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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 15:47

Le 23 juin 2016 à Paris, Benoît Quennedey, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération, a prononcé une conférence sur l'engagement des intellectuels français (artistes, scientifiques, journalistes, juristes) contre la guerre de Corée. Retour sur un combat pour la paix et la vérité toujours d'actualité, qui coïncide cette année avec les actions engagées par l'AAFC dans le cadre du mois de solidarité internationale avec le peuple coréen pour sa réunification, du 25 juin (date du début de la guerre en Corée, en 1950) au 27 juillet (1953, signature du traité d'armistice mais n'ayant pas conduit à la conclusion d'un traité de paix pour laquelle milite l'AAFC).

Les intellectuels français engagés contre la guerre de Corée : un combat toujours d'actualitéLes intellectuels français engagés contre la guerre de Corée : un combat toujours d'actualité

Premier conflit de la guerre froide, et aussi première guerre où sont intervenues militairement les Nations Unies en prenant fait et cause pour l'une des parties contrairement au mandat de la Charte des Nations Unies, la guerre de Corée a causé des millions de morts et entériné la partition de la péninsule. Outre les militants pacifistes et progressistes qui ont refusé la guerre, des intellectuels se sont engagés pendant et après le conflit, y compris en France, subissant les foudres de la répression.

Peint en janvier 1951, sept mois après le déclenchement des hostilités, le tableau cubiste et expressionniste de Pablo Picasso Massacre en Corée s'inspire, dans son organisation, du Tres de Mayo de Goya et de L'Exécution de Maximilien par Manet : l'espace de la toile sépare clairement, à gauche, les victimes (des Coréens nus) et les bourreaux, à droite (des soldats occidentaux prenant les traits de robots déshumanisés, abusant de la supériorité de leur armement). De fait, non seulement l'armée américaine a envisagé le recours à l'arme nucléaire, moins de dix ans après les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, mais elle a utilisé des armes chimiques et batériologiques, en méconnaissance de la convention de Genève de 1925.

"Massacre en Corée" de Pablo Picasso. Cette huile sur toile (110 x 210 cm) est conservée au Musée Picasso, à Paris.

"Massacre en Corée" de Pablo Picasso. Cette huile sur toile (110 x 210 cm) est conservée au Musée Picasso, à Paris.

L'opposition aux armes chimiques et batériologiques, marquée par les premiers bombardements massifs au napalm en période de guerre, et dont l'usage reste farouchement nié jusqu'à nos jours par le gouvernement américain malgré des preuves multiples (y compris dans les archives de la CIA relatives au dossier Frank Olson), a donné lieu à la constitution d'une Commission d'enquête internationale, dirigée par l'entomologiste britannique Joseph Needham et constituée notamment de Français. Ce refus de la guerre chimique a aussi été au coeur des combats menés par le Congrès mondial de la paix présidé par le Nobel français Frédéric Joliot-Curie.

Plusieurs oeuvres d'artistes français témoignent de la poursuite du combat pacifiste après l'armistice du 27 juillet 1953. Les Coréens a été la première pièce de Michel Vinaver, écrite en 1955 et mise en scène une seule fois à Lyon en 1956 par Roger Planchon avant un long purgatoire pour cette oeuvre censurée comme portant atteinte au moral des troupes françaises (elle met en scène des soldats perdus du bataillon français de Corée, qui découvrent l'humanité des Nord-Coréens) - elle sera toutefois en coréen en 1991, alors que la Corée du Sud se démocratise, puis publiée en France par Actes Sud en 1993.

Un autre moment essentiel de l'engagement des intellectuels français contre la guerre en Corée prend place autour du voyage à Pyongyang, en 1958, d'Armand Gatti et Jean-Claude Bonnardot, Claude Lanzmann, Chris Marker et Francis Lemarque. Le livre de photos de Chris marker intitulé Coréennes rend compte de son admiration pour le courage du peuple coréen, alors confronté aux difficultés de la reconstruction d'après guerre dans un pays toujours soumis à de sévères pénuries. Pour sa part, Claude Lanzmann narre une histoire d'amour contrariée avec une Nord-Coréenne dans Le lièvre de Patagonie. Bien que particulièrement critique vis-à-vis des autorités de la RPD de Corée pendant son séjour (comme l'indique un essai d'Antoine Coppola sur le voyage des intellectuels français de mai 1958), le cinéaste auteur de Shoah, aujourd'hui nonagénaire, est retourné en Corée du Nord au début des années 2000, et était encore récemment aux réceptions de la délégation générale de la RPD de Corée à Paris.

La création artistique la plus remarquable suite au voyage de mai 1958 est toutefois sans doute le film Moranbong, qu'on peut considérer comme la première - et seule, à ce jour - coproduction franco - nord-coréenne. Le premier long-métrage de Jean-Claude Bonnardot, sur un scénario d'Armand Gatti, est un film à valeur documentaire, axé sur la vie d'une troupe de théâtre sous la guerre et les bombes, reprend la forme coréenne traditionnelle du pansori. Il a donné lieu à de multiples difficultés de tournage, dont rend compte Antoine Coppola dans Ciné-voyage en Corée du Nord : l'expérience du film Moranbong, et a été frappé par la censure dès sa sortie en France en 1960 (pour l'anecdote, la signature de la décision d'interdiction avait été prise sous la signature du ministre de l'Information du général de Gaulle, Louis Terrenoire, qui allait devenir président de l'AAFC quelques décennies plus tard). Le film resortira finalement en 1964, avant d'être perdu, puis retrouvé, et enfin diffusé et primé au Festival international du film de Pyongyang en septembre 2010.

Puis la mémoire de l'engagement contre la guerre en Corée s'est affaiblie en France, du fait notamment du changement de cap du Parti communiste français (PCF), organisateur de la manifestation parisienne du 28 mai 1952 contre "Ridgway la Peste", quand le PCF prônait une ligne prête à l'affrontement au paroxysme de la guerre froide.

Mais l'AAFC a repris le flambeau du combat non seulement pour une paix durable en Corée, mais aussi pour la mémoire et la vérité - face aux tentatives grossières de certains gouvernements engagés en Corée sous le drapeau des Nations Unies, au premier rang desquels le gouvernement américain, de nier l'évidence de l'utilisation d'armes chimiques et bactériologiques - dont avaient pourtant rendu compte, dès l'époque de la guerre, des journalistes comme Wilfried Burchett, un des tout premiers à avoir alerté l'opinion publique mondiale sur les conséquences des bombardements nucléaires d'Hiroshima et Nagsaki, initialement niées en bloc par le gouvernement et l'armée américains. Cette constance des positions et des luttes de l'AAFC apparaît d'ailleurs dans la liste de ses membres fondateurs en 1969 : parmi eux nous retrouvons le compositeur-interprète Francis Lemarque, membre de la délégation d'intellectuels français ayant visité Pyongyang en mai 1958 et rencontré le Président Kim Il-sung, auteur de chansons pacifistes et antimilitaristes (notamment "Quand un soldat", interprétée également par Yves Montand, cf. ci-dessous). Et le film Moranbong sera projeté par l'AAFC dans les années suivant sa fondation, au tournant des années 1960 et 1970 : s'engager pour la paix et le dialogue entre les peuples, en refusant les idées reçues et le diktat de la majorité qui entretiennent la haine de l'autre et la guerre, tel est le sens de l'action que mène l'AAFC depuis près d'un demi-siècle.

