Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 13:04

Le gouvernement sud-coréen s’apprête à renflouer une nouvelle fois les chantiers navals Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering à hauteur de 2,4 milliards d’euros. La baisse du prix du pétrole et le ralentissement de l’économie mondiale frappent de plein fouet la construction navale qui fut l’un des fers de lance du développement économique du pays qui s’est imposé dans les années 1990 au second rang mondial après le Japon, avant de le supplanter à son tour puis de perdre sa domination mondiale en étant à son tour détrôné par la Chine. Un nombre important d’emplois sont en jeu dans une crise dont les retentissements sont perceptibles jusqu’en France avec le feuilleton de la reprise des chantiers STX de Saint-Nazaire.

Les chantiers navals de Daewoo sur l’île de Geoje

Les chantiers navals de Daewoo sur l’île de Geoje

L’économie sud-coréenne a connu une croissance impressionnante sous le régime autoritaire du Général Park Chung-hee, Président de la République de 1961 à 1979, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat militaire. Ce dernier a opté pour un développement planifié sous la forme de plans quinquennaux à travers une forte proximité entre le milieu des affaires et le milieu politique.


En 1967, au cœur du deuxième de ces plans, la construction navale a été considérée comme constituant l’un des principaux moteurs de la croissance future.

 

Ainsi, en partant de zéro dans ce secteur, les différents conglomérats, qui bénéficiaient de relations privilégiées avec le pouvoir, se sont lancés avec un remarquable succès dans la construction navale, tel Hyundai qui avec son fondateur Chung Ju-yung deviendra le leader du secteur quelques années plus tard.

 

De nos jours, les trois premiers constructeurs mondiaux sont coréens - Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering, Hyundai Heavy Industries et Samsung Heavy Industries – mais leur suprématie est remise en cause par trois principaux facteurs

 

- la concurrence à bas coût venue de la Chine ;
- le ralentissement de l’économie mondiale ;
- le faible prix du pétrole.

 

Ces trois entreprises ont perdu ensemble 4,9 milliards de dollars en 2015, après des pertes qui s’élevaient déjà à 2,5 milliards de dollars en 2014.

 

Compte tenu de ces dettes considérables (tout particulièrement en ce qui concerne Daewoo), le gouvernement de Séoul n’a eu de cesse de renflouer ces sociétés selon le dicton américain bien connu du « Too big to fail » (« trop important pour tomber »)

 

En effet, les enjeux économiques et sociaux sont colossaux, on parle de 50 000 emplois détruits en cas de faillite du seul Daewoo Shipbuilding sans compter les conséquences qui s’ensuivraient pour les quelque 1 300 sous-traitants.

 

« Les constructeurs navals sud-coréens sont ceux que l’on appelle communément les industries cheminées, qui sont de grande taille, emploient de nombreuses personnes avec des syndicats puissants et doivent beaucoup d’argent aux banques » indique l’économiste Oh Suk-tae. « Le gouvernement sud-coréen ne peut tout simplement pas les laisser couler à cause de leur importance politique, peu importe l’argent que cela coûtera pour les sauver », ajoute-t-il.

 

La situation serait susceptible de s’améliorer selon l’analyste Choi Jae-hyung si les prévisions de hausse du prix du baril de brut au-delà de 60 dollars se réalisaient. Il nous prévient cependant que l’âge d’or de la construction navale coréenne est terminé.

Selon lui, « même si la tendance du marché se retourne, il est difficile d’envisager de revivre les jours glorieux de ce secteur ».

 

Daewoo Shipbuilding, Hyundai Heavy et Samsung Heavy devraient réduire leurs effectifs de 16 000 personnes en 2018.

 

Pour limiter les conséquences au niveau de l’emploi et participer au regain de compétitivité de l’entreprise, les salariés de Daewoo Shipbuilding ont accepté de diminuer leurs salaires : « La direction nous a récemment informé d’une baisse de 10% des salaires, et nous avons conscience que cette demande est raisonnable » a déclaré le principal syndicat de l’entreprise. « Nous voulons qu’il soit établi que le syndicat souhaite discuter avec la direction pour arriver à un compromis satisfaisant », dit-il, proposant la mise en place d’un conseil composé de quatre parties : les syndicats, la direction, le gouvernement et les créanciers.

 

La création de ce conseil afin de partager le fardeau est selon le syndicat la seule alternative existante si jamais les créanciers décidaient d’exécuter leurs projets sans le consentement des travailleurs.« Nous savons que le fait de verser continuellement l’argent des contribuables dans Daewoo Shipbuilding est l’objet de critiques et nous les trouvons légitimes. Cependant, un nombre considérable de travailleurs a déjà quitté l’entreprise et ceux qui restent ont vu leurs salaires ainsi que leurs conditions de travail se détériorer », avance-t-il.

Evolution des commandes (à gauche) et évolution des prix (à droite).Evolution des commandes (à gauche) et évolution des prix (à droite).

Evolution des commandes (à gauche) et évolution des prix (à droite).

