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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 19:20

16 avril 2014, la Corée du Sud est sous le choc : un ferry fait naufrage en Corée du Sud. A l'issue d'une gestion calamiteuse de la crise, sur laquelle les familles des victimes exigent que toutes les zones d'ombres soient levées par l'administration Park Geun-hye, 304 personnes ont trouvé la mort, dont plus de 250 lycéens en voyage scolaire. Rapidement, il apparaît que le propriétaire du navire, le Sewol, dont l'équipage a fui, appartient, par famille interposée, à un sulfureux homme d'affaires et prédicateur évangéliste sud-coréen, Yoo Byung-eun, plus connu sous son nom d' "artiste" : Ahae. L'identité de Ahae comme Yoo Byung-eun a été révélée par Bernard Hasquenoph, journaliste français, animateur du blog louvre pour tous.fr, qui a publié aux éditions Max Milo un livre d'enquête édifiant intitulé Ahae, mécène gangster. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), en contact dès le printemps 2014 avec Bernard Hasquenoph, l'a invité à prononcer à Paris, le 24 mai 2016, une conférence autour de son ouvrage, qui révèle le gangrènement de certaines des plus prestigieuses institutions culturelles françaises dans leur quête de trouver, par tous les moyens, des financements privés "innovants", alternatifs à des subventions publiques durablement orientées à la baisse.

Bernard Hasquenoph, lors de la conférence donnée le 24 mai 2016 à Paris

Bernard Hasquenoph, lors de la conférence donnée le 24 mai 2016 à Paris

L'enquête minutieuse menée par Bernard Hasquenoph se lit comme un roman policier, à partir de l'étonnant surgissement sur la scène artistique - non seulement française mais internationale (Prague, New York, Florence, Venise, Londres dans la résidence privée du prince Charles...) - d'un mystérieux photographe, à l'identité tenue secrète, qui a soudain exposé avec d'importants moyens de communication des images naturalistes banales au Jardin des Tuileries, qui dépend du Musée du Louvre, et à l'Orangerie du château de Versailles, en 2013.

Ce qu'a découvert Bernard Hasquenoph n'est pas seulement l'identité de Yoo Byung-eun, alias Ahae ("enfant" en coréen), mais aussi une méthode éprouvée de promotion avec la complicité d'établissements culturels prestigieux : des versements à ces établissements au titre du mécénat, des locations d'espaces auprès de ces mêmes établissements avec ses propres deniers, l'achat de numéros spéciaux dans les suppléments de revues culturelles de renom... et des commentaires dithyrambiques de Catherine Pégard, qui dirige depuis 2011 l'établissement public du château de Versailles, et d'Henri Loyrette, président-directeur du Musée du Louvre de 2001 à 2013 mais aussi président de l'Année France-Corée (du Sud) 2015-2016. La société américaine qui promeut Ahae, Ahae Press, dirigée par l'un de ses fils, avait auparavant acquis aux enchères en France un hameau abandonné, Courbefy, avec le projet - qui ne s'est pas concrétisé - d'en faire une résidence d'artistes.

Quand survient le drame du Sewol, le 16 avril 2014, le passé trouble de Yoo Byung-eun, alias Ahae, à la famille duquel le navire appartient, apparaît : condamnation pour fraude fiscale, gourou d'une secte dont les membres commettent un suicide collectif en 1987...

Bernard Hasquenoph, dont l'enquête, dès 2013, sur l'identité de Ahae - ainsi que la supercherie artistique qu'il constitue - n'avait pas suscité tout l'intérêt qu'elle mérite, devient soudain la coqueluche des médias sud-coréens, qui l'invitent à témoigner et le citent, tandis que Ahae, en fuite, devient l'homme le plus recherché de Corée du Sud... jusqu'à ce qu'un cadavre en décomposition soit découvert et présenté comme celui de Yoo Byung-eun. Cette très opportune découverte suscitera de forts doutes parmi l'opinion publique sud-coréenne.

L'AAFC invite chacune et chacun à lire le livre-enquête édifiant de Bernard Hasquenoph, qui révèle tout un réseau de complicités, politiques, diplomatiques (le beau-frère de Ahae est ambassadeur de Corée du Sud à Prague...), économiques et "culturelles", autour de ce qui apparaît comme un des plus grands scandales culturels contemporains.

 

AHAE, mécène gangster, par Bernard Hasquenoph, éditions Max Milo, 2015

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Naufrage du "Sewol" Culture
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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 18:45

Le 13 mai 2016 s'est tenue à la Sorbonne, grâce au Professeur Jean Salem, une projection du film Etat féroce, qui retrace la première année du combat des familles des victimes pour obtenir la vérité sur le dramatique naufrage du ferry Sewol, survenu il y a deux ans et ayant causé 304 victimes - en majorité des lycéens en voyage scolaire. La projection a été suivie d'une conférence avec des représentants des familles des victimes, qui faisaient escale à Paris dans le cadre d'une tournée européenne à Berlin, Bochum, Munich, Bruxelles, Londres et Paris. Leur témoignage, sobre et émouvant, est aussi un message d'espoir, marqué par la volonté de connaître la vérité et de construire "une société où de tels drames ne se reproduiront plus". L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a soutenu et relayé l'organisation de cet événement, rendu possible par l'implication du collectif de citoyens coréens de Paris "416 Coalition Paris" ("416" pour "16 avril", jour du naufrage en 2014, suivant l'usage coréen d'indiquer en premier le numéro du mois).

