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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 00:06

1050688-406033-jpg_911602_434x276.jpgDans une résolution adoptée le 22 janvier 2013, le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) a élargi la liste des sanctions déjà en vigueur contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), suite au lancement réussi du satellite Kwangmyongsong-3 le 12 décembre 2012, dont les membres du CSNU ont considéré qu'il était contraire aux précédentes résolutions du CSNU interdisant à la RPDC de procéder à des essais nucléaires ou à des tirs de missiles balistiques. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) condamne l'application d'une politique du "deux poids deux mesures" à l'encontre de la RPDC, en observant que les membres permanents du CSNU se sont eux-mêmes dotés de l'arme nucléaire et se sont engagés dans la conquête spatiale sans subir de sanctions internationales du CSNU. L'AAFC regrette l'adoption - tardive - d'une résolution qui comporte des risques d'escalade des tensions dans la péninsule coréenne, alors que la priorité devrait être à la recherche de la paix et du désarmement en Asie du Nord-Est, dans le cadre d'un mécanisme de sécurité collective, et non à la mise en place, à l'initiative des Etats-Unis, d'une organisation de type OTAN dans cette partie du monde.

Les négociations ont été longues, et manifestement difficiles, parmi les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) : le 22 janvier 2013, près d'un mois et demi après la mise en orbite réussie du satellite artificiel nord-coréen Kwangmyongsong-3, une nouvelle résolution du CSNU a élargi la liste des sanctions applicables à l'encontre de la RPDC à six nouvelles entités - le Comité coréen pour la technologie spatiale, qui est l'agence spatiale de la RPD de Corée, et cinq banques ou entreprises commerciales nord-coréennes - et à quatre personnes physiques : deux responsables de l'agence spatiale et deux responsables de banques. Les sanctions comportent notamment un gel des avoirs et une interdiction de voyager.

Alors que les Etats-Unis souhaitaient la mise en place de nouvelles sanctions, la Chine aurait semble-t-il préféré une simple déclaration à portée non contraignante. Le compromis atteint étend la liste des sanctions applicables, mais sans en prévoir de nouvelles.

Etat déjà le plus sanctionné au monde, la Corée du Nord n'en a pas moins réussi à accéder au club fermé des puissances spatiales, ayant mis sur obite un satellite par des technologies qui lui sont propres, et est reconnue comme telle par les autres pays les plus avancés dans la conquête de l'espace. Pour sa part, la RPDC souligne le caractère pacifique de son programme spatial, conduit à des fins de développement économique.

Il est sans équivalent qu'un pays souverain soit sanctionné au titre de sa politique spatiale, et l'AAFC déplore l'application d'une règle du "deux poids deux mesures" en ce qu'elle constitue une entrave à la reprise du dialogue et des pourparlers multilatéraux en Asie du Nord-Est, au moment où le discours de nouvel an du Président Kim Jong-un a ouvert de nouvelles perspectives de paix.

Le ministère des Affaires étrangères nord-coréen a réagi en demandant des excuses au CSNU pour avoir méconnu les droits d'Etat souverain de la RPDC (voir déclaration reproduite ci-dessous). La Corée du Nord a annoncé considérer que, dans ce contexte, les pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne n'avaient plus lieu d'être, mais qu'il pourrait y avoir des discussions sur un traité de paix en Corée et la sécurité en Asie du Nord-Est - ce qui signifie que les armes nucléaires nord-coréennes, relevant d'une stratégie de dissuasion du faible au fort analogue à la doctrine nucléaire française, ne sont plus négociables. Enfin, Pyongyang a fait savoir que, face à la politique hostile des Etats-Unis à son encontre, elle poursuivrait ses programmes d'autodéfense, y compris sur le plan nucléaire. La résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies a ainsi ouvert la voie - malheureusement - à une nouvelle escalade des tensions et à un possible troisième essai nucléaire nord-coréen.


Principales sources : AAFC, AFP, KCNA

 


Déclaration du ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée au sujet de la résolution 2087 du Conseil de sécurité, 23 janvier 2013

 

Le lancement du satellite Kwangmyongsong 3-2 en décembre 2012 a démontré la maîtrise scientifique et technologique et la puissance de la République populaire démocratique de Corée. C’est un état de fait que le monde approuve et que même les forces hostiles, notamment les États-Unis, reconnaissent. 

Après avoir tenté désespérément de faire échec à l’avancée triomphale de la République populaire démocratique de Corée, les États-Unis et leurs partisans ont forgé mardi une résolution du Conseil de sécurité, violant sans scrupules la souveraineté inviolable de la République populaire démocratique de Corée. 

La résolution présentée par les États-Unis énonce d’un bout à l’autre des mesures hostiles visant à interdire à la République populaire démocratique de Corée d’effectuer des tirs de satellite à des fins pacifiques et à durcir les sanctions contre elle afin de bloquer son développement économique et de l’empêcher de développer son économie et de renforcer ses moyens de défense. 

