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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 19:03

Dans le Tiers Monde, le Président Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et dont le 105e anniversaire est célébré au Nord de la péninsule le 15 avril 2017, bénéficie d'une image positive, à la hauteur de ses engagements anti-impérialistes et anti-colonialistes, y compris dans la lutte contre les régimes d'apartheid. Dans ce contexte, la République du Congo - où le Président de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée Kim Yong-nam, qui exerce les fonctions de chef de l'Etat, s'est rendu à plusieurs reprises (notamment en 2014) - maintient ses liens de solidarité avec la RPD de Corée, comme en a témoigné une conférence qui s'est tenue le 13 avril 2017, au siège de l’Association congolaise d’amitié entre les peuples (Acap), en présence d'André Massamba, secrétaire général adjoint du Parti congolais du travail (PCT), parti du Président Denis Sassou-Nguesso. Nous reproduisons ci-après le compte rendu de cette manifestation, publié par Parfait Wilfried Douniama sur le site de l'Agence d'information d'Afrique centrale, qui précise également les coopérations bilatérales entre les deux pays (en particulier dans les domaines de la santé et de l'agriculture).

André Massamba, secrétaire général adjoint du PTC, entouré de Choe Song Chol, conseiller permanent auprès de l'ambassade de la RPD de Corée en République du Congo, et de Vital Balla, président de l'ACAP.

André Massamba, secrétaire général adjoint du PTC, entouré de Choe Song Chol, conseiller permanent auprès de l'ambassade de la RPD de Corée en République du Congo, et de Vital Balla, président de l'ACAP.

Amitié entre les peuples : l’Acap et l’ambassade de Corée commémorent le 105e anniversaire de Kim Il Sung

Né en 1912, l’ancien président de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est décédé en 1994. En effet, issu d’une famille paysanne pauvre à l’époque de la domination japonaise, Corée, Kim IL Sung s’était engagé dans la lutte révolutionnaire à moins de quinze ans. Témoignant de son action, le conseiller permanent près l’ambassade de la RPDC en République du Congo, Choe Song Chol, a rappelé que Kim Il Sung avait accompli de grands exploits dans l’œuvre de réunification de la Corée. Ceci en présentant une série de projets en la matière, notamment les trois principes de la réunification de la patrie, le projet de fondation d’une République fédérale démocratique du Coryo et le programme en dix points pour la grande union de toute la nation.

« Il mena ses intenses activités pour l’union et la cohésion du mouvement socialiste du monde et pour le mouvement des non-alignés et leur développement, contribuant ainsi largement à l’accomplissement de l’œuvre d’émancipation des peuples », a indiqué le conseiller permanent près l’ambassade de la RPDC au Congo.

Le président de l’Acap a, de son côté, indiqué que Kim Il Sung était considéré comme un éminent leader du 20e siècle, car il avait créé les idées du Juche et Songun en donnant une nouvelle voie à la révolution coréenne. « Les idées du Juche et du Songun se sont propagées rapidement dans les cinq continents. Les peuples progressistes ont pu marcher avec confiance vers un avenir certain de l’être de l’indépendance tout en considérant ces idées comme arme inestimable garantissant la victime des causes justes », se souvient encore Vital Balla.

D’après lui, dans sa vocation d’être et de faire, le président Kim Il Sung avait élaboré la ligne de soutien actif aux pays et peuples qui luttaient sous le drapeau de l’indépendance contre l’impérialisme. Il a également rappelé que le comité d’amitié Congo-Corée de l’Acap a toujours insisté sur le fait qu’il faut mettre un accent particulier dans le domaine agricole. Ceci pour le renforcement de l’amitié inter-paysans qui date déjà de 50 ans dans le cadre de l’économie rurale.

« Le cinquantenaire de l’amitié des peuples a toujours commencé par le premier pas, c’est-à-dire la première année et nous avons beaucoup à faire ensemble, surtout après la visite en Corée de notre ministre de la Santé et de la population où plusieurs accords ont été signés », a souligné le président de l’Acap.

L’ONG congolaise, dont une délégation avait été reçue par l’ancien président coréen a souvent, a indiqué son président, mis en exergue les enseignements du Juche, dans le processus de lutte pour la défense et les victoires pour les causes justes. Vital Balla a, enfin, déclaré que l’endurance, la transmission aux autres bonnes conduites : la paix, solidarité, la justice sociale constituent jusqu’à présent l’une des pièces maîtresses du savoir-faire de son association qui est féconde en matière de développement pluriel.

Le Président Kim Il-sung honoré par le Parti congolais du travail

L’initiative, consistant à célébrer cet anniversaire, a été saluée par le secrétaire général adjoint du PCT. En effet, André Massamba a encouragé l’Acap à aller de l’avant et à conserver les relations avec les pays amis qui font attention au Congo. « Je crois qu’une activité comme celle-ci ne devrait pas être la dernière, mais soyez-en sûrs que nous serons toujours à vos côtés », a-t-il rassuré.

Parfait Wilfried Douniama

Crédit photo Adiac
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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Afrique-Corée
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 16:18

Lors de son assemblée générale du 19 septembre 2015, les adhérents de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Bretagne ont élu le Docteur Djimadoum Ley-Ngardigal comme le nouveau président de leur comité régional. Originaire du Tchad, en Afrique centrale, Djimadoum Ley-Ngardigal est docteur en biologie-biochimie de l’Université de Nancy. Militant communiste, secrétaire général du Parti communiste de l’opposition radicale du Tchad ACTUS/PRPE (Action tchadienne pour l’unité et le socialisme/Parti révolutionnaire populaire et écologique), il est un militant panafricaniste convaincu et actif à travers ses nombreux articles et interviews. Dans un entretien qu'il a accordé à l'AAFC, il explique pourquoi il est "un fervent défenseur de la République populaire démocratique de Corée" (RPDC).