"Nous voulons construire une société où de tels drames ne se reproduiront plus"

L'amphithéâtre Bachelard de l'Université Paris-Sorbonne était plein pour accueillir la conférence-débat, un peu plus de deux ans après la tragédie du Sewol sur laquelle demeurent de trop nombreuses zones d'ombre : quelles sont les causes du naufrage ? comment expliquer une telle incurie des services de secours ? pourquoi autant de désinformations sur le naufrage ? enfin, quels sont les liens entre les services secrets sud-coréens (NIS) et les propriétaires du Sewol, très liés aux conservateurs sud-coréens au pouvoir à Séoul ?

La soirée a commencé avec la projection en VOST du film Etat féroce de Kim Jinyeol, dont la réalisation a été rendu possible par une opération de financement participatif, qui a exposé avec brio la lutte opiniâtre, faite d'espoirs et de larmes, des familles des victimes, qui ont initié une pétition ayant recueilli plus de 5,4 millions de signatures de par le monde - autour d'une demande fondamentale : obtenir le vote d'une loi spéciale et la conduite d'une enquête indépendante. Les tergiversations des responsables politiques et les manoeuvres du parti Saenuri (conservateur) au pouvoir, ainsi que de la Présidente Mme Park Geun-hye injoignable des heures durant, font ressortir la froideur de la raison d'Etat, les dissimulations et les mensonges - appuyés par des campagnes de calomnie vis-à-vis des familles des victimes, orchestrées par les médias conservateurs - préservant des intérêts manifestement supérieurs à ceux des victimes et de leurs familles. L'échec de la droite aux législatives sud-coréennes du 13 avril 2016 ouvre cependant la voie à ce que, peut-être, la vérité se fasse enfin jour.

Les participants ont chanté, en coréen et en français, La vérité ne sera pas noyée, écrite et composée par Yun Minseok.

Lors de leurs témoignages qui ont suivi la projection du film, les représentants des familles des victilmes ont apporté une leçon d'humanité. Ils ont souligné que l'indemnisation - à hauteur de 420 millions de won - ne signifiait en aucun cas un renoncement à leur combat pour obtenir la vérité sur le naufrage. Lors de leur séjour à Paris, ils ont donné une conférence de presse aux médias français et coréens, et rencontré des représentants d'autres associations de parents de victimes - notamment des attentats de Paris, survenus le 13 novembre 2015 - afin d'étendre leur lutte à l'échelle internationale. Ils ont annoncé organiser une conférence à Séoul, en octobre 2016, qui accueillera des victimes de catastrophes du monde entier.

Deux ans après le drame du Sewol, le pire serait l'oubli, alors que le naufrage reste entouré de trop nombreuses zones d'ombre : nous ne devons pas oublier et n'oublierons pas les victimes du Sewol, en appelant à poursuivre le combat jusqu'à la victoire finale.

"Nous voulons construire une société où de tels drames ne se reproduiront plus"
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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Naufrage du "Sewol"
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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 16:09

Le 16 avril 2014, le naufrage du ferry Sewol au large des côtes sud-coréennes entraînait la mort de 304 passagers, majoritairement des lycéens en voyage scolaire originaires du lycée Danwon à Ansan. Deux ans après cette tragédie, le collectif Sewol Paris organise deux projections-débats autour du film Diving Bell, the Truth Shall Not Sink with Sewol (La cloche de plongée, La vérité ne doit pas couler avec le Sewol) co-réalisé par le journaliste Lee Sang-ho et le documentariste Ahn Hae-ryong, le 15 avril à l'EHESS et le 16 avril à l'INALCO. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) avait alerté l'opinion publique française sur les zones d'ombre autour de cette catastrophe et le propriétaire du Sewol, présenté ses condoléances aux familles des victimes et s'était mobilisée aux côtés des Coréens en France pour que toute la lumière soit faite sur les causes, les circonstances et les conséquences de cette tragédie. Nous rendons compte, ci-après, de la projection-débat du 15 avril 2016 à l'EHESS, animée par le réalisateur Bastian Meiresonne, qui participe à l'organisation de plusieurs festivals du cinéma asiatique, dont le Festival international des cinémas d'Asie à Vesoul - tout en saluant le tour de force réalisé par les membres du collectif Sewol Paris qui ont organisé avec succès cette projection-débat suivie par plus de 100 personnes, dont de nombreux Français, en effectuant la traduction et le sous-titrage en français du film en un temps record.

 
Bastian Meiresonne

Bastian Meiresonne

Projections à Paris du film "The Truth Shall Not Sink with Sewol" : l'exigence de vérité

Comme l'a expliqué Bastian Meiresonne en ouverture de la soirée, le film Diving Bell est un documentaire qui n'avait pas vocation à connaître une diffusion internationale. Réalisé en seulement six mois avec un budget limité, le film a été tourné à l'arraché, alors que le ferry était toujours en train de couler. Le journaliste Lee Sang-ho, co-réalisateur - dont on découvre dans le film qu'il a été licencié par Global News pour son implication aux côtés des familles des victimes - se met en scène, à la manière d'un Michael Moore, dans ce documentaire coup de poing qui révèle les circonstances de la tragédie, notamment les erreurs dans la gestion de la catastrophe par les autorités publiques et la manipulation opérée par les médias avec la complicité du Parti Saenuri au pouvoir - depuis la fausse information initiale selon laquelle tous les naufragés auraient été sauvés, jusqu'au sabotage d'une alternative organisée, sans succès, par des professionnels (avec le soutien des familles des victimes et de Lee Sang-ho) d'opérer le sauvetage de victimes en utilisant une cloche de plongée (diving bell) - laquelle a donné son nom au film.

