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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 08:50

Le 13 octobre 2017, l'annonce de profits records (et supérieurs aux prévisions) de Samsung Electronics a coïncidé avec la démission surprise de son dirigeant Kwon Oh-hyun, entraînant un recul du titre de la société de 0,5 % sur la Bourse de Séoul. Alors que les analystes se perdent en conjectures sur l'origine du départ de "Mr Chip", l'un des artisans du succès de la branche phare du chaebol, un rapprochement est effectué avec la condamnation en août dernier, à cinq ans de prison, de l'héritier et dirigeant de fait de Samsung Lee Jae-yong, pour corruption, abus de biens sociaux et parjure. Le petit-fils du fondateur du groupe familial, réputé autant pour son succès économique éclatant (il pèse 23 % du PIB sud-coréen) que pour son autoritarisme et ses atteintes aux libertés syndicales et à la santé des salariés, avait été inculpé en février 2017 dans le cadre de l'affaire Choi Soon-sil - du nom de la gourou de l'ancienne Présidente Park Geun-hye, destituée puis emprisonnée à la suite du plus retentissant scandale de corruption politico-financier de l'histoire de la Corée du Sud. Ainsi, des millions de Coréens avaient battu le pavé pendant des mois pour exiger non seulement son départ du pouvoir, mais aussi le jugement des responsables politiques et financiers impliqués dans l'affaire Choi Soon-sil. 

Kwon Oh-hyun

Kwon Oh-hyun

L'annonce, le 13 octobre 2017, des excellents résultats trimestriels de Samsung Electronics aurait dû avoir un impact très positif sur sa valeur boursière : de juillet à septembre 2017, selon les premières estimations de l'entreprise, le bénéfice d'exploitation se serait élevé à 14 500 milliards de won (soit 11 milliards d'euros) pour un chiffre d'affaires de 46 milliards d'euros, soit un triplement par rapport aux résultats obtenus un an plus tôt - dans un contexte alors marqué par les graves défaillances du Galaxy Note 7 - de trop nombreux smartphones ayant pris feu. Samsung Electronics  est une filiale à 100 % du groupe Samsung, et son chiffre d'affaires en fait actuellement le numéro 1 mondial de l'électronique grand public, devant Apple. 

Or le titre a perdu 0,5 % en une journée sur la Bourse de Séoul. En effet, ce même vendredi 13 octobre 2017, le dirigeant Kwon Oh-hyun, âgé de 64 ans et qui avait rejoint le groupe en 1985 comme chercheur, annonçait, dans une lettre aux salariés du groupe, qu'il quitterait ses fonctions à la tête de Samsung Electronics (et également comme PDG de Samsung Display) en mars 2018, invoquant un nécessaire changement générationnel dans un contexte de "crise sans précédent" : 

Maintenant plus que jamais, l'entreprise a besoin d'un nouveau leader et il est temps pour moi de passer au prochain chapitre de ma vie (...) Alors que nous [Samsung ; NDLR] sommes confrontés à une crise sans précédent, je crois que le temps est venu pour l'entreprise de travailler avec un nouvel esprit et un leadership plus jeune afin de mieux répondre aux challenges liés aux changements rapides de l'industrie de l'électronique.

Comme le souligne Yann Rousseau des Echos, l'impact de cette décision doit être mesuré au regard de l'effet d'entraînement de la division des puces mémoires pour la dynamique de Samsung Electronics et, ce faisant, pour tout le groupe Samsung, alors que les pré-commandes du Galaxy Note 8 auraint été les plus importantes jamais enregistrées pour cette gamme de téléphones de Samsung (selon le dirigeant de la branche smartphones, D.J. Koh) :  

Samsung Electronics cherche à identifier les moteurs de croissance qui lui permettront, à moyen terme, de maintenir son niveau exceptionnel de profits, jusqu'ici porté par sa domination du marché mondial des composants. Sur le troisième trimestre, la division du groupe en charge de la conception, de la production et de la vente des puces mémoires NAND et DRAM a, encore une fois, été la plus dynamique et la plus profitable tant le groupe domine ce marché. Son unité en charge des dalles de type OLED («organic light-emitting diode») bat aussi des records, grâce aux commandes d'écrans des marques de smartphones premium qui ne peuvent se tourner vers aucun fournisseur alternatif.

Ces branches de Samsung ont d'ailleurs, ces derniers mois, profité des bonnes ventes de la nouvelle génération d'iPhone , auxquels elles fournissent des mémoires ou des écrans. Selon les dernières projections de Counterpoint Technology Market Research, chaque vente d'iPhone X d'Apple à 1.000 dollars rapportera 110 dollars à Samsung Electronics.

Même si Kwon Oh-hyun n'en dit pas un mot, tous les observateurs ont en tête un possible lien avec la récente condamnation à cinq ans de prison de Lee Jae-yong, 49 ans, petit-fils du fondateur du groupe Samsung, Lee Byung-chul, et dirigeant de facto de celui-ci, en raison de l'état de santé du dirigeant de droit, Lee Kun-hee, père de Lee Jae-yong. La crise à laquelle fait allusion Kwon Oh-hyun semble en effet "exclusivement d'ordre politique" (pour reprendre les termes utilisés par Johann Breton dans un article des Numériques), liée à la situation judiciaire de Lee Jae-yeong.

