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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 00:51

Après la rencontre entre le Président Kim Jong-un et une délégation sud-coréenne de haut rang en visite en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les émissaires de la République de Corée (Corée du Sud) ayant visité Pyongyang se sont rendus aujourd'hui à Washington où ils ont remis un message du dirigeant nord-coréen au président américain. Le Président Donald Trump a laissé la primeure de l'annonce à Chung Eui-yong, chef du bureau de la sécurité nationale auprès du Président Moon Jae-in, qui a fait savoir peu après 19 heures (heure de Washington, 1 heure du matin heure française) que le Président Kim Jong-un avait invité le Président Donald Trump à le rencontrer "le plus tôt possible". Le président américain a annoncé qu'il rencontrerait le dirigeant nord-coréen d'ici mai. Si le lieu de la rencontre n'a pas été précise, nous estimons probable que celle-ci ait lieu en Corée du Nord.

Kim Jong-un invite Donald Trump à le rencontrer : accord du président américain pour un sommet d'ici mai

L'annonce est spectaculaire, et traduit une brutale accélération de l'histoire dans la péninsule coréenne quelques jours seulement après l'annonce du troisième sommet intercoréen fin avril : pour la première fois, un sommet se tiendra entre un président américain en exercice et le dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée, dans les trois mois à venir. L'objet des discussions portera sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne - cet objectif ayant été réaffirmé par le Président Kim Jong-un dans son message au Président Donald Trump. Dans l'immédiat, la RPDC ne procédera pas à de nouveaux tirs de missiles ni essais balistiques.

Dans le message lu par Chung Eui-yong, ce dernier a souligné que, selon Séoul, ce résultat était le fruit de la solidarité de la communauté internationale pour la dénucléarisation de la Corée du Nord - y compris de la politique de sanctions. Il a été précisé que la RPDC ne demandait pas la suspension des manoeuvres militaires américano-sud-coréennes, dans un nouveau geste d'ouverture pour créer les conditions d'un dialogue en vue d'une paix durable dans la péninsule coréenne.

Si les modalités des discussions et les autres points de l'accord à trouver n'ont pas été précisés, il est attendu que Pyongyang ne renoncera à sa force de dissuasion nucléaire qu'en contrepartie d'engagement réels : non seulement la levée des sanctions et des garanties de sécurité concrètes ainsi que de non-agression (dans le cadre de la signature d'un traité de paix et de la mise en place d'un mécanisme de sécurité collective, comme l'AAFC en est l'avocate depuis de nombreuses années ?), mais aussi potentiellement l'établissement de relations diplomatiques entre Pyongyang et Washington et des contreparties économiques.

Si les sujets sont nombreux, parvenir à un accord d'ici la célébration du 70e anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée, le 9 septembre 2018, pourrait constituer un objectif pour les autorités nord-coréennes, qui ont toujours recherché un dialogue direct avec les Etats-Unis et pourraient, avec la levée des sanctions, atteindre plus facilement l'objectif de création d'une puissance prospère, alors que l'élévation du niveau de vie de la population a été placé au premier rang des buts politiques dès son arrivée au pouvoir en décembre 2011.

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 08:25

"C'est exceptionnel. Cela a largement dépassé toutes nos attentes" : c'est en ces termes qu'a réagi le professeur Kim Yong-hyun, spécialiste des questions nord-coréennes à l'université Dongguk de Séoul, à la rencontre à Pyongyang entre le Président Kim Jong-un et la délégation sud-coréenne représentant le Président Moon Jae-in le 5 mars 2018. De fait, non seulement la tenue d'un troisième sommet intercoréen, dans des délais très rapprochés, dès fin avril, apparaît désormais acquise, mais la République de Corée (Corée du Sud) s'est repositionnée au centre du jeu diplomatique en créant les conditions d'un dialogue direct entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), objectif de longue date de Pyongyang, par ailleurs seul à même de permettre un cycle durable de diminution des tensions autour de la péninsule coréenne, pour progresser vers la paix et l'instauration de mécanismes pérennes de sécurité collective en Asie du Nord-Est. De fait, les émissaires sud-coréens doivent partir pour Washington dès jeudi pour informer la partie américaine des propositions nord-coréennes, en étant par ailleurs porteurs d'un message du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, alors que la RPDC a mis sur la table, de façon spectaculaire, l'ouverture de négociations qui conduiraient à terme à sa dénucléarisation, en contrepartie d'engagements de sécurité des Etats-Unis et de la normalisation des relations bilatérales. 

La délégation sud-coréenne rendra compte à Washington des propositions nord-coréennes dès jeudi

Dans une économie de marché les bourses sont un indicateur avancé du sentiment dominant parmi les élites politiques et économiques : en titrant "Une rencontre programmée entre les Etats-Unis et la Corée du Nord favorise la reprise" [des marchés boursiers], le journal Times of Malta va peut-être vite en besogne en anticipant un dialogue entre Washington et Pyongyang, mais il traduit l'idée dominante que, à ce stade, Nord-Coréens et Américains s'asseoiront bien à la table des négociations - alors que le président sud-coréen Moon Jae-in a mis en garde contre tout optimisme prématuré, en soulignant qu'il s'agissait du tout début d'un processus.