Le simple exposé des faits, brutal, laisse sans voix : après avoir refusé l'utilisation de cette cloche de plongée, les autorités publiques (en première ligne, les garde-côtes et la marine nationale) et privées (la société Ondine à laquelle a été confiée l'organisation des secours, privatisation oblige) doivent s'y résigner face à la colère des familles des victimes. Les scènes de confrontation entre les familles, surveillées par des bataillons de policiers en civil, et le ministre chargé de la mer et le responsable des gardes-côtes font apparaître des responsables publics désemparés, apeurés, et qui ne tiennent pas parole. Après des manoeuvres dilatoires des autorités et plusieurs tentatives infructueuses, le procédé de cloche réussit techniquement mais les autorités publiques s'opposent à son déploiement... tout en menaçant de procès, par la voix de députés du Parti Saenuri, ceux qui ont eu le tort, d'après eux, d'avoir retardé les opérations de sauvetage. Un sauvetage qui a pourtant été catastrophique dès la survenue de l'accident, et ne permettra pas de sauver la moindre vie passé les premières heures, sur fond de désinformation massive quant à la réalité des moyens engagés.

Ce que montre aussi le film c'est la façon dont un des tuyaux alimentant la cloche a été coupé, de toute évidence par une intervention humaine, sabotant l'une des premières tentatives, puis la manoeuvre brutale du bateau des garde-côtes qui a failli provoqué une collision dont les conséquences auraient pu être dramatiques... pour les plongeurs privés et leur équipe utilisant la cloche. Passé cet incident interprété comme volontaire par des plongeurs américains présents sur les lieux, les professionnels privés utilisant la cloche de plongée se sont vus intimer l'ordre de partir, tandis que les médiax aux ordres les accablaient de critiques et qu'une campagne était organisée par les conservateurs au pouvoir pour exiger qu'ils soient traduits en justice au même titre que l'équipage du ferry.

S'adressant à un public averti, le documentaire ne revient pas sur les causes de la tragédie : le danger que présentait le lieu du naufrage (où 28 accidents ont eu lieu en 8 ans), la surcharge du bateau et son déséquilibre (il aurait dû être rééquilibré par 2 000 tonnes d'eau mais ne l'était que par 500 tonnes), la sous-formation de l'équipage qui a été le premier à fuir, les conséquences de la déréglementation libérale qui ont permis de prolonger la durée d'utilisation d'un ferry qui n'était plus aux normes - occidentales s'entend. 

En mettant en lumière les dysfonctionnements de la chaîne de décision publique, ainsi que les intimidations et les sabotages à l'encontre de l'équipe de sauveteurs ayant utilisé la cloche privée, le documentaire a souverainement déplu à la très autoritaire Président sud-coréenne Mme Park Geun-hye. Par conséquent, les conservateurs du Parti Saenuri alors au pouvoir (défait lors des législatives du 13 avril 2016) ont tout fait pour empêcher la projection du film, jusqu'à menacer l'existence du Festival International du Film de Busan (acronyme anglais BIFF), l'un des principaux festivals de cinéma d'Asie, où il a néanmoins été diffusé dans une version écourtée (de dix minutes) malgré les menaces et les pressions.  Alors que le débat après la projection du film s'est concentré sur les actions à conduire, le collectif des organisateurs Sewol Paris a rappelé l'initiative internationale conduite "I support BIFF".

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Naufrage du "Sewol" Politique sud-coréenne
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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 11:31

Le 16 avril 2014, le naufrage du ferry Sewol a causé la mort de 304 passagers, pour la plupart des lycéens en voyage scolaire. La gestion calamiteuse de la catastrophe et les manoeuvres des conservateurs pour empêcher toute enquête indépendante ont soulevé la colère des familles des victimes et de l’opinion publique. Le film The Truth Shall Not Sink with Sewol (« La vérité ne doit pas couler avec le Sewol »), co-réalisé par le journaliste Lee Sang-ho et le documentariste Ahn Hae-ryong, a révélé ces démarches des autorités sud-coréennes qui ont réagi par la pratique de la censure : elles ont d'abord tout fait pour déprogrammer la projection du film lors du prestigieux Festival international du film de Pusan, et comme les organisateurs du festival refusaient de céder, elles ont pratiqué l'intimidation et les rétorsions financières, ainsi que l'a détaillé un article du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud. A l'occasion du deuxième anniversaire de la tragédie, deux projections exceptionnelles du film ont cependant lieu à Paris, les 15 et 16 avril 2016 : des projections-débats exceptionnelles en France, auxquelles il faut assister pour comprendre et montrer que la liberté doit l'emporter sur les manoeuvres et les intimidations d'un pouvoir autoritaire.

"La vérité ne doit pas couler avec le Sewol" : projections exceptionnelles à Paris du film que les autorités sud-coréennes veulent censurer

Première projection-débat : vendredi 15 avril 2016 (18h-21h), EHESS (105 boulevard Raspail, 75006 Paris), amphithéâtre François Furet

Entrée libre dans la limite des 300 places disponibles.

17.00 : accueil des intervenants par le collectif organisateur.
18.00 : projection documentaire en VOST français (accueil du public, présentation & projection).
19.30 : débat à l'issue de la projection (fin à 21.00).