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 23:31

Le 5 septembre 2015, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a participé à un séminaire à Helsinki, organisé par la Société finno-coréenne, à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Corée. Lors de son intervention, Mme Danuta Pajak, secrétaire générale de l'Association polono-coréenne, est revenue sur les relations bilatérales entre la Pologne et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Nous reproduisons ci-après, traduit de l'anglais, l'extrait de son discours relatif à ce sujet, et qui montre l'étroitesse des liens qui avaient été noués entre Pyongyang et Varsovie à l'époque de la République populaire de Pologne, notamment par l'accueil d'orphelins de la guerre de Corée à l'origine de ce qui allait devenir, en 1982, l'Association polono-coréenne.

1948 et 1951 sont deux dates très importantes pour les relations entre la Pologne et la Corée sur lesquelles je voudrais revenir en quelques phrases.

La Pologne - à l'époque la République populaire de Pologne (RPP) - a été le troisième pays dans le monde, après la Russie et la Chine, à reconnaître la RPDC à l'automne 1945, légitimant ainsi le caractère légal du nouveau pays.

Les relations diplomatiques aussi rapidement établies ont contribué à créer des liens de compréhension et de respect mutuels malgré la grande distance géographique entre nos deux pays (plus de 10 000 km) et des différences culturelles significatives. Dès l'origine la Pologne a apporté à ses lointains amis un soutien sur la scène internationale alors qu'elle devait faire face aux ravages de la guerre et devait reconstruire son pays, à l'instar de la Corée.

Le respect mutuel était probablement l'une des raisons pour lesquelles le Président Kim Il-sung a demandé au Président Jozef Cyrankiewicz de la RPP d'abriter les enfants devenus orphelins pendant la guerre de Corée qui, un an après son déclenchement, avait entraîné une récolte dramatiquement faible et créé un drame pour de nombreuses familles. La Pologne a immédiatement répondu à cet appel : entre 1951 et 1953 ce sont plus de 1 200 enfants, accompagnés de dizaines d'accompagnateurs adultes, qui sont arrivés par train dans notre pays. Les petits Coréens ont été hébergés dans deux centres en Basse-Silésie et à Mazovie où ils ont pu surmonter le traumatisme des expériences de la guerre, être éduqués et grandir grâce aux soins de centaines de Polonais, professeurs, éducateurs, enseignants et infirmières. Lors de sa première visite en Pologne, le Président Kim Il-sung de la RPDC a visité Swider près de Varsovie, où il a rencontré les enfants - le futur de la nation coréenne, en exprimant sa confiance dans les soins apportés par ses amis polonais. Les Coréens sont restés en Pologne jusqu'en 1959, date à laquelle ils sont retournés dans la Corée alors en reconstruction, enrichis des nouvelles expériences qu'ils avaient vécues en Europe.

Il faut noter qu'à l'époque où les jeunes Coréens résidaient en Pologne, notre pays a décidé de soutenir la reconstruction de la RPDC en construisant et en équipant l'hôpital orthopédique de la province de Hamhung, qui jusqu'à nos jours est souvent qualifié de "polonais".

L'aide désintéressée apportée à nos frères dans le besoin a renforcé les liens entre nos pays et construit un pont entre nous qui a uni nos deux pays indépendamment des changements socio-politiques. Ce fut l'une des raisons de la création de l'Association polono-coréenne dont les membres étaient et sont des personnes qui ont pris soin des enfants coréens pendant leur séjour en Pologne. Après avoir été un groupe informel, notre association a été officiellement créée après la seconde visite du dirigeant de la RPDC en Pologne en 1982, quand il a été décidé que nos relations amicales devaient se développer sous une forme organisée dans les domaines de la science, de la culture, des arts et pour promouvoir la prise de conscience de notre histoire commune.

Quand la Pologne appartenait au bloc oriental, les relations sociales, politiques et économiques se développaient avec succès. Malheureusement, après le changement de régime en Pologne et à cause des campagnes hostiles anti-RPDC des médias, les activités en Pologne pour l'amitié avec la Corée sont devenues de plus en plus difficiles à mener (...)

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 01:18

Le 28 juillet 2015, à l'occasion du 62e anniversaire de l'armistice ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée - célébré en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme la victoire dans la guerre de libération de la patrie - le Maréchal Kim Jong-un et l'Armée populaire de Corée ont rendu hommage non seulement aux deux premiers dirigeants du pays (Kim Il-sung et Kim Jong-il), mais aussi aux combattants coréens et chinois, rappelant ainsi que le rôle joué par l'Armée des volontaires du peuple chinois constitue un des fondements de l'amitié et de la solidarité entre la République populaire de Chine et la RPD de Corée.

La RPDC a honoré les volontaires chinois de la guerre de Corée

En déposant une gerbe de fleurs au cimetière des martyrs de l'Armée des volontaires du peuple chinois, en présence des différentes composantes de l'Armée populaire de Corée, ainsi que de la Garde rouge des ouvriers et des paysans, le Maréchal Kim Jong-un a rendu hommage au sacrifice des volontaires chinois ayant combattu étroitement aux côtés des Coréens :

Je présente mes respects aux martyrs de l'Armée populaire de Corée et à l'Armée des volontaires du peuple chinois [qui] ont donné leur vie précieuse dans cette guerre sacrée pour la liberté et l'indépendance du pays et la paix.

Je présente également mes respects aux vétérans de l'Armée des volontaires du peuple chinois qui ont combattu côte à côte avec nos soldats de l'Armée populaire et qui ont payé de leur sang la liberté et l'indépendance du peuple coréen et la paix en Orient.

Alors que la guerre de Corée s'est conclue par un simple accord d'armistice, l'Association d'amitié franco-coréenne milite pour l'établissement d'un traité de paix qui permette de mettre fin aux accrochages meurtriers qui ont trop endeuillé la péninsule coréenne depuis 1953.

La RPDC a honoré les volontaires chinois de la guerre de Corée

Source :

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 13:27

Le 29 juin 2015, à Paris, Benoît Quennedey, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération, a prononcé une conférence intitulée : "Du refus de la guerre de Corée en France au combat pour un traité de paix : retour sur les victimes de la manifestation contre le général Ridgway, le 28 mai 1952", que nous reproduisons ci-après. Cette conférence a pris place dans le cadre des activités menées par l'AAFC à l'occasion du mois de solidarité avec le peuple coréen qui, tous les ans, entre le 25 juin (début de la guerre de Corée en 1950 ) et le 27 juillet (armistice en 1953), permet de rappeler le combat pour un traité de paix en Corée, en lieu et place de l'accord d'armistice.

Une conférence sur la manifestation du 28 mai 1952 contre le général Ridgway

Premier conflit ouvert de la guerre froide, la guerre de Corée, du 25 juin 1950 jusqu’à l’armistice du 27 juillet 1953, a opposé pour la première fois les deux camps – occidental et socialiste – lors de combats dont la portée a largement dépassé la péninsule coréenne.

