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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 18:57

Maurice Cukierman, membre du bureau de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), nous a quittés le 22 juillet 2020 à l'âge de 71 ans. Il a lutté avec autant de force pour la solidarité internationale, en particulier avec le peuple coréen, que contre la longue maladie qui l'a finalement emporté. L'AAFC tient à saluer la mémoire d'un militant inlassable et d'un grand ami.

 

Maurice Cukierman naît en 1949 dans une famille de communistes et résistants, ce qui contribue à forger un fort caractère doublé d'une ardeur militante . Son père Georges (décédé en avril 2020) rejoint la Jeunesse communiste clandestine en 1942, à l'âge de 16 ans, et devient une grande figure du Parti communiste français (PCF). Maurice adhère, lui, à la Jeunesse communiste en 1963 et au PCF en 1968.

 

De plus en plus critique à l'égard du PCF après 1976, Maurice Cukierman participe, en 2002, à la création de l’Union des révolutionnaires communistes de France (URCF), dont il devient responsable international. En 2016, l'URCF devient le Parti communiste révolutionnaire de France (PCRF) et Maurice Cukierman en est le secrétaire général. C'est d'ailleurs en tant que responsable international de l'URCF puis secrétaire secrétaire général du PRCF qu'il effectue ses dernières visites en Corée : en Corée du Nord en 2012 et en Corée du Sud en 2018 et en 2019, malgré la maladie qui l'affaiblit.

 

Maurice Cukierman en visite à Pyongyang en octobre 2012 (photo : KCNA)

 

Maurice Cukierman intervient au 9e Forum coréen international à Séoul le 29 avril 2019 (photo : minzokilbo.com)

 

Au niveau international, Maurice Cukierman participe au début des années 1970 aux mouvements de solidarité avec le peuple vietnamien et avec les peuples subissant la colonisation portugaise. Jusqu’en 1991 il anime la lutte contre l’apartheid en France et publie, en 1987, l'ouvrage Afrique du Sud : cap sur la liberté (Messidor/Editions sociales), préfacé par Francis Meli, membre du Comité exécutif national de l'African National Congress. Il s'engage naturellement aux côtés du peuple coréen en lutte pour la réunification de son pays, alors qu'une répression féroce s'abat sur les militants pro-réunification en Corée du Sud. Maurice Cukierman rejoint l'Association d'amitié franco-coréenne où il œuvre aux côtés de Jean Suret-Canale, géographe, historien, homme de lettres, militant communiste, résistant et figure de l'anticolonialisme, qui a succédé en 1982 au gaulliste Louis Terrenoire, autre grand résistant, à la tête de l'AAFC.

Maurice Cukierman occupe différentes fonctions au sein de l'AAFC : directeur de publication du bulletin trimestriel, secrétaire... En 1989 et 1990, il anime, avec d'autres, la campagne pour la libération de l'étudiante Rim Su-kyong, du prêtre catholique Moon Kyu-hyun et du pasteur protestant Moon Ik-hwan, emprisonnés en Corée du Sud pour avoir bravé la loi sud-coréenne dite de sécurité nationale et voyagé en Corée du Nord sans autorisation.

 

Maurice Cukierman n'a de cesse de souligner le « deux poids deux mesures » de la diplomatie française à l'égard des deux Etats coréens, comme dans un article d'une mordante ironie qu'il signe suite à la visite officielle qu'effectue en France, du 30 novembre au 2 décembre 1989, le président sud-coréen Roh Tae-woo1 :

« […] Décidément, les souffrances ô combien dramatiques du peuple de Corée au Sud du 38e parallèle n'émeuvent guère ceux qui nous gouvernent.

Nous devions en avoir confirmation lors de l'entrevue au Quai d'Orsay à laquelle participèrent nos amis André Aubry, Yves Grenet et Guy Dupré. La délégation fut reçue par M. Claude Martin, directeur du département Asie et M. P. Boissy, chargé de la Corée dans ce département.

Nos amis ont rappelé les motivations de la délégation, le traitement pour le moins inégal par la France des deux Etats coréens, notre volonté que la France prenne des initiatives pour créer un climat propice à la réunification de la Corée, notre indignation devant les crimes contre les Droits de l'Homme qui se commettent en Corée du Sud dans l'indifférence officielle, ce que souligne la visite de Ro Tai Ou.

Les représentants du Quai d'Orsay ont expliqué que les rapports avec la Corée du Sud s'expliquent par des arguments qui "pèsent lourd" comme l'achat du TGV, de l'Airbus, des contrats. Mais que par contre la dette nord-coréenne posait problème ! Mais celle de la Corée du Sud, sans commune mesure par son importance, n'inquiète pas. Par contre, il se dégage des exposés du représentant du Ministre que la diplomatie française a une fâcheuse tendance à vouloir imposer aux relations économiques les fourches caudines de la politique dès qu'il s'agit de la RPDC : en clair, on sous-entend que la France ne ferait un geste que si elle estimait que cela puisse avoir un impact politique dans les affaires intérieures de la RPDC.

Pour ce qui est des promesses du candidat Mitterrand aux élections présidentielles, elles ne concernent pas le Président Mitterrand élu au suffrage universel (élu en général sur ses promesses, pourtant !).

Enfin, à propos des prisonniers politiques, de la répression, les représentants du gouvernement, après avoir voulu minimiser la situation et trouver des circonstances atténuantes (décidément, ces questions ont deux poids deux mesures !), M. Martin a expliqué que la jugement contre Rim serait sûrement "sévère pour l'exemple" mais que son cas et celui des autres seraient évoqués, dans le genre "vous avez fait de grands progrès (sic) et vous risquez de les gâcher" (!). Il s'est d'ailleurs fait l'écho d'une réponse faite par Séoul à une intervention précédente. "Melle Rim ne fait pas preuve de remords, sinon nous aurions envisagé des circonstances atténuantes."

La délégation a pris congé en remettant les pétitions recueillies.

Le 1er décembre, à l'Elysée, Madame la Présidente recevait le dictateur Ro, le champagne et les petits fours étaient parfaits.

