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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 12:04

Du 22 au 29 juillet 2017, Séoul a accueilli le 102e congrès mondial d'espéranto. Parmi les participants figuraient Marianne Dunlop, Nathalie Kesler et François Lo Jacomo, membres du bureau du comité espéranto de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui avaient tous trois visité la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), dans le cadre d'un déplacement organisé par l'AAFC, en avril 2017. Ils ont ainsi pu intervenir dans les discussions sur la réunification de la Corée sur la base de ce qu'ils ont vu et entendu en RPD de Corée.  

Des membres de l'AAFC sont intervenus au congrès mondial d'espéranto à Séoul

Le 28 juillet 2017 s'est déroulé avec succès une expérience sans précédent dans le cadre des congrès universels d'espéranto : dans les locaux du Parlement de la République de Corée (Corée du Sud), les représentants de 21 pays ont donné leur point de vue, parfois similaires, parfois divergents voire même opposés, au sujet de la réunification de la Corée. Cet échange s'est effectué sur la base de questionnaires envoyés deux ans plus tôt par un des organisateurs du congrès, le professeur So Gilsu, membre d'honneur de l'association universelle d'espéranto (UEA), qui a fait une synthèse des réponses reçues de différents pays.

La rencontre a permis un débat très animé entre des personnes devant un public de plus de 130 personnes, en présence des médias nationaux sud-coréens. La France a pu compter exceptionnellement deux membres à la tribune (Nathalie Kesler et François Lo Jacomo), les représentants de trois des vingt-et-un pays sollicités étant absents et excusés. Ayant visité la RPD de Corée en avril 2017, les deux représentants français ont ainsi pu exposer le point de vue nord-coréen.

Les discussions ont porté notamment sur les origines de la guerre de Corée, guerre civile internationalisée qui a causé des millions de morts et entériné la division du pays. A cet égard, Nathalie Kesler a cité l'ouvrage du professeur Channing Liem La guerre de Corée : une question sans réponse. Ancien ambassadeur sud-coréen aux Nations unies, Channing Liem, né au Nord de la péninsule, était un chrétien opposé au régime autoritaire de Syngmann Rhee, premier président de la République de Corée. A contre-courant de l'opinion couramment admise en Occident, Channing Liem rejette l'imputation du déclenchement de la guerre aux Nord-Coréens, en soulignant les intentions bellicistes de Syngman Rhee et la multiplication des incidents meurtriers le long de la frontière bien avant la généralisation du conflit en juin 1950.

Plaidant pour une réunification pacifique de la Corée, les espérantistes français membres de l'AAFC ont aussi évoqué la présence des troupes américaines en Corée du Sud. ils ont appelé à la prudence concernant les données avancées sur le poids de l'armée en Corée du Nord : alors que les sources disponibles (nombre d'hommes, budget militaire, part des dépenses militaires dans le PIB) sont exclusivement occidentales, les militaires nord-coréens sont également affectés à des tâches civiles, notamment dans le domaine de la construction.
 
Ces échanges nourris ont montré la complexité de la question coréenne, alors que le souhait des Coréens de réunification de leur patrie est reconnu par la plupart des personnes interrogées dans le cadre du questionnaire qui avait été élaboré en amont du congrès.
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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Relations intercoréennes
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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 20:30

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a été destinataire d'un appel lancé par la Taskforce to stop THAAD in Korea and militarism in Asia and the Pacific ("Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique"), dont elle publie ci-après une traduction en français, établie par nos soins. L'AAFC a signé cet appel, partageant pleinement l'objectif de promouvoir la paix et de lutter contre le militarisme dans la région Asie-Pacifique en refusant le déploiement, au sud de la Corée, du système américain de missiles antibalistiques THAAD (acronyme de Terminal High Altitude Area Defense). THAAD accroît les risques de guerre en précipitant une course aux armements visant, au-delà de la seule République populaire démocratique de Corée, la République populaire de Chine et la Fédération de Russie. 

L'AAFC signe l'appel de la "Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique"

Non à THAAD en Corée,
Oui à la paix par le dialogue

Délégation pour la paix et la solidarité de la Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique (Taskforce to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific) et de la Fondation Channing et Popai Liem pour l’éducation, juillet 2017

Subrepticement, le système antimissile de défense terminale en haute altitude (THAAD) a été installé dans la ville de Seongju, en République de Corée, le 26 avril de cette année, en dépit de l’opposition quotidienne et grandissante des villageois locaux et de leurs partisans à travers le pays et en l’absence de délibération officielle des organismes gouvernementaux sud-coréens. Les manifestants ont peur à juste titre que son déploiement tende les relations déjà compliquées avec la Chine, favorise les forces politiques militaristes et anti-démocratiques au sein de leur propre pays, et envenime les relations entre la Corée du Sud et la Corée du Nord. Ils s’inquiètent également des conséquences négatives sur la santé et l’environnement induites par le système radar de THAAD, ainsi que de la profanation de terres sacrés telles que le proche site de pèlerinage de la communauté bouddhiste Won.

Les Etats-Unis et certains officiels de la République de Corée prétendent que le système THAAD protégera la Corée du Sud face à la menace des missiles nord-coréens. Cependant, du fait qu’il est installé à 200 kilomètres au sud de Séoul, la quasi-totalité des observateurs s’accordent pour dire que les 25 millions de Coréens vivant dans l’agglomération de la capitale se situent hors du bouclier protecteur de THAAD. Encore plus préoccupant, Ted Postol, physicien au MIT et expert en défense antimissile, ajoute qu’il n’y a pas de preuves tangibles que le THAAD soit efficace dans des conditions de tir réelles, face à l'arrivée de multiples missiles et leurres. D'un autre côté, le radar de THAAD en Corée du Sud a la capacité de surveiller le système balistique chinois, ce que beaucoup soupçonnent d’être l’objectif premier des Etats-Unis dans leur insistance à le déployer en Corée. La Chine a exprimé son opposition à la présence de THAAD en Corée de façon explicite, mis en place des sanctions économiques contre la Corée du Sud, et menacé d’une accélération de la course aux armements.

Le déploiement de THAAD par les Etats-Unis en Corée du Sud fait partie du « pivot » américain vers l’Asie Pacifique. Il élargit le système de défense antimissile déjà important encerclant la Chine et la Russie. Cet effort visant à renforcer l’influence politique et économique déclinante des Etats-Unis dans la région a cependant un coût important pour le peuple américain. Il détourne des milliards de dollars de besoins intérieurs critiques dans une période de délabrement des infrastructures du pays, d’inégalités économiques sans précédent et d’accès limité aux services humains de première nécessité. Cela compromet également les principes ainsi que la sécurité des Américains épris de paix en intensifiant les tensions militaires régionales, en alimentant une course aux armements et en faisant planer la menace d’un nouveau conflit armé dans la péninsule coréenne, impliquant cette fois des armes nucléaires qui auront des conséquences inimaginables pour la vie humaine.

