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29 novembre 2023 3 29 /11 /novembre /2023 10:55

Le 28 novembre 2023, les pays membres du Bureau international des expositions (BIE), organisation intergouvernementale chargée de superviser les expositions internationales, ont choisi Riyad pour l'édition 2030 : la ville saoudienne l'a emporté très largement dès le premier tour de scrutin, en obtenant 119 voix, contre 29 voix pour la ville sud-coréenne de Busan et 17 voix pour Rome. Fidèle à sa mission statutaire de faire connaître la culture coréenne et de favoriser les échanges franco-coréens, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) partage la déception de tous les Coréens : un tel événement aurait été un catalyseur exceptionnel pour faire connaître la prodigieuse ascension de la République de Corée, passée en une génération du statut de pays pauvre, ruiné au sortir de la guerre de Corée, à celui de nation parmi les plus dynamiques d'Asie et les plus innovantes, où l'engagement de millions d'hommes et de femmes a également su abattre un régime militaire pour fonder l'un des Etats les plus démocratiques du continent. 

Le siège du Bureau international des expositions, avenue d'Iéna, à Paris

Le siège du Bureau international des expositions, avenue d'Iéna, à Paris

La ville de Rome a dénoncé une débauche de moyens pour l'organisation d'un événement aux retombées économiques considérables, qui se tient tous les cinq ans depuis 1851, et dont l'édition de 1889 à Paris avait vu la construction de la Tour Eiffel. De fait, sur le terrain financier la Corée du Sud pouvait difficilement rivaliser avec l'Arabie Saoudite, malgré les efforts considérables déployés ces derniers mois, y compris sur la scène diplomatique. Le président sud-coréen Yoon Seok-yeol a présenté ses excuses pour cet échec - mais il serait réducteur et injuste de lui faire porter l'entière responsabilité d'un vote qui montre que, quel que soit le formidable vecteur d'influence que constitue la K-Pop dans l'opinion publique mondiale, les solidarités internationales ont aussi joué en faveur de Riyad. La ville saoudienne a manifestement emporté la plus grande partie des votes du Tiers Monde, alors que sa candidature était très controversée sur le plan des droits de l'homme et de l'environnement (pourtant censé être l'une des thématiques majeures dans le soutien à l'innovation que constituent les expositions universelles), ainsi que l'a rappelé le quotidien Le Monde

La candidature saoudienne, la plus controversée, vantait « la première exposition carbonégative », dans un pays pourtant aride, parmi les premiers producteurs de pétrole au monde et l’un des premiers émetteurs de gaz à effet de serre par habitant. Une semaine avant l’issue du scrutin, quinze ONG de défense des droits humains avaient appelé le BIE à « ne pas voter » pour Riyad du fait de son « épouvantable » bilan sur le plan des droits humains.

L'AAFC comprend et partage la déception des Coréens. Le choix des pays hôtes pour les organisations d'événements internationaux obéit à des règles trop souvent opaques et critiquables. Nous avons la conviction que la ville de Busan, d'ores et déjà mondialement connue pour son festival de cinéma parmi les plus renommés d'Asie, saura rebondir pour d'autres candidatures à d'autres manifestations.

Sources : 

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11 novembre 2023 6 11 /11 /novembre /2023 20:59

Composée et produite par Giorgio Moroder, sur des paroles en coréen de Kim Moon-hwan et en anglais de Tom Whitlock, la chanson Hand in hand a été l'hymne officiel des Jeux olympiques de Séoul en 1988, en étant interprétée par l'un des plus grands groupes sud-coréens, Koreana, qui a été en activité entre 1962 et 1995. Ce titre a aussi été l'un des premiers grands succès internationaux de la pop coréenne. 

Majestueux, insufflant un optimisme célébrant l'esprit olympique de dépassement et d'aspiration à la victoire, Hand in hand marquait aussi la réconciliation entre l'Est et l'Ouest - après les boycotts des précédents Jeux olympiques par de nombreuses nations occidentales lors des olympiades de Moscou en 1980, puis par la plupart des démocraties populaires lors de celles de Los Angeles en 1984. 

