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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 09:03

Si les tensions autour de la Corée ne font plus la une des médias, l'administration américaine continue cependant de multiplier les provocations militaires en concentrant ses troupes et ses armements dans une des régions déjà les plus militarisées au monde. Devraient s'ajouter prochainement de nouvelles provocations verbales, alors que le Président américain va engager sa première tournée internationale en Asie et visiter, dans ce cadre, la République de Corée (Corée du Sud) les 7 et 8 novembre 2017. S'il ne se rendra pas, faute de temps, dans la zone démilitarisée séparant les deux parties divisées de la Corée, ses conseillers ont annoncé qu'il serait le premier chef d'Etat américain à visiter Camp Humphreys, à Pyeongtaek. Camp Humphreys est un ensemble de bases militaires utilisées par les forces armées américaines et sud-coréennes dont l'extension, en 2005-2006, avait soulevé une vive opposition des paysans expropriés et des militants pacifistes. Pour faire le point sur l'escalade militaire engagée par l'administration américaine autour de la Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne a reproduit ci-après un article de Peter Symonds intitulé "Les Etats-Unis envoient leurs navires et avions de guerre aux portes de la Corée du Nord", publié le 31 octobre 2017 sur le site du Centre de recherche sur la mondialisation. Ce site canadien aujourd'hui multilingue, lancé en 2001, est devenu une source d'informations vérifiées et sourcées de premier plan, bien référencé dans les milieux universitaires, sur la guerre au terrorisme et les différents conflits dans le monde, notamment au Proche-Orient. Nous avons ajouté les liens intertexte dans le corps de l'article. L'AAFC, association indépendante de tout parti politique, rappelle par ailleurs que les opinions exprimées dans cet article (notamment l'appel à rejoindre une organisation politique dans le paragraphe de conclusion) sont celles de son auteur et n'engagent pas l'Association. 

Les Etats-Unis envoient leurs navires et avions de guerre aux portes de la Corée du Nord

Le secrétaire de la Défense James Mattis a encore averti la Corée du Nord que l’armée américaine était prête à anéantir le pays de 25 millions d’habitants à moins qu’il abandonne son arsenal nucléaire. La menace, appuyée de la croissance d’une présence militaire américaine sans précédent en Asie du Nord-Est, place cette région et le monde au bord d’une guerre catastrophique.

«Je n’arrive pas à imaginer une condition où les États-Unis accepteraient la Corée du Nord en tant que puissance nucléaire», a-t-il dit à des journalistes à Séoul samedi. «Détrompez-vous, toute attaque contre les États-Unis ou ses alliés sera vaincue, et tout usage d’armes nucléaires par le Nord sera contré par une réponse militaire massive qui sera efficace et écrasante.»

Le caractère des plans de guerre américains est offensif, et non pas défensif. En réponse à une question concernant une attaque américaine préventive contre la Corée du Nord afin d’empêcher une attaque possible contre Séoul, Mattis a confirmé, «oui, nous avons ces options». Sous l’OPLAN 5015, les forces des États-Unis et la Corée du Sud sont prêtes pour des frappes offensives massives contre l’infrastructure nucléaire, militaire et industrielle de la Corée du Nord, ainsi que des «raids de décapitation» par des forces spéciales pour assassiner ses dirigeants principaux.

Même si Mattis a souligné que «notre but n’est pas la guerre», le président américain Trump a dans les faits exclu toute autre option, à part la capitulation totale de la Corée du Nord aux demandes de Washington. Trump a réprimandé le secrétaire d’État Rex Tillerson plus tôt ce mois-ci pour lui avoir fait «perdre son temps» en tentant d’évaluer la possibilité de liens diplomatiques avec la Corée du Nord.

Trump est sur le point de commencer son voyage officiel en Asie cette semaine, qui comprendra une visite au Japon, en Corée du Sud et en Chine. Après avoir menacé devant l’ONU de «complètement anéantir» la Corée du Nord, il utilisera sans doute cette menace incendiaire pour menacer non seulement Pyongyang, mais la région tout entière, particulièrement la Chine que les États-Unis considèrent comme l’obstacle principal à leur hégémonie mondiale.

Ce voyage prendra place dans le contexte d’une démonstration de force massive de l’armée américaine près de la péninsule coréenne, incluant :

* Trois porte-avions nucléaires – l’USS Ronald Reagan, l’USS Nimitz et l’USS Theodore Roosevelt – qui se préparent pour des exercices conjoints avec leur groupe d’assaut. Chaque porte-avions est accompagné de six à dix navires de guerre, incluant des croiseurs, des contre-torpilleurs et des sous-marins nucléaires, et a une escadre aérienne de dizaines de chasseurs et d’autres aéronefs militaires.

* L’USS Michigan, un sous-marin nucléaire armé de plus de 150 missiles Tomahawk, qui s’est amarré en Corée de Sud le 17 octobre en préparation à des exercices conjoints avec l’USS Reagan. Le sous-marin transporte également des Navy SEAL. On aurait rapporté, d’après une escale en avril, qu’il avait aussi à son bord la fameuse SEAL Team Six, responsable d’avoir assassiné Oussama ben Laden.

* Toutes les bases militaires de la région, particulièrement en Corée du Sud, le Japon, Guam et l’Australie sont sans aucun doute dans un état d’alerte élevé. Le Pentagone a 28.500 employés militaires en Corée du Sud, près de 54.000 au Japon et environ 4,000 à Guam, en plus d’une flotte importante de navires et d’avions de combat. L’Australie joue dans les faits le rôle de base arrière pour les Marines, navires et avions américains, et abrite également des bases importantes de communications et d’espionnage. Deux frégates australiennes doivent arriver en Corée du Sud cette semaine pour des exercices conjoints.

* Le Pentagone se prépare à déployer, pour la première fois, un escadron d’avions de combat F-35A et 300 personnes vers la base américaine japonaise sur l’île d’Okinawa. La cinquième génération avancée de chasseurs furtifs pourrait très bien être utilisée dans une première vague pour détruire les défenses aériennes de la Corée du Nord et ouvrir la voie à un assaut aérien massif.

* L’Air Force américaine effectue une provocation militaire après l’autre avec des vols de bombardiers stratégiques B-52 et B1-B près de la Corée du Nord. Dimanche, le Commandement stratégique américain, responsable de l’arsenal nucléaire, rapportait qu’il avait envoyé un bombardier furtif B-2 des États-Unis jusqu’au Pacifique pour «familiariser l’équipe aérienne» et assurer «un degré élevé de préparation et d’efficacité». Contrairement au B1-B, le B-2 tout récent est capable de larguer des bombes nucléaires.

Ce vol clarifie les commentaires obscurs du vice-président américain Mike Pence pendant une visite vendredi dernier à la base aérienne de Minot en Dakota du Nord, qui abrite 26 B-52 capables d’attaques nucléaires et 150 sites de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM). Faisant référence à la Corée du Nord, Pence a déclaré: «Maintenant plus que jamais, votre commandant en chef (Trump) s’attend à ce que vous soyez prêts. Restez alertes, concentrez-vous sur votre mission.»

