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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 19:15
Les spécialistes de la fausse monnaie avaient déjà mis en doute  les accusations portées à ce sujet contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). C'est maintenant un livre écrit par un ancien journaliste de la chaîne américaine CNN qui révèle que, dans des circonstances rappelant les justifications de la guerre en Irak, les partisans de la ligne dure au sein de l'administration américaine ont délibérément manipulé les renseignements sur le programme nucléaire nord-coréen : les informations sur un effort de la RPDC en vue d'acquérir des composants pour son programme nucléaire ont servi à décrire ce pays comme possédant d'ores et déjà des installations capables de fabriquer une bombe. Cette distorsion de la vérité est à l'origine d'une nouvelle crise nucléaire avec la Corée du Nord.

 

Jusqu'en 2006, Mike Chinoy était correspondant pour la chaîne d'information américaine CNN, principalement en Asie. Il travaille maintenant pour le Pacific Council on International Policy basé à Los Angeles. De quatorze séjours en Corée du Nord et deux cents entretiens menés à Washington, Séoul, Tokyo et dans d'autres capitales asiatiques, il a tiré un livre de 405 pages intitulé Meltdown: The inside story of the North Korean nuclear crisis* (littéralement "En fusion : l'histoire de la crise nucléaire nord-coréenne vue de l'intérieur") à paraître au mois d'août 2008.


L'ouvrage de Chinoy révèle que, si les services de renseignement américains ont bien découvert en 2002-2003 que la Corée du Nord s'efforçait d'acquérir des composants pouvant être utilisés pour l'enrichissement d'uranium, il ne s'agissait que d'une tentative visant à s'en procurer, aucun renseignement crédible ne prouvant l'existence d'installations nord-coréennes capables de fabriquer des bombes à base d'uranium.



Selon l'enquête menée par Mike Chinoy, les partisans de la ligne dure au sein de l'administration Bush, à l'instar de John Bolton, ambassadeur américain aux Nations Unies de 2005 à 2006, étaient prêts à tout pour faire dérailler l'"accord-cadre" sur le nucléaire signé avec la Corée du Nord en 1994. Ils ont donc saisi cette occasion pour aller jusqu'à la confrontation avec Pyongyang,


Lors d'un déplacement en octobre 2002 à Pyongyang, le secrétaire d'Etat adjoint de l'époque, James Kelly, reçut l'instruction de ne pas négocier et de simplement répéter aux Nord-Coréens qu'ils devaient abandonner leur programme d'enrichissement de l'uranium avant toute autre avancée.

 

Il reçut aussi l'ordre de ne pas observer les règles élémentaires de la correction diplomatique comme organiser un dîner pour ses hôtes nord-coréens ou porter un toast lors du repas donné en son honneur à son arrivée.

 

Il a été largement dit que les Nord-Coréens avaient admis devant Kelly mener un programme d'enrichissement de l'uranium, ce qui avait poussé les Etats-Unis à prendre une série de mesures de rétorsion qui ont provoqué l'escalade avec Pyongyang ayant abouti à l'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006.


Mais, après avoir interrogé la plupart des membres de la délégation de Kelly, Mike Chinoy affirme ne pas avoir trouvé la moindre preuve que les Nord-Coréens aient expressément admis poursuivre un tel programme d'enrichissement.

 

"Il est intéressant que les transcriptions restent classifiées mais il semble que le responsable nord-coréen ait utilisé un langage bien plus ambigu et également présenté une offre de négociation - offre rejetée par Kelly", a déclaré Chinoy à l'AFP. 

 
Selon lui, "des analogies et des différences peuvent toujours être trouvées avec la controverse suscitée par les renseignements à propos de l'Irak mais, à la différence de l'Irak, les vrais renseignements recueillis en Corée du Nord par les Américains au printemps et à l'été 2002 étaient assez solides."