Si les premières réactions du Président Donald Trump ont été encourageantes (il a salué des déclarations "très positives" de Pyongyang, jugées "sincères", qu'il a par ailleurs considérées comme résultant des sanctions et donc de la politique américaine qu'il conduit), les Etats-Unis pouvaient difficilement réagir autrement d'un strict point de vue de communication - il n'est pas possible, aux yeux de l'opinion publique et de leur allié sud-coréen, d'apparaître comme refusant d'avancer vers la paix, après l'annonce d'un sommet intercoréen. L'échange qu'auront à Washington, jeudi, les autorités américaines et les représentants de la délégation sud-coréenne ayant visité Pyongyang qui leur transmettront les positions nord-coréennes, devrait permettre aux Etats-Unis de donner une réponse officielle.

Comme l'a cependant affirmé le président américain (il faut essayer, quitte à voir ce qu'il en résultera), il serait surprenant qu'Américains et Nord-Coréens n'engagent pas ouvertement des discussions, alors que les divergences restent importantes - jusqu'à une période récente, les Etats-Unis entendaient que la Corée du Nord renonce unilatéralement et immédiatement à sa dissuasion nucléaire avant d'entamer le reste des négociations, alors que Pyongyang a seulement ouvert la perspective d'une dénucléarisation à terme. La discussion sera donc globale et longue, alors que la RPDC manifeste déjà pour sa part des signes de bonne volonté en proposant de poursuivre son moratoire actuel de fait sur ses essais nucléaires et balistiques tant que le dialogue sera en cours - alors même que les Etats-Unis n'entendent pas de leur côté, à ce stade, suspendre leurs manoeuvres militaires prévues fin mars, les plus grandes au monde en temps de paix, et régulièrement dénoncées par Pyongyang comme la répétition d'une opération d'invasion de son territoire. L'élément prometteur pour le dialogue est que tant la Corée du Nord (qui dispose désormais d'une capacité de dissuasion nucléaire opérationnelle) que les Etats-Unis sont convaincus d'être en position de force pour négocier à présent.

Une des principales inconnues reste les équilibres qui se mettront en place au sein de l'administration américaine, et sur lesquels Donald Trump devra trancher : comme l'ont montré Juliette Morillot et Dorian Malovic dans leur récent ouvrage Le monde selon Kim Jong-un, une légende tenace (du story telling dit-on aujourd'hui), répétée à l'envi, veut que les Nord-Coréens n'aient pas respecté l'accord sur le nucléaire de 1994, et que donc ils ne seraient pas un partenaire fiable. Une réécriture des faits à l'opposé de ce qui s'est passé, puisque les Nord-Coréens ont bien suspendu leur programme nucléaire pendant de nombreuses années, mais la propagande (en l'occurrence, néo-conservatrice) a la vie dure dès lors qu'elle bénéficie de puissants relais d'opinion, comme l'a montré naguère la saga des pseudo-armes de destruction massive en Irak.

Sources : 

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 11:45

Selon un rapport des Nations unies réalisé en 2017 mais non publié à ce jour, ayant fuité dans les médias (le New York Times a publié un article à ce sujet le 27 février 2018, et des extraits ont aussi pu être lus par des membres de l'agence américaine Associated Press), la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) aurait coopéré avec la Syrie pour la production d'armes chimiques, dans le cadre de 40 livraisons par voie maritime entre la RPDC et la Syrie entre 2012 et 2017, via des sociétés-écrans. Ces échanges porteraient plus précisément sur des composants potentiels d'armes balistiques et chimiques : le rapport évoque "le transfert en Syrie de valves de résistances spéciales et de thermomètres connus pour être utilisés dans des programmes d'armements chimiques", ainsi que de céramiques résistant à l'acide et supposées avoir été utilisées pour des usines d'armes chimiques. Ces opérations auraient échappé aux services de renseignement américains. Elles ont été dénoncés comme une violation de l'embargo sur les armes à destination de la Syrie.

Toujours selon le rapport non publié auquel ont eu accès les médias américains précités, des techniciens nord-coréens travailleraient également sur des sites d'armes chimiques et de pièces pour missiles. Le gouvernement syrien a démenti, en déclarant qu'il n'y avait pas sur son territoire de telles sociétés nord-coréennes et que les seuls Nord-Coréens présents travaillaient dans le domaine de la coopération sportive, pour l'entraînement d'athlètes et de gymnastes.

Le gouvernement russe a mis en cause les méthodes selon lui insuffisamment rigoureuses des équipes des Nations unies en charge de ce dossier.

La nouvelle est intervenue à un moment critique, deux jours après de nouvelles accusations d'utilisation d'armes chimiques par les forces syriennes dans la Ghouta orientale. En outre, l'information conforte la politique nord-coréenne de Washington, alors que les Etats-Unis entendent renforcer les sanctions contre la Corée du Nord (ils ont d'ailleurs adopté des sanctions unilatérales qualifiées de "sans précédent", visant également d'autres pays, dont la Chine), en dépit de la trêve olympique (qui n'est d'ailleurs pas achevée, les Jeux paralympiques commençant dans quelques jours). Cette trêve a donné lieu à un spectaculaire rapprochement intercoréen, vécu à contre-coeur par l'administration Trump.