Comme quoi, que vous soyez rouge ou blanc, les jugements occidentaux seront sévères ou bienveillants (d'après La Fontaine). »

Maurice Cukierman, « Les amis de la Corée et du peuple coréen manifestent à Paris à la veille de la réception du dictateur sud-coréen à l'Elysée ! », Bulletin trimestriel de l'Association d'amitié franco-coréenne, n°28, pp. 7-9, 4e trimestre 1989

Parmi les autres combats menés par Maurice Cukierman à l'AAFC aux côtés du peuple coréen, il y a celui en faveur des « femmes de réconfort », victimes de l'esclavage sexuel pratiqué par l'armée impériale du Japon avant 1945. En septembre 2013, lors d'une rencontre organisée par l'AAFC avec Mme Kim Bok-dong, ancienne « femme de réconfort », Maurice Cukierman profite d'une courte interview accordée à la chaîne de télévision sud-coréenne KBS pour dénoncer l'occultation systématique des crimes de guerre japonais de la Seconde Guerre mondiale. Maurice Cukierman sait se saisir de chaque occasion pour faire passer des messages forts.

 

Maurice Cukierman interviewé par la chaîne de télévision KBS le 20 septembre 2013 (photo : KBS)

 

Maurice Cukierman est aussi un professeur de lycée qui marque des générations d'élèves par la passion qu'il communique dans l'enseignement des disciplines dont il a la charge, notamment l'Histoire. Il communique cette même passion au sein de l'AAFC où, pluralisme oblige, il ne dédaigne pas débattre avec des adhérents d'une autre sensibilité politique que la sienne. Même son interlocuteur le plus déterminé a alors l'impression d'apprendre quelque chose. Homme d'une grande érudition, il captive son auditoire en expliquant un tableau ou en mettant en évidence les références politiques et historiques d'un blockbuster sud-coréen...

 

Maurice Cukierman explique le tableau "Massacre en Corée" (Picasso, 1951) lors d'une réunion organisée le 29 juin 2013, à l'occasion du soixantième anniversaire de la fin des combats de la Guerre de Corée (photo : AAFC)

 

Maurice Cukierman nous manquera beaucoup. L'Association d'amitié franco-coréenne adresse ses plus sincères condoléances et l'expression de sa sympathie la plus profonde à sa famille et à ses amis.

 

 

 

1 Président de la Corée du Sud de 1988 à 1993, Roh Tae-woo (Ro Tai Ou, selon la graphie utilisée en 1989) sera condamné par la suite à vingt-deux ans et demi de prison pour corruption et participation à la répression du soulèvement de Kwangju en 1980

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 17:00

Julien Lauprêtre, Président du Secours populaire français, est décédé le 26 avril 2019 à l'âge de 93 ans. Partenaire de longue date du Secours populaire français qui intervient aussi en Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne tient à saluer la mémoire de ce combattant inlassable et exigeant contre la pauvreté et l'injustice, en France et dans le monde.

« Tout ce qui est humain est nôtre » : l'AAFC rend hommage à Julien Lauprêtre, Président du Secours populaire français

Comme le rappelle le Secours populaire français (SPF) sur son site Internet, Julien Lauprêtre est entré en 1954 au SPF comme secrétaire administratif. Très vite, il a compris que l’association avait tout à gagner à se recentrer sur son rôle d’association de solidarité plutôt que d’intervenir sur le champ politique. Julien Lauprêtre a donc fait du Secours populaire français une association rassemblant « des personnes de bonne volonté, enfants, jeunes et adultes, de toutes conditions, quelles que soient leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses, en veillant à développer avec elles la solidarité et toutes les qualités humaines qui y sont liées » (premier article des statuts du SPF). 

Ainsi, le SPF est devenu une des plus importantes associations de solidarité de France.

Faisant sienne la formule « Tout ce qui est humain est nôtre », le Secours populaire français intervient en France pour lutter contre la pauvreté et venir en aide à celles et ceux qui ont du mal à se nourrir ou à se soigner, mais aussi dans d'autres pays du monde où des enfants, femmes et hommes luttent pour survivre.

Julien Lauprêtre a donc parcouru la France et le monde, mobilisant les bénévoles et sensibilisant les dirigeants, face à une précarité et à une pauvreté qui s'aggravent. Sous son impulsion, est né aussi en 1992 « Copains du monde », le mouvement d’enfants bénévoles du Secours populaire français, .

Julien Lauprêtre aimait à répéter que « la solidarité ne règle pas tout, mais pour celles et ceux qui la reçoivent, elle est irremplaçable », ajoutant ces mots d’Henri Barbusse : « La solidarité, ce ne sont pas des mots, mais des actes. »

Déterminée à poursuivre, par des actes, l'œuvre de solidarité à laquelle appelait Julien Lauprêtre, l'Association d'amitié franco-coréenne adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et aux 80 000 benévoles du Secours populaire français.

 

Repères biographiques

26 janvier 1926 : naissance à Paris
De 1940 à 1943 : apprenti miroitier
De novembre 1943 à mars 1944 : arrestation pour propagande antinazie par les policiers des Brigades spéciales. A la Préfecture de police, il est emprisonné avec les membres de l’Affiche rouge - dont Missak Manouchian - qui seront fusillés au Mont Valérien le 21 février 1944
De 1944 à 1951 : tailleur de glace aux Miroiteries de la rue de la Forge royale, de la Cité industrielle puis de la rue du Rhin à Paris
1947 : mariage avec Jeannette Antoine
1949-1950 : responsable national des Jeunesses communistes
De 1951 à 1953 : secrétaire du député de la Seine, Raymond Guyot
1951 : secrétaire administratif au Secours populaire français
De 1955 à 1958 : secrétaire général du Secours populaire français
De 1958 à 1983 : secrétaire général faisant fonction de président du Secours populaire français
Depuis 1983 : président du Secours populaire français
De 1970 à 2000 : membre du Comité central du Parti communiste français

