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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 14:08

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero Yun Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, Madame B., loin des clichés sur les réfugiés nord-coréens en Corée du Sud, avant une sortie en salles le 22 février 2017 en France. Le long métrage produit par ZORBA a été présenté à Cannes en 2016 à la sélection de l'ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Plusieurs avant-premières en France ont eu lieu avec la participation de membres des comités régionaux de l'AAFC, le comité régional Bourgogne-Franche-Comté ayant par ailleurs relayé la diffusion en avant-première au Festival international du film de Belfort. Le 18 février 2017, deux avant-premières suivies d'un débat avec le réalisateur ont eu lieu, à l'initiative de Pierrot Beltante, animateur du foyer rural de Tousson "La tête des trains", le foyer rural de Tousson ayant une longue tradition de présentation de la culture coréenne et du cinéma de et sur la Corée, en partenariat avec l'AAFC : à Tousson (en présence de 25 participants, la capacité maximale d'accueil de la salle de projection) et au cinéma Le Mail à Pithiviers, devant 120 spectateurs. Des délégations du bureau national de l'AAFC étaient présentes lors des projections-débats à Tousson et Pithiviers. L'AAFC remercie Pierrot Beltante (qui avait découvert le film et rencontré Jero Yun lors de la sélection à Cannes), l'équipe du foyer rural de Tousson et le cinéma Le Mail à Pithiviers pour l'organisation de ces avant-premières, suivies d'excellents buffets, et relayées dans les médias locaux (journaux, site de la mairie de Pithiviers et web-télévision).

Projection en avant-première à Pithiviers

Projection en avant-première à Pithiviers

Comment parler du film Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne ? On peut retenir une approche sociale et politique, mettant l'accent sur les raisons qui ont conduit des dizaines de milliers de Nord-Coréens à quitter définitivement leur pays - essentiellement pour des raisons économiques, comme Madame B., qui pensait initialement revenir en Corée du Nord après un an - avant souvent de déchanter lors de l'arrivée au sud de la péninsule - où nombre d'entre eux sont accusés d'espionnage et doivent purger de longues peines de prison.

On peut aussi s'intéresser à l'esthétique du film, sobre, dépouillée, qui évite tout jugement de valeur, et à ses conditions de réalisation particulièrement difficiles pour Jero Yun, qui avait fait à Madame B. la promesse de porter son histoire à l'écran - une promesse qu'il mettra trois ans à honorer. Ayant suivi le groupe de fugitifs nord-coréens dont faisait partie Madame B. dans leur périple de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande (d'où ils rejoindront la Corée du Sud), Jero Yun a déclaré :  

Marcher avec les autres clandestins tout en filmant et en prenant le son seul m’était cependant devenu impossible tant j’avais moi-même du mal à survivre. Des réfugiés nord-coréens m’aidaient, c’était une relation très étrange, car j’étais pour ma part incapable de les aider physiquement. Parfois, les passeurs soutenaient quelques groupes épuisés en portant leurs sacs. Il y avait des moments d’entraide et de partage. Durant le périple, j’ai donc filmé tout ce que je pouvais filmer, mais dans certaines situations, c’était impossible. Un passeur laotien, notamment, avait un visage qui ne m’incitait pas à sortir la caméra… D’autres fois, ma blessure et la faim m’empêchaient de filmer. Quand je suis arrivé en Thaïlande, je ressemblais à un clochard. Sur place, je me suis fait contrôler quatre fois par les autorités, tant ma situation de clandestin était évidente.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-246814/secrets-tournage/

On peut, enfin, retenir une approche centrée sur la leçon d'humanité que délivre le film, né de la relation exceptionnelle qui s'est créée entre Jero Yun et Madame B., mais aussi la famille de cette dernière - notamment ses deux fils, dont le plus jeune a commencé des études pour devenir acteur de cinéma. Comme l'a déclaré une spectatrice de l'avant-première à Tousson, le film est une histoire d'amour - ou plutôt une histoire d'amours. Celles de Madame B. pour son mari nord-coréen, pour son mari chinois et pour ses deux fils, son départ pour la Corée du Sud tenant à sa seule volonté de gagner mieux sa vie pour leur offrir la possibilité de poursuivre des études universitaires, très coûteuses en Corée du Sud. Alors que le film se termine sur les questions que se pose Madame B., elle a aujourd'hui créé un café à Séoul, où elle vit toujours, en ayant par ailleurs obtenu la nationalité et un passeport sud-coréens.

Femme exemplaire, déterminée à lutter pour obtenir ses droits, Madame B. témoigne du rôle nouveau joué par les femmes dans la société nord-coréenne (ce sont d'ailleurs elles qui tiennent les échoppes des marchés généraux de biens et de services), le portrait que dresse d'elle Jero Yun dépassant le cadre strict du contexte coréen pour gagner une portée universelle.

Pour aller plus loin, quelques critiques du film : 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Cinéma Activités AAFC Société Relations intercoréennes
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 13:07

Le 30 janvier 2017, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) ont coorganisé une conférence à Grenoble, sur le thème "Mouvement social en Corée du Sud, agressions impérialistes contre la Corée du Nord". Nous publions ci-après un compte rendu de cette conférence et deux vidéos présentant les interventions des conférenciers, publiées sur le compte Youtube du PRCF.