La question des armes chimiques en Syrie est particulièrement sensible : la Syrie, qui a rejoint la Convention sur l'interdiction des armes chimiques en 2013, a toujours nié avoir utilisé des armes chimiques (malgré des accusations d'utilisation dans la Ghouta orientale, avant que la Syrie ne rejoigne la Convention sur l'interdiction des armes chimiques). En janvier 2016 l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a déclaré que le stock syrien d'armes chimiques avait été supprimé. Cependant, des accusations continuent d'être portées contre Damas sur l'utilisation d'armes chimiques, qui se serait poursuivie après 2013. Le 14 février 2018, le président français Emmanuel Macron avait affirmé que toute utilisation d'armes chimiques entraînerait une riposte contre le gouvernement syrien, mais qu'il fallait des preuves incontestables sur l'utilisation avérée d'armes chimiques prohibées contre les populations civiles. Les Etats-Unis avaient, quant à eux, décidé dès avril 2017 le lancement de 59 missiles de croisière contre la base syrienne à l'origine de l'attaque de Khan Cheikhoun, qui avait selon eux impliqué l'utilisation d'armes chimiques par les forces gouvernementales syriennes. 

Le 1er mars 2018, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a publié un démenti sur la coopération avec Damas en matière d'armes chimiques émanant du directeur de la presse de l'Institut pour les études américaines du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée. Dans cette déclaration, Pyongyang a affirmé être opposé non seulement à la production et à la détention d'armes chimiques, mais à leur principe même - tout en dénonçant les Etats-Unis, principal producteur d'armes dans le monde (et ayant utilisé des armes chimiques - dont le napalm - et bactériologiques à grande échelle pendant la guerre de Corée), pour avoir monté de toutes pièces un dossier d'accusation servant leur politique belliciste à l'égard de la Corée du Nord. La RPDC est signataire de l'accord de Genève qui interdit l'utilisation d'armes chimiques en cas de guerre. En revanche, à l'instar de l'Egypte, du Soudan du Sud et d'Israël (qui a signé le traité mais ne l'a pas ratifié), la RPDC n'a pas rejoint la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, qui vise à interdire les armes chimiques et à détruire les arsenaux existants, dans le cadre de vérifications menées sous l'égide de l'OIAC.

Nous publions ci-après une dépêche de l'agence Reuters, que nous avons traduite de l'anglais, qui resitue les lourds enjeux que comporte cette question : production ou non d'armes chimiques tendant à corroborer la thèse de leur utilisation, pouvant servir de justification à une intervention américaine, éventuellement dans le cadre d'une coalition ; rôle ou pas de la Corée du Nord permettant d'accroître les sanctions contre elle, comme le souhaite Washington qui ferait ainsi d'une pierre deux coups, en visant à la fois Damas et Pyongyang.

Médias d'Etat : la Corée du Nord nie un lien avec la Syrie pour la production d'armes chimiques"

Séoul (Reuters) - Selon des comptes rendus des médias d'Etat de jeudi dernier, la Corée du Nord a rejeté les rapports selon lesquels elle a coopéré avec la Syrie pour la production d'armes chimiques, les rejetant comme une fabrication des Etats-Unis pour accroître la pression sur elle.

L'agence publique KCNA a cité un porte-parole de l'institut de recherches sur les études américaines du ministère des Affaires étrangères : selon lui, l'argument des Etats-Unis selon lequel la RPDC a aidé la Syrie à produire des armes chimiques "n'a pas de sens".

Selon le porte-parole cité par KCNA, "comme nous l'avons clairement dit à plusieurs reprises, notre République ne développe, ne produit ni ne stocke des armes chimiques et est opposée aux armes chimiques elles-mêmes."

Robert Wood, ambassadeur américain à la Conférence du désarmement, a déclaré mercredi qu'il y avait historiquement une relation entre les deux pays en matière de missiles et de composants d'armes chimiques.

Deux cargaisons nord-coréennes à une agence gouvernementale syrienne en charge du programme d'armes chimiques du pays ont été interceptées ces six derniers mois, selon un rapport confidentiel des Nations unies sur les violations des sanctions contre la Corée du Nord.

La Corée du Nord est placée sous un régime de sanctions des Nations unies depuis 2006 à propos de ses programmes balistiques et nucléaires, et le Conseil de sécurité a accru les mesures en réponse à six essais nucléaires et à plusieurs lancements de missiles de longue portée.

Selon des sources diplomatiques ayant informé Reuters, le groupe de surveillance mondial des armes chimiques basé à La Haye a ouvert une enquête dimanche sur les attaques dans la région de Ghouta orientale, tenue par les rebelles et assiégée, pour déterminer si des armes interdites ont été utilisées.

