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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 18:54

Les 12 mars et 21 avril 2008, l’Association d’amitié franco-coréenne a écrit, respectivement, au ministère des Affaires étrangères et européennes et au Président de la République, en posant des questions précises sur l'attitude de la République française vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Le 22 mai, M. Jean-Noël Poirier, sous-directeur en charge de l'Extrême-Orient au ministère, nous a adressé la lettre reproduite ci-dessous. Ce courrier est pour le moins décevant : le ministère français des Affaires étrangères ne répond à aucune des questions posées tout en semblant ignorer les derniers développements de la situation en Corée. Une ignorance bien singulière qui confine à un inquiétant aveuglement de la part des autorités de notre pays...

 


Monsieur le Président,


vous avez bien voulu faire part au Président de la République et au Ministre des Affaires étrangères et européennes de vos vues sur les relations entre la France et la Corée du Nord. J’ai été chargé de vous répondre.


Ainsi que je vous l’écrivais précédemment, l’établissement de relations diplomatiques entre la France et la République populaire démocratique de Corée dépend de progrès effectifs dans trois domaines : la question nucléaire, les relations inter-coréennes et la situation des Droits de l’homme. Les conditions ne sont pas aujourd’hui réunies pour l’établissement de telles relations.


La diplomatie française suit avec une grande attention la situation en Corée du Nord, et se préoccupe particulièrement aujourd’hui du sort de la population nord-coréenne qui endure une situation de disette voire de famine très grave. A cet égard, il nous apparaît particulièrement urgent que le gouvernement nord-coréen accepte de faire appel à l’aide internationale, ce qu’il s’est refusé à faire jusqu’à présent en dépit de l’urgence humanitaire.


Enfin, s’agissant de la mission d’information du Ministère des Affaires étrangères et européennes en Corée du Nord que vous évoquez, elle a fait l’objet d’une déclaration de la Porte-parole du Ministère le 4 février dernier, disponible sur le site internet du Ministère. Cette mission entre dans le cadre des échanges réguliers que nous entretenons avec les autorités nord-coréennes.


Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée.


Jean-Noël Poirier

 



Réaction de l'Association d'amitié franco-coréenne suite à la réponse de M. Poirier

Une fois encore, le ministère des Affaires étrangères ne répond pas à notre proposition de rendez-vous et nous donne les mêmes arguments que ceux présentés, invariablement, depuis 2001, sans mention des évolutions récentes de la situation en Corée suite à l'
accord signé à Pékin le 13 février 2007 sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne ; de même, la réponse qui nous est parvenue passe sous silence la visite en France, qui venait d'avoir eu lieu, d'une délégation du ministère des Affaires étrangères de RPDC, conduite par le vice-ministre.

Alors que l'accord de Pékin a permis l'ouverture de négociations en vue de l'établissement de relations diplomatiques complètes avec les dernières grandes puissances n'ayant pas reconnu la République populaire démocratique de Corée, notamment les Etats-Unis et le Japon, nous constatons que la France ne semble pas engagée dans un tel processus : faut-il y voir un choix d'effacement de la diplomatie française, ou une préférence pour la diplomatie secrète telle qu'elle était pratiquée avant la Première Guerre mondiale ?

Le ministère des Affaires étrangères ne répond pas à deux questions très précises que nous lui avons posées :

-

Pourquoi les diplomates nord-coréens en poste à Paris ne figurent pas dans l'annuaire diplomatique du ministère des Affaires étrangères contrairement, par exemple, aux représentants de la Palestine, avec laquelle la France n'a pas de relations diplomatiques officielles ?

-

Pourquoi la Corée du Nord ne figure pas dans la liste des destinations pour lesquelles le site internet du ministère des Affaires étrangères donne des conseils aux voyageurs, alors que des informations concernant ce pays sont disponibles sur le site du département d'Etat américain ?


S'agissant de la situation alimentaire, nous enregistrons le refus de la France, seule parmi les grandes puissances, à fournir la moindre aide bilatérale après les inondations de l'été 2007 en RPDC, alors même qu'un appel a été adressé à la communauté internationale,
appel relayé par la presse. Le ministère français des Affaires étrangères avait-il cessé ses activités, éteint les postes de télévision et cessé d'effectuer des revues de presse au moment des pires inondations en Corée du Nord depuis quarante ans, contrairement à ses confrères américains, britanniques, allemands -- pour ne citer que ceux-là -- dont les gouvernements ont porté assistance à la RPDC ?

Alors que la France prétend soutenir le rapprochement intercoréen, nous constatons qu'elle mène une politique contraire en refusant encore récemment, le 6 juin 2008, d'accorder des visas d'entrée en France à des artistes et des universitaires nord-coréens présents en Allemagne à l'invitation de Sud-Coréens dans le cadre de la célébration du huitième anniversaire du sommet intercoréen du 15 juin 2000... 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations France-Corée
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)