Le principe de la défense de l’indépendance, de la souveraineté, du modèle de société juche conforme à la culture du peuple de la RPDC, doit être respecté. Cette règle est aussi valable pour tout pays quel qu’il soit. Pourquoi la charte des Nations Unies est-elle constamment violée par les puissances impérialistes occidentales, qui imposent aux pays du sud la primauté du droit de la force militaire sur la force du droit international ? Au demeurant, rappelons que l’Article 1 de la charte des Nations Unies stipule en ses alinéas 1 et 2 respectivement :

1- Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ;

2- Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ;

Ne parle-t-on pas de l’exception culturelle française face à l’impérialisme culturel anglo-saxon? Le Général de Gaulle n’avait-il pas fermé les bases militaires des Etats-Unis pour des raisons de souveraineté ? Reprochera-t-on alors aux gouvernements français de défendre ces droits inaliénables ?

La RPDC, issue de la plus meurtrière guerre en Asie des années 1950, est l’un des rares pays du Sud qui défend jalousement son indépendance et sa souveraineté face aux 30 000 soldats états-uniens campés à sa porte en Corée du Sud. Face à ce danger permanent états-unien qui pèse sur la RPDC et en l’absence d’un traité de paix en bonne et due forme depuis la fin de la Guerre de Corée, la RDPC devrait-elle objectivement accepter que les USA lui imposent un désarmement unilatéralement ?

Les récentes guerres impérialistes en Irak et en Libye ne sont pas de nature à inciter la RPDC à baisser la garde en matière de défense de sa souveraineté.

L’amitié entre les peuples et la coopération pacifique mutuellement avantageuse sont les seuls gages pour une paix pérenne dans la péninsule coréenne et dans le monde.

Le récent rétablissement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba socialiste est un exemple édifiant. En effet, le président états-unien Barack Obama a reconnu que 54 ans d’embargo économique contre Cuba ont été contre-productifs, et qu’il fallait tourner la page pour écrire une nouvelle ère. (Cf. Le Monde avec AFP, AP et Reuters 17 décembre 2014)

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 09:39

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), membre du Mouvement des non-alignés, a de longue date une diplomatie active dans le Tiers Monde, et tout particulièrement sur le continent africain, qui lui permet notamment de diversifier ses partenariats économiques, politiques et diplomatiques. C'est dans ce contexte que doit être resituée la visite effectuée en octobre et novembre 2014 en Afrique de l'Est (Soudan, République du Congo et Ouganda) par S.E. Kim Yong-nam, Président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, qui exerce à ce titre les fonctions de chef de l'Etat. Auparavant, le Président Kim Yong-nam avait notamment visité la Tanzanie (en décembre 2011), le Gabon, la Gambie et le Sénégal (mars-avril 2010), l'Afrique du Sud et le Zimbabwe (mai 2009), la Namibie, la République démocratique du Congo, l'Ouganda et l'Angola (mars 2008)

Le Président Kim Yong-nam au cours de sa visite en Ouganda

Le Président Kim Yong-nam au cours de sa visite en Ouganda

La composition de la délégation conduite par le Président Kim Yong-nam a illustré les domaines dans lesquels la RPD de Corée souhaite approfondir ses échanges avec les trois pays d'Afrique de l'Est visités : le Président Kim Yong-nam était accompagné de Kang Ha-guk, ministre de la Santé publique, Kung Sok-ung, vice-ministre des Affaires étrangères, et So Kil-bok, vice-ministre des Relations économiques extérieures.

Comme à l'accoutumée, l'agence KCNA de la RPD de Corée a consacré de nombreuses dépêches à ce déplacement, permettant d'en suivre les moments les plus significatifs.

La délégation coréenne a rencontré, pendant son séjour au Soudan (du 23 au 26 octobre), le Président soudanais Omar Hassan Ahmed Al-Bashir le 23 octobre, et le lendemain le président du Congrès national soudanais. Le Président Kim Yong-nam s'est exprimé en clôture de la session parlementaire, et a félicité le Président Omar Hassan Ahmed Al-Bashir pour sa réélection. Lors de cette visite officielle, des accords de coopération ont été signés dans les domaines, notamment, de la santé publique et de la médecine traditionnelle.

Pendant son séjour au Congo (du 27 au 29 octobre), la délégation a rencontré le Président du Sénat André Obami Itou, et le Président de l'Assemblée nationale Justin Koumba, ainsi que le Président Denis Sassou Nguesso.

La délégation conduite par le Président Kim Yong-nam a été reçue en Ouganda du 29 octobre au 1er novembre, où elle a recontré le Président de l'Assemblée nationale et le Premier ministre Ruhakana Rugunda. Le Président Yoweri Museveni, qui a offert un banquet en son honneur, a loué le rôle de la RPD de Corée dans le combat anti-impérialiste, en la remerciant également pour sa contribution au développement de l'Ouganda et d'autres pays africains après leur accession à l'indépendance. Un accord de coopération a été signé dans le domaine militaire pour l'entraînement et l'équipement des forces ougandaises - y compris dans la pratique des arts martiaux. D'autres accords sectoriels ont été conclus, notamment en matière économique et s'agissant des relations extérieures.


Sources :

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 20:20

Après le départ des Espagnols du Sahara Occidental en 1975, le Maroc et le Mauritanie ont partagé entre eux ce territoire - en méconnaissance d'un avis consultatif de la Cour internationale de justice qui tendait à l'organisation d'un référendum d'autodétermination de ses habitants, qui ne s'est jamais tenu, ce qui a conduit l'Assemblée générale des Nations Unies à considérer que le Sahara occidental reste un territoire à décoloniser. Après l'occupation militaire marocaine et (jusqu'en 1979) mauritanienne, le Front Polisario - de loin l'organisation politique qui disposait déjà de la plus large assise parmi les Sahraouis - a proclamé, le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD). La RASD a immédiatement recherché des appuis internationaux. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a ainsi été le premier Etat non-africain à reconnaître la RASD.

Proclamation du 30e anniversaire de l'indépendance à Tifariti, dans la partie du Sahara occidental administrée par le Front Polisario

Proclamation du 30e anniversaire de l'indépendance à Tifariti, dans la partie du Sahara occidental administrée par le Front Polisario

Dès le 16 mars 1976, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a reconnu la République arabe sahraouie démocratique, qui avait été proclamée moins de trois semaines plus tôt. La RPD de Corée était le 8ème Etat au monde à opérer cette reconnaissance, après (dans cet ordre) Madagascar, le Burundi, l'Algérie, le Bénin, l'Angola, le Mozambique et la Guinée-Bissau. En dehors du continent africain, elle était le premier Etat à reconnaître la RASD.