Pour évoquer l'attitude des faucons de l'administration Bush farouchement opposés à un engagement vis-à-vis de la Corée du Nord, Colin Powell, alors secrétaire d'Etat, a déclaré : "Ils voulaient utiliser cela comme un amas d'étoiles rouges brillant dans le ciel pour signaler que les Nord Coréens trichaient, et mettre fin à l'accord-cadre en disant 'nous vous avions bien prévenus que c'était une mauvaise idée'."

 

L'ouvrage de Mike Chinoy revient aussi sur le surprenant revirement opéré par les Etats-Unis dans leur politique à l'égard de la Corée du Nord au cours du second mandat de George W. Bush.


Il montre comment le successeur de James Kelly, Christopher Hill, s'est emparé du processus - d'abord en tenant des réunions bilatérales avec les Nord-Coréens, contre les instructions de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, puis, après avoir obtenu le soutien de Condoleezza Rice, en neutralisant les opposants à la politique d'engagement, notamment dans l'entourage du vice-président Dick Cheney.


Christopher Hill a aidé à la relance des pourparlers à six grâce auxquels la RPDC a fermé l'usine nucléaire de Yongbyon où était produit son plutonium à usage militaire.


L'administration Bush cherche actuellement à ce que la Corée du Nord abandonne toutes ses armes nucléaires en échange d'une normalisation des relations entre les Etats-Unis et la RPDC et de garanties de sécurité. 

 

Et Chinoy de conclure : "Quelle ironie de constater que les tentatives des partisans de la ligne dure pour que les Nord-Coréens ne se dotent pas de la bombe ont, en fait, créé une situation où le Nord est devenu une puissance nucléaire en rendant l'ensemble du processus de renonciation à ce programme nucléaire bien, bien plus difficile que s'ils avaient adopté une telle approche depuis le début."  (source : AFP)

 



* Mike Chinoy, Meltdown: The Inside Story of the North Korean Nuclear Crisis, St. Martin's Press, 2008

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 19:26

Le jeudi 31 juillet 2008, le président George W. Bush  a donné des instructions pour que le bureau géographique national (BGN) américain revienne sur une décision récente. En effet, le BGN avait auparavant annoncé que les îles Dokdo, contrôlées par la Corée du Sud mais revendiquées par la Japon, seraient classés comme un territoire de "souveraineté indéterminée", et non plus comme un territoire coréen.

A la veille de sa visite en Corée du Sud, où il doit arriver le mardi 5 août, George W. Bush a jugé préférable de ne pas envenimer davantage les relations bilatérales entre Séoul et Washington, en demandant au bureau géographique national (BGN) américain de faire marche arrière sur une prise en compte des revendications japonaises des îles Dokdo.

En effet, malgré une répression sans précédent dans l'histoire récente de la Corée depuis la chute du régime militaire (930 arrestations annoncées à Séoul le 30 juillet), les manifestations aux chandelles se poursuivent en Corée contre la décisions personnelle du président Lee Myung-bak de reprendre les importations de boeuf américain. Cette mesure avait été annoncée, sans considération sanitaire sur les risques de diffusion de la maladie de la "vache folle", lors de son accueil à Washington, au printemps, comme l'hôte personnel du président George W. Bush. De nouvelles manifestations aux chandelles devraient d'ailleurs accueillir le président américain à son arrivée à Séoul.

Jusqu'à présent, le BGN, qui retient pour les îles Dokdo le nom de "Rochers de Liancourt" (utilisé par les Nations-Unies), les considérait comme un territoire sud-coréen, avant de décider de les classer dans la catégorie des territoires à souveraineté indéterminée. Après la protestation officielle de l'ambassadeur sud-coréen à Washington, le BGN est revenu sur sa décision, par une instruction directe du président Bush. La partie américaine ayant argué d'un manque d'informations, Washington et Séoul ont décidé de mettre en place un canal d'échange d'informations.