Présentation par Jin Yong-ha, responsable du Comité des Travailleurs du Parti Démocratique et Populaire (Corée du Sud)

1-Contexte historique

La situation en Corée est très mal connue en France. Pour connaître la situation en Corée, il faut connaître son histoire. La Corée est un petit pays entouré de grandes puissances qui a dû sans cesse lutter pour conserver son indépendance. La politique isolationniste poursuivie jusqu'en 1910 a empêché l'industrialisation du pays et l'a rendu vulnérable à l'invasion japonaise.
L'occupation japonaise se poursuivit de 1910 à 1945 avec pour objectif l'anéantissement de la culture coréenne et de sa langue. Lorsque les Américains occupèrent ensuite le sud de la péninsule, ils donnèrent à la Corée du Sud une apparence d'indépendance tout en mettant à la tête de l'Etat sud-coréen les anciens dirigeants de la collaboration avec les Japonais.
Cela conduisit à une révolte très forte des Coréens du sud et à la formation du Comité national des travailleurs de Corée. Ce syndicat appela à la grève générale puis fut dissout par l'Etat sud-coréen pour être remplacé par des syndicats jaunes.
Une dictature militaire perdura des années 1960 jusqu'à la fin des années 1980.

Un événement important fut l'immolation par le feu du jeune travailleur Jon Tae-Il en 1970 qui marqua le mouvement de résistance à  la dictature. En juillet-septembre 1987, une série de grèves eut pour revendication la création d'un syndicat démocratique. Celle-ci fut effective avec la création de la Confédération Générale des Syndicats (KCTU) en 1995.
De ce syndicat naquit le Parti Progressiste unifié en 2000. Il y a en Corée moins de distance entre parti et syndicat démocratique qu'en France.

2-Actualité

Le mandat du président sud-coréen  est de 5 ans. La présidence actuelle Park Geun-hye est la prolongation de la présidence réactionnaire précédente avec Lee Myung-bak.
La présidence de Lee Myung-bak fut entachée entre autres par le lancement du projet d'aménagement des quatre fleuves à  la fois inutile et dangereux pour l'environnement. 2009 fut une année d'importantes répressions contre les travailleurs avec l'interdiction du syndicat des fonctionnaires alors que le droit de se syndiquer est reconnu par la Constitution sud-coréenne.
La présidence Park Geun-hye a commencé en décembre 2012 suite à des fraudes électorales massives.
En décembre 2014, le Parti progressiste unifié fut interdit suite à l'affirmation mensongère selon laquelle il aurait préparé un coup d'Etat avec le soutien de la Corée du Nord. Ceci montre le caractère fascisant de la présidence Park Geun-hye. Il y eut également le scandale du naufrage du Sewol avec 300 enfants morts en avril 2014, scandale qui ne fut jamais éclairci. Des mesures de répression furent prises contre les parents des victimes et les militants pour la vérité sur le naufrage, avec des arrestations et gardes à  vue arbitraires de plusieurs jours.
En 2013, le siège de la KCTU fut perquisitionné et son dirigeant arrêté et condamné à  7 ans de prison ferme. L'Organisation internationale du travail émit des protestations. Les demandes de création de syndicats de fonctionnaires furent rejetées et le syndicat des enseignants interdit.
Il faut savoir que la Corée du Sud a 10 millions de travailleurs précaires et trois millions de chômeurs pour 50 millions d'habitant et n'a pas de système complet de sécurité sociale. Participer aux luttes sociales et syndicales en Corée du Sud mène très souvent en prison.
La répression est particulièrement forte dans les grandes entreprises comme Samsung et Hyundai, dont le poids économique est écrasant. A Hyundai, il y a deux fois pus de travailleurs précaires que de travailleurs permanents.
A Samsung, les syndicats sont interdits. Il y a eu récemment une tournée européenne des syndicalistes (illégaux) de Samsung. Un problème grave est notamment l'exposition des travailleurs à  des substances toxiques qui ont causé au moins 80 leucémies mortelles.
A cela s'ajoutent d'autres problèmes comme ceux de la dette étudiante.
En conclusion, la résistance est forte au sein du peuple de Corée du Sud, et porteuse d'espoir pour l'avenir.

Présentation sur la Corée du Nord et l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) par Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération

La Corée du Nord est l'objet de tous les fantasmes. Toute personne portant un autre regard que celui des médias dominants sur la Corée du Nord sera facilement qualifiée de "suppôt du régime". L'image négative la Corée du Nord en Occident est largement fabriquée par les services secrets sud-coréens et américains, alors que les Etats-Unis stationnent près de 30 000 soldats dans la péninsule coréenne. Ceci s'explique notamment par son système économique capitaliste, sa position géostratégique entourée de grandes puissances et ses capacités technologiques puisque la Corée du Nord est un des quelque 10 pays au monde capables de lancer un satellite dans l'espace.