source : Secours populaire français

L'action du Secours populaire français en Corée

Sous la présidence de Julien Lauprêtre, le Secours populaire français est intervenu en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à partir de 1999. En RPDC, le SPF mène des actions de solidarité, venant en aides aux population souffrant de pénuries alimentaires et régulièrement victimes de catastrophes naturelles, telles que des inondations. Le Secours populaire français apporte une aide pour la distribution de produits alimentaires et de première nécessité. L’association travaille aussi sur la mise en place de projets de santé (soutien à des hôpitaux) et d’éducation, en lien avec des partenaires locaux (Croix-Rouge coréenne, représentation de la RPDC à l’UNESCO...) et avec l'Assocation d'amitié franco-coréennne. Le SPF accueille régulièrement des médecins nord-coréens pour des formations dans les hôpitaux français. Le SPF s’est engagé sur un programme de sécurité alimentaire. Il a mis en place une unité de production de lait de soja dans la banlieue de Pyongyang afin de pallier les difficultés d’approvisionnement en lait. Un local a été équipé d’appareils destinés à la transformation du soja. L’association a également fourni 20 tonnes de soja, soit l’équivalent de 3 000 litres de lait. Ce lait est destiné aux enfants et aux femmes du secteur. Le SPF apporte une aide régulière pour l’achat de soja. En partenariat avec le Korea Education Fund (KEF), le SPF a participé à la construction d’une école à Yangsi (au sud de Pyongyang), en apportant un financement à hauteur de 150 000 euros. Il s’agit d’un établissement secondaire pouvant accueillir 1 500 élèves. L’école a ouvert ses portes en septembre 2012. En 2013, le SPF a inauguré une école pour 2 400 élèves à Pyongsong.

Le Secours populaire français encourage aussi les échanges interculturels : régulièrement, des enfants nord-coréens passent des vacances et font connaissance avec des enfants de tous les continents lors du village « Copains du monde » organisé par le SPF à Gravelines (Nord). Au cours du séjour, ils ont l'occasion de mener des actions solidaires auprès des personnes âgées dans les maisons de retraite et des enfants malades dans les hôpitaux.

Avec l'Association d'amitié franco-coréenne, les liens se sont encore renforcés en 2007 suite aux graves inondations survenues en août et septembre de cette année. Grâce aux dons recueillis par l'AAFC, le SPF a fait partir un container chargé de produits alimentaires et de matériel médical vers la Corée du Nord en juin 2008.

Le 9 décembre 2013, une soirée de débats et d'échanges sur les actions de solidarité avec les populations nord-coréennes, co-organisée par le Secours populaire français et l'Association d'amitié franco-coréenne, a eu lieu au siège du SPF. Lors de cette soirée, Julien Lauprêtre souIigna une nouvelle fois  l'importance de permettre des échanges entre enfants de pays et de culture différentes, mettant aussi en avant la nécessité de nouer des partenariats avec des entreprises présentes, ou souhaitant s'implanter, en RPDC. Il émit l'idée que la venue en France de délégations coréennes de RPDC, sportives ou culturelles, puisse être davantage valorisée pour sensibiliser aux actions de solidarité.

Le 9 décembre 2013, Julien Lauprêtre entouré de Guy Dupré et Bernard Hugo, vice-présidents de l'AAFC, et André Aubry, président de l'AAFC (photo : Alain Noguès)

Le 23 février 2015, à l'initiative de l'AAFC et de l'ONG britannique DULA, les artistes d'une délégation la Fédération des personnes handicapées de la République populaire démocratique ont donné un spectacle au siège du SPF, dans le cadre d'une visite de cette délégation au Royaume-Uni et en France.

Le partenariat entre le Secours populaire français et l'Association d'amitié franco-corénne a une nouvelle fois porté ses fruits en décembre 2016, lorsque, répondant à l'appel du SPF suite aux inondations catastrophiques avant frappé la Corée pendant l'été, l'AAFC recueillit des fonds destinés à l'achat de ciment pour poursuivre la reconstruction de l'école secondaire de la commune de Sinwon, dans la province du Hwanghae, et à l'envoi d'un container contenant kits d’hygiène, couvertures, vêtements chauds, lait en poudre…

sources : Association d'amitié franco-coréenne, Secours populaire français

 

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 18:38

Le 30 janvier 2018, l'UNICEF a tiré la sonnette d'alarme : les sanctions internationales contre la République populaire démocratique de Corée frappent de plein fouet les populations, et ce sont déjà 60 000 enfants pris en charge par ses services qui vont souffrir de malnutrition sévère et qui sont menacés de mort. Quelques jours plus tôt, Philippe Pons, correspondant du quotidien Le Monde à Tokyo, avait souligné qu' "il est un domaine où les sanctions internationales visant la Corée du Nord font sentir leur effet, c’est l’action humanitaire. Difficultés pour obtenir du matériel ou des médicaments bloqués en douanes, transporteurs chinois qui se dérobent pour ne pas être dans le collimateur des autorités, complications pour les transferts des fonds destinés à financer les programmes… Autant de contraintes qui retardent la mise en œuvre de projets et conduisent parfois à leur suspension." Autant de découvertes qui n'en sont pas pour l'AAFC : dès cet automne, nous avions souligné que les sanctions contre la RPDC (les plus sévères jamais mises en place par les Nations unies depuis leur création) étaient à proprement parler criminelles car elles tueraient potentiellement des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants. Les gouvernements occidentaux, qui sont à l'origine de ces sanctions, vont-ils enfin revenir à des sentiments plus humains ?

Les sanctions tuent les enfants

En principe, les opérations humanitaires ne devraient pas relever des sanctions des Nations unies. Sauf qu'en réalité les sanctions contre la RPD de Corée sont tellement draconiennes qu'elles empêchent de facto le travail des organisations internationales et des ONG, comme l'a souligné Omar Abdi, directeur adjoint de l'UNICEF, lors d'une conférence de presse :

Mais ce qui arrive, c'est que les banques, les entreprises qui fournissent les fournitures ou les expédient deviennent évidemment très prudentes. Elles ne veulent pas prendre le risque d'être accusées plus tard d'avoir violé des sanctions.

Ces difficultés de travail des organisations humanitaires sont confirmées par Philippe Pons du Monde, qui a aussi souligné le départ d'ores et déjà de l'une d'entre elles : Save the Children, également active dans la protection de l'enfance. En général, ce sont les conditions mises par les gouvernements au travail des ONG qui entraînent leur départ : cette fois, c'est bien la seule "communauté internationale" - telle qu'elle s'exprime au Conseil de sécurité des Nations unies, et notamment par la voix de ses cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie), qui doit être tenue pour responsable.