L’administration Trump se prépare à une guerre non seulement avec des armes conventionnelles, mais avec des bombes nucléaires dirigées contre la Corée du Nord et d’autres puissances telles que la Chine et la Russie qui pourraient rejoindre le conflit. La semaine dernière, l’Air Force a annoncé qu’elle se préparait à remettre ses bombardiers nucléaires B-52 en état d’alerte 24 heures. En même temps, tel que le rapportait le Guardian dimanche, l’administration Trump prépare un nouvel Examen du dispositif nucléaire qui ouvrira la porte à une série de nouvelles armes nucléaires et modifiera la réglementation de leur usage.

La seule conclusion à laquelle le régime de la Corée du Nord peut arriver est que le pays fait face à la menace imminente d’une attaque militaire américaine, avec des armes conventionnelles ou nucléaires. NKNews basé en Corée du Sud rapportait cette fin de semaine que la Corée du Nord organisait des exercices d’évacuation de masse dans les villes le long de la côte est.

Le monde est peut-être plus prêt d’une guerre nucléaire que jamais auparavant. Pendant l’impasse nucléaire extrêmement tendue entre les États-Unis et la Russie lors de la crise des missiles cubaine de 1962, les dirigeants américains et russes ont tenté de prévenir un échange nucléaire qui aurait dévasté le monde.

Par contre, Trump poussé par les contradictions insurmontables du capitalisme américain et mondial, avance avec un degré sans précédent d’insouciance afin d’intentionnellement enflammer des zones de tension en Asie, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Embrouillé dans une crise de politique intérieure après l’autre, et faisant face à l’hostilité publique à son programme d’austérité et de guerre, Trump est propulsé vers le déclenchement d’une guerre afin de canaliser les immenses tensions sociales vers l’extérieur contre un ennemi étranger.

Ces mêmes tensions poussent les travailleurs et les jeunes aux États-Unis et à travers le monde dans la lutte pour défendre leurs conditions de vie, leurs droits démocratiques de base et prévenir un conflit qui plongerait le monde dans la barbarie. Ce mouvement doit trouver une expression consciente dans le programme de l’internationalisme socialiste pour lequel lutte le Comité international de la Quatrième Internationale, afin de mettre fin au système capitaliste en faillite qui engendre la guerre et la misère sociale.

Peter Symonds

Article paru en anglais, WSWS, le 30 octobre 2017

Photo  : USS Michigan

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 20:23

Si la Chine et la Russie exhortent les Etats-Unis à réengager des négociations avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour abaisser les tensions autour de la péninsule coréenne, c'est une tout autre voie qu'a choisie l'administration Trump : en décidant de conduire des manoeuvres militaires MCSOFEX au large de la Corée du 16 au 20 octobre 2017, Washington et Séoul attisent délibérément les braises, accroissant ainsi les risques d'une riposte de Pyongyang qui dénonce des préparatifs de guerre et pourrait, sous la menace, procéder à un nouveau tir de missile balistique. Alors, plus que jamais se pose la question : qui provoque qui en Corée ? 

Exercices de guerre MCSOFEX au large de la Corée

Ce sont des exercices navals de (très) grande ampleur qui ont commencé ce 16 octobre 2017 au large de la Corée (tant à l'ouest qu'à l'est de la péninsule), impliquant 40 navires américains et sud-coréens, dont :

- côté américain, le porte-avion à propulsion nucléaire USS Ronald Reagan, les destroyers Stethem et Mustin (de la classe Arleigh Burke) et les sous-marins USS Tucson et USS Michigan ;

- côté sud-coréen, un navire Aegis, qui interviendra aux côtés de l'avion de patrouille maritime P-3 Orion. 

Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, 
l'avion électronique de guerre et de renseignement E-8 JSTARS, basé sur le Boeing 707, suivra les mouvements de troupes nord-coréennes.

Si deux fois par an les Etats-Unis, de concert avec leurs alliés sud-coréens, conduisent des manoeuvres militaires au large de la Corée, le choix de procéder à ces exercices en octobre ne répond à aucun calendrier préétabli, ni à de nouvelles nécessités stratégiques. Manifestement, il s'agit pour l'administration Trump de torpiller toute possibilité d'une issue négociée à la crise en cours, en actualisant ainsi les plans d'invasion de la Corée du Nord par de nouveaux préparatifs de guerre.


Face à cette provocation délibérée, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) appelle toutes et tous à refuser l'escalade militaire, à dénoncer les exercices de guerre américano-sud-coréens en cours et à plaider pour un retour à de vraies négociations, seul moyen de progresser vers la négociation d'un traité de paix et la mise en place d'un système de sécurité collective qui permettra la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne.

Sources : 

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 10:49

Le 7 octobre 2017, quelques jours avant l'anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC) le 10 octobre 1945, s'est tenue la seconde session plénière du Comité central du PTC - la première session ayant été organisée dans la foulée du septième congrès du PTC, en mai 2016. Tout en réaffirmant l'objectif de développement simultané de l'économie et de la défense nationale (ligne byeongjin, toutefois présentée comme une simple adaptation des idées du Juche au contexte actuel), défini lors du septième congrès, les membres du Comité central ont pris en compte la situation nouvelle créée par les progrès accomplis en matière de dissuasion nucléaire ainsi que la politique de plus en plus hostile de l'administration américaine ayant conduit, nonobstant les menaces de destruction totale de la RPD de la Corée, à l'adoption de sanctions sans précédent dans le monde depuis 1945, tant en ce qui concerne leur légalité au regard de la charte des Nations unies que leur contenu (interdiction de 90% des échanges commerciaux, embargo pétrolier...). 

Kim Jong-un, lors de la session du Comité central, le 7 octobre 2017

Kim Jong-un, lors de la session du Comité central, le 7 octobre 2017

Dans son rapport, suivant le compte rendu publié par l'agence de presse nord-coréenne KCNA, le Maréchal Kim Jong-un a tout d'abord fait allusion à la "situation internationale compliquée" autour de la péninsule coréenne et aux conséquences qui en découlent pour le pays et le Parti, notamment en ce qui concerne les objectifs de développement économique et de construction du socialisme.

S'agissant de la situation internationale, comme nous l'avions déjà analysé au retour de notre séjour en RPDC en août 2017 à la suite notamment de nos échanges avec de hauts responsables du PTC, les Nord-Coréens font preuve de sérénité : après avoir réussi en juillet des tirs de missile balistiques intercontinentaux (susceptibles d'atteindre le territoire américain) et disposant de leurs armes nucléaires les plus puissantes à ce jour, les Nord-Coréens considèrent qu'ils sont désormais dotés d'une capacité de dissuasion nucléaire qui les met à l'abri d'une attaque américaine, comme celles subies par l'Irak en 2003 et la Libye en 2011. Dans son rapport, le Président Kim Jong-un est ainsi revenu sur la nécessité qu'a constitué la constitution d'une force de dissuasion nucléaire pour faire face aux menaces et au "chantage" des "impérialistes américains" (suivant une formulation habituelle, qui ne cite pas ni a fortiori ne met personnellement en cause le Président américain Donald Trump, ménageant ainsi un éventuel futur interlocuteur), et donc garantir la souveraineté et l'indépendance nationale du pays. Par ailleurs, le rapport du Président du Parti du travail de Corée se félicite de la "victoire" remportée pour sortir de "l'impasse avec les Etats-Unis, qui a duré depuis des siècles". Ces déclarations sont fondamentales pour comprendre l'état d'esprit actuel des dirigeants nord-coréens : ils estiment avoir (enfin) réalisé un équilibre des forces avec les Etats-Unis, et sont donc confiants pour parler à présent d'égal à égal avec leurs homologues américains - même si Kim Jong-un ne parle à aucun moment de reprise du dialogue avec Washington, son discours ne comporte pas davantage de menaces militaires à l'égard des Etats-Unis.