La décision prise par les autorités nord-coréennes étaient cohérente avec leur soutien constant aux mouvements de décolonisation - du FLN algérien à l'OLP palestinienne, en passant par le rejet des régimes d'apartheid en Afrique du Sud et au Zimbabwe, aux plans tant politique que militaire. Signe de l'indépendance politique de la RPD de Corée, elle tranchait en outre avec l'attentisme de la plupart des autres démocraties populaires qui, à l'instar de l'URSS, tendaient à reconnaître la justesse du combat mené par le Front Polisario, mais n'avaient pas franchi le cap de la reconnaissance du RASD - au regard notamment de l'importance des enjeux économiques avec le Maroc (qui exploite les abondantes ressources halieutiques et en phosphates du Sahara occidental).

D'autres critères ont également motivé la position nord-coréenne sur le conflit du Sahara Occidental - notamment la participation de la RPD de Corée au Mouvement des non-alignés (MNA), qui a fait du combat pour la décolonisation un des fers de lance de son action, et les liens étroits tissés avec l'Algérie, premier soutien du Front Polisario.

Si la reconnaissance de la RASD n'a pas entraîné l'établissement de relations diplomatiques, les messages de solidarité échangés ont témoigné du combat mené en commun contre l'impérialisme. Par exemple, le 26 février 2000, selon l'agence nord-coréenne KCNA, Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, a adressé un message de félicitations à Mohamed Abdelaziz, président de la RASD et secrétaire général du Front Polisario à l'occasion du 24ème anniversaire de la fondation de la RASD, où il exprimait son souhait du développement des relations d'amitié et de coopération entre les deux pays.

Sources :

- Maurice Barbier, Le conflit du Sahara occidental, L'Harmattan, 1982.

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 22:46

Le 17 mai 2014, l'Association malienne pour la culture, l'échange et la solidarité (AMCES), basée à Stains, organisait une conférence-débat à la Maison des associations de Stains à l'occasion de la journée de l'Afrique (25 mai), sur le thème : "Afrique-Asie, singularité de partenariats : cas des deux Corée, de la Chine, du Japon...". L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était présente à cet événement, présentant notamment les photos réalisées par le photo-journaliste Alain Noguès, co-fondateur de l'agence Sygma, lors de ses divers séjours en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au sein de délégations de l'AAFC. D'autre part, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, était l'un des deux intervenants de la conférence.

Journée de l'Afrique : l'AAFC présente à la manifestation organisée par l'AMCES à Stains le 17 mai 2014

C'était un public divers, composé de personnes africaines ou d'origine africaine mais aussi asiatiques (notamment indiennes et pakistanaises), qui est venu pour mieux comprendre la nature des relations complexes entre l'Asie de l'Est (Chine, Corée(s), Japon, Inde, Vietnam...) et les pays du continent africain, à l'occasion de la conférence-débat organisée par l'Association malienne pour la culture, l'échange et la solidarité, le 17 mai 2014 à Stains, à l'occasion de la journée de l'Afrique célébrant l'anniversaire de la signature des accords de l'OUA (Organisation de l'Unité Africaine), le 25 mai 1963.

 

En ouverture de cette conférence-débat, Hamidou Konaté, président de l'AMCES a rappelé les activités développées par l'association, créée le 6 juin 2001, notamment dans le domaine linguistique (cours d'alphabétisation et de langues) et pour l'apprentissage de l'informatique.

 

Puis, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, ancien élève de l'ENA, a présenté le contexte politique et diplomatique des relations entre l'Afrique et l'Asie, qui nécessite préalablement de s'extraire d'une vision exclusivement sino-centrée de la présence asiatique en Afrique, et qui pose la question de la création ou non de nouveau liens de dépendance, semblables à ceux qui unissaient les métropoles européennes à leurs colonies africaines.

La recherche de solidarités globales, au sein du Tiers Monde, entre les nouveaux Etats indépendants d'Afrique et d'Asie a pris place dans le cadre du Mouvement des non-alignés (MNA), selon l'expression forgée par l'Indien Nehru en 1953, et popularisée suite à la conférence de Bandoeng d'avril 1955. Formellement constitué en 1961, le MNA a tenu depuis sa fondation 6 de ses sommets en Afrique et 4 en Asie, s'affirmant largement comme un forum défendant l'indépendance nationale, la souveraineté et l'intégrité des Etats du Tiers Monde, refusant l'impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, la ségrégation, le racisme et le sionisme, selon les termes de la déclaration du MNA adoptée à La Havane en 1979. Le MNA regroupe aujourd'hui presque tous les pays d'Afrique, et la plupart des pays d'Asie (à l'exception notamment du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan, la Chine ayant le statut d'observateur), pour s'opposer au "consensus de Washington" néolibéral. Malgré des combats communs, contre une exploitation économique déséquilibrée des matières premières africaines ou d'autres pays du Tiers Monde, ou pour favoriser une conception multilatérale des relations internationales, le MNA a souffert de dissensions entre ses membres et ce sont d'abord les relations bilatérales entre l'Afrique et tel ou tel pays d'Asie de l'Est qui ont dominé les relations Afrique-Asie depuis plus d'un demi-siècle.

