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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 14:10

Le 14 mai 2017, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a effectué un nouveau tir de missile - apparemment de moyenne portée. Plus que l'initiative elle-même (le précédent tir nord-coréen de ce type avait eu lieu il y a moins d'un mois, déjà un dimanche, le 16 avril dernier), dans un contexte marqué par les exercices de guerre américano-sud-coréens qui conduisent chaque partie à riposter, c'est le moment choisi par Pyongyang qui retient l'attention : la RPD de Corée a procédé à ce tir quelques jours seulement après l'élection et l'investiture du nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, démocrate qui privilégie le dialogue plutôt que les sanctions pour aborder les relations Nord-Sud.

Tir de missile : la Corée du Nord teste l'administration Moon Jae-in

Une fois encore, ce sont les Américains et les Etats-Unis qui ont donné leur version de la dernière initiative sud-coréenne - même si lors des précédents tirs de missiles nord-coréens, les données factuelles apportées par Washington et Séoul se sont avérées globalement fiables.

Le tir - selon toute vraisemblance celui d'un missile balistique de portée intermédiaire - a eu lieu le dimanche 14 mai 2017 à 5h27 heure locale, depuis Kusong dans la province du Pyongan du Nord, en direction de la mer de l’Est. Le missile aurait parcouru 700 km, suivant un angle de tir pratiquement vertical.

Les condamnations les plus vives sont venues, comme d'habitude, des Etats-Unis et du Japon. Cependant, Donald Trump est apparu plutôt isolé à ce stade lorsqu'il a évoqué la nécessité selon lui de nouvelles sanctions contre la RPD de Corée. Ferme dans sa condamnation (en déclarant que "les autorités militaires doivent rester prêtes à répondre à n’importe quelle provocation militaire de la Coré du Nord" et en mentionnant "l’accélération du processus de conception du bouclier antimissile sud-coréen Korean Air and Missile Defense (KAMD)"), le Sud-Coréen Moon Jae-in n'a pas appelé à renforcer les sanctions contre Pyongyang, tout comme d'ailleurs l'Union européenne.

La position du nouveau président démocrate de la République de Corée est conforme à celle de ses prédécesseurs démocrates de la décennie du "rayon de soleil" de dialogue avec Pyongyang (1998-2008) : discuter avec la RPDC, certes, mais tout en maintenant l'alliance militaire avec les Etats-Unis et en condamnant la poursuite des programmes balistique et nucléaire nord-coréens. La vraie question est de savoir si Moon Jae-in liera ce sujet et celui des relations intercoréennes (comme les administrations conservatrices de Lee Myung-bak et Park Geun-hye), ou s'il tendra à les dissocier (à l'instar de Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun). Manifestement, le tir de missile de Pyongyang teste l'administration Moon Jae-in.

Si la Chine a également déclaré s'opposer aux violations par la Corée du Nord de ses obligations résultant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, Pékin est de longue date favorable, de concert avec la Russie, à un règlement global de la question, en dénonçant également les initiatives américano-sud-coréennes.


Par ailleurs, au moment où les différentes parties (notamment Pyongyang et Washington) ont parlé de la possibilité de renouer le dialogue sous certaines conditions (restant à préciser), il ne fait guère de doutes que tant la RPDC que les Etats-Unis font monter les enchères pour aborder d'éventuelles négociations dans la meilleure position possible - même si les initiatives prises de part et d'autre n'encouragent pas de retour au dialogue, tout du moins à court terme. Pour ce faire, sans doute faudra-t-il au moins attendre la fin des manoeuvres militaires en cours conduites par Washington et Séoul.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée Relations intercoréennes
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 18:02

Le 30 mars 2017, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que le Maréchal Kim Jong-un avait envoyé une couronne de fleurs après la disparition, la veille à Pyongyang, de Kim Ki-ryong. Figure moins médiatisée que d'autres dirigeants nord-coréens, occasionnellement cité dans les dépêches de KCNA, Kim Ki-ryong avait néanmoins joué un rôle clé dans le monde de l'information en RPDC pendant plus de deux décennies, ayant occupé toutes les fonctions majeures en ce domaine (notamment, président de l'agence KCNA, rédacteur en chef du Rodong Sinmun, quotidien du Parti du travail de Corée, président du Comité de l'information publique), et aussi initié des coopérations intercoréennes et internationales. L'Association d'amitié franco-coréenne revient sur son parcours, en présentant ses condoléances à sa famille et à ses proches.

Disparition de Kim Ki-ryong, un géant des médias en Corée du Nord

Kim Ki-ryong était né dans la province de Ryanggang en 1940, sous l'occupation japonaise. Diplômé de la prestigieuse Université Kim Il-sung, il avait commencé à travailler comme journaliste au Rodong Sinmun en 1965, grimpant dans la hiérarchie du quotidien jusqu'à assumer des responsabilités de rédacteur en chef en 1985.

Les fonctions qu'il exerça alors successivement témoignent qu'il était devenu une des personnalités les plus influences des médias en RPD de Corée : en 1988, il est nommé directeur du Bureau d'orientation des publications (organisme qui veille à leur ligne éditoriale, conformément à la politique du Parti du travail) ; en 1989, il devient président de l'agence KCNA (jusqu'en 1996, et à nouveau de 2000 à 2010) et parallèlement président du Comité de l'information publique, fonction équivalente à celle, en Occident, de ministre de l'Information. Kim Ki-ryong est aussi devenu député de l'Assemblée populaire suprême (en 1990), membre (suppléant, en 1991, puis titulaire, en 1992) du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC). Lors de sa disparition en 2017, il appartenait toujours au Comité central du PTC.