 

Pour cette conférence, nous nous sommes appuyé sur un ouvrage de Michel Pigenet publié en 1992 aux éditions L’Harmattan, Au cœur de l’activisme communiste des années de guerre froide : « La manifestation Ridgway », qui a servi de source à un article d’André Narritsens sur le site de la section d’Aubervilliers du Parti communiste français (PCF). Un roman de Louis Aragon, Blanche ou l’oubli, publié par Gallimard en 1967, revient également sur la manifestation du 28 mai 1952 contre « Ridgway la peste » (par référence à l’utilisation en Corée d’armes chimiques par les troupes des Nations Unies sous commandement américain). Par ailleurs, un membre de la direction du PCF d’Aubervilliers, Bernard Orantin, a mis à notre disposition plusieurs documents d’archives, principalement des coupures de presse du Journal du canton d’Aubervilliers, communiste, et nous tenons à l’en remercier vivement, ainsi que pour le temps qu’il a bien voulu nous consacrer et pour ses démarches auprès, notamment, de familles de victimes de la manifestation.

 

Le refus d’un conflit effroyable – qui a causé des millions de victimes – a d’abord été porté, en France, par le Mouvement de la paix et le PCF qui, à plusieurs reprises, ont appelé à manifester contre la guerre dans la péninsule coréenne, engendrant une sévère répression :

 

  • le 24 janvier 1951, la police a procédé à 3 267 arrestations à proximité de l’hôtel Astoria, où séjournait le général Eisenhower, qui dirigeait alors l’OTAN, tandis que les cars de manifestants étaient bloqués aux portes de Paris ;
  • le 12 février 1952, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées « à titre préventif » et gardées pendant une journée dans la cour de l’ancien hôpital Beaujon.

 

La manifestation contre le général Ridgway, le 28 mai 1952, à l’occasion d’une visite en France (où il avait débarqué la veille) dans le cadre d’un séjour en Europe, revêt une signification particulière : ce dernier a commandé les troupes américaines en Corée avant de prendre la tête, fin avril 1952, des troupes de l’OTAN. Le nom du général Ridgway avait été conspué dans les cortèges du 1er mai, et lors d’une première manifestation le 23 mai 1952 la police avait procédé à 279 interpellations (dont 42 suivies de maintiens en état d’arrestation et d’inculpations). Dans un paroxysme de grand peur anticommuniste, la plupart des manifestations en France étaient alors interdites – et pour la manifestation contre le général Ridgway du 28 mai il ne sera même pas sollicité d’autorisation. Au demeurant, le préfet de police Jean Baylot avait interdit, par un arrêté en date du 27 mai, les rassemblements sur la voie publique.

 

« Grande journée de lutte du prolétariat et du peuple parisien », selon l’expression utilisée par François Billoux lors de la réunion du Comité central du PCF de décembre 1952, la journée de manifestation du 28 mai 1952 à Paris a ainsi mis aux prises manifestants et policiers, les seconds reculant à plusieurs reprises sous la pression des premiers qui entrent dans Paris par colonnes de plusieurs milliers de militants, sans parvenir toutefois à tenir le rassemblement initialement prévu place de la République. Quelques chiffres rendent compte de la puissance de l’affrontement : officiellement, 372 blessés (dont 27 grièvement) du côté des forces de l’ordre ; 718 interpellations du côté des 20 000 manifestants (pour retenir une estimation intermédiaire entre les chiffres des organisateurs et ceux de la police), fréquemment accompagnées de passages à tabac, et le registre d’information du parquet a compté jusqu’à 170 noms. Les 22 derniers inculpés, non plus pour le motif d’atteinte à la sécurité intérieure (dénué de fondement), mais pour « rébellions et insultes à agents », « port d’armes » et « coups et blessures », sont convoqués le 24 novembre 1955 : 12 seront condamnés à de courtes peines de prison avec sursis. Une interpellation mobilise tout particulièrement l’opinion, notamment communiste : celle du secrétaire général par intérim Jacques Duclos, en marge de la manifestation, le soir même, avec deux pigeons morts dans sa voiture, destinés à la casserole mais que la propagande anticommuniste présentera comme des pigeons voyageurs… Et surtout deux morts, lors d’échauffourées place Stalingrad, les seuls en France lors des manifestations contre la guerre de Corée : un ancien déporté et ancien conseiller municipal, Charles Guénard, grièvement blessé par balles au genou et décédé en mars 1953 lors d’une opération à la Pitié-Salpêtrière, et un ouvrier communal d’Aubervilliers d’origine algérienne, Hocine Belaïd. C’est sur ce dernier que nous souhaitons ici revenir, à partir notamment d’une exploitation inédite des documents d’archives transmis par Bernard Orantin, tout en l’inscrivant dans le combat mené par l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) pour un traité de paix en Corée, en lieu et place de l’accord d’armistice de 1953. Cette situation de « ni guerre, ni paix » a malheureusement permis de nouveaux accrochages meurtriers, depuis un peu plus de 60 ans, entre les deux Corée.

 

Seuls quelques textes rendent compte des circonstances dans lesquels Charles Guénard a été grièvement blessé et Hocine Belaïd est tombé, alors que la colonne venue d’Aubervilliers était conduite par André Karman, secrétaire de la Fédération de la Seine du PCF, plus tard maire d’Aubervilliers (1957-1984). A  partir notamment de coupures de presse, ainsi que d’une note du préfet de police de Paris du 29 mai 1952 et de citations de l’ouvrage de Dominique Desanti Les staliniens. Une expérience politique (Fayard, 1975), l’historien Michel Pigenet donne le récit suivant des événements (op. cit., p. 107) :

A l’heure de la rencontre avec les barrages que l’on a prévu de forcer, les manifestants ralentissent leur marche, se regardent et observent l’adversaire. Il revient alors au chef de colonne de dissiper ce flottement en payant de sa personne. Place de Stalingrad, A. [André] Karman se détache et, à demi tourné, le bras tendu, retrouve le geste de la célèbre Marseillaise de Rude pour hurler : "En avant, camarades !" A toutes fins utiles, les militants les plus résolus, souvent d’anciens résistants, garnissent les premiers rangs […] Surpris et secoué, le cordon de police cède en désordre mais n’évite pas des pertes, si lourdes qu’il faudra, l’orage passé, replier les gardiens désemparés sur le commissariat du 10e arrondissement. Pris de panique, un brigadier, se voyant isolé, a tiré. Belaïd Hocine s’écroule non loin du magasin de vêtements "A l’ouvrier". D’abord porté devant un hôtel de la rue du Faubourg-Saint-Martin, puis amené en voiture à la Polyclinique des Bluets, le malheureux mourra sans avoir repris connaissance. Un second militant d’Aubervilliers, ancien conseiller municipal, s’est affaissé au cours de la fusillade. Déporté pendant la guerre, travaillant à la Manufacture d’allumettes de la localité, membre du comité de section de Dugny, Charles Guénard est blessé au genou. La débandade policière ajoute à la colère l’illusion de l’invincibilité .