Dans la culture confucéenne propre à l'ensemble de la péninsule coréenne, marquée par le respect des anciens et le culte des fondateurs, il est habituel que les fonctions de direction économique, politique ou encore religieuse se transmettent de génération en génération (par exemple, la présidente sud-coréenne, récemment chassée du pouvoir par la rue, Mme Park Geun-hye, avait construit sa carrière politique et bâti ses réseaux sur l'image de son père le général Park Chung-hee, ayant mis en place le régime le plus autoritaire qu'ait jamais connu la Corée du Sud, à l'origine de milliers de morts, mais dont la présidence avait coïncidé avec le développement économique spectaculaire du pays). Il n'est donc pas si surprenant, pour les Sud-Coréens, que Lee Jae-yong (qui aime se faire appeler Jay Y. Lee, suivant une forme américanisée de son nom) continue de diriger son empire familial depuis sa prison, l'allégeance au leader étant vue comme une vertu cardinale - et c'est d'ailleurs bien en termes de besoins d'un nouveau leader que s'est exprimé Kwon Oh-hyun, de quinze ans l'aîné de Lee Jae-yong. Ne faut-il donc pas voir dans le retrait de Kwon Oh-hyun l'effet d'une disgrâce et d'une décision prise pour Lee Jae-yong pour réaffirmer son pouvoir total sur le groupe alors que sa condamnation (dont il a fait appel, et pour laquelle il plaide non coupable) pourrait être de nature à favoriser la contestation de sa position - tandis d'autres membres de sa famille occupent des fonctions économiques importantes (la soeur de Lee Jae-yong, Lee Boo-jin, est la femme la plus riche de Corée du Sud et dirige la chaîne d'hôtels Shilla) ? En effet, Kwon Oh-hyun était vu comme le numéro trois de l'empire Samsung, après Lee Kun-hee (empêché pour raisons de santé) et Lee Jae-yong (emprisonné). Compte tenu du peu de transparence qui entoure les décisions internes à Samsung (une entreprise capitaliste n'ayant pas vocation à avoir un fonctionnement démocratique), rien à notre connaissance ne permet à ce stade d'étayer cette hypothèse, dans un pays où les fortunes économiques se sont le plus souvent bâties à l'ombre du colonisateur japonais puis avec les protections des régimes autoritaires qui ont tenu le haut du pavé à Séoul pendant quatre des sept décennies ayant suivi la fondation de la République de Corée en 1948. 

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Economie Politique sud-coréenne
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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 20:45

Un paradoxe semble caractériser l'économie de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : malgré des sanctions internationales toujours accrues, non seulement le pays ne s'effondre pas, mais il connaît même une croissance économique non négligeable. Pour expliquer ce paradoxe, les partisans de la théorie de l'effondrement de la RPD de Corée ont recours à diverses explications qui contournent l'échec de leur modèle théorique : contournement des sanctions, comportement non coopératif de certains Etats (au premier rang desquels ils placent bien sûr la Chine, principal partenaire économique) ou de certaines entités non étatiques (facteur selon eux seul à même d'expliquer la poursuite avec succès des programmes nucléaire et balistique...). Ce faisant, ils ignorent un aspect pourtant largement développé par les auteurs ayant analysé l'effondrement des civilisations (comme le géographe Jared Diamond, auteur de Effondrement) : la capacité (ou non) des sociétés à innover économiquement et à s'adapter. Celle-ci est pourtant très présente dans la société nord-coréenne, comme nous allons l'illustrer par divers exemples. 

Ri Sung-gi (1905-1996), inventeur du vinalon, lauréat du prix Lénine en 1962.

Ri Sung-gi (1905-1996), inventeur du vinalon, lauréat du prix Lénine en 1962.

Inventeurs et découvreurs occupent une place particulière dans les créations artistiques nord-coréennes - l'héroïne du Journal d'une jeune Nord-Coréenne ne se voit-elle pas reprocher que son père soit un savant qui ne découvre rien, avant que ce dernier ne fasse (enfin) une découverte majeure et qu'elle décide d'embrasser à son tour une carrière scientifique ?  

L'innovation et l'adaptation sont hautement valorisées, et les Nord-Coréens sont très fiers de découvertes nationales dont les applications ont permis de pallier certaines carences (ou au contraire les atouts) en ressources premières. Le vinalon et le fer Juche apportent des illustrations ainsi décrites dans le fascicule "Economie" de la série Connaissances sur la Corée (éditions en langues étrangères de Pyongyang, 2016, citations extraites p. 26-27 et 31-32), qui soulignent le processus continu d'innovation et l'utilisation économique faite de ces découvertes : 

37. Fer Juche

Il s'agit du fer produit par un procédé de production n'utilisant pas de coke.
La RPDC, où ce combustible manque, s'est investie depuis longtemps dans la mise au point d'une méthode de production de fer recourant à ses propres ressources et techniques.
Le complexe d'aciérage de Songjin a perfectionné un système de production de fer Juche en reliant directement le four rotatif et le four de fusion à oxygène, une véritable révolution dans l'industrie sidérurgique du pays.
Cette méthode de production de l'acier intégrant le processus de fonte et celui d'aciérage est originale, car elle permet de produire l'acier en maintenant bouillante la fonte jusqu'à son aciérage, innovant ainsi la production de l'acier.

42. Vinalon

Le vinalon, fibre d'alcool issue d'alcool polyvinylique, est une fibre chimique mise au point par le savant coréen Ri Sung Gi (1905-1996) dans les années 1930.
Il suffit de carbure de calcium pour produire du vinalon. Or, la RPDC abonde en gisements de calcaire et d'anthracite, matières premières pour le carbure de calcium.
Le tissu de vinalon, fibre blanche et luisante, est dur et doux, et il absorbe l'humidité mieux que les autres tissus de fibres synthétiques. Il résiste d'ailleurs à l'acide et à l'alcali, et ne s'altère presque guère sous l'action des microbes, dont la moisissure.
Le complexe de vinalon 8-Février sort, outre la fibre de vinalon de qualité, des produits chimiques inorganiques, organiques, macromoléculaires et fines organiques. Il produit encore à partir d'un produit intermédiaire de vinalon plus de 400 sortes de produits chimiques, dont la soude caustique, le chlorure de vinyle, le vinylacétate, l'acide chlorhydrique, des catalyseurs. On y compte aussi des produits phytosanitaires comme herbicide et pesticide efficaces ainsi que des colorants.