S'agit-il d'un recul tactique, dans l'attente de nouvelles pressions japonaises à la fin de la visite américaine en Corée ? Récemment, le gouvernement nippon avait donné des instructions pour que les manuels scolaires soutiennent la thèse de la souveraineté japonaise des îles Dokdo (que les Japonais appellent Takeshima), bien que celles-ci soient contrôlées par les garde-côtes coréens et que les revendications japonaises ne datent que des débuts de la colonisation de la Corée. Il en était résulté une crise entre Séoul et Tokyo et des manifestations de protestation en Corée du Sud. Le 30 juillet, des manoeuvres conjointes de la marine et de la police maritime sud-coréennes ont été conduites autour de Dokdo (ci-contre : photo Yonhap).

Pour sa part, la France considère les îles Dokdo comme un territoire sud-coréen.

La colonisation japonaise de la Corée (1910-1945) a laissé d'autres séquelles : le Japon impérialiste a profité de sa position pour imposer, jusqu'à nous jours, son point de vue dans la toponymie en Asie : c'est ainsi que les organisations internationales qualifient toujours la mer de l'Est (selon le nom utilisé notamment en Chine et en Corée) de "mer du Japon", que les îles Dokdo ont été baptisées "Rochers de Liancourt" ou encore que le nom anglais de la Corée ("Corea") a été retranscrit "Korea", afin que le Japon (en anglais "Japan") figure avant la Corée ("Korea"), et non plus après, dans l'ordre des noms de pays... (Sources : KBS, Korea Times, AAFC)

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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 14:49

L'occupation américaine de la Corée du Sud, par près de 30.000 G.I's, est loin de faire l'unanimité au sein même de l'opinion publique américaine. Si les critiques viennent notamment des milieux socialistes, à l'instar par exemple du Workers World Party, une partie des milieux républicains, influencés également par les libertariens, se prononce aussi pour le retrait des troupes américaines de Corée du Sud. L'AAFC présente ici les arguments de ces opposants non-socialistes à l'occupation US de la Corée.

"Pourquoi les contribuables américaines subventionnent-ils la défense de la Corée du Sud ?" ("Why do American taxpayers subsidize South Korea's defense ?") : c'est la question que pose le bloggeur américain GI Korea, dans une analyse reprise sur le site Internet LewRockwell.com.

Sans partager - loin s'en faut - l'ensemble des positions de GI Korea, l'AAFC rejoint ses conclusions sur le nécessaire retrait des troupes américaines du Sud de la Corée. L'AAFC a donc souhaité présenté les arguments développés notamment par certains républicains ainsi que par les libertariens américains, dont une partie (à l'instar de l'ancien candidat libertarien à l'élection présidentielle américaines, Ron Paul) ont d'ailleurs rejoint le Parti républicain. Ces analyses originales se distinguent à la fois de celle de John McCain, qui incarne le mieux la continuité avec la diplomatie de George W. Bush, que de ses opposants démocrates, Barack Obama et Hillary Clinton.

Comme l'observe tout d'abord Bob Barr, candidat du Parti libertarien à l'élection présidentielle américaine de novembre 2008, "les circonstances dans lequelles a été créée l'alliance américano - sud-coréenne ont disparu. Le traité de défense mutuelle était un moyen de protéger la Corée du Sud et de lui permettre de devenir auto-suffisante. La politique américaine a réussi."

D'autant plus que la présence américaine en Corée du Sud lui épargne de coûteuses dépenses de défense : le bloggeur GI Korea estime ainsi que la Corée du Sud économise bien davantage chaque année en matière de défense que les sommes qu'elle envoie à la Corée du Nord, au titre de la coopération intercoréenne. Abondant dans le sens de GI Korea qui déplore l'éloignement de sa famille tout en vivant "dans des conditions inférieures aux standards moyens", Bill Kauffman, auteur en 2003 d'un article intitulé "George Bush, the Anti-Family President" ("George Bush, le président anti-famille"), ajoute que les premières victimes du militarisme américain sont les familles divisées des soldats américains, obligés de servir un an en Corée, loin de leurs proches.

