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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 19:48

Les éditions Le Petit Futé ont publié le 27 mars 2019 leur premier guide touristique consacré à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), avec l'ambition d’offrir aux touristes francophones (des guides existent déjà en d'autres langues) qui envisagent de visiter la RPDC des informations sur les sites touristiques majeurs, l’histoire de la Corée, sa culture ainsi qu’un certain nombre d’informations pratiques. Sollicitée par le Petit Futé en 2016, au début du projet, l'Association d'amitié franco-coréenne a toujours encouragé le développement des échanges touristiques, lesquels sont les mieux à même de permettre aux visiteurs occidentaux, français en particulier, d’acquérir une vision moins caricaturale que celle habituellement véhiculée dans les médias au sujet de la RPDC. Mais si l'AAFC salue l'initiative du Petit Futé, elle relève aussi plusieurs insuffisances et erreurs, volontaires ou non, dans ce guide sur la Corée du Nord.

Si les sanctions internationales et autres embargos ont pour conséquence de freiner la plupart des secteurs d’activités de la RPDC, le secteur du tourisme reste quant à lui épargné, si on fait abstraction de la décision prise en septembre 2017 par le gouvernement des Etats-Unis d'interdire aux citoyens américains de voyager en Corée du Nord. Le tourisme constitue une source de développement intéressante, tant sur le plan économique évidemment, avec la création de nouvelles infrastructures, que sur le plan culturel, avec la formation par exemple de guides et d’accompagnateurs disposant de capacités en langues étrangères.

Ces dernières années, sous l’impulsion du dirigeant de la RPDC Kim Jong-un, on a assisté à la multiplication des grands chantiers visant à permettre la venue d’un nombre plus important de visiteurs, dont les plus emblématiques sont la station de ski de Masikryong ou encore une immense station balnéaire sur la côte orientale, à Wonsan, dont l'inauguration est prévue en 2020.

Aujourd’hui, malgré tout le potentiel de la RPDC, on estime que, chaque année, seulement 4 000 à 6 000 touristes occidentaux visitent le pays. Le nombre de touristes chinois est bien sûr beaucoup plus élevé. Pour l’avenir, l’ambitieux objectif d’accueillir 1 million de touristes a été plusieurs fois avancé. Si les chiffres actuels sont relativement décevants, ils s’expliquent en grande partie par un contexte international tendu, même si la détente observée à partir de 2018, entre la RPDC et la Corée du Sud d'une part et entre la RPDC et les Etats-Unis d'autre part, devrait permettre un accroissement du nombre de touristes dans le Nord de la péninsule.

Hélas, le Petit Futé « Corée du Nord » n’échappe pas, dès l'introduction, aux tournures relevant davantage des articles à sensation d'une certaine presse que du guide touristique : « tyrannie communiste », « Etat communiste totalitaire », « un des régimes les plus totalitaires de la planète », etc.

Surtout, l’ouvrage ressemble souvent à une compilation de poncifs, clichés et autres racontars. On retrouve ainsi ce qu'il faut bien qualifier de fantasmes, avec la référence à la prétendue existence d’une « brigade de plaisir », ou « division de la joie », qui serait constituée « d’environ 2 000 femmes et jeunes filles mises à disposition du dirigeant nord-coréen dans le but de servir aux ardeurs sexuelles et aux désirs du cher dirigeant » (p. 26).

C’est encore la référence à la non moins hypothétique « Division 39 » dont le rôle serait, d’après les auteurs, d’ « alimenter la caisse noire de Kim Jong-un, actuel dirigeant de Corée du Nord […] par des activités légales (vente d’armes entre autres), mais également illégales telles que la contrefaçon monétaire et le trafic de drogue » (p. 120).

Aucune source fiable ni élément concret ne vient accréditer la réalité de telles choses. Des experts occidentaux reconnus ont même depuis longtemps tordu le cou à certaines rumeurs continuant pourtant de circuler à propos de la Corée du Nord.

D’autres passages du Petit Futé « Corée du Nord » font davantage sourire. On rassurera donc les lecteurs en leur apprenant qu’il n’existe pas seulement deux stations de métro en exploitation à Pyongyang (p. 108) mais que, sauf exception et comme dans n'importe quelle grande ville, toutes les stations sont utilisées chaque jour par les habitants de la capitale nord-coréenne. Et, contrairement à ce qu'indique Le Petit Futé, il est autorisé d’avoir un chien à Pyongyang et il est totalement faux d’affirmer que « la seule manière pour que la population puisse voir un chien est d’aller au zoo » (p. 132). De tels exemples d’âneries (pour rester dans le champ lexical animalier) ne manquent pas et pourraient ici être multipliés.

D'autres importantes erreurs d’appréciation de la part des auteurs du guide sont aussi à relever. Il est ainsi indiqué au sujet du Cimetière des martyrs de la Révolution que « chaque pierre tombale est surmontée d’un buste en bronze représentant le héros décédé, supposément du moins (cela signifierait qu’une photo de chaque personne enterrée sur place ait été disponible à l’époque... Difficile à croire) » (p. 128). En vérité, ces bustes ont été réalisés sur la base des souvenirs du Président Kim Il-sung qui mena la guérilla contre l’occupation japonaise jusqu'en 1945.