La Corée du Sud semble devoir se trouver un nouveau modèle, les recettes qui ont fait ses éblouissants succès économiques ne fonctionnant plus aussi bien que par le passé. Les différents conglomérats, jadis tout puissants, sont sous le feu des critiques pour leurs échecs commerciaux et leur collusion avec les élites politiques du pays. La présidente Park Geun-hye, qui représentait pour certains un retour à l’ordre ancien de son père, est maintenant destituée et sous la menace d’une mise en examen imminente.

Ce qui était accepté par le peuple par nécessité de sortir de la pauvreté dans les années du régime militaire est désormais considéré comme intolérable dans une société qui revendique une nouvelle façon de vivre sa modernité.

 

Sources :

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Economie Social
commenter cet article
21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 13:45

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et au premier lieu sa capitale Pyongyang, connaît un véritable renouveau architectural, à mille lieues de certains clichés médiatiques. Les années difficiles qui ont suivi la mort du Président Kim Il-sung, que les Nord-Coréens appellent « La dure marche », sont désormais de l’histoire ancienne, la famine ayant disparu en dépit des sanctions économiques les plus lourdes au monde qui touchent la RPD de Corée. L’exploit est donc de taille pour un pays qui n’a d’autres choix que de poursuivre un développement encore largement autocentré, l’accès aux financements internationaux et aux énergies à bon marché lui étant interdit. C’est ainsi suivant les idées du Juche, faisant de l’indépendance nationale le principe cardinal du système politique et social, que le Président Kim Jong-un a lancé le projet de l’avenue Ryomyong à Pyongyang, symbole de cette nouvelle Corée du Nord qui, fière de sa réussite, fait face avec succès aux sanctions imposées par les États-Unis et leurs alliés.

Image satellite du site avant le début des travaux

Image satellite du site avant le début des travaux

Le projet proposé par Kim Jong-un en mars 2016 correspond à la rénovation totale de l’avenue Ryomyong, partant du Palais du Soleil Kumsusan jusqu’au carrefour Ryonghung à Pyongyang.

Il comprend entres autres la construction d’immeubles modernes d’habitations, d’écoles, de crèches, de bureaux de postes ainsi que la création d’une nouvelle annexe de l’Université Kim Il-sung appelée bâtiment numéro 3.

Maquette du projet

Maquette du projet

Toutes ces structures seront alimentées en eau et en énergie par des moyens écologiques : panneaux solaires pour l’électricité, énergie géothermique pour le chauffage par exemple.

Des serres seront installées sur les toits afin que les citadins soient eux-aussi impliqués dans la production des denrées alimentaires et participent ainsi à l’autonomie du pays en matière agricole.


À propos du projet, le Président Kim Jong-un a déclaré :

La construction de l’avenue n’a pas seulement un but urbanistique mais est également une occasion de montrer clairement l’état d’esprit de la RPDC, debout, en dépit des diverses sanctions et pressions de la part des Américains et de leurs alliés, montrant un pays avançant pour réaliser l’utopie du peuple, prouvant que la RPDC est capable de s’en sortir par elle-même et que rien ne lui est impossible.

Le Président Kim Jong-un sur le site en construction

Le Président Kim Jong-un sur le site en construction

C’est donc en un temps record, un peu plus d’un an, que les travaux parviennent à leur point d’achèvement. La date est en effet fixée au 15 avril 2017, 105ème anniversaire de la naissance du fondateur et Président de la RPDC, Kim Il-sung.

La date d’achèvement des travaux a été décalée, la date de livraison initiale fixée en août 2016 n’ayant pu être tenue à cause des inondations catastrophiques survenues dans la province du Hamgyong du Nord cette même année, tous les efforts de la nation s’étant alors tournés vers l’aide aux sinistrés.


Ce projet trouve sa place dans la politique intitulée « Une Nation Forte et prospère -강성대국 » qui a officiellement démarré en 2012, et qui comprend entre autres la construction de 100,000 nouveaux logements. Si le volontarisme économique a été un des moteurs de la reconstruction du pays à un rythme accéléré au lendemain de la guerre de Corée, suivant une croissance à deux chiffres, la RPD de Corée cherche aujourd’hui à renouer avec des politiques de développement donnant toute leur importance à l’aménagement urbanistique et au logement.

Principale source : KCNA

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Architecture Economie
commenter cet article
11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 18:52

Né à Saint-Pétersbourg, enseignant à l'Université Kookmin de Séoul, Andrei Lankov est un universitaire russe spécialiste de la Corée dont il est un des meilleurs observateurs, marqué à droite - dont l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) ne partage ainsi pas, loin s'en faut, toutes les prises de position. Pour rendre compte des mesures économiques en cours en République populaire démocratique de Corée, ainsi que de la diversification des productions agricoles, et de l'inefficacité des sanctions, nous avons traduit ci-après un article d'Andrei Lankov paru dans le quotidien sud-coréen anglophone The Korea Times, traduit de l'anglais par BA.

Un nouveau produit fait depuis peu fureur sur les marchés nord-coréens – les fraises. Les deux ou trois dernières années ont été marquées par la prolifération de serres, où les agriculteurs nord-coréens produisent des fruits inconnus jusqu’alors.

Cette industrie en Corée du Nord est privée, et son émergence a largement été rendue possible par les réformes agraires de Kim Jong-un. Désormais, les producteurs peuvent négocier des accords avec les coopératives agricoles et louer des terrains où ils peuvent mettre en place des serres.