Les relations bilatérales ont ainsi d'abord été marquées par le cadre de la guerre froide et de la décolonisation. Les exemples chinois et coréen montrent clairement comment l'Afrique a été un champ de rivalités pour des Etats asiatiques en quête de légitimité internationale. Alors que jusqu'en 1971 la République de Chine à Taïwan était reconnue par une majorité des Etats du monde (70 sur 120), le choix américain de reconnaître la République populaire de Chine a entraîné une réduction comme peau de chagrin des Etats africains n'ayant de relations qu'avec Taïwan (aujourd'hui, le Burkina Faso, le Swaziland, la Gambie et Sao Tomé et Principe) quand la Chine a insisté sur le principe de non-conditionnalité de ses aides et de relations "gagnant-gagnant" avec l'Afrique se démarquant de la posture de donneurs de leçons propre à l'Occident. Le principe de reconnaissance d'une seule Chine, exigée de Pékin, a ainsi été couché noir sur blanc dans les accords signés avec le Botswana en 1975, le Zimbabwe en 1980 ou encore l'Erythrée en 1993. S'agissant de la Corée, la Corée du Sud a d'abord marqué des points face au Nord (en 1963, elle avait des relations avec 18 Etats africains sur 35, contre 4 pour la RPDC : Algérie, Guinée, Egypte, Mali), avant de voir ses positions céder suite à l'impopularité de sa très forte implication aux côtés des Américains dans la guerre du Vietnam, et de changements politiques avec l'arrivée au pouvoir de gouvernements progressistes, reconnaissant Pyongyang (comme par exemple en 1963 au Congo). Séoul a ainsi dû abandonner en 1973 le principe de reconnaissance exclusive d'une seule Corée, tandis que Pyongyang a forgé des relations privilégiées avec plusieurs Etats : la Namibie, fruit de sa lutte contre le régime d'apartheid, ou encore la Zambie, siège du MNA, dont le vice-président Guy Scott était présent à Pyongyang aux cérémonies du 60e anniversaire de la fin de la guerre de Corée en 2013.

Dans l'après-guerre froide, les relations bilatérales se sont inscrites dans le cadre nouveau de la diplomatie des sommets bilatéraux avec l'ensemble des pays africains, d'abord initiée par le Japon, dès 1993, tardivement venu sur le continent africain, imité ensuite par la Chine (depuis 2000), Taïwan (2007), l'Inde (2008), la Corée du Sud, la Malaisie... Il s'agit d'établir des relations globales, non seulement économiques, mais aussi culturelles et de coopération technique et universitaire. Plusieurs pays d'Asie - comme la Corée du Sud, voire le Vietnam - ont aussi appelé les pays d'Afrique subsaharienne à suivre leur exemple de développement. Dans ce cadre nouveau, les compétitions entre puissances asiatiques restent très présentes, notamment entre la Chine (présente sur les chantiers d'infrastructures, ayant développé une diplomatie culturelle avec la diffusion d'une vingtaine d'Instituts Confucius en Afrique), l'Inde (qui occupe les créneaux de la santé et des nouvelles technologies, et insiste sur son statut de démocratie parlementaire pour plaider sur des formes de relations de travail plus équilibrées que d'autres pays asiatiques), ou encore le Japon - qui met en parallèle sa pénétration économique par l'annonce, en 2013, de 6,5 milliards de dollars dans des projets d'investissement. Si l'Afrique peut légitimement avoir le sentiment d'être victime de nouveaux flux d'échanges inégaux, elle bénéficie aussi d'un accès à des produits de consommation meilleur marché que ceux des entreprises européennes, et aurait tout à gagner à développer les partenariats internes pour mettre en place des accords "Sud-Sud" lui permettant de peser davantage dans les négociations avec tel ou tel pays d'Asie.

Intervenant ensuite, Mamadou Camara, économiste, maître de conférences à l'Université de Paris 13, a dressé un panorama et analysé les relations économiques actuelles entre l'Afrique et l'Asie.

 

Rappelant que les flux d'échanges entre les deux continents sont anciens de plusieurs millénaires, notamment sur la côte swahilie, il a souligné que c'est l'essor des relations privilégiées entre l'Europe et l'Afrique, au 19ème siècle, qui a occulté et affaibli les échanges anciens avec le continent asiatique, donnant l'illusion trompeuse d'un essor nouveau après la Seconde guerre mondiale. Si les années des indépendances sont marquées par des flux d'échanges peu intenses, du fait de la faiblesse des économies tant africaines qu'asiatiques, puis par une phase du chacun pour soi dans les années 1970 malgré le développement du MNA, les années 1980 ont été caractérisées par la mise en place de rapports économiques durables, caractérisés par une complémentarité industrielle, notamment avec les "quatre dragons" est-asiatiques. L'intensification des flux commerciaux et d'investissements directs étrangers a caractérisé le développement d'une diplomatie asiatique offensive vis-à-vis de l'Afrique.

 

La baisse de la part relative de l'Afrique dans le commerce mondial (de 5 % des exportations mondiales entre 1970 et 1979 à 2,8 % entre 2000 et 2010, la part dans les importations baissant respectivement de 4,3 % à 2,5 % au cours des mêmes périodes) donne une impression trompeuse de marginalisation du continent africain. En réalité, en valeur, les échanges Afrique-Asie ont connu une importante augmentation. Dans le cas par exemple du Mali, la part de l'Asie dans les échanges commerciaux a atteint 29,3 % sur la période 2007-2011.

Une différence fondamentale entre l'Afrique et l'Asie est la part du commerce interrégional : entre 2007 et 2011, l'Afrique ne représentait en moyenne que 12,5 % des échanges commerciaux des Etats africains, quand cette part s'élevait à 53 % pour l'Asie en développement, pour laquelle il s'agit d'un facteur de développement économique et de croissance. La demande chinoise en matières premières a été un facteur majeur d'essor des échanges entre l'Afrique et la Chine. L'analyse de la diversification des partenariats commerciaux n'est cependant pas univoque. Les termes de l'échange (mesuré par le ratio entre le prix des produits importés et le prix des produits exportés) ont été marqués par une détérioration continue pour les pays africains, traduisant une position dominante des firmes multinationales.

 

En termes d'investissements directs étrangers (IDE), la crise économique des pays émergents a favorisé par contre-coup l'accueil d'IDE en Afrique. Selon le rapport 2012 de la CNUCED sur les IDE dans le monde, les flux annuels d'IDE ont atteint 50 milliards de dollars, en croissance de 5 % par rapport à l'année précédente - soit un dynamisme comparable à celui de 2011, à contre-courant de l'évolution mondiale. Les projets d'IDE restent cependant très concentrés sur les pays riches en matières premières. En 2012, le stock d'IDE japonais en Afrique s'élevait à 8,4 milliards de dollars (dont 2,4 milliards de dollars en Afrique du Sud). Pour la Chine et la Corée du Sud, ces données s'établissaient respectivement à 4,8 milliards de dollars (dont près de 2 milliards de dollars seulement au Nigéria) et 1,8 milliard de dollars.