Au-delà, on regrettera que l’ouvrage se focalise à l’extrême sur Pyongyang et ses environs en y consacrant 37 pages, tout en ne faisant que survoler le reste du pays en 25 pages seulement, donnant l'impression que les auteurs ont passé l’essentiel de leur séjour dans leur hôtel de Pyongyang sans avoir eu l’opportunité de se rendre dans les différentes régions accessibles aux étrangers, ou alors beaucoup trop rapidement.

Quelques bonnes idées sont toutefois à relever dans ce guide touristique, comme, par exemple, de courtes interviews du chercheur spécialiste de l'Asie Théo Clément et de Dorian Malovic, chef du service Asie au quotidien français La Croix, dont les articles se distinguent par leur objectivité, leur mesure... et une connaissance du terrain.

Les informations pratiques sont quant à elles d’une grande utilité et permettront aux lecteurs de préparer au mieux leur voyage.

On appréciera aussi les petites biographies d’« enfants du pays », bien qu’elles aient souvent tendance à reprendre les éléments fournis par la presse sud-coréenne ou Wikipédia, avec tous les biais que de telles sources induisent... Enfin, les pages réservées à la culture coréenne (gastronomie, histoire, etc) sont fournies et plutôt bien faites, offrant aux lecteurs un bon aperçu de la Corée avant et pendant leur voyage. Cependant, dans le cas de l’histoire coréenne, c’est trop souvent une perspective sud-coréenne qui est préférée à celle de la Corée du Nord, les deux versions différant souvent sur des sujets aussi importants que la responsabilité du déclenchement de la guerre de 1950-1953, les incidents frontaliers, ou les attaques attribuées au Nord… Donner le point de vue nord-coréen, ou simplement relativiser le point de vue sud-coréen, permettrait pourtant de donner aux lecteurs deux visions d'événements toujours débattus par les spécialistes, et ainsi assurer un minimum d'objectivité.

Pour n'évoquer qu'un seul cas, récent, le guide impute à la Corée du Nord « l'attaque contre la navette (sic) Cheonan, au cours de laquelle plusieurs dizaines de militaires sud-coréens sont tués » en mars 2010 (p. 49). S'il est exact que l'enquête officielle américano-sud-coréenne a conclu à la responsabilité de la Corée du Nord dans l'affaire du naufrage de la corvette (et non navette) Cheonan, la RPDC a toujours nié toute implication. Surtout, les conclusions de l'enquête officielle ont été remises en question, entre autres, par un ancien membre du groupe d'enquête, par des chercheurs indépendants d'universités américaines, et par les experts de la marine russe invités à examiner les « preuves » de la culpabilité nord-coréenne... Malheureusement, les lecteurs du Petit Futé les moins avertis des méandres de la situation dans la péninsule coréenne ne le sauront jamais.

En résumé, si l’idée de rédiger un guide touristique sur la RPDC est excellente et répond sans doute à un véritable besoin, le Petit Futé « Corée du Nord », malgré quelques bonnes idées, pêche par trop d'erreurs et approximations. Ces erreurs peuvent relever d’une incompréhension d’une situation très complexe ou d’un manque de travail (manque de temps ?), ce qui reste, dans une certaine mesure, excusable, tant il convient de reconnaître que la RPDC est un pays difficile à appréhender même après plusieurs voyages. Cependant, face à tant d’informations non vérifiées, voire mensongères, le voyageur connaissant un minimum le pays pourra légitimement se demander en quoi un tel guide touristique se distingue d’un énième brûlot suintant une hostilité primaire envers la Corée du Nord.

 

Corée du Nord, Le Petit Futé, mars 2019 (192 pages)

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 23:37

Le 29 octobre 2018, le groupe d'évaluation du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO a recommandé l'inscription du ssireum (forme traditionnelle de lutte coréenne qui apparaît sur des tombes de l'époque Koguryo) sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. La décision finale sera prise par le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO lors de sa session qui se tiendra à l'île Maurice, du 26 novembre au 1er décembre 2018. 

Lutteurs sur la fresque d'une tombe de l'époque Koguryo (datée du 5e siècle)

Lutteurs sur la fresque d'une tombe de l'époque Koguryo (datée du 5e siècle)

L'originalité de l'inscription du ssireum sur la liste du patrimoine mondial est qu'elle traduit non pas la demande d'un, mais de deux Etats membres de l'UNESCO : la République de Corée (Corée du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) ont chacune soumis la candidature de la forme de combat qu'elles estiment relever plus spécifiquement de leur zone géographique. Le comité d'évaluation a décidé de retenir les deux dossiers, en notant - concernant le dossier du Sud - que la pratique du ssireum transcendait les âges, les classes sociales et les aires géographiques et était attestée lors de fêtes nationales, et - à propos du dossier du Nord - que le ssireum était profondément enraciné dans la société, et qu'il traduisait la cohésion de la société caractérisée par la puissance physique et mentale de ses membres.