La Syrie a signé la convention internationale d'interdiction des armes chimiques en 2014, comme partie d'un accord négocié par Moscou pour éviter les attaques américaines aériennes, intervenues comme mesure de rétorsion à une attaque utilisant un gaz neurotoxique ayant tué des centaines de personnes, pour laquelle Washington a accusé Damas. Dans les années qui ont suivi, les réserves déclarées de gaz mortels interdits de la Syrie ont été détruites suivant une surveillance internationale.

Reportage de Ju-min Park, publication par Alistair Bell

Reuters

La Corée du Nord nie coopérer avec la Syrie pour la production d'armes chimiques
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20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 22:23

Le 20 février 2018, le ministre de la Défense de la République de Corée (Corée du Sud) Song Young-moo a annoncé qu'une annonce serait faite sur la reprise des manoeuvres militaires conjointes avec les Etats-Unis entre la clôture des Jeux paralympiques (le 18 mars 2018) et la fin du mois de mars, tant en ce qui concerne leur calendrier que leur ampleur. Ces exercices de guerre Key Resolve / Foal Eagle, qui se tiennent régulièrement mais augmentent en intensité et tendent à se tenir chaque année de plus en plus tôt, sont dénoncés par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme la préparation de plans d'invasion de son territoire - et, de fait, comportent des simulations de mise en oeuvre de tels plans. Cette année, à la demande des autorités sud-coréennes, ils avaient été repoussés pendant toute la durée de la trêve olympique. 

Exercice militaire conjoint américano-sud-coréen impliquant des unités de chars à Pocheon

Exercice militaire conjoint américano-sud-coréen impliquant des unités de chars à Pocheon

La trêve olympique aura donc une fin. Mais en annonçant suffisamment en amont la reprise de leurs exercices militaires conjoints avec les Etats-Unis (les plus importants au monde hors zones de guerre), les Sud-Coréens font preuve de prudence - tant vis-à-vis des Nord-Coréens (qu'ils évitent de prendre de court) que des Américains (au fond inquiets du rapprochement intercoréen à Pyeongchang, comme l'a fait apparaître l'attitude hostile du vice-président Mike Pence). 

Le Président Moon Jae-in, dont le pays avait été marginalisé pendant la crise de l'été dernier, a en tout cas réussi un spectaculaire rétablissement diplomatique en reprenant la main sur la question coréenne, en étant pleinement acteur du rapprochement Nord-Sud - lequel pourrait d'ailleurs avoir des conséquences inédites avec la possibilité évoquée par le gouverneur de la province sud-coréenne de Gangwon (qui accueille les Jeux olympiques d'hiver) le 18 février 2018 - que le Nord et le Sud co-organisent les Jeux asiatiques d'hiver 2021. Le Nord a réagi favorablement à cette proposition, qui serait une première dans les relations intercoréennes pour un événement sportif si elle se concrétisait. 

Si les observateurs s'inquiètent des réactions nord-coréennes après la reprise des exercices militaires Key Resolve et Foal Eagle, qui pourraient justifier que la RPDC reprenne ses programmes balistiques et nucléaires pour répondre à cette menace, l'attitude sud-coréenne sera examinée dans une perspective plus globale : la reprise (ou non), qui a été annoncée, des échanges d'informations dans le domaine militaire pour éviter une escalade non souhaitée et incontrôlée ; la réponse du Président Moon Jae-in à la proposition du Président Kim Jong-un de venir à Pyongyang ; enfin, l'attitude des Sud-Coréens par rapport aux sanctions internationales - et aux sanctions additionnelles mises en place unilatéralement par Séoul. 

Sources : 

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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 22:37

Si dans un bel ensemble les chaînes de télévision nationale agitent une improbable menace d'attaque nucléaire nord-coréenne, le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sert en revanche de prétexte  commode à une menace nouvelle d'utilisation d'armes nucléaires qui est, elle, d'autant plus vraisemblable et plus dangereuse qu'elle émane de la première puissance militaire du monde, la plus interventionniste dans l'histoire de l'humanité et la seule au monde à avoir utilisé l'arme atomique. Dans l'indifférence des mêmes télévisions nationales hexagonales, le 2 février 2018 le Pentagone a fait état de la nouvelle "posture nucléaire" des Etats-Unis, qui complète sa stratégie de défense nationale : le peu qui a été rendu public de ce document  (une quinzaine de pages sur 54, laissant craindre le pire dans la partie restée secrète) ouvre des perspectives nouvelles et effrayantes d'utilisation de bombes nucléaires dites "miniatures". Plus que jamais, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à soutenir le dialogue intercoréen et les efforts pour la paix en Asie du Nord-Est ,dans le cadre des  actuels Jeux olympiques de Pyeongchang, afin que l'argument nord-coréen cesse de servir d'alibi à des menaces américaines de guerre nucléaire dont la mise à exécution serait apocalyptique.