 

En conclusion, quelles peuvent être les attentes de l'Afrique en termes d'IDE ? Les IDE chinois se voient reprocher de ne pas être accompagnés d'un recours à la main d'oeuvre locale et d'être trop limités au secteur minier, sans enclencher de réel processus d'industrialisation. Mais un processus de croissance apparaît manifestement enclenché, et la croissance moyenne annuelle de 5 % des économies africaines depuis le début des années 2000 coïncide avec une augmentation de la demande intérieure, une amélioration des récoltes et aussi un renforcement des liens avec les économies émergentes d'Asie.

Lors du très riche débat qui a suivi la conférence, les participants ont abordé la question de la redistribution des richesses pour les populations africaines, le besoin de stabilité politique pour offrir un cadre attractif aux IDE, le caractère artificiel des frontières de nombreux Etats africains (à la différence des nations asiatiques, dont l'unité est très ancienne, comme dans le cas de la Corée) et les effets néfastes de la libéralisation commerciale depuis la création de l'OMC en 1994 sur l'accès aux brevets et la perte de ressources douanières pour les économies africaines.

 

Les discussions se sont poursuivies dans une atmosphère conviviale, lors d'un dîner autour d'un buffet malien et coréen.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne remercie l'Association malienne pour la culture, l'échange et la solidarité pour son invitation, en espérant que cette journée ait contribué à une meilleure compréhension entre les peuples.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 21:03

Dans une dépêche en date du 9 mai 2014, l'agence de presse nord-coréenne KCNA indique que Kim Jong-un, dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a répondu aux messages de félicitations que lui ont adressé les dirigeants de partis politiques et les chefs d'Etat étrangers pour sa réélection comme Premier Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, le 9 avril 2014. Si la dépêche ne prétend pas à l'exhaustivité (notamment pour les dirigeants de partis frères du Parti du travail de Corée), elle offre un aperçu des liens diplomatiques privilégiés qu'entretient la RPD de Corée avec des alliés de longue date.

Si la dépêche de l'agence KCNA mentionne (dans cet ordre) les dirigeants de partis et les chefs d'Etat, la particule "et" a un sens cumulatif : il s'agit bien de viser les plus hautes autorités de leur pays, en particulier dans les Etats socialistes où la fonction de dirigeant du Parti est, en pratique, la plus élevée dans l'exercice du pouvoir - même si le chef de l'Etat peut être protocolairement le numéro un, qui ont personnellement félicité le Maréchal Kim Jong-un pour sa réélection comme Premier Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée.

La liste, par nature incomplète, donnée par l'agence KCNA présente un autre intérêt - l'ordre de désignation apparaît également révélateur d'une certaine hiérarchie dans les amitiés de la RPD de Corée :

- en premier, la Chine, avec Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste chinois et Président de la République populaire de Chine ; la Chine est traditionnellement l'allié le plus étroit de la RPD de Corée, depuis les combats menés en commun contre l'occupant japonais puis lors de la guerre de Corée ; aujourd'hui, la Chine est - de loin - le premier partenaire économique de la Corée du Nord, à laquelle la lie par ailleurs un traité de coopération et d'assistance mutuelle ; enfin, contrairement à ce qu'escomptaient certains dirigeants occidentaux - américains en tête - Xi Jinping poursuit la longue tradition d'amitié sino-coréenne, exprimée notamment par les rencontres au sommet entre le dirigeant Kim Jong-il et le président Hu Jintao ;

Hu Jintao et Kim Jong-il, août 2010

Hu Jintao et Kim Jong-il, août 2010

- en deuxième, Raul Castro Ruz, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, président du Conseil d'Etat et président du Conseil des ministres de Cuba ; si Cuba, compte tenu de son éloignement de la Corée du Nord, n'est pas un de ses partenaires économiques majeurs, la solidarité est étroite et ancienne entre les deux pays socialistes, Cuba faisant partie des Etats ayant toujours choisi, jusqu'à ce jour, de ne pas établir de relations diplomatiques officielles avec la République de Corée (du Sud) ; chacun des deux Etats célèbre les fêtes politiques de l'autre ;

Che Guevara, en visite à Pyongyang en 1965, avec le Président Kim Il-sung

Che Guevara, en visite à Pyongyang en 1965, avec le Président Kim Il-sung

- en troisième, le président népalais Ram Baran Yadav ; il est intéressant de noter que la solidarité de la RPD de Corée avec les autorités népalaises transcende les liens traditionnels avec les principaux partis communistes, le Parti communiste du Népal (maoïste) et le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié), puisque le Président Ram Baran Yadav est issu des rangs du Parti du Congrès ;

Ram Baran Yadav, président de la République démocratique fédérale du Népal

Ram Baran Yadav, président de la République démocratique fédérale du Népal

- en quatrième est mentionné Choummaly Sayasone, secrétaire général du Comité central du Parti révolutionnaire du peuple lao, qui avait été un des tout premiers chefs d'Etat étrangers à rencontrer le futur Maréchal Kim Jong-un, lors de sa visite officielle en RPD de Corée du 21 au 23 septembre 2011 ;

Le président Choummaly Sayasone, à Pyongyang, aux côtés du dirigeant Kim Jong-il et du général Kim Jong-un

Le président Choummaly Sayasone, à Pyongyang, aux côtés du dirigeant Kim Jong-il et du général Kim Jong-un

- en cinquième, Thein Sein, président de Myanmar ; les relations entre la Birmanie, qui avait participé à la guerre de Corée dans le bataillon des Nations Unies, sous commandement américain, avaient ensuite été équilibrées entre les deux Etats coréens avant d'être stoppées vis-à-vis de la RPD de Corée après 1983, puis ont connu un nouvel essor dans les années 2000 ;