Selon le Journal du canton d’Aubervilliers, le lieu où a été transporté Hocine Belaïd est l’hôtel du garage Citroën, 272 rue du Faubourg Saint-Martin, où « il reste sans connaissance, étendu dans l’entrée de l’hôtel, la tête sur l’escalier, plus d’une demi-heure. Un membre de la direction de l’hôtel, sous la protection des policiers, interdisait aux assistants de porter secours au blessé, répétant qu’il téléphonait à Police-Secours. Aucune ambulance n’arrivant, la foule indignée put imposer que le blessé soit transporté par un automobiliste bénévole à la Polyclinique des Métaux. Mais il était trop tard, le malheureux avait perdu trop de sang. Il est mort au cours de son transfert ». Selon la déclaration des docteurs citée par le journal, « il est mort d’une grosse hémorragie. Des soins immédiats auraient dû permettre de faire une hémostase et une transfusion de sang qui l’aurait sans doute sauvé ». Revenant à plusieurs reprises sur la mort d’Hocine Belaïd, que le journal qualifie d’assassinat, il s’interroge : où veut en venir la police ? Le gouvernement du « vichyste » Antoine Pinay est mis en cause, dans une comparaison implicite avec la période de la guerre (un autre article ne proclame-t-il pas « Nous ne sommes plus en 39 !!! » ?).

 

Que Hocine Belaïd ait été d’origine algérienne n’est pas dépourvu de signification : les militants communistes nord-africains et vietnamiens, engagés ou bientôt engagés dans des luttes de libération nationale, étaient particulièrement sensibles à la cause coréenne. Leur présence dans la manifestation sera d’ailleurs stigmatisée peu après par Raymond Marcellin, secrétaire d’Etat à l’Information, les « coups de main » auxquels il résume la manifestation étant selon lui le fait « des Nord-Africains, des étrangers et des jeunes gens », dans l’action selon lui « la plus violente qui ait eu lieu depuis l’affaire Sacco et Vanzetti en 1927 » (cité par Michel Pigenet, op. cit., p. 7).

 

Que sait-on de Hocine Belaïd, mortellement touché par trois balles ? Il était né à Maillot, en Algérie, le 14 septembre 1915 selon le registre d’état civil du 11e arrondissement de Paris (où se trouve la clinique dans laquelle sa mort a été constatée ; le Journal du canton d’Aubervilliers affirme, lui, que Hocine Belaïd est né le 15 septembre 1916) – et dont une copie nous a été transmise par Bernard Orantin. Il était arrivé en France dix ans plus tôt. Ouvrier municipal communiste d’Aubervilliers (le registre de décès précise qu’il était « aide-ponceur »), domicilié 56 rue Hémet dans la même ville, il avait pris pour compagne – sans être marié, suivant l’état civil qui précise qu’il était célibataire – une Européenne, prénommée Louise (ou Louisette). Le couple avait quatre enfants, et sa femme devait bientôt accoucher, en août, d’un cinquième enfant, une petite fille. Des milliers de personnes furent présentes à ses obsèques le 13 juin, décrites dans le Journal du canton d’Aubervilliers – à la une de l’édition du 20 juin 1952, sous le titre « Plus de 15.000 personnes ont fait d’émouvantes et solennelles obsèques à Hocine Belaïd, Héroïque Combattant de la Liberté et de la Paix » :

Le silence est tombé sur la place du Marché-Central d’Aubervilliers, illuminée d’un soleil d’orage, sur les visages où la douleur ne se mêle d’aucune résignation, sur les visages noués de colère, sur les poings serrés.

Drapé de rouge, le cercueil d’Hocine Belaïd, héros et martyr de la paix, est porté devant la tribune de deuil.

Depuis le matin, les habitants d’Aubervilliers sont venus saluer le compagnon assassiné par les balles de la police parce qu’il marcha, le 28 mai, derrière une pancarte disant "Nous voulons la paix."

De leur cœur jaillissaient la même haine des assassins, la même volonté de gagner la paix.

Dans le taudis où le soleil ne peut que jouer sur le seuil de la porte, Louisette Belaïd, notre nouvelle camarade (première adhérente de la promotion Hocine Belaïd du Parti communiste français), était entourée d’amis hier inconnus. Ses enfants sont vraiment devenus les enfants d’Aubervilliers.

Dans les entreprises, les quartiers, les magasins d’Aubervilliers, la solidarité ne cesse de grandir.

Plus tard, assise près du catafalque avec son père, retraité de la RATP, et sa mère qui vivent pauvrement dans leur village de l’Aveyron, Louisette revit sa dernière heure avec celui qu’elle aime, dont elle a repris la lutte sitôt qu’il fut tombé.

Hocine est rentré du travail et a embrassé sa femme et ses petits. Sur les 6 500 francs du salaire de la semaine, ce vendredi 28 il reste trois pièces de dix francs.

- Prends-les, dit Louisette à Hocine. On ne sait jamais, quand on sort comme ça, on peut avoir besoin d’argent…

Hocine Belaïd est parti. Il sait de toute sa conscience de syndicaliste, de communiste, que pour lui, Algérien, père de quatre et bientôt six enfants, la lutte contre le tueur en chef de Corée était l’acte le plus important, le plus urgent à accomplir.

Les bombes de la guerre voulue par Ridgway et ses complices ne distingueront pas entre les enfants d’Hocine et les enfants des policiers ; pourtant, les exécutants du préfet de police ont tué le combattant de la paix.

Pour subvenir aux besoins de sa veuve et de ses enfants, un « comité de défense et de soutien pour la famille de Belaïd Hocine » organise une collecte, ayant permis de réunir près de 350 000 francs. Des couples proposèrent d’adopter ou de parrainer les orphelins.

 

Reprenant le flambeau du combat politique de son mari, Louise adhéra en effet au Parti communiste dont la promotion prit le nom du défunt, et porta plainte pour homicide volontaire et assassinat. Mais comme l’a précisé Michel Pigenet (op. cit., p. 154), « une règle non écrite, mais toujours confirmée, veut que les manifestants tués ou blessés lors d’une manifestation interdite soient tenus pour responsables de leurs malheurs ».

 

Quelle a été la postérité de la mort d’Hocine Belaïd et Charles Guénard ? Il est traditionnellement considéré qu’ils sont tombés dans l’oubli. Dans un article consacré à la manifestation Ridgway du 28 mai 1952, paru dans le numéro de la revue L’Histoire de juillet-août 1980, l’historien Pierre Milza, cité par Michel Pigenet (op. cit., p. 163), s’exclame ainsi : « Qui se souvient encore de Belaïd Hocine ? ». Michel Pigenet, en conclusion de son ouvrage, arrive peu ou prou à la même conclusion d’un même oubli progressif, du moins dans la mémoire du Parti, qui se démarque progressivement de la ligne tactique adoptée au tournant des années 1940 et 1950, Hocine Belaïd n’étant cité, après le premier anniversaire de sa disparition, que dans deux articles du quotidien L’Humanité, dans ses éditions du 29 mai 1956 et du 31 mai 1962. Mais une exception prévaut chez les militants locaux : la section PCF d’Aubervilliers continue de fleurir, fin mai, les tombes de Hocine Belaïd et Charles Guénard. Significatif de ce relatif oubli, on ne sait d’ailleurs plus, a posteriori, quels sont les prénom et nom de Hocine Belaïd, souvent intervertis, y compris sous la plume de Michel Pigenet.