Certains aspects de l'économie nationale, souvent interprétés comme des défaillances, traduisent autant des adaptations à un environnement sous contrainte. Si la vitesse des trains est réduite il faut aussi y voir une réponse à la pénurie d'énergie, qui n'a rien d'exceptionnel ni de propre à la Corée : après 2008, les compagnies de navires-cargo ont réduit la vitesse de leurs navires tout en en accroissant le nombre pour compenser l'augmentation des coûts de pétrole. Après 2012, les façades des immeubles nouvellement construits à Pyongyang se sont couvertes d'éclairage led, plus faiblement consommateur d'énergie. 

Dans le contexte des sanctions économiques et d'une fermeture subie aux circuits financiers internationaux, la résilience de la Corée du Nord s'éprouve à sa capacité à faire face : à l'embargo partiel sur le pétrole nouvellement imposé répond ainsi une rationalisation de la consommation d'hydrocarbures et, peut-on supposer, la recherche de sources d'énergie alternatives - la RPD de Corée a multiplié les panneaux solaires, et pourrait demain s'engager sur l'exploitation du gaz de schiste. Peut-être verra-t-on à Pyongyang les prémisses d'une société pionnière dans l'économie post-pétrolière. Innover et s'adapter n'est pas propre à la RPDC, mais à toute société humaine - alors qu'a contrario les civilisations humaines qui se sont effondrées ont souffert d'une pluralité de facteurs, non seulement une dégradation de leur environnement, mais aussi (entre autres) l'action de forces extérieures hostiles, comme l'a montré Jared Diamond. 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Economie Sciences Environnement
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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 22:24

En 2016, l'économie de la République populaire démocratique de Corée aurait progressé de 3,9 % selon la Banque centrale de Corée (du Sud), soit le taux le plus élevé depuis 1999. Les perspectives 2017 sont toutefois moins favorables, sous l'effet notamment de l'alourdissement des sanctions internationales et d'une sécheresse sans précédent depuis 2001.

Après une accélération de sa croissance économique en 2016, la Corée du Nord confrontée aux sanctions et à la pire sécheresse depuis 2001

Selon la Banque centrale sud-coréenne, le taux de croissance de l'économie nord-coréenne en 2016 (+ 3,9 %) marquerait une inversion de tendance par rapport à 2015 (- 1,1 %) et serait le plus élevé depuis 1999 (+ 6,1 %) - année qui avait été marquée par un rattrapage après le recul continu des années 1990. Ces données doivent être prises avec précaution compte tenu de leur mode de collecte (tenant en partie aux "redressements" opérés par les services de renseignement sud-coréens) et à un biais politique (l'évaluation par Séoul de l'évolution de l'économie nord-coréenne est plus favorable quand les démocrates sont au pouvoir à Séoul - or ils ont gagné l'élection présidentielle du printemps 2017 - que quand il s'agit des conservateurs, qui veulent voir se réaliser leur prophétie d'un effondrement de la RPD de Corée...). Elles rendent toutefois compte d'une croissance relevée par les observateurs indépendants à des niveaux en tout état de cause supérieurs à celui de la population. Sous ces réserves, la progression estimée en 2016 a été portée par la hausse de la production minière (+ 8,4 %), qui représente environ 10 % du produit intérieur brut de la RPD de Corée et constitue le premier poste d'exportations, alors que le commerce extérieur nord-coréen a été estimé à 6,55 milliards de dollars en 2016 par les autorités sud-coréennes (+ 4,6 % par rapport à 2015). 

L'année 2017 se présente cependant sous des auspices moins favorables. D'une part, la Chine applique plus strictement les sanctions internationales contre la Corée du Nord, en ayant notamment annoncé, en février 2017, qu'elle suspendait ses importations de charbon nord-coréens (premier produit d'exportation de la RPDC vers la Chine) jusqu'à la fin de l'année. D'autre part, comme l'a précisé l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (acronyme anglais : FAO), dans une étude rendue publique le 20 juillet 2017, les précipitations dans les principales régions agricoles du pays ont atteint, sur la période avril-juin 2017, leur plus faible niveau depuis 2001, une année où la production céréalière avait atteint un niveau historiquement bas de 2 millions de tonnes. La sécheresse a particulièrement affecté les productions récoltées en juin (blé, orge, pommes de terre), estimées à 310 000 tonnes (contre 450 000 tonnes l'an passé) - faisant courir un risque certain d'aggravation de l'insécurité alimentaire, dans un pays où seulement un sixième des terres sont arables et où les inondations et sécheresses à répétition des années 1990 ont réduit la surface agricole utile. Nous observons cependant que la RPD de Corée a su davantage s'adapter aux aléas climatiques, par le développement en particulier des échanges sur les marchés généraux de biens et services, la diversification des productions et des capacités accrues d'importation de céréales (mais que les politiques d'étranglement des exportations nord-coréennes remettent gravement en cause).

Dans ce contexte, la FAO appelle les pays donateurs à honorer leurs engagements - alors que les gouvernements conservateurs brandissent l'arme alimentaire vis-à-vis des pays qu'ils considèrent comme hostiles : l'AAFC exhorte les démocrates sud-coréens à rompre avec la politique de chantage à la famine à l'égard de leurs compatriotes du Nord qu'ont adoptée les administrations conservatrices de Lee Myung-bak et Park Geun-hye. La FAO exhorte également à rénover et réparer les systèmes d'irrigation pour réduire les pertes de disponibilité en eau et à diversifier les productions - en encourageant notamment les productions résistantes à la sécheresse. A sa modeste échelle, l'AAFC soutient ces efforts en faisant des dons de semences, en organisant des visites d'exploitations agricoles et de sites industriels et en apportant, à plusieurs reprises, une aide d'urgence par l'intermédiaire d'ONG présentes en Corée du Nord.