- en sixième, le président mongol Tsakhiagiin Elbegdorj ; comme pour le Népal, les relations de coopération traditionnelles entre la Mongolie et la Corée du Nord dépassent les relations partisanes privilégiées du Parti du travail de Corée et des formations qui ont succédé au parti unique mongol, puisque Tsakhiagiin Elbegdorj est issu des rangs du Parti national démocratique ; des rencontres de très haut niveau ont eu lieu à plusieurs reprises entre la Mongolie et la RPD de Corée (notamment avec la visite à Pyongyang, en octobre 2013, du président mongol), et la Mongolie a effectué à plusieurs reprises des missions de bons offices avec les deux Corée pour un système de paix et de sécurité collective en Asie du Nord-Est, où elle partage avec les deux Etats coréens d'être un pays relativement petit entouré de puissants voisins ; les intérêts économiques sont également présents dans la relation bilatérale, notamment au regard de la présence de travailleurs nord-coréens en Mongolie et de la position de débouché maritime privilégié pour la Mongolie que peut constituer le port nord-coréen de Rason ;

- en septième, le roi du Cambodge Norodom Sihamoni ; les liens bilatéraux sont fondés sur la relation d'amitié privilégiée qu'avaient nouée le Président Kim Il-sung et le roi Norodom Sihanouk, qui avait pu trouver refuge au Nord de la péninsule coréenne lorsqu'il avait dû quitter son pays, et avait hautement apprécié la fidélité en amitié de son homologue de RPD de Corée, malgré qu'il n'occupât alors plus le pouvoir ;

Le souverain cambodgien Norodom Sihanouk et le Président Kim Il-sung

Le souverain cambodgien Norodom Sihanouk et le Président Kim Il-sung

- en huitième, Truong Tan Sang, président du Vietnam et président du Conseil de la défense nationale et de la sécurité du Vietnam (cette fonction étant explicitement mentionnée, sans doute par parallélisme avec les fonctions du Maréchal Kim Jong-un comme Premier Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée) ; les deux pays socialistes entretiennent traditionnellement de très bonnes relations, des pilotes de la RPD de Corée ayant participé à la guerre du Vietnam aux côtés du Nord, alors que la Corée du Sud avait fourni le deuxième contingent militaire étranger (après les Etats-Unis) au Sud-Vietnam ;

Le Président Ho Chi Minh et le Président Kim Il-sung

Le Président Ho Chi Minh et le Président Kim Il-sung

- en neuvième, Joseph Kabila Kabange, président de la République démocratique du Congo ; comme pour d'autres pays du Tiers Monde, le soutien à la RPD de Corée est, historiquement, largement transpartisan, le Zaïre alors dirigé par le Président Mobutu ayant été un des premiers Etats d'Afrique subsaharienne à ouvrir une ambassade à Pyongyang ;

 

- en dixième, le président angolais Jose Eduardo Dos Santos, et en onzième, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dont les messages de félicitations et les réponses qu'ils ont reçus s'inscrivent dans une longue tradition de soutien de la RPD de Corée aux mouvements de libération nationale, notamment dans ces deux pays - la Corée du Nord ayant ainsi été le premier pays non arabe à reconnaître le gouvernement provisoire algérien.

Sources :

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 11:23

Nelson_Mandela-2008_-edit-.jpgLa disparition de Nelson Mandela, le 5 décembre 2013, a donné lieu à des hommages unanimes dans l'ensemble de la péninsule coréenne - où la brutale colonisation japonaise (1910-1945) a fait du refus du racisme et du colonialisme des principes solidement ancrés dans les valeurs nationales des Coréens. Toutefois, les termes employés rappellent que les rapports au régime d'apartheid qu'a connu l'Afrique du Sud n'ont pas été les mêmes au Nord et au Sud de la péninsule.

Soutien indéfectible de la lutte anti-apartheid, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a rendu un hommage vibrant à Nelson Mandela par la voix, comme c'est l'usage diplomatique, du Président Kim Yong-nam, Président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC - qui, à ce titre, exerce les fonctions de chef de l'Etat.

Dans un message à son homologue, le président sud-africain Jacob Zuma, dont a rendu compte l'agence officielle KCNA de la RPDC, le Président Kim Yong-nam exprime ses "profondes condoléances" au peuple sud-africain et à la famille de Nelson Mandela. Il souligne que "les exploits accomplis par Nelson Mandela dans le combat contre le racisme et pour la démocratie en Afrique du Sud resteront à jamais dans les mémoires du peuple sud-africain et de l'humanité progressiste". Enfin, le Président Kim Yong-nam a exprimé ses voeux de succès au gouvernement et au peuple sud-africains dans l'édification d'une nouvelle société prospère, conformément au souhait de l'homme d'Etat qu'était Nelson Mandela.

Au Sud de la péninsule, la Présidente Park Geun-hye a aussi présenté ses condoléances au peuple sud-africain et à la famille de Nelson Mandela, en saluant le "grand homme d’Etat qui a mis fin d'une manière pacifique à l'apartheid qui a divisé l'Afrique du Sud pendant longtemps". Elle a aussi déclaré que les valeurs pacifistes auxquelles était attaché Nelson Mandela avaient une valeur universelle, selon un communiqué de l'agence officielle sud-coréenne Yonhap.

Il convient cependant d'observer les lacunes dans le message de Mme Park : l'accent est mis sur le président sud-africain qui a oeuvré à la réconciliation de son pays plutôt que sur le combattant - contre l'apartheid et pour la démocratie. La lutte de Nelson Mandela pour la démocratie est passée sous silence dans la dépêche de Yonhap, indiquant une prise de distance de Mme Park Geun-hye vis-à-vis de l'ancien prisonnier politique. En effet, le père de Mme Park Geun-hye, le général Park Chung-hee, s'est bien placé du côté des geôliers de Nelson Mandela. Il n'était pas en reste quand la droite et l'extrême-droite stipendiaient "le communiste" Nelson Mandela. Ces omissions volontaires ne sont pas innocentes au moment où Mme Park Geun-hye multiplie les atteintes à la démocratie sud-coréenne.