Dans notre édition du 2 septembre 2011, nous rappelions que le ssireum consiste à faire tomber son adversaire pour chacun des deux lutteurs qui se trouvent à l'intérieur d'un cercle. 

Compte tenu de l'avis favorable du comité d'évaluation, le suspense ne porte pas tant sur l'inscription effective du ssireum sur la liste du patrimoine mondial fin novembre et début décembre (en principe, le comité suit l'avis de son groupe d'évaluation), que sur l'hypothèse que les deux Etats coréens soumettent in fine une unique candidature, malgré le délai rapproché d'ici l'ouverture des travaux de la prochaine session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Cette possibilité avait d'ailleurs favorablement été accueillie par la directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay lors de son entretien avec le Président Moon Jae-in, en visite en France, le 16 octobre 2018.

Sources : 

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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 21:53

Le 12 octobre 2018 (près du pont des Arts) et le 14 octobre 2018 (près du centre Beaubourg), quatre artistes coréens ont effectué une performance à Paris pour la paix en Corée : la peintre Bae Dallae, le mime Lee Jung-hun, la violoncelliste Moon Jiyoon et le musicien Lee Han-joo, qui se sont par ailleurs produits pour les "femmes de réconfort" les 10, 11 et 13 octobre 2018, ont exprimé leur volonté qu'advienne une ère de paix et de prospérité, ouvrant la voie vers la réunification.

Un spectacle pour la paix en Corée

Pour l'Occidental, à qui la Corée évoque au mieux un pays lointain situé quelque part très à l'Est sur le continent eurasiatique, parler de division nationale est une question abstraite - mis à part pour les Allemands, qui ont eu, eux, à souffrir de la partition de leur pays pendant plus de quatre décennies. Mais l'histoire du peuple coréen depuis 1945 est modelée par cette séparation subie, produit d'une guerre froide qui n'a jamais pris fin sur le sol de la péninsule, à laquelle le spectaculaire rapprochement inter-coréen en cours ouvre l'espoir de mettre un terme - par l'action des Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure.

La troupe artistique sud-coréenne a exprimé sa volonté et son espoir d'une ère nouvelle, vers une réunification symbole d'une explosion de couleurs - et de joie, joie de retrouver ses proches et une unité nationale plus que millénaire. Il est fréquent de figurer les deux parties divisées de la Corée sous des traits masculins et féminins : ici, Bae Dallae et Lee Jung-hun ont représenté la séparation puis l'union des corps, tout au long d'une performance impliquant une participation du public qui agitait les drapeaux de la Corée unifiée (la carte en bleu de la péninsule frappée sur fond blanc) et lançait des avions en papier multicolores vers les deux danseurs. Car la réunification et le dialogue inter-coréens seront bien l'expression d'une volonté collective, mobilisant l'élan de toute une nation.

A l'issue de la spectacle donné le 14 octobre 2018, Benoît Quennedey, président de l'Association d'amitié franco-coréenne, a souligné que celui-ci coïncidait avec la venue en Europe du Président Moon Jae-in, qui cherche en France - auprès du Président Emmanuel Macron, rencontré le 15 octobre - un soutien effectif à sa politique de rapprochement et de dialogue Nord-Sud, pour écarter définitivement les risques de guerre dans une péninsule dévastée par le feu des armes il y a 65 ans.

A cette fin, les organisateurs ont convié les participants à signer une pétition pour la paix en Corée et son corollaire immédiat : la levée des sanctions qui frappent les populations nord-coréennes et sont aujourd'hui en déphasage avec l'engagement de la Corée du Nord sur la voie de sa dénucléarisation.

Un spectacle pour la paix en Corée
Un spectacle pour la paix en Corée
Un spectacle pour la paix en Corée
Un spectacle pour la paix en Corée
Un spectacle pour la paix en Corée

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 11:10

Pour la première fois le plus haut dirigeant nord-coréen a assisté à un concert de musique pop sud-coréenne à Pyongyang : le Président Kim Jong-un était présent à la représentation donnée le 1er avril 2018 devant 2 500 spectateurs au Grand théâtre de Pyongyang de l'Est - avant un second concert, prévu le même jour, au gymnase Jong Ju Yong (12 000 places). Parmi les artistes sud-coréens invités à se produire en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) figurent Lee Sun-hee, le girls band Red Velvet, Yoon Do-hyun, Baek Ji-young, Ali et Seohyun...

La diplomatie du sport et de la culture a encore de beaux jours devant elle si l'on en juge par la réaction du public nord-coréen - au premier rang duquel le Président Kim Jong-un et son épouse Ri Sol-ju - lors du premier concert de musique pop sud-coréenne donné le 1er avril 2018 : si l'on considère la difficulté dans un pays donné à réunir pour un artiste différentes classes d'âge (d'autant que la pop sud-coréenne, emblématique de la K-Pop, a un public majoritairement âgé de moins de 18 ans), le pari étant d'autant plus grand pour les artistes sud-coréens qui se produisent actuellement au Nord de la péninsule, et qui l'appréhendaient ouvertement. Mais le choix d'un panel de musiciens représentatif des différentes générations de la musique contemporaine sud-coréenne, ainsi que la qualité de l'accueil par leurs hôtes nord-coréens pour les mettre à l'aise, on fait fi de cet obstacle, tout au long d'un spectacle intitulé "La venue du printemps" et qui s'est achevé par la chanson "Notre voeu est la réunification".