Manuel Fontaine, directeur des programmes d'urgence de l'UNICEF dans le monde, a souligné les conséquences humaines qui découlent des sanctions uniquement pour les actions de l'UNICEF :

Nous prévoyons qu'à un moment ou l'autre, durant l'année, 60.000 enfants risquent de souffrir de malnutrition sévère. Une malnutrition qui risque d'entraîner la mort. La carence en protéines et en calories.

En extrapolant, ce sont bien des centaines de milliers de morts que devraient entraîner les sanctions de l'ONU - et ce, pour les seules organisations humanitaires.

Dès octobre 2017, le rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme, Tomas Ojea Quintana, avait demandé une évaluation de "l’impact négatif involontaire" des sanctions sur la population. Il avait parfaitement raison, sauf sur un point : peut-on vraiment décemment parler d'impact "involontaire", comme naguère des dommages "collatéraux" dans une expression qui déshumanisait les victimes des guerres occidentales ?

En effet, le comité des sanctions des Nations unies, et les représentants des Etats membres des Nations unies, pouvaient-ils ignorer les conséquences des résolutions du Conseil de sécurité ? L'arme de guerre que constituent bel et bien les sanctions a une longue histoire, et ses conséquences sont parfaitement connues. Il importe, désormais, de cesser d'instrumentaliser les sanctions pour les intérêts de politique étrangère de certains Etats en prenant en otage les populations civiles, en Corée du Nord et partout ailleurs dans le monde.

Sources :

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 23:54

A la suite des inondations catastrophiques qui ont lourdement frappé le Nord de la Corée cet été, en ayant causé plus de 500 morts et disparus et de très lourds dégâts matériels, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a une nouvelle fois répondu présente pour venir en aide aux victimes : après le versement le 8 octobre 2016 d'une aide d'urgence de 500 euros prélevée sur les fonds de l'AAFC, 1 580 euros ont été collectés en six semaines auprès des adhérents et sympathisants de l'AAFC (dont 400 euros par le comité régional Bourgogne - Franche-Comté de l'AAFC), et envoyés le 23 décembre par l'AAFC à la Fédération du Nord du Secours populaire français (SPF), présent depuis 1999 en République populaire démocratique de Corée. Au total, l'AAFC a donc remis 2 080 euros - auxquels s'ajoutent les dons directement adressés au SPF après que l'AAFC eut relayé, le 11 novembre, l'appel à dons du SPF. L'AAFC remercie toutes celles et tous ceux qui ont répondu au besoin de solidarité des populations nord-coréennes : une action certes modeste mais d'autant plus nécessaire que, contrairement aux victimes de catastrophes naturelles dans d'autres parties du monde, les souffrances des populations nord-coréennes ne soulèvent guère l'intérêt des médias.

Aide aux victimes coréennes des inondations : plus de 2000 euros versés par l'AAFC

Les dons recueillis, intégralement remis à la Fédération du Nord du Secours populaire français, conforteront les actions menées par le SPF au Nord de la Corée pour reconstruire les zones ravagées et venir en aide aux populations, notamment :

- le rachat de 200 tonnes de ciment pour poursuivre la reconstruction de l'école secondaire de la commune de Sinwon dans la province du Hwanghae,

- l'envoi d'un second container contenant des kits d’hygiène, des couvertures, des vêtements chauds, du lait en poudre…

Afin de soutenir les actions du SPF en Corée du Nord, vous pouvez toujours envoyer votre don (chèque libellé à l'ordre du Secours populaire français) par courrier (en précisant "urgence Corée du Nord") au Secours populaire français, 18/20 rue Cabanis – BP 17, 59 007 Lille Cedex ou sur www.spf59.fr/don.


Information Réduction fiscale particuliers :

Votre don ouvre droit à une réduction d’impôt égale à 75% du montant de votre versement, dans la limite du plafond de 530 €. Au-delà de ce plafond, la réduction est de 66% dans la limite de 20% du revenu imposable. Ainsi, par exemple, un don de 60 € vous revient en réalité à 15 €.

Information Réduction fiscale entreprises :

Depuis la loi du 1er août 2003, les entreprises assujetties à l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés peuvent bénéficier d'une déduction fiscale égale à 60% du montant du don dans la limite d'un plafond de 5‰ (5 pour mille) du chiffre d'affaires annuel. Au-delà de 5‰, ou en cas d’exercice déficitaire, un report est possible sur les 5 exercices suivants dans la limite de 5‰ s’appliquant au total des versements (article 238 bis 1° du code général des impôts).

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 20:33

A la fin de l'été 2016, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a été frappée par les pires inondations depuis les catastrophes naturelles des années 1990, causant plus de 500 morts et disparus. Fidèle à sa tradition de solidarité, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a immédiatement apporté une aide d'urgence - tout en précisant que, en coordination avec les ONG présentes sur place, nous lancerions ensuite un appel à dons auprès de nos adhérents et sympathisants, pour faire face aux conséquences à plus long terme cette tragédie. L'AAFC, qui travaille depuis plus de 20 ans avec le Secours populaire français (SPF) en Corée du Nord, a donc décidé de relayer l'appel à dons du SPF que nous reproduisons ci-après : nous appelons toutes et tous à agir maintenant, soit en envoyant vos dons directement auprès du SPF (cf. message ci-dessous), soit en les adressant directement à l'AAFC (C/O AAFC Ile-de-France, Maison des associations du 16e arrondissement, 14 avenue René Boylesve, 75016 Paris, par chèque libellé à l'ordre du Secours populaire français) qui pourra ainsi dresser le bilan de l'action entreprise en étroite coopération avec le SPF et remettra les dons ainsi recueillis auprès du SPF, dont les actions en Corée du Nord sont coordonnées par sa fédération départementale du Nord. Nous comptons sur vous !

Avec le Secours populaire, agissons maintenant pour les Coréens victimes des inondations !