Le compositeur italien Giorgio Moroder était déjà connu pour la production de bandes originales de film (Midnight Express, American Gigolo, Flashdance, Scarface ou encore la version de 1984 du Metropolis de Fritz Lang). Il a notamment collaboré avec David Bowie, Elton John, Freddie Mercury et les Sparks. 

Le groupe Koreana - au répertoire varié (pop, pop rock, électronique, europop) - avait, pour sa part, déjà accédé à la notoriété internationale avec la sortie de DisCorea chez Polydor en 1979.

Le titre Hand in Hand a été classé dans 17 pays, atteignant la première place en RFA, en Suisse, en Norvège et en Finlande. Il a aussi donné lieu à des versions en mandarin (par Alan Tam), en cantonais (interprété par les Hong-kongais Timothy Wong et Pearl Lee) et en suédois (par Keith Almgren). Enfin, le groupe de filles sud-coréen I.O.I en a sorti un remix en 2016.

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20 octobre 2023 5 20 /10 /octobre /2023 14:09

À l’occasion de l’exposition « Unité et paix pour la Corée », qui se tient du 14 au 22 octobre 2023 au 44 rue Volta à Paris 3e, l’artiste-collectionneur sud-coréen Choi Sang Kyun a tenu une conférence de présentation de sa collection intitulée « Chosonhua » (art pictural nord-coréen).

Conférence sur l’art nord-coréen : un autre regard sur la Corée

La soirée a débuté à 19h au 44 rue Volta (Paris 3e). Une quinzaine d’auditeurs ont pris part à l’événement. Paul-Amour Jouanaud a présenté l’exposition, grâce à l’association organisatrice Arirang Europe avec le soutien de l’organisation partenaire AAFC. Afin d’introduire le sujet, deux films ont été montrés : l’interview de M. Choi par la BBC et la présentation de la collection dans un film réalisé par François Bibonne. M. Choi a ensuite présenté son parcours professionnel de chanteur lyrique. C’est grâce à sa pratique artistique qu’il a pu, en tant que Sud-Coréen, se rendre au Nord dès 1990. Là, il eut la chance de rencontrer de nombreux artistes, notamment les meilleurs peintres contemporains.

M. Choi a ensuite présenté une partie conséquente de sa collection. Son talent d’orateur a tenu le public captivé. Chaque peinture était présentée, ainsi que son auteur, avec une brève biographie, notamment les honneurs reçus. C’était une introduction au rôle social des artistes en République populaire et démocratique de Corée. Mais c’était aussi une démonstration du contenu révolutionnaire des œuvres présentées. L’art nord-coréen appartient en majorité au courant du réalisme socialiste. L’intérêt de la collection de M. Choi est aussi de montrer que les artistes ne font pas que de la peinture politique sur commande de l’Etat. Ils sont en réalité libres de choisir leurs sujets et leurs techniques. Cependant, la vente privée demeure interdite : les peintures réalisées sont données par les artistes à l’Etat qui se charge de les vendre. Les bénéfices reviennent intégralement à l’Etat, étant donné que les artistes sont rémunérés tout au long de leur carrière dès la fin de leurs études supérieures d’art.

Enfin, M. Choi a présenté Constructing the Ski Resort (마식령 스키장 & 문수 물놀이장 건설) de Ri Chol Wu et Song Chol Hyok. C’est une très grande toile (200×520 cm). Elle a été réalisée en 2013. La toile s’inscrit dans la tradition des grandes peintures de bataille. Cependant, le sujet ici n’est pas à proprement parler militaire. Deux scènes se juxtaposent : à gauche la construction du parc aquatique de Munsu (à Pyongyang) et à droite la construction de la station de ski de Masikryong (à Wonsan). L’objet de loisirs de ces deux réalisations architecturales tranche avec leur mise en scène. Les acteurs de ces travaux sont les « travailleurs-soldats », ce qui explique la référence à la peinture de guerre. Ces deux centres de loisirs ont un double objectif : développer le tourisme et donner de nouvelles sources de divertissement au peuple.
 