 

La cellule d’Aubervilliers a écrit à Louise Belaïd : « nous tenons à vous faire connaître le serment que nous avons fait tous ensemble d’agir en sorte que le sacrifice de notre camarade Belaïd Hocine ne soit pas vain ». Pour sa part, l’Association d’amitié franco-coréenne est née, en 1969, du constat que la division imposée à la Corée et la situation d’armistice ne pouvaient nullement satisfaire les militants épris de paix. C’est pourquoi nous devons nous affirmer comme les dignes héritiers de ceux qui ont sacrifié jusqu’à leur vie pour la paix et la prospérité de la Corée – de toute la Corée. L’exigence d’un traité de paix est indissociable de celle de vérité sur l’usage, désormais avéré par les historiens ayant travaillé sur les archives de la CIA, que cette dernière a utilisé des armes bactériologiques en Corée, et que combattre « Ridgway la Peste » ne relevait pas d’une manipulation des militants pacifistes, comme veulent toujours le faire croire les croisés de l’anticommunisme et leurs alliés objectifs. Hocine Belaïd et Charles Guénard ne méritent pas moins le respect que les quelques 270 Français morts au champ de bataille au sein du bataillon français de Corée et qui ont, droit, eux à des monuments et des cérémonies. Pour rétablir une juste approche historique qui rappelle le combat de militants pacifistes refusant un usage des armes chimiques contraire au droit international, je vous propose que l’Association d’amitié franco-coréenne fasse les démarches nécessaires pour qu’une plaque honore leur mémoire, place de la bataille de Stalingrad, où ils sont tombés.

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 20:39

Le 19 mai 2015, trente femmes de différents pays et horizons, dont deux lauréates du prix Nobel de la paix, sont parties de Pékin pour Pyongyang, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette initiative baptisée Women Cross DMZ (Les femmes franchissent la DMZ) a pour objectif de promouvoir la paix en Corée en marchant du nord au sud de la Corée avec un passage, le 24 mai, par la zone démilitarisée (DMZ) divisant la péninsule coréenne depuis la fin des combats de la Guerre de Corée en 1953. Les organisatrices de cette marche pour la paix ont appelé le Commandement des Nations Unies, chargé de superviser la frontière intercoréenne, à les laisser passer à travers le village de la trêve de Panmunjom. Les gouvernements du Nord et du Sud ont donné leur accord pour le franchissement de la DMZ, mais le gouvernement sud-coréen voudrait que les participantes de Women Cross DMZ empruntent la route intercoréenne Gyeongui, reliant Kaesong (Nord) à Séoul (Sud), au lieu de passer par Panmunjom, sous le contrôle de l'ONU. Christine Ahn, coordinatrice de la marche, a toutefois précisé : «L’importance de traverser la DMZ à Panmunjom est que nous, femmes de quinze pays différents, servions de pont entre les deux côtés là où la guerre s’est achevée par une impasse et ainsi renouveler l’espoir que cette division de longue date peut être surmontée.» Le 18 mai, trois participantes américaines de Women Cross DMZ, membres de l'organisation pacifiste CODEPINK : Women for Peace, ont lancé un appel-pétition en faveur de la paix en Corée, dont l'Association d'amitié franco-coréenne propose ci-après une traduction pour que le plus grand nombre de personnes s'associent à cette initiative.

 

Des femmes du monde entier sur la voie de la paix en Corée

En route pour la Corée du Nord !

Cher militant, Chère militante,

Salutations de Pékin, en Chine, en route vers Pyongyang, en Corée du Nord ! Toutes les trois, nous sommes membres d'une délégation de trente femmes de quinze pays. Dans quelques jours, nous participerons avec des femmes nord-coréennes à un symposium international sur la paix. Le 24 mai, journée internationale des femmes pour la paix et le désarmement, nous franchirons la zone démilitarisée (DMZ) vers la Corée du Sud, étant seulement le troisième groupe international à le faire en 70 ans.

Notre objectif ? Remplacer l'accord d'armistice de la Guerre de Corée vieux de 62 ans par un traité de paix, moyen de mettre fin aux hostilités, de promouvoir la réconciliation et de réunir des milliers de familles dans la péninsule coréenne.

Ajouter votre voix à cette action : signez cette pétition pour demander au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon de négocier une conférence politique sur la paix en Corée !

L'accord d'armistice de la Guerre de Corée a marqué l'arrêt des horribles combats entre le Sud soutenu par les Etats-Unis et le Nord soutenu par l'ex-Union soviétique, des combats responsables de la mort de près de 4 millions de personnes. L'accord a mis fin à l'affrontement physique, mais la militarisation de la frontière, les exercices guerriers, les accrochages, les infiltrations et les défections ont continué à diviser les familles coréennes et à placer la péninsule au bord d'un conflit.

Les femmes coréennes qui ont eu l'idée de cette délégation sont tellement reconnaissantes pour nos efforts et si désireuses de mettre fin à ce long conflit. Des milliers de Nord-Coréens marcheront avec nous vers la frontière où nous irons à la rencontre de milliers de Sud-Coréens.

Rejoignez-les en signant cette pétition adressée aux Nations Unies pour aider à réunir des milliers de familles dans la péninsule coréenne et initier le processus de réconciliation.

Dans l'histoire, les femmes ont exercé une influence pour mettre fin à des conflits en apparence difficiles à résoudre. Notre groupe, qui compte la légendaire militante américaine pour les droits des femmes Gloria Steinem et les lauréates du prix Nobel de la paix Mairead Maguire et Leymah Gbowee, respectivement d'Irlande et du Libéria, espère tracer un chemin que d'autres suivront. Nous sommes fières de représenter CODEPINK dans ce pèlerinage pour la paix, et nous vous remercions de vous joindre à nous. Les femmes mènent à la paix !

Vers un monde plus pacifique,

Ann Wright, Jodie Evans et Medea Benjamin

PS: rejoignez-nous sur International Women’s Day for Peace and Disarmament twitter Thunderclap pour partager le plus largement notre pétition ! Suivez-nous sur Twitter : @WomenCrossDMZ (et, bien sûr, @CODEPINK) en utilisant le mot-dièse #WomenXDMZ !


 

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 21:38

Entre le 26 et le 29 juillet 1950, des centaines de Sud-Coréens ont été massacrés par l'armée américaine à No Gun Ri - dans un contexte où, au début de la guerre de Corée, les GIs tiraient délibérément sur des groupes de réfugiés de peur qu'ils aient pu abriter des soldats ennemis. La recherche de la vérité sur le massacre de No Gun Ri se confond largement avec la vie d'un homme, directement touché par cette tragédie : Chung Eun-yong nous a quittés le 1er août 2014, à son domicile de Daejeon. Retour sur le combat d'un homme inflexible qui, jusqu'à la fin de sa vie, aura subi la douleur d'avoir été, selon lui, un "père lâche", "ayant laissé sa famille à la merci des soldats américains".

Chung Eun-yong, lors d'une conférence de presse à New York en 2000

Chung Eun-yong, lors d'une conférence de presse à New York en 2000

23 juillet 1950. Des habitants de Jugok, dans la province du Chungcheong du Nord, reçoivent l'ordre d'évacuer leur village alors que les troupes nord-coréennes progressent. Puis le 25 juillet ce sont les habitants des villages voisins à qui les troupes américaines demandent de se replier au Sud. Dans leur retraite, le 26 juillet, ils croisent un bataillon du 7e régiment de cavalerie des Etats-Unis, qui s'était retranché près de No Gun Ri, et doivent quitter la route avant d'être pilonnés par l'aviation américaine. Refugiés sous un pont de chemin de fer, les survivants subissent, pendant trois jours, les tirs des troupes au sol. Alors que le gouvernement sud-coréen a identifié 163 victimes, mortes ou disparues, le nombre total de morts serait compris entre 250 et 500.