Les Nord-Coréens ne prétendent pas être un modèle. La culture politique locale est très marquée par le confucianisme. Il s'agit d'une adaptation locale des démocraties populaires.

L'Association d'amitié franco-coréenne considère le dialogue avec la Corée du Nord nécessaire comme avec tout pays différent du nôtre. Dès sa fondation en 1969, l'AAFC ne comporta pas que des communistes mais aussi des socialistes, des gaullistes de gauche ou encore des chrétiens progressistes.

Le destin des deux Corée est lié malgré la division. Comme l'a montré la succession d'une phase de démocratisation de la Corée du Sud en 1998-2008 et de dialogue avec le Nord, suivie d'une phase autoritaire et de fermeture du dialogue avec la Corée du Nord, le combat social en Corée du Sud et le combat pour la paix et la réunification en Corée sont liés.

L'AAFC n'a pas pour but défendre en bloc un gouvernement qui ne prétend pas exporter son modèle, mais de donner des clés pour mieux comprendre la situation en Corée. La situation française est particulière puisqu'il s'agit du seul pays européen avec l'Estonie qui n'a pas établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée. L'AAFC ne s'intéresse pas seulement au Nord mais aussi au Sud de la péninsule, d'où sa contribution à la fondation du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud.

La question est souvent posée de savoir si la Corée du Nord est un pays socialiste. Le socialisme est un concept qui prend dans la réalité des formes diverses. On retrouve en Corée du Nord les caractéristiques essentielles du socialisme développé dans les démocraties populaires, avec notamment la propriété collective des grands moyens de productions, le système de santé et d'éducation gratuits, les logements à  prix modiques. Cependant, la Corée du Nord ne se reconnaît plus dans le marxisme-léninisme mais dans une idéologie qui lui est propre, les idées du Juche

La Corée du Nord a été fondée par des résistants à l'occupation japonaise, et la menace impérialiste permanente l'a amenée à maintenir une certaine opacité des mécanismes décisionnels au sommet de l'exécutif comme il est d'usage dans tous les réseaux de résistance. On notera cependant que le pouvoir à la base est exercé par les cellules du Parti du travail de Corée, qui fait remonter ses décisions, informations et opinions en haut de la pyramide.

Lors des années 1990, la Corée du Nord a perdu subitement la plupart de ses partenariats commerciaux. De plus la perte d'accès au pétrole soviétique à des conditions préférentielles cumulé avec de graves inondations ont considérablement mis à mal l'agriculture nord-coréenne jusqu'alors assez fortement mécanisée. Cette situation a conduit à un certain nombre de réformes marquées par la légalisation et la généralisation des marchés de surplus agricoles, la monétarisation de l'économie et une autonomisation de gestion des entreprises.

Le programme nucléaire nord-coréen prend son origine dans son manque de confiance dans ses alliés qui s'avèrera ensuite justifié dans les années 1990. Les dirigeants nord-coréens furent d'avis que seule la dissuasion nucléaire pouvait protéger leur pays d'une invasion des Etats-Unis, et furent confortés dans cette opinion par l'invasion de l'Irak, de l'Afghanistan, de la Libye... La Corée du Nord se voit ainsi, non sans raisons, comme un Etat guérilla en permanence menacé.

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 13:01

Le comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'est réuni à Paris le 9 février 2017, en présence d'une délégation de la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en France conduite par M. Ri Ho-yong, conseiller. Les participants ont donné corps aux principes de coopération et d'échanges qui guident l'AAFC en débattant des moyens de mener à bien divers projets culturels, scientifiques et universitaires.

Réunion du comité national de l'AAFC : favoriser les coopérations et l'amitié franco-coréenne

Après l'ouverture des travaux du comité national par Guy Dupré, président de l'AAFC, Patrick Kuentzmann, secrétaire général, a rappelé l'ordre du jour du comité national, puisque l'année 2017 sera riche en anniversaires de dates marquantes pour la réunification de la Corée.

Alors que la session du comité national coïncidait avec le 75e anniversaire de la naissance du Dirigeant Kim Jong-il, le 16 février 1942, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a souligné la contribution de Kim Jong-il au dialogue intercoréen, notamment lors de l'organisation à Pyongyang des sommets du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. Il est également revenu sur le développement par la RPD de Corée d'un programme nucléaire et balistique destiné à dissuader toute attaque américaine, tout en observant que les autorités nord-coréennes faisaient leur l'objectif d'une dénucléarisation générale, mais qu'un désarmement unilatéral ne pouvait être envisagé car il menacerait la souveraineté et l'indépendance de la RPD de Corée.

M. Ri Ho-yong a mis en exergue la volonté du Maréchal Kim Jong-un, dans la continuité des politiques développées par Kim Il-sung et Kim Jong-il, d'atteindre l'objectif d'une réunification pacifique et indépendante de la Corée – conformément aux orientations définies lors du septième Congrès du Parti du travail de Corée, en mai 2016, et dans le discours de Nouvel An du 1er janvier 2017. La célébration, en 2017, du 45e anniversaire du communiqué conjoint du 4 juillet 1972 et du 10e anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007 doit, plus que jamais, permettre de franchir une nouvelle étape sur la voie de la réunification de la Corée. La récente visite en Corée du Sud et au Japon du secrétaire américain à la Défense James Mattis, suivant un discours très belliciste, atteste cependant que la volonté de dialogue n'est pas partagée côté américain.