En septembre 2016, la Corée du Nord a connu de violentes inondations. Celles-ci ont causé d’importants dégâts matériels et humains. Les Nations Unies (ONU) ont établi un bilan de plus d’une centaine de morts et de plus de 400 personnes portées disparues. Des milliers de bâtiments ont été endommagés et/ou détruits.

La fédération du Nord du SPF mène depuis de nombreuses années des projets en Corée du Nord, le dernier projet en date porte sur la réhabilitation d’une école secondaire de la commune de Sinwon dans la province Hwanghae. La construction a débuté en 2015 et celle-ci devait être inaugurée fin 2016. Les travaux de réhabilitation de l’école ont dû être arrêtés, le bâtiment a été abimé et 200 tonnes de ciment ont été endommagés par les inondations.

Lors de l’annonce des inondations c’est tout naturellement que le SPF a lancé un appel à la solidarité afin de venir en aide aux victimes.

Actions du SPF :

Dans l’urgence, un premier container de 40 pieds contenant des kits de première nécessité et des vêtements chauds a été envoyé.

La Fédération du Nord du Secours populaire français lance un appel aux dons afin :

- de financer le rachat des 200 tonnes de ciment pour poursuivre la reconstruction de l' école secondaire de la commune de Sinwon dans la province Hwanghae,

- d’envoyer un second container contenant des kits d’hygiène, des couvertures, des vêtements  chauds, du lait en poudre…

Dons :

Afin de soutenir les actions du SPF en Corée du Nord, vous pouvez envoyer votre  don par courrier (en précisant "urgence Corée du Nord") au Secours populaire français, 18/20 rue Cabanis – BP 17, 59 007 Lille Cedex ou sur www.spf59.fr/don.

Information Réduction fiscale particuliers :

Votre don ouvre droit à une réduction d’impôt égale à 75% du montant de votre versement, dans la limite du plafond de 530 €. Au-delà de ce plafond, la réduction est de 66% dans la limite de 20% du revenu imposable. Ainsi, par exemple, un don de 60 € vous revient en réalité à 15 €.

Information Réduction fiscale entreprises :

Depuis la loi du 1er août 2003, les entreprises assujetties à l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés peuvent bénéficier d'une déduction fiscale égale à 60% du montant du don dans la limite d'un plafond de 5‰ (5 pour mille) du chiffre d'affaires annuel. Au-delà de 5‰, ou en cas d’exercice déficitaire, un report est possible sur les 5 exercices suivants dans la limite de 5‰ s’appliquant au total des versements (article 238 bis 1° du code général des impôts).

 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 19:19

Les inondations qui ont frappé cet été le Nord-Est de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont été particulièrement meurtrières. Pour faire face à l'urgence de reloger des dizaines de milliers de sinistrés avant les premières neiges, attendues fin octobre, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a décidé le versement de premiers dons, prélevés sur l'actif de l'AAFC, qui seront remis dans les prochains jours à la délégation générale de la RPD de Corée en France. Cette action de solidarité sera complétée par une aide à moyen terme, financée par un appel à dons auprès notamment des adhérents et sympathisants de l'AAFC, dont le produit sera directement versé aux ONG présentes dans le Nord de la péninsule avec lesquelles l'AAFC travaille de longue date - notamment le Secours populaire français. L'affectation de ces dons ultérieurs tiendra compte des besoins de reconstruction à plus long terme et des conséquences des inondations sur la production alimentaire et le besoin de sécuriser l'approvisionnement des populations pendant la période de "soudure" alimentaire, au printemps prochain. 

L'AAFC apporte une aide d'urgence aux sinistrés nord-coréens

Plus de 600.000 personnes touchées par les inondations, plus de 30.000 maisons détruites ou si gravement endommagées qu'elles sont devenues inhabitables : au-delà du très lourd bilan humain (plus de 130 morts et plus du triple de personnes portées disparues), une course contre la montre a été engagée par les autorités nord-coréennes, en liaison étroite avec les agences spécialisées des Nations Unies et les ONG présentes en RPD de Corée, pour faire face à l'urgence de reloger toutes les familles et répondre à leurs besoins élémentaires. Une aide a convergé de tout le pays pour apporter des réponses en termes d'hébergement, de nourriture et de soins médicaux.

Chris Staines, qui dirige en Corée du Nord les activités de la Fédération Internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (acronyme anglais, FICR), a souligné pourquoi il fallait agir maintenant, alors que les premières neiges sont prévues fin octobre et que les températures tombent à - 30°C dans cette partie du pays au plus froid de l'hiver :

A de nombreux égards, la catastrophe a frappé au plus mauvais moment (...) Les conditions sont particulièrement difficiles et c'est pourquoi nous avons besoin de davantage de solutions permanentes en termes d'abri, de services de santé, d'accès à la nourriture, et de résoudre les questions touchant à l'eau potable.

http://www.huffingtonpost.com/entry/north-korea-floods_us_57f25e42e4b024a52d2faf4b

Face à l'urgence, la FICR a décidé de débloquer une aide immédiate de 15,2 millions de francs suisses (soit 13,9 millions d'euros). Les biens de première nécessité proviennent non seulement du reste du pays, mais aussi de la Chine et de la Russie frontalières (les autorités conservatrices sud-coréennes ayant pour leur part refusé d'apporter la moindre aide, brandissant une nouvelle fois l'arme alimentaire), alors que 300.000 personnes ont besoin d'une assistance humanitaire le plus rapidement possible.

L'Association d'amitié franco-coréenne a ainsi apporté une première contribution, modeste au regard de l'ampleur des besoins, sous forme de don prélevé sur l'actif dont dispose l'Association. Elle sera complétée par un appel à dons ultérieur, au regard des conséquences à plus long terme des inondations catastrophiques qui ont ravagé le Nord-Est de la Corée.

L'AAFC apporte une aide d'urgence aux sinistrés nord-coréens

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 17:36

Dans un contexte d'hostilité croissante des Etats-Unis, et de leurs alliés, à l'égard de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et face au déferlement médiatique que subit ce pays, le Professeur Robert Charvin,  doyen honoraire de la Faculté de droit et sciences économiques de Nice, et vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne, a fait une mise au point que nous reproduisons ci-après. Ce texte a été rédigé après l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2015 et avant la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 par la RPDC le 7 février.