En 2010, il avait abandonné la présidence de l'agence KCNA pour redevenir rédacteur en chef du Rodong Sinmun, avant d'être remplacé à ce poste en 2013 par Yun U-chol et faire valoir ses droits à la retraite à la faveur d'un changement de génération après la disparition du Dirigeant Kim Jong-il, en décembre 2011. Quarante-troisième dans l'ordre protocolaire lors des funérailles de l'ancien Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, Kim Ki-ryong a été parmi les premiers récipiendaires, en février 2012, de l'Ordre de Kim Jong-il. La dépêche de KCNA ayant annoncé que le Maréchal Kim Jong-un adressait une couronne de fleurs et présentait ses condoléances à la famille du défunt a d'ailleurs fait mention, non de ses fonctions passées comme homme des médias ni comme homme politique (membre du Comité central du Parti), mais de sa double qualité de titulaire de l'Ordre de Kim Il-sung et de l'Ordre de Kim Jong-il - soulignant ainsi qu'il avait été un des grands serviteurs de l'Etat.

Sa longévité dans le monde des médias nord-coréens en avait fait une personnalité de confiance du centre du Parti, impliquée dans les échanges non seulement avec ses homologues étrangers (en mai 2004, il avait rencontré à Pyongyang le vice-président de l'agence chinoise Xinhua, Xu Xian, se félicitant de la coopération entre leurs deux agences), mais aussi dans la promotion des relations intercoréennes. En août 2000, il avait rencontré l'ancien ministre sud-coréen de la Culture et du Tourisme Park Jie-won, et exprimé le souhait d'accueillir son homologue de l'agence Yonhap de la République de Corée (du Sud). Ce sera chose faite le 12 octobre 2007, à Pyongyang, comme l'a relevé Aidan Foster-Carter de l'Université britannique de Leeds, dans un article consacré aux relations Nord-Sud :

Les chefs des agences d'information des deux Corée se sont rencontrés pour la première fois à Pyongyang. Kim Ki-seo, président de l'agence Yonhap de la République de Corée, propose des "échanges actifs" ; Kim Ki-ryong de KCNA a dit que "nous l'étudions sérieusement", ce que Yonhap a interprété comme un geste tiède. L'un et l'autre ont co-organisé une exposition de photos des peintures murales du royaume de Koguryo avec l'agence japonaise Kyodo News Service, qui a été inaugurée le 11 octobre.

https://csis-prod.s3.amazonaws.com/s3fs-public/legacy_files/files/media/csis/pubs/0704qnk_sk.pdf

En fait, la fin de la politique du "rayon de soleil" à partir de 2008 allait ruiner les progrès du dialogue intercoréen, alors que, comme nous l'avons vu, Kim Ki-ryong avait été initiateur d'échanges Nord-Sud - dès 2000 - qui auraient également pu concerner les sujets sensibles des médias et de l'échange d'informations si la politique du "rayon de soleil" s'était poursuivie.

Avec la disparition de Kim Ki-ryong, les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, perdent aussi un homme qui était sincèrement attaché à la réunification.

Source principale :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Société Politique de la RPDC Relations intercoréennes
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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 18:00

Début avril 2016, à la veille d'élections législatives finalement perdues par les conservateurs au pouvoir à Séoul, la défection groupée d'employés nord-coréens d'un même restaurant en Chine a soulevé de nombreuses interrogations quant à la volonté réelle de tout ou partie de ces personnes de rejoindre la Corée du Sud. La question du consentement de toute personne de vivre dans le pays qu'elle a choisi  est une question élémentaire de respect des droits de la personne humaine. C'est pourquoi le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a décidé d'interpeler le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, dans une lettre adressée le 5 mars 2017 à S.E. M. Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire, et dont nous proposons le texte ci-après.

Palais Wilson, à Genève, siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme

Palais Wilson, à Genève, siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme

Excellence,

Fondée en 1969 pour encourager les relations d'amitié entre la France et l'ensemble de la péninsule coréenne, l'Association d'amitié franco-coréenne a l'honneur d'attirer votre attention sur la situation d'un groupe de citoyens de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) qui sont arrivés en République de Corée (RdC) depuis la République populaire de Chine où ils travaillaient dans un restaurant, au début du mois d'avril 2016.
Selon les autorités de la RPDC, la plupart des membres de ce groupe – sinon tous – ont été emmenés de force en République de Corée. Des juristes et des journalistes de la RdC ont aussi souligné la coïncidence entre cet événement, la façon dont le service national de renseignement de la RdC a pris en charge ce groupe sans le laisser entrer en contact avec d'autres personnes, et les élections législatives à venir en République de Corée.
En mai 2016, huit avocats, membres de l'organisation des Juristes pour une société démocratique (Minbyun) de la République de Corée, ont déposé une pétition en habeas corpus. Néanmoins, les autorités de la RdC ont refusé tout contact entre ces citoyens de la RPDC et leurs familles restées dans leur pays, et ces personnes ne sont pas apparues elles-mêmes à l'audience.
La République de Corée est partie à des conventions internationales, en vertu desquelles les personnes qui arrivent sur son territoire ont le droit de choisir elles-mêmes, sans influence extérieure, dans quel pays elles veulent vivre, en choisissant leurs propres avocats et après avoir pu contacter leur famille ou les autorités de leur pays, si nécessaire. De telles règles ont été appliquées pour d'autres citoyens de la RPDC qui sont arrivés en République de Corée, en particulier des marins dont les embarcations ont dérivé en mer.
C'est la raison pour laquelle nous demandons au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme d'user de son influence pour l'application des droits de de l'homme des citoyens de la RPDC qui sont arrivés en République de Corée en avril 2016.
Dans l'attente d'une réponse positive à notre lettre, nous vous prions d'accepter, Excellence, l'assurance de notre très haute considération.

