, qui a été l'une des causes majeures du déclenchement de la Première guerre mondiale. 

Sommet Xi Jinping - Donald Trump à Mar-a-Lago.

Sommet Xi Jinping - Donald Trump à Mar-a-Lago.

Loin de réfréner les ardeurs de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à poursuivre son programme nucléaire et balistique, l'attaque militaire américaine en Syrie a bien au contraire conforté les dirigeants nord-coréens dans leur volonté de doter leur pays d'une force de dissuasion nucléaire crédible face à l'imprévisible Donald Trump. Tout en dénonçant l' "agression américaine" et une violation de la souveraineté nationale de la Syrie, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée, cité par l'agence nord-coréenne KCNA, a ainsi déclaré :

L'attaque de missiles américains visant la Syrie constitue un acte d'agression flagrant et impardonnable à l'encontre d'un État souverain, que nous condamnons fermement (...) Ce qui se passe aujourd'hui témoigne du fait que notre décision de renforcer notre puissance militaire était un choix un million de fois juste.

https://fr.sputniknews.com/international/201704081030806789-syrie-etats-unis-attaque-coree-du-nord/

Plus que la Syrie, c'est toutefois vers le sommet Xi Jinping - Donald Trump que se sont tournés les regards des observateurs pour savoir si, comme il l'avait menacé, le Président américain prendrait l'initiative d'agir seul si la République populaire de Chine n'adoptait pas une position plus dure vis-à-vis de Pyongyang.

A cet égard, les communiqués très convenus publiés par chacune des deux parties ne permettent guère de connaître la teneur exacte des échanges - et encore moins sur la question coréenne (très certainement abordée) que sur d'autres dossiers.

Au-delà des exercices habituels d'autosatisfaction de Donald Trump
(celui-ci a déclaré : "je pense que nous avons accompli d'immenses progrès dans nos relations avec la Chine" et s'est extasié d'avoir eu une relation "extraordinaire" avec son homologue chinois), ce que révèle le communiqué chinois de l'agence Xinhua - Pékin étant plus transparent que Washington dans le contenu de ces discussions - est le primat accordé aux questions économiques et commerciales (les vives critiques de Donald Trump contre la Chine en ce domaine ayant été l'un de ses thèmes de campagne). La partie chinoise a aussi insisté sur l'importance de renforcer la coopération et les mécanismes de dialogue sur les questions stratégiques, dans une critique à peine voilée contre toute tentation d'agir unilatéralement des Chinois alors que l'attaque américaine en Syrie est intervenue pendant la rencontre au sommet. Selon Xinhua,

[Xi Jinping] a proposé que les deux parties lancent les programmes d'échanges annuels convenus et mettent en place ou améliorent le mécanisme de notification mutuelle en cas d'opération militaire majeure ainsi que le code de conduite en cas de rencontre militaire navale ou aérienne.

Dans l'immédiat, il est très probable que la Chine, qui a surtout cherché à comprendre l'administration Trump lors de ce premier échange avant de réajuster sa politique américaine, réactivera notamment ses contacts avec Pyongyang en veillant, une nouvelle fois, à abaisser le niveau des tensions à sa frontière coréenne.

Quant aux Etats-Unis, ils ont laissé filtrer dans les médias ce que pourraient être les nouvelles options (précisons-le : à ce stade, à l'étude, faute de consensus) de leur politique coréenne. Selon NBC News, citant les travaux du Conseil de sécurité national américain, ces pistes consistent tout d'abord à envisager le redéploiement d'armes nucléaires américaines en Corée du Sud, où elles ont été retirées au début des années 1990. Comme le soulignent les auteurs de l'article de NBC News, cette action sans précédent depuis la fin de la guerre froide, constitueraient un "geste indéniablement provocateur".

Autre provocation américaine sur la table : assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, reprenant ainsi le thème d'un nanar qui avait notamment eu comme rôle d'accréditer les opinions publiques occidentales à cette hypothèse, ces dernières étant par ailleurs manipulées sur la vraie origine du piratage des studios Sony Pictures qui ont produit le film (dans la bataille pour la désinformation, les bruits de bottes contre la Corée du Nord se sont d'ailleurs opportunément accompagnés d'une relance de la campagne de dénigrement attribuant à la Corée du Nord le piratage et le casse de la Banque centrale du Bangladesh).

Toujours dans le domaine de la manipulation, la troisième option avancée par le Conseil national de sécurité américain porte, précisément, sur le sabotage et l'infiltration de la Corée du Nord pour détruire leurs infrastructures et empêcher les progrès balistiques (avant d'aller encore plus loin - par une action de déstabilisation interne de type guérilla - dans un deuxième temps ?). Les supplétifs sud-coréens des Etats-Unis seraient affectés à ces basses besognes.


En tout état de cause, pour l'administration Trump la guerre avec la Corée du Nord semble déjà décidée et il ne resterait plus à en définir que le calendrier et les modalités - ce qui ne manque pas d'inquiéter nombre de responsables et anciens responsables américains face à une décision irréfléchie et déraisonnable.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)