La soirée s’est achevée par quelques questions. Les auditeurs étaient ravis. Ils demandaient à ce que d’autres événements de ce type aient lieu. N’hésitez pas à passer voir l’exposition avant qu’elle ferme ses portes ce dimanche soir.

Conférence sur l’art nord-coréen : un autre regard sur la Corée
Conférence sur l’art nord-coréen : un autre regard sur la Corée
Conférence sur l’art nord-coréen : un autre regard sur la Corée
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17 octobre 2023 2 17 /10 /octobre /2023 22:26

Le 14 octobre 2023 a eu lieu le vernissage de l'exposition d'art coréen "Paix et unité. Pour la Corée" au 44 rue Volta (Paris 3e). Un ensemble exceptionnel de peintures et d'affiches nord-coréennes issues de la collection de Choi Sang Kyun, chanteur d'opéra sud-coréen établi aux Etats-Unis, ont été montrées à proximité des galeries d'art contemporain parisiennes, dans un moment riche en émotions. Une occasion unique de découvrir des oeuvres exposées pour la première fois en France et qui ouvrent une fenêtre sur une société largement méconnue en Occident.

Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion

L'exposition, organisée par l'association Arirang avec le soutien de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), a été présentée par Paul-Amour Jouanaud, cheville ouvrière de sa mise en place, le collecteur Choi Sang Kyun étant commissaire d'exposition. L'inauguration a eu lieu en présence d'artistes et d'un public nombreux. Dominique de Miscault, présidente de la commission culture de l'AAFC, représentait l'Association. Elle a également joué un rôle majeur dans la préparation de l'exposition et son vernissage, y compris pour la sélection des musiciens.

Ayant partagé plusieurs pièces de son registre de chanteur d'opéra, accompagné par Mark Drobinsky, violoncelliste, Miho Nitta, pianiste compositeur, et Jérôme Simon, violoniste, le baryton Choi Sang-kyun était à proprement parler l'homme-orchestre de cette soirée d'inauguration. Il a retracé avec émotion comment il avait réuni des pièces rares, qui sont le témoin d'un savoir-faire ancré dans le réalisme socialiste et qui témoignent avant tout de son souhait de voir la Corée réunifiée de manière pacifique, sans considération des régimes politiques qui se partagent le sol de la péninsule coréenne divisée depuis près de trois générations. 

Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion
Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion
Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion
Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion
Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion

Présentant en anglais les différentes oeuvres de sa collection, Choi Sang Kyun a montré la richesse et la diversité de pièces qui, outre les huiles sur toile plus familières à un public occidental, s'ancrent également dans la tradition coréenne du chosonhwa, peinture au lavis à l'encre. Paysages, scènes de genre... la hiérarchie des styles rappelle les canons de l'Académie de peinture en France. En République populaire démocratique de Corée (RPDC) l'artiste est non seulement un créateur mais aussi un éducateur, bénéficiant d'un statut protecteur garanti par l'Etat. 

Les discussions se sont poursuivies autour d'un buffet, l'exposition se poursuivant jusqu'au 22 octobre 2023 (ouverture tous les jours de 10h à 20h, renseignements au 06 74 83 07 24). Le jeudi 19 octobre à 19h un débat sera organisé autour de l'oeuvre magistrale,, exposée en février 2018 à Séoul. 

Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion
Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion
Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion
Exposition d'art coréen à Paris : un vernissage empli d'émotion

Photos : Dominique de Miscault

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6 octobre 2023 5 06 /10 /octobre /2023 20:17

Du 14 au 22 octobre 2023, tous les jours de 10h à 20h, l'association Arirang Europe organise une exposition d'art coréen "Paix et unité. Pour la Corée" au 44 rue Volta (Paris 3e). Il s'agira de la plus grande exposition de peintures et d'affiches de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) organisée à ce jour en France, avec le soutien de l'Association d'amitié franco-coréenne. L'AAFC vous invite à découvrir un ensemble exceptionnel d'oeuvres issues de la collection de Choi Sang Kyun.