Côté nord-coréen, la programmation avait été faite avec le concours de Hyon Song-wol, du groupe Samjiyeon, qui s'était produite au Sud lors des représentations données par les Nord-Coréens à l'occasion des Jeux olympiques de Pyeongchang (pour l'anecdote, on rappellera que Hyon Song-wol avait été donnée pour morte dans une campagne de désinformation menée en août 2013 par les autorités conservatrices sud-coréennes, et qui bénéficiait encore de relais des années plus tard - comme par exemple dans Marianne en 2015). 

Si la réunification de la Corée implique un rapprochement politique et économique, elle suppose également de combler l'écart culturel qui s'est instauré, en plus de 70 ans, entre les deux parties du pays, pour permettre une compréhension mutuelle. C'est sur cet aspect qu'a d'ailleurs insisté le Président Kim Jong-un. Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, 

Il a dit avoir été profondément ému de voir notre peuple applaudir sincèrement lors de la représentation, laquelle approfondit la compréhension de l'art populaire du côté du sud.

Manifestement féru de musique, à l'instar de son père et de son grand-père, le président trentenaire Kim Jong-un avait déjà imprimé sa marque personnelle en matière musicale en promouvant la création dès 2012, l'année suivant immédiatement son accession au pouvoir, du girls band nord-coréen Moranbong - notamment lors d'un premier spectacle, donné le 6 juillet 2012, qui avait fait l'effet d'une révolution sur la scène musicale du pays (même si la musique électronique avait marqué son apparition antérieurement, par exemple avec l'Orchestre Pochonbo, elle avait fini par accumuler un retard en RPDC par rapport aux autres pays). 

Un couac a toutefois émaillé la première représentation des musiciens sud-coréens : les journalistes sud-coréens n'ont pas pu accéder à la salle de spectacle... la tendance très coréenne (Nord comme Sud) à tout organiser en dernière minute, ajoutée à un possible dépassement des organisateurs nord-coréens et à l'hypersensibilité sur les questions intercoréennes, a hélas produit une telle erreur. Les autorités nord-coréennes ont immédiatement présenté leurs excuses, pour cet impair qui ne devrait donc pas se reproduire à l'occasion du deuxième concert. 

Enfin, alors que les échanges entre Nord et Sud-Coréens sont strictement encadrés (et même interdits en Corée du Sud sans autorisation gouvernementale, en application de la loi de sécurité nationale), ce ne sont pas seulement les Nord-Coréens qui découvrent la musique sud-coréenne, mais aussi les artistes sud-coréens présents au RPDC - dont on dirait aujourd'hui qu'ils sont des leaders d'opinion - qui pourront témoigner, à leur retour, d'une image de la Corée du Nord moins archaïque et caricaturale que celle encore trop souvent véhiculée - et qui imprime une marque particulièrement forte sur les plus jeunes générations, bombardées par la propagande anti-RPDC qui a été menée tambour battant par la droite sud-coréenne au pouvoir entre 2008 et 2017, dans un contexte d'accroissement dangereux des sanctions. Gagner les coeurs est bien la mère des batailles pour avancer vers la réunification de la Corée. 

Kim Jong-un a assisté au concert de K-Pop au Grand théâtre de Pyongyang de l'Est : la réunification musicale en marche

Principale source : KCNA

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 22:37

Du 31 mars au 3 avril 2018, plusieurs artistes sud-coréens vont se produire en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - ce qui sera une première depuis 2007. Ce rapprochement culturel prend place dans un contexte de relance des relations Nord-Sud, avant le troisième sommet intercoréen qui se tiendra dans la zone démilitarisée entre les deux Corée fin avril 2018 : après la venue d'une troupe artistique nord-coréenne au Sud dans le cadre des Jeux olympiques de Pyeongchang, c'était en effet au tour des artistes sud-coréens de se produire au nord de la péninsule - conformément à un des points de l'accord trouvé lors de la réception d'une délégation sud-coréenne par le Président Kim Jong-un de la RPDC le 5 mars 2018.

Cho Yong-pil à Pyongyang, en 2005

Le chanteur Cho Yong-pil pouvait difficilement rêver d'un plus beau cadeau d'anniversaire : le très populaire chanteur sud-coréen, dont les premiers succès datent de 1968 avec le groupe Atkins et qui s'était déjà produit à Pyongyang en 2005, a appris, à la veille de son 68e anniversaire (il est né le 21 mars 1950), qu'il ferait partie de la troupe artistique sud-coréenne de 160 personnes qui se produirait en RPDC entre le 31 mars et le 3 avril prochains, dans le cadre de deux concerts exceptionnels à Pyongyang, prévus au Grand Théâtre de l'Est (1 500 places), et au gymnase Jong Ju Yong (12 000 places). La troupe sera dirigée par Yoon Sang, toujours selon les précisions apportées par le ministère de la Réunification sud-coréen.