Construire de tels équipements n’est pas donné. Les fraises et melons que l’on y produit sont encore trop chers pour n’être accessibles qu’au quart de la population le plus aisé. Il faut néanmoins se souvenir que le nombre de personnes pouvant goûter de si délicieux produits se chiffrait en une fraction d’un pour cent, donc l’amélioration est conséquente.

Ainsi, concernant l’économie nord-coréenne, un grand nombre de bonnes nouvelles sont apparues récemment. Malgré les échos des inondations et des sécheresses, il n’y a plus de pénurie de nourriture. Le prix des céréales est stable depuis des années. Il y a beaucoup de travaux de construction à Pyongyang, dans les villes de province, et même dans les campagnes lointaines. Les Nord-Coréens s’habillent mieux que jamais. La nuit venue, les grandes villes ne sont plus recouvertes par les ténèbres – grâce aux panneaux solaires, il y a de la lumière dans les maisons nord-coréennes. La Corée du Nord reste de loin la nation la plus pauvre d’Asie de l’Est, mais est significativement meilleure qu’il y a 10 ou 20 ans.

La plupart, sinon tous ces changements sont guidés par l’expansion inavouée mais puissante de l’économie privée. Ce sont les entrepreneurs privés qui coopèrent avec les agriculteurs pour construire des serres, ce sont les investisseurs privés qui mettent leur argent dans des projets de construction ; ce sont les négociants privés qui achètent, vendent et transportent les panneaux solaires qui constellent dorénavant les appartements de Pyongyang et les habitations à la campagne.

Il est regrettable que les décideurs américains restent largement ignorants de ces changements et vivent toujours dans un monde dominé par des images médiatiques grossièrement dépassées d’une Corée du Nord dystopie sur le point de s’effondrer. Peut-être que s'ils avaient davantage d’opportunités de goûter les fraises nord-coréennes, ils deviendraient moins confiants en ce qui concerne les sanctions contre le régime. En effet, il est remarquable que l’amélioration actuelle de la situation économique en Corée du Nord coïncide globalement avec la mise en place de sanctions strictes internationales prévues pour mettre l’économie à genoux, créant ainsi les conditions pour un mécontentement interne ne laissant au gouvernement nord-coréen d’autre choix que d’abandonner son arsenal nucléaire.

De l’aveu général, même si de telles sanctions réussissaient vraiment à détériorer l’économie, elles ne pousseraient pas Pyongyang à envisager une dénucléarisation. Les décideurs nord-coréens ont depuis longtemps décidé que le programme atomique constitue une condition vitale à la survie du régime. Il y a peu de doutes que s’ils devaient décider entre l’abandon de leur programme nucléaire et ignorer les morts de famine d’innombrables paysans nord-coréens, ils sacrifieront les paysans, pas la bombe. Heureusement, grâce au renouveau de l’économie nord-coréenne, une telle décision reste théorique. Les changements de la dernière décennie démontrent que les dirigeants nord-coréens peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre. Ils peuvent autoriser les entrepreneurs privés à générer de la croissance tout en se félicitant de l’avancée remarquablement rapide de leurs programmes nucléaire et balistique.

Tout indique un vrai triomphe du système de marché à un endroit où la plupart des partisans d’un tel système le détestent passionnément. Mais cela signifie également que les perspectives pour l’avenir sont moins optimistes. La Corée du Nord va rester une puissance nucléaire. Il n’y a aucune chance pour que les sanctions internationales, si spectaculairement inefficaces, aient le plus petit impact sur la politique future du pays.

On admet que la Corée du Nord en voie de développement est moins susceptible de déclencher une guerre nucléaire. Peut-être que tant que la nouvelle classe dirigeante, maintenant constituée à la fois par des impitoyables apparatchiks du parti et par d’audacieux entrepreneurs, reste au pouvoir, la Corée du Nord va se comporter plus prudemment que par le passé. Après tout, la facilité d’accès à des véhicules de luxe pour les dirigeants et à des fraises fraîches pour les masses tendent à rendre une nation moins belliqueuse. Toutefois, il s’agit d’un pari incertain. Il semble de plus en plus probable que l’on doive vivre avec une Corée du Nord possédant l’arme nucléaire, hautement répressive politiquement, mais s’enrichissant au fil des années et même des décennies à venir.

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Economie Relations Etats-Unis-Corée
commenter cet article
1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 19:16

La couverture médiatique des événements est parfois étrangement différente des faits eux-mêmes. Le traditionnel message de nouvel an télévisé du Président Kim Jong-un, le 1er janvier 2017, en offre une illustration frappante : alors que le numéro un nord-coréen a clairement mis en avant le souci d’œuvrer pour la paix et la sécurité en Corée, les médias anglo-saxons n'ont retenu que la poursuite du programme nucléaire et balistique de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour transformer un message de paix en un discours belliqueux. Décryptage (PS : les extraits cités dans l'article sont une traduction, non officielle, par l'AAFC).

Message de nouvel an de Kim Jong-un : pour la paix et la sécurité, pour la prospérité de la Corée

Une fois n'est pas coutume, alors que la part la plus importante du message de nouvel an a été consacré, comme à l'ordinaire, à la situation économique intérieure, la dépêche de l'agence KCNA en ayant rendu compte a déjà évoqué les questions internationales.