Les experts américains de la Corée du Nord sauront bien évidemment analyser ce message (indépendamment des canaux de discussions américano-nord-coréens, dont le secrétaire d'Etat Rex Tillerson a rappelé publiquement l'existence) - mais s'engageront-ils à nouveau dans des pourparlers, comme l'y exhortent la Russie, la Chine ou encore la France ? Les récents propos ambigus de Donald Trump (déclarant que désormais, face à la Corée du Nord, "une seule chose marchera" [sous-entendu, l'option militaire]) ne doivent pas masquer le fait qu'il existe un consensus au sein de l'appareil d'Etat américain (diplomates et militaires au diapason) contre un conflit avec la RPD de Corée - ainsi que l'a par exemple analysé Le Canard enchaîné dans son édition du 4 octobre 2017. 

Une situation "rude" mais une sortie "victorieuse de l'impasse avec les Etats-Unis" (Kim Jong-un)

En attendant la décision américaine, les Nord-Coréens doivent faire face à l'urgence, à savoir un renforcement sans précédent des sanctions internationales. A cet égard, le Maréchal Kim Jong-un reconnaît que la situation est "rude", mais il exhorte les Nord-Coréens, sous la conduite du Parti, a redoubler d'efforts dans la construction d'une puissance socialiste indépendante comptant sur ses propres forces, recherchant l'autosuffisance dans tous les domaines (et qui serait ainsi, observons-le, à l'abri de représailles sur les échanges commerciaux) et mettant l'accent sur le progrès technologique et l'innovation. Dans ce contexte, il est plus que jamais fait appel à l'unité monolithique du peuple autour du Parti du travail de Corée, avec un rappel du rôle joué par les cellules et les comités du Parti, qui constituent ses organes de base.

Le session du Comité central a également été l'occasion de procéder à un rermaniement des instances dirigeantes du Parti :

Pak Kwang-ho, Pak Thae-song, Thae Jong-su, An Jong-su et Ri Yong-ho sont devenus membres à part entière du bureau politique (auparavant, ils n'étaient que membres suppléants, c'est-à-dire qu'ils peuvent participer aux discussions mais n'ont pas voix délibérative) ;
Choe Hwi, Pak Thae-dok, Kim Yo-jong et Jong Kyong-thaek sont devenus membres suppléants du bureau politique ; 
- Pak Kwang-ho, Pak Thae-song, Thae Jong-su, Pak Thae-dok, An Jong-su et Choe Hwi
 sont devenus de nouveaux vice-présidents du Parti, exerçant de fait les fonctions de directeur de département d'un Parti (par exemple, le département des relations internationales, le département du budget, etc.) ;
Choe Ryong-hae, Ri Pyong-chol, Jong Kyong-thaek et Jang Kil-song sont devenus membres de la Commission militaire centrale du PTC, qui a la haute main sur les forces militaires et de sécurité intérieure, ainsi que pour la définition de la politique de défense.

Sources : 
- KCNA
- North Korea Leadership Watch

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 18:11

Le 6 octobre 2017, le prix Nobel de la paix a été attribué à la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (acronyme anglais : ICAN), coalition de plus de 500 ONG à l'origine  de l'adoption par 122 Etats membres des Nations unies, le 7 juillet 2017, du projet de traité sur l'interdiction des armes nucléaires - qui entrera en application 90 jours après que cinquante Etats l'auront ratifié. Cette décision, qui intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la péninsule coréenne où l'usage et le déploiement d'armes nucléaires sont dangereusement évoqués, conforte l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) dans son action plaidant pour revenir à la table des négociations et engager une désescalade qui doit conduire, à terme, à l'avènement d'un monde sans armes nucléaires. 

Corée : avec l'ICAN, l'AAFC plaide pour un retour immédiat à la table des négociations

Deux jours après l'ouverture à la ratification du projet de traité pour l'interdiction des armes nucléaires, l'Association d'amitié franco-coréenne, dans un article exprimant sa position publié le 22 septembre 2017, soulignait l'urgence, pour sortir de l'impasse dans la péninsule coréenne, de s'engager résolument sur la voie d'un désarmement nucléaire multilatéral - impliquant l'ensemble des pays disposant d'armes nucléaires : 

La seule issue à la crise en cours sur le nucléaire nord-coréen consiste donc à ce que les Etats-Unis cessent de menacer la RPD de Corée avec des armes nucléaires (en apportant par ailleurs des garanties de sécurité à la Corée du Nord) et s'engagent eux aussi sincèrement, comme la France et le Royaume-Uni, vers une interdiction complète des armes nucléaires dont ils restent les principaux détenteurs (si l'on juge par les critères du nombre d'essais et de têtes nucléaires). Ce processus sera long, exigeant des concessions de toutes les parties (et pas seulement de la Corée du Nord), mais en tout état de cause ils ne peuvent pas demander aux autres ce qu'ils refusent d'accomplir eux-mêmes. Dans ce seul contexte, il serait raisonnable pour Pyongyang d'abandonner également ses armes nucléaires, qui sont aujourd'hui son assurance-vie face aux menaces extérieures.

Ce désarmement multilatéral doit, selon l'AAFC, être engagé simultanément par les Etats dotés de l'arme nucléaire et proportionnellement aux arsenaux nucléaires dont ils disposent, afin qu'il ne serve pas de prétexte à certains Etats pour conserver le monopole de l'arme de destruction massive, sans équivalent au monde, que constitue l'arme nucléaire. A cet égard, il convient de rappeler que, selon les données de l'ICAN, près de 94 % des ogives nucléaires sont détenues par deux pays, la Russie (8 500 ogives) et les Etats-Unis (7 700 ogives), devant (dans cet ordre) la France (300 ogives), le Royaume-Uni (250 ogives), la Chine (225 ogives), le Pakistan (environ 110 ogives), l'Inde (environ 100 ogives), Israël (80 ogives) et la Corée du Nord (moins de 10 ogives).