À son échelle, l'Association d'amitié franco-coréenne entend favoriser les échanges et le dialogue entre la France et l'ensemble de la Corée, afin de permettre une pleine insertion de la RPD de Corée sur la scène internationale et éloigner les dangers de guerre. Le comité jeunes et étudiants de l'AAFC, dont le président a pris la parole au cours de la réunion du comité national, entend favoriser les initiatives en direction de la jeunesse. Tel est également le sens des déplacements envisagés en RPD de Corée de plusieurs délégations de l'AAFC au cours de l'année 2017 – notamment une délégation du Comité Espéranto, au printemps, et une délégation de la direction nationale en août 2017, ainsi que de l'organisation à Paris, en juin 2017, d'une conférence internationale avec les associations d'amitié dans le monde, 40 ans après la conférence internationale ayant donné naissance au Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO), afin de resserrer les liens de solidarité internationale.

Dans un contexte marqué par un probable retour au pouvoir des démocrates à Séoul, qui augurerait d'une reprise des échanges Nord-Sud et d'une certaine détente internationale, le comité national de l'AAFC a aussi décidé d'interroger les candidats à l'élection présidentielle sur la situation dans les deux Corée, tout en soulignant la nécessité d'une présence encore plus active dans les médias – alors que les récents événements internationaux ont traduit un biais particulièrement défavorable à la Corée du Nord. Enfin, l'assemblée générale annuelle a été fixée au 15 avril 2017.

Réunion du comité national de l'AAFC : favoriser les coopérations et l'amitié franco-coréenne
Réunion du comité national de l'AAFC : favoriser les coopérations et l'amitié franco-coréenne
Réunion du comité national de l'AAFC : favoriser les coopérations et l'amitié franco-coréenne
Réunion du comité national de l'AAFC : favoriser les coopérations et l'amitié franco-coréenne
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 12:29

Le Foyer Rural de Tousson, dans le cadre de ses rencontres « Café des Lumières », a proposé la vidéo projection de la conférence de Robert Charvin, « Comment être Coréen du Nord ou Russe, ou l’escamotage de la géopolitique », conférence donnée à la Sorbonne le 1er octobre de l’année dernière. Cette manifestation a été organisée avec le parrainage des films de l'An 2.

Vidéo conférence de Robert Charvin à Tousson : comment peut-on être Coréen du Nord... ou Russe ?

C’est le Festival de Cannes qui a sensibilisé des adhérents du Foyer Rural sur la Corée et un grand magasin culturel parisien qui les a amenés à s’intéresser au cinéma nord-coréen et à la République Populaire Démocratique de Corée depuis 2011. C’est ainsi que dans cette suite de rencontres sur la Corée (stages cinéma, gastronomie, conférences avec des réalisateurs : Pierre-Olivier François et David Carr-Brown…), un petit groupe d’adhérents a découvert la conférence de Robert Charvin, ce mercredi 11 janvier 2017. Aucun n’avait de connaissance sur la RDPC autre que ce qu’en rapportent les médias. Ils étaient très curieux et nul doute que les qualités du conférencier et la notoriété de la Sorbonne ont contribué au sérieux de ce Café des Lumières. Les cinquante minutes de la conférence ont semblé très courtes tant la qualité de l’orateur est passionnante et des applaudissements ont été spontanés en fin de projection. Robert Charvin n’est pas sans rappeler à certains moments le linguiste américain Noam Chomsky par des traits d’humour décalé … « les Etats-Unis s’estiment menacés par la RDPC… c’est comme ci la France se sentait menacée par le Portugal »… Comme dans La fabrique du consentement (Contre-feux, éd. Agone) de l’auteur américain, Robert Charvin entreprend plutôt une analyse des médias, presse écrite, télévisions et réseaux sociaux, en lien avec l’actualité comme le déploiement du matériel militaire en Pologne, pour « assurer la paix »… A l’affirmation souvent entendue que la RDPC serait un pays agresseur, il rappelle qu’un pays n’est agresseur que quand il est sûr de gagner la partie. Des observations et réflexions qui se retrouvent également dans son livre éponyme à destination des journalistes.

« Quel philosophe ! » s’est exclamé un participant. Il estime que c’est par ces rencontres que les choses avancent dans la compréhension du monde.

Le Café des Lumières se termine par l’invitation de son prochain rendez-vous, un dimanche de février, en présence de Juliette Morillot qui vient de publier son livre co-écrit avec Dorian Malovic (La Croix) La Corée du Nord en 100 questions.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 18:09

Comme il l'avait fait en septembre 2016 avec les candidats à l'élection primaire de la droite et du centre, le bureau de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a adressé le 20 décembre 2016 une lettre aux sept candidats à la primaire de la "Belle Alliance populaire" (gauche) qui se tiendra les 22 et 29 janvier 2017 :  Jean-Luc Benhamias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls. Interrogé, avec les autres candidats, sur la situation de la péninsule coréenne et les relations franco-coréennes, Manuel Valls a fait parvenir la réponse suivante.