Selon l'agence KCNA, dans un contexte marqué en 2016 par le renforcement sans précédent des sanctions contre la RPD de Corée, le Président Kim Jong-un a déclaré que « tant que les États-Unis et leurs suiveurs n'abandonneront pas leurs exercices de guerre », la RPDC « continuera de renforcer son potentiel d'autodéfense et sa capacité à mener une attaque préventive avec comme pivot ses forces nucléaires », tout en précisant que « les tests d'un missile balistique intercontinental sont en phase finale » - une référence étant par ailleurs faite aux progrès réalisés l'an passé dans le domaine balistique et nucléaire, notamment les essais nucléaires de janvier et septembre 2016 présentés comme des essais de bombes H. Mais ces précisions, qui ne sont en rien nouvelles et doivent être envisagées sous l'angle nord-coréen selon lequel l'objectif du désarmement nucléaire n'est possible que dans un cadre global, contrairement au désarmement unilatéral de la RPDC que recherchent les États-Unis (et qui, une fois obtenu, leur ont permis d'agresser des pays dépourvus de moyens suffisants d'autodéfense, comme l'Irak et la Libye).

 

Le principe de la politique étrangère de la RPD de Corée reste, comme le rappelle le premier paragraphe de la dépêche de l'agence KCNA, « la défense de la paix et de la sécurité », dans la péninsule coréenne et dans le monde. La RPD de Corée entend continuer à développer une politique d' « indépendance, de paix et d'amitié », fondée sur des « relations de bon voisinage, d'amitié et de coopération » avec tous les États qui respectent sa souveraineté.

 

Selon la dépêche de l'agence KCNA, le Dirigeant Kim Jong-un a ensuite mis l'accent sur la nécessité d'améliorer les relations intercoréennes et d'encourager par tous les moyens la réunification de la patrie, alors que l'année 2017 marque le 45e anniversaire de la déclaration conjointe du 4 juillet 1972 et le 10e anniversaire de la déclaration du 4 octobre 2007. La RPDC est « constante dans sa position de ne pas combattre ses compatriotes mais de défendre ses compatriotes et la paix du pays (…) Tous les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, doivent être solidaires et se réunir autour du principe consistant à tout subordonner à la réunification » - par-delà les différences d'idéologies et de systèmes politiques. Ce message trouve une résonnance particulière après le vote par le Parlement sud-coréen d'une motion de destitution de la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye, qui a favorisé les tensions intercoréennes – le nom de Mme Park n'étant toutefois pas cité (tout comme d'ailleurs ceux des actuel et futur présidents américains).

 

La plus grande partie du message de nouvel an concerne, une nouvelle fois, la priorité portée à l'amélioration de la situation économique et au développement du pays, dans la continuité des orientations définies lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée en mai 2016 dans le cadre de la stratégie quinquennale de développement économique (le mot « stratégie » étant employé de préférence à celui de « plan »), et sur la base des résultats obtenus l'an passé.

 

Trois secteurs industriels sont à privilégier : l'électricité, la métallurgie et la chimie. L'accent est porté non seulement sur les aspects quantitatifs, mais aussi sur l'amélioration de la qualité de la production – notamment pour la métallurgie afin de diminuer les coûts d'extraction en modernisant le processus de production (dans la dépêche de KCNA, cette modernisation est décrite comme un recours aux technologies modernes dans le cadre des idées du Juche). Les transports, qui sont un des freins au redressement de l'économie, sont à nouveau identifiés comme une priorité – notamment les transports ferroviaires.

 

Pour atteindre l'objectif d'autosuffisance alimentaire, le besoin d'accroître la production agricole est souligné – sont notamment cités l'amélioration de l'alimentation du bétail dans la région de Sepho, la production de fruits, de champignons et de légumes et la pisciculture.

 

Dans le domaine de la construction, plusieurs chantiers prioritaires sont identifiés : la construction de logements rue Ryomyong, la station électrique de Tanchon et la modernisation de l'usine de locomotives Kim Jong-thae.

 

Toujours selon le Président Kim Jong-un, l'atteinte des objectifs de développement exige une amélioration de modes de gestion, la mise en œuvre des progrès technologiques (il est fait allusion à la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 en février 2016, ainsi qu'au développement d'un modèle coréen de robotisation) ainsi qu'un travail idéologique de mobilisation des travailleurs et des soldats – rappelant ainsi le rôle de l'armée comme acteur économique.

 

Les priorités ainsi définies constituent autant d'orientations pour la politique de la RPDC en 2017, justifiant l'intérêt d'en faire une analyse rigoureuse.

 

Source :

Repost 0
29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 19:18

Le lundi 26 septembre 2016, à l'appel du syndicat des métallurgistes KMWU, les travailleurs des entreprises automobiles de Hyundai ont stoppé toute leur activité sur les sites d'Ulsan, Jeonju et Asan après l'échec des négociations salariales. De nouvelles actions étaient d'ores et déjà prévues par le syndicat KMWU à l'issue de la journée du 26 septembre, avec des débrayages de six heures par jour. Il s'agit de la première "grève totale" chez le groupe sud-coréen depuis 12 ans, après plusieurs débrayages conduits depuis juillet 2016. Menées à leur terme, ces actions seraient à l'origine de la perte de 114.000 véhicules pour une valeur de près de 2 milliards d'euros - ayant d'ores et déjà contraint le groupe automobile à réviser à la baisse ses objectifs de production pour 2016.