"Paix et unité. Pour la Corée" : exposition d'art coréen à Paris 3e du 14 au 22 octobre 2023

Les pièces présentées de la collection de Choi Sang Kyun sont rares, patiemment réunies grâce aux contacts que le chanteur d'opéra sud-coréen, établi aux Etats-Unis, a établis depuis plus de 30 ans avec les artistes de la RPD de Corée

En marge des courants dominants de l'art contemporain, la peinture nord-coréenne n'en révèle pas moins une grande maîtrise technique, choisissant des thèmes traités dans la double filiation de la tradition coréenne et du réalisme socialiste. Les peintures et affiches sélectionnées dans l'exposition "Paix et unité. pour la Corée" constituent aussi, à l'instar de la littérature et du cinéma, une fenêtre ouverte sur une autre société, souvent traitée de manière réductrice en Occident.

Fidèle à sa mission statutaire, l'AAFC considère la culture comme un vecteur privilégié pour le dialogue interculturel, la paix et les échanges entre les peuples. Elle avait déjà fait une première présentation des oeuvres de M. Choi en juillet 2023 à Paris. Par ailleurs, Pangée ONG - Ingénierie de Paix prolonge l'exposition d'art coréen qu'elle organise depuis septembre 2023 au 56 rue Mademoiselle Paris 15e

Le vernissage de l'exposition rue Volta, le 14 octobre à 18h, comportera un concert auquel participera Choi Sang Kyun, qui présentera ses oeuvres et expliquera la genèse de la formation d'une collection à nulle autre pareille. Celle-ci constitue le symbole puissant de l'espoir de tout un peuple de voir sa patrie un jour réunifiée, sur la base d'un patrimoine culturel commun, partagé, malgré les vicissitudes de l'histoire. 


Renseignements pratiques

"Paix et Unité. Pour la Corée". Exposition d'art coréen, 44 rue Volta (Paris 3e).
Entrée libre, tous les jours du 14 au 22 octobre 2023, de 10h à 20h.
Contact : Arirang Europe (06 74 83 07 24).

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3 septembre 2023 7 03 /09 /septembre /2023 13:01

Dans son numéro d'août 2023, Le Monde Diplomatique, sous la plume du professeur Koen De Ceuster, propose de quitter les sentiers battus sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour traiter d'un sujet largement ignoré, en tout cas en Occident : l'art et le statut d'artiste en Corée du Nord. Dans son article "A la recherche de l'artiste nord-coréen", traduit de l'anglais par Elise Roy, Koen De Ceuster s'appuie sur une étude de terrain menée avec d'autres universitaires en RPDC en 2018 (et ayant donné lieu à la publication, dirigée par Valérie Gelézeau et Benjamin Joinau, de l'ouvrage Faire du terrain en Corée du Nord) - notamment la visite des ateliers Mansudae, centre majeur de création artistique du pays, où il a pu rencontrer quelques-uns des artistes nord-coréens les plus réputés, en particulier Choe Chang Ho et O Un Byol. Cet article de fond a été publié alors qu'une exposition d'art nord-coréen est organisée à Paris du 1er au 10 septembre 2023, et qu'une autre est en préparation dans le cadre des activités menées par l'Association d'amitié franco-coréenne pour faire connaître la culture de - toute - la Corée. 

Son U Young. — « Les Monts Kumgangsan en automne », 2006. Collection de Choi Sang Kyun

Son U Young. — « Les Monts Kumgangsan en automne », 2006. Collection de Choi Sang Kyun

Koen De Ceuster souligne la formation exigeante des artistes nord-coréens qui, dans le cadre du réalisme socialiste, doivent exprimer une sensibilité où ils sont conscients de leur rôle social et politique pour toucher le public. A l'instar du professeur Patrick Maurus qui, dans le cadre d'une conférence sur la littérature nord-coréenne organisée par l'AAFC en 2012, s'était appuyé sur sa rencontre avec des écrivains pour montrer leur inscription dans la société nord-coréenne, Koen De Ceuster met l'accent sur l'expression d'une sensibilité individuelle. Celle-ci donne toute leur valeur à des oeuvres d'exception, tout en respectant des canons qui ne sont pas sans rappeler ceux de l'art académique européen jusqu'au XIXe siècle : 

Chargés de contribuer à révolutionner les coeurs et les esprits - une entreprise assimilée au point culminant de toute révolution socialiste -, l'art et la culture font partie intégrante de l'appareil de propagande. Non seulement le régime ne cherche pas à le cacher, mais il s'en glorifie.