 

Deuxième projection-débat : samedi 16 avril 2016 (19h-22h), Inalco - Langues' O (65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris), grand amphithéâtre

Entrée libre dans la limite des 400 places disponibles.

18.00 : accueil des intervenants par le collectif organisateur.
19.00 : projection documentaire en VOST français (accueil du public, présentation & projection).
20.30 : débat à l'issue de la projection (fin à 22.00)

Plus d'informations sur les deux événements sur Facebook :

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 10:48

L'affluence à Séoul a été exceptionnelle pour un 1er mai : 150 000 personnes (ayant fait face à un déploiement de 62 000 policiers) se sont réunies dans la capitale sud-coréenne pour refuser les projets gouvernementaux de déréglementation du droit du travail. Une exaspération sociale sur fond de mécontentement politique, alors qu'un nouveau scandale de corruption a conduit à la démission du Premier ministre, et que le Gouvernement refuse de céder aux demandes des familles des victimes du naufrage du ferry "Sewol" - qui, il y a un an, a entraîné la mort de 304 personnes, dont 250 élèves d'un même lycée. Ce 1er mai 2015, les autorités sud-coréennes ont à nouveau frappé fort, en procédant à 12 arrestations.

1er mai : nombre record de manifestants à Séoul

Le rassemblement organisé à 15 heures place de Séoul par la Confédération coréenne des syndicats (acronyme anglais : KCTU), la plus revendicative des deux principales centrales syndicales, a réuni 50 000 personnes. Han Sang-gyun, président de la KCTU, a souligné son refus des modifications unilatérales du marché du travail, qui consiste à faciliter les licenciements et à encourager les recrutements en contrat à durée déterminée, et demandé le retrait des projets de diminution des retraites des fonctionnaires. Il a aussi demandé au Gouvernement d'assumer toutes ses responsabilités dans la tragédie du "Sewol", en retirant le décret d'application de la loi sur le "Sewol". La KCTU a également mis en avant sa demande de revalorisation du salaire minimum horaire, pour qu'il soit porté de 5 580 won (soir 4,61 euros) à 10,000 won (soit 8,27 euros).

La police a fait un barrage avec des bus et des camions et utilisé de l'eau et du gaz lacrymogène contre les manifestants qui protestaient à propos du "Sewol", et voulaient se rapprocher de la Maison bleue, siège de la présidence.

La police a fait un barrage avec des bus et des camions et utilisé de l'eau et du gaz lacrymogène contre les manifestants qui protestaient à propos du "Sewol", et voulaient se rapprocher de la Maison bleue, siège de la présidence.

La Fédération coréenne des syndicats (acronyme anglais : KFTU), l'autre principale centrale syndicale, a réuni 100 000 de ses membres au parc Yeouido, à Séoul, à partir de 14 heures. Kim Dong-man, président de la KFTU, a également dénoncé le projet gouvernemental de déréglementation du marché du travail, en estimant qu'il allait accroître sa segmentation en un secteur plus protégé et un secteur précaire. Il a envisagé le lancement d'une grève générale contre le projet de réforme, rejoignant ainsi les revendications de la KCTU avec laquelle des initiatives communes deviennent ainsi envisageables.

Quand des membres de la KCTU ont tenté de s'approcher des quartiers d'Insa et Anguk, qui ne faisaient pas partie du trajet déclaré de la manifestation, la police a immédiatement bloqué les accès et lancé du gaz lacrymogène. Certains syndicalistes ont tenté de forcer le barrage, entraînant l'arrestation de 12 personnes (selon un bilan effectué à 20 heures) à l'issue d'échaffourées avec les forces de l'ordre qui avaient mobilisé 190 compagnies et 15 000 hommes.

Une centaine de membres des familles des victimes du "Sewol" ont également rejoint les manifestants, tenant un rassemblement pendant toute la nuit pour exiger du Gouvernement qu'il cesse les entraves à la révélation de la vérité.

1er mai : nombre record de manifestants à Séoul

Principale source :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Social Naufrage du "Sewol"
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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 17:15

Le samedi 18 avril 2015, place du Trocadéro, s'est tenu l'un des 18 rassemblements organisés dans le monde pour exiger la vérité sur le naufrage du ferry Sewol qui, il y a un an, le 16 avril 2014, a causé la mort de 304 personnes, majoritairement des lycéens. A l'initiative de Coréens de France, réunis notamment dans le collectif Paris Copain, la manifestation de Paris a réuni 300 participants qui, unanimement, ont exigé du gouvernement sud-coréen de "renflouer le ferry Sewol, renflouer la vérité", en dénonçant "un crime d'Etat" sur lequel toute la lumière doit être faite. En effet, le pouvoir a multiplié les entraves à la conduite d'une enquête indépendante par une commission qui ne dispose pas, à ce jour, des moyens financiers et juridiques nécessaires, étant dépourvue de pouvoirs d'enquête policière et de moyens d'action pénale. La loi spéciale sur le Sewol, réclamée par 6 millions de citoyens sud-coréens, a ainsi été vidée de son contenu. Enfin, le rétablissement d'une législation protectrice de la sécurité des Coréens répond plus que jamais à un besoin urgent, le drame du Sewol étant aussi celui d'une déréglementation libérale qui, le 16 avril 2014, a sacrifié 304 vies sur l'autel du profit.