Selon Ivan Eland, l'inefficacité de la présence américaine à l'étranger - qui implique également d'onéreux
exercices d'entraînement - est d'autant plus coûteuse et inefficace qu'elle bénéficie à des alliés devenus des pays riches, qu'il s'agisse de la Corée du Sud, du Japon ou des pays européens membres de l'OTAN.

L'ancien candidat à l'investiture républicaine Pat Buchanan propose une des analyses les plus approfondies des conséquences négatives de la présence américaine en Corée du Sud. Dans un article intitulé "
Une sortie honorable de l'empire", l'opposant à la guerre en Irak observe que les Etats-Unis, lors de la disparition de l'URSS, ont raté l'occasion de partager le fardeau de la sécurité internationale et de devenir "un pays normal à une époque normale". Il en est résulté le lot commun de tous les empires finissants, s'attachant à maintenir des politiques surannées et finalement contraints au départ dans des conditions honteuses : Pat Buchanan cite la retraite de Russie de Napoléon, le recul des troupes de MacArthur de l'autre côté du fleuve Yalou pendant la guerre de Corée, les conflits interreligieux après l'indépendance de l'Inde britannique, le départ de la France d'Indochine et l'abandon, toujours par notre pays, des harkis algériens.

S'agissant de la Corée, alors que les troupes chinoises ont quitté le Nord de la péninsule il y a un demi-siècle, Pat Buchanan s'interroge sur l'utilité de maintenir des troupes américaines sur le sol coréen, sinon à entretenir un sentiment anti-américain dans un des pays où l'opinion publique est parmi les plus hostiles aux Etats-Unis. A cet égard, la puissance des manifestations en Corée du Sud contre la reprise des importations de boeuf américain est le révélateur d'une profonde défiance à l'encontre de l'empire américain, dans un pays dont le "miracle économique" a pourtant dû beaucoup à une aide massive des Etats-Unis et du Japon.

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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 17:03

En marge du forum annuel de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est sur la sécurité régionale, qui commence ce dimanche 20 juillet 2008, la secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice devrait rencontrer son homologue nord-coréen Pak Ui-chun. Ces échanges informels pourraient relancer les négociations sur le nucléaire nord-coréen.

La dernière session de négociations à six sur le nucléaire nord-coréen, du 10 au 12 juillet 2008, a permis de confirmer la première étape dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne : la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) désactiverait complètement ses principales installations nucléaires d'ici fin octobre. Elle autoriserait les visites d'inspection, pour s'assurer que l'ensemble des mesures nécessaires ont été prises. En contrepartie, les autres Etats procèderaient aux livraisons d'énergie prévues dans l'accord de Pékin du 13 février 2007. La deuxième étape - le renoncement de la RPDC à l'arme nucléaire - suppose des garanties sur sa sécurité et son approvisionnement énergétique, ainsi que la normalisation de ses relations avec les Etats-Unis et le Japon.

De nouveaux progrès pourraient être enregistrés à l'occasion du forum annuel sur la sécurité de l'Association des nations du sud-est asiatique (ANSEA, acronyme anglais ASEAN) qui s'est ouvert ce dimanche 20 juillet à Singapour, et auquel participent les 10 membres de l'ANSEA ainsi que 16 autres Etats et l'Union européenne. Les six Etats parties aux négociations multilatérales sur le nucléaire coréen sont présents au forum sur la sécurité de l'ANSEA.

