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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 18:47

Lors de son assemblée générale du 21 septembre 2012, l'Association d'amitié franco-coréenne avait décidé d'adresser un courrier à Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, sur les perspectives d'évolution des relations entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), alors que la France reste l'un des deux derniers Etats de l'Union européenne (avec l'Estonie) à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPDC. La lettre d'André Aubry, président de l'AAFC, adoptée lors du bureau national de l'AAFC du 30 novembre 2012, a reçu une réponse de M. Laurent Fabius en date du 14 janvier 2013, que nous reproduisons ci-après. 


 Reponse_MAE_14janv2013.jpg

 

Monsieur le Président,


J'ai pris connaissance avec attention de votre courrier relatif à la politique de la France à l'égard de la République Populaire Démocratique de Corée.

Ainsi que vous le rappelez, la France n'entretient pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord. Nous évaluons les perspectives d'évolution de notre relation au vu de l'attitude de Pyongyang sur les dossiers nucléaire et balistique, la situation des droits de l'homme et l'état des relations intercoréennes;

Or, force est de constater que, sur l'ensemble de ces trois critères, la situation n'est pas satisfaisante et n'évolue pas dans la bonne direction. Le tir de fusée auquel la Corée du Nord a procédé le 12 décembre, en particulier, constitue une violation flagrante des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies. En outre, les derniers rapports des Nations Unies sur la situation des droits de l'Homme ne font état d'aucune amélioration tangible dans ce pays.

La France entend toutefois poursuivre son dialogue avec les autorités de Pyongyang et ses actions de coopération en faveur du peuple nord-coréen. Elle a ainsi, comme vous le mentionnez, ouvert un Bureau de coopération en octobre 2011 afin d'améliorer, par un soutien humanitaire, les conditions de vie de la population nord-coréenne, mais aussi pour initier des projets de coopération linguistique, culturelle et universitaire.

La France demeure prête à réagir positivement à d'éventuels gestes de la Corée du Nord dans la direction du respect de ses obligations internationales et du dialogue avec la communauté internationale.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments distingués.


Laurent Fabius

 

Si l'Association d'amitié franco-coréenne se félicite que le ministre lui-même réponde (par le passé, les réponses avaient pu être adressées par ses collaborateurs), nous prenons acte d'une divergence d'appréciations : le ministre des Affaires étrangères rappelle les trois critères mis par la France depuis 2000 à l'établissement de relations diplomatiques (la question nucléaire, auquel il ajoute cette fois la question balistique, les droits de l'homme et les relations intercoréennes) en estimant qu'il n'y aurait pas de progrès.

Pour notre part, nous estimons que le blocage des relations intercoréennes est d'abord imputable à la politique conduite depuis 2008 par le président sud-coréen Lee Myung-bak, aujourd'hui en fin de mandat, et que, sur la question nucléaire, les Etats-Unis n'ont pas respecté leurs engagements, notamment pour la founiture de réacteurs nucléaires à eau légère, dans le cadre de l'accord de 1994, pour développer une filière civile. Par ailleurs, nous rappelons que la tradition diplomatique française, reconnaissant les Etats et non les régimes, ne pose pas de critères à l'établissement de relations diplomatiques. Comme l'observe le ministre à la fin de sa réponse, le contexte international et intercoréen sera déterminant dans l'approfondissement des relations bilatérales, la France étant également engagée vis-à-vis de ses partenaires.

Par ailleurs, nous nous félicitons de l'ouverture d'un bureau français de coopération à Pyongyang, en octobre 2011, ainsi que le rappelle le ministre, comme de la création de pages sur le site Internet du ministère, consacrées aux relations entre la France et la Corée du Nord et, depuis novembre 2012, aux conseils aux voyageurs désirant se rendre en RPDC : nous avions réitéré des demandes en ce sens depuis 2008, même si l'on ne peut que regretter que les informations sur les relations France-RPDC figurent toujours dans la rubrique dédiée aux crises et aux conflits, et pas dans les pages relatives aux pays et zones géographiques.

Enfin, nous partageons la position du Quai d'Orsay sur le nécessaire développement des relations de solidarité et des échanges dans le domaine culturel et linguistique, lesquels constituent d'ailleurs des axes essentiels des activités de l'Association d'amitié franco-coréenne. Nous restons à la disposition du ministère des Affaires étrangères pour poursuivre, notamment sur ces questions, un dialogue engagé de longue date, en considérant l'intérêt mutuel des peuples français et coréen, la paix et la sécurité dans cette partie du monde ainsi que le développement et l'élévation du niveau de vie des peuples d'Asie de l'Est.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations France-Corée
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)