300 manifestants à Paris pour exiger la vérité sur le naufrage du "Sewol"

Emus et dignes, les participants ont tout d'abord observé une minute de silence, en hommage aux victimes disparues. La manifestation a ensuite alterné programme musical, interventions et témoignages, en français et en coréen. Les extraits musicaux retenus, interprétés par des artistes coréens qui ont tenu à exprimer leur solidarité avec les victimes et les participants au rassemblement, ont rappelé que les victimes étaient, dans leur majorité, des lycéens partis en voyage scolaire. Aucun des passagers ayant répondu aux ordres de l'équipage de ne pas quitter les cabines n'a survécu, pendant que le capitaine et ses hommes, eux, fuyaient le navire. S'ils ont été ensuite lourdement condamnés, les circonstances du drame restent entourées de trop nombreuses zones d'ombre.

La colère l'a disputé à l'émotion quant a été rappelée la chronologie du drame, marqué par la désinformation des médias sud-coréens, les insuffisances des opérations de secours, le refus des autorités gouvernementales d'endosser leurs responsabilités tout en chargeant le propriétaire du navire, lui-même lié de longue date au parti au pouvoir. Les mêmes médias pro-gouvernementaux, qu'ils soient à capitaux publics ou acquis à la cause des conservateurs, avaient d'ailleurs choisi d'ignorer la plus importante manifestation jamais organisée à ce jour par les Coréens de France. La censure veille et, dans une Corée du Sud où les méthodes autoritaires sont de retour, le pouvoir a choisi de longue date de multiplier les opérations d'intimidation et les arrestations : le même jour à Séoul, le 18 avril, il a annoncé que des poursuites seraient engagées contre "les manifestants violents", à l'issue d'accrochages avec la police, ayant conduit, selon cette dernière, à ce que 71 agents de police soient légèrement blessées et 3 grièvement - le nombre de victimes parmi les manifestants étant, lui, passé sous silence.

Dans son intervention, Benoît Quennedey, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération, a insisté sur le devoir, pour les autorités françaises, de rappeler les exigences des familles des victimes et de l'opinion publique sud-coréenne, alors que commencera en septembre 2015 l'année croisée France-Corée, et que le Président de la République François Hollande a annoncé qu'il visiterait la Corée du Sud cette année.

Le 3 avril 2015, 52 survivants du Sewol et parents de victimes se sont rasé la tête pour exiger du Gouvernement qu'il annule le projet de décret d'application, qui réduit encore la portée déjà limitée de la loi spéciale sur le Sewol. Ils ont aussi demandé que soit renfloué le navire. La colère a encore grandi quand les autorités sud-coréennes ont proposé aux familles, le 5 avril, de renoncer à leurs demandes concernant l'enquête sur la vérité du naufrage, en contrepartie d'une indemnisation qui serait en partie versée par l'Etat.

L'onde de choc qui secoue la société et le pouvoir au Sud de la Corée a maintenant gagné le monde entier, à l'initiative d'expatriés sud-coréens indignés. Demain comme hier, l'AAFC soutient résolument toutes celles et tous ceux qui combattent pour faire triompher la liberté et la justice en Corée du Sud, en refusant qu'une chape de plomb étouffe l'exigence de vérité et l'expression de la liberté.

300 manifestants à Paris pour exiger la vérité sur le naufrage du "Sewol"
300 manifestants à Paris pour exiger la vérité sur le naufrage du "Sewol"
300 manifestants à Paris pour exiger la vérité sur le naufrage du "Sewol"
300 manifestants à Paris pour exiger la vérité sur le naufrage du "Sewol"

 

Photos :

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 22:43

Un an après le dramatique naufrage du Sewol en Corée du Sud, le 16 avril 2014, qui a causé 304 morts, la colère gronde : les familles des victimes, soutenues par l'opinion publique, exigent que toute la lumière soit faite sur ce tragique événement et que le Gouvernement assume pleinement ses responsabilités. Dans ce contexte, la visite en Amérique latine, au premier anniversaire de la tragédie, de la Présidente Park Geun-hye est perçue comme une provocation. C'est pourquoi des militants de Jeunes de gauche (Youth Left) ont décidé de lâcher des tracts devant l'Assemblée nationale et le centre commercial COEX, ainsi rédigés : "Avis de faillite au gouvernement de la République de Corée. Nous déclarons la faillite morale et politique de la République de Corée. Bon voyage en Amérique latine ! Vous n'avez pas besoin de revenir." La réaction policière ne s'est pas faite attendre : deux militants de Jeunes de gauche ont été arrêtés pour 48 heures. Partageant l'indignation légitime de Jeunes de gauche, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) appelle à la libération immédiate des militants arrêtés, à l'abandon des poursuites et au respect de la liberté d'expression qui, nous l'affirmons une nouvelle fois, ne saurait justifier un quelconque crime de lèse-majesté en Corée du Sud.

Libération des militants de Jeunes de gauche emprisonnés ! Liberté d'expression !
Libération des militants de Jeunes de gauche emprisonnés ! Liberté d'expression !