Le Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne
Paris, le 5 mars 2017

Excellency,

Founded in 1969 to promote friendly relations between France and the whole Korean peninsula, the France-Korea Friendship Association has the honour of focusing your attention on the situation of a group of Democratic People's Republic of Korea (DPRK) citizens who arrived from the People's Republic of China, where they were working in a restaurant, to the Republic of Korea (ROK) in early April 2016.
According to the DPRK authorities, most – if not all – of the members of this group were forcibly abducted to the Republic of Korea. ROK lawyers and journalists also insisted on the coincidence between this event, the way how the ROK National Intelligence Service took charge of the group without letting them contact other persons, and the upcoming legislative elections in the Republic of Korea.
In May 2016, 8 lawyers, members of the Lawyers for a Democratic Society organization (Minbyun) of the Republic of Korea, submitted a habeas corpus petition. Nevertheless, the ROK authorities refused any contact between the DPRK citizens and their families still living in their country, and the persons did not appear themselves in the court.
The Republic of Korea is part to international conventions, according to which persons who arrived on its territory have the right to chose by themselves, without external influence, in which country they want to live, by selecting their own lawyers - after having been able to contact their own familities or the authorities of their country, if necessary. Such rules have been enforced concerning other DPRK citizens who arrived in the Republic of Korea, in particular sailors whose boats had been drifting at sea.
It is the reason why we ask to the United Nations High Commission for Human Rights to use its influence for enforcing human rights of the DPRK citizens who arrived in the Republic of Korea in April 2016.
We look forward your positive reply to our letter.
We ask you to accept, Excellency, the assurances of our most respectful feelings.

The National Board of the France-Korea Friendship Association
Paris, March 5, 2017

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Relations intercoréennes
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 14:15

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero Yun Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, sorti en salles le 22 février 2017 en France. Le film a donné lieu à des avant-premières, à l'initiative notamment de membres de l'AAFC, à Tousson et à Pithiviers le 18 février 2017, en présence du réalisateur Jero Yun. Le cinéma d'art et d'essai "Les 3 Luxembourg", à Paris, a projeté deux séances suivies de rencontres-débats : le 22 février avec Jero Yun, et le 27 février avec Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération. Nous revenons sur la séance-débat du 27 février. 

"Madame B. histoire d'une Nord-Coréenne" : projection-débat avec l'AAFC au cinéma "Les 3 Luxembourg"

Madame B. histoire d'une Nord-Coréenne est un film d'accès apparemment difficile : filmé dans un style dépouillé, parfois brut, à mille lieues des clichés sur les réfugiés nord-coréens véhiculés par des stars (ou supposées telles) ayant des besoins de reconnaissance et/ou financiers, le long métrage invite les spectateurs à se forger leur propre opinion et ne délivre pas d'autre message que celle de l'humanité d'une femme, Mme B., qui, comme des dizaines de milliers de Nord-Coréens, a quitté son pays à la recherche d'une vie économique meilleure. Son récit devient, par extension, celui de nombreux réfugiés de par le monde. Comme l'observe Isabelle Regnier du quotidien Le Monde,

La force du film tient à la tension qu’il instaure entre le tableau cataclysmique des conditions de vie de ces migrants d’Asie extrême et la personnalité fascinante de son personnage, bloc de volonté qui oppose aux coups de massue du destin un désir de vivre dévorant, et une capacité de résilience qui laisse pantois.

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/02/21/madame-b-le-periple-d-une-battante-entre-les-deux-corees_5082797_3476.html#g45ZObYMiz8lUArg.99

Animé par Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, le très riche débat qui a suivi la projection, en présence de Coréens et de spécialistes de la Corée, a permis d'aborder de multiples autres questions qui touchent à la société coréenne dans son ensemble, Nord comme Sud : les représentations réciproques entre Coréens du Nord et du Sud ; l'intégration (ou non) des Nord-Coréens en Corée du Sud, confrontés à l'anticommunisme viscéral d'une société où ils souffrent de l'absence de réseaux, essentiels pour réussir au Pays du Matin Calme ; la question des femmes dans la société coréenne, marquée par une culture patriarcale d'origine néo-confucéenne... Car Mme B. traduit aussi l'émancipation de millions de femmes (nord-)coréennes, à la faveur de l'ouverture économique du pays, à la mesure des positions privilégiées qu'elles occupent souvent dans les activités commerciales privées, légales ou non, qui permettent aujourd'hui à la RPD de Corée de poursuivre son développement économique et social.

Jero Yun a réussi le tour de force d'accepter que parle, sous l'oeil de sa caméra, toute une famille de réfugiés nord-coréens - alors que les réfugiés coréens, qu'ils soient du Nord ou du Sud, sont le plus souvent réservés à témoigner. Par la force de sa volonté, Mme B. a d'ailleurs aujourd'hui réussi à ouvrir un café en Corée du Sud, tandis que son fils aîné enchaîne tous les travaux, ne rechignant pas devant les tâches les plus difficiles, et que son fils cadet est engagé dans des études pour devenir acteur - ce qui répond en partie aux interrogations qui se font jour à la fin du film.