Toutes les époques et les styles de musique contemporains sud-coréens sont annoncés, avec à l'affiche
 Lee Sun-hee, le girls band Red Velvet, Yoon Do-hyun, Baek Ji-young, Ali et Seohyun.

Les rencontres musicales constituent l'un des aspects les plus visibles des échanges Nord-Sud dans les domaines sportif et culturel : c'est en 1985 que pour la première fois des artistes sud-coréens se sont produits au Nord.

Le choix de groupes contemporains de K-pop fait écho à la mise en place, à l'initiative du Président Kim Jong-un, de groupes pop nord-coréens, dont l'un des plus célèbres est le groupe féminin Moranbong - qui a fait ses débuts publics à l'été 2012 et s'est produit au Sud dans le cadre des Jeux olympiques de Pyeongchang.

Source : 

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 23:22

Le site de la Korean Foundation propose une carte du nombre d'universités dans le monde (hors Corée) où sont enseignées les études coréennes. Il en est recensé 1 348 dans 105 pays. Si la liste n'est pas corrélée au nombre d'étudiants, enseignants ou chercheurs (il faut cliquer sur le lien avec les universités), elle offre néanmoins un aperçu intéressant des pays où les études coréennes sont développées dans le plus grand nombre d'universités. L'AAFC a établi un palmarès par pays.

Où étudie-t-on le coréen dans le monde ?

1. Le Japon : malgré les antagonismes historiques entre la Corée et le Japon, l'archipel nippon regroupe plus d'un quart des universités dans le monde (371) recensées pour leurs études coréennes. L'importante communauté coréenne au Japon, la position géographique de l'archipel et une certaine proximité linguistique (les structures grammaticales du japonais et du coréen présentent des similitudes) sont de nature à expliquer ce rang.

2. La Chine (271) : avec un cinquième du nombre d'universités où sont enseignées les études coréennes dans le monde, la Chine arrive deuxième. Un résultat important, mais à relativiser puisque la Chine abrite la plus importante diaspora coréenne en dehors de la péninsule et est le premier partenaire économique tant de la République de Corée que de la République populaire démocratique de Corée.

3. Les Etats-Unis (128 universités, 9 % du total) : si l'intérêt pour les études coréennes se développe aux Etats-Unis, il n'est pas encore à la hauteur de l'importance que revêtent les Etats-Unis pour les (Sud-)Coréens qui, outre les liens politiques noués entre les deux pays, constitue la première destination d'accueil des étudiants sud-coréens à l'étranger.

4. ex aequo Russie (36 universités) : la tradition russe des études coréennes continue de s'exprimer dans le nombre d'universités russes où sont enseignées les études coréennes, même si sur ce critère la Russie est désormais nettement devancée par le Japon, la Chine et les Etats-Unis.

4. ex aequo Taïwan (36 universités) : les études coréennes sont bien développées à Taïwan, comme dans d'autres pays d'Asie de l'Est, et dépassent le rang qu'occupe Taïwan tant pour les échanges politiques qu'économiques avec la Corée du Sud.

6. Thaïlande (34 universités) : par son poids démographique et économique en Asie du Sud-Est, la Thaïlande talonne Taïwan.

Le premier pays européen est le Royaume-Uni (27 universités), devant la France (19) et l'Allemagne (16), l'Espagne (6) et l'Italie (6). 

Parmi les pays d'Asie de l'Est figurent le Vietnam (27 universités), la Mongolie (avec 21 universités, il s'agit d'un record mondial eu égard à la population du pays), la Malaisie (19), l'Indonésie (14), les Philippines (13) et le Cambodge (11).

L'Inde compte 19 universités pour l'enseignement des études coréennes.

En Asie centrale, où résident d'importantes minorités coréennes, le Kirghizstan (15 universités) devance l'Ouzbékistan (14) et le Kazakhstan (11).

Sur le continent américain, loin derrière les Etats-Unis viennent le Canada (14 universités), le Mexique (13) et la Colombie (9).

En Océanie, l'Australie compte 11 universités pour les études coréennes. En Afrique, le Maroc est en tête (7 universités) avec une grande zone blanche au sud du continent (1 seule université au Nigeria, 0 en Afrique du Sud).

Source : 

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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 11:43

Un des objectifs fondamentaux de l'AAFC est de mieux faire connaître la culture et la civilisation de l'ensemble de la Corée. Dans ce cadre, le 13 janvier 2018, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a organisé le premier des vingt-trois cours d'initiation à la langue et à la civilisation coréennes qui auront lieu tout au long de l'année 2018, dans les locaux de l'imprimerie BSR/Acta Repro au 7 rue Bezout (Paris 14e), le samedi après-midi de 15h à 17h45, une fois tous les quinze jours (avec une interruption pendant l'été, cf. programme ci-dessous).