Dans un communiqué publié sur son site Internet, y compris en anglais, intitulée "Déclaration de faillite", Jeunes de gauche a dénoncé la "fuite" de la présidente sud-coréenne, la répression par le Gouvernement des manifestations organisées par les familles des victimes et la corruption ayant entouré la tragédie du Sewol :

La Présidente a fui. Elle est partie pour l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud un an après la tragédie du ferry "Sewol", laissant derrière elle la controverse concernant les lois spéciales sur le ferry "Sewol" et le scandale de la liste Sung Wan-jong. On ne peut pas s'empêcher de se rappeler le 19 mai dernier, lorsqu'elle a enfermé 200 civils qui exigeaient que les responsabilités politiques soient assumées concernant la tragédie du "Sewol" et qu'elle était partie vendre des centrales nucléaires aux Emirats Arabes Unis. Cela a pris plus d'un mois pour obtenir une confession relevant pourtant de l'évidence, à savoir que le commandant en chef de la nation est politiquement responsable de la tragédie du ferry "Sewol" dans laquelle plus de 300 personnes ont trouvé la mort. Le fait que plus de 300 personnes aient été jetées en prison alors qu'elles demandaient à la Présidente d'assumer ses responsabilités politiques, ce n'est que du bonus. Dans ses excuses la Présidente avait promis une législation spécifique suite au "Sewol", mais cette proposition est déjà en miettes du fait de l'obstruction du Gouvernement et du parti au pouvoir [...]

Il est donc plus que jamais urgent de participer et faire participer à la manifestation de solidarité qui sera organisée place du Trocadéro, ce samedi 18 avril 2015, à partir de 18h, pour que nous disions tous "Assez !"

Sources :

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 21:38

Lee Seung-hwan, chanteur, auteur-compositeur et producteur (avec l'entreprise Dream Factory), est l'une des figures les plus connues de la scène musicale coréenne contemporaine. Avec d'autres, il s'est engagé auprès des familles des victimes du naufrage du ferry Sewol qui, il y a un an, le 16 avril 2014, a causé 304 morts, en majorité des lycéens. Alors que l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à rejoindre les manifestants qui exigent que toute la vérité soit faite sur ce drame, lors d'un rassemblement organisé par les Coréens de France à Paris le 18 avril prochain à 18 h place du Trocadéro et qui donnera lieu, comme en Corée, à un concert, nous présentons Lee Seung-hwan.

Né le 13 décembre 1965, Lee Seung-hwan est l'une des figures les plus connues de la scène rock coréenne et l'un des pionniers de la pop coréenne, plusieurs fois récompensé aux Mnet Asian Music Awards : meilleur interprète masculin et meilleure musique vidéo en 1999 pour "The Request", prix de l'innovation en musique vidéo en 2002.


Outre sa popularité, Lee Seung-hwan est aussi un artiste engagé. Tous les ans il organise un concert annuel intitulé Chakage Salja (착하게 살자, littéralement "Vivons une belle vie") en faveur de la Fondation des enfants coréens atteints de leucémie.

En rejoignant en août 2014 la grève de la faim engagée par les familles des victimes du Sewol, le chanteur Lee Seung-hwan a alors exprimé sa solidarité pour que soit adoptée une loi à la hauteur de l'émotion causée par la pire catastrophe navale subie par la République de Corée (Corée du Sud) depuis quarante ans. Lors d'un concert organisé le 24 juillet 2014 Lee Seung-hwan avait fait la déclaration suivante :

"D'une certaine manière nous nous sommes rendu compte de trop de choses et nous avons le sentiment d'être pitoyables. [...] J'ai le sentiment que nous nous sommes rendu compte de l'incompétence et de l'indifférence de notre pays, que nous nous sommes rendu compte de la contradiction à refuser d'endosser les responsabilités sur quelque sujet que ce soit, que nous nous sommes rendu compte que nous vivions dans un étrange pays qui ne partageait pas les peines et les souffrances de ses habitants. "

Lee Seung-hwan, lors d'un concert organisé le 24 juillet 2014, 100 jours après le naufrage du "Sewol"

Lee Seung-hwan, lors d'un concert organisé le 24 juillet 2014, 100 jours après le naufrage du "Sewol"


De fait, au-delà du traumatisme du Sewol, les insuffisances des opérations de secours posent la question de la réponse des autorités sud-coréennes à la catastrophe, tandis que la Présidente Park Geun-hye est restée silencieuse pendant des heures et que des informations erronnées circulaient dans les médias. Alors qu'un débat public était nécessaire, la réponse du Gouvernement a été de dénoncer la soi-disant récupération politique de la colère des familles des victimes qui exigent toujours que toute la vérité soit faite. Dans ce contexte, le fait que la Présidente Park sera en visite en Amérique latine, un an après le naufrage, est perçu par beaucoup comme un signe de désinvolture.

Dans le naufrage du Sewol, les médias pro-gouvernementaux (conservateurs ou à capitaux publics) se sont également efforcé d'occulter les responsabilités de Mme Park Geun-hye et de ses ministres, en chargeant le propriétaire du ferry - retrouvé mort des semaines plus tard - quitte à se taire sur sa grande proximité tant avec certains des conservateurs sud-coréens du Parti Saenuri (au pouvoir) qu'avec l'ambassade de la République de Corée en France, qui l'a totalement soutenu en tant que photographe, où il s'est produit sous le nom d'Ahae. Enfin, le naufrage aurait dû conduire à ouvrir le débat sur les conséquences dramatiques de la déréglementation libérale.

C'est pourquoi la solidarité internationale s'impose, en mémoire des victimes, pour que triomphe la vérité et empêcher que de tels drames se reproduisent : nous vous donnons rendez-vous le samedi 18 avril 2015 à 18h, place du Trocadéro à Paris.