Si aucun des neuf Etats aujourd'hui dotés de l'arme nucléaire n'a participé aux discussions sur le traité pour l'interdiction des armes nucléaires, leurs motivations ne sont pas identiques, comme l'avait rappelé le vote, le 27 octobre 2016, au sein du premier comité de l'Assemblée générale des Nations unies sur la résolution L. 41
 qui prévoyait l'ouverture de négociations cette année sur un "instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète". La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait voté pour la résolution L. 41, réaffirmant ainsi sa position traditionnelle selon laquelle elle n'avait développé des armes nucléaires qu'à des fins de dissuasion, mais restait fondamentalement attachée à un monde sans armes nucléaires. La Chine, l'Inde et le Pakistan s'étaient abstenus. Les cinq autres Etats dotés de l'arme nucléaire (Etats-Unis, France, Israël, Royaume-Uni, Russie) avaient voté contre la résolution L. 41. Nous avions alors souligné que la France avait été particulièrement active pour s'opposer à cette démarche visant à l'interdiction des armes nucléaires : 

La France a été particulièrement en pointe dans l'opposition à ce texte, en faisant pression sur les eurodéputés français pour qu'ils s'opposent à une résolution au Parlement européen confortant la démarche de l'Assemblée générale des Nations unies. L'argumentaire français est qu'il fallait s'opposer à un texte "inefficace et déstabilisateur", et donc en rester aux instruments existants... qui ont fait la démonstration de leur inefficacité.

Sur la question coréenne, l'ICAN est à l'origine d'une pétition dont l'AAFC partage le principe et les objectifs, à savoir le retour immédiat aux pourparlers à six et la fin de l'escalade militaire par l'ensemble des parties - y compris la fin des exercices de guerre américano-sud-coréens : 

La crise actuelle dans la péninsule Coréenne nécessite une action immédiate en vue de désamorcer les tensions. Les manoeuvres militaires qui ont lieu en Corée du Sud doivent être arrêtées et aucun test de missiles ou d’arme nucléaire ne doit avoir lieu dans les pays impliqués dans ce conflit. Nous appelons donc les six pays qui ont été parties à des négociations dans le passé à retourner immédiatement à la table des négociations pour discuter les termes d’un traité de paix.

http://www.icanw.org/petitionfrench/

Cependant, par réalisme quant aux équilibres diplomatiques et aux réalités stratégiques, l'AAFC adapte cet appel de l'ICAN dans son positionnement. Nous préconisons d'abord, dans un premier temps, un double moratoire (de ses essais nucléaires et balistiques par la Corée du Nord, de leurs manoeuvres militaires et de la course aux armements par les Etats-Unis), concurremment à la levée en tout ou partie des sanctions internationales qui menacent la vie même des populations nord-coréennes, pour enclencher un processus de dialogue en recréant les conditions d'une confiance mutuelle entre l'ensemble des Etats parties aux pourparlers à six. Cette dynamique, reposant sur le principe "action contre action", doit ainsi conduire, à terme, au désarmement nucléaire effectif de toute la péninsule coréenne. 

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 19:31

Dans le contexte actuel de tensions autour de la péninsule coréenne, les analyses de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) ont été reprises (par exemple dans un article de L'Humanité qui nous a longuement cités pour dénoncer l'impact des sanctions sur les populations) et nos responsables interrogés : Robert Charvin, vice-président de l'AAFC, a répondu à Initiative communiste, et Benoît Quennedey, président de l'AAFC, à Nice Matin ou encore à Russia Today. Nous reproduisons ci-après le contenu de son entretien à Russia Today, le 27 septembre 2017.

RT France : Des bombardiers américains se sont approchés des côtes nord-coréennes et le chef de la diplomatie nord-coréenne Ri Yong-ho a déclaré au siège des Nations unies que le monde entier devrait se souvenir que «les Etats-Unis ont été les premiers à déclarer la guerre». Un conflit armé est-il proche selon vous ?

Benoît Quennedey (B. Q.) : Aujourd'hui, on ne déclare plus la guerre à un pays comme cela. La déclaration de guerre en droit suppose – du moins dans le droit français – une consultation du Parlement. On en est aujourd’hui pour moi toujours au stade de la guerre verbale, ce qui est en soi est un signe inquiétant, mais il n'y a pas d'action militaire.

Les relations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis ont été émaillées de nombreux incidents depuis 1953, à la fin de la guerre de Corée. Il n'y a d'ailleurs pas eu de traité de paix, que l'on attend toujours, mais un traité d'armistice. Il y a eu la capture du Pueblo, le navire espion américain, dans les eaux coréennes en 1968. Il y a eu des affrontements maritimes avec la Corée du Sud, qui ont fait des morts à plusieurs reprises, notamment en 2010 à Yeonpyeong.

Si l'hypothèse d'un conflit armé peut être prise au sérieux face à la montée des tensions et à l'escalade verbale en cours, nous sommes toujours dans le domaine du discours. De chaque côté, il y a une grande fébrilité, une volonté de montrer qu'on est prêt à tout. Par le passé, les Nord-Coréens ont pu tenir des propos beaucoup plus durs, affirmant que, s'ils étaient attaqués, ils noieraient Séoul sous une mer de feu. Ce qui est nouveau c'est que, auparavant, ils disaient «si nous sommes attaqués» et qu'aujourd'hui, ils laissent entendre que la guerre aurait commencé. Mais à mon sens, une guerre se définit par un enclenchement action / contre-action, suivi d'un engagement total ou partiel de forces armées des pays dans un conflit de long terme. Il y a eu la guerre de Corée entre 1950 et 1953. Il y a eu depuis un certain nombres d'actions militaires, mais on n'en est pas encore arrivé au stade de la guerre. 

RT France : Si la Corée du Nord abattait comme elle l'a promis un bombardier américain, cela suffirait-il à déclencher un conflit armé ?

B. Q. : La comparaison avec le Pueblo est peut-être l'exemple le plus parlant. On avait alors eu une longue crise entre les deux pays. Même si on assistait à une action de ce type, cela resterait de l'ordre de l'action militaire et pas de la guerre. Une action militaire même ponctuelle n'est pas encore la guerre, même si, effectivement, on s'en rapproche.

RT France : «Petit homme fusée», «vieux sénile»... Les joutes verbales semblent de plus en plus tourner à l'attaque personnelle entre Donald Trump et Kim Jong-un. Y a-t-il matière à s’inquiéter de la tournure que prend cette crise ?

B. Q. : Par rapport aux termes employés par les Nord-Coréens, il faut comprendre que nous ne sommes pas dans une culture occidentale. On trouve dans les discours des comparaisons ou des termes qui représentent la culture politique de chaque pays. Pour donner un exemple, dans la culture vietnamienne, une des insultes les plus courantes est de comparer les personnes à des animaux, et surtout aux insectes. Ce qui donne souvent, dans les traductions, le terme «vermine». Tout propos doit être resitué dans un contexte politique et culturel. S'agissant de la Corée du Nord, le fait qu'ils aient des propos extrêmement forts vis-à-vis des dirigeants américains n’est pas tout à fait nouveau. Je me rappelle cette formule qui avait à l'époque suscité un tollé : les autorités nord-coréennes avaient comparé Barack Obama à un singe. C'était, à mon sens, une métaphore bestiale que l'on retrouve très souvent dans le discours politique coréen aussi bien du nord que du sud – les Sud-Coréens ont régulièrement décrit des dirigeants nord-coréens sous la forme de cochons. Cela relève du bestiaire, ce n'est pas nouveau ou inédit dans ces cultures. D'ailleurs, la comparaison sur Barack Obama n'avait pas nécessairement de connotation raciste. Ce qui est beaucoup plus nouveau est de voir Donald Trump tenir des propos du même type vis-à-vis d'un autre dirigeant étranger, et cela de manière aussi régulière et répétée, donnant effectivement l'impression que cela tourne à l'affaire personnelle. 