Le déploiement de THAAD complique aussi les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud à un moment où la Corée du Nord propose de geler son programme d’armement nucléaire en échange d’un arrêt ou d'une réduction significative des exercices de guerre annuels américano-sud-coréens. Cette proposition a été systématiquement rejetée par l’administration Obama. Mais, maintenant, un nombre croissant d’officiels américains et d’analystes tels que Richard Haass, président du Council on Foreign Relations, Jane Harman, ancienne membre du Congrès et directrice du Woodrow Wilson International Center for Scholars, et William Perry, secrétaire à la Défense pendant la première administration Clinton, ont exprimé leur soutien à la perspective d'un gel puis d'un arrêt des exercices de guerre en tant que premier pas pour répondre aux préoccupations de la Corée du Nord quant à sa sécurité ainsi qu’à celles des Etats-Unis, de leur alliés, de la Chine et de la Russie face aux progrès réalisés par la Corée du Nord dans la fabrication de missiles balistiques intercontinentaux capables d'emporter une charge nucléaire.

La plupart des Américains ne connaissent rien à propos de THAAD, de l’opposition des Sud-Coréens à son déploiement ou des récentes ouvertures diplomatiques de la Corée du Nord visant à réduire les tensions dans la péninsule coréenne. Un nombre encore plus faible se souviennent de la guerre de Corée, sont conscients que les Etats-Unis détiennent le contrôle des forces armées sud-coréennes en temps de guerre, ou comprennent le désir du peuple coréen de parvenir à une réunification pacifique de leur pays. Pourtant, ces lacunes devraient constituer une préoccupation vitale pour le peuple américain. Si le fragile armistice qui a arrêté les combats mais n’a pas mis un terme à la guerre de Corée devait laisser place à une reprise des hostilités, nous, avec les Coréens du Nord et du Sud ainsi que d’innombrables êtres humains dans la région souffririons de pertes indescriptibles. Selon les propres mots du secrétaire à la Défense des Etats-Unis, James Mattis, « […] si cela débouche sur une solution militaire, ce sera incroyablement tragique […] ».

En cet instant crucial, les gouvernements américain et sud-coréen peuvent continuer d'alimenter le feu d'une guerre en Corée en militarisant encore davantage la Corée du Sud, ou bien faire le premier pas pour créer des conditions internationales propices pour une paix durable en Corée. Quelle que soit la voie que les Etats-Unis adoptent, cela sera fait au nom du peuple américain. Il incombe donc aux citoyens des Etats-Unis de s’engager et de travailler avec le peuple coréen pour arriver à des moyens pacifiques et mutuellement bénéfiques pour dissiper les antagonismes dans la région. Commencer ce travail collectif est l’objectif principal de notre délégation.

La Délégation pour la paix et la solidarité se déplace en Corée du Sud pour exprimer la solidarité des Américains épris de paix avec les Coréens luttant contre le déploiement de THAAD et cherchant une solution au conflit dans la péninsule et dans la région. Nous voulons renforcer la compréhension mutuelle concernant les moyens de parvenir à ces objectifs dans le but d’aligner la politique des Etats-Unis sur le désir du peuple coréen de mettre en place une paix durable dans la péninsule et, finalement, de réunifier la Corée de manière pacifique et indépendante.

Consciente de l’immense coût social et économique lié à la militarisation croissante de la Corée pour les peuples américain et coréen, la Délégation pour la paix et la solidarité demande aux gouvernements des Etats-Unis et de la République de Corée de :

 

1. retirer le système THAAD de Corée du Sud :
2. stopper la course aux armements dans la péninsule coréenne en arrêtant les exercices de guerre en échange d'un accord avec la Corée du Nord pour geler sa production d’armes nucléaires et ses essais de missiles ;
3. s'engager dans la diplomatie avec la Corée du Nord pour mettre un terme à la guerre de Corée par la signature d’un traité de paix, normaliser les relations avec la Corée du Nord et soutenir tous les efforts du peuple coréen pour parvenir à la réunification pacifique de leur pays.

Enfin, nous déclarons notre intention de bâtir la solidarité aux Etats-Unis pour lutter contre la présence de THAAD en Corée du Sud et l’expansion du militarisme des Etats-Unis en Asie. Nous appelons également les personnes éprises de paix aux Etats-Unis et dans le monde entier à nous rejoindre dans cette tâche.


Soutiens :
Taskforce to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific
Fondation Channing et Popai Liem pour l'éducation

Délégués :
Medea Benjamin, CODEPINK
Reece Chenault, U.S. Labor Against the War
Will Griffin, Veterans for Peace, Taskforce to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific
Juyeon Rhee, Taskforce to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific
Jill Stein, candidate du Parti vert des Etats-Unis à l'élection présidentielle de 2016


Les soutiens d'organisations et individuels à cette déclaration apparaîtront à la suite des noms des premiers soutiens et délégués. Pour ajouter votre soutien, merci de remplir le formulaire à l'adresse : https://goo.gl/EkVRGX avant le 19 juillet 2017 (fin de journée).

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Relations Etats-Unis-Corée
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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 21:00

A l'initiative de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), et près de deux ans après un précédent séminaire s'étant tenu à Helsinki, une conférence internationale consacrée à la paix et la réunification en Corée a réuni à Paris, pendant deux jours, les 23 et 24 juin 2017, les représentants d'associations d'amitié avec la Corée de douze pays, aux côtés d'une délégation du Comité coréen de solidarité avec les peuples du monde qui était invitée en Europe : la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, la Finlande, la France, Haïti, l'Irlande, le Luxembourg, la Pologne, le Royaume-Uni la Suisse et le Tchad. Cet événement exceptionnel, qui se tenait 40 ans après la création du Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO) à la suite de la conférence de Bruxelles de février 1977, visait à relancer la coordination de la solidarité internationale avec la Corée - dans une période lourde de menaces pour la paix dans cette partie du monde. L'AAFC remercie les membres de l'association Espéranto France, présents tout au long des deux journées, ses adhérents bénévoles  et les membres de la communauté coréenne de RPD de Corée en France qui ont permis la bonne organisation de cette journée, notamment pour l'accueil café et le buffet du 24 juin, et tout particulièrement Dominique de Miscault pour les photos et vidéos de ces deux jours de débats et d'échanges, qui donneront lieu ultérieurement à la publication et la mise en ligne de documents complets. Le tour opérateur Phoenix Voyages, basé au Vietnam et proposant notamment des déplacements touristiques en RPD de Corée, avait en outre parrainé cet événement.

Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes

La première journée de la conférence était consacrée à des travaux universitaires (qu'encourage l'AAFC en préparant et en facilitant le déplacement de chercheurs en RPD de Corée, ainsi qu'en participant à des échanges académiques), dans une salle de la Sorbonne prêtée grâce au concours du professeur Jean Salem. Ce dernier, par ailleurs président du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, a souligné en ouverture de la journée les implications de la méconnaissance profonde de la Corée, et singulièrement de sa moitié Nord, ce qui rend extrêmement difficile toute approche culturelle et scientifique qui sorte des lieux communs rebattus par les médias, focalisés sur les questions sécuritaires avec un prisme tendant à faire porter à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) toute la responsabilité dans les tensions actuelles, aux imbrications infiniment plus complexes. C'est ce que devait démontrer l'après-midi le professeur Robert Charvin, ancien doyen des facultés de droit de Nice : dans un exposé magistral, il a rappelé les causes et les conséquences de la division de la péninsule coréenne sous l'influence des grandes puissances. Sa présentation a été suivie d'une séance de dédicace de la nouvelle édition de son ouvrage Comment peut-on être Coréen (du Nord), publié par Delga.

Les présentations de la matinée du 23 juin ont été consacrées à l'exposé par leurs auteurs de plusieurs travaux universitaires, en cours ou achevés, sur la RPD de Corée. Dans son intervention liminaire, Patrick Maurus, ancien professeur de coréen à l'INALCO, ancien conseiller culturel de l'ambassade de France à Séoul, et fondateur de la revue Tangun, a souligné la nécessité et la possibilité d'engager des échanges universitaires avec les chercheurs nord-coréens en sortant des stéréotypes ; il est à l'origine de la publication du premier roman nord-coréen en France, Des amis de Baek Nam-ryong (ayant donné lieu à l'organisation d'une conférence par l'AAFC en 2012), et des premiers échanges universitaires avec les professeurs chinois d'ethnie coréenne de la province autonome de Yanbian, en Chine. Bryan Sauvadet - qui avait déjà participé à un compte rendu devant l'AAFC de son séjour d'échange linguistique en RPD de Corée, avec d'autres étudiants de l'INALCO - a abordé avec brio la question de la conservation du patrimoine en Corée du Nord, ses travaux étant consacrés aux représentations des enfers dans l'art bouddhique. Puis Benoît Berthelier, co-traducteur d'une anthologie de nouvelles nord-coréennes, ayant consacré ses travaux de doctorat à la littérature nord-coréenne à ses débuts après 1945, a souligné la richesse de la production littéraire au Nord de la péninsule - dans des conditions, à ses débuts, bien plus libérales qu'au Sud. La littérature rend compte des évolutions de la société nord-coréenne, ainsi que de la place qu'y occupent les intellectuels : être auteur vous garantit un statut et des revenus.

Les débats de la matinée ont aussi été consacrés aux échanges universitaires dans les sciences exactes, à partir du témoignage de Damien Jamet, maître de conférences en informatique à l'Université de Lorraine : le bon niveau des Nord-Coréens demande à être conforté par des échanges universitaires, auquel Damien Jamet contribue, dans sa discipline, avec plusieurs de ses collègues qui étaient aussi présents à la conférence de la Sorbonne.

Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes

Après la présentation des enjeux diplomatiques autour de la péninsule coréenne par Robert Charvin, l'après-midi a tout d'abord donné lieu à une conférence sur la comparaison entre les idées du Juche (idéologie directrice de la RPD de Corée) et le gaullisme : si les principes définis par le Général de Gaulle n'ont pas donné lieu à la constitution d'un corpus idéologique analogue aux idées du Juche, l'importance consacrée à l'homme rapproche les deux doctrines, au-delà de leur attachement similaire à la défense de la souveraineté nationale.

La première journée s'est achevée par un exposé très complet de la situation et des perspectives de développement de l'Espéranto dans les deux moitiés divisées de la Corée : à partir du voyage qu'ils ont effectué en Corée du Nord en avril 2017, au sein du comité Espéranto de l'AAFC, François Lo Jacomo et Nathalie Kesler ont observé que les valeurs de solidarité humanistes et pacifistes que porte la langue internationale en font un vecteur possible pour la réunification de la Corée - qui sera l'un des thèmes du Congrès mondial d'Espéranto qui se tiendra à Séoul, en Corée du Sud, cet été, et auquel ils assisteront.

Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes

Organisée dans les salles Pierre Nicolle, la journée du 24 juin 2017 a été dédiée à des échanges d'expériences, des débats et des discussions entre associations d'amitié avec la Corée de différents pays du monde sur les moyens d'organiser la solidarité à l'échelle internationale. Outre S.E. M. Kim Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, ses collaborateurs et leurs familles, une délégation du Comité coréen de solidarité avec les peuples du monde était présente, conduite par M. Ryu Kyong-il, directeur du département Europe du Comité, et également composée de Mmes Jong Un-a et Yun So-hyon. Arrivée en France le 22 juin, la délégation nord-coréenne invitée par l'AAFC a quitté la capitale française pour la Belgique le 26 juin, après avoir visité la Pologne et la Suisse, également à l'invitation des associations d'amitié de ces pays. L'AAFC a pris en charge le déplacement entre l'Europe et l'Asie, ainsi que le séjour en France.

Secrétaire général du CILRECO, et par ailleurs président d'honneur de l'AAFC, Guy Dupré a rappelé et souligné les enjeux du mouvement de solidarité internationale, marqué par les figures de plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, comme le maréchal Francisco da Costa Gomes (Portugal), Dom Mintoff (de Malte), Didier Ratsiraka (de Madagascar) ou encore Léopold Sedar Senghor (de Côte d'Ivoire). Si les conditions objectives d'action ont changé, les objectifs demeurent : remplacer l'accord d'armistice de 1953 par un traité de paix garantissant la sécurité et la prospérité dans cette partie du monde, favoriser le dialogue et les échanges avec toute la Corée, soutenir le mouvement pour la réunification de la Corée, au Nord, au Sud et dans la diaspora, sur la base des déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007.

S'exprimant ensuite au nom du Comité coréen de solidarité avec les peuples du monde de la RPD de Corée,  et après avoir remercié de leur soutien les organisateurs de l'AAFC et du CILRECO ainsi que l'ensemble des associations d'amitié pour leur appui invariable, Ryu Kyong-il a souligné que la RPDC poursuivrait ses programmes d'autodéfense tant que les Etats-Unis ne mettront pas fin à leur politique hostile, aujourd'hui perpétuée par l'administration de Donald Trump. Par ailleurs, alors que cette année marque le 45e anniversaire de la Déclaration conjointe du 4 juillet 1972 et le 10e anniversaire de la Déclaration du 4 octobre 2007, des progrès nouveaux doivent être accomplis par les Coréens eux-mêmes sur la voie de la réunification de leur patrie.

Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes

Les interventions des représentants des différents pays ont ensuite commencé par celle de Benoît Quennedey, président de l'AAFC. Rappelant que l'association française, qui était une association d'amitié avec toute la Corée depuis 1989, avait fait des solidarités concrètes (dans les domaines universitaires, économiques, culturels ou encore humanitaires) la pierre angulaire de ses interventions pour la paix et la réunification en Corée, il a souligné l'importance prise, en 2015-2016, par le soutien au mouvement démocratique en Corée du Sud, et l'utilité des contacts noués avec les milieux politiques français, gouvernementaux et parlementaires. Quelles que soient par ailleurs les difficultés réelles que connaît la Corée du Nord, qui ne prétend en aucun cas constituer un modèle politique pour le reste du monde, la présentation presque systématiquement négative de la RPD de Corée dans les médias occidentaux (illustrée encore dernièrement par l'opération de piratage WannaCry), sur la base souvent d'une désinformation entretenue par les services secrets de certains pays, montre la nécessité d'élargir l'audience du mouvement de solidarité, y compris en organisant la solidarité à l'échelle internationale, comme dans le cadre de la présente conférence.

Dans certains pays qui étaient anciennement des démocraties populaires (Bulgarie, Pologne), les relations de solidarité ont pu se fonder sur des relations personnelles, ainsi que sur le soutien des autorités gouvernementales. Les conditions nouvelles après 1989 et la fin des démocraties populaires ont rendu particulièrement difficile la poursuite des échanges antérieurs, les représentants des associations d'amitié étant par ailleurs parfois victimes de pressions, sinon d'une répression. A contrario, dans les pays en développement, comme Haïti ou le Tchad, la RPD de Corée jouit d'une image positive pour son combat anti-impérialiste et au sein du mouvement de décolonisation et des pays non-alignés. La réduction du périmètre des représentations diplomatiques de la RPDC, consécutive aux difficultés économiques des années 1990, a cependant rendu plus difficile les échanges directs entre les associations d'amitié et les Coréens.

Le Royaume-Uni apparaît en première ligne, par le soutien de son gouvernement à la politique internationale étatsusienne. Dans ce contexte, les actions de solidarité - qui ont pris des formes originales, comme l'accueil de troupes de jeunes artistes nord-coréens handicapés en 2015 et en 2017 - requièrent une importance particulière, qui permet de témoigner de la possibilité d'actions pour la paix et la réunification même dans les contextes a priori les moins favorables.

Les contacts et les échanges avec les démocrates sud-coréens ont été soulignés par les représentants luxembourgeois et belges, alors qu'il s'agissait d'un des axes d'action principaux du CILRECO.

Pour tenir compte des différents degrés d'implication dans le soutien au peuple coréen, l'association finlandaise distingue entre des activités de solidarité à large spectre, et des actions plus politiques - comme l'étude des idées du Juche - menées par des militants plus engagés au sein de structures distinctes de l'association d'amitié.

En Finlande, en Suisse et au Danemark, des rassemblements populaires dépassant le seul cadre de la Corée, permettent de sensibiliser à la question coréenne un plus large public.

Plusieurs associations d'amitié ont mis en place des coopérations entre elles : c'est le cas entre les associations belge, irlandaise, française et haïtienne, pour la traduction et l'échange de documents ou encore la mise en place de circuits d'échanges (comme l'envoi de livres en RPDC). L'association belge, qui a présenté un film, a noué des relations de partenariat précises, dans le cadre d'un jumelage avec une ferme coopérative ou de l'envoi de médicaments.

A l'issue de ces échanges, les participants ont adopté une déclaration et une lettre au Président Kim Jong-un de la Commission des affaires d'Etat de la RPD de Corée. Ils ont notamment souligné la nécessité de renforcer la lutte contre la désinformation à propos de la RPD de Corée, d'agir pour l'établissement d'un traité de paix en Corée et la fin des manœuvres militaires américano-sud-coréenne, ainsi que la levée des sanctions et des embargos frappant depuis plus de 70 ans les populations coréennes au Nord de la péninsule. Enfin, la conférence s'est poursuivie par une manifestation pour la paix et la réunification en Corée place de la Sorbonne.

 

Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
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Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
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Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
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Conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée : une solidarité internationale en actes
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CONFERENCE INTERNATIONALE

POUR LA PAIX ET LA REUNIFICATION EN COREE

PARIS, FRANCE, 23-24 JUIN 2017

Déclaration finale

Nous, associations d'amitié avec la Corée venues de douze pays, réunies à Paris (France) le 24 juin 2017, veille du 67ème anniversaire du déclenchement de ce qui est appelé dans nos pays la « guerre de Corée »,

attachées au respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, tel qu'énoncé dans la Charte de l'Organisation des Nations unies,

solidaires du peuple coréen face à l'injustice historique de la division arbitraire de son pays par les grandes puissances au lendemain de la Seconde Guerre mondiale,

conscientes que, compte tenu des forces en présence sur et à proximité de la péninsule coréenne, la paix en Corée représente un enjeu vital pour la paix mondiale,

exigeant que les États-Unis et les pays à leur remorque mettent fin à leurs politiques hostiles sous couvert des Nations unies, aux embargos et aux sanctions à l'égard de la République populaire démocratique de Corée,

opposées à toute vision biaisée de la situation qui fait porter l'entière responsabilité des tensions en Corée sur une seule des parties, la République populaire démocratique de Corée,

fières de notre tradition d'amitié et de notre diversité, qui font de nos associations un irremplaçable réseau dédié à la paix en Corée et dans le monde, qu'il convient de faire vivre et d'étendre,

décidées à renforcer la coopération entre nos organisations dans l'esprit de la conférence de Bruxelles qui, il y a 40 ans, jeta les bases du mouvement international de solidarité avec le peuple coréen pour la réunification et la paix en Corée,

nous nous engageons :

1) À travailler au retrait inconditionnel de toutes les troupes étrangères de Corée ;

2) À travailler à la levée des sanctions et embargos qui frappent la République populaire démocratique de Corée ;

3) À intervenir auprès des autorités de nos pays respectifs pour qu'elles soutiennent franchement l'application complète des déclarations inter-coréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 et le dialogue entre les deux parties de la Corée ;

4) À œuvrer à l'établissement de relations équilibrées entre tous les pays du monde et les deux parties de la Corée, ce qui passe par l'établissement de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée par les pays qui n'en ont pas ;

5) À alerter les opinions publiques de nos pays respectifs sur la situation injuste et dangereuse qui prévaut en Corée, notamment du fait des grandes puissances, par tous les moyens à notre disposition et dans le respect de la souveraineté de chaque peuple ;

6) À lutter contre la présentation erronée de la situation de la péninsule coréenne par les grands médias de nos pays respectifs, y compris contre la propagation de « fausses nouvelles » ;

7) À renforcer la coopération entre nos associations, notamment en organisant des actions conjointes, toujours dans le respect des particularités de chacun et avec l'objectif commun de promouvoir le dialogue inter-coréen et la paix en Corée ;

8) À chercher les meilleurs moyens pour mutualiser les bonnes pratiques de nos associations, impliquant la nécessité d'une information rapide et complète sur les succès et les difficultés rencontrées dans la poursuite de nos objectifs.