En marge de ce forum, où la question de la nucléarisation de la péninsule coréenne devrait occuper une place importante, la secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice devrait en effet rencontrer de manière informelle son homologue nord-coréen Pak Ui-chun. (Sources : International Herald Tribune, Daily Times)

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 11:29

Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé la reprise des pourparlers à six, sur le nucléaire nord-coréen, le jeudi 10 juillet à Pékin. Si la remise par Pyongyang d'une liste de ses activités nucléaires ouvre ainsi la voie à de nouvelles discussions multilatérales, pour la première fois en neuf mois, le non-respect des livraisons d'énergie à la RPDC pourrait constituer une pierre d'achoppement.

Le 8 juillet 2008, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé la reprise à Pékin, le 10 juillet, des discussions à six
sur le nucléaire nord-coréen, réunissant les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon (ci-contre le 8 février 2007). Interrompus depuis neuf mois, les pourparlers à six pourraient durer trois jours.

La remise par Pyongyang d'une liste de ses activités nucléaires militaires, ainsi que la destruction de la tour de refroidissement du complexe de Yongbyon le 27 juin, ont permis de franchir cette nouvelle étape dans la mise en oeuvre de l'accord de Pékin du 13 février 2007, qui vise à la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne, tandis que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) obtiendrait des contreparties économiques, énergétiques et de sécurité.

A cet égard, la RPDC déplore avoir accompli 80 % de ses engagements, tout en n'ayant reçu que 40 % des livraisons d'énergie prévues par l'accord du 13 février 2007. Les discussions étant basées sur un principe de réciprocité ("action contre action"), cette situation pourrait constituer une pierre d'achoppement dans la poursuite des pourparlers.

Par ailleurs, Washington, a engagé la procédure de retrait de la RPDC de la liste des Etats soutenant le terrorisme, laquelle dure 45 jours, et qui élargirait l'accès de la RPDC aux institutions financières internationales.

Le prochain cycle de discussions qui doit s'ouvrir à Pékin le 10 juillet devrait également porter sur le contenu de la déclaration de ses activités nucléaires remise par Pyongyang, alors que les néo-conservateurs américains jugent insuffisante une liste qui ne mentionne pas un éventuel programme d'enrichissement à base d'uranium, ni des coopérations nucléaires avec d'autres Etats, notamment la Syrie, pourtant loin d'être confirmées. (sources : Ria Novosti, AFP - photo : Reuters)

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 19:24

Au milieu de toutes les déclarations officielles concernant la dénucléarisation de la Corée du Nord et la levée d'une partie des sanctions américaines, quel peut être l'avis de l'opinion publique nord-coréenne elle-même? On peut en avoir une première idée grâce à Kang I-ruk, correspondant à Pyongyang du quotidien des Coréens du Japon Choson Sinbo dans lequel est paru l'article suivant.


Répondant à l'agence KCNA, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a indiqué le 27 juin 2008 que les Etats-Unis s'étaient engagés, conformément à l'accord du 3 octobre 2007, à retirer la Corée du Nord de la "liste des Etats soutenant le terrorisme" et à lever les sanctions économiques prises à l'encontre de la RPDC en vertu du Trading with the Enemy Act, la loi américaine sur le commerce avec les pays ennemis. "Nous apprécions et nous félicitons de cette mesure positive", a déclaré le porte-parole.


Cette réponse a été diffusée par tous les médias nord-coréens.

Les habitants de la capitale nord-coréenne, Pyongyang, en particulier ont prêté une grande attention à cette information. Un "tournant ouvrant la voie à une ère nouvelle" et susceptible de transformer une relation faite de confrontation et de méfiance en une relation de coexistence pacifique, est ainsi l’opinion majoritairement répandue chez les habitants.


Méfiance profonde


Les habitants de Pyongyang se félicitent de la levée des sanctions prises par les Etats-Unis contre leur pays.


Pourtant après la déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, certains appellent à la prudence, préférant attendre que les Américains lèvent vraiment les sanctions et effacent le pays de leur liste noire, preuve de la profonde méfiance que nourrissent les Coréens du Nord vis-à-vis des Etats-Unis.