Sources :

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 13:04

Le gouvernement sud-coréen s’apprête à renflouer une nouvelle fois les chantiers navals Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering à hauteur de 2,4 milliards d’euros. La baisse du prix du pétrole et le ralentissement de l’économie mondiale frappent de plein fouet la construction navale qui fut l’un des fers de lance du développement économique du pays qui s’est imposé dans les années 1990 au second rang mondial après le Japon, avant de le supplanter à son tour puis de perdre sa domination mondiale en étant à son tour détrôné par la Chine. Un nombre important d’emplois sont en jeu dans une crise dont les retentissements sont perceptibles jusqu’en France avec le feuilleton de la reprise des chantiers STX de Saint-Nazaire.

Les chantiers navals de Daewoo sur l’île de Geoje

Les chantiers navals de Daewoo sur l’île de Geoje

L’économie sud-coréenne a connu une croissance impressionnante sous le régime autoritaire du Général Park Chung-hee, Président de la République de 1961 à 1979, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat militaire. Ce dernier a opté pour un développement planifié sous la forme de plans quinquennaux à travers une forte proximité entre le milieu des affaires et le milieu politique.


En 1967, au cœur du deuxième de ces plans, la construction navale a été considérée comme constituant l’un des principaux moteurs de la croissance future.

 

Ainsi, en partant de zéro dans ce secteur, les différents conglomérats, qui bénéficiaient de relations privilégiées avec le pouvoir, se sont lancés avec un remarquable succès dans la construction navale, tel Hyundai qui avec son fondateur Chung Ju-yung deviendra le leader du secteur quelques années plus tard.

 

De nos jours, les trois premiers constructeurs mondiaux sont coréens - Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering, Hyundai Heavy Industries et Samsung Heavy Industries – mais leur suprématie est remise en cause par trois principaux facteurs

 

- la concurrence à bas coût venue de la Chine ;
- le ralentissement de l’économie mondiale ;
- le faible prix du pétrole.

 

Ces trois entreprises ont perdu ensemble 4,9 milliards de dollars en 2015, après des pertes qui s’élevaient déjà à 2,5 milliards de dollars en 2014.

 

Compte tenu de ces dettes considérables (tout particulièrement en ce qui concerne Daewoo), le gouvernement de Séoul n’a eu de cesse de renflouer ces sociétés selon le dicton américain bien connu du « Too big to fail » (« trop important pour tomber »)

 

En effet, les enjeux économiques et sociaux sont colossaux, on parle de 50 000 emplois détruits en cas de faillite du seul Daewoo Shipbuilding sans compter les conséquences qui s’ensuivraient pour les quelque 1 300 sous-traitants.

 

« Les constructeurs navals sud-coréens sont ceux que l’on appelle communément les industries cheminées, qui sont de grande taille, emploient de nombreuses personnes avec des syndicats puissants et doivent beaucoup d’argent aux banques » indique l’économiste Oh Suk-tae. « Le gouvernement sud-coréen ne peut tout simplement pas les laisser couler à cause de leur importance politique, peu importe l’argent que cela coûtera pour les sauver », ajoute-t-il.

 

La situation serait susceptible de s’améliorer selon l’analyste Choi Jae-hyung si les prévisions de hausse du prix du baril de brut au-delà de 60 dollars se réalisaient. Il nous prévient cependant que l’âge d’or de la construction navale coréenne est terminé.

Selon lui, « même si la tendance du marché se retourne, il est difficile d’envisager de revivre les jours glorieux de ce secteur ».

 

Daewoo Shipbuilding, Hyundai Heavy et Samsung Heavy devraient réduire leurs effectifs de 16 000 personnes en 2018.

 

Pour limiter les conséquences au niveau de l’emploi et participer au regain de compétitivité de l’entreprise, les salariés de Daewoo Shipbuilding ont accepté de diminuer leurs salaires : « La direction nous a récemment informé d’une baisse de 10% des salaires, et nous avons conscience que cette demande est raisonnable » a déclaré le principal syndicat de l’entreprise. « Nous voulons qu’il soit établi que le syndicat souhaite discuter avec la direction pour arriver à un compromis satisfaisant », dit-il, proposant la mise en place d’un conseil composé de quatre parties : les syndicats, la direction, le gouvernement et les créanciers.

 

La création de ce conseil afin de partager le fardeau est selon le syndicat la seule alternative existante si jamais les créanciers décidaient d’exécuter leurs projets sans le consentement des travailleurs.« Nous savons que le fait de verser continuellement l’argent des contribuables dans Daewoo Shipbuilding est l’objet de critiques et nous les trouvons légitimes. Cependant, un nombre considérable de travailleurs a déjà quitté l’entreprise et ceux qui restent ont vu leurs salaires ainsi que leurs conditions de travail se détériorer », avance-t-il.

Evolution des commandes (à gauche) et évolution des prix (à droite).Evolution des commandes (à gauche) et évolution des prix (à droite).

Evolution des commandes (à gauche) et évolution des prix (à droite).

La Corée du Sud semble devoir se trouver un nouveau modèle, les recettes qui ont fait ses éblouissants succès économiques ne fonctionnant plus aussi bien que par le passé. Les différents conglomérats, jadis tout puissants, sont sous le feu des critiques pour leurs échecs commerciaux et leur collusion avec les élites politiques du pays. La présidente Park Geun-hye, qui représentait pour certains un retour à l’ordre ancien de son père, est maintenant destituée et sous la menace d’une mise en examen imminente.

Ce qui était accepté par le peuple par nécessité de sortir de la pauvreté dans les années du régime militaire est désormais considéré comme intolérable dans une société qui revendique une nouvelle façon de vivre sa modernité.