Les Nord-Coréens n'ont pas toujours eu des termes aussi négatifs à son encontre. Pendant la campagne présidentielle américaine, Pyongyang avait dit de Donald Trump qu'il était avisé et sage. J'ai l'impression qu'aujourd'hui la rhétorique employée à son encontre est presque à la hauteur de la déception, de l'agacement. Ensuite, il ne faut pas oublier que, pendant la guerre de Corée, la Corée du Nord a été recouverte de bombes. Chaque famille nord-coréenne compte une victime de ce conflit dans ses membres. Le nombre d'entre elles a atteint un quart de la population du pays. Ces propos sont à la mesure d'un ressentiment qui dure depuis plusieurs générations. En quelque sorte, quand les autorités nord-coréennes visent Donald Trump, elles visent le commandant en chef d'une force armée hostile qui, pour eux, a détruit leur pays et le menace à nouveau des pires châtiments.

RT France : Le nouveau président sud-coréen, Moon Jae-in, n'est pas aussi pro-américain que ses prédécesseurs et son pays serait le premier à souffrir d'un conflit armé. A force de provocations et d'escalades verbales, Donald Trump risque-t-il de perdre un allié de poids dans la région ?

B. Q. : Ce qui est très dommage est que la Corée du Sud, qui serait aux premières loges d'un conflit, a été marginalisée. Quand Moon Jae-in était en campagne électorale, il avait dit qu'il ne fallait pas que la diplomatie de la Corée du Sud s'aligne systématiquement sur celle des Etats-Unis. C'étaient bien sûr des propos de campagne, puisqu'une de ses premières visites en tant que chef d'Etat fut à la Maison Blanche. Néanmoins, la partition politique en Corée du Sud fait que chez les démocrates, dont est issu Moon Jae-in, le sentiment nationaliste est plus ancré. Ils sont pour un dialogue avec le Nord. La dépendance vis-à-vis des Etats-Unis, et notamment la dépendance militaire, est quelque chose qu'ils vivent mal.

La démarche qu'a eue Moon Jae-in quand il a été élu était de dire qu'il fallait poursuivre le dialogue avec la Corée du Nord tout en maintenant l'alliance avec les Etats-Unis. Or, Donald Trump a eu un mot malheureux, quand il y a eu le premier essai balistique intercontinental nord-coréen le 4 juillet, en disant que, désormais, la Corée du Sud se rendait parfaitement compte que cela ne servait à rien de dialoguer avec la Corée du Nord. Il était en train de donner des leçons à un chef d'Etat étranger. Or ce qui caractérise la diplomatie internationale est précisément de dire que tous les chefs d'Etat sont à égalité, qu'ils soient à la tête d'un petit ou d'un grand pays.

Il faut aussi rappeler que l'élection de Donald Trump a été accueillie avec effroi par les Sud-Coréens. Quand on leur demandait pour qui ils auraient voté, 90% déclaraient Hillary Clinton. Il était donc déjà mal perçu par l'opinion publique. Ajoutons à cela le faible tropisme américain de Moon Jae-in... Le risque que court Donald Trump est de voir la Corée du Sud, sans renier l'alliance traditionnelle avec les Etats-Unis, chercher par les voies diplomatiques à se rapprocher de partenaires tiers comme la Russie et la Chine. Deux pays qui, contrairement à ce que l'on dit, ne sont pas pro-Corée du Nord. Il y a la position de la Corée du Nord, celle des Etats-Unis et de leurs alliés – avec plus ou moins de nuance – et enfin il y a la position de la Russie et de la Chine, qui ont plutôt tendance à renvoyer dos à dos les deux premières, appelant chacun à mettre un terme à cette escalade.

Le risque aujourd'hui n'est donc pas que la Corée du Sud, qui est de toute façon liée par des accords militaires, ne suive plus les Etats-Unis, mais que Séoul joue un rôle diplomatique de rapprochement avec d'autres pays, ce qui pourrait contrarier la politique américaine qui est aujourd'hui au durcissement. Moon Jae-in a d'ailleurs clairement dit que, fondamentalement, ni lui ni le peuple sud-coréen ne souhaitaient une escalade ni même une action militaire américaine.

RT France : Quelle stratégie devrait-on suivre selon vous afin d'enfin apaiser la situation ?

B. Q. : Aujourd'hui, ce que proposent les Américains et leurs alliés n'est pas un dialogue mais un diktat. Leur stratégie revient à dire : «Nous allons tellement vous pressurer que vous n'aurez plus de pétrole, vous aurez des risques de famine, votre économie va s’effondrer, on interdit vos échanges et ainsi vous reviendrez forcément à la table des négociations.». Ce genre de méthodes ressemble à celle choisie vis-à-vis de l'Allemagne après la Première Guerre mondiale. Croire que la Corée du Nord, contrainte et forcée, reviendra à la table des négociations, c'est mal connaître le pays qui dans les années 90 a connu une très grave pénurie alimentaire. Il faut aussi comprendre que l'idée que l'arme nucléaire est comme un principe d'assurance-vie du régime est tellement forte à Pyongyang que cette méthode ne peut qu'échouer.

D'ailleurs, les Américains n'ont jamais dit, après le vote des résolutions au Conseil de sécurité, qu'ils avaient un calendrier avec la Corée du Nord, un agenda pour revenir aux négociations, un temps de travail fixé. Au contraire, ils sont dans une logique, presque de politique intérieure, qui est de dire : «Nous ne pouvons pas ne rien faire.» Donald Trump avait dit que jamais les Nord-Coréens ne disposeraient d'une capacité de dissuasion qui puisse atteindre les territoires américains. C'est aujourd'hui le cas. 

A mon sens, la seule façon de revenir à un contexte moins tendu est de renouer un dialogue en prenant en compte les attentes de chaque partie. Celles nord-coréennes sont connues : avoir des garanties de sécurité et ne pas subir le sort de l'Irak en 2003 et de la Libye en 2011. Par conséquent, au moins dans un premier temps, il faut avoir des actions de chaque partie afin de créer des conditions de confiance qui permettront le retour au dialogue. Il faudrait que Pyongyang cesse les tirs de missiles et les essais nucléaires avec un moratoire d'une certaine période. De son côté, Washington devrait arrêter les manœuvres militaires et a fortiori les vols de bombardiers dans le ciel coréen à proximité de la Corée du Nord. Ce n'est pas quelque chose d'impossible puisqu'on l'avait déjà vu dans les années 1990, où les Américains avaient suspendu leurs manœuvres militaires pour justement abaisser les tensions avec la Corée du Nord. Cette politique est raisonnable. Elle est d'ailleurs proposée par la Chine et la Russie, qui sont totalement sur la même ligne.

La principale difficulté désormais est de convaincre les Américains de revenir à une vraie phase de négociations. Dire aux Nord-Coréens qu'on ouvrira un dialogue une fois qu'ils auront abandonné l'arme nucléaire n'est plus possible. La Corée du Nord est de fait un Etat doté de l'arme nucléaire. Elle a des préoccupations sécuritaires qui sont celles de tout Etat souverain.