Paris, le 24 juin 2017

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Relations internationales de la Corée CILRECO Culture
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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 20:39

Le 29 juin 2017, les trois membres du bureau du comité Espéranto de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) - Marianne Dunlop, Nathalie Kesler et François Lo Jacomo - ont rendu compte de leur déplacement d'avril 2017 en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), dans le cadre de l'AAFC, à la Maison des associations du 4e arrondissement de Paris. Des membres de l'association Espéranto France (qui proposait des publications, des brochures et des revues) et de l'AAFC étaient présents à cette manifestation publique qui a attiré un public nombreux et avait reçu le soutien de la Maison des associations.

Compte rendu de voyage en RPDC de la délégation du comité Espéranto de l'AAFC : affluence à la maison des associations du 4e arrondissement de Paris

Le voyage du comité Espéranto de l'AAFC en RPD de Corée avait un but premier : y retrouver les traces de la langue internationale, dont l'histoire est très liée à celle de lutte contre la colonisation japonaise (dans le cadre de la Korea Artista Proleta Federacio) puis à la mise en place des institutions culturelles du nouvel Etat (notamment dans le domaine du cinéma et de la littérature), avant un déclin et une disparition (liés au manque de renouvellement des locuteurs) au tournant des années 1980 et 1990, et envisager les conditions d'une renaissance de l'Espéranto en Corée du Nord. Y participera indéniablement la venue d'autres délégations espérantistes, qu'est prêt à accueillir le Comité des relations culturelles avec les pays étrangers en offrant les services d'un interprète parlant espéranto. Car l'apprentissage de l'Espéranto a été naguère dynamique : à l'occasion de la publication à Pyongyang, en 1964, du dictionnaire coréen-espéranto, il était précisé que le club d'espéranto de la capitale nord-coréenne comptait alors 120 membres.

Précédant de quelques mois l'organisation du congrès mondial d'Espéranto à Séoul, en juillet 2017, où sera abordée la question de la réunification de la Corée et du rôle que peut être amené à jouer l'Espéranto en tant que vecteur de paix, cette redécouverte de l'histoire nord-coréenne de l'Espéranto a été rendue possible par la rencontre à plusieurs reprises des membres de la délégation avec Jong Sun Gi, linguiste nord-coréen, qui possède un exemplaire du dictionnaire de 1964. Des échanges ont aussi eu lieu avec les représentants de différentes universités nord-coréennes de Pyongyang sur la possibilité de reprendre un enseignement en Espéranto.

Le compte rendu de voyage a aussi été l'occasion, photos, vidéos à l'appui et documentation à l'appui (notamment, exposition de posters, de livres, de timbres et de monnaies), de rendre compte des évolutions de la société socialiste nord-coréenne, marquée par une forte empreinte confucéenne accordant un grand respect à l'autorité (sous toutes ses formes) et aux ancêtres, et dans lequel la santé et l'éducation sont gratuits et le prix des logements modique. En particulier, comme au Sud (mais où les études sont a contrario très coûteuses), une importance majeure est accordée à l'éducation - y compris l'enseignement périscolaire, auquel sont dédiés des palais des enfants répartis dans l'ensemble du pays.

La visite de l'usine textile Kim Jong Suk a témoigné de l'organisation d'un complexe industriel intégré, des logements ayant été adjoints pour les ouvrières - puis une usine métallurgique créée à proximité, permettant ainsi aux travailleuses de rencontrer et épouser les métallurgistes de l'autre sexe. Une des membres de la délégation, Nathalie Kesler, envisage ainsi une coopération économique dans le domaine de la confection de vêtements.

Les nombreuses questions de la salle sur un pays méconnu ont permis d'aborder, pêle-mêle, la langue coréenne, les conditions de visite de la Corée du Nord ou encore les possibilités pour les Nord-Coréens de voyager à l'étranger, quelques jours après l'invitation d'une délégation de la RPD de Corée en France et en Europe. Les échanges se sont poursuivis autour d'un buffet offert par la Maison des associations du 4e arrondissement, concluant une rencontre dont l'AAFC espère qu'elle suscitera une curiosité accrue pour la RPD de Corée, notamment dans les milieux espérantistes pour y favoriser la renaissance de la langue internationale.

Debout au fond, de gauche à droite : François Lo Jacomo, Nathalie Kesler et Ludovic Sage, directeur de la Maison des associations du 4e arrondissement de Paris.

Debout au fond, de gauche à droite : François Lo Jacomo, Nathalie Kesler et Ludovic Sage, directeur de la Maison des associations du 4e arrondissement de Paris.

François Lo Jacomo et Marianne Dunlop.

François Lo Jacomo et Marianne Dunlop.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 12:54

Tous les mercredis, des manifestations ont lieu en République de Corée (Corée du Sud), devant l'ambassade du Japon, pour dénoncer l'esclavage sexuel de centaines de milliers de femmes - pour un grand nombre d'entre elles, coréennes - organisé par l'armée japonaise avant et pendant la Seconde guerre mondiale. Ce mercredi 28 juin 2017, cette manifestation du mercredi a eu lieu à Paris place du Trocadéro, sur le parvis des droits de l'homme, à l'initiative de l'association "Papillons de l'espoir" - par de jeunes Coréens du septième voyage international pour la paix (et du sixième voyage en Europe) organisé par l'association.

Sur le parvis des droits de l'homme : manifestation du mercredi pour que justice soit rendue aux "femmes de réconfort"

Rien n'a fait reculer les vaillants étudiants coréens, en un temps pluvieux, pour demander que le Japon reconnaisse le crime de guerre qu'a constitué l'esclavage sexuel des "femmes de réconfort"  - alors que disparaissent les dernières survivantes. Une grande banderole rappelait cette exigence de justice, tandis qu'un spectacle chanté et dansé des jeunes Coréens a retenu l'attention du public, qui pouvait signer la pétition initiée par le Conseil coréen pour les "femmes de réconfort".

Dans ce combat de longue haleine, soutenu pleinement par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), et de portée universelle alors que les guerres continuent d'entraîner des crimes sexuels analogues, l'élection du démocrate Moon Jae-in à la présidence de la République à Séoul apporte une lueur d'espoir : en effet, ce dernier s'est engagé à revenir sur l'inacceptable accord conclu fin 2015 entre le Japon et la République de Corée - tendant à enterrer la question, sans excuses officielles des autorités japonaises, en contrepartie du versement d'une certaine somme d'argent.

Pour l'honneur des "femmes de réconfort", contre l'esclavage sexuel sous toutes ses formes, nous devons poursuivre le combat - jusqu'à la victoire !