Image parue dans "The Economist", avec comme titre "Un insurgé à la Maison blanche"

Image parue dans "The Economist", avec comme titre "Un insurgé à la Maison blanche"

L'hiver nucléaire se rapproche : au nom prétendument de la lutte contre la Chine, la Russie, l'Iran, la Corée du Nord, ainsi que de terroristes par définition non dotés d'armes nucléaires, la nouvelle "posture nucléaire" des Etats-Unis envisage, comme le précise Gille Paris dans un article du quotidien Le Monde, de compléter les composantes terrestre, aérienne et maritime de l'armement nucléaire américain par la production d'armes dites tactiques, "de faible puissance", "terre-terre ou mer-terre", embarquées à bord de sous-marins ou de bombardiers.

Mais de quoi s'agit-il ? Le lecteur du Monde n'en saura rien, sinon que ces nouvelles armes nucléaires n'entrent pas dans les catégories actuellement couvertes par les accords de limitation des armements nucléaires (et qu'elles devraient donc relancer la course à la bombe). De même, il devra se contenter des propos (mensongers, nous le verrons ci-après) du Pentagone selon lesquels il s'agirait de renforcer la "dissuasion" nucléaire face à des risques d'attaque "nucléaire ou non nucléaire" des Etats-Unis - attaque dont le journaliste Gilles Paris précise toutefois qu'elle est définie en termes tellement flous qu'il peut s'agit de "cyberattaques massives" - sans définir ce qui est "massif", alors même que la cyberguerre a d'ores et déjà commencé - avec des assaillants qui ne sont pas forcément ceux que l'on croit.


Dans l'édition du 7 février 2018 du Canard enchaîné, Claude Angeli précise que la fabrication du premier lot (à savoir 30 bombes nucléaires "miniaturisées") de ces nouvelles armes de destruction massive est déjà programmée :

Ces petites merveilles de technologie mortifère, disponibles au plus tard dans deux ans, seront d'une puissance nettement inférieure à la bombe lancée en 1945 sur Hiroshima (environ 15 kilotonnes). Elles ne provoqueront jamais autant de destructions que les missiles de 150 à 475 kilotonnes dont disposent les armées américaines, mais, que l'on se rassure, elles auront des effets "incendiaires et radioactifs" remarquables, selon un expert militaire.

Il a fallu un an aux experts du Pentagone pour répondre à la demande de l'administration Trump, qui se mettait tout juste en place, formulée le 27 janvier 2017, de mettre au point ces nouvelles armes - avant donc le déclenchement du cycle des tensions qui ont crû autour de la Corée tout au long de l'année 2017, prouvant une nouvelle fois - si besoin était - que le programme nucléaire nord-coréen est évidemment un prétexte à la définition d'une posture stratégique qui répond à une volonté délibérée, et non à des circonstances spécifiques.

Comme le précise Claude Angeli, il s'agit d'envisager une nouvelle forme de conflit ciblé - utilisant des armes nucléaires, ce qui est sans précédent, et remettant en cause la logique de dissuasion nucléaire (invoquée hypocritement par les experts du Pentagone), laquelle sert aujourd'hui de justification au maintien d'un arsenal nucléaire par les Etats qui disposent aujourd'hui de la bombe. Selon Claude Angeli, les Etats-Unis deviennent ainsi le premier Etat au monde à théoriser et à revendiquer l'utilisation en premier d'armes nucléaires :

[Donald Trump] veut pouvoir tirer le premier et donner une méchante leçon à un présumé ennemi, tels la Corée du Nord ou l'Iran, si l'envie lui en prend. Le président américain aurait ainsi la possibilité de mener un conflit nucléaire limité, ce qui est une remise en question des principes de la dissuasion.

Ce comportement de la puissance américaine est non seulement contraire à tous les principes de dissuasion régissant l'emploi de l'arme nucléaire dans le monde contemporain, mais cette nouvelle doctrine nucléaire effrayante entraînerait de surcroît, et contré leur gré, les alliés des Etats-Unis (France, Corée du Sud...) dans une guerre nucléaire qu'ils refusent.

Il est temps que, tous ensemble, gouvernements comme opinions publiques, au-delà des différences de système politique et économique, disions stop à la folie nucléaire de l'administration Trump, si nous voulons empêcher l'apocalypse nucléaire que nous promettent de nouveaux docteurs Folamour derrière les écrans de fumée des menaces iranienne ou nord-coréenne fabriquées ou grossies à dessein.

Bombes nucléaires "miniatures" : jusqu'où ira la folie nucléaire américaine ?
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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 13:05

Isolement de la Corée du Nord ? Dès 7h du matin, lundi 12 février, dans le journal télévisé de Russia Today France (en français) a été diffusée l’opinion de l’AAFC.

Les Etats-Unis veulent-ils vraiment la paix en Corée ?

En effet, malgré une actualité tragique en Russie avec l’écrasement d’un avion de ligne qui a été le principal sujet du journal télévisé, Russia Today a sollicité le point de vue de Benoît Quennedey, président de l’AAFC sur l’aspect diplomatique des JO. Puis les différents journaux télévisés suivants ont repris son intervention.