Ces positions révèlent également des différences entre les valeurs de Mme Park et celles d'une partie des dirigeants du parti conservateur (Saenuri), au pouvoir, indiquant ainsi que la chef de l'Etat appartient bien à la frange la plus conservatrice de la droite sud-coréenne - alors qu'elle avait tenté d'apparaître comme une centriste pendant sa campagne électorale. Choi Kyung-hwan, qui dirige le groupe parlementaire Saenuri, a ainsi clairement fait référence au combat de Nelson Mandela pour la démocratie et les droits de l'homme. Néanmoins, c'est sur l'homme de "compromis" et de "conciliation" qu'insiste également Choi Kyung-hwan, indiquant là encore la filiation de la droite sud-coréenne avec la junte militaire dans leur soumission à l'autorité. Les conservateurs sud-coréens n'étaient alors pas du côté des défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme, mais préféraient bien la conciliation et le compromis... avec la junte.

A contrario, le soutien au résistant qu'a été Nelson Mandela est non seulement souligné, mais revendiqué par les démocrates sud-coréens, héritiers des combats pour la démocratie au Sud de la péninsule, qui ont mené une lutte à mort contre le régime Park Chung-hee et refusent aujourd'hui les atteintes aux libertés et aux droits de l'homme à Séoul. Dans une réunion des instances décisionnelles de son parti, Kim Han-gil, qui dirige le Parti démocrate (principal parti d'opposition, centre-gauche), a souligné le combat pour la liberté et l'égalité de Nelson Mandela : "L'idéal de Mandela pour une société démocratique et libre où le peuple vit harmonieusement avec les mêmes opportunités restera dans nos cœurs pour longtemps". En Corée du Sud, où ce sont les mêmes familles qui disposent des leviers du pouvoir politique et économique depuis leur collaboration avec l'occupant japonais, le chemin est effectivement encore long vers l'égalité des chances entre tous les citoyens.

Sources :
- KCNA ;
- New24, "North Korea paies tribute to Mandela",

- Yonhap, "Décès de Mandela : condoléances de Park aux Sud-Africains et à la famille", dépêche en date du 6 décembre 2013 ;
- Yonhap, "Décès de Mandela : les partis politiques présentent leurs condoléances à l'Afrique du Sud", dépêche en date du 6 décembre 2013.
Photo wikimedia.

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 23:15

Le 16 novembre 2013 l'Angola et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont célébré le 38ème anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques, en 1975. A cette occasion, le ministre angolais des Affaires étrangères a loué les "excellentes" relations nouées entre son pays et la RPD de Corée, depuis l'époque de la lutte de libération.

De son soutien sans faille aux mouvements de décolonisation la RPD de Corée a gagné un réseau d'alliances solides, notamment sur le continent africain : c'est ce qu'a rappelé le ministre angolais des Affaires étrangères en qualifiant d' "excellentes" les relations bilatérales dans une note diffusée à la presse le 18 novembre 2013.

Après le soutien apporté par la Corée du Nord à la lutte de libération nationale de l'Angola vis-à-vis du Portugal, la RPDC a été un des premiers pays à reconnaître l'indépendance de l'Angola, le 16 novembre 1975, et à établir des relations diplomatiques, cinq jours après la proclamation d'indépendance. En 1977, la RPDC a ouvert une mission diplomatique à Luanda. Le 3 octobre 2013, le nouvel ambassadeur nord-coréen en Angola, S.E. Kim Hyon-il, a été accrédité par le Président Jose Eduardo dos Santos.

Quelques semaines plus tôt, c'est S.E. Joao Garcia Bires (photo ci-dessous) qui était accrédité par le Président Kim Yong-nam de la RPDC, comme ambassadeur (non résident) à Pyongyang. L'ambassadeur Garcia Bires réside à Pékin. Après s'être notamment rendu au Palais Kumsusan du Soleil, où reposent les dépouilles mortelles du Président Kim Il-sung, fondateur de la RPDC, et de son successeur, le Dirigeant Kim Jong-il, il a fait état du suivi attentif porté par son pays à la question de la réunification de la péninsule coréenne.

H.E_Joao_Garcia_Bires.jpg
Les difficultés économiques de la RPDC avaient entraîné la fermeture temporaire de la représentation nord-coréenne en Angola, après janvier 1998.

Alors que les richesses minérales de l'Angolas suscitent un intérêt renouvelé des puissances occidentales (ainsi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a visité l'Angola le 31 octobre 2013), de multiples actions de coopération ont été engagées entre les deux pays, dans les domaines de la santé, de la construction et des nouvelles technologies.

En mars 2008, le Président Kim Yong-nam du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC avait notamment visité l'Angola à l'occasion d'une tournée internationale en Afrique, témoignant de la place qu'occupe le pays dans le dispositif diplomatique nord-coréen dans le Sud du continent. 

Le Mouvement de libération populaire de l'Angola était représenté au niveau de son bureau politique lors des cérémonies ayant marqué, à Pyongyang, le 60ème anniversaire de l'armistice.

Sources : AAFC, allAfrica.com, Agence angolaise de presse (portalangop, dont photo).

 

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 19:03

thomas-sankara.jpgDu 4 août 1983 jusqu'à son assassinat le 15 octobre 1987, Thomas Sankara a incarné la révolution burkinabé. Alors que la Haute Volta a été rebaptisée Burkina Faso, "pays des hommes intègres", la lutte contre la corruption et l'analphabétisme, pour le développement de l'agriculture et l'amélioration de la santé, a marqué un tournant décisif dans l'histoire du pays. Panafricaniste, Thomas Sankara lutta aussi contre les pouvoirs féodaux des chefs de tribus. Tandis que l'ensemble des citoyens participaient aux décisions politiques au sein des Comités de défense de la révolution, coordonnés au sein du Conseil national de la révolution, sur la scène internationale l'engagement résolument anti-colonialiste et anti-impérialiste de Thomas Sankara, très actif au sein du Mouvement des non-alignés, l'a conduit à multiplier les rapprochements avec les Etats progressistes - au premier rang desquels la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

D'abord Premier ministre, au 11 janvier au 17 mai 1983, Thomas Sankara a multiplié les déplacements à l'étranger. Durant cette période, il a notamment visité la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Le Président Kim Il-sung lui a alors offert un pistolet à crosse d'ivoire que le capitaine Sankara gardait toujours sur lui.