Lee Seung-hwan, un chanteur engagé auprès des familles des victimes du "Sewol"

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 13:00

Le 16 avril 2014, le ferry Sewol faisait naufrage au sud-ouest des côtes coréennes, entraînant la mort de 304 personnes, en grande majorité des lycéens. Depuis, les familles des victimes cherchent désespérément à établir la vérité sur les causes du naufrage, y compris pour éviter qu’un tel drame se répète, mais se heurtent aux manœuvres dilatoires des autorités sud-coréennes. A l’approche du premier anniversaire de la tragédie du Sewol, l'International Strategy Center (ISC), de Corée du Sud, mène une campagne internationale pour soutenir les familles des victimes. L’objectif de cette campagne relayée, avec d’autres, par l’Association d’amitié franco-coréenne est d’attirer l'attention de l'opinion internationale sur le fait que le drame du Sewol reste à ce jour largement non-résolu. Vous trouverez ci-dessous la traduction française du texte de cette pétition que vous pouvez signer en ligne en cliquant ici (version en anglais). Comme l'ISC le suggère à la fin de l'appel, vous pouvez également vous prendre en photo en tenant dans vos mains un message reprenant les revendications des familles de victimes et envoyer le résultat par courrier électronique à iscenter2015@gmail.com. Par ailleurs, une manifestation de soutien aux familles des victimes du Sewol est organisée le samedi 18 avril 2015 à 18h à Paris, esplanade du Trocadéro.

Campagne de pétition internationale pour faire toute la lumière sur le drame du naufrage du « Sewol »

« Un an après, faire toute la lumière sur le drame du Sewol, punir les responsables et retrouver les corps des neuf personnes disparues »,

Pétition à destination du gouvernement coréen, initiée par l'International Strategy Center (ISC), Corée du Sud.


À 9 heures le 16 avril 2014, après un virage serré, le ferry Sewol, ses cales surchargées de containers, commençait à sombrer au sud-ouest des côtes de la Corée du Sud. Les premiers bulletins d'informations faisant état d'un sauvetage de l'ensemble de l'équipage suscita l'espoir des familles mais celui-ci fut rapidement brisé par la réalité des faits. Seulement 172 personnes ont pu être évacuées du bateau et secourues tandis que 304 – la plupart des lycéens – restèrent piégées à l'intérieur du navire. Les tâtonnements et les hésitations du gouvernement dans les heures déterminantes qui ont suivi le drame ont transformé les minutes en heures et les jours en mois, faisant fondre comme neige au soleil les espoirs de sauvetage. La colère grandissante des familles fut exacerbée par l'inexactitude des informations relayées par les médias et les tentatives du gouvernement pour masquer son incurie et la lenteur de sa réaction. Cupidité, corruption, dérégulation et incompétence ont fait d'un simple accident le pire désastre maritime coréen de ces 40 dernières années. Cette catastrophe questionne également la légitimité d'un gouvernement obnubilé par la croissance économique mais négligent du bien-être de son peuple.

Aujourd'hui, pratiquement un an après la tragédie, 295 corps ont été repêchés, mais 9 d'entre eux restent introuvables. Un nombre incalculable de manifestations, une pétition réunissant 6 millions de signatures, une occupation de 8 mois de la place Gwanghwamun et une grève de la faim par les membres des familles de victimes ont été menées pour réclamer que la vérité qui réside derrière cette tragédie soit révélée et que les responsables soient punis. Le gouvernement est resté sourd à ces demandes, paralysé par des intérêts particuliers et effrayé par les conséquences que pourraient avoir des révélations compromettantes. Aussi longtemps que des corps seront toujours manquants et que la vérité restera tue, les familles des victimes ne pourront pas refermer leurs plaies et faire dignement leur deuil.

Pour faire la lumière sur le drame et éviter la répétition de ces morts absurdes dans le futur, les familles de victimes ont demandé la création d'un comité disposant de toute l'autorité nécessaire en matière d'enquête et de poursuite. En réponse, le gouvernement a mis en place un timide comité qui n'a toujours pas lancé d'enquête à grande échelle à cause des désaccords ministériels quant au budget à lui accorder. De plus, alors que les familles des victimes encore portées disparues réclament que le Sewol soit repêché pour que l'on puisse récupérer les corps manquants et dévoiler la vérité, le gouvernement rechigne ostensibement en raison du coût d'une telle mission.

La mise en examen des responsables a été lente. Le président directeur général ainsi que cinq autres employés de la compagnie Cheonghaejin Marine, propriétaire du Sewol, sont poursuivis pour négligence dans la conduite de leurs affaires, négligence professionnelle ayant entraîné la mort, et pour violation de la loi sur la sécurité des navires. Ayant remis en circulation un bateau vieux de 20 ans, ils ont illégalement modifié sa structure et amplifié sa cargaison en surchargeant son pont supérieur de containers afin d'augmenter leurs profits.

Alors qu'approche le premier anniversaire de la tragédie du 16 avril, certains disent : « Assez, arrêtons de nous disputer et contentons-nous de commémorer cette tragédie dans le calme. » Pourtant, comment pouvons-nous garantir qu'une telle catastrophe ne se répètera pas ? Comment pouvons-nous soulager les familles des victimes quand la vérité est toujours étouffée, quand les coupables ne sont pas tenus pour responsables et quand neuf corps sont toujours manquants ?

Nous devons lutter contre le temps, contre les tentatives du gouvernement pour cacher la vérité, contre des médias sous influence du gouvernement et contre notre propre inaction pour ne pas oublier. En faisant cela, nous pourrons créer une société qui valorise le bien-être de sa population, qui préfère la sécurité aux profits, et dans laquelle une telle tragédie ne se reproduira pas.