Il peut paraître surprenant qu'une conception aussi étriquée laisse tout de même une place à l'individualité de l'artiste. Mais, pour atteindre le but fixé, une oeuvre doit aussi être frappante visuellement. C'est l'apanage des artistes d'exception. Voilà pourquoi l'éducation artistique nord-coréenne repose sur un second pilier : une stricte formation classique qui apprend aux étudiants les fondamentaux du métier - géométrie, perspective, dessin au crayon, dessin d'après modèle vivant, couleur, composition -, doublée d'un enseignement plus théorique en matière d'esthétique, de philosophie et d'histoire de l'art (coréen et mondial).

L'idée est que l'artiste maîtrise les styles et techniques établis (et autorisés) afin qu'il puisse ensuite développer son expressivité personnelle - qu'il travaille en peinture à l'huile sur toile ou, plus traditionnellement, à l'encre sur papier. Se former à l'art revient à apprendre une langue, à ce ci près que, une fois une langage acquis, l'artiste doit trouver sa propre voie.

Parmi les techniques de peinture, celle au lavis à l'encre - appelée en RPDC chosonhwa - ne permet pas la correction des erreurs, à la différence de la peinture à l'huile sur toile. C'est ce genre qu'a choisi Choi Chang Ho, connu en Asie de l'Est pour ses représentations des paysages de montagne, mais dont le thème de prédilection est la représentation des ouvriers et des paysans dont il se sent si proche, et à la personnalité ainsi décrite par Koen De Ceuster : 

Sa voix grave et mélodieuse, sa manière de peser soigneusement ses mots, son flegme et son mépris des convenances dans la façon de s'habiller, tout ce qui se forge sa personnalité se reflète dans ses tableaux.

Pour illustrer l'article du Monde diplomatique, le chanteur d'opéra sud-coréen Choi Sang kyun avait mis à disposition plusieurs oeuvres de sa collection, constituée au gré de ses voyages au nord de la péninsule. Il en avait fait une présentation à Paris en juillet 2023. 

Une exposition de peintures et photographies nord-coréennes, dont les pièces maîtresses sont issues de la collection Choi Sang Kyun, a été inaugurée le 1er septembre 2023, en présence de M. Choi, pour une durée de dix jours. M. Choi a fait une présentation des peintures ainsi montrées. L'exposition s'inscrit dans le cadre d'un festival accueilli et organisé par Pangée ONG - Ingénierie de Paix au 56 rue Mademoiselle à Paris 15e, et comportant également chaque soir la projections de films coréens.

Carton d'invitation du vernissage de l'exposition de peintures et photographies nord-coréennes à Paris 15e, du 1er au 10 septembre 2023

Carton d'invitation du vernissage de l'exposition de peintures et photographies nord-coréennes à Paris 15e, du 1er au 10 septembre 2023

Une autre exposition d'autres oeuvres de la collection Choi Sang Kyun, en plus grand nombre, est actuellement en préparation par l'AAFC, dans le centre de Paris, à proximité de Beaubourg et des galeries d'art contemporain - dont les artistes nord-coréens forment une composante certes à part, mais qui a son public de connaisseurs et d'amateurs ayant émergé dans les années 2000, et pour lesquels Koen De Ceuster observe que "leurs productions sont peut-être déconnectées des mouvements artistiques internationaux du moment, mais cela n'enlève rien à leur talent, ni à l'importance de leur art".

Principale source : 

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10 août 2023 4 10 /08 /août /2023 18:32

Dans notre édition du 18 mai 2023, nous présentions plusieurs nouvelles inscriptions d'archives coréennes au Registre international de la mémoire du monde de l'UNESCO. Nous revenons aujourd'hui sur le Hon Chon Jon Do (au sud : Hon Cheon Jeon Do), inscrit à la demande de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), une carte céleste gravée sur bois qui a traduit, à la fin de la dynastie Choseon, la diffusion de l'astronomie et son utilisation dans la péninsule coréenne. 