Sur le parvis des droits de l'homme : manifestation du mercredi pour que justice soit rendue aux "femmes de réconfort"
Sur le parvis des droits de l'homme : manifestation du mercredi pour que justice soit rendue aux "femmes de réconfort"
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 11:44

Le 25 juin 1950 marque le déclenchement de la guerre de Corée - conflit civil internationalisé qui a causé des millions de morts et s'est conclu par un simple accord d'armistice, et non un traité de paix qui aurait posé les bases pour prévenir une nouvelle guerre. Dans ce contexte, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et le Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO) ont organisé une manifestation à Paris place de la Sorbonne, le 24 juin 2017, pour dénoncer l'escalade militaire en cours en Corée (avec le déploiement du système de missiles THAAD), exiger le retrait des troupes américaines du Sud de la péninsule, et permettre la conclusion d'un traité de paix en Asie du Nord-Est, comme le prévoyait l'accord d'armistice du 27 juillet 1953, resté sur ce point lettre morte. La manifestation intervenait à l'issue des travaux de la conférence internationale de Paris pour la paix et la réunification en Corée, qui se sont tenus pendant deux jours (les 23 et 24 juin) et ont réuni les participants de treize pays africains, américains, asiatiques et européens. Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur les travaux de la conférence de Paris.

Manifestation place de la Sorbonne pour la paix et la réunification en Corée

En instituant le mois de solidarité avec le peuple coréen (du 25 juin, déclenchement des hostilités, au 27 juillet, date de conclusion de l'accord d'armistice), le CILRECO soulignait la nécessité d'encourager la paix en renouant le dialogue et en cessant une course aux armements déstabilisatrice en Asie du Nord-Est et, au-delà, dans le monde. Cette exigence a été portée lors de la manifestation qui a eu lieu place de la Sorbonne le 24 juin 2017, animée par Olivier Bouchard, au cours de laquelle des représentants belge, français et haïtien ont pris la parole, en présence de délégués britanniques, bulgares, finlandais, suédois et suisse. Le CILRECO était également représenté, ainsi que le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF).
 

Des tracts ont été distribués et des discussions enrichissantes engagées avec les personnes présentes, faisant apparaître le besoin d'une culture de la paix qui passe par la reconnaissance des différents pays, de leurs civilisations et de leurs cultures, au-delà des différences de systèmes politiques et sociaux, pour bâtir ensemble un monde d'où seront bannies les armes de destruction massive.

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 21:22

Le 22 avril 2017, l'avocat Daniel-Charles Badache, professeur d'université en droit international à l'Université de Caen, nous a quittés, à l'âge de 70 ans, des suites d'une longue maladie. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) salue la mémoire d'un homme qui s'était également engagé, avec nous, pour la paix et la réunification de la Corée, et présente ses condoléances à sa famille, ses collègues et ses amis.

L'AAFC salue la mémoire de Maître Daniel Charles Badache

La triste nouvelle nous est parvenue de la part de sa famille : son épouse, Véronique Demillière-Badache, nous a remerciés pour avoir permis à Maître Badache d'effectuer, en famille, un voyage en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) qui l'avait « passionné ».

Effectivement passionné et passionnant, Daniel-Charles Badache avait en effet voulu contribué à résoudre la question coréenne : spécialiste de l'histoire récente, notamment des deux guerres mondiales, il avait ainsi fait visiter le Mémorial de Caen à une délégation diplomatique nord-coréenne conduite par S.E. Yun Yong-il, délégué général de la RPD de Corée, ambassadeur auprès de l'UNESCO. Après une première visite en RPD de Corée, il avait pour projet de retourner dans le pays, mais ses soucis de santé ne lui avaient pas permis de concrétiser cette nouvelle visite.

L'intérêt qu'il avait manifesté pour la question coréenne était dans la suite logique de ses centres d'intérêt et de ses engagements, multiples : membre du Parti socialiste (aux côtés de l'avocat Louis Mexandeau) puis de la Gauche moderne, Européen convaincu, sportif accompli et notamment grand amateur de basket (il avait été président du Caen Basket Calvados - Caen BC), il avait aussi été un membre actif de l'Association France-Israël et était un fin connaisseur des Etats-Unis. Rapprocher les points de vue de parties a priori irréconciliables était ainsi pour cet humaniste un défi, à la mesure du rôle que joue ou devrait jouer le droit international public pour préserver la paix dans le monde.

L'AAFC a par ailleurs le regret de signaler la disparition de deux ses plus anciennes et fidèles adhérentes : sa doyenne, Suzanne Chevallier (née Lecureur), dans le Loiret, le 9 février 2017 à 103 ans, et la doyenne du comité régional Bourgogne-Franche-Comté, Germaine Hauet-Mercier, le 10 décembre 2016 à Buxy, en Saône-et-Loire, à l'âge de 94 ans. Germaine Hauet-Mercier était membre du comité du souvenir Jean Pierson, qui a pour but d'assurer la mémoire de la Résistance dans la côte chalonnaise, en particulier du maquis FTP qui avait été créé à Bissy-sur-Fley et actif dans le bois de Collonge-en-Charollais. L'AAFC présente ses condoléances à leurs familles et à leurs proches.

Source :

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 23:08

Ancien maire communiste de Châtillon (Hauts-de-Seine), grande figure du mouvement pacifiste en France, Jacques Le Dauphin est décédé le 2 mai 2017. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) rend hommage à un homme qui avait été de tous nos combats pour la paix et la réunification dans la péninsule coréenne. Nous adressons nos condoléances à sa famille, à ses camarades et à ses proches.

Né à Paris le 20 mars 1933, Jacques Le Dauphin s'était engagé très jeune pour la paix, marqué à jamais par l'expérience tragique de la Seconde guerre mondiale  : signataire de l'appel de Stockholm, il avait été élu au Conseil national du Mouvement de la paix en 1962, devenant ensuite membre du bureau national de l'organisation pacifiste française  secrétaire départemental des Hauts-de-Seine.

Militant communiste, tout d'abord membre de l'Union de la jeunesse républicaine de France dès 1952, ce technicien diplômé du Conservatoire des arts et métiers avait notamment été secrétaire de la section du 2e arrondissement de Paris (1959-1961), maire de Chatillon-sous-Bagneux de 1974 à 1983 et conseiller général de 1976 à 1982 - étant parallèlement secrétaire national de l'Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr) de 1976 à 1983.

Secrétaire national du Mouvement de la paix de 1983 à 1994, il avait fondé l'Institut de documentation et de recherche sur la paix (IDRP), dont il était encore le directeur lors de sa disparition, témoignant de l'importance qu'il consacrait à l'activité théorique. Vice-président de l'AAFC chargé des contacts avec les organisations pacifistes, Bernard Hugo est par ailleurs président de l'IRDP. 

Jacques Le Dauphin s'était engagé contre les armes nucléaires et la course aux armements : il avait participé activement à la première manifestation sur le plateau d'Albion, en 1989, contre les missiles nucléaires, puis au rassemblement à Suippes en 1990 contre les euro-missiles.

L'AAFC rend hommage à Jacques Le Dauphin

Jacques Le Dauphin était aussi un militant actif pour le développement, ayant été un des animateurs du Comité national pour l'indépendance et le développement (CNID).

Il appartenait à la génération ayant grandi sous la guerre de Corée, et ayant connu la menace de l'emploi d'armes atomiques par les Américains contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Ses engagements politiques et associatifs l'avaient à de multiples reprises rapproché de l'AAFC, en militant non seulement pour la paix en Corée mais aussi pour la coopération et l'amitié franco-coréennes : il avait été un membre actif de la première délégation de maires de France en RPD de Corée organisée par l'AAFC, et il avait œuvré à l'établissement à Châtillon, ville dont il était alors maire, du siège du Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO).