Alors que nous nous approchons du premier anniversaire de la tragédie du Sewol, nous vous prions de bien vouloir prendre quelques minutes pour joindre notre campagne internationale en solidarité avec la lutte des familles des victimes :

Participez à notre campagne de photos, en tenant dans vos mains un message écrit reprenant les trois revendications suivantes et/ou en utilisant le hashtag #thetruthmustnotsinkwithsewol [la vérité ne doit pas couler avec le Sewol] :

- Une enquête complète pour faire la vérité sur le drame du Sewol.

- Une sanction pénale des responsables de la tragédie.

- Repêchage du Sewol et des neuf corps encore manquants.

Envoyez-nous une copie de votre photo à iscenter2015@gmail.com
L'ISC publiera les photos dans son Rapport mensuel d'informations mondiales du mois d'Avril et les remettra aux familles des victimes en signe de solidarité (de même que la pétition que vous pouvez signer ici).

Encouragez vos amis à participer à cette campagne.

Merci.

 

 

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 22:05

Le 16 septembre 2014, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a appelé à l'adoption rapide par le Parlement de la dernière version du projet de loi visant à créer une commission spéciale pour enquêter sur les causes du dramatique naufrage du ferry Sewol en avril dernier - qui a causé 304 victimes, en majorité des adolescents qui étaient en voyage scolaire. Cette réaction d'autorité est vivement dénoncée comme autoritaire par l'opposition et les familles des victimes, lesquelles ont engagé un mouvement de protestation pour exiger que la commission créée par la loi spéciale sur le Sewol ait non seulement des pouvoirs d'enquête, mais également d'accusation. Par ailleurs, l'implication in fine de la chef de l'Etat - qui avait initialement jugé que cette question relevait de la compétence du Parlement - apparaît comme un revirement de position, difficilement explicable autrement que par l'irritation de Mme Park Geun-hye face à la colère des familles des victimes - aisément compréhensible, mais qu'elle perçoit comme une mise en cause de sa propre autorité. Au final, son brutal rappel à l'ordre pour que cessent les discussions parlementaires n'est-elle pas un aveu de faiblesse ?  

La montagne parlementaire va-t-elle accoucher d'une souris ? Le doute est permis au regard du refus du parti Saenuri (conservateur, au pouvoir) d'accepter de prendre en compte les demandes des familles des victimes pour l'adoption de la loi spéciale suite au naufrage du Sewol - comme le propose l'opposition démocrate, qui a menacé de boycotter les travaux parlementaires tant qu'un compromis acceptable ne serait pas trouvé.

Au coeur du débat figure l'étendue des pouvoirs de la commission d'enquête indépendante qui serait créée sur le naufrage du ferry Sewol : à des pouvoirs d'enquête les familles des victimes demandent que s'ajoutent des pouvoirs de mise en accusation. La présidente sud-coréenne a répondu "non", en estimant qu'il y aurait là une confusion des pouvoirs et un non-respect de l'indépendance de la justice. Ses détracteurs rétorquent que la commission d'enquête telle qu'elle est proposée risque de ne pas avoir les moyens de conduire des travaux qui lui permettent de faire toute la vérité sur cette tragédie, ni d'éviter qu'une telle situation se reproduise à l'avenir.

Pour se faire entendre, des membres des familles des victimes - ensuite rejointes par des représentants de groupes civiques, d'églises et de partis politiques - ont établi des tentes à proximité de la Maison bleue, siège de la présidence de la République, et engagé un mouvement de grève de la faim. Parmi eux, Kim Young-oh, père d'une des jeunes filles disparues lors de la catastrophe, a conduit une grève de la faim pendant 46 jours. Lorsqu'il a mis fin à sa grève de la fin, le 28 août, des centaines de Coréens ont alors suivi son exemple en décidant à leur tour de ne pas manger.

Kim Young-oh, père d'une des victimes du naufrage du "Sewol", en discussion avec Park Young-sun, représentante du comité de l'opposition démocrate

Kim Young-oh, père d'une des victimes du naufrage du "Sewol", en discussion avec Park Young-sun, représentante du comité de l'opposition démocrate

Plusieurs leçons sont à tirer de ce bras-de-fer courageux et opiniâtre, qui rappelle l'engagement jusqu'à la mort de ceux qui, naguère, luttèrent contre le régime militaire et pour la démocratie au Sud de la péninsule.

 

Le jusqu'au-boutisme de la Présidente de la République, qui refuse une nouvelle fois le compromis, est une source majeure de tensions dans la société coréenne. De surcroît, en assimilant toute opposition à des manoeuvres subversives où elle croit déceler la main de l'opposition, Mme Park se trompe de cible : l'émotion créée par la catastrophe nécessite de dépasser les clivages partisans et de cesser de rejeter par principe les propositions de l'opposition démocrate - dont les précédents compromis avaient toutefois été très mal reçus par les familles des victimes. Si la loi est adoptée par égard aux victimes et à leurs familles, ne doit-on pas parvenir à une forme de consensus avec ces dernières ?

Enfin, derrière les postures, se pose une question fondamentale : les autorités sud-coréennes entendent-elles revenir sur une déréglementation qui a rendu possible le drame du Sewol, et promet de nouvelles catastrophes similaires à l'avenir si rien ne change ?


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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)