La chaîne a présenté « l’attitude de marbre du vice-président Mike Pence lors de l’apparition de la délégation coréenne pendant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques » qu’elle a qualifiée d’attitude symptomatique de « vouloir isoler économiquement et diplomatiquement la Corée du Nord » puis a questionné Benoît Quennedey sur sa perception des évènements : « rapprochement spectaculaire après une année terrible de montée des tensions », «volonté sincère du président Moon-Jae-in mais aussi du Dirigeant Kim Jong-un, exprimée dans son discours du premier janvier, de renouer le dialogue ».

La vraie question étant selon Benoît Quennedey de savoir ce qu’il en sera de l’attitude des autres puissances impliquées, et en particulier celle des Etats-Unis, une fois la trêve olympique terminée.

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 16:51

Si les gouvernements occidentaux ont dit saluer le retour au dialogue intercoréen à l'occasion des Jeux olympiques de Pyeongchang, il y a loin de la coupe aux lèvres : en réalité, rien n'indique que les Etats-Unis et les Etats membres de l'Union européenne ont renoncé à leurs plans de guerre dans la péninsule coréenne : au contraire. Plus que jamais, il importe que tous les partisans de la paix se mobilisent pour inciter les gouvernements occidentaux à renouer réellement le dialogue sur la question coréenne.

Le général américain Robert B. Neller, actuel commandant du corps des Marines

Le général américain Robert B. Neller, actuel commandant du corps des Marines

Le 16 janvier, les Etats-Unis et le Canada co-organisaient une réunion entre Occidentaux et leurs alliés à Vancouver pour réaffirmer la nécessité, selon eux, de maintenir, voire d'accroître les sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - alors que la RPDC est aujourd'hui le pays le plus sanctionné au monde avec des conséquences particulièrement néfastes sur les populations, Washington renonce moins que jamais à l'arme des sanctions comme alternative à la guerre pour provoquer un changement de régime.

Mais vouloir étrangler la RPDC n'exclut évidemment pas de poursuivre les provocations bellicistes : le 26 janvier 2018, le général Robert Neller, qui commande le corps des Marines, s'est félicité des exercices de guerre menés avec une intensité sans précédent autour de la péninsule coréenne, en rappelant que les préparatifs d'une guerre étaient en cours. Le même jour, le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis rappelait, après une tournée en Asie, que l'option militaire restait sur la table. Bien sûr, ces responsables américains prétendent être pour le dialogue ; en réalité, ils multiplient les initiatives et les déclarations de nature à empêcher toute diminution des tensions.

L'Association d'amitié franco-coréenne réaffirme plus que jamais que le camp de la paix doit se mobiliser, pour obtenir des gouvernements occidentaux des engagements concrets qui montreraient une vraie volonté des Etats-Unis et de leurs alliés de s'engager sur la voie du dialogue en Corée :

- procéder à une première diminution des sanctions nationales et internationales, afin de préserver la vie des populations, en autorisant en particulier la reprise des activités du complexe intercoréen de Kaesong, suspendu il y a deux ans ;

- prolonger le moratoire sur les exercices de guerre américano-sud-coréens au-delà de la trêve olympique, qui prendra fin avec les Jeux paralympiques de Pyeongchang fin mars ;

- stopper l'escalade militaire en Asie du Nord-Est, en suspendant immédiatement le déploiement du système de missiles antimissile THAAD ;

- répondre favorablement à la proposition sino-russe de double moratoire (sur ses essais nucléaires et balistiques par la RPDC, de leurs manoeuvres militaires par les Etats-Unis) ;

- établir des relations diplomatiques complètes entre la RPD de Corée, d'une part, la France, les Etats-Unis et le Japon, d'autre part ;

- encourager des échanges bilatéraux dans les domaines culturel et sportif pour renouer avec les coopérations concrètes qui permettent de renforcer les relations de coopération et de créer un climat propice au dialogue.

Sources :

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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 23:18

Dans son discours de Nouvel An, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a utilisé une image très classique pour rappeler que, la République populaire démocratique de Corée disposant désormais d'une force de dissuasion nucléaire, "le bouton nucléaire [était] toujours sur son bureau". Si ses voeux comportaient de (vraies) annonces - comme la proposition de rouvrir le dialogue inter-coréen, laquelle s'est traduite par la réouverture de la ligne téléphonique d'urgence entre les deux Etats coréens - c'est bien évidemment la phrase sur le "bouton nucléaire" qui a fait les gros titres de la presse néo-conservatrice, toujours à l'affût du moindre indice pour justifier une nouvelle guerre américaine, moteur de l'industrie de guerre et facteur de spéculation pour le plus grand profit du "big business" de Wall Street. Sauf que le Président Donald Trump en a fait - une nouvelle fois - des tonnes, au point de susciter interrogations, incrédulité, rires et stupeur. Mais, au fond, qui est vraiment Donald Trump pour s'exprimer ainsi ? (Psych)analyse (de salon).

Freud, reviens !