 

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Economie Social
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 13:45

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et au premier lieu sa capitale Pyongyang, connaît un véritable renouveau architectural, à mille lieues de certains clichés médiatiques. Les années difficiles qui ont suivi la mort du Président Kim Il-sung, que les Nord-Coréens appellent « La dure marche », sont désormais de l’histoire ancienne, la famine ayant disparu en dépit des sanctions économiques les plus lourdes au monde qui touchent la RPD de Corée. L’exploit est donc de taille pour un pays qui n’a d’autres choix que de poursuivre un développement encore largement autocentré, l’accès aux financements internationaux et aux énergies à bon marché lui étant interdit. C’est ainsi suivant les idées du Juche, faisant de l’indépendance nationale le principe cardinal du système politique et social, que le Président Kim Jong-un a lancé le projet de l’avenue Ryomyong à Pyongyang, symbole de cette nouvelle Corée du Nord qui, fière de sa réussite, fait face avec succès aux sanctions imposées par les États-Unis et leurs alliés.

Image satellite du site avant le début des travaux

Image satellite du site avant le début des travaux

Le projet proposé par Kim Jong-un en mars 2016 correspond à la rénovation totale de l’avenue Ryomyong, partant du Palais du Soleil Kumsusan jusqu’au carrefour Ryonghung à Pyongyang.

Il comprend entres autres la construction d’immeubles modernes d’habitations, d’écoles, de crèches, de bureaux de postes ainsi que la création d’une nouvelle annexe de l’Université Kim Il-sung appelée bâtiment numéro 3.

Maquette du projet

Maquette du projet

Toutes ces structures seront alimentées en eau et en énergie par des moyens écologiques : panneaux solaires pour l’électricité, énergie géothermique pour le chauffage par exemple.

Des serres seront installées sur les toits afin que les citadins soient eux-aussi impliqués dans la production des denrées alimentaires et participent ainsi à l’autonomie du pays en matière agricole.


À propos du projet, le Président Kim Jong-un a déclaré :

La construction de l’avenue n’a pas seulement un but urbanistique mais est également une occasion de montrer clairement l’état d’esprit de la RPDC, debout, en dépit des diverses sanctions et pressions de la part des Américains et de leurs alliés, montrant un pays avançant pour réaliser l’utopie du peuple, prouvant que la RPDC est capable de s’en sortir par elle-même et que rien ne lui est impossible.

Le Président Kim Jong-un sur le site en construction

Le Président Kim Jong-un sur le site en construction

C’est donc en un temps record, un peu plus d’un an, que les travaux parviennent à leur point d’achèvement. La date est en effet fixée au 15 avril 2017, 105ème anniversaire de la naissance du fondateur et Président de la RPDC, Kim Il-sung.

La date d’achèvement des travaux a été décalée, la date de livraison initiale fixée en août 2016 n’ayant pu être tenue à cause des inondations catastrophiques survenues dans la province du Hamgyong du Nord cette même année, tous les efforts de la nation s’étant alors tournés vers l’aide aux sinistrés.


Ce projet trouve sa place dans la politique intitulée « Une Nation Forte et prospère -강성대국 » qui a officiellement démarré en 2012, et qui comprend entre autres la construction de 100,000 nouveaux logements. Si le volontarisme économique a été un des moteurs de la reconstruction du pays à un rythme accéléré au lendemain de la guerre de Corée, suivant une croissance à deux chiffres, la RPD de Corée cherche aujourd’hui à renouer avec des politiques de développement donnant toute leur importance à l’aménagement urbanistique et au logement.

Principale source : KCNA

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Architecture Economie
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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 18:52

Né à Saint-Pétersbourg, enseignant à l'Université Kookmin de Séoul, Andrei Lankov est un universitaire russe spécialiste de la Corée dont il est un des meilleurs observateurs, marqué à droite - dont l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) ne partage ainsi pas, loin s'en faut, toutes les prises de position. Pour rendre compte des mesures économiques en cours en République populaire démocratique de Corée, ainsi que de la diversification des productions agricoles, et de l'inefficacité des sanctions, nous avons traduit ci-après un article d'Andrei Lankov paru dans le quotidien sud-coréen anglophone The Korea Times, traduit de l'anglais par BA.

Un nouveau produit fait depuis peu fureur sur les marchés nord-coréens – les fraises. Les deux ou trois dernières années ont été marquées par la prolifération de serres, où les agriculteurs nord-coréens produisent des fruits inconnus jusqu’alors.

Cette industrie en Corée du Nord est privée, et son émergence a largement été rendue possible par les réformes agraires de Kim Jong-un. Désormais, les producteurs peuvent négocier des accords avec les coopératives agricoles et louer des terrains où ils peuvent mettre en place des serres.

Construire de tels équipements n’est pas donné. Les fraises et melons que l’on y produit sont encore trop chers pour n’être accessibles qu’au quart de la population le plus aisé. Il faut néanmoins se souvenir que le nombre de personnes pouvant goûter de si délicieux produits se chiffrait en une fraction d’un pour cent, donc l’amélioration est conséquente.

Ainsi, concernant l’économie nord-coréenne, un grand nombre de bonnes nouvelles sont apparues récemment. Malgré les échos des inondations et des sécheresses, il n’y a plus de pénurie de nourriture. Le prix des céréales est stable depuis des années. Il y a beaucoup de travaux de construction à Pyongyang, dans les villes de province, et même dans les campagnes lointaines. Les Nord-Coréens s’habillent mieux que jamais. La nuit venue, les grandes villes ne sont plus recouvertes par les ténèbres – grâce aux panneaux solaires, il y a de la lumière dans les maisons nord-coréennes. La Corée du Nord reste de loin la nation la plus pauvre d’Asie de l’Est, mais est significativement meilleure qu’il y a 10 ou 20 ans.

La plupart, sinon tous ces changements sont guidés par l’expansion inavouée mais puissante de l’économie privée. Ce sont les entrepreneurs privés qui coopèrent avec les agriculteurs pour construire des serres, ce sont les investisseurs privés qui mettent leur argent dans des projets de construction ; ce sont les négociants privés qui achètent, vendent et transportent les panneaux solaires qui constellent dorénavant les appartements de Pyongyang et les habitations à la campagne.