A travers un récit individuel, c'est aussi une certaine histoire de la Corée que nous raconte la vie de Mme B. - et qui fait plus que jamais ressortir la nécessité de réunifier un pays divisé depuis sept décennies. Quant à lui, Jero Yun a pour sa part exprimé sa reconnaissance envers les réfugiés nord-coréens qui l'ont soutenu, lorsqu'il les accompagnait lors de leur périple express (cinq jours !) de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande, lui qui était blessé, découragé parfois, mais avait promis à Mme B. de transcrire dans un film l'histoire d'une vie peu banale. 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Cinéma Relations intercoréennes Société
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 14:08

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero Yun Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, Madame B., loin des clichés sur les réfugiés nord-coréens en Corée du Sud, avant une sortie en salles le 22 février 2017 en France. Le long métrage produit par ZORBA a été présenté à Cannes en 2016 à la sélection de l'ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Plusieurs avant-premières en France ont eu lieu avec la participation de membres des comités régionaux de l'AAFC, le comité régional Bourgogne-Franche-Comté ayant par ailleurs relayé la diffusion en avant-première au Festival international du film de Belfort. Le 18 février 2017, deux avant-premières suivies d'un débat avec le réalisateur ont eu lieu, à l'initiative de Pierrot Beltante, animateur du foyer rural de Tousson "La tête des trains", le foyer rural de Tousson ayant une longue tradition de présentation de la culture coréenne et du cinéma de et sur la Corée, en partenariat avec l'AAFC : à Tousson (en présence de 25 participants, la capacité maximale d'accueil de la salle de projection) et au cinéma Le Mail à Pithiviers, devant 120 spectateurs. Des délégations du bureau national de l'AAFC étaient présentes lors des projections-débats à Tousson et Pithiviers. L'AAFC remercie Pierrot Beltante (qui avait découvert le film et rencontré Jero Yun lors de la sélection à Cannes), l'équipe du foyer rural de Tousson et le cinéma Le Mail à Pithiviers pour l'organisation de ces avant-premières, suivies d'excellents buffets, et relayées dans les médias locaux (journaux, site de la mairie de Pithiviers et web-télévision).

Projection en avant-première à Pithiviers

Projection en avant-première à Pithiviers

Comment parler du film Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne ? On peut retenir une approche sociale et politique, mettant l'accent sur les raisons qui ont conduit des dizaines de milliers de Nord-Coréens à quitter définitivement leur pays - essentiellement pour des raisons économiques, comme Madame B., qui pensait initialement revenir en Corée du Nord après un an - avant souvent de déchanter lors de l'arrivée au sud de la péninsule - où nombre d'entre eux sont accusés d'espionnage et doivent purger de longues peines de prison.

On peut aussi s'intéresser à l'esthétique du film, sobre, dépouillée, qui évite tout jugement de valeur, et à ses conditions de réalisation particulièrement difficiles pour Jero Yun, qui avait fait à Madame B. la promesse de porter son histoire à l'écran - une promesse qu'il mettra trois ans à honorer. Ayant suivi le groupe de fugitifs nord-coréens dont faisait partie Madame B. dans leur périple de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande (d'où ils rejoindront la Corée du Sud), Jero Yun a déclaré :  

Marcher avec les autres clandestins tout en filmant et en prenant le son seul m’était cependant devenu impossible tant j’avais moi-même du mal à survivre. Des réfugiés nord-coréens m’aidaient, c’était une relation très étrange, car j’étais pour ma part incapable de les aider physiquement. Parfois, les passeurs soutenaient quelques groupes épuisés en portant leurs sacs. Il y avait des moments d’entraide et de partage. Durant le périple, j’ai donc filmé tout ce que je pouvais filmer, mais dans certaines situations, c’était impossible. Un passeur laotien, notamment, avait un visage qui ne m’incitait pas à sortir la caméra… D’autres fois, ma blessure et la faim m’empêchaient de filmer. Quand je suis arrivé en Thaïlande, je ressemblais à un clochard. Sur place, je me suis fait contrôler quatre fois par les autorités, tant ma situation de clandestin était évidente.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-246814/secrets-tournage/

On peut, enfin, retenir une approche centrée sur la leçon d'humanité que délivre le film, né de la relation exceptionnelle qui s'est créée entre Jero Yun et Madame B., mais aussi la famille de cette dernière - notamment ses deux fils, dont le plus jeune a commencé des études pour devenir acteur de cinéma. Comme l'a déclaré une spectatrice de l'avant-première à Tousson, le film est une histoire d'amour - ou plutôt une histoire d'amours. Celles de Madame B. pour son mari nord-coréen, pour son mari chinois et pour ses deux fils, son départ pour la Corée du Sud tenant à sa seule volonté de gagner mieux sa vie pour leur offrir la possibilité de poursuivre des études universitaires, très coûteuses en Corée du Sud. Alors que le film se termine sur les questions que se pose Madame B., elle a aujourd'hui créé un café à Séoul, où elle vit toujours, en ayant par ailleurs obtenu la nationalité et un passeport sud-coréens.

Femme exemplaire, déterminée à lutter pour obtenir ses droits, Madame B. témoigne du rôle nouveau joué par les femmes dans la société nord-coréenne (ce sont d'ailleurs elles qui tiennent les échoppes des marchés généraux de biens et de services), le portrait que dresse d'elle Jero Yun dépassant le cadre strict du contexte coréen pour gagner une portée universelle.

Pour aller plus loin, quelques critiques du film : 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 14:17

Alors que les Nord-Coréens célèbrent, le 16 février 2017, le 75e anniversaire de la naissance de leur ancien dirigeant Kim Jong-il, et que l'année 2017 marque le 45e anniversaire du communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972 et le 10e anniversaire de la déclaration Nord-Sud du 4 octobre 2007, une citation est fréquemment attribuée à Kim Jong-il : "the overall relations between the North and the South have developed in favor of national reconciliation, unity and reunification" - qu'on peut traduire en français par : "Globalement les relations entre le Nord et le Sud se sont développées en faveur de la réconciliation nationale, de l'unité et de la réunification". L'Association d'amitié franco-coréenne revient sur le contexte et la signification de cette citation. 