Les salariés de Hyundai en "grève totale"

Les positions étaient bloquées à l'issue de la 26e séance de négociations salariales : alors que la direction de l'entreprise proposait une hausse moyenne mensuelle de 58.000 won (soit 46 euros), une augmentation des bonus et le transfert à chaque salarié de 10 actions, la KMWU exigeait une hausse au moins équivalente à celle de 2015, soit 85.000 won (ou 68 euros).

Si la direction de Hyundai, tout en se déclarant "déçue" par les actions entreprises, affirme ne pas vouloir rompre le dialogue, le gouvernement est à l'origine d'une répression antisyndicale accrue (avec la condamnation à de la prison ferme de Han Sang-gyun, dirigeant de la centrale KCTU à laquelle est affiliée la KMWU) dans un contexte de forte mobilisation sociale - notamment contre les projets de déréglementation libérale du marché du travail, à l'origine de la défaite des conservateurs au pouvoir lors des élections législatives d'avril 2016. Dans ce contexte, une mise en cause des syndicats a été formulée par Joo Hyung-hwan, ministre du Commerce, suivant une pratique très coréenne d'ingérence du gouvernement dans la vie sociale des entreprises :

 
 

Les exportations coréennes ont beaucoup souffert récemment du fait du ralentissement de l'économie globale. Les débrayages du syndicat de Hyundai Motor ne vont qu'aggraver ces difficultés.

Cinquième producteur mondial d'automobiles, la Corée du Sud a été dépassée par l'Inde pour les six premiers mois de l'année 2016 et est menacée par le Mexique, dont la production augmente aussi rapidement.

Forts d'une tradition de lutte sociale, les salariés de Hyundai ont un salaire moyen mensuel de 2.200 euros (contre 1.700 euros en moyenne en Corée du Sud, où la situation des travailleurs des PME-PMI est beaucoup plus difficile sur un marché du travail caractérisé par un fort dualisme).

Sources :

Repost 1
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Social Economie
commenter cet article
27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 12:49

La ville sud-coréenne d'Ulsan a décidé de lancer des taxis à hydrogène, tandis que par ailleurs la ville de Gwangju s'est lancée dans un projet de partage de véhicules électriques à hydrogène. L'entreprise Hyundai Motor est à l'origine de ces projets dessinant des alternatives aux voitures à essence, en liaison avec le ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Energie dirigé par Joo Hyung-hwan. 

Des taxis à hydrogène à Ulsan

Les dix premiers taxis électriques à hydrogène d'Ulsan, qui appartiendront à la compagnie Tucson ix, s'inscrivent dans une stratégie de couverture progressive du territoire national par ces véhicules innovants : au premier semestre 2018, Hyundai Motor prévoit que 100 taxis à hydrogène desserviront cinq grandes villes - dont Gwangju, après Ulsan.

Par ailleurs, le projet pilote de partage de véhicules électriques à hydrogène, qui sera lancé à Gwangju, comportera initialement une flotte de 15 véhicules électriques à hydrogène et de 15 véhicules électriques.

Selon Chung Jin-haeng, Président de Hyundai Motor, il s'agit d'encourager une évolution des modes de consommation :

Je souhaite que le peuple expérimente la sécurité et l'écologie des voitures roulant à l’hydrogène.

Source :

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Environnement Société Economie
commenter cet article
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 10:48

Après l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 2 mars 2016, de la résolution 2270 ayant significativement accru les sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au regard de la poursuite de ses programmes nucléaires, spatiaux et balistiques, les gouvernements occidentaux, sud-coréen et japonais poussent la République populaire de Chine à fortement diminuer ses échanges économiques avec la RPDC, dans le but de provoquer une asphyxie de l'économie nord-coréenne et un changement de régime à Pyongyang. Dans ce contexte, les données commerciales chinoises (en l'absence de séries statistiques comparables publiées par la RPD de Corée) sont scrutées avec attention, tout particulièrement dans les milieux néoconservateurs. Pékin est ainsi régulièrement condamnée de ne pas appliquer les sanctions contre la RPD de Corée en l'absence d'effondrement du commerce bilatéral Chine-Corée du Nord. Une analyse factuelle dépassant le procès d'intention montre pourtant que cette accusation reste à démontrer. 

La ville de Dandong, à la frontière sino-coréenne, est l'un des principaux points de passage des échanges entre la Chine et la RPD de Corée.

La ville de Dandong, à la frontière sino-coréenne, est l'un des principaux points de passage des échanges entre la Chine et la RPD de Corée.