Il est regrettable que les décideurs américains restent largement ignorants de ces changements et vivent toujours dans un monde dominé par des images médiatiques grossièrement dépassées d’une Corée du Nord dystopie sur le point de s’effondrer. Peut-être que s'ils avaient davantage d’opportunités de goûter les fraises nord-coréennes, ils deviendraient moins confiants en ce qui concerne les sanctions contre le régime. En effet, il est remarquable que l’amélioration actuelle de la situation économique en Corée du Nord coïncide globalement avec la mise en place de sanctions strictes internationales prévues pour mettre l’économie à genoux, créant ainsi les conditions pour un mécontentement interne ne laissant au gouvernement nord-coréen d’autre choix que d’abandonner son arsenal nucléaire.

De l’aveu général, même si de telles sanctions réussissaient vraiment à détériorer l’économie, elles ne pousseraient pas Pyongyang à envisager une dénucléarisation. Les décideurs nord-coréens ont depuis longtemps décidé que le programme atomique constitue une condition vitale à la survie du régime. Il y a peu de doutes que s’ils devaient décider entre l’abandon de leur programme nucléaire et ignorer les morts de famine d’innombrables paysans nord-coréens, ils sacrifieront les paysans, pas la bombe. Heureusement, grâce au renouveau de l’économie nord-coréenne, une telle décision reste théorique. Les changements de la dernière décennie démontrent que les dirigeants nord-coréens peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre. Ils peuvent autoriser les entrepreneurs privés à générer de la croissance tout en se félicitant de l’avancée remarquablement rapide de leurs programmes nucléaire et balistique.

Tout indique un vrai triomphe du système de marché à un endroit où la plupart des partisans d’un tel système le détestent passionnément. Mais cela signifie également que les perspectives pour l’avenir sont moins optimistes. La Corée du Nord va rester une puissance nucléaire. Il n’y a aucune chance pour que les sanctions internationales, si spectaculairement inefficaces, aient le plus petit impact sur la politique future du pays.

On admet que la Corée du Nord en voie de développement est moins susceptible de déclencher une guerre nucléaire. Peut-être que tant que la nouvelle classe dirigeante, maintenant constituée à la fois par des impitoyables apparatchiks du parti et par d’audacieux entrepreneurs, reste au pouvoir, la Corée du Nord va se comporter plus prudemment que par le passé. Après tout, la facilité d’accès à des véhicules de luxe pour les dirigeants et à des fraises fraîches pour les masses tendent à rendre une nation moins belliqueuse. Toutefois, il s’agit d’un pari incertain. Il semble de plus en plus probable que l’on doive vivre avec une Corée du Nord possédant l’arme nucléaire, hautement répressive politiquement, mais s’enrichissant au fil des années et même des décennies à venir.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 19:16

La couverture médiatique des événements est parfois étrangement différente des faits eux-mêmes. Le traditionnel message de nouvel an télévisé du Président Kim Jong-un, le 1er janvier 2017, en offre une illustration frappante : alors que le numéro un nord-coréen a clairement mis en avant le souci d’œuvrer pour la paix et la sécurité en Corée, les médias anglo-saxons n'ont retenu que la poursuite du programme nucléaire et balistique de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour transformer un message de paix en un discours belliqueux. Décryptage (PS : les extraits cités dans l'article sont une traduction, non officielle, par l'AAFC).

Message de nouvel an de Kim Jong-un : pour la paix et la sécurité, pour la prospérité de la Corée

Une fois n'est pas coutume, alors que la part la plus importante du message de nouvel an a été consacré, comme à l'ordinaire, à la situation économique intérieure, la dépêche de l'agence KCNA en ayant rendu compte a déjà évoqué les questions internationales.

Selon l'agence KCNA, dans un contexte marqué en 2016 par le renforcement sans précédent des sanctions contre la RPD de Corée, le Président Kim Jong-un a déclaré que « tant que les États-Unis et leurs suiveurs n'abandonneront pas leurs exercices de guerre », la RPDC « continuera de renforcer son potentiel d'autodéfense et sa capacité à mener une attaque préventive avec comme pivot ses forces nucléaires », tout en précisant que « les tests d'un missile balistique intercontinental sont en phase finale » - une référence étant par ailleurs faite aux progrès réalisés l'an passé dans le domaine balistique et nucléaire, notamment les essais nucléaires de janvier et septembre 2016 présentés comme des essais de bombes H. Mais ces précisions, qui ne sont en rien nouvelles et doivent être envisagées sous l'angle nord-coréen selon lequel l'objectif du désarmement nucléaire n'est possible que dans un cadre global, contrairement au désarmement unilatéral de la RPDC que recherchent les États-Unis (et qui, une fois obtenu, leur ont permis d'agresser des pays dépourvus de moyens suffisants d'autodéfense, comme l'Irak et la Libye).

 

Le principe de la politique étrangère de la RPD de Corée reste, comme le rappelle le premier paragraphe de la dépêche de l'agence KCNA, « la défense de la paix et de la sécurité », dans la péninsule coréenne et dans le monde. La RPD de Corée entend continuer à développer une politique d' « indépendance, de paix et d'amitié », fondée sur des « relations de bon voisinage, d'amitié et de coopération » avec tous les États qui respectent sa souveraineté.

 

Selon la dépêche de l'agence KCNA, le Dirigeant Kim Jong-un a ensuite mis l'accent sur la nécessité d'améliorer les relations intercoréennes et d'encourager par tous les moyens la réunification de la patrie, alors que l'année 2017 marque le 45e anniversaire de la déclaration conjointe du 4 juillet 1972 et le 10e anniversaire de la déclaration du 4 octobre 2007. La RPDC est « constante dans sa position de ne pas combattre ses compatriotes mais de défendre ses compatriotes et la paix du pays (…) Tous les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, doivent être solidaires et se réunir autour du principe consistant à tout subordonner à la réunification » - par-delà les différences d'idéologies et de systèmes politiques. Ce message trouve une résonnance particulière après le vote par le Parlement sud-coréen d'une motion de destitution de la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye, qui a favorisé les tensions intercoréennes – le nom de Mme Park n'étant toutefois pas cité (tout comme d'ailleurs ceux des actuel et futur présidents américains).