A leurs yeux, les Etats-Unis sont capables de ne pas tenir une promesse, comme ils l'ont fait en de multiples occasions.


Les Etats-Unis ont ainsi dénoncé unilatéralement l'Accord-cadre qu'ils avaient signé avec la RPDC en octobre 1994. Par cet accord, les Etats-Unis s'étaient engagés à fournir une centrale nucléaire à eau légère (LWR) à la RPDC avant 2003 en échange du gel du réacteur nord-coréen existant et des installations liées, dans l'attente de leur démantèlement. Suite à cet accord, la Corée du Nord remplissait ses obligations en continuant d'adhérer au Traité de non-prolifération (TNP).


Mais le temps a montré que le texte de l'accord de 1994 n'était qu'une promesse vide faite par l’administration Clinton en attendant la chute du régime nord-coréen. Quand, avec l'assistance d'autres pays, les Etats-Unis ont entamé, tardivement, les travaux de la centrale LWR en 1997, il n'était plus possible de respecter l'échéance de 2003.


Après l’arrivée au pouvoir de l’administration Bush, les Etats-Unis ont totalement dénoncé l'accord. En octobre 2002, l'envoyé spécial du président Bush en Corée du Nord, déclara que la RPDC avait "reconnu officiellement son programme d'enrichissement de l’uranium" et provoquait une "seconde crise nucléaire" en Corée (*). Cette "bonne raison" justifiait de ne plus fournir le fioul promis ni de construire de centrale à eau légère.


Plus tard, des pourparlers réunissant les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon aboutissaient à la déclaration conjointe du 19 septembre 2005, indiquant la voie et les moyens pour parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les Etats-Unis étaient obligés d'y participer. Mais peu après avoir signé la déclaration du 19 septembre, les Américains appliquèrent une autre sanction, financière, contre la Corée du Nord, ce qui conduit à un nouveau blocage des négociations.


Toujours la volonté d’agir


En octobre 2006, après l’essai nucléaire nord-coréen, les pourparlers à six ont repris et des contacts entre les Etats-Unis et la RPDC ont pu avoir lieu. A cette occasion, les Nord-Coréens ont émis une exigence importante : que les Etats-Unis abandonnent leur politique hostile vis-à-vis de la Corée, politique qui avait amené à l’essai nucléaire de 2006, et montrent leur bonne volonté non en paroles mais en "actes concrets".


Ce principe "action pour action" a régné tout au long des négociations entre les Etats-Unis et la RPDC pour devenir, aux yeux des Nord-Coréens, le critère essentiel permettant d’analyser et de juger l'état de leurs relations avec les Américains.


Les habitants de Pyongyang sont très attentifs à ces "actes concrets" dans le cadre des pourparlers à six, les actions entreprises par les Américains ayant souvent été différentes des déclarations initiales. Mais, pour les Pyongyangeois, les Américains donnent maintenant le "bon exemple" de ce qu'il faut faire pour parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.


Les événements de ces dernières années, à l'instar de la "seconde crise nucléaire", ont asséné une leçon importante : les accords bilatéraux entre Coréens et Américains peuvent toujours être dénoncés dès qu’il y a violation du contrat entre les deux pays.


Mais la déclaration conjointe du 19 septembre 2005 a été permise grâce au dialogue multilatéral, à la différence de l'Accord-cadre de 1994. Comme pour les autres pays participant aux négociations, le respect de leurs obligations par les Etats-Unis doit absolument être vérifié par la communauté internationale.


Les habitants de Pyongyang disent que si la déclaration conjointe du 19 septembre est respectée, il ne sera plus possible que les Américains "forcent" les Coréens.


Ils sont persuadés que leur pays honorera les promesses faites à la communauté internationale. Mais si la Corée bouge, les Etats-Unis doivent aussi bouger.