Selon les données statistiques douanières chinoises, les échanges bilatéraux avec la RPD de Corée ont atteint 17,7 milliards de yuans (soit 2,2 milliards d'euros) au premier semestre 2016, en baisse de 5,6 % par rapport aux six premiers mois de l'année 2015, les importations nord-coréennes ayant diminué encore plus fortement (de 8,7 %). Un rebond a cependant été constaté en août 2016 (+ 30 % par rapport à août 2015, se répartissant entre + 41,6 % pour les exportations chinoises et + 18,7 % pour les importations chinoises), après un repli en juillet 2016 (- 15,7 % par rapport à juillet 2015), n'effaçant pas une tendance globale au ralentissement. Les importations chinoises de minerai de fer ont fortement augmenté en août 2016 ; en revanche, la Chine importe moins de charbon nord-coréen, dans un contexte de saturation du marché chinois. Si l'on complète ces données par des observations de visu des échanges à la ville frontalière chinoise de Dandong, les échanges par voie ferroviaire et terrestre se poursuivent à un rythme comparable avec la période antérieure à l'adoption de la résolution 2270.

Le fait que les exportations nord-coréennes, dominées par les produits miniers, aient plus fortement baissé que les importations de la RPD de Corée, est cohérent avec le fait qu'elles sont ciblées par la résolution 2270. Cette évolution doit cependant aussi tenir compte de l'évolution de la production nord-coréenne et des besoins chinois.

On ne constate donc pas l'effondrement attendu (espéré ?) par les faucons néo-conservateurs, à Washington, Séoul, Tokyo ou Paris. Mais de là à affirmer que la Chine n'applique pas les sanctions commerciales contre Pyongyang, il y a un pas que ces partisans de la guerre et du chaos n'ont pas hésité à franchir.

Il y a en effet tout lieu de croire la Chine quand, opposée au programme nucléaire militaire nord-coréen, elle affirme mettre en oeuvre les résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle a ainsi publié plus rapidement que d'ordinaire les textes réglementaires régissant son application des sanctions. Par ailleurs, le texte de la résolution 2270 reposait sur une ambiguïté - à savoir que les restrictions aux principales exportations de minerais (notamment charbon et minerai de fer) par la Corée du Nord seraient exclues du champ d'application de la résolution dès lors qu'elles seraient utilisées à "des fins concernant les moyens d'existence" de la population nord-coréenne. Cette précision a dû été acceptée par les Etats-Unis et leurs alliés, pour obtenir l'aval de la Chine dans l'adoption de la résolution : comment reprocher à présent aux autorités chinoises de ne pas respecter les termes d'un accord accepté par Washington et ses alliés,en pleine connaissance de cause ?

Dire aujourd'hui que "la Chine n'applique pas les sanctions contre la Corée du Nord", selon les éléments de langage de l'administration américaine volontiers repris par les médias occidentaux, relève ainsi d'une méconnaissance du texte de la résolution 2270 et occulte le fait que les Etats-Unis ne sont, pour leur part, guère sensibles au respect du multilatéralisme, en s'arrogeant le droit de prendre des initiatives unilatérales - qu'il s'agisse du déploiement en Corée du Sud du système de missiles THAAD (sans aucune concertation avec Pékin ni Moscou, pourtant directement concernées) ou de la mise en oeuvre de sanctions américaines contre la RPD de Corée, à nouveau sans consulter d'autres puissances que les Etats qui leur sont affidés

Le procès fait aux autorités chinoises est d'autant plus injuste que celles-ci n'hésitent pas à poursuivre leurs entreprises nationales qui enfreignent les règles clairement définies du régime de sanctions internationales - à savoir l'interdiction des exportations permettant la poursuite par Pyongyang de ses programmes nucléaires et balistiques.
Le département de la sécurité publique de la province de Liaonin vient ainsi d'annoncer des poursuites contre le conglomérat Hongxiang, dirigé par Mme Ma Xiaohong et qui constitue l'un des acteurs majeurs des échanges sino - nord-coréens, basé à Dandong. Les pousruites portent sur de "graves crimes économiques" - dont la nature n'a toutefois pas été précisée.

Principales sources :

 

Repost 1
24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 12:18

Le 25 août 1960 est célébré en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme le début de la politique de Songun par le Dirigeant Kim Jong-il. La politique de Songun consiste à donner la priorité aux affaires militaires. Dans ce contexte, le Président Kim Jong-un a défini la ligne byeongjin (byungjin dans les textes reprenant la graphie de l'anglais), consistant à poursuivre simultanément le développement de l'économie et la constitution d'une force de dissuasion nucléaire. Nous revenons ci-après sur la ligne byeongjin.

Lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée qui s'est tenu en mai 2016, Kim Jong-un a réaffirmé la ligne byeongjin.

Lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée qui s'est tenu en mai 2016, Kim Jong-un a réaffirmé la ligne byeongjin.

Lors de la réunion plénière du Comité central du Parti qui s'est tenue le 31 mars 2013, le Président Kim Jong-un a défini la ligne byeongjin comme une nécessité pour assurer la sauvegarde de la RPD de Corée "face à l'impérialisme américain", dans un contexte de graves tensions internationales :

Contre les impérialistes et ceux qui vénèrent leurs menaces ouvertes et les débats sur la possibilité d'une invasion, la ligne byeongjin du parti nous permettra de détenir la puissance nucléaire pour construire un pays puissance économiquement.

Alors que les sanctions internationales du Conseil de sécurité des Nations Unies visent à ce que la RPD de Corée renonce à son programme nucléaire militaire et à ses programmes balistiques et spatiaux, la ligne byeongjin prend le contre-pied de cette position en affirmant que la construction d'une puissance militaire (en l'occurrence, nucléaire) est au contraire un fondement du développement économique, et que ces deux objectifs doivent être poursuivis simultanément.