Certains événements montrent que des situations qui s'éternisaient peuvent être réglées positivement. L'embargo qui pesait sur Cuba a été levé par les Etats-Unis ; celui qui voulait isoler l'Iran vient de cesser. La persévérance des victimes et les intérêts des grandes puissances ont décidé de ces mutations.

Par contre, d'autres problèmes, particulièrement inéquitables pour les peuples concernés, ne sont pas en voie d'être résolus. Parmi ces problèmes, il y a la domination quasi-coloniale d'Israël sur le peuple palestinien qui dure depuis 70 ans. Il y a aussi le refus par les Etats-Unis d'ouvrir des négociations de paix avec la RPD de Corée et de cesser les menées d'ingérence mettant en cause sa souveraineté. L'hostilité ouverte des Etats-Unis, du Japon, de la Corée du Sud et des Etats européens (dont la France, incapable de mettre en œuvre une simple reconnaissance diplomatique de la RPDC), sans aucun fondement, est une mesure discriminatoire vis-à-vis d'un Etat membre des Nations Unies, comme cela a été le cas dans le passé à l'égard de la Chine.

L'ONU, pourtant directement concernée par la question coréenne, étant donné son intervention directe lors de la guerre de 1950-1953, reste inerte.

L'Agence internationale de l'énergie atomique, pratiquant la politique du « deux poids, deux mesures », à l'instigation des grandes puissances nucléaires, et  contrairement à la légalité internationale, est plus rigoureuse vis-à-vis de la RPDC (qui s'est légalement retirée du Traité de non prolifération) qu'à l'égard de pays comme Israël (qui n'a jamais adhéré à ce même traité).

Les dispositions fondamentales de la Charte des Nations Unies, de multiples résolutions de l'Assemblée générale, sont violées : chaque peuple est en droit de choisir sans ingérence son régime. Le principe de l'égale souveraineté des Etats est toujours en vigueur ! L'affirmation explicite des grandes puissances de vouloir détruire le régime de la RPDC est une forme d'agression et de provocation permanente, de même que l'image donnée en Occident sur Pyongyang.

La question des droits de l'Homme, mis en avant par la France, notamment, est irrecevable de la part d'un Etat qui a des relations étroites avec nombre de régimes totalement indifférents aux conceptions occidentales des droits humains, comme l'Arabie saoudite, le Qatar et diverses dictatures africaines soutenues par des réseaux d'intérêts français.

La résistance que manifeste le peuple coréen depuis 1950, c'est-à-dire depuis plus d'un demi-siècle, est digne de respect. La Corée se veut coréenne, n'en déplaise à nombre d'occidentaux. L'originalité de sa société est une contribution à la richesse politico-culturelle du monde.

Les amis de la RPDC s'engagent, une fois de plus, à exprimer leur solidarité au peuple coréen, à sa réunification, au maintien de la paix dans la région et à tous les efforts de développement que réalise Pyongyang malgré toutes les difficultés que la RPDC doit surmonter. 2016 sera une nouvelle année de luttes et de résistance victorieuses.

 

Paris, le 5 février 2016

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 20:39

Le 19 mai 2015, trente femmes de différents pays et horizons, dont deux lauréates du prix Nobel de la paix, sont parties de Pékin pour Pyongyang, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette initiative baptisée Women Cross DMZ (Les femmes franchissent la DMZ) a pour objectif de promouvoir la paix en Corée en marchant du nord au sud de la Corée avec un passage, le 24 mai, par la zone démilitarisée (DMZ) divisant la péninsule coréenne depuis la fin des combats de la Guerre de Corée en 1953. Les organisatrices de cette marche pour la paix ont appelé le Commandement des Nations Unies, chargé de superviser la frontière intercoréenne, à les laisser passer à travers le village de la trêve de Panmunjom. Les gouvernements du Nord et du Sud ont donné leur accord pour le franchissement de la DMZ, mais le gouvernement sud-coréen voudrait que les participantes de Women Cross DMZ empruntent la route intercoréenne Gyeongui, reliant Kaesong (Nord) à Séoul (Sud), au lieu de passer par Panmunjom, sous le contrôle de l'ONU. Christine Ahn, coordinatrice de la marche, a toutefois précisé : «L’importance de traverser la DMZ à Panmunjom est que nous, femmes de quinze pays différents, servions de pont entre les deux côtés là où la guerre s’est achevée par une impasse et ainsi renouveler l’espoir que cette division de longue date peut être surmontée.» Le 18 mai, trois participantes américaines de Women Cross DMZ, membres de l'organisation pacifiste CODEPINK : Women for Peace, ont lancé un appel-pétition en faveur de la paix en Corée, dont l'Association d'amitié franco-coréenne propose ci-après une traduction pour que le plus grand nombre de personnes s'associent à cette initiative.

 

Des femmes du monde entier sur la voie de la paix en Corée

En route pour la Corée du Nord !

Cher militant, Chère militante,

Salutations de Pékin, en Chine, en route vers Pyongyang, en Corée du Nord ! Toutes les trois, nous sommes membres d'une délégation de trente femmes de quinze pays. Dans quelques jours, nous participerons avec des femmes nord-coréennes à un symposium international sur la paix. Le 24 mai, journée internationale des femmes pour la paix et le désarmement, nous franchirons la zone démilitarisée (DMZ) vers la Corée du Sud, étant seulement le troisième groupe international à le faire en 70 ans.

Notre objectif ? Remplacer l'accord d'armistice de la Guerre de Corée vieux de 62 ans par un traité de paix, moyen de mettre fin aux hostilités, de promouvoir la réconciliation et de réunir des milliers de familles dans la péninsule coréenne.

Ajouter votre voix à cette action : signez cette pétition pour demander au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon de négocier une conférence politique sur la paix en Corée !

L'accord d'armistice de la Guerre de Corée a marqué l'arrêt des horribles combats entre le Sud soutenu par les Etats-Unis et le Nord soutenu par l'ex-Union soviétique, des combats responsables de la mort de près de 4 millions de personnes. L'accord a mis fin à l'affrontement physique, mais la militarisation de la frontière, les exercices guerriers, les accrochages, les infiltrations et les défections ont continué à diviser les familles coréennes et à placer la péninsule au bord d'un conflit.