En déclarant dans un tweet que lui aussi avait un "bouton" nucléaire, mais qu'il était "plus gros", Donald Trump a une nouvelle fois illustré son sens avéré de la nuance, du mot mesuré, de la subtile analyse diplomatique : 

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un vient juste de déclarer que “le bouton nucléaire est constamment sur son bureau”. Quelqu'un dans son régime appauvri et affamé pourrait-il l'informer que moi aussi j'ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et puissant que le sien et mon bouton à moi fonctionne !

Le Figaro

La référence est évidemment inexacte (il ne s'agit pas d'un bouton nucléaire mais d'une mallette), inappropriée (le principe du dissuasion nucléaire - du faible au fort - ne se mesure pas en nombre d'ogives nucléaires, mais bien dans le fait de disposer d'une capacité de riposte nucléaire) et manifestement erronée (il y a aujourd'hui un consensus parmi les experts que la RPD de Corée dispose de missiles intercontinentaux vecteurs potentiels de têtes nucléaires et qu'elle maîtrise la capacité de miniaturiser des ogives). Mais il y a bien longtemps que les électeurs américains n'attendent plus de leur "commandant suprême" une compétence militaire ou diplomatique - sinon Donald Trump n'aurait jamais été élu.

Ce que révèle surtout ce dernier tweet de Donald Trump - après des précédents illustres, et avant bien d'autres - est un message qui n'a rien de subliminal pour quiconque a un minimum de connaissances en psychanalyse. Alors, s'il est vain de gloser en termes psychiatriques (ce qui, comme toute question médicale, est dépourvu de sens en l'absence d'examen clinique, et constitue une manière bien trop aisée d'évacuer une question politique en la renvoyant dans le champ de l'irrationnel), posons-nous franchement la seule question qui vaille : y a-t-il un psychanalyste à la Maison Blanche, qui permette de comprendre le refoulé et les aspirations d'un homme doté de pouvoirs sans équivalent au monde pour faire la guerre ? A cet égard, le fait que Donald Trump ait réévoqué des propos qu'il aurait tenus en 1994 pour dénoncer l'accord alors conclu par Bill Clinton sur le nucléaire nord-coréen révèle une volonté obsessionnelle de se justifier sans cesse et de se placer au centre de tout. La question psychanalytique n'est pas anodine : il en va de la sécurité du monde contre le risque d'une nouvelle guerre nucléaire. Heureusement, comme le rappellent avec humour certains caricaturistes face à la gravité de la menace, des collaborateurs veillent et retiennent leur Président...

Freud, reviens !
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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 21:23

A la suite du nouveau tir par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) d'un missile balistique intercontinental le 29 novembre 2017, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le 22 décembre 2017, à l'unanimité de ses membres, la résolution 2397 qui alourdit encore davantage les sanctions contre la RPD de Corée. L'Association d'amitié franco-coréenne dénonce une décision qui frappera encore un peu plus les populations nord-coréennes, désormais menacées dans leur existence même, tout en éloignant toujours davantage les perspectives d'un retour au dialogue dans la péninsule coréenne - alors que les Etats-Unis et leurs alliés poursuivent délibérément une escalade dangereuse des tensions vers la guerre. 

Au centre : Nikki Haley, ambassadrice américaine aux Nations unies, vote la résolution 2397

Au centre : Nikki Haley, ambassadrice américaine aux Nations unies, vote la résolution 2397

Comme toujours, les Etats-Unis avaient placé la barre plus haut en vue de concessions à faire ensuite vis-à-vis de la Chine et de la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies dotés d'un droit de veto - qu'ils n'utilisent pas sur la question coréenne, affaiblissant d'autant leur position de possibles négociateurs entre les positions anglo-américaines, d'un côté, et nord-coréennes, de l'autre.

L'approvisionnement en produits pétroliers de la Corée du Nord est une fois encore réduit, désormais à hauteur de 75 % par rapport aux besoins ex ante (étant limité à 4 millions de barils par an, et 500 000 barils par an pour les produits raffinés), dans le but évident d'asphyxier l'économie nord-coréenne, quitte à faire mourir des dizaines ou des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ainsi privés d'un accès essentiel à des ressources énergétiques indispensables - en empêchant les tracteurs de rouler, les bateaux de pêche de naviguer et les camions et trains de transporter les produits alimentaires vers les zones qui ne sont pas autosuffisantes. Le mensonge des autorités américaines en instaurant un embargo pétrolier (que Washington aurait voulu sinon total, du moins à hauteur de 90 % de la consommation du pays) consiste à tenter de faire croire que le pétrole importé par les Nord-Coréens servirait d'abord à des fins militaires, pour les programmes balistiques et nucléaires. Se joignant à ce concert de voix hypocrites, l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a osé affirmer que la résolution "garantissait que nous ne rendons pas la vie plus difficile pour les pauvres gens de Corée du Nord".

Les Etats membres disposeront de pouvoirs renforcés pour fouiller et arraisonner les navires nord-coréens - mais pas en haute mer, comme Washington en avait caressé l'espoir, au mépris du droit international de la mer.

Les travailleurs étrangers nord-coréens devront être rapatriés dans un délai de 2 ans (les Etats-Unis voulaient un délai d'un an, mais ont dû reculer sous la pression de la Chine et de la Russie).