Manuel Valls répond à l'Association d'amitié franco-coréenne

Paris, le vendredi 6 janvier 2017

Chère Madame, Cher Monsieur,

Par votre courrier en date du 20 décembre 2016, vous avez fait part à Manuel VALLS, candidat à la présidence de la République, de vos réflexions au sujet de la politique étrangère de la France à l'égard de la péninsule coréenne. Je vous en remercie.
Il a été pris connaissance avec attention de vos remarques, qui témoignent de votre intérêt pour la vie publique et politique de notre pays.
La politique de la France dans la péninsule coréenne doit poursuivre des objectifs de paix, au service des populations. Elle devra continuer de prendre appui sur les liens de profonde amitié noués au fil des années avec la République de Corée, ainsi que sur les échanges entre les entreprises, les peuples et la société civile, qui caractérisent le dynamisme de la relation franco-coréenne.

En espérant avoir répondu à vos préoccupations, je vous prie de croire, chère Madame, cher Monsieur, en mes sentiments les meilleurs.

Didier GUILLAUME
Directeur de campagne de Manuel VALLS

L'Association d'amitié franco-coréenne remercie Manuel Valls d'avoir bien voulu répondre à son courrier. L'AAFC se félicite de partager avec lui l'objectif de parvenir à la paix dans la péninsule coréenne.

L'AAFC regrette cependant que la réponse, générale, de Manuel Valls ne réponde pas précisément aux cinq questions posées au candidat :

- Estimez-vous nécessaire que la situation dans la péninsule coréenne soit traitée dans sa globalité et que les comportements d’autres acteurs – à commencer par ceux des États-Unis d’Amérique - soient soulignés?

- Quelle est votre position sur les sanctions dont la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) fait l’objet?

- Après l’ouverture, en 2011, d’un premier bureau français de coopération à Pyongyang, comptez-vous faire évoluer cette situation pour normaliser les relations entre la République française et la RPDC, conformément à la pratique de nos principaux partenaires européens?

- Quelle est votre position sur les différentes restrictions apportées aux libertés démocratiques en Corée du Sud?

- Estimez-vous que la France doit encourager le dialogue entre les deux Corée et rappeler qu’il constitue le seul instrument sérieux pour trouver une solution pérenne à la crise coréenne?

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:12

Après la création du comité Espéranto de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) le 27 août 2016, un deuxième comité non régional (ayant donc une assise sectorielle) de l'AAFC s'est formé, le 21 décembre 2016, à Paris : le comité jeunes-étudiants de l'AAFC a vocation à regrouper tous les adhérents de l'AAFC âgés de moins de 35 ans et/ou étudiants. Sa constitution traduit le renforcement des effectifs de l'AAFC parmi les jeunes et les étudiants et marque une volonté d'organisation des jeunes et étudiants membres de l'AAFC.

A l'initiative de membres de l’Association d’amitié franco-coréenne âgés de moins de 30 ans, réunis le 21 décembre 2016 à Paris, un comité jeunes-étudiants de l'AAFC a été formé. Cette nouvelle plateforme a pour objectif de développer les activités de l’association sur la thématique coréenne en direction d’un public jeune et/ou étudiant et d’organiser ses adhérents. 
 
Le comité jeunes-étudiants de l’AAFC s'est doté de son propre bureau de direction, composé de son président Loïc Ramirez, ainsi que de son trésorier (Jim Curtis) et secrétaire (Michel Comte). Comme les comités régionaux de l'AAFC, le comité jeunes-étudiants organisera des assemblées générales annuelles auxquelles seront conviés tous les membres de l'AAFC âgés de moins de 35 ans et/ou étudiants.

D'ores et déjà, les jeunes et étudiants de l'AAFC souhaitant s'impliquer dans le nouveau comité peuvent contacter Loïc Ramirez à l'adresse courriel suivant
e : jeunesaafc@gmail.com.
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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 19:53

Du 28 décembre 2016 au 18 janvier 2017, des étudiants sud-coréens visitent la France, l'Allemagne, la République tchèque, la Hongrie, l'Autriche et la Suisse dans le cadre du sixième voyage international pour la paix (et du cinquième voyage en Europe), organisé par l'association "Papillons de l'espoir" et soutenu par le Conseil coréen pour les femmes requises pour l'esclavage sexuel militaire du Japon. Le 2 janvier 2017, ils ont été place du Trocadéro, à Paris, sur le parvis des Droits de l'Homme, pour exprimer l'aspiration de tout un peuple à vivre en paix, ce qui exige de porter un regard lucide sur le passé - le Japon devant notamment formuler des excuses pour le crime de l'esclavage sexuel des "femmes de réconfort", principalement coréennes, commis avant et pendant la Seconde guerre mondiale.

Justice pour les "femmes de réconfort" !
Justice pour les "femmes de réconfort" !