Les habitants de Pyongyang pensent clairement que la situation est en train d'évoluer. Ils connaissent par cœur la réponse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, mais c'est surtout cette phrase qui retient leur attention : "Ce qui est important pour l’avenir, c'est que les Etats-Unis renoncent complètement à leur politique hostile vis-à-vis de la Corée, raison pour laquelle nous avons développé l'arme nucléaire."


Il semble que les Pyongyangeois soient convaincus que des actions "simultanées" des Coréens et des Américains ne suscitent pas qu'un simple changement temporaire de la situation, mais ouvrent la voie à un grand changement historique mettant enfin un terme à cette vieille confrontation.

Kang I-ruk
Choson Sinbo

30 juin 2008

 Lien vers l'article original


(*) NdT :
il s'agit du sous-secrétaire d’Etat James Kelly qui a rapporté que des responsables nord-coréens lui avaient avoué l’existence d’un programme d'enrichissement de l'uranium lors de sa visite d’octobre 2002 à Pyongyang. Cet "aveu" a été nié par la Corée du Nord pour qui Kelly a compris sa déclaration du droit à un programme d'enrichissement de l'uranium comme une déclaration de l'existence d'un tel programme. Cette mauvaise interprétation a conduit les Etats-Unis à suspendre leurs engagements de l’Accord-cadre de 1994, et incité en retour la Corée du Nord à se retirer du Traité de non-prolifération au cours du mois de janvier suivant et à reprendre son programme nucléaire militaire.
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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 14:59

Après la remise, la veille, d'une déclaration sur ses activités nucléaires, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a détruit, le vendredi 27 juin 2008, la tour de refroidissement du complexe de Yongbyon, comme l'AAFC l'avait annoncé. Unanimement saluée par la communauté internationale, la destruction de la tour de refroidissement a été filmée par les chaînes de télévision des six Etats parties aux négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"Action contre action" dans les relations américano - nord-coréennes


"Un premier pas" vers la dénucléarisation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : c'est en ces termes positifs que le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda a salué la destruction de la tour de refroidissement du complexe nucléaire de Yongbyon, devant des représentants de la presse internationale et du département d'Etat américain, le vendredi 27 juin 2008. La veille, Pyongyang avait remis une déclaration de ses activités nucléaires militaires. Ce document, transmis à la Chine, devait ensuite être remis aux quatre autres parties aux déclarations à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne : les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Russie et le Japon.

 

Dynamitage de la tour de refroidissement du complexe nucléaire de Yongbyon (photo : Reuters)


L'accord à six parties, signé à Pékin, le 13 février 2007, prévoyait un renoncement de Pyongyang à ses activités nucléaires militaires, en contrepartie de garanties économiques et de sécurité. Si la RPDC avait désactivé son réacteur nucléaire de Yongbyon en juillet 2007, les autres parties à l'accord n'avaient pas honoré intégralement leurs engagements de livraison d'énergie à la RPDC. Les nouveaux gestes accomplis par Pyongyang ouvrent cependant la voie à de telles livraisons d'énergie à la RPDC par Washington.

Par ailleurs, conformément au principe "action contre action", le président américain George W. Bush a ordonné la levée des restrictions limitant le commerce avec les pays ennemis des Etats-Unis, et notifié au Congrès son intention de retirer la RPDC de la liste des Etats soutenant le terrorisme, ouvrant ainsi le délai de 45 jours pour que cette décision entre en vigueur.