Les femmes coréennes qui ont eu l'idée de cette délégation sont tellement reconnaissantes pour nos efforts et si désireuses de mettre fin à ce long conflit. Des milliers de Nord-Coréens marcheront avec nous vers la frontière où nous irons à la rencontre de milliers de Sud-Coréens.

Rejoignez-les en signant cette pétition adressée aux Nations Unies pour aider à réunir des milliers de familles dans la péninsule coréenne et initier le processus de réconciliation.

Dans l'histoire, les femmes ont exercé une influence pour mettre fin à des conflits en apparence difficiles à résoudre. Notre groupe, qui compte la légendaire militante américaine pour les droits des femmes Gloria Steinem et les lauréates du prix Nobel de la paix Mairead Maguire et Leymah Gbowee, respectivement d'Irlande et du Libéria, espère tracer un chemin que d'autres suivront. Nous sommes fières de représenter CODEPINK dans ce pèlerinage pour la paix, et nous vous remercions de vous joindre à nous. Les femmes mènent à la paix !

Vers un monde plus pacifique,

Ann Wright, Jodie Evans et Medea Benjamin

PS: rejoignez-nous sur International Women’s Day for Peace and Disarmament twitter Thunderclap pour partager le plus largement notre pétition ! Suivez-nous sur Twitter : @WomenCrossDMZ (et, bien sûr, @CODEPINK) en utilisant le mot-dièse #WomenXDMZ !


 

Sources :

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 21:38

Lee Seung-hwan, chanteur, auteur-compositeur et producteur (avec l'entreprise Dream Factory), est l'une des figures les plus connues de la scène musicale coréenne contemporaine. Avec d'autres, il s'est engagé auprès des familles des victimes du naufrage du ferry Sewol qui, il y a un an, le 16 avril 2014, a causé 304 morts, en majorité des lycéens. Alors que l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à rejoindre les manifestants qui exigent que toute la vérité soit faite sur ce drame, lors d'un rassemblement organisé par les Coréens de France à Paris le 18 avril prochain à 18 h place du Trocadéro et qui donnera lieu, comme en Corée, à un concert, nous présentons Lee Seung-hwan.

Né le 13 décembre 1965, Lee Seung-hwan est l'une des figures les plus connues de la scène rock coréenne et l'un des pionniers de la pop coréenne, plusieurs fois récompensé aux Mnet Asian Music Awards : meilleur interprète masculin et meilleure musique vidéo en 1999 pour "The Request", prix de l'innovation en musique vidéo en 2002.


Outre sa popularité, Lee Seung-hwan est aussi un artiste engagé. Tous les ans il organise un concert annuel intitulé Chakage Salja (착하게 살자, littéralement "Vivons une belle vie") en faveur de la Fondation des enfants coréens atteints de leucémie.

En rejoignant en août 2014 la grève de la faim engagée par les familles des victimes du Sewol, le chanteur Lee Seung-hwan a alors exprimé sa solidarité pour que soit adoptée une loi à la hauteur de l'émotion causée par la pire catastrophe navale subie par la République de Corée (Corée du Sud) depuis quarante ans. Lors d'un concert organisé le 24 juillet 2014 Lee Seung-hwan avait fait la déclaration suivante :

"D'une certaine manière nous nous sommes rendu compte de trop de choses et nous avons le sentiment d'être pitoyables. [...] J'ai le sentiment que nous nous sommes rendu compte de l'incompétence et de l'indifférence de notre pays, que nous nous sommes rendu compte de la contradiction à refuser d'endosser les responsabilités sur quelque sujet que ce soit, que nous nous sommes rendu compte que nous vivions dans un étrange pays qui ne partageait pas les peines et les souffrances de ses habitants. "

Lee Seung-hwan, lors d'un concert organisé le 24 juillet 2014, 100 jours après le naufrage du "Sewol"

Lee Seung-hwan, lors d'un concert organisé le 24 juillet 2014, 100 jours après le naufrage du "Sewol"


De fait, au-delà du traumatisme du Sewol, les insuffisances des opérations de secours posent la question de la réponse des autorités sud-coréennes à la catastrophe, tandis que la Présidente Park Geun-hye est restée silencieuse pendant des heures et que des informations erronnées circulaient dans les médias. Alors qu'un débat public était nécessaire, la réponse du Gouvernement a été de dénoncer la soi-disant récupération politique de la colère des familles des victimes qui exigent toujours que toute la vérité soit faite. Dans ce contexte, le fait que la Présidente Park sera en visite en Amérique latine, un an après le naufrage, est perçu par beaucoup comme un signe de désinvolture.

Dans le naufrage du Sewol, les médias pro-gouvernementaux (conservateurs ou à capitaux publics) se sont également efforcé d'occulter les responsabilités de Mme Park Geun-hye et de ses ministres, en chargeant le propriétaire du ferry - retrouvé mort des semaines plus tard - quitte à se taire sur sa grande proximité tant avec certains des conservateurs sud-coréens du Parti Saenuri (au pouvoir) qu'avec l'ambassade de la République de Corée en France, qui l'a totalement soutenu en tant que photographe, où il s'est produit sous le nom d'Ahae. Enfin, le naufrage aurait dû conduire à ouvrir le débat sur les conséquences dramatiques de la déréglementation libérale.

C'est pourquoi la solidarité internationale s'impose, en mémoire des victimes, pour que triomphe la vérité et empêcher que de tels drames se reproduisent : nous vous donnons rendez-vous le samedi 18 avril 2015 à 18h, place du Trocadéro à Paris.