Le cours d'introduction à la langue coréenne de 1h30, dispensé de 15h à 16h30 par un Coréen linguiste de formation, traducteur et interprète, sera suivi d'un cours de civilisation de 16h45 à 17h45. L'objectif pédagogique est d'apporter une connaissance de base sur la langue et la civilisation coréennes, permettant notamment de lire, d'écrire et de mener une conversation élémentaire, parallèlement ou en vue d'éventuels approfondissements. Les cours d'initiation à la langue et à la civilisation coréennes proposés par l'AAFC visent ainsi à combler une lacune dans l'enseignement de la langue et de la civilisation coréennes en France en n'ayant, à notre connaissance, aucun équivalent dans notre pays - des cursus complets d'études coréennes étant par ailleurs proposés dans plusieurs universités françaises.

Compte tenu du nombre de places disponibles, et de la volonté de travailler par petits groupes, les cours sont réservés aux seuls adhérents de l'AAFC et aux abonnés à son bulletin trimestriel. Les personnes intéressées par tout ou partie des cours peuvent adhérer à l'AAFC ou nous contacter. Nous sommes également à leur disposition pour les mettre en contact avec des professeurs de coréen, si elles souhaitent suivre des cours individuels. 

Les cours de l'AAFC d'initiation à la langue et à la civilisation coréennes ont débuté

Initiation à la langue et à la civilisation coréenne

Programme 2018

 

Le samedi, tous les quinze jours (interruption pendant la pause estivale), de 15h à 17h45 (15h-16h30 : cours de langue ; 16h30-16h45 : pause ; 16h45-17h45 : cours de civilisation).
Imprimerie BSR/Acta Repro 7 rue Bezout 75014 Paris (métro Alésia, sinon RER B Denfert-Rochereau)

 

Leçon 1 : samedi 13 janvier

Programme, calendrier et horaires, inscription. Objectifs et supports pédagogiques.

Présentation de la langue coréenne.

 

Leçon 2 : samedi 27 janvier

Langue : L’alphabet hangeul/chosongeul-1 (lettres, composition d’une syllabe)

Civilisation : Géographie physique et climat. Faune et flore.

 

Leçon 3 : samedi 10 février

Langue : L’alphabet hangeul/chosongeul-2 (espaces, ponctuation, écriture de gauche à droite et de haut en bas, exercices)

Civilisation : Géographie politique (y compris organisation administrative) et géographie humaine : les Coréens de la péninsule et d’outre-mer.


Leçon 4 : samedi 24 février

Langue : Prononciation des consonnes et des voyelles (avec transcription officielle et méthode McCune-Reischauer, ainsi que caractères API)

Civilisation : Mythes des origines et histoire de la Corée : I. Histoire jusqu’en 1392.

 

Leçon 5 : samedi 10 mars

Langue : Parlers coréens (dialectes, différences entre le nord et le sud et en Chine etc.)

Civilisation : Histoire de la Corée : II. De 1392 à 1945.

 

Leçon 6 : samedi 24 mars

Langue : Parties du discours (pronoms personnels, verbes, adjectifs, particules, etc.)

Civilisation : Histoire de la Corée : III. Depuis 1945.

 

Leçon 7 : samedi 7 avril

Langue : Présentation d’une phrase (typologie SOV, éléments d’une phrase, sujet, objet, prédicat)

Civilisation : Les institutions et le système politique (y compris les symboles nationaux)

 

Leçon 8 : samedi 21 avril

Langue : Composition d’une phrase (S+V, S+O+V, S+CO+V, S+COI+COD+V)

Civilisation : Economie nationale et internationale de la Corée.

 

Leçon 9 : samedi 5 mai

Langue : Politesse (interlocuteur en position plus haute ou plus basse)
Civilisation : La société : I. Valeurs culturelles et croyances (y compris le confucianisme, les religions, les idées du Juche)

 

Leçon 10 : samedi 19 mai

Langue : Début de difficulté-1 (morphologie : suffixe, variation du verbe, et de l’adjectif, affixation)

Civilisation : La société : II. Les noms coréens. Les fêtes nationales.

 

Leçon 11 : samedi 2 juin

Langue : Début de difficulté-2 (différence entre le coréen parlé et le coréen écrit)

Civilisation : La société : III. Le logement. Etre invité chez les Coréens.

 

Leçon 12 : samedi 16 juin

Langue : Début de difficulté-3 (omission des éléments)

Civilisation : La société : IV. L’éducation et les valeurs culturelles.

 

Leçon 13 : samedi 30 juin

Langue : Saisiot (la consonne siot ㅅ intercalaire et son emploi)
Civilisation : La société : V. La cuisine.

 

Pause estivale

 

Leçon 14 : samedi 18 août

Langue : Les multi-modificatifs et leur emploi

Civilisation : La santé.

 

Leçon 15 : samedi 1er septembre

Langue : Variété des styles de politesse du coréen

Civilisation : Jeux, sports et loisirs.