L'exemplaire du Hon Chon Jon Do conservé à la Grande maison des études du peuple, à Pyongyang (source : KCNA)

L'exemplaire du Hon Chon Jon Do conservé à la Grande maison des études du peuple, à Pyongyang (source : KCNA)

Le Hon Chon Jon Do (dont le nom signifie : une image d'ensemble de tout le ciel) s'inscrit dans une tradition coréenne ancienne de représentation du ciel. Les autorités nord-coréennes la présentent comme un état des connaissances en astronomie des Coréens au XVIIIe siècle. Elle est basée sur le calendrier lunaire, le lever et le coucher du soleil, ainsi que les éclipses solaires et lunaires, en décrivant vingt-quatre saisons. On dénombre 2 037 étoiles formant 278 constellations. Cette carte a été utilisée par la paysannerie pour les travaux agricoles. Elle traduit ainsi la popularisation de l'astronomie à la fin de la dynastie Choseon, de nombreuses copies ayant été réalisées.  

Deux astronomes de l'Université nationale de Chungnam, en République de Corée (Corée du Sud), ajoutent qu'elle forme un ensemble avec une autre carte, le Yeoji Jeon Do - que l'on doit à Kim Jung-ho, ayant utilisé des connaissances traditionnelles coréennes et d'autres d'origine occidentale, parvenues au pays du Matin calme via la Chine :  

La projection stéréographique a été appliquée avec comme centre de projection le point médian (Q) entre les pôles nord céleste et écliptique. Le "cercle médian" autour du point Q se situe entre l'équateur et l'écliptique, et sur ce cercle, l'angle horaire et la longitude écliptique d'une étoile peuvent être marqués en utilisant la même échelle. Cela signifie que l'heure du jour et la saison de l'année peuvent être lues sur le même cadran du cercle médian, et (...) [constituent] la base pour produire la carte du ciel.

La ville de Séoul dispose d'autres exemplaires. 

Le Hon Chon Jon Do marque ainsi une transition entre les conceptions géocentrique et héliocentrique de représentation du monde, alors que figurent les principales planètes du système solaire alors connues (outre la Terre, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne). 

Sources : 

 - Namuwiki

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10 juillet 2023 1 10 /07 /juillet /2023 23:15

Le 7 juillet 2023 a eu lieu une présentation exceptionnelle de peintures nord-coréennes à Paris, dans le 13e arrondissement. Jung-Hee Lavorel-Kim, vice-présidente déléguée de l'AAFC, rend compte ci-après de l'organisation de cette exposition éphémère, qui inaugure une série d'événements en France autour de l'art de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). 

Présentation à Paris de peintures nord-coréennes par M. Choi, artiste et collectionneur

J’ai rencontré M. Choi à Séoul en 2018 alors qu'il faisait une exposition de peintures coréennes à l'occasion de la célébration du succès des Jeux olympiques d'hiver à P’yŏngch’ang en Corée du Sud, lors desquels les Nord et les Sud-Coréens avaient défilé ensemble pendant la cérémonie d'ouverture puis formé une seule équipe conjointe en hockey sur glace.

M. Choi est l'une des rares personnes à avoir pu visiter Pyongyang à plusieurs reprises depuis 1990, alors qu'il était un jeune chanteur (baryton) de l'opéra de New York. A l’époque il avait été invité par le gouvernement nord-coréen pour fêter un rassemblement des Coréens du Sud et des Coréens expatriés.

Depuis il est tombé amoureux des peintures nord-coréennes qu'il a collectionnées dès que ses moyens le lui ont permis et à chaque fois qu'il s'est rendu en Corée du Nord. Il possède une large collection d'œuvres de toutes les périodes y compris des peintures historiques, des œuvres majeures et d'autres réalisées par de jeunes peintres.