 

La plus grande partie du message de nouvel an concerne, une nouvelle fois, la priorité portée à l'amélioration de la situation économique et au développement du pays, dans la continuité des orientations définies lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée en mai 2016 dans le cadre de la stratégie quinquennale de développement économique (le mot « stratégie » étant employé de préférence à celui de « plan »), et sur la base des résultats obtenus l'an passé.

 

Trois secteurs industriels sont à privilégier : l'électricité, la métallurgie et la chimie. L'accent est porté non seulement sur les aspects quantitatifs, mais aussi sur l'amélioration de la qualité de la production – notamment pour la métallurgie afin de diminuer les coûts d'extraction en modernisant le processus de production (dans la dépêche de KCNA, cette modernisation est décrite comme un recours aux technologies modernes dans le cadre des idées du Juche). Les transports, qui sont un des freins au redressement de l'économie, sont à nouveau identifiés comme une priorité – notamment les transports ferroviaires.

 

Pour atteindre l'objectif d'autosuffisance alimentaire, le besoin d'accroître la production agricole est souligné – sont notamment cités l'amélioration de l'alimentation du bétail dans la région de Sepho, la production de fruits, de champignons et de légumes et la pisciculture.

 

Dans le domaine de la construction, plusieurs chantiers prioritaires sont identifiés : la construction de logements rue Ryomyong, la station électrique de Tanchon et la modernisation de l'usine de locomotives Kim Jong-thae.

 

Toujours selon le Président Kim Jong-un, l'atteinte des objectifs de développement exige une amélioration de modes de gestion, la mise en œuvre des progrès technologiques (il est fait allusion à la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 en février 2016, ainsi qu'au développement d'un modèle coréen de robotisation) ainsi qu'un travail idéologique de mobilisation des travailleurs et des soldats – rappelant ainsi le rôle de l'armée comme acteur économique.

 

Les priorités ainsi définies constituent autant d'orientations pour la politique de la RPDC en 2017, justifiant l'intérêt d'en faire une analyse rigoureuse.

 

Source :

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 19:18

Le lundi 26 septembre 2016, à l'appel du syndicat des métallurgistes KMWU, les travailleurs des entreprises automobiles de Hyundai ont stoppé toute leur activité sur les sites d'Ulsan, Jeonju et Asan après l'échec des négociations salariales. De nouvelles actions étaient d'ores et déjà prévues par le syndicat KMWU à l'issue de la journée du 26 septembre, avec des débrayages de six heures par jour. Il s'agit de la première "grève totale" chez le groupe sud-coréen depuis 12 ans, après plusieurs débrayages conduits depuis juillet 2016. Menées à leur terme, ces actions seraient à l'origine de la perte de 114.000 véhicules pour une valeur de près de 2 milliards d'euros - ayant d'ores et déjà contraint le groupe automobile à réviser à la baisse ses objectifs de production pour 2016.

Les salariés de Hyundai en "grève totale"

Les positions étaient bloquées à l'issue de la 26e séance de négociations salariales : alors que la direction de l'entreprise proposait une hausse moyenne mensuelle de 58.000 won (soit 46 euros), une augmentation des bonus et le transfert à chaque salarié de 10 actions, la KMWU exigeait une hausse au moins équivalente à celle de 2015, soit 85.000 won (ou 68 euros).

Si la direction de Hyundai, tout en se déclarant "déçue" par les actions entreprises, affirme ne pas vouloir rompre le dialogue, le gouvernement est à l'origine d'une répression antisyndicale accrue (avec la condamnation à de la prison ferme de Han Sang-gyun, dirigeant de la centrale KCTU à laquelle est affiliée la KMWU) dans un contexte de forte mobilisation sociale - notamment contre les projets de déréglementation libérale du marché du travail, à l'origine de la défaite des conservateurs au pouvoir lors des élections législatives d'avril 2016. Dans ce contexte, une mise en cause des syndicats a été formulée par Joo Hyung-hwan, ministre du Commerce, suivant une pratique très coréenne d'ingérence du gouvernement dans la vie sociale des entreprises :

 
 

Les exportations coréennes ont beaucoup souffert récemment du fait du ralentissement de l'économie globale. Les débrayages du syndicat de Hyundai Motor ne vont qu'aggraver ces difficultés.

Cinquième producteur mondial d'automobiles, la Corée du Sud a été dépassée par l'Inde pour les six premiers mois de l'année 2016 et est menacée par le Mexique, dont la production augmente aussi rapidement.

Forts d'une tradition de lutte sociale, les salariés de Hyundai ont un salaire moyen mensuel de 2.200 euros (contre 1.700 euros en moyenne en Corée du Sud, où la situation des travailleurs des PME-PMI est beaucoup plus difficile sur un marché du travail caractérisé par un fort dualisme).

Sources :

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 12:49

La ville sud-coréenne d'Ulsan a décidé de lancer des taxis à hydrogène, tandis que par ailleurs la ville de Gwangju s'est lancée dans un projet de partage de véhicules électriques à hydrogène. L'entreprise Hyundai Motor est à l'origine de ces projets dessinant des alternatives aux voitures à essence, en liaison avec le ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Energie dirigé par Joo Hyung-hwan. 

Des taxis à hydrogène à Ulsan

Les dix premiers taxis électriques à hydrogène d'Ulsan, qui appartiendront à la compagnie Tucson ix, s'inscrivent dans une stratégie de couverture progressive du territoire national par ces véhicules innovants : au premier semestre 2018, Hyundai Motor prévoit que 100 taxis à hydrogène desserviront cinq grandes villes - dont Gwangju, après Ulsan.