Nulle part dans le monde peut-être davantage que dans la péninsule coréenne l'exigence de paix n'est plus forte, alors que la guerre civile internationalisée qu'a été la guerre de Corée s'est soldée par un simple accord d'armistice, en 1953, sans signature à ce jour d'un traité de paix ni mise en place de mécanismes de sécurité collective qui permettraient de privilégier le dialogue aux tensions et aux sanctions, et de supprimer les armes nucléaires sur le sol coréen.

Ce message de paix a été porté par les divers orateurs présents, coréens, japonais et français, tandis que des messages ont également été lus en anglais et en espagnol. Comme les années précédentes, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était présente : par la voix de son vice-président en charge des actions de coopération, Benoît Quennedey, elle a rappelé son exigence d'une paix durable en Corée, qui implique de renouer avec le dialogue, de mettre fin à la course aux armements et de trouver une solution honorable aux drames vécus par les "femmes de réconfort", anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise - ce que ne permet pas le déshonorant accord nippo-sud-coréen signé fin 2015 - mais que la nouvelle situation politique ouverte, en Corée du Sud, par le vote de destitution de la Présidente Park Geun-hye pourrait heureusement remettre en cause.

Comme l'ont expliqué les organisateurs de "Papillons de l'espoir" qui relaient la campagne de 100 millions de signatures pour la résolution de la question de l'esclavage sexuel, le papillon symbolise cet espoir d'un monde d'harmonie, sans guerre, débarrassé de la violence intolérable faite aux femmes en période de conflit :

Le Papillon est le symbole qui représente la battement des ailes de la Liberté, échappant aux discriminations, à l'oppression, à la violence. Papillons de l'espoir est une association pour la résolution de la question de l'esclavage sexuel infligé par l'armée japonaise. Nos principales activités sont des campagnes pour la collecte de 100 millions de signatures au niveau national mais aussi international, ainsi qu'en France, en Allemagne, en Equateur et en Bolivie.

Puissent les papillons de l'espoir symboliser cette aspiration universelle à la justice, à la paix et à la fraternité !

Justice pour les "femmes de réconfort" !
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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 23:54

A la suite des inondations catastrophiques qui ont lourdement frappé le Nord de la Corée cet été, en ayant causé plus de 500 morts et disparus et de très lourds dégâts matériels, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a une nouvelle fois répondu présente pour venir en aide aux victimes : après le versement le 8 octobre 2016 d'une aide d'urgence de 500 euros prélevée sur les fonds de l'AAFC, 1 580 euros ont été collectés en six semaines auprès des adhérents et sympathisants de l'AAFC (dont 400 euros par le comité régional Bourgogne - Franche-Comté de l'AAFC), et envoyés le 23 décembre par l'AAFC à la Fédération du Nord du Secours populaire français (SPF), présent depuis 1999 en République populaire démocratique de Corée. Au total, l'AAFC a donc remis 2 080 euros - auxquels s'ajoutent les dons directement adressés au SPF après que l'AAFC eut relayé, le 11 novembre, l'appel à dons du SPF. L'AAFC remercie toutes celles et tous ceux qui ont répondu au besoin de solidarité des populations nord-coréennes : une action certes modeste mais d'autant plus nécessaire que, contrairement aux victimes de catastrophes naturelles dans d'autres parties du monde, les souffrances des populations nord-coréennes ne soulèvent guère l'intérêt des médias.

Aide aux victimes coréennes des inondations : plus de 2000 euros versés par l'AAFC

Les dons recueillis, intégralement remis à la Fédération du Nord du Secours populaire français, conforteront les actions menées par le SPF au Nord de la Corée pour reconstruire les zones ravagées et venir en aide aux populations, notamment :

- le rachat de 200 tonnes de ciment pour poursuivre la reconstruction de l'école secondaire de la commune de Sinwon dans la province du Hwanghae,

- l'envoi d'un second container contenant des kits d’hygiène, des couvertures, des vêtements chauds, du lait en poudre…

Afin de soutenir les actions du SPF en Corée du Nord, vous pouvez toujours envoyer votre don (chèque libellé à l'ordre du Secours populaire français) par courrier (en précisant "urgence Corée du Nord") au Secours populaire français, 18/20 rue Cabanis – BP 17, 59 007 Lille Cedex ou sur www.spf59.fr/don.


Information Réduction fiscale particuliers :

Votre don ouvre droit à une réduction d’impôt égale à 75% du montant de votre versement, dans la limite du plafond de 530 €. Au-delà de ce plafond, la réduction est de 66% dans la limite de 20% du revenu imposable. Ainsi, par exemple, un don de 60 € vous revient en réalité à 15 €.

Information Réduction fiscale entreprises :

Depuis la loi du 1er août 2003, les entreprises assujetties à l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés peuvent bénéficier d'une déduction fiscale égale à 60% du montant du don dans la limite d'un plafond de 5‰ (5 pour mille) du chiffre d'affaires annuel. Au-delà de 5‰, ou en cas d’exercice déficitaire, un report est possible sur les 5 exercices suivants dans la limite de 5‰ s’appliquant au total des versements (article 238 bis 1° du code général des impôts).