 

Un homme, Chung Eun-yong, a perdu son fils et sa fille dans le massacre de No Gun Ri. Il a passé sa vie à comprendre les causes et les circonstances de leur mort, ayant envoyé plus de douze pétitions pour exiger des autorités américaines des excuses et des compensations.

 

Choe Sang-hun, correspondant de l'agence Associated Press (AP), découvrit dans un magazine sud-coréen la photo de manifestants devant l'ambassade américaine conduits par Chung Eun-yong : il les interrogea et publia un article pour AP en avril 1998. Commença alors une enquête - notamment auprès d'anciens soldats américains - qui devait conduire une équipe d'AP à obtenir le prix Pulitzer en avril 2000. Quelques mois plus tard, en juin, CBS News fit état d'un document prouvant que les forces aériennes avaient délibérément attaqué les civils sud-coréens massacrés à No Gun Ri.

 

L'armée américaine dut reconnaître les faits, dans un rapport publié en 2001, mais elle les qualifia d' "accompagnement" d'une guerre (on parlerait aujourd'hui de "dommages collatéraux") "profondément regrettable". Si le Président Bill Clinton émit effectivement une déclaration où il exprimait ses "regrets", il refusa de présenter les excuses que demandaient les survivants et les familles des victimes. Le ministère de la Défense américain ne voulut en effet pas reconnaître les conclusions de l'équipe d'enquête sud-coréenne selon lesquelles les troupes américaines - notamment les pilotes - auraient reçu l'ordre de tirer sur les civils coréens. Mais qui peut croire la thèse de l'erreur pour une attaque qui a duré trois jours, et alors que la peur des infiltrés communistes parmi les réfugiés a entraîné la mort de trop nombreux civils au début de la guerre de Corée - il est vrai toutefois du fait d'abord des autorités sud-coréennes ?

Chung Eun-yong était né à Jugok en 1923. Rêvant de devenir architecte, il avait finalement pu, dans la Corée sous occupation japonaise, devenir opérateur de télégraphe, mais avait dû quitter son emploi après une dispute avec un collègue japonais. Entré dans la police en 1944 pour ne pas servir dans l'armée impériale nippone, il avait démissionné en 1949 - se déclarant dégoûté par la corruption - et commencé des études de droit à Séoul. Au déclenchement de la guerre, craignant que ses anciennes fonctions dans la police sud-coréenne ne le mettent en danger, il avait quitté sa femme et leurs deux enfants. Il ne se doutait pas qu'il les exposait à un danger plus grand encore. Comme il le découvrirait plus tard en retrouvant sa femme, seule cette dernière survécut au massacre de No Gun Ri, après avoir été blessée.

Ayant travaillé pour l'armée américaine, Chung Eun-yong quitta ce poste, en butte aux remarques racistes des soldats US qui frappaient également les Coréens. Il rejoignit à nouveau la police, et passa un examen de droit en étudiant la nuit.

C'est en 1960 qu'il commença à réunir des témoignages de survivants, après que le gouvernement américain eut fait savoir qu'il recevrait des réclamations pour des dommages liés à la guerre.

Après le retour au pouvoir des civils à Séoul, suite à l'élection présidentielle de 1992, il reprit espoir que le massacre ayant emporté ses enfants soit reconnu et écrivit un livre de témoignage - refusé par dix éditeurs, jugeant que les accusations contre les Américains correspondaient à des faits "controversés". Son récit fut finalement publié sous forme de roman en 1994.

Son fils, Chung Koo-do, préside la Fondation No Gun Ri pour la Paix Internationale.

Ayant travaillé dans une agence gouvernementale sud-coréenne anticommuniste, profondément croyant et ayant communié avec les vétérans américains de No Gun Ri, Chung Eun-yong n'avait pas le profil d'un activiste. Son histoire et son engagement témoignent que le combat pour la vérité sur la guerre de Corée doivent transcender les clivages partisans, alors que le gouvernement américain doit toujours s'excuser pour le massacre de No Gun Ri et offrir une juste indemnisation aux victimes et à leurs familles.

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 21:12

Le 27 juillet 1953 prenaient fin les combats de la guerre de Corée, célébrée en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme la victoire dans la guerre de libération de la patrie après que l'Armée populaire de Corée eut réussi à tenir tête à l'armée américaine, la plus puissante au monde. Mais à l'issue d'un conflit meurtrier ayant causé des millions de morts, la signature de l'armistice ayant marqué la fin des hostilités n'a pas signifié la fin des antagonismes : c'est pourquoi l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) milite pour la conclusion d'un traité de paix dans la péninsule coréenne, qui jetterait les bases d'une paix durable en prévoyant la dénucléarisation de toute la Corée, le retrait des troupes étrangères et la mise en place de mécanismes de non-agression garantis internationalement. L'AAFC réitère l'exigence d'un traité de paix pendant la période du 25 juin (début de la guerre de Corée, en 1950) au 27 juillet (date de signature de l'armistice, en 1953), pendant laquelle elle se réunit tous les ans à l'occasion du mois de solidarité avec le peuple coréen.

Au 61e anniversaire de l'armistice, combattre pour la paix en Corée

Dans un communiqué rendu public le 20 juillet 2014, un porte-parole du département politique de la Commission de la défense nationale (CDN) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a mis en cause les Etats-Unis et la République de Corée (du Sud) dans l'adoption d'une déclaration par la présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies, le 17 juillet, ayant condamné les tirs de missile à courte portée auxquels avait procédé l'Armée populaire de Corée.

Si la réaction nord-coréenne était prévisible, elle a malheureusement signifié le risque que ne s'engage un nouveau cycle de tensions et de confrontations, alors que les Etats-Unis et leurs alliés n'ont pas voulu saisir les offres de dialogue formulées à plusieurs reprises par la RPDC depuis le début de l'année 2014, depuis le discours de Nouvel an du Maréchal Kim Jong-un, après la publication d'une lettre ouverte adressée en janvier aux autorités sud-coréennes, et enfin les propositions de la CDN (le 30 juin) puis du gouvernement nord-coréen (le 7 juillet) de cesser les hostilités - comme l'a d'ailleurs rappelé la déclaration de la CDN du 20 juillet. La rencontre de familles coréennes séparées par la division de la Corée, en février, malgré les exercices militaires conjoints américano - sud-coréens qui se tenaient déjà au même moment, et l'offre nord-coréenne d'envoyer une importante délégation aux Jeux asiatiques d'Incheon, qui se tiendront en Corée du Sud cet automne, ont été autant de gestes de bonne volonté des autorités nord-coréennes auxquels, malheureusement, ni Washington ni Séoul n'ont donné suite pour transformer les relations de confrontation et de défiance dans la péninsule coréenne en des relations de confiance, fondées sur l'objectif partagé de construire une zone commune de paix et de prospérité.