Kim Dae-jung et Kim Jong-il à Pyongyang le 15 juin 2000

Kim Dae-jung et Kim Jong-il à Pyongyang le 15 juin 2000

Tout d'abord, il convient d'observer que cette citation, attribuée à Kim Jong-il par l'agence de presse nord-coréenne KCNA, est tronquée : la citation complète précise que les relations intercoréennes se sont développées en faveur de la réconciliation nationale, de l'unité et de la réunification "depuis la publication de la déclaration conjointe du 15 juin" 2000, c'est-à-dire au lendemain du sommet à Pyongyang entre le président sud-coréen Kim Dae-jung et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il.

Cette déclaration est donc postérieure au premier sommet intercoréen et elle montre la confiance alors exprimée par Kim Jong-il et la République populaire démocratique de Corée dans l'approfondissement du dialogue et des échanges intercoréens. Elle a été exprimée lors d'une rencontre à Pyongyang, le 12 août 2000, entre Kim Jong-il et les représentants de médias sud-coréens. A cette occasion, Kim Jong-il a également déclaré, toujours selon KCNA, qu'il était prêt à rencontrer toute personne qui soutenait la Déclaration du 15 juin 2000, qu'elle appartienne à la majorité politique sud-coréenne d'alors (les démocrates) ou à l'opposition (conservatrice).

Cette déclaration était donc riche de promesses pour l'avenir des relations Nord-Sud. Malheureusement, après le retour au pouvoir à Séoul des conservateurs en 2008, les autorités sud-coréennes n'ont pas honoré les engagements pris lors des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin et du 4 octobre 2007, et les relations intercoréennes sont revenues à un état de confrontation tandis que les acquis de dix ans de dialogue et d'échanges Nord-Sud ont été progressivement déconstruits.

Source :

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 19:01

Après la guerre de Corée (1950-1953), les passages du Sud au Nord de la Corée (et du Nord au Sud de la péninsule) sont devenus quasi-impossibles, et n'ont donné lieu qu'à des mouvements de population très limités (dans les deux sens). La sévère pénurie alimentaire qu'a ensuite connue la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) entre 1992 et 1999 a alors conduit, à partir de cette date, des dizaines de milliers de Nord-Coréens à se rendre en Chine avant de rejoindre, pour une partie d'entre eux, la Corée du Sud - où résiderait aujourd'hui une communauté d'environ 30 000 réfugiés nord-coréens, soit environ un millième de la population nord-coréenne. Les réfugiés nord-coréens sont l'objet de nombreux débats : si le regard que les Occidentaux portent sur eux (et par extension, sur la Corée du Nord) est largement conditionné par les récits spectaculaires, en grande partie fantasmés et instrumentalisés par l'extrême-droite, de défecteurs célèbres (comme Shin Dong-hyuk et Park Yeon-mi), une partie des réfugiés nord-coréens regrette pour sa part sa vie au Nord de la péninsule (où certains ont choisi de retourner vivre). Dans ce contexte, il importe de dépassionner la question des réfugiés nord-coréens en Corée du Sud : c'est tout l'intérêt d'un film comme Madame B, Histoire d'une Nord-Coréenne, qui sortira prochainement en France, d'offrir une approche documentaire, loin des jugements de valeur, pour comprendre la vie peu commune de nombre de ces réfugiés. L'Association d'amitié franco-coréenne a apporté son soutien à la diffusion du film.

Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne sortira en salles le 22 février 2017 : ce long-métrage franco-sud-coréen de Jero Yun a reçu le prix du meilleur documentaire au Festival international de Moscou et au Festival de Zurich. Caméra au poing, Jero Yun a suivi dans son périple, de la Chine jusqu'en Corée du Sud, dans des conditions particulièrement difficiles, Madame B., Nord-Coréenne ayant quitté clandestinement son pays, mariée à un paysan chinois par ses passeurs, devenue passeuse elle-même.

Madame B. ne prétend pas être une héroïne. Dans le film elle ne porte pas de jugement sur son pays d'origine, ni sur la Corée du Sud où elle vit désormais, ce qui déconcertera assurément les amateurs d'histoires à faire peur sur la Corée du Nord. Ce qui la guide, c'est la volonté d'aider sa famille, son mari et ses enfants (nord-coréens), puis son second mari (chinois), ce qui en soi relève certainement d'une forme de grandeur morale qui mérite d'être saluée - la fin justifiant les moyens. Les motivations très personnelles, profondément apolitiques, de Madame B. reflètent celles d'une immense majorité des réfugiés nord-coréens en Corée du Sud, qui ont découvert, à leur arrivée à Séoul, une société travaillée au corps par l'anticommunisme, qui prend en Corée du Sud la forme d'une paranoïa à l'égard de la Corée du Nord. Madame B. est d'ailleurs victime de cette paranoïa, elle et les siens ayant subi les sévices des services secrets sud-coréens, qui les soupçonnent d'espionnage pour le Nord. Un soupçon qui ne repose sur aucune preuve concrète, témoignant du caractère encore autoritaire de la Corée du Sud - à mille lieux des images d'Epinal d'une démocratie sud-coréenne pure et parfaite.