Le 7 juillet 2023 à Paris il a pu faire une courte présentation sur les caractéristiques et les particularités des peintures coréennes - alors que celles-ci sont largement méconnues en France. Grâce au soutien de l’AAFC et d'Art of Pyongyang M. Choi a pu avoir des contacts directs avec des Parisiens qui découvraient pour la première fois des peintures nord-coréennes réellement présentées. Notre amie et membre de l’AAFC, Dominique de Miscault, a mis ses locaux à disposition pour cette présentation.

Les participants ont été très enthousiastes en découvrant un art différent et à part entière. Tantôt réalistes et grandioses par leur description de la nature, tantôt exprimant avec force la joie du travail et de l’effort, les peintures des artistes nord-coréens méritent de recevoir une large attention du public français.

Réalisée en un temps record, cette exposition doit en annoncer d'autres, qui seront diffusées à l'ensemble des membres de l'AAFC par voie électronique.

Présentation à Paris de peintures nord-coréennes par M. Choi, artiste et collectionneur
Présentation à Paris de peintures nord-coréennes par M. Choi, artiste et collectionneur
Présentation à Paris de peintures nord-coréennes par M. Choi, artiste et collectionneur
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6 juillet 2023 4 06 /07 /juillet /2023 20:43

La Chine et la Corée ont pratiqué la xylographie dès le VIIIe siècle. Le plus ancien ouvrage imprimé avec des caractères mobiles métalliques conservé à ce jour est coréen : le Jikji (abréviation de Baegun hwasang chorok bulgo jikji simchi yojeol, en français : Traits édifiants des patriarches rassemblés par le bonze Baegun), imprimé en 1377 à Cheongju, est conservé dans le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Avec d'autres pièces majeures de l'histoire de l'imprimerie, il est présenté dans le cadre de l'exposition de la BnF "Imprimer ! L'Europe de Gutenberg" (du 12 avril au 16 juillet 2023) - alors que la BnF et l'Administration pour le patrimoine culturel de la République de Corée (Corée du Sud) ont signé, le 11 avril 2023, une convention triennale pour renforcer la coopération scientifique autour des fonds coréens de la BnF.  

Le Jikji, le plus ancien livre imprimé au monde, présenté lors de l'exposition de la BnF "Imprimer ! L'Europe de Gutenberg"

Rédigé par le moine Pak Un et ses disciples, le Jikji se compose de deux rouleaux et correspond à une collection d'enseignements de Bouddha et de patriarches, relevant de l'école coréenne bouddhiste seon. Le premier ordre bouddhiste de Corée, l'ordre Jogye, le considère comme un texte majeur, permettant d'accéder aux enseignements fondamentaux du zen. Seul nous est parvenu le second volume de l'édition de 1377 (78 ans avant la Bible de Gutenberg).  Le colophon nous renseigne sur le contexte de sa publication à l'aide de caractères mobiles fondus, en juillet, par le monastère de Hungdok, avec le soutien de la religieuse Myodok. 

Acquis par le consul de France à Séoul (et à ce titre premier représentant diplomatique de la France en Corée) Victor Collin de Plancy, le Jikji a été vendu en 1911 au joaillier, écrivain et collectionneur d'art Henri Vever, qui l'a ensuite légué à la Bibliothèque nationale de France en 1950., permettant l'entrée de l'ouvrage dans les collections de la BnF en 1952 (cote Coréen 109, Grande Réserve). 

Avant l'exposition de 2023, il n'a été montré au public qu'en de rares occasions - notamment lors de l'Exposition universelle de 1900 à Paris, dans le pavillon coréen, avec d'autres pièces de la collection Victor Collin de Plancy, puis en 1972 lors de la première édition de l'Année internationale du livre, sa valeur historique ayant alors été mise en valeur par le Docteur Mme Park Byeong-seon. 

Autour de l'exposition, la BnF a organisé le 18 avril 2023 une projection du film Jikji, un voyage dans le temps de l'écrit, de Jérôme Cecil-Auffret, suivie d'une discussion avec le réalisateur, des spécialistes des manuscrits orientaux et un moine bouddhiste.