Ce lien a été explicité dans une brochure en coréen intitulée Aperçu sur la Corée d'aujourd'hui en 100 questions et 100 réponses, en mettant en parallèle le nucléaire militaire et le nucléaire civil, dans la perspective plus large de l'approvisionnement de la Corée du Nord en sources d'énergie :

En se reposant sur l'industrie de l'énergie nucléaire, [la ligne byeongjin] développera à la fois les capacités nucléaires et résoudra la question des pénuries d'énergie, en renforçant ainsi les capacités de défense et en développant l'économie pour améliorer le niveau de vie du peuple.

Trois ans après la définition de la ligne byeongin du Parti, l'agence nord-coréenne KCNA s'est félicitée, dans une dépêche en date du 31 mars 2016, que cette orientation avait "élevé la RPDC au rang de pays prospère pour le peuple, doté d'une puissance nucléaire invincible", en soulignant :

- s'agissant des capacités de défense, le test nucléaire du 6 janvier 2016 et le renforcement des capacités balistiques ;
- en ce qui concerne l'économie, plusieurs réalisations architecturales comme le quartier scientifique résidentiel de Wisong, les rues des scientifiques Unha et Mirae, la maison de retraite des scientifiques Yonphung, le parc aquatique Munsu et la station de ski de Masikryong.

En conclusion, KCNA observait que la ligne byeongjin ne correspondait pas à une position tactique dans uns situation économique reconnue comme en retard, mais bien à une ligne stratégique pour le développement de la révolution coréenne.

Source principale :

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique de la RPDC Economie
commenter cet article
9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 18:35

Dans un article publié le 9 juin 2016, Frédéric Ojardias (RFI) souligne les paradoxes de la culture du riz en Corée : alors que le Sud souffre d'une surproduction, le Nord lutte toujours pour l'autosuffisance alimentaire... mais les autorités conservatrices sud-coréennes refusent résolument d'envoyer les surplus au Nord. Une politique cohérente avec la stratégie de la droite sud-coréenne : il faut affamer la Corée du Nord dans l'espoit de provoquer un changement de régime. Décryptage.

Rizière près de Paju, au Sud de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corée

Rizière près de Paju, au Sud de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corée

Dans la péninsule coréenne, c'est toujours le Sud qui a bénéficié des meilleures terres agricoles et de la plus forte production de riz, base de l'alimentation des Coréens - et c'est donc aussi dans les régions méridionales que la population a le plus fortement augmenté, bien avant la partition. Quand la Corée souffrait de famine, les populations du Nord, les plus touchées, allaient dans la Mandchourie voisine, où s'est ainsi installée une forte minorité coréenne dès les années 1860.

Dans le Nord, où un sixième seulement des terres sont arables, le riz ne constitue d'ailleurs que la moitié de la production céréalière - la production de maïs étant pratiquement aussi importante que celle de riz. Après la disette des années 1990, dans un contexte marqué notamment par des catastrophes climatiques à répétition (sécheresses, inondations), les autorités nord-coréennes ont encouragé la diversification de la production agricole, et si la production céréalière a retrouvé un niveau proche de l'autosuffisance, les aléas climatiques maintiennent une situation d'insécurité alimentaire.

Malgré la partition de la péninsule entérinée par la création de deux Etats en 1948, la solidarité a joué : le Nord a fourni de l'électricité au Sud après la Libération et est venu en aide aux victimes sud-coréennes des inondations en 1984, tandis que le Sud a décidé de livrer des céréales au Nord touché par les pénuries alimentaires après 1992.

Mais tout cela, c'était avant : avant que les conservateurs ne reviennent au pouvoir en Corée du Sud en 2008. L'une de leurs premières actions a été de stopper les livraisons de céréales et d'engrais au Nord, au prétexte que les aides seraient détournées : le prétexte est facile, car toute ONG humanitaire sait bien que refuser d'aider des populations dans le besoin s'exerce au détriment de toutes les couches sociales.

Si la guerre consiste à causer des pertes pour l'ennemi en utilisant tous les moyens disponibles, le Sud - toujours techniquement en état de guerre avec le Nord - utilise l'une des armes les plus abominables qui soit par les dommages irréversibles qu'elle cause : l'arme alimentaire. Le Sud n'a pas l'arme nucléaire, mais elle dispose de l'arme alimentaire, et pire, elle l'utilise - contrairement à l'arme nucléaire nord-coréenne.

Dès lors, conformément à cette logique criminelle qui porte un nom (poliorcétique), que valent les constats que les surplus de riz sud-coréens ne cessent d'augmenter, sous l'effet notamment du changement des habitudes alimentaires entraînant une baisse de la consommation au Sud, alors que les prix rendent le riz sud-coréen a priori non compétitif sur les marchés étrangers - comme l'observe Frédéric Ojardias pour RFI :

 

Résultat : les Coréens mangent moins de 63 kg de riz par personne et par an. Soit moins de deux bols de riz par jour. C’est deux fois moins qu’il y a 30 ans. Mais si la consommation chute, la production augmente. La dernière récolte a été excellente. Pis, la Corée du Sud, qui refuse d’ouvrir son marché du riz, se voit en contrepartie obligée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) d’importer plus de 400 000 tonnes de riz par an.