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 21:02

Du 2 au 18 décembre 2016, des ouvriers sud-coréens du groupe Samsung et des membres de leurs familles ont visité l'Europe (France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Suisse) pour dénoncer les conditions de travail au sein du conglomérat. Le 14 décembre 2016, ils ont donné une conférence à Grenoble, à l'initiative du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD) et de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), avec le soutien du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) et du Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC) qui remercient chaleureusement les organisateurs de cette rencontre - la CGT Métallurgie Isère, l'Union Locale CGT Grenoble, les salariés Ecopla et Fakir - pour l'audience importante de cette conférence suite à l'invitation qu'ils ont donnée aux travailleurs de Samsung. Nous publierons ci-après le compte rendu de cette conférence, qui reprend en partie un article déjà publié sur le site du CILD.
 

Grand succès de la conférence du Syndicat Général de Samsung à Grenoble
Le 14 décembre 2016, les syndicalistes sud-coréens du Syndicat Général de Samsung en tournée en Europe sont passés par Grenoble pour y donner une conférence.

Grâce à l'appui de la CGT métallurgie Isère, ils ont pu s'exprimer juste avant la réunion "Alu Debout" organisée en coopération avec Fakir en soutien aux salariés d'Ecopla. Ceci a permis de faire connaître leur combat auprès de plusieurs centaines de personnes. Ce fut également l'occasion d'établir des contacts avec des syndicalistes du bassin grenoblois, qui abrite une importante industrie de la microélectronique.

Les syndicalistes ont d'abord commencé par entonner leur chant de combat pendant la manifestation puis chacun d'entre eux a exprimé son vécu et la situation générale des travailleurs de Samsung et des sous-traitants de Samsung.

Ils ont rappelé que Samsung représente un quart du PIB de la Corée du Sud. Cette situation particulièrement aiguë de concentration capitalistique donne aux propriétaires de Samsung une influence démesurée dans la politique de la Corée du Sud, ainsi surnommée "République de Samsung". Ils usent de leur influence pour une politique antisalariée particulièrement féroce: interdiction du Syndicat Général de Samsung, seul syndicat réellement combatif, salaires bas, conditions de travail malsaines, conditions dures envers les sous-traitants. Il est important que les conditions de travail à Samsung soient enfin connues à l'étranger pour mettre fin à ces faits inacceptables.

Kim Sung-hwan est intervenu en tant que Président du Syndicat général des travailleurs de Samsung, syndicat illégal. Alors qu’il travaillait auprès d’un sous-traitant de Samsung, Kim Sung-hwan a créé en 1996 un syndicat indépendant, ce qui a entraîné la rupture de son contrat de travail puis une condamnation à trois ans de prison, de 2005 à 2007, suite à une plainte pour diffamation déposée par la firme. Depuis octobre 2012, Kim et ses camarades manifestent tous les mercredi devant le siège de Samsung pour exiger le respect du droit constitutionnel de s’organiser en syndicat et, plus généralement, la défense des droits des travailleurs.

Jung Ae-jung a perdu son mari à l'âge de 31 ans suite à une exposition à des produits toxiques dans le cadre de son travail qui a entraîné une leucémie. Elle a également fait une fausse couche à cause de son travail.

Kim Ji-sook avait commencé à travailler pour le compte de Samsung avec sa sœur en installant un poste de fabrication à domicile. Il s'agissait pour elle de payer les soins à sa mère malade, sachant qu'il n'existe pas de couverture sociale généralisée en Corée du Sud. Malheureusement, l'exposition à des produits toxiques avec du nickel l'a rendue malade, atteinte de leucémie, ainsi que sa sœur. Si elle a pu survivre à sa leucémie, ce n'est pas le cas de sa sœur, qui en est morte, suivie peu après par sa mère tuée par le chagrin. Lorsqu'elle protesta devant l'entreprise, elle fut frappée et blessée par le personnel de sécurité.

Au total, 223 salariés ou anciens salariés du groupe sont atteints de leucémie, et 76 d’entre eux en sont morts. Pourtant, le groupe Samsung s’obstine à reconnaître le moins possible de leucémies comme des maladies professionnelles dont il est responsable. Le profit ne connaît pas la morale mais uniquement le rapport de force.

Choi Sung-chul était un ancien patron de PME sous-traitante de Samsung et avait trois usines, deux en Corée du Sud et une en Chine. Samsung donne des sommes importantes aux partis politiques et à leurs membres. Choi Sung-chul obéissait ainsi aux requêtes impérieuses du groupe Samsung en faisant des dons hors de tout lien contractuel. Cependant, les exigences devenant de plus en plus intolérables, il refusa un jour de donner. Cela conduisit Samsung à mettre fin à tous ses contrats et à mettre son entreprise en faillite : il a tout perdu. Cet exemple montre le haut niveau de concentration du capital en Corée du Sud, qui conduit à l'affaiblissement des PME au profit des monopoles, en particulier de Samsung.