Lee Seung-hwan, un chanteur engagé auprès des familles des victimes du "Sewol"

Sources :

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 13:00

Le 16 avril 2014, le ferry Sewol faisait naufrage au sud-ouest des côtes coréennes, entraînant la mort de 304 personnes, en grande majorité des lycéens. Depuis, les familles des victimes cherchent désespérément à établir la vérité sur les causes du naufrage, y compris pour éviter qu’un tel drame se répète, mais se heurtent aux manœuvres dilatoires des autorités sud-coréennes. A l’approche du premier anniversaire de la tragédie du Sewol, l'International Strategy Center (ISC), de Corée du Sud, mène une campagne internationale pour soutenir les familles des victimes. L’objectif de cette campagne relayée, avec d’autres, par l’Association d’amitié franco-coréenne est d’attirer l'attention de l'opinion internationale sur le fait que le drame du Sewol reste à ce jour largement non-résolu. Vous trouverez ci-dessous la traduction française du texte de cette pétition que vous pouvez signer en ligne en cliquant ici (version en anglais). Comme l'ISC le suggère à la fin de l'appel, vous pouvez également vous prendre en photo en tenant dans vos mains un message reprenant les revendications des familles de victimes et envoyer le résultat par courrier électronique à iscenter2015@gmail.com. Par ailleurs, une manifestation de soutien aux familles des victimes du Sewol est organisée le samedi 18 avril 2015 à 18h à Paris, esplanade du Trocadéro.

Campagne de pétition internationale pour faire toute la lumière sur le drame du naufrage du « Sewol »

« Un an après, faire toute la lumière sur le drame du Sewol, punir les responsables et retrouver les corps des neuf personnes disparues »,

Pétition à destination du gouvernement coréen, initiée par l'International Strategy Center (ISC), Corée du Sud.


À 9 heures le 16 avril 2014, après un virage serré, le ferry Sewol, ses cales surchargées de containers, commençait à sombrer au sud-ouest des côtes de la Corée du Sud. Les premiers bulletins d'informations faisant état d'un sauvetage de l'ensemble de l'équipage suscita l'espoir des familles mais celui-ci fut rapidement brisé par la réalité des faits. Seulement 172 personnes ont pu être évacuées du bateau et secourues tandis que 304 – la plupart des lycéens – restèrent piégées à l'intérieur du navire. Les tâtonnements et les hésitations du gouvernement dans les heures déterminantes qui ont suivi le drame ont transformé les minutes en heures et les jours en mois, faisant fondre comme neige au soleil les espoirs de sauvetage. La colère grandissante des familles fut exacerbée par l'inexactitude des informations relayées par les médias et les tentatives du gouvernement pour masquer son incurie et la lenteur de sa réaction. Cupidité, corruption, dérégulation et incompétence ont fait d'un simple accident le pire désastre maritime coréen de ces 40 dernières années. Cette catastrophe questionne également la légitimité d'un gouvernement obnubilé par la croissance économique mais négligent du bien-être de son peuple.

Aujourd'hui, pratiquement un an après la tragédie, 295 corps ont été repêchés, mais 9 d'entre eux restent introuvables. Un nombre incalculable de manifestations, une pétition réunissant 6 millions de signatures, une occupation de 8 mois de la place Gwanghwamun et une grève de la faim par les membres des familles de victimes ont été menées pour réclamer que la vérité qui réside derrière cette tragédie soit révélée et que les responsables soient punis. Le gouvernement est resté sourd à ces demandes, paralysé par des intérêts particuliers et effrayé par les conséquences que pourraient avoir des révélations compromettantes. Aussi longtemps que des corps seront toujours manquants et que la vérité restera tue, les familles des victimes ne pourront pas refermer leurs plaies et faire dignement leur deuil.

Pour faire la lumière sur le drame et éviter la répétition de ces morts absurdes dans le futur, les familles de victimes ont demandé la création d'un comité disposant de toute l'autorité nécessaire en matière d'enquête et de poursuite. En réponse, le gouvernement a mis en place un timide comité qui n'a toujours pas lancé d'enquête à grande échelle à cause des désaccords ministériels quant au budget à lui accorder. De plus, alors que les familles des victimes encore portées disparues réclament que le Sewol soit repêché pour que l'on puisse récupérer les corps manquants et dévoiler la vérité, le gouvernement rechigne ostensibement en raison du coût d'une telle mission.

La mise en examen des responsables a été lente. Le président directeur général ainsi que cinq autres employés de la compagnie Cheonghaejin Marine, propriétaire du Sewol, sont poursuivis pour négligence dans la conduite de leurs affaires, négligence professionnelle ayant entraîné la mort, et pour violation de la loi sur la sécurité des navires. Ayant remis en circulation un bateau vieux de 20 ans, ils ont illégalement modifié sa structure et amplifié sa cargaison en surchargeant son pont supérieur de containers afin d'augmenter leurs profits.

Alors qu'approche le premier anniversaire de la tragédie du 16 avril, certains disent : « Assez, arrêtons de nous disputer et contentons-nous de commémorer cette tragédie dans le calme. » Pourtant, comment pouvons-nous garantir qu'une telle catastrophe ne se répètera pas ? Comment pouvons-nous soulager les familles des victimes quand la vérité est toujours étouffée, quand les coupables ne sont pas tenus pour responsables et quand neuf corps sont toujours manquants ?

Nous devons lutter contre le temps, contre les tentatives du gouvernement pour cacher la vérité, contre des médias sous influence du gouvernement et contre notre propre inaction pour ne pas oublier. En faisant cela, nous pourrons créer une société qui valorise le bien-être de sa population, qui préfère la sécurité aux profits, et dans laquelle une telle tragédie ne se reproduira pas.

Alors que nous nous approchons du premier anniversaire de la tragédie du Sewol, nous vous prions de bien vouloir prendre quelques minutes pour joindre notre campagne internationale en solidarité avec la lutte des familles des victimes :

Participez à notre campagne de photos, en tenant dans vos mains un message écrit reprenant les trois revendications suivantes et/ou en utilisant le hashtag #thetruthmustnotsinkwithsewol [la vérité ne doit pas couler avec le Sewol] :

- Une enquête complète pour faire la vérité sur le drame du Sewol.

- Une sanction pénale des responsables de la tragédie.

- Repêchage du Sewol et des neuf corps encore manquants.

Envoyez-nous une copie de votre photo à iscenter2015@gmail.com
L'ISC publiera les photos dans son Rapport mensuel d'informations mondiales du mois d'Avril et les remettra aux familles des victimes en signe de solidarité (de même que la pétition que vous pouvez signer ici).

Encouragez vos amis à participer à cette campagne.

Merci.

 

 

Source :

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  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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