La question principale, selon moi, n'est pas tant de savoir si on reviendra à une phase de dialogue, car on y reviendra. Toutes les crises autour de la Corée du Nord ont fini par retomber, y compris en 2013. L'important est de savoir si la baisse des tensions sera momentanée, si elle durera six mois, un an ou si on va pouvoir assister au vrai retour d'un cycle de dialogues. Les négociations dans un cadre à six parties – les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon – sur le nucléaire coréen ont été suspendues il y a maintenant près de huit ans

Dans tous les cas, les Nord-Coréens attendent une chose : un signe de la part des Américains ainsi qu'une prise en compte de leur part de la nouvelle réalité stratégique. C’est d'ailleurs ce qu'avait proposé Xi Jinping, qui avait dit qu'il serait bien que Donald Trump prenne son téléphone et appelle Kim Jong-un pour montrer qu'il l'estime. Quand on est dans l'invective verbale vis-à-vis que quelqu'un, il est difficile de renouer les fils du dialogue.

 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 22:06

Dans son édition du 27 septembre 2017, Le Canard Enchaîné a révélé que l'administration Trump négociait avec la République de Corée (Corée du Sud) l'introduction d'armes nucléaires tactiques, de type B61, dans le sud de la péninsule - officiellement bien sûr pour dissuader la RPDC, même si la Corée du Sud est déjà sous le "parapluie nucléaire" américain et n'a donc nullement besoin d'une protection supplémentaire en armes nucléaires. Cette course aux armements nucléaires hypothéquerait encore davantage la paix, au moment où l'administration Trump multiplie tant les propos bellicistes et les attaques personnelles contre la direction de la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) que les mesures provocatrices.

Arme nucléaire de type B61

Arme nucléaire de type B61

Le bas de la page 3 du Canard enchaîné est un rendez-vous hebdomadaire pour tous ceux qui s'intéressent aux questions stratégiques : grâce à des indiscrétions du ministère français de la Défense, notamment des services de renseignement, on y apprend les coulisses des conflits et des crises internationales. En révélant que Donald Trump envisageait la réintroduction d'armes nucléaires tactiques américaines en Corée du Sud, l'hebdomadaire satirique tient un scoop - car il s'agit bien d'une "réintroduction", puisque des documents déclassifiés avaient révélé que les Etats-Unis avaient disposé des centaines de têtes nucléaires en Corée du Sud de 1958 à 1991. Un tel retour en arrière dans le désarmement nucléaire conforte l'idée que les Etats-Unis ont une conception décidément très particulière de l'arme nucléaire : seuls eux (et les alliés qu'ils tolèrent) auraient le droit de disposer à leur guise de l'arme la plus effroyable jamais créée par l'homme, et dont ils détiennent à ce jour le monopole de l'utilisation effective en 1945 - rendant chimérique un désarmement nucléaire de la Corée du Nord. 

Mais ce schéma catastrophe n'est pas encore réalisé : si les généraux américains poussent fortement à l'introduction de bombes B61 en Corée du Sud, et trouvent un écho non défavorable chez le ministre sud-coréen de la Défense Song Young-moo, les diplomates américains et sud-coréens sont inquiets et le président sud-coréen Moon Jae-in n'est pas chaud - certainement conscient qu'une telle mesure non seulement ruinerait les espoirs d'un retour au dialogue pour sortir de la crise, mais exposerait également les populations sud-coréennes. Mais que valent les vies sud-coréennes aux yeux de l'administration Trump et de leurs acolytes ? D'ores et déjà, les généraux américains ont jugé utile de faire approcher leurs bombardiers des côtes nord-coréennes - les mêmes bombardiers qui pourraient larguer les bombes nucléaires de type B61. 

Outre l'accord sud-coréen, les Etats-Unis butent sur deux obstacles : un délai d'installation estimé à deux ou trois ans et - tant qu'à faire - faire prendre en charge financièrement par la Corée du Sud des dépenses militaires qui servent plus les intérêts américains que les siens propres. Une alternative est ainsi envisagée : l'installation permanente en Corée du Sud, par rotation des appareils, de bombardiers B1, B2 et B52 actuellement stationnés à Guam. Il s'agit bien de l'île de Guam près de laquelle les Nord-Coréens avaient envisagé d'effectuer des tirs (avant d'y renoncer) : ce serait une belle provocation, qui générerait de forts risques d'escalade militaire, et représenterait aussi une forte dépense militaire financée par le contribuable américain. Mais rien n'est trop beau pour satisfaire l'ego du Président Trump qui, impuissant à empêcher la Corée du Nord de se doter d'une force de dissuasion nucléaire, a besoin de montrer qu'il est le grand commandant en chef toujours victorieux des forces armées américaines, quel qu'en soit le prix. L'apaiser, comme s'y évertuent la Chine ou encore la France, est probablement le pari le plus dangereux, car une telle attitude l'encourage sur une pente belliciste dont les conséquences catastrophiques ne sont malheureusement que trop connues. 

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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 20:44

Le 25 septembre 2017, Ri Yong-ho, ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a parlé de déclaration de guerre américaine après que des bombardiers américains eurent survolé le ciel de la péninsule coréenne, en précisant à des journalistes que son pays pourrait abattre les bombardiers américains qui s'approcheraient de ses côtes. Ces déclarations doivent être resituées dans leur contexte, au vu des actions menées par les Etats-Unis, tant sur le plan militaire que sur celui des sanctions unilatérales : un examen attentif des faits montre en effet que, dans l'escalade des tensions, ce sont bien les Américains qui multiplient les initiatives de nature à jeter de l'huile sur le feu, au risque d'entraîner la péninsule dans une nouvelle guerre de Corée qui aurait des conséquences catastrophiques. 

Crise en Corée : qui provoque qui ?

Si l'envoi de bombardiers américains dans le ciel coréen n'est pas nouveau (des précédents ont par exemple eu lieu en mars 2013 et en janvier 2016), ceux-ci auraient toutefois approché exceptionnellement près de la RPD de Corée selon un communiqué du Pentagone : 

C’est l’endroit le plus au nord de la zone démilitarisée qu’un avion américain ou un bombardier a survolé au large des côtes nord-coréennes au 21e siècle.

Pourtant, face à ce qui aurait qualifié de provocation si l'initiative était venue de la Corée du Nord, la RPDC a fait preuve de retenue pour éviter toute escalade vers la guerre, comme l'a observé le président de la commission du Parlement sud-coréen sur la base d'un rapport des services de renseignement sud-coréens. Ainsi, selon l'agence Yonhap : 

Le président de la commission du renseignement a également dit, citant le rapport du NIS, que le Nord a au contraire accru ses précautions pour ne pas causer un affrontement militaire accidentel le long de la frontière intercoréenne tendue et a ordonné à son armée de «rapporter d'abord avant de prendre une quelconque mesure militaire».

Un élément supplémentaire d'escalade militaire des Etats-Unis réside dans l'hypothèse de "frappes préventives" (comprendre : d'attaques en premier), que les "faucons" américains tenteraient d'accréditer comme nécessaires et raisonnables.