Pour faire taire ses opposants, Samsung lance des procès, achète le silence des médias sud-coréens, met sur écoute et organise des filatures. C’est contre ce système politique et économique corrompu, dont Samsung est le symbole le plus flamboyant, que des millions de Coréens se sont soulevés ces dernières semaines, jusqu’à obtenir le vote par le Parlement d’une motion de destitution de la Présidente Park Geun-hye. Mais ce n’est qu’un début, pour l’avènement d’une réelle démocratie politique et sociale en République de Corée, et qui exige plus que jamais la solidarité internationale avec les militants politiques et syndicaux en lutte.

Nous pouvons nous aussi en France aider les Coréens dans leur lutte en faisant connaître le plus largement possible les pratiques intolérables du groupe Samsung.


Regarder toutes les photos du voyage en Europe sur le site Internet du Syndicat général du groupe Samsung (cliquer sur le jour correspondant)
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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 13:05

Le 14 décembre 2016, l'émission de géopolitique du collectif Comaguer (Comprendre et agir contre la guerre), animée par Bernard Genet sur la radio associative marseillaise Radio Galère le deuxième mercredi de chaque mois de 20h à 21h30, était consacrée à la Corée. Les intervenants de cette émission étaient Robert Charvin et Benoît Quennedey, tous deux vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC).

Comme toujours, l'émission a d'abord resitué de manière très pédagogique la question coréenne, caractérisée par la division du pays entérinée par la guerre de Corée (1950-1953) après la libération de la colonisation japonaise en 1945, dans son contexte géographique, historique et politique : la Corée a développé une culture nationale spécifique très ancienne, marquée par l'influence de la Chine mais distincte des civilisations chinoise et japonaise. L'unité nationale coréenne a été réalisée il y a plus de 1 000 ans - faisant ressortir avec d'autant plus d'acuité le drame qu'a constitué la partition du pays. Par ailleurs, de par sa situation géographique, la Corée a été victime des rivalités et appétits de ses grands voisins, japonais, chinois et russe, et dans la période la plus récente, les Etats-Unis - ce qu'illustre le proverbe coréen "Quand les baleines se battent, les crevettes trinquent" - les Coréens figurant les crevettes et les puissances voisines de la Corée les baleines. Aujourd'hui encore, l'intérêt américain pour la péninsule coréenne - où ils entretiennent toujours 28.500 GIs dans le Sud - s'inscrit dans le recentrage de la puissance militaire américaine sur la région Asie-Pacifique. De ce point de vue, les programmes nucléaire et balistique de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) servent de prétexte commode à Washington pour justifier sa présence militaire croissante, tout autant - sinon davantage - justifiée par la volonté d'endiguer la montée en puissance de la Chine et de la Russie.

Benoît Quennedey a rappelé que l'Association d'amitié franco-coréenne avait été fondée en 1969, pour promouvoir la paix et la réunification dans la péninsule coréenne, et à cette fin favoriser les échanges entre la France et l'ensemble de la Corée, à une époque où Séoul, au Sud, était toujours officiellement la capitale de la République populaire démocratique de Corée, et où la Corée du Nord était traitée de "régime fantoche" par la Corée du Sud. L'ouverture d'un dialogue intercoréen, engagé en 1972 (mais interrompu dès 1973) et mené de manière constante depuis 1991, a permis de faire coïncider les représentations (un pays, deux Etats) avec la réalité géopolitique. Ces évolutions ont eu lieu à la faveur de la démocratisation de la Corée du Sud, et après une sévère pénurie alimentaire au Nord qui a conduit à la mise en oeuvre, à partir de 2002, de mesures économiques ayant fait évoluer le système économique et social. La situation politique récente en Corée du Sud a cependant rappelé la fragilité du processus pour la démocratie et la paix : à partir de 2008, le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul a sapé l'ensemble des fondements du rapprochement Nord-Sud, tandis que la Corée du Sud s'est engagée sur une voie de plus en plus autoritaire. A cet égard, le récent  vote par le Parlement d'une motion de destitution de la Présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye a ouvert l'espoir du retour à Séoul d'un pouvoir démocratique ne favorisant plus l'escalade des tensions et la marche à la guerre. 

Pour sa part, Robert Charvin a souligné comment la République populaire démocratique de Corée avait été amenée à se doter d'une force d'auto-dissuasion nucléaire pour prévenir le risque de connaître un sort analogue à ceux de l'Irak en 2003 et de la Libye en 2011 - la Corée du Nord plaidant par ailleurs pour un désarmement nucléaire général et conjoint de l'ensemble des Etats dotés de l'arme nucléaire, tandis que les Etats-Unis, si prompts à renforcer les sanctions contre la Corée du Nord après chaque essai nucléaire ou lancement de satellite de Pyongyang, poursuivent pour leur part leur programme nucléaire, mais par d'autres moyens que les essais souterrains conduits par la RPDC. Face à cette politique du "deux poids deux mesures" traduisant un détournement des principes du droit international public, les Nord-Coréens entendent construire le "socialisme à la coréenne", dans le respect de leur souveraineté et de leur indépendance nationale.

Ecouter l'intégralité de l'émission de Comaguer à l'adresse suivante (émission du 14 décembre 2016) :

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)