Le film est servi par une grande finesse dans les procédés techniques, où les silences des personnages et les clairs-obscurs laissent à comprendre sans jamais asséner de vérité révélée. Les portraits psychologiques, magnifiques, sont ceux de Madame B., mais aussi de ses deux familles, coréenne et chinoise. La caméra donne à voir, de manière pudique, tout comme la voix off qui créent une atmosphère exprimant de manière subtile les doutes et les tensions qui animent des personnages portant, chacun en eux, une part touchante d'humanité. Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne est un film documentaire puissant et beau, qui nous réconcilie avec un genre qui n'a été que trop souvent malmené quand il a abordé les questions nord-coréennes.

Lire la fiche du film et sa présentation sur le site de l'Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID) :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes Société Cinéma
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 19:16

La couverture médiatique des événements est parfois étrangement différente des faits eux-mêmes. Le traditionnel message de nouvel an télévisé du Président Kim Jong-un, le 1er janvier 2017, en offre une illustration frappante : alors que le numéro un nord-coréen a clairement mis en avant le souci d’œuvrer pour la paix et la sécurité en Corée, les médias anglo-saxons n'ont retenu que la poursuite du programme nucléaire et balistique de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour transformer un message de paix en un discours belliqueux. Décryptage (PS : les extraits cités dans l'article sont une traduction, non officielle, par l'AAFC).

Message de nouvel an de Kim Jong-un : pour la paix et la sécurité, pour la prospérité de la Corée

Une fois n'est pas coutume, alors que la part la plus importante du message de nouvel an a été consacré, comme à l'ordinaire, à la situation économique intérieure, la dépêche de l'agence KCNA en ayant rendu compte a déjà évoqué les questions internationales.

Selon l'agence KCNA, dans un contexte marqué en 2016 par le renforcement sans précédent des sanctions contre la RPD de Corée, le Président Kim Jong-un a déclaré que « tant que les États-Unis et leurs suiveurs n'abandonneront pas leurs exercices de guerre », la RPDC « continuera de renforcer son potentiel d'autodéfense et sa capacité à mener une attaque préventive avec comme pivot ses forces nucléaires », tout en précisant que « les tests d'un missile balistique intercontinental sont en phase finale » - une référence étant par ailleurs faite aux progrès réalisés l'an passé dans le domaine balistique et nucléaire, notamment les essais nucléaires de janvier et septembre 2016 présentés comme des essais de bombes H. Mais ces précisions, qui ne sont en rien nouvelles et doivent être envisagées sous l'angle nord-coréen selon lequel l'objectif du désarmement nucléaire n'est possible que dans un cadre global, contrairement au désarmement unilatéral de la RPDC que recherchent les États-Unis (et qui, une fois obtenu, leur ont permis d'agresser des pays dépourvus de moyens suffisants d'autodéfense, comme l'Irak et la Libye).

 

Le principe de la politique étrangère de la RPD de Corée reste, comme le rappelle le premier paragraphe de la dépêche de l'agence KCNA, « la défense de la paix et de la sécurité », dans la péninsule coréenne et dans le monde. La RPD de Corée entend continuer à développer une politique d' « indépendance, de paix et d'amitié », fondée sur des « relations de bon voisinage, d'amitié et de coopération » avec tous les États qui respectent sa souveraineté.

 

Selon la dépêche de l'agence KCNA, le Dirigeant Kim Jong-un a ensuite mis l'accent sur la nécessité d'améliorer les relations intercoréennes et d'encourager par tous les moyens la réunification de la patrie, alors que l'année 2017 marque le 45e anniversaire de la déclaration conjointe du 4 juillet 1972 et le 10e anniversaire de la déclaration du 4 octobre 2007. La RPDC est « constante dans sa position de ne pas combattre ses compatriotes mais de défendre ses compatriotes et la paix du pays (…) Tous les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, doivent être solidaires et se réunir autour du principe consistant à tout subordonner à la réunification » - par-delà les différences d'idéologies et de systèmes politiques. Ce message trouve une résonnance particulière après le vote par le Parlement sud-coréen d'une motion de destitution de la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye, qui a favorisé les tensions intercoréennes – le nom de Mme Park n'étant toutefois pas cité (tout comme d'ailleurs ceux des actuel et futur présidents américains).

 

La plus grande partie du message de nouvel an concerne, une nouvelle fois, la priorité portée à l'amélioration de la situation économique et au développement du pays, dans la continuité des orientations définies lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée en mai 2016 dans le cadre de la stratégie quinquennale de développement économique (le mot « stratégie » étant employé de préférence à celui de « plan »), et sur la base des résultats obtenus l'an passé.

 

Trois secteurs industriels sont à privilégier : l'électricité, la métallurgie et la chimie. L'accent est porté non seulement sur les aspects quantitatifs, mais aussi sur l'amélioration de la qualité de la production – notamment pour la métallurgie afin de diminuer les coûts d'extraction en modernisant le processus de production (dans la dépêche de KCNA, cette modernisation est décrite comme un recours aux technologies modernes dans le cadre des idées du Juche). Les transports, qui sont un des freins au redressement de l'économie, sont à nouveau identifiés comme une priorité – notamment les transports ferroviaires.

 

Pour atteindre l'objectif d'autosuffisance alimentaire, le besoin d'accroître la production agricole est souligné – sont notamment cités l'amélioration de l'alimentation du bétail dans la région de Sepho, la production de fruits, de champignons et de légumes et la pisciculture.

 

Dans le domaine de la construction, plusieurs chantiers prioritaires sont identifiés : la construction de logements rue Ryomyong, la station électrique de Tanchon et la modernisation de l'usine de locomotives Kim Jong-thae.