Sur le plan non militaire, l'administration américaine a fait dans la surenchère par rapport aux sanctions internationales, pourtant déjà exceptionnellement lourdes et mises en place à son initiative : si Washington prétend favoriser le multilatéralisme, elle manie aussi l'unilatéralisme quand celui-ci sert ses intérêts, dévoyant ainsi les principes de la Charte des Nations unies. Ainsi, des sanctions unilatérales ont été prises par les Etats-Unis à l'égard de huit banques nord-coréennes et de vingt-six personnalités de la RPD de Corée, basées en Chine, en Russie, en Libye et aux Emirats Arabes Unis, dont les biens et intérêts ont été bloqués ou placés sous contrôle des Etats-Unis. Le placement sous contrôle des Etats-Unis, selon la terminologie employée par l'administration américaine, est une procédure qui ignore la souveraineté nationale des Etats où ces banques et individus sont situés, méconnaissant gravement ce principe de base du droit international public.

Enfin, l'administration américaine a interdit l'accès à son territoire de tous les citoyens nord-coréens.

Face à ces mesures agressives, et qui dépassent une escalade verbale qui relève essentiellement de l'épiphénomène, il importe que la communauté internationale se mobilise pour la paix et le dialogue en Corée, contre l'unilatéralisme états-usien et pour la défense des principes du droit international public seuls à même de garantir un authentique régime de sécurité collective en Asie du Nord-Est et dans le monde.

Sources : 

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 22:52

A la tribune des Nations Unies le 19 septembre 2017, le président américain Donald Trump a menacé de "détruire totalement la Corée du Nord". Des propos irresponsables et dangereux pour la paix du monde qui ont coïncidé avec l'envoi, la veille, de deux bombardiers B-1B et de quatre chasseurs furtifs F-35B au-dessus de la Corée. Mais jusqu'où iront les provocations verbales et militaires de Washington ?

"Détruire totalement la Corée du Nord" : les propos irresponsables et dangereux de Donald Trump

Devant 130 chefs d'Etat et de gouvernement réunis dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a ressuscité le discours désuet de George W. Bush sur les Etats voyous à l'encontre de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et de l'Iran, tout en multipliant les imprécations contre la Corée du Nord, qualifiée d' "Etat vicieux" et "corrompu" qu'il a menacé de "détruire complètement" si les Etats-Unis devaient se défendre, eux ou leurs alliés.

Une fois encore, l'administration américaine a dû tempérer les ardeurs guerrières de son commandant en chef en déclarant que les Etats-Unis n'avaient pas l'intention de faire la guerre. Tout le problème est qu'à force de crier au loup et de vitupérer Donald Trump apparaît au mieux lancer des imprécations vaines qui ne sont que des rodomontades, au pire prouver son caractère instable et la difficulté qu'a à le retenir dans ses élans bellicistes un appareil d'Etat qui sait qu'une nouvelle guerre de Corée entraînerait des millions de morts.

Dans ce contexte dangereux, où Washington poursuit une escalade verbale et militaire qui apparaît comme autant de provocations à l'égard de Pyongyang, la Chine rejette dos à dos les Etats-Unis et la RPD de Corée, en menant par ailleurs des manoeuvres militaires conjointes avec la Russie qui font clairement apparaître trois blocs dans la crise actuelle (les Etats-Unis et leurs alliés, la RPD de Corée, la Chine et les pays qui - comme la Russie - plaident pour un dialogue passant par un "double gel" - de ses essais nucléaires et balistiques par la RPDC, de ses manoeuvres militaires pour les Etats-Unis).

Les autres Etats oscillent entre le bloc américain et celui sino-russe. Ainsi, la France d'Emmanuel Macron appelle au renforcement drastique des sanctions contre Pyongyang, et en même temps à la reprise du dialogue - ce qui est pourtant profondément contradictoire : personne ne négocie avec un pistolet posé sur sa tempe. Dans le débat sémantique sur le concept polémique d'Etat voyou, les méthodes de gangster sont bien celles des Etats-Unis.

Sources :

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 21:47

Si la montée des tensions dans la péninsule coréenne a conduit l'administration Moon Jae-in à réaffirmer son alliance militaire avec les Etats-Unis, des responsables démocrates s'interrogent ouvertement sur la nécessité d'une sortie de crise impliquant que Washington accepte de reprendre le dialogue avec Pyongyang. Dans ce cadre, nous publions ci-après, traduit de l'anglais par BA, une tribune de Lee Jong-seok, chercheur à l'Institut Sejong et ancien ministre de la Réunification du Président de la République de Corée Roh Moon-hyun, publiée le 11 septembre 2017 dans le quotidien progressiste sud-coréen Hankyoreh et intitulée "Les Etats-Unis doivent établir des relations diplomatiques avec la Corée du Nord pour sortir de la crise. Le soutien sud-coréen aux sanctions ne fera qu'accroître la crise". La proposition de Lee Jong-seok de combiner reconnaissance diplomatique, dénucléarisation de la RPD de Corée et garanties de sécurité pour la Corée du Nord reprend un plan défendu de longue date par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Les liens intertexte ont été ajoutés par nous.

Lee Jong-seok

Lee Jong-seok

Il peut sembler étrange de parler de négociations au moment où la communauté internationale est furieuse en réaction au sixième essai nucléaire nord-coréen. L’histoire nous a cependant montré que le temps passant, après avoir regagné notre calme, nous serons face à la situation qui veut que notre approche « pas de réflexion, que des sanctions » ne fera qu’exacerber un cercle vicieux, et nous serons encore davantage conscients qu’il n’y a pas d’alternative à la négociation.

Certains avancent que l’on peut nuire aux intérêts vitaux de la Corée du Nord en coupant son ravitaillement en pétrole. Cependant, ainsi que de nombreux experts du pays l’ont montré, cette stratégie ne fera qu’endommager l’économie nord-coréenne sans parvenir à soumettre Pyongyang. Au lieu de cela, l’accroissement des souffrances subies par le peuple se traduiront uniquement par une augmentation des tensions, attisant une mentalité du « tout pour le tout » qui pourrait mener à des provocations militaires le long de la ligne d’armistice ou de la Zone de Limite Nord (NLL). Ce risque ne peut qu'aller grandissant quand c’est Séoul qui se place en tête de ceux qui demandent des sanctions. C’est pour cette raison que le gouvernement sud-coréen se doit d’adopter une approche équilibrée même dans le contexte des sanctions, et qu’il lui faut adopter une réponse prudente et stratégique.

La question suivante est de savoir s’il existe maintenant une possibilité de parvenir à ce que la Corée du Nord abandonne ses armes atomiques. Cela pourrait uniquement être possible avec un changement de stratégie de la part de Washington, mais il reste une dernière carte à jouer : l’établissement de relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Il s’agirait d’un troc entre les deux parties, chacun donnant à l’autre ce qu’il souhaite selon le principe d’actions simultanées – Washington proposant à Pyongyang l’établissement de relations diplomatiques et la signature d’un traité de non-agression en contrepartie de l’abandon par le Nord de son programme nucléaire et balistique intercontinental.