Sources :

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 13:51

Du 4 au 12 avril 2017, les membres du bureau du comité Espéranto de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) ont visité la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à l'invitation du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers - avant de rencontrer les membres du club espérantiste de Dandong, à la frontière sino-coréenne. Après un premier compte rendu de leur déplacement au château de Grésillon, maison culturelle de l’Espéranto, le 16 avril 2017, deux des membres du comité Espéranto de l'AAFC - Nathalie Kesler et François Lo Jacomo - ont donné une conférence à Paris, devant les adhérents de l'AAFC, le 28 avril dernier. Ils ont montré que, dans le contexte actuel de graves tensions autour de la Corée, le message de paix de l'Espéranto doit plus que jamais se faire entendre dans cette région du monde, au-delà des différences de cultures et de systèmes politiques.

Les espérantistes de l'AAFC ont rendu compte à Paris de leur voyage en Corée du Nord

Cet été, le Congrès mondial d'Espéranto se tiendra à Séoul, capitale de la République de Corée (Corée du Sud). Il accueillera 1 000 à 2 000 espérantistes du monde entier, et la question de la nécessité de la paix et de la réunification de la Corée sera très certainement abordée. Dans cette perspective, les espérantistes de l'AAFC, membres du bureau de son comité Espéranto, ont souhaité visiter la Corée du Nord pour répondre à une question simple : qu'en est-il de l'Espéranto au Nord de la péninsule coréenne ?  Dans quelle mesure l'Espéranto peut-il contribuer à la paix et à la réunification de la Corée ?

Leur quête a commencé avec un dictionnaire coréen-espéranto, édité en 1964 à Pyongyang : les participants au voyage de l'AAFC ont pu rencontrer à deux reprises un linguiste nord-coréen, Jong Sung-gi - qui participe par ailleurs à l'élaboration du dictionnaire coréen commun au Nord et au Sud, et a visité le Sud en 2005 - qui connaissait l'éditeur du dictionnaire de 1964, Kim Hyung-ro, et a pu leur donner de nombreuses informations sur l'Espéranto en RPD de Corée.

Jong Sung-gi se souvient de la diffusion d'affiches en Espéranto dès 1951, en pleine guerre de Corée. Les membres du club d'Espéranto de Pyongyang, polyglottes, ont maintenu leurs activités pendant de nombreuses années, jusqu'à ce que le départ de Pyongyang ou le décès de ses animateurs ne mette le club en sommeil. En tout cas, les membres du bureau du comité Espéranto de l'AAFC ont pu constater que la langue internationale était bien connue des linguistes rencontrés à Pyongyang, et estimée pour son système linguistique, dans les trois universités qu'ils ont eu l'occasion de visiter : l'Université Kim Il-sung, l'Université des langues étrangères de Pyongyang et l'Université des sciences et des technologies de Pyongyang - en anglais, Pyongyang University of Science and Technology, PUST - université privée fondée à l'initiative du Coréen américain James Kim, et ayant ouvert ses portes à Pyongyang en 2009.

Leurs interlocuteurs coréens ont indiqué qu'ils conduiraient une enquête sur la possibilité de réintroduire un enseignement en Espéranto dans leur pays. A cet égard, ils ont indiqué que la visite d'autres groupes espérantistes serait un encouragement à l'apprentissage de la langue internationale. Dans ce cadre, le Comité des relations culturelles avec les pays étrangers pourra les accueillir, et il a été évoqué la possibilité que les visiteurs bénéficient alors des services d'un(e) interprète espérantophone.

En conclusion, les conférenciers de l'AAFC - qui ont également assisté à un match de football féminin Nord-Sud pendant leur séjour - ont souligné l'intérêt de promouvoir, via l'Espéranto, les échanges culturels favorisant les contacts et la réunification entre les deux parties de la Corée divisée mais aussi avec le reste du monde, notamment en invitant des espérantistes nord-coréens : des objectifs entièrement partagés par l'AAFC, qui sont sa raison d'être première depuis sa fondation en 1969.

Les espérantistes de l'AAFC ont rendu compte à Paris de leur voyage en Corée du Nord
Les espérantistes de l'AAFC ont rendu compte à Paris de leur voyage en Corée du Nord
Les espérantistes de l'AAFC ont rendu compte à Paris de leur voyage en Corée du Nord
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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 18:49

Les membres du bureau du comité Espéranto de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) – Marianne Dunlop, présidente du comité, professeure de russe et de chinois, Nathalie Kesler, professeure de lettres classiques et d’histoire-géographie, et François Lo Jacomo, membre de l’Académie internationale d’Espéranto, professeur de mathématiques et linguiste,) – ont visité pendant 9 jours la République populaire démocratique de Corée, du 4 au 12 avril 2017, avant d’achever leur périple par la visite du club d’Espéranto de Dandong (situé à la frontière sino-coréenne, lieu chargé d’histoire avec le fleuve Yalu où nombre de Chinois sont morts pour repousser les assaillants américains de leurs frontières pendant la guerre de Corée), où Zhang Wei rêve de marcher sur les pas de son prédécesseur chinois qui organisait des voyages en RPDC autrefois. Leur voyage fut beaucoup plus fructueux qu’ils ne le pensaient initialement, et ponctué de rebondissements très intéressants pour le développement de l’Espéranto. Un premier compte rendu du voyage a eu lieu au château de Grésillon, maison culturelle de l’Espéranto, le 16 avril 2017.

Des espérantistes invités à Pyongyang…

Les membres du comité Espéranto de l’AAFC avaient été fort surpris de savoir que des traces de militantisme pour faire connaître cette langue avaient pu être décelés en évoquant une initiative intéressante à initier en Corée dans le cadre du prochain congrès d’Espéranto en Juillet prochain qui aura lieu à Séoul, au Sud de la péninsule.

L’action a donc été amorcée grâce au dictionnaire Espéranto-coréen retrouvé entre les mains d’un linguiste nord-coréen reconnu comme très célèbre (en Corée du sud !) du nom de Jong Sun Gi, et à présent d’un âge respectable. Il a confié aux membres de la délégation de l’AAFC avoir été invité lors d’un congrès de linguistes sur l’analyse de la langue coréenne qui a évolué de manière très différente entre le Nord et le Sud (le lexique au Sud étant empli d’anglicismes quasi-inexistants au Nord). Avec étonnement les participants ont également appris qu’il avait pu effectuer des rencontres dans le Sud grâce à cette association de linguistes.