 

Les relations avec la RPD de Corée ne se sont pas limitées à la solidarité formelle. Fer de lance des mouvements d'aide au développement dans un cadre Sud-Sud, entre pays du Tiers Monde, la Corée du Nord a construit deux "magnifiques théâtres populaires", selon l'expression de Bruno Jaffré, à Ouagadougou et Koudougou. C'est aussi à Pyongyang qu'a été publié le Discours d'orientation politique du 2 octobre 1983, texte fondateur de la révolution burkinabé.

 

Pendant la période révolutionnaire au Burkina Faso, les ouvrages du Président Kim Il-sung étaient largement diffusés au Burkina Faso, davantage par exemple que ceux de Fidel Castro, comme écrits révolutionnaires insistant sur l'accession des peuples à l'indépendance et à l'autonomie.

 

Le 15 octobre 1987, l'assassinat de Thomas Sankara conduit à l'arrivée au pouvoir de celui qu'il considérait comme son frère, Blaise Compaoré. Au nom de la raison d'Etat, la Corée du Nord a maintenu ses relations privilégiées avec le Burkina Faso. Dans son message de condoléances, Blaise Compaoré a souligné la grande perte qu'a représentée la disparition du dirigeant Kim Jong-il, qui "a contribué de manière tangible au développement socio-économique du pays avec une extraordinaire acuité politique", reconnaissant le rôle joué par la RPD de Corée dans le développement du Burkina Faso.

Mais le pays des hommes intègres, engagé dans la voie de la "rectification", s'oriente désormais sur un autre chemin que celui de la poursuite de l'expérience révolutionnaire des années Sankara.

 

Sources :

- AAFC ;

- Bruno Jaffré, Burkina Faso. Les années Sankara, de la révolution à la rectification, L'Harmattan, 1989 (p. 152 et 167-168) ;

- Gisèle Prignitz, "Une écriture populaire au service d'une cause révolutionnaire", article paru sur le site thomassankara.net ;

- Hamadou Touré, "Thomas Sankara, le capitaine immortel", article paru sur le site NewAfrika.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:33

Le 9 décembre 1961, le Tanganyika, jusqu'alors sous mandat britannique, accédait à l'indépendance, sous la conduite de son Premier ministre Julius Nyerere. Après que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a été un fer de lance du soutien aux mouvements de décolonisation du Tiers Monde, le Président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, S. Exc. Kim Yong-nam, a participé aux cérémonies ayant marqué le cinquantième anniversaire de l'indépendance du Tanganyika, devenu en 1964 la Tanzanie après l'union réalisée avec Zanzibar et Pemba.

Le 6 décembre 2011, le Président Kim Yong-nam a quitté l'aréoport de Pyongyang pour une visite officielle en Tanzanie, à la tête de la délégation de la RPD de Corée, comprenant également Pak Ui-chun, ministre des Affaires étrangères, présente aux cérémonies du cinquantième anniversaire de l'indépendance du Tanganyika, le 9 décembre 1961. 

kim_yong_nam_dar_es_salaam_revue_des_troupes.jpgA son arrivée à l'aéroport de Dar-Es-Salaam, la délégation a été accueillie, notamment, par Bernard Kamillius Membe, ministre des Affaires étrangères et de la Cooperation internationale, Celina Kombani, ministre de la Constitution et de la Justice, et Jo Yong-man, ambassadeur de la RPDC en Tanzanie. Le Président Kim Yong-nam a passé en revue la garde d'honneur de l'armée tanzanienne.

La délégation de la RPD de Corée a participé aux différentes cérémonies commémoratives de l'anniversaire de l'indépendance, notamment un défilé militaire et des jeux de gymnastique de masse.

kim yong-nam tanzanie ceremonie cinquantieme anniversaire

kim_yong-nam_tanzanie_ceremonie_cinquantieme_anniversaire_i.jpg

A l'occasion de sa visite en Tanzanie, le Président Kim Yong-nam a eu des discussions amicales, séparément, avec les présidents namibien Hifikepunye Pohamba et mozambicain Armando Emilio Guebuza, le 9 décembre 2011. Selon l'agence officielle KCNA de la RPD de Corée, les chefs d'Etat ont procédé à des échanges de vues sur le développement du Mouvement des non-alignés et les récentes questions internationales.

kim_yong-nam_-Armando_Emilio_Guebuza.jpg

 

Kim Yong-nam a également rencontré et eu des discussions, respectivement, avec Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation d'Algérie, et les anciens présidents tanzaniens.

Le 10 décembre, le Président Kim Yong-nam a été reçu par son homologue tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete.

 

kim_yong_nam_Jakaya_Mrisho_Kikwete.jpg

Les relations d'amitié et de coopération entre Pyongyang et Dar-Es-Salaam sont anciennes, fondées sur l'amitié personnelle du Président Kim Il-sung et du Président Julius Nyerere.

Peu après la naissance de la République unie de Tanzanie en 1964, la République populaire démocratique de Corée a établi des relations diplomatiques avec le nouvel Etat dès le 13 janvier 1965. Lors de sa visite en RPD de Corée du 22 au 25 juin 1968, le Président Julius Nyerere avait loué le modèle de développement suivi par Pyongyang et déclaré que la voie tanzanienne vers l'autosuffisance était "parallèle à [celle de] la Corée". Le père du socialisme tanzanien avait également souligné que les luttes d'indépendance africaine étaient comparables au mouvement coréen pour la réunification, indépendamment de toute ingérence étrangère. Lors de cette visite, le Président Kim Il-sung avait exprimé son soutien à la Déclaration d'Arusha - base de la création des villages Ujamaa - et la politique tanzanienne de construction d'une économie nationale indépendante pour transformer un pays pauvre et arriéré en une nation souveraine à part entière. 

La RPD de Corée a apporté une importante aide publique au développement à la Tanzanie dès 1965, rappelée par le Président tanzanien Benjamin William Mkapa lors de la remise des lettres de créances à S. Exc. Pak Kun-gwang, le 12 mai 2005. 

Lorsque des attentats ont été commis près des ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya, en 1998, le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée avait présenté ses condoléances et réitéré l'opposition de Pyongyang à toute forme de terrorisme.


Sources : KCNA (dont photos), Barry K. Gills.

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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)