La liste déjà très longue des produits nord-coréens touchés par les restrictions commerciales grandit encore : bois, certains équipements électriques, véhicules de transport, métaux industriels, magnésite...

Enfin, des personnalités et entités supplémentaires sont placées sur la liste noire des interdictions bancaires.

Pendant ce temps, les Etats-Unis peuvent continuer, en toute impunité, de menacer de détruire complètement la Corée du Nord, mener les plus grandes manoeuvres militaires en temps de paix, au large de la péninsule coréenne, et semer la guerre et la désolation aux quatre coins de la planète, tout en poursuivant le programme nucléaire militaire le plus avancé au monde. Le droit en général - et le droit international des organes des Nations unies en particulier - n'est jamais que le reflet des rapports de force : d'hier (avec le fait colonial) à aujourd'hui (avec la violation de la souveraineté des Etats, en Irak, en Libye et en Syrie), les puissances occidentales ont su instrumentaliser le droit international public au profit de leurs seuls intérêts et d'industries de guerre qui ont besoin que les gouvernements américain et européens entretiennent le cycle sans fin des tensions et des sanctions. Que vaut alors la vie de quelque 26 millions de Nord-Coréens face à une telle logique ?

Sources : 

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 10:09

"Vigilant ACE" est la plus grande manoeuvre militaire aérienne conjointe américaine-sud-coréenne jamais menée, du 4 au 8 décembre 2017 : quelques jours seulement après le plus puissant tir de missile balistique nord-coréen réalisé à la date d'aujourd'hui (celui d'un missile nouveau, de type Hwasong-15), l'administration américaine choisit l'escalade militaire des tensions dans la péninsule coréenne. Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne continue de plaider pour la paix et le dialogue en refusant ces exercices de guerre, et en estimant que c'est la puissance militaire la plus forte - les Etats-Unis, dont le budget militaire est au bas mot 100 fois celui de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - qui doit d'abord faire preuve de retenue pour désamorcer le risque d'un conflit dont les conséquences seraient désastreuses pour tous les peuples d'Asie du Nord-Est, au premier rang desquels les Coréens, les Japonais, les Chinois et les Russes. La "feuille de route sino-russe" est aujourd'hui le vecteur diplomatique le plus adapté pour retourner au dialogue dans la région Asie-Pacifique où se concentrent trois des plus puissantes armées du monde (celles des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie) et quatre Etats dotés de l'armée nucléaire (les trois précédents plus la Corée du Nord).

Le chasseur américain furtif de type F-22 participera aux plus grandes manoeuvres aériennes à ce jour menées conjointement par les aviations américaine et sud-coréenne.

Le chasseur américain furtif de type F-22 participera aux plus grandes manoeuvres aériennes à ce jour menées conjointement par les aviations américaine et sud-coréenne.

Si les exercices militaires aériens conjoints américano-sud-coréens sont menés fréquemment (de précédents exercices "Vigilant ACE" ont eu lieu en 2015), leur occurrence n'est pas régulière et ceux conduits du 4 au 8 décembre 2017 sont sans précédent par leur ampleur - quoi qu'en disent les communicants militaires de Washington et Séoul. Dans ce contexte, un éditorial du Rodong Sinmun, quotidien du Parti travail de Corée, au pouvoir à Pyongyang, a dénoncé une nouvelle "provocation", en rejetant ainsi la thèse américaine d' "exercices défensifs par nature", alors que l'administration américaine a menacé une nouvelle fois de destruction totale la Corée du Nord : 

C’est une provocation ouverte, tous azimuts, contre la [République populaire démocratique de Corée] qui pourrait déboucher sur une guerre nucléaire à tout moment.

L'agence sud-coréenne Yonhap a ainsi décrit les moyens déployés pour ces exercices militaires aériens, qui mobiliseront 230 appareils des flottes des deux pays : 

Un total de 230 avions militaires des deux pays se joindront à l'exercice, dont certains stationnés à l'étranger, dont 12 chasseurs furtifs, six F-22 et six F-35A. Seront également mobilisés six avions de guerre électronique, une dizaine de chasseurs F-15C et une dizaine d'avions de chasse F-16.

Quelques F-35B stationnés au Japon devraient voler au-dessus de la Corée du Sud durant l'exercice. Ils seront rejoints par les chasseurs F-15K, KF-16 et F-5.

Les deux pays mèneront des simulations de frappes aériennes contre des cibles nucléaires et balistiques nord-coréennes et des tracteur-érecteur-lanceurs (TEL) nord-coréens.

Ces exercices s'ajoutent aux manoeuvres militaires menées plusieurs fois par an autour de la péninsule coréenne par les Etats-Unis et leurs alliés, lesquels participent plus ouvertement à la mise en oeuvre du plan opérationnel OPLAN 5027 qui préparent notamment  « l'élimination du régime nord-coréen » et l'anéantissement de l'armée nord-coréenne. Les plans opérationnels américains de guerre en Corée ont été actualisés et complétés cette année par l'administration américaine, dans le contexte de montée des tensions avec la RPD de Corée. 

Sources :

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