Par ailleurs, le projet pilote de partage de véhicules électriques à hydrogène, qui sera lancé à Gwangju, comportera initialement une flotte de 15 véhicules électriques à hydrogène et de 15 véhicules électriques.

Selon Chung Jin-haeng, Président de Hyundai Motor, il s'agit d'encourager une évolution des modes de consommation :

Je souhaite que le peuple expérimente la sécurité et l'écologie des voitures roulant à l’hydrogène.

Source :

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 10:48

Après l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 2 mars 2016, de la résolution 2270 ayant significativement accru les sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au regard de la poursuite de ses programmes nucléaires, spatiaux et balistiques, les gouvernements occidentaux, sud-coréen et japonais poussent la République populaire de Chine à fortement diminuer ses échanges économiques avec la RPDC, dans le but de provoquer une asphyxie de l'économie nord-coréenne et un changement de régime à Pyongyang. Dans ce contexte, les données commerciales chinoises (en l'absence de séries statistiques comparables publiées par la RPD de Corée) sont scrutées avec attention, tout particulièrement dans les milieux néoconservateurs. Pékin est ainsi régulièrement condamnée de ne pas appliquer les sanctions contre la RPD de Corée en l'absence d'effondrement du commerce bilatéral Chine-Corée du Nord. Une analyse factuelle dépassant le procès d'intention montre pourtant que cette accusation reste à démontrer. 

La ville de Dandong, à la frontière sino-coréenne, est l'un des principaux points de passage des échanges entre la Chine et la RPD de Corée.

La ville de Dandong, à la frontière sino-coréenne, est l'un des principaux points de passage des échanges entre la Chine et la RPD de Corée.

Selon les données statistiques douanières chinoises, les échanges bilatéraux avec la RPD de Corée ont atteint 17,7 milliards de yuans (soit 2,2 milliards d'euros) au premier semestre 2016, en baisse de 5,6 % par rapport aux six premiers mois de l'année 2015, les importations nord-coréennes ayant diminué encore plus fortement (de 8,7 %). Un rebond a cependant été constaté en août 2016 (+ 30 % par rapport à août 2015, se répartissant entre + 41,6 % pour les exportations chinoises et + 18,7 % pour les importations chinoises), après un repli en juillet 2016 (- 15,7 % par rapport à juillet 2015), n'effaçant pas une tendance globale au ralentissement. Les importations chinoises de minerai de fer ont fortement augmenté en août 2016 ; en revanche, la Chine importe moins de charbon nord-coréen, dans un contexte de saturation du marché chinois. Si l'on complète ces données par des observations de visu des échanges à la ville frontalière chinoise de Dandong, les échanges par voie ferroviaire et terrestre se poursuivent à un rythme comparable avec la période antérieure à l'adoption de la résolution 2270.

Le fait que les exportations nord-coréennes, dominées par les produits miniers, aient plus fortement baissé que les importations de la RPD de Corée, est cohérent avec le fait qu'elles sont ciblées par la résolution 2270. Cette évolution doit cependant aussi tenir compte de l'évolution de la production nord-coréenne et des besoins chinois.

On ne constate donc pas l'effondrement attendu (espéré ?) par les faucons néo-conservateurs, à Washington, Séoul, Tokyo ou Paris. Mais de là à affirmer que la Chine n'applique pas les sanctions commerciales contre Pyongyang, il y a un pas que ces partisans de la guerre et du chaos n'ont pas hésité à franchir.

Il y a en effet tout lieu de croire la Chine quand, opposée au programme nucléaire militaire nord-coréen, elle affirme mettre en oeuvre les résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle a ainsi publié plus rapidement que d'ordinaire les textes réglementaires régissant son application des sanctions. Par ailleurs, le texte de la résolution 2270 reposait sur une ambiguïté - à savoir que les restrictions aux principales exportations de minerais (notamment charbon et minerai de fer) par la Corée du Nord seraient exclues du champ d'application de la résolution dès lors qu'elles seraient utilisées à "des fins concernant les moyens d'existence" de la population nord-coréenne. Cette précision a dû été acceptée par les Etats-Unis et leurs alliés, pour obtenir l'aval de la Chine dans l'adoption de la résolution : comment reprocher à présent aux autorités chinoises de ne pas respecter les termes d'un accord accepté par Washington et ses alliés,en pleine connaissance de cause ?

Dire aujourd'hui que "la Chine n'applique pas les sanctions contre la Corée du Nord", selon les éléments de langage de l'administration américaine volontiers repris par les médias occidentaux, relève ainsi d'une méconnaissance du texte de la résolution 2270 et occulte le fait que les Etats-Unis ne sont, pour leur part, guère sensibles au respect du multilatéralisme, en s'arrogeant le droit de prendre des initiatives unilatérales - qu'il s'agisse du déploiement en Corée du Sud du système de missiles THAAD (sans aucune concertation avec Pékin ni Moscou, pourtant directement concernées) ou de la mise en oeuvre de sanctions américaines contre la RPD de Corée, à nouveau sans consulter d'autres puissances que les Etats qui leur sont affidés

Le procès fait aux autorités chinoises est d'autant plus injuste que celles-ci n'hésitent pas à poursuivre leurs entreprises nationales qui enfreignent les règles clairement définies du régime de sanctions internationales - à savoir l'interdiction des exportations permettant la poursuite par Pyongyang de ses programmes nucléaires et balistiques.
Le département de la sécurité publique de la province de Liaonin vient ainsi d'annoncer des poursuites contre le conglomérat Hongxiang, dirigé par Mme Ma Xiaohong et qui constitue l'un des acteurs majeurs des échanges sino - nord-coréens, basé à Dandong. Les pousruites portent sur de "graves crimes économiques" - dont la nature n'a toutefois pas été précisée.

Principales sources :

 

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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)