La Corée du Nord proclame peut-être qu’elle n’a aucune intention de renoncer à sa force nucléaire, mais elle a laissé un indice quant à cette possibilité. Le dirigeant Kim Jong Un a affirmé qu’il ne s’assiérait pas à la table des négociations pour la dénucléarisation « tant que la politique hostile américaine et les menaces nucléaires ne seront pas fondamentalement résolues ». Cela signifie que le pays pourrait abandonner son armement atomique si la relation antagoniste qu’il entretient avec les Etats-Unis s’améliore et que sa non-agression est garantie. Exposée ainsi de façon grossière, cette condition de la part de Pyongyang est quelque chose que la Corée du Nord a en permanence mis en avant durant les deux dernières décennies, depuis que la question nucléaire a émergé.

Une conclusion similaire peut être tirée si l’on considère les raisons pratiques derrière la volonté de Kim de posséder un armement nucléaire et des missiles intercontinentaux. On peut les diviser en trois grandes catégories : répondre à la politique hostile des Etats-Unis, affermir son pouvoir au sein du pays et empêcher la possible intervention physique de forces extérieures en Corée du Nord.

Pour faire court, l’objectif principal de Kim est d’assurer la stabilité de son régime. La dernière de ces préoccupations est devenue cruciale au regard du sort du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a renoncé à son programme nucléaire et aux armes de destructions massives en échange de l’amélioration des relations avec les Etats-Unis, pour se faire destituer et tuer (en octobre 2011) durant la révolution démocratique avec l’aide des forces de l’OTAN menées par les Etats-Unis. Le second objectif – affermir le pouvoir de Kim à l’intérieur du pays par l’intermédiaire du développement nucléaire – semble avoir été déjà plus ou moins atteint.

En ce sens, l’établissement de relations diplomatiques entre la Corée du Nord et les Etats-Unis ainsi qu’une garantie de non-agression entraînera sans doute une avancée majeure vers l’abandon par Pyongyang de son programme nucléaire. Si les deux parties parviennent à atteindre un tel accord, le Nord devra geler son programme nucléaire et mettre un terme à ses provocations balistiques, tandis que l’ONU travaillera à la levée des sanctions économiques, créant un environnement favorable pour étoffer et mettre en oeuvre les termes d’un accord. Avec les Pourparlers à Six, nous pourrons obtenir des garanties internationales protégeant ce traité incluant l’abandon définitif de l’arme atomique par la Corée du Nord ainsi que la transition d’un système d’armistice vers une situation de paix dans la péninsule.

Il apparaît peu probable que les Etats-Unis prêtent la moindre attention à cette proposition – arguant comme ils le font actuellement qu’il ne peut y avoir de dialogue tant que la Corée du Nord ne met pas un terme à ses provocations et n’émet pas un signal montrant son intention de se dénucléariser. Mais s’ils perçoivent réellement la situation actuelle de la Corée du Nord et son armement atomique comme une menace sérieuse, ils n’ont aucune raison de ne pas s’y intéresser. Cela ne coûtera rien d’un point de vue américain. Bien qu’elles aient été considérées comme la « dernière solution » si la crise devenait incontrôlable, l’établissement de relations diplomatiques entre la Corée du Nord et les Etats-Unis a toujours été une solution, étant donné que l’origine de la question nucléaire nord-coréenne repose sur la méfiance mutuelle entre les deux parties.

Avec sa préférence affichée pour exercer une pression extrême sur le Nord, l’administration Moon Jae-in pourrait envisager cette suggestion avec suspicion. En vérité, cependant, cette idée représentait le cœur de l’approche de l’administration de Kim Dae-jung et de celle de Roh Moo-hyun, et cette dernière est partagée parmi un grand nombre d’experts qui ont soutenu la candidature de Moon à la présidence. Il ne sera sans doute pas aisé de passer par-dessus les Etats-Unis, mais il est cependant nécessaire de commencer dès à présent en prévision du rôle que Séoul sera amené à jouer, de la gravité de la situation du nucléaire nord-coréen et afin d’être le meneur d’une situation compliquée à l’aide d’une diplomatie créative plutôt que d’aligner les wagons de sanctions les uns derrière les autres.

Ce plan n’a pas besoin d’être respecté à la lettre, mais l’administration Moon a besoin d’une stratégie et d’actions indépendantes pour parvenir à des avancées pacifiques par la négociation.

Lee Jong-seok, Chercheur à l’Institut Sejong et ancien Ministre de la Réunification de l’administration Roh Moo-hyun

Article original en anglais :

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 07:25

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait vivement dénoncé les nouvelles sanctions prises à son encontre par le Conseil de sécurité des Nations unies, le 11 septembre 2017, comme une violation sans précédent de sa souveraineté : le tir de missile auquel elle a procédé le 15 septembre 2017 apparaît comme la réponse à la résolution 2375 du CSNU qui, selon ses promoteurs, devait forcer la RPDC à revenir à la table des négociations. Comme tous les experts de la question nord-coréenne l'avaient annoncé, c'est évidemment tout le contraire qui s'est produit : seul un vrai dialogue, prenant en compte les attentes de toutes les parties (y compris de la RPDC) pour sauvegarder leurs intérêts vitaux, sera de nature à mettre fin au cycle continu d'escalade des tensions et des sanctions.

La trajectoire du missile nord-coréen apparaît sur les écrans japonais.

La trajectoire du missile nord-coréen apparaît sur les écrans japonais.

Selon le ministère de la Défense de la République de Corée (Corée du Sud), le missile a parcouru une distance inédite : 3 700 kilomètres, atteignant une altitude de 770 kilomètres. Il a survolé le Japon, avant de s'abîmer en mer, dans l'océan Pacifique. Intervenant 12 jours après le sixième essai nucléaire nord-coréen, il montre la résolution de la RPD de Corée de se doter d'une force de dissuasion nucléaire complète pour prévenir toute attaque américaine à son encontre, quelles que soient les sanctions prises contre elle à l'initiative des Etats-Unis et de leurs alliés.

Comme toujours, la Corée du Sud et le Japon ont vivement protesté, de même que les Etats-Unis et les principales puissances occidentales - la Corée du Sud procédant même, unilatéralement, à un tir de missile balistique qui ne fera qu'envenimer davantage la situation. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir d'urgence le jour même du tir, le vendredi 15 septembre 2017.

Si de nouvelles sanctions devaient être proposées, elles ne freineraient en rien la détermination nord-coréenne - leur seul effet serait de frapper durement les populations. Une attaque militaire américaine serait dévastatrice, causant des millions de morts de chaque côté, car elle serait conduite à l'encontre d'un pays doté de missiles balistiques intercontinentaux et d'armes nucléaires. Reste la voie du dialogue (d'un vrai dialogue et pas d'un diktat imposé à un Etat souverain), qu'avaient à nouveau rappelé la veille du tir les dirigeants australien et allemand, et que préconisent de longue date la Chine et la Russie. Mais les Etats-Unis vont-ils enfin s'engager dans cette voie, en arrêtant leurs menaces inquiétantes de guerre ? Il est de la responsabilité de la communauté internationale de ramener l'administration Trump à une solution raisonnable, pour sortir d'une impasse dont l'issue serait une catastrophe planétaire, sept décennies après le lancement des bombes atomiques américaines sur Hiroshima et Nagasaki.

Source : 

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