 

Toujours selon le Président Kim Jong-un, l'atteinte des objectifs de développement exige une amélioration de modes de gestion, la mise en œuvre des progrès technologiques (il est fait allusion à la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 en février 2016, ainsi qu'au développement d'un modèle coréen de robotisation) ainsi qu'un travail idéologique de mobilisation des travailleurs et des soldats – rappelant ainsi le rôle de l'armée comme acteur économique.

 

Les priorités ainsi définies constituent autant d'orientations pour la politique de la RPDC en 2017, justifiant l'intérêt d'en faire une analyse rigoureuse.

 

Source :

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 14:56

Coïncidence du calendrier ou provocation déliberée ? L'agence de presse officielle sud-coréenne Yonhap a choisi le 11 septembre 2016 - c'es-à-dire le 15e anniversaire des attentats meutriers du 11 septembre 2001 - pour révéler que, selon la fuite (organisée) d'une source militaire "anonyme", les autorités sud-coréennes souhaitent "réduire en cendres" et "rayer de la carte" la capitale nord-coréenne Pyongyang. Dans un contexte de dangereuse escalade des tensions, qui a conduit notamment à l'essai nucléaire nord-coréen du 9 septembre 2016, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle l'ensemble des parties à la retenue et au retour dès que possible à la table des négociations pour résoudre la crise coréenne par la voie diplomatique, afin d'empêcher une nouvelle guerre de Corée aux conséquences effroyables.

Le missile balistique sud-coréen Hyunmoo-2, un des vecteurs envisagés par les autorités sud-coréennes pour réduire Pyongyang "en cendres" (photo mise à disposition par le ministère sud-coréen de la Défense à l'agence officielle Yonhap).

Le missile balistique sud-coréen Hyunmoo-2, un des vecteurs envisagés par les autorités sud-coréennes pour réduire Pyongyang "en cendres" (photo mise à disposition par le ministère sud-coréen de la Défense à l'agence officielle Yonhap).

Une nouvelle étape a été franchie par Séoul dans ses agressions verbales contre le Nord. L'agence officielle sud-coréenne Yonhap a en effet diffusé des propos émanant du ministère de la Défense tendant à anéantir la capitale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour, prétendument, empêcher "préventivement" une frappe nucléaire nord-coréenne :

Chaque quartier de Pyongyang, en particulier ceux où la direction nord-coréenne pourrait se cacher, sera complètement détruit par des missiles balistiques et de fortes charges explosives dès que le Nord montrera le moindre signe d'utilisation de ses armes nucléaires. En d'autres termes, la capitale du Nord sera réduite en cendres et rayée de la carte.

Les mots sont choisis si l'on se souvient que tous les immeubles de Pyongyang (sauf trois) ont été détruits par les bombardements des troupes des Nations Unies sous commandement américain pendant la guerre de Corée. Par ailleurs, lorsque l'on sait que les Etats-Unis et la Corée du Sud prétendent apprécier seules et d'elles-mêmes l'hypothèse d'une attaque nucléaire nord-coréenne, le message est simple : Séoul entend pouvoir déclencher une guerre contre la Corée du Nord quand elle le veut, sans avoir de comptes à rendre à quiconque.

Pourtant, les troupes sud-coréennes sont placées sous l'autorité des Etats-Unis en cas de guerre : est-ce à dire que les autorités sud-coréennes entendent se débarrasser de la tutelle américaine - ce qui est peu probable, vu la subordination volontaire de la Corée du Sud à Washington en matière militaire, tout particulièrement dans les milieux conservateurs au pouvoir à Séoul ? Doit-on plutôt voir dans ces déclarations une forme de chantage vis-à-vis de Washington ? Ou les Etats-Unis ont-ils donné leur aval à ces déclarations bellicistes ? En tout cas, les pays occidentaux jouent un jeu dangereux pour la paix en refusant de condamner cette nouvelle provocation sud-coréenne. En effet, cette agression verbale fait suite à la reprise de la propagande sud-coréenne par haut-parleur de long du 38e parallèle, une relance de la campagne de désinformation sur la Corée du Nord et au départ pour la Corée du Sud, apparemment contre leur gré, de tout ou partie des serveuses d'un restaurant nord-coréen en Chine, mis en scène à la veille des élections législatives - perdues du reste par la Présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, qui s'appuie ainsi de plus en plus sur les services de renseignement qui ont conservé les méthodes de son dictateur de père. Jusqu'où la Corée du Sud ira-t-elle dans ses provocations qui attisent dangereusement les tensions dans la péninsule ?

Si la Russie et la Chine appellent l'ensemble des parties à la retenue, Washington, Londres ou Paris n'ont de critiques à formuler qu'à l'encontre de la Corée du Nord dans l'escalade des tensions entre les deux Corée. Implicitement, ces pays approuvent la marche à la guerre des autorités conservatrices sud-coréennes, qui ont engagé leur pays sur une voie autoritaire (avec le silence complaisant des capitales occidentales, Paris en tête) et peuvent ainsi chercher dans l'affrontement avec le Nord un exutoire à leur propre impopularité et au ralentissement de l'économie nationale.

Si la forme de l'attaque verbale du 11 septembre 2016 est dangereuse, elle n'est en effet que la partie opérationnelle d'un plan de guerre contre la Corée du Nord, rendu public pour la première fois le même jour : il s'agit du plan KMPR (Korea Massive Punishment & Retaliation, "Réprésailles et punition massive par la Corée [du Sud]") qui, toujours selon l'agence Yonhap, repose sur l'utilisation de missiles sol-sol Hyunmoo 2A (d’une portée de 300 km), Hyunmoo 2B (dont la portée est de 500 km) et le missile de croisière Hyunmoo 3 (portée : 1.000 km), ces missiles pouvant aussi atteindre la Chine et la Russie, et s'ajoutant au système de missiles américain THAAD et aux unités de commando sud-coréennes entraînées pour éliminer les dirigeants nord-coréens.