 

Leçon 16 : samedi 15 septembre

Langue : Début de vocabulaire (coréen propre)

Civilisation : La culture traditionnelle.

 

Leçon 17 : samedi 29 septembre
Langue : Début de vocabulaire-1 (sino-coréen)
Civilisation : La littérature et les arts contemporains.

 

Leçon 18 : samedi 13 octobre
Langue : Début de vocabulaire-2 (coréen d’origine étrangère)
Civilisation : Le cinéma.

 

Leçon 19 : samedi 27 octobre
Langue : Continuation de vocabulaire-1 (différence entre le nord et le sud)
Civilisation : Les médias et les nouvelles technologies.

 

Leçon 20 : samedi 10 novembre
Langue : Continuation de vocabulaire-2 (affixe, suffixe, préfixe)
Civilisation : Faire des affaires : valeurs, conventions, codes vestimentaires, présentations.

 

Leçon 21 : samedi 24 novembre
Langue : Révision-1 (dictée)
Civilisation : Faire des affaires : préparatifs, négociations, cadeaux.

 

Leçon 22 : samedi 8 décembre
Langue : Révision-2 (composition de phrase)
Civilisation : Voyager en Corée.

 

Leçon 23 : samedi 22 décembre
Langue : Révision-3 (simulation avec dialogue)
Civilisation : La préfecture coréenne de Yanbian en Chine.

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 08:23

La République de Corée (Corée du Sud) et, plus largement, les nombreux fans de la musique pop (K-Pop) à travers le monde, sont en deuil : Kim Jong-hyun, du boys band SHINhee, a été retrouvé inconscient dans son appartement de Séoul le 18 décembre 2017 et a déclaré mort peu après son admission à l'hôpital, à la suite manifestement d'une intoxication au monoxyde de carbone. Un mot qu'il a laissé fait ressortir l'hypothèse d'un suicide. Il n'avait que 27 ans. L'AAFC présente ses condoléances à sa famille, ses proches et ses fans.

 

Kim Jong-hyun, du groupe musical SHINhee

Kim Jong-hyun, du groupe musical SHINhee

Le message qu'a laissé Kim Jong-hyun à sa soeur avant de mourir est particulièrement touchant : 

C'est mon dernier au revoir (...) Les choses ont été si difficiles (...) S'il te plait laisse-moi partir et dit que j'ai fait du bon boulot

Le chanteur, qui a fait état dans son message d'adieux qu'il avait subi des épisodes dépressifs, était l'une des figures les plus connues de la scène pop coréenne contemporaine depuis une dizaine d'années (son groupe SHINhee, produit comme beaucoup d'autres par SM Entertainment, avait été formé en 2008), où les groupes musicaux ne restent généralement au sommet de leur gloire que pendant trois ou quatre ans. Dans un univers ultra-compétitif, où les sociétés de production sont particulièrement exigeantes vis-à-vis de jeunes femmes ou de jeunes hommes parfois à peine sortis de l'adolescence, la pression que subissent les stars conduit trop souvent à des suicides, tandis que leurs faits et gestes les propulsent sur le devant de la scène médiatique - révélant d'autres questions de la société coréenne, comme le service militaire obligatoire pour tous les jeunes hommes, que d'aucuns cherchent à fuir (comme Yoo Seung-jun, ainsi devenu citoyen américain). 

Cette violence, dont le suicide est la forme la plus patente, a été mise en exergue par Philippe Mesmer, correspondant du Monde à Tokyo : 


 

Les suicides ne sont pas rares dans cette industrie violente qui va au-delà de la K-pop. En 2015, la chanteuse Ahn Sojin a mis fin à ses jours à l’âge de 22 ans après avoir échoué à intégrer le célèbre groupe féminin Kara. Le chanteur Park Yong-ha a fait de même en 2010 à 32 ans à cause de problèmes professionnels. En 2009, l’actrice Jang Ja-yeon s’est elle aussi suicidée, laissant derrière elle un journal intime dans lequel elle détaillait les « services » qu’elle dut rendre à des hommes influents du milieu pour faire avancer sa carrière.

Dans notre édition du 3 octobre 2010, nous avions souligné que le suicide était l'un des fléaux de la société sud-coréenne, en citant aussi le cas moins médiatisé de la disparition, en 2008, du mannequin et acteur Kim Ji-hoon, acteur et mannequin en butte aux réactions hostiles d'une société homophobe : 

Le suicide est ainsi un révélateur de la société. Par exemple, le 6 octobre 2008, le mannequin et acteur Kim Ji-hoon s'est suicidé après avoir rendu publique son homosexualité, en butte à des agressions homophobes et à la décision de son employeur de ne pas renouveler son contrat après l'annulation de sa participation à des défilés de mode et à des émissions de télévision.

Notre voeu est que le drame subi par Kim Jong-hyun - et d'autres avant lui - puisse aussi être le révélateur qui favorise une plus grande ouverture de la société sud-coréenne, et déclenche une prise de conscience des conséquences souvent terribles de l'exploitation mercantile, dans un univers économique déréglementé, qu'y connaissent les vedettes de la musique, du cinéma  et de la mode.