Voici la réponse d’un correspondant sud-coréen aux participants au voyage en RPDC à leur proposition d’invitation d’une délégation nord-coréenne au congrès universel d’Espéranto à Séoul en juillet 2017 :

1. inviti delegacion de lingivistoj. d-ro Jong Sun Gi estas la membro de ‘Kun-eldona Asocio de Granda Vortaro de Koreio Sud- kaj Nord-, financata de ambaŭ registaro. ĝi fondiĝis en 2006, kaj havas apartan oficejon kun 30 labarantoj en Seulo(en Nordo la Insutucio). notindas, ke la asocio publike dungis novan oficiston en 2016, kio signifas, ke la asocio ankoraŭ bonege funkcias, kvankam momente la libera iroreveno haltis pro la politika kialo. jen, ni vidas, ke ni ne povas havi apartan pli valoran eventon, per kiu esperantistoj povas kontribui ion por la lingva problemo de ambaŭ koreioj, ili nun uzas gigantan budĝeton de la ambaŭ ŝtatoj. sola ebleco estas inviti delegacion de esperantistoj. unue mi volas diri du eventojn de ambaŭ Koreioj. en la 6a de aprilo, antaŭ 11 tagoj okazis la matĉo de glacihokeo en Suda Koreio, en kiu Norda teamo partoprenis, kaj en la 7a de aprilo, antaŭ 10 tagoj okazis la matĉo de virina piedpilko en Norda Koreio, en kiu Suda teamo partoprenis.

(Le docteur Jong Sun Gi est membre de l’association du Grand Dictionnaire des deux Corée Sud et Nord, financée par les deux parties, fondée en 2006 et qui possède son propre bureau qui fonctionne à l’aide de 30 salariés à Séoul, et une institution au Nord). À noter que l’association a employé une nouvelle recrue en 2016, ce qui signifie que l’association fonctionne encore très bien, bien que les aller-retour ont cessé pour l’instant à cause de la situation politique. Voilà, nous constatons donc qu’il serait difficile de concurrencer un tel événement et que les espérantistes ne pourraient guère contribuer mieux à faire avancer la cause linguistique de la langue entre les deux Corée. De plus ils disposent d’un budget très conséquent déjà.
Une meilleure idée serait donc d’inviter une délégation d’espérantistes nord-coréens. En premier lieu il faut préciser que deux événements récents réunissant les deux Corée ont pu avoir lieu récemment, le 6 avril [2017], le match de hockey sur glace au sud, où une équipe nord-coréenne a pu participer et le 7 avril [2017], le match de football féminin a eu lieu à Pyongyang, avec la participation d’une équipe du Sud.)

Jong Sun Gi nous a donné une version différente de celle des participants issue d’un blog espérantiste « libera folio », qui annonçait que c’est un ancien ministre qui avait fondé le groupe Espéranto en RPDC, avant de subir une répression politique. Au contraire, le linguiste leur a affirmé que le groupe avait été fondé par de très grandes figures intellectuelles de l’époque, en 1951, tous étudiants en langues européennes (allemand, espagnol, anglais, russe…), avec un président en études de médecine qui avait dû quitter l’université à la suite d’une promotion l’ayant conduit à déménager dans une autre ville, et le second principal protagoniste qui était décédé d’une maladie par la suite. C’est donc selon lui le départ de ces deux éminentes figures, qui portaient le mouvement, qui est à l’origine de la fin de la dynamique Espérantiste en RPDC.

En outre, il a ajouté six noms d’autres personnes profondément impliquées dans le mouvement, Yang Hyong Man, Kim Hui Chol, Ri Yong Nam, Hwang Kyong Ae, Kim Su Gyong, et a évoqué ses souvenirs concernant les premières affiches qu’il avait pu lire au sein de l’université, vantant les mérites de la langue universelle.

En tant que linguiste il trouvait que la structure même de présentation du dictionnaire Espéranto-coréen n’était pas dénuée d’intérêt.

Des espérantistes invités à Pyongyang…

Par ailleurs, les participants ont été très heureux de constater l’ouverture d’esprit affichée par leurs interlocuteurs lors de leurs diverses rencontres, avec des représentants des départements des sciences sociales de trois grandes universités (Université Kim il Sung, Université des langues étrangères de Pyongyang et Pyongyang University of Science and Technology, PUST). Un autre professeur a confirmé que l’Espéranto était une langue connue chez les Nord-Coréens. Redynamiser cette langue est donc un objectif qui a semblé séduire au vu de l’accueil très chaleureux et privilégié reçu par les membres de la délégation de l’AAFC.

Par-contre, ceux-ci n’ont pu visiter (à cause du match de foot auquel ils ont assisté mais qui a désorganisé le programme) qu’à la fin seulement de leur séjour les studios de cinéma de Pyongyang, alors que cette visite était prévue à l’origine au début du séjour, et le mystère du nom de l’association des cinéastes et autres artistes coréens « korea artista proleta federacio » n’est ainsi toujours pas levé à ce jour.

Ils ont pu revoir en revanche une seconde fois le linguiste qui était en possession du dictionnaire d’Espéranto, toujours accompagné du nouveau directeur des sciences sociales d’une des universités,(docteur Pang Jong Ho) preuve de la volonté de tenter de renouer avec cette langue. Ils ont alors longuement discuté du rôle de l’association universelle d’Espéranto dont le fonctionnement a intéressé les Nord-Coréens, puis des documents remis lors de leur première entrevue (le « fundamento » : livre écrit par le fondateur de la langue (Zamenhof), avec les règles qu’il a lui-même édictées sur l’Espéranto). Entretemps le linguiste Jong Sung Gi a pu effectuer quelques recherches en bibliothèque et leur a confié avoir retrouvé un exemplaire du « fundamento » dans une bibliothèque de Pyongyang. Il était intrigué par l’aspect deux fois plus volumineux de l’exemplaire que les membres de la délégation venaient de lui offrir. En effet ce dernier a été augmenté par cinq traductions en différentes langues, tout simplement. De manière logique, c’est le dictionnaire de référence qui fut sollicité par les linguistes et nous avons regretté de ne pas avoir emmené de PIV, le grand dictionnaire unilingue de l’Espéranto.

En conclusion, les participants remercient leur guide féminine, jeune et l’esprit vif, qui a réussi à absorber en huit jours les règles essentielles de l’Espéranto, et le second guide, moins motivé en début de séjour par la langue universelle mais qui était conquis à leur départ, très motivé pour apprendre la langue en comprenant ses enjeux (langue propédeutique, facile à assimiler, aux réseaux déjà creusés dans le monde entier.) Les participants sont donc très confiants pour la dynamique de création peut-être extrêmement rapide d’un nouveau club d’Espéranto en RPDC.

Enfin, des professeurs de toutes origines sont sollicités, pour lesquels seul le billet d’avion devrait être la plus grosse dépense car les professeurs qui seraient volontaires pour donner des cours dans les universités pourraient bénéficier des mêmes avantages que les Coréens. (logement, nourriture, énergie et transports quasi gratuits…).

Les participants espèrent que les tensions politiques n’entravent pas des relations si bien amorcées pour l’avenir de l’Espéranto en RPDC.

Des espérantistes invités à Pyongyang…
Des espérantistes invités à Pyongyang…
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)