Les pays susmentionnés soutiennent que  le tir de satellite effectué par la République populaire démocratique de Corée est dangereux et qu’il fait intervenir la technologie des missiles balistiques, tout en sachant mieux que quiconque que cette technologie est indispensable pour tout tir de satellite, eux qui en effectuent plus que quiconque. C’est faire preuve d’aveuglement et de double morale. 

Il ne s’agit au fond que de la logique malhonnête des États-Unis, qui considèrent que les tirs de satellite effectués à des fins pacifiques par un pays auquel ils sont hostiles ne devraient pas être autorisés parce que tout lanceur peut être transformé en missile balistique à longue portée dirigé contre eux. 

Le Conseil de sécurité est une marionnette aux mains des États-Unis. Les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité sur les tirs de satellite effectués par la République populaire démocratique de Corée découlent de son approbation aveugle de la politique d’hostilité des États-Unis, qui vise à désarmer la République populaire démocratique de Corée et à causer l’effondrement de son système social, en violation des règles de droit international universellement reconnues. Reproduire des actes répréhensibles sans avoir le courage ou la responsabilité de les rectifier est le comportement vil des lâches qui se leurrent et leurrent autrui. Ils mettent en grand danger la paix et la stabilité de la péninsule coréenne et de la région. 

La situation actuelle prouve clairement que la République populaire démocratique de Corée doit répondre à la  politique des États-Unis par la force, et non par des paroles, et que la politique d’indépendance et de Songun suivie par la République populaire démocratique de Corée est entièrement justifiée.

Compte tenu de la situation actuelle, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée déclare ce qui suit. 

Premièrement, la République populaire démocratique de Corée rejette purement et simplement les résolutions injustes du Conseil de sécurité, qui visent à porter atteinte à sa souveraineté et à la priver du droit d’effectuer des tirs de satellite à des fins pacifiques.

Les forces hostiles se trompent lourdement si elles croient pouvoir faire plier la République populaire démocratique de Corée par des sanctions et des pressions. Ces tentatives ne les mèneront qu’à de honteuses défaites. 

Le Conseil de sécurité devrait présenter des excuses pour avoir attenté gravement à l’indépendance d’un État souverain en suivant la politique d’hostilité pratiquée par les États-Unis envers la République populaire démocratique de Corée au mépris des règles de droit international universellement reconnues, et annuler immédiatement toutes les résolutions injustifiées. 

Deuxièmement, la République populaire  démocratique de Corée continuera d’exercer en toute indépendance son droit légitime d’effectuer des tirs de satellite à des fins pacifiques dans le respect des règles de droit international universellement reconnues sur l’utilisation pacifique de l’espace. 

Les chercheurs et techniciens de la République populaire démocratique de Corée mettront au point et lanceront bien d’autres satellites d’application, notamment des satellites de communication, et des lanceurs plus puissants qui sont indispensables au développement d’un géant économique, dans le même esprit et la même fougue que ceux qui ont fait le succès du lancement du satellite Kwangmyongsong 3-2. 

La République populaire démocratique de Corée effectuera régulièrement des tirs de satellite à des fins pacifiques afin  de conquérir l’espace et de devenir une puissance spatiale mondiale. 

Troisièmement, la République populaire démocratique de Corée est arrivée à la conclusion que la dénucléarisation de la péninsule coréenne est impossible à moins que le monde entier ne soit dénucléarisé, car il est clair à présent que les États-Unis ne changent pas leur politique d’hostilité à l’égard de la République populaire démocratique de Corée. 

La déclaration conjointe adoptée le 19 septembre aux pourparlers à six sur le principe du respect de la souveraineté et de l’égalité n’a plus d’effet, et les perspectives de dénucléarisation de la péninsule coréenne sont devenues d’autant plus incertaines que la politique d’hostilité des États-Unis envers la République populaire démocratique de Corée s’est plus que jamais durcie. 

Il y aura peut-être d’autres pourparlers sur la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et dans la région, mais il n’y aura plus de pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule. 

Quatrièmement, la République populaire démocratique de Corée prendra des mesures concrètes pour renforcer ses moyens militaires d’autodéfense, y compris de dissuasion nucléaire, en qualité aussi bien qu’en quantité, afin de faire face aux tentatives ouvertes des États-Unis d’appliquer des sanctions et des pressions à son encontre. 

Les forces armées révolutionnaires de la République populaire démocratique de Corée défendront sans faillir la sécurité et la souveraineté du pays et préserveront la paix et la stabilité régionales dans l’esprit de  Songun. Elles ont la volonté inébranlable de neutraliser la source des provocations qui continuent d’être dirigées contre la République populaire démocratique de Corée.

Aucune force sur terre ne peut enrayer l’avancée d’un grand peuple fier de son indépendance, puissant grâce à la politique de  Songun et fortement uni par un sentiment de vérité.

 

Source : Nations Unies

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)