Le suicide de Kim Jong-hyun, révélateur de la face sombre de la K-Pop

Source principale : 

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 00:04

Crayons, c’est le nom de cette sympathique association créée en France par de jeunes étudiants coréens. Son but ? Encourager le partage culturel. À ce titre, elle organise des événements dans le domaine de la culture, notamment des journées culturelles coréennes dans les différentes universités. Le jeudi 7 décembre 2017, elle a ainsi permis aux comédiens de Goodnews Corps - des bénévoles d’une association coréenne, l’Association internationale de la Jeunesse - de donner une représentation à l’Espace Reuilly (12e arrondissement de Paris). Christmas Miracle a ainsi permis à l’auditoire de savourer les chants et mélodies traditionnels de Noël. Impossible n’est pas coréen. Même le talent !

Un spectacle de fin d’année parisien animé par des Coréens
Un spectacle de fin d’année parisien animé par des Coréens
Un spectacle de fin d’année parisien animé par des Coréens

Photos AAFC / HJ

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 21:29

L'actrice Isabelle Sadoyan, qui avait obtenu en 2014 un Molière pour son rôle dans L'Origine du monde, est disparue le 10 juillet 2017, à l'âge de 89 ans. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) revient sur un rôle tenu par la comédienne au début de sa carrière, en 1956, dans la pièce Aujourd'hui ou les Coréens de Michel Vinaver, sur une mise en scène de Roger Planchon.

Source : http://www.vma.fr/fiche.cfm/2017_isabelle-sadoyan

Source : http://www.vma.fr/fiche.cfm/2017_isabelle-sadoyan

Ecrite en 1955 par Michel Vinaver, la pièce Aujourd'hui ou les Coréens (aujourd'hui appelée simplement Les Coréens) narre, pendant la guerre de Corée, comment des soldats français, blessés et perdus après s'être engagés aux côtés des Américains, et plus particulièrement un caporal français (Belair), sont aidés par des villageois nord-coréens - dont l'humanité est soulignée par contraste avec celle des combattants étrangers. Alors jugée pro-communiste car dénigrant l'armée française, dans le contexte de la guerre froide et des manoeuvres de la CIA pour contrôler la culture (au moment où nombre de personnalités du monde de la culture et de la science se sont engagées contre les Américains pendant la guerre de Corée), la pièce devra attendre les années 1990 pour être traduite en coréen (au Sud de la péninsule) et être à nouveau représentée. En France, elle sera republiée par Actes Sud en 1993.

C'est à la troupe du Théâtre de la comédie, fondé à Lyon notamment Roger Planchon et Isabelle Sadoyan, que reviendra l'honneur de jouer à Lyon en première mondiale la pièce de Michel Vinaver, le 24 octobre 1956, sur une mise en scène et avec les décors de Roger Planchon. Quand Roger Planchon interprète le rôle de Belair, Isabelle Sadoyan (qui n'a alors que 28 ans) doit jouer le rôle d'une Nord-Coréenne âgée de 40 ans dans la pièce, Lin-Huai, qui a perdu son fils et secourra le soldat français. 

Un portrait de la comédienne par Nadja Pobel, en juin 2016, raconte la rencontre entre elle, Planchon et Vinaver :

Planchon est loin de ces apparats : il a fait la connaissance d’un jeune auteur contemporain méconnu, Michel Vinaver, venu voir sa version de La Bonne-âme du Se-Tchuan, lui laissant un texte, Les Coréens. Aussitôt lu, aussitôt monté ! «Vinaver a beaucoup compté car il me parlait, très peu d’intellos venaient vers moi» dit Sadoyan qui est aussi de la distribution de la création de Planchon de Par-dessus bord en 1973 et bien plus tard, au TNP encore dans la version intégrale de ce même texte monté par Christian Schiaretti en 2008. Un vrai compagnonnage !

http://www.petit-bulletin.fr/lyon/theatre-danse-article-54388-Isabelle+Sadoyan+++la+Bonne-Ame.html

Nadja Pobel raconte aussi la rencontre avec Sonia Bove à l'occasion de la représentation des Coréens, en apportant un témoignage très vivant sur le jeu de la comédienne :  

C’est au moment des Coréens, que Sonia Bove rencontre Isabelle Sadoyan qui deviendra sa grande amie. Même si elle a quinze ans de moins que la comédienne, elle se souvient : «son jeu me plaisait, elle avait à la fois la simplicité, le burlesque, le baroque, elle était effacée et présente. Et cela n’a pas bougé d’un iota» confie-t-elle. «Le théâtre a toujours la même place dans son éthique. Je n’aurais jamais pensé qu’on puisse aimer un métier à ce point-là».

http://www.petit-bulletin.fr/lyon/theatre-danse-article-54388-Isabelle+Sadoyan+++la+Bonne-Ame.html

L'AAFC salue la mémoire d'une grande comédienne et présente ses condoléance à sa famille, ses collègues et ses proches.

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