L'histoire récente des relations américano - nord-coréennes montre pourtant l'impasse des politiques de sanction des administrations qui se sont succédées à Washington, les seuls résultats tangibles - au sens où ils ont permis une diminution réelle des tensions - ayant été enregistrés sous le présidence de Bill Clinton, dans le cadre d'une vraie volonté de dialogue pour surmonter les divergences. Depuis, les essais nucléaires et les lancements de satellites de la RPDC ont signifié l'échec de la politique américaine de sanctions qui prétendait endiguer les progrès tecchnologiques de la RPDC. Dans le même temps, les manoeuvres militaires des Etats-Unis autour de la Corée sont devenues les plus grands exercices militaires au monde, faisant peser des risques importants pour la paix et la stabilité du Proche-Orient : non seulement Pyongyang dénonce des préparatifs de guerre, mais les risques d'accident font courir de lourdes menaces pour la sécurité des populations civiles et militaires, comme l'a rappelé le dramatique naufrage de la corvette sud-coréenne "Cheonan" au printemps 2010. 

Dans ce contexte lourd de menaces, l'Association d'amitié franco-coréenne réitère son combat permanent pour la paix en Extrême-Orient et dans le monde, ce qui implique l'ouverture enfin de négociations en vue de la signature d'un traité de paix, soixante-trois ans après l'armistice de la guerre de Corée.

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 16:39

Le nom du scientifique Frank Olson est intimement lié aux recherches menées par l'armée américaine sur les armes biologiques et le contrôle mental via l'usage de drogues - dans le le cadre des programmes ARTICHOKE et MKULTRA. Dirigeant d'une unité scientifique de la CIA à Fort Detrick, Frank Olson est officiellement mort après s'être defenestré de sa chambre d'hôtel à Manhattan, le 28 novembre 1953, après avoir ingéré du LSD à son insu. Dans le cadre des travaux de la commission dite Rockefeller sur les activités de la CIA aux Etats-Unis, la famille de Franck Olson a obtenu des excuses du Président américain Gerald Ford qui, selon Eric, le fils de Franck Olson, lui aurait déclaré : "cela n'aurait jamais dû se produire ; cela ne doit plus jamais se produire". Eric Olson, ainsi que des amis proches de son père, ont acquis l'intime conviction que Frank Olson ne se serait pas suicidé, mais aurait été éliminé par la CIA après avoir émis des réserves auprès de sa hiérarchie sur les travaux auxquels il participait. Le dossier de la CIA remis à Eric Olson, que nous analysons ci-après sur la base des travaux de Gordon Thomas, auteur spécialisé dans l'espionnage, et publiés dans Les armes secrètes de la CIA. Tortures, manipulations et armes chimiques, est lourd de révélations sur les recherches menées par l'armée américaine pendant la guerre de Corée. Le gouvernement américain continue de nier l'usage d'armes bactériologiques pendant la guerre de Corée (1950-1953), malgré les témoignages accablants réunis par des chercheurs et journalistes, comme ceux de la chaîne Al Jazeera dans un documentaire dont nous avions rendu compte sur ce blog.

Frank Olson

Frank Olson

Selon Gordon Thomas, le général Walter Bedell Smith, nommé à la tête de la CIA le 21 août 1950, se rendit rapidement à Fort Detrick - où il rencontra son dirigeant, le docteur Gottlieb - après sa nomination. La CIA décida alors d'utiliser la Corée comme terrain pour tester les nouvelles armes chimiques sur lesquelles elle travaillait, avec l'objectif - comme pour les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki - d'accélérer l'issue du conflit en utilisant de nouvelles armes de destruction massive.

Le docteur Gottlieb se rendit au Japon et en Corée du Sud. Il demanda à deux équipes de la CIA - dirigées respectivement par Hans Tofte et Henry Alderholt - de lui fournir des animaux sauvages, insectes et petits mammifères (rats, campagnols...), afin de servir de vecteurs à la propagation de bactéries.

Frank Olson et ses collègues signèrent une décharge précisant que, en cas de décès suite à une maladie contractée dans le cadre de leurs travaux, ils léguaient leur corps au gouvernement américain. Les bactéries de maladies comme l'encéphalite étaient testées sur des cobayes, des lapins, des macaques rhésus et des porcs.

Dans les archives de la CIA auxquelles a eu accès la famille de Frank Olson figurent deux notes de service classées datées de décembre 1950, demandant, dans l'une, des "éclaircissements sur la mesure dans laquelle les déserteurs ennemis et les prisonniers de guerre seraient immunisés contre les maladies générées par l'armement biologique", et dans l'autre comment "progressaient les travaux sur l'armement biologique". Suite à ces notes, le docteur Gottlieb se rendit à nouveau à Tokyo, en janvier 1951, accompagné cette fois de Frank Olson. Il visita l'unité 406 du commandement oriental, où des laboratoires menaient des expériences consistant à inoculer la peste, l'anthrax, la fièvre de Malte et le choléra à des cobayes. Les scientifiques américains de l'unité 406 étaient aidés dans leurs travaux par des Japonais qui avaient testé des armes biologiques sur des prisonniers pendant la Seconde guerre mondiale, et avaient bénéficié en contrepartie de leur collaboration d'une immunité pour les crimes de guerre qu'ils avaient commis. Une autre unité d'armes chimiques, connue sous le nom d'unité 8003, se mettait alors en place dans le même bâtiment qui abritait l'unité 406. De nouveaux vecteurs de propagation des maladies furent étudiés, comme les oiseaux porteurs de l'encéphalite équine.

En avril 1951, de nombreux Nord-Coréens et Chinois furent faits prisonniers et enfermés dans un camp sur l'île de Koje, au Sud de la péninsule. Un bateau-laboratoire de l'US Navy s'immobilisa près des côtes, avec à son bord le docteur Gottlieb, pour officiellement régler un problème de dysenterie amibienne parmi les prisonniers. Dans les mois qui suivirent, 20.000 prisonniers tombèrent malades et 1.800 d'entre eux périrent. Newsweek et l'agence Associated Press publièrent alors des articles dans lesquels la Corée du Nord et la Chine dénoncèrent les Américains comme testant la peste bubonique sur des prisonniers de guerre. Le Journal of Tropical Medicine and Hygiene s'étonna pour sa part de l'ampleur de la mystérieuse épidémie de dysenterie. Puis les commentaires prirent soudain fin. Devant le Congrès américain, le directeur de la CIA William Colby indiqua des années plus tard que la plus grande partie des archives sur le programme bactériologique de la CIA à l'époque de la guerre de Corée avait été détruite, pour une raison inexpliquée, en 1972 et 1973.

Comme le précise enfin Gordon Thomas, Eric Olson a lui-même recueilli des témoignages sur l'utilisation d'armes biologiques pendant la guerre de Corée. Il entendit directement des Coréens et des Chinois, et accéda aux témoignages d'anciens soldats américains qui avaient été faits prisonniers : deux colonels, deux capitaines et vingt lieutenants, appartenant principalement à la cinquième compagnie aérienne. Les aviateurs précisèrent que les bombes bactériologiques n'étaient chargées que quelques minutes avant le décollage, pour limiter les risques d'un accident qui aurait pu anéantir la base aérienne.  Toujours selon leurs témoignages, ils étaient également informés que les bombes engendreraient des épidémies chez l'ennemi, et que ces armes étaient nécessaires pour "sauver des vies américaines", comme cela avait été le cas pour les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. Rapatriés après la guerre, les aviateurs se rétractèrent tous.