Sources : 

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6 juin 2023 2 06 /06 /juin /2023 10:48

En lisant la presse du jour, Georges Gerfaut apprit qu' "un Esquimau avait été abattu comme il tentait de détourner un Boeing 747 sur la Corée du Nord", mais aussi que "les chars et l'aviation étaient intervenus contre six mille paysans boliviens insurgés" et qu' "une centenaire venait d'avoir cent ans et proclamait son intention de voter à gauche". Breaking news ? Non, des informations inventées de toutes pièces mais qui reflètent l'esprit - désabusé, mais terriblement juste - de Jean-Patrick Manchette dans son roman noir Le Petit Bleu de la côte ouest, publié en 1976 par Gallimard et adapté en BD par Jacques Tardi (les cinéphiles penseront à Trois hommes à abattre de Jacques Deray avec Alain Delon dans le rôle de Gerfaut, mais le film s'éloigne davantage du roman que ne le fait Tardi).  Des informations qui reflètent également l'esprit d'une époque. Décryptage. 

Vignette extraite du "Petit Bleu de la côté ouest" de Manchette et Tardi

Vignette extraite du "Petit Bleu de la côté ouest" de Manchette et Tardi

Passons sur l'appellation "Esquimau" plutôt qu' "Inuit", le terme par lequel se désigne désormais ce peuple autochtone de l'Arctique (même s'il inclut aussi les Yupiks) - le mot "Esquimau" étant aujourd'hui perçu comme discriminatoire.  Car le roman de Jean-Patrick Manchette a été publié en 1976, et une telle remarque relèverait de l'anachronisme. 

Dans son style bref, incisif, en énonçant qu'un Inuit aurait été abattu en tentant de détourner un Boeing 747 sur la Corée du Nord, Jean-Patrick Manchette fait coup double : d'une part, il rappelle que les mouvements de libération nationale, dans les années 1970, ont été à l'origine de faits divers spectaculaires - y compris des détournements d'avion -, et d'autre part que la Corée du Nord apparaissait alors - non sans raisons - comme l'un des centres de la révolution mondiale.  Mais (et transperce alors l'humour noir de Manchette) aucun révolutionnaire inuit n'a à notre connaissance jamais détourné d'avion, et encore moins vers la Corée du Nord... Pourtant, un tel scoop aurait été du plus bel effet sensationnaliste. En rassemblant des éléments épars, l'auteur de polars nous fabrique une sorte de cadavre exquis, tout en moquant implicitement la société de l'information, sous-bassement de ce que d'aucuns ont qualifié de société du spectacle. 

Revenons toutefois sur les éléments du puzzle qui, eux, font écho à des événements bien réels. Tout d'abord, sur les mouvements d'affirmation des Inuits (qu'il vaudrait d'ailleurs mieux écrire "Inuit", "Inuit" - signifiant "les hommes" étant le pluriel d'Inuk : un Inuk, des Inuit) dans les années 1970.  C'est en 1976 (la même année où paraît Le Petit bleu de la côte ouest) qu'est fondé Inuit Ataqatigiit, le parti indépendantiste groenlandais aujourd'hui au pouvoir dans la grande île danoise qui bénéficie d'un régime d'autonomie élargie. Auparavant, l'affirmation de l'identité groenlandaise avait impliqué notamment une défense de la langue et de la culture. C'est aussi en 1976 que des négociations s'engagent pour donner un gouvernement autonome aux Inuits du Canada - aboutissant à la création du Nunavut en 1999.

S'agissant de la Corée du Nord, le soutien aux mouvements de décolonisation est plus connu. Il a toujours une résonance actuelle en ce qui concerne la Palestine et le Sahara occidental. Un autre épisode a été le détournement d'un avion de la Japan Airlines sur la Corée du Nord en 1970, par des membres de l'Armée rouge japonaise. Une initiative dont Pyongyang n'était certainement pas à l'origine, mais qui servira à l'instruction de son dossier comme Etat soutenant le terrorisme - et est à l'origine d'un contentieux encore d'actualité avec le Japon, qui exige toujours l'extradition des auteurs du détournement d'avion qui se sont réfugiés à Pyongyang.

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