Quand la Corée du Nord s'expose à des sanctions de plus en plus fortes pour ses essais nucléaires et balistiques conduits, selon elle, dans une logique de dissuasion, la Corée du Sud poursuit pour sa part ses essais balistiques dont on sait désormais qu'ils s'inscrivent dans une logique d'affontement mlilitaire, mais sans s'exposer à des sanctions internationales - grâce à la protection dont elle jouit par le veto américain au Conseil de sécurité des Nations Unies, et à l'impuissance chinoise et russe de ces deux pays mis devant le fait accompli avec le système THAAD. Mais jusqu'à quand Pékin et Moscou tolèreront-ils la menace américano - sud-coréenne ? Les discussions au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, tendant à accroître une nouvelle fois les sanctions contre la Corée du Nord après l'essai nucléaire du 9 septembre 2016, risquent d'être encore un peu plus longues et compliquées.

Sources sud-coréennes citées dans l'article :

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 12:39

Quelques jours avant les élections législatives du 13 avril 2016, les autorités sud-coréennes annonçaient la défection collective du responsable et de 12 employées d'un restaurant nord-coréen à l'étranger. Cette annonce était apparue comme une manoeuvre préélectorale, contraire à toutes les règles habituelles lorsque des Nord-Coréens rejoignent la Corée du Sud. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a ensuite dénoncé avec véhémence des "enlèvements", c'est-à-dire que les jeunes femmes auraient été amenées de force en Corée du Sud. Et, de fait, la gestion de ces défections, dans laquelle les services de renseignement sud-coréens sont omniprésents, jette une ombre sur la volonté réelle de tout ou partie des jeunes femmes à gagner la Corée du Sud. La République de Corée dirigée par Mme Park Geun-hye a-t-elle kidnappé des citoyens d'un pays étranger ? La volonté farouche de Mme Park Geun-hye et de ses collaborateurs d'empêcher tout contact entre les défecteurs et des personnes tierces accrédite en tout cas cette thèse.

Jeong Joon-hee, porte-parole du ministère de la Réunification de la République de Corée (Corée du Sud), annonçant la défection des 13 Nord-Coréens le 8 avril 2016

Jeong Joon-hee, porte-parole du ministère de la Réunification de la République de Corée (Corée du Sud), annonçant la défection des 13 Nord-Coréens le 8 avril 2016

Le quotidien sud-coréen de centre-gauche Hankyoreh pose la question : pourquoi le gouvernement sud-coréen cache-t-il les Nord-Coréens ayant fait défection collectivement d'un restaurant en Chine en avril dernier ? En d'autres termes, en quoi la manifestation de la vérité serait-il si gênante pour Mme Park Geun-hye ?

Tout d'abord, les Nord-Coréens qui font défection sont pris en charge dans un centre d'accueil (Hanawon), sauf s'ils sont des défecteurs de haut rang disposant d'informations relevant du renseignement. Ce n'est pas le profil des 12 jeunes femmes, accompagné de leur gérant, ayant quitté le restaurant nord-coréen où tous les 13 travaillaient en Chine. Alors, pourquoi cette exception que rien ne justifie ? Pourquoi vouloir que les défecteurs n'aient de contacts qu'avec les agents des services de renseignement sud-coréens (NIS), accusés par la Corée du Nord d'avoir orchestré l'enlèvement des jeunes femmes aujourd'hui en Corée du Sud ?

En dehors des membres des centres Hanawon, les chercheurs du Centre d'études sur les droits de l'homme en Corée du Nord de l'Institut National pour la Réunification (acronyme anglais de l'Institut : KINU) sont les seuls tiers à avoir ordinairement accès aux défecteurs nord-coréens. Leur demande de rencontre avec les 13 défecteurs a été cette fois refusée.

Le 24 mai, huit avocats membres des Juristes pour une société démocratique (Minbyun) ont soumis une requête en habeas corpus, qui permet aux membres de la famille ou aux proches d'une personne victime de détention arbitraire de faire valoir leurs droits. La procédure porte sur les 12 anciennes salariées, qui ne sont pas apparues lors de l'audience : en leur lieu et place, c'est le NIS qui s'est exprimé en disant que les 12 jeunes femmes auraient eu peur d'apparaître dans une audience pourtant à huis clos, au regard des menaces qui auraient pesé sur leurs familles restées en Corée du Nord. Le NIS a ajouté que les 12 femmes auraient obtenu la nationalité sud-coréenne sur leur demande le 3 juin dernier. Les avocats de la Minbyun ont demandé une autre convocation, et donc la poursuite de la procédure, suspendue.

Comme l'observe Kim Jin-cheol, du quotidien Hankyoreh, "certaines des employées pourraient ne pas avoir eu l'intention de partir" au regard d'informations recueillies auprès de proches du dossier :

"Mes sources me disent que l'homme qui dirigeait le restaurant et certaines des salariées qu'il employait avaient une relation particulière, et sont entrés en Corée du Sud sans même savoir que neuf autres personnes viendraient également", a déclaré un défecteur devenu expert impliqué dans des actions tendant à des défections.

Même le NIS a déclaré que "peu importe les circonstances" dans lesquelles les employées sont arrivées.

Selon l'agence, "A partir du moment où ils sont arrivés, toute personne de bon sens s'inquièterait de la façon dont ils pourraient vivre en sécurité en Corée du Sud".

Cela implique que certaines des employées pourraient ne pas avoir eu l'intention de partir.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes Politique sud-coréenne
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)