Dans ce contexte, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient les efforts d'une partie des paysans sud-coréens d'envoyer les surplus au Nord - ce qui relève autant de considérations humanitaires que de la simple logique économique. Mais des raisonnements rationnels ne pèsent guère sur des autorités sud-coréennes enfermées dans une mentalité obsidionale de guerre froide, qui ont besoin de la peur et de la répression pour maintenir une poigne de fer sur le pays qu'elles gouvernent. Le capitalisme autoritaire a sa logique, sinistre.

Source :

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes Economie
commenter cet article
27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 12:02

Le 27 avril 2016, l'agence de presse officielle KCNA (Korean Central News Agency) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que le 7e Congrès du Parti du travail de Corée (PTC) s'ouvrirait le 6 mai 2016 à Pyongyang en présence de 3 000 délégués - sans préciser la date de clôture (le précédent Congrès, en 1980, avait duré quatre jours). Alors que nombre d'observateurs étrangers s'attendent à l'annonce de nouvelles mesures économiques pour élever le rythme de croissance économique de la RPDC, parallèlement au renouvellement des instances dirigeantes du Parti, l'annonce publique de la date exacte du Congrès - dont la convocation avait donné lieu à un communiqué de l'agence KCNA le 29 octobre 2015 - intervient dans un contexte d'accélération des efforts pour le développement simultané de l'économie nationale et des capacités de défense.

Le septième congrès du Parti du travail de Corée s'ouvrira le 6 mai 2016

Au plan économique, les Nord-Coréens sont engagés dans une nouvelle "bataille de la production" à l'approche du Congrès du PTC, la campagne des 70 jours : si elle suscite peu d'intérêt dans les médias occidentaux, elle n'en traduit pas moins la mobilisation de millions de travailleurs et d'étudiants en impactant fortement leur vie quotidienne, et fait ainsi l'objet d'une assez large couverture dans les médias nord-coréens.

Les initiatives prises par les autorités nord-coréennes dans le domaine militaire ont été en revanche largement couvertes en Occident, depuis l'essai nucléaire du 6 janvier 2016 : le 23 avril, la RPDC s'est félicité du "succès" du lancement d'un nouveau missile balistique mer-sol depuis un sous-marin sur sa côte Est. Si les commandements militaires américain et sud-coréen ont parlé d'un "échec", tout en dénonçant une violation des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies, il est avéré que, quel que soit le régime draconien de santions auquel elle est soumise, la Corée du Nord progresse dans l'obtention d'une capacité de frappe nucléaire sur le territoire américain à l'aide d'un missile balistique intercontinental, prétendant avoir déjà franchi ce seuil technologique.

En tout état de cause, la montée en puissance militaire de la RPDC est prise au sérieux par les Etats-Unis et leurs alliés : les exercices de guerre américano - sud-coréens de ce printemps sont d'une ampleur exceptionnelle, et un ancien conseiller du département d'Etat américain, Rober Einhorn, vient de rappeler lors du forum "Asan Plenum 2016" à Séoul que "les Etats-Unis ont déjà déclaré qu'ils étaient prêts à employer l'arme nucléaire en premier, si nécessaire, soit en Europe, soit en Asie de l'est afin de soutenir la Corée du Sud et le Japon. Cette approche fait toujours partie de la politique américaine". Cette constance de la politique américaine à envisager une attaque nucléaire en premier sur la Corée du Nord explique la volonté de Pyongyang de contrer cette menace en disposant elle-même d'une capacité de dissuasion nucléaire significative. Pour sa part, l'AAFC estime que l'escalade militaire en Asie du Nord-Est traduit la faillite de la politique occidentale de sanctions et d'isolement de la RPDC menée sans discontinuer par les administrations américaines successives (Barack Obama ayant avoué être un partisan de la théorie de l'effondrement nord-coréen développée par les faucons néo-conservateurs), et qu'il importe de revenir enfin au dialogue et à une volonté sincère de dénucléarisation de toutes les parties pour stopper l'engrenage de la guerre et de son corollaire, la course aux armements qui détourne des sommes importantes de politiques concourant directement au bien-être des populations.

Sources :

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique de la RPDC Relations Etats-Unis-Corée Economie
commenter cet article

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Traduction automatique

French to Albanian  French to Arabic  French to Bulgarian  French to Chinese (Simplified)  French to Croatian  French to Czech  French to Danish

French to Dutch  French to English  French to Estonian  French to Finnish  French to German  French to Greek  French to Hebrew

French to Hindi  French to Hungarian  French to Indonesian  French to Italian  French to Japanese   French to Latvian  French to Lithuanian

French to Norwegian  French to Polish  French to Portuguese  French to Romanian  French to Russian  French to Serbian  French to Slovak

French to Slovene  French to Spanish  French to Swedish  French to Thai  French to Turkish  French to Ukrainian  French to Vietnamese

Attention !
Une traduction automatique
peut contenir des erreurs...

Recherche

D'où venez-vous?

aujourd'hui


depuis le début de ce mois

 
 

Teads - Top des blogs - International

Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)