Source : Gordon Thomas, Les armes secrètes de la CIA. Tortures, manipulations et armes chimiques, Nouveau monde éditions, 2006 (traduit de l'anglais par Valérie Clouseau et Mickey Gaboriaud). Chapitre III (p. 65-81).

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 22:51

Lors de la manifestation qu'elle a organisée le 29 juin dernier, l'Association d'amitié franco-coréenne a rappelé sa position constante pour une paix durable dans la péninsule coréenne. Une position que nous avait déclaré ne pas partager Roland Weyl : l'avocat au barreau de Paris soulignait en effet que, du point de vue du droit international, il s'agissait d'une opération de police - et non d'une guerre - ayant conduit à la signature d'un accord d'armistice dont les termes n'avaient pas été respectés. D'une part, la présence militaire américaine est une infraction à l'accord d'armistice. D'autre part, il était prévu, dans un délai de trois mois, la tenue d'une conférence pour "le règlement pacifique de la question coréenne". Cette conférence ne s'est jamais réunie. Force est de constater que, soixante ans plus tard, la question coréenne  - la division de la péninsule contraire au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, sans la présence de troupes étrangères au Sud de la péninsule - n'a toujours pas été réglée. Nous reproduisons ci-après la tribune de Roland Weyl publiée par L'Humanité dans son édition du 13 août 2013 (p. 16), sous le titre "Où en est-on de l'application du droit international en Corée ? 60 ans après les accords de Panmunjom", et figurant aussi sur le site Internet du quotidien.

 

L’heure du 60e anniversaire des accords de cessez-le-feu de Panmunjom appelle un bilan à l’épreuve du droit international. Les opérations auxquelles ils mettaient fin, et auxquelles participait un corps expéditionnaire multinational, n’étaient pas une guerre, mais une opération de police du Conseil de sécurité, et le signataire en a d’ailleurs été le commandant des forces des Nations unies. Il n’y a donc pas à déplorer qu’il n’ait pas été suivi d’un traité de paix, qui eût dû être signé avec… l’ONU ! Le cessez-le-feu marquant la fin de l’opération de police, le droit international redevenait applicable, c’est-à-dire la négociation pacifique des différends et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ici, cela signifiait la solution pacifique du problème posé par la division en deux depuis 1945 (c’est-à-dire à l’époque depuis seulement huit ans !) d’un peuple unique depuis des millénaires.


Il est vrai que toute analyse se référant au droit international se prête à discussion sur l’analyse que l’on fait de celui-ci, mais ici le texte même de l’accord de 1953 comporte un article IV dont la clarté nous en dispense : « Afin d’assurer le règlement pacifique de la question coréenne (…) » Cela consacre déjà qu’il y a une question coréenne et qu’elle n’est pas réglée. L’opération de police ayant mis fin à une tentative de la régler par la force, il reste à la régler pacifiquement. Et cette question étant la solution pacifique du problème posé par la division en deux de l’unité coréenne, la suite du texte en définit les moyens : «(…) les commandants militaires des deux cotés (Chine et Corée du Nord d’une part, et ONU de l’autre) recommandent aux gouvernements des pays concernés des deux cotés (les gouvernements du Nord et du Sud) de tenir, dans les trois mois après que l’accord a été signé et est devenu effectif, une conférence politique au plus haut niveau des représentants respectivement désignés des deux côtés pour régler par la négociation le retrait de toutes les forces étrangères, le règlement pacifique de la question coréenne (…)».

Force est de constater que les forces étrangères alors présentes se sont retirées, car il n’y a plus de corps expéditionnaire de l’ONU et donc les forces des États-Unis qui s’y sont substituées en sont une infraction, mais que, 60 ans après, la conférence prévue pour un délai de trois mois n’a pas encore eu lieu.


Sans doute la célébration de l’anniversaire de Panmunjom doit conduire non pas à déplorer qu’il n’y ait pas encore eu de traité de paix mais que les préconisations des accords n’aient pas encore été appliquées en souhaitant que l’ONU qui en est un des signataires y apporte ses bons offices, ainsi que des représentants de pays membres plus neutres que les États-Unis.

Roland Weyl, avocat au barreau de Paris

 

 

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 21:46

PaixenCoréeLe 24 juillet 2013, une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) est arrivée en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour participer aux célébrations du soixantième anniversaire de la victoire dans la Guerre de libération de la patrie, nom donné à la Guerre de Corée en RPDC. Certes, un simple cessez-le-feu entre belligérants a été signé le 27 juillet 1953, et, soixante ans plus tard, un véritable traité de paix se fait toujours attendre en Corée, mais la RPDC a survécu à la véritable guerre d'anéantissement menée contre elle pendant trois années par les Etats-Unis sous le drapeau des Nations Unies. A partir de 1953, la RPDC s'est même reconstruite « à la vitesse de Chollima », le cheval ailé des légendes coréennes. La présence d'une délégation de l'AAFC en RPDC cette année répond donc à une double obligation : rendre hommage au combat héroïque, presque surhumain, du peuple coréen entre 1950 et 1953 alors que son pays avait déjà été divisé quelques années auparavant au sortir de quarante ans d'une colonisation féroce ; et affirmer que le soixantième anniversaire de la fin des hostilités en Corée doit marquer le début d'une nouvelle ère de paix et de prospérité dans cette partie du monde. C'est le sens de la déclaration suivante du bureau national de l'AAFC.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne pour la paix en Corée, maintenant !


Le 27 juillet 1953, un accord d'armistice mettait fin aux combats en Corée, après trois ans d'une guerre qui avait causé des millions de morts dans la péninsule coréenne et entériné la division d'un pays unifié depuis treize siècles. Mais un accord d'armistice n'est pas un traité de paix et, depuis, trop d'accrochages meurtriers ont endeuillé le peuple coréen. Il faut maintenant garantir la paix et la prospérité dans cette partie du monde.

L'Association d'amitié franco-coréenne considère la paix en Corée comme un de ses objectifs majeurs. Elle soutient pleinement les militants progressistes coréens qui, au Nord, au Sud et dans le monde, y travaillent sans relâche, en leur apportant ce message : les causes justes finissent toujours par triompher.

Aujourd'hui, il y a urgence à démanteler les bases militaires étrangères en Corée. Il y a urgence à garantir la dénucléarisation militaire de la Corée. De toute la Corée. A cet égard, les obligations du traité de non-prolifération nucléaire doivent aussi s'appliquer aux Etats-Unis et à leurs alliés. Il y a urgence à mettre en place des mécanismes de dialogue et de sécurité collective pour que, plus jamais, des Coréens n'aient à affronter d'autres Coréens.

En 2013, les manœuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes ont atteint une ampleur sans précédent. L'engagement d'avions bombardiers furtifs et de sous-marins nucléaires par les Etats-Unis, première puissance militaire de la planète, ont clairement signifié que, dans l'équilibre des forces dans la région Asie-Pacifique, ils se positionnaient une nouvelle fois en agresseurs potentiels.

Nous plaidons, ici et maintenant, pour une paix durable en Corée, au moment où le soixantième anniversaire de l'armistice de 1953 nous engage tous : vis-à-vis des générations futures, nous avons le devoir de tout faire pour qu'une ère de paix et de prospérité en Corée fasse définitivement taire le fracas des armes.

 

Le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne, juillet 2013

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)