Fureur des néo-conservateurs américains, partisans de l'affrontement avec la Corée du Nord

Le changement d'attitude de l'administration américaine, dont l'extrême fermeté à l'égard de la RPDC avait conduit Pyongyang à se doter de l'arme nucléaire en octobre 2006, a suscité la fureur des milieux néo-conservateurs américains. Interrogé par la presse sur ce récent accord américano-nord-coréen, le vice-président Dick Cheney a quitté la salle en signe de protestation, laissant au département d'Etat américain le soin de répondre. Dans l'attente du retrait de Pyongyang de la liste des Etats soutenant le terrorisme, il est ainsi probable que les "faucons" de l'administration américaine, fermement soutenus par le candidat républicain à l'élection présidentielle John McCain, relancent leur campagne médiatique sur la "Corée du Nord Etat voyou". Dans l'immédiat, ils relèvent que la déclaration remise par la RPDC ne comporte pas la liste des armes nucléaires que détient Pyongyang et ne mentionne pas un éventuel programme d'enrichissement à base d'uranium, ni des coopérations nucléaires avec d'autres Etats, notamment la Syrie, pourtant loin d'être confirmées.

Il est généralement estimé que la RPDC dispose de quarante à soixante tonnes de plutonium, permettant de fabriquer cinq à douze bombes.

Accusé de complaisance vis-à-vis d'Etats comme l'Iran et la Corée du Nord, dont il s'était déclaré prêt à rencontrer les dirigeants pour rechercher un accord diplomatique, le candidat démocrate Barack Obama a poursuivi son exercice de contorsions en s'affichant partisan d'une diplomatie... "directe et agressive" (sic).  

Pour faire face à l'hostilité affichée de certains de ses partisans, le président américain et la secrétaire d'Etat Condoleeza Rice ont déclaré qu'il fallait atteindre que des expertises sur place confirment l'exactitude de la déclaration nord-coréenne, et que les questions non traitées dans le document remis le 26 juin seraient abordées à des étapes ultérieures à des négociations.

Le Japon et la France doivent tenir compte du changement dans les relations US-RPDC

Pour sa part, le Japon n'est pas favorable à un retrait de Pyongyang de la liste des Etats soutenant le terrorisme sans, préalablement, un règlement complet de la question de ses ressortissants enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980. Washington a donné des garanties - verbales - sur l'importance qu'elle attachait à cette question, sans qu'elle n'ait constitué un préalable pour engager la procédure de retrait de Pyongyang de la liste des Etats qui soutiennent le terrorisme.

En déplacement à Tokyo, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, a dû sortir de la position habituelle de non-réponse de Paris. Tout en
déclarant attendre les conclusions des experts de l'AIEA, il a précisé que, si la déclaration remise par Pyongyang allait dans le sens d'un démantèlement complet de ses activités nucléaires, "il n'y a pas de raison que nos relations ne s'améliorent pas, jusqu'à l'établissement de relations diplomatiques", alors que la France est le dernier grand pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques avec Pyongyang. Le ministre des affaires étrangères a ajouté : "si la négociation entamée avec la Corée du Nord se déroule bien, nous devrons évoluer nous-mêmes. On ne pourrait pas comprendre que si un pays se plie aux exigences de la communauté internationale, les rapports ne soient pas transformés avec ce pays".

Selon l'AAFC, l'établissement de relations diplomatiques entre la France et la RPDC devant se concrétiser tôt ou tard, la principale question est de savoir si la France précèdera ou suivra les Etats-Unis et le Japon dans ce processus, alors qu'elle s'est déjà fait damer le pion par les autres Etats européens dans la défense de ses intérêts en RPDC. (sources : AFP, Le Monde, The Washington Post, AAFC) 

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 15:25

Dans un communiqué publié le mardi 10 juin 2008, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a réaffirmé l'engagement de Pyongyang contre toute forme de terrorisme. Un rappel qui intervient à la veille de la reprise, attendue, des négociations multilatérales sur le nucléaire nord-coréen, alors que Pyongyang demande toujours son retrait de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme.

"Avec le soutien du gouvernement, le ministère des Affaires étrangères de la RPDC a déclaré que la RPDC maintiendra sa position consistant à s'opposer à toute forme de terrorisme et à tout soutien au terrorisme" : c'est en ces termes sans ambiguïté qu'un communiqué du ministère des Affaires étrangères (MAE) de RPDC a rappelé, le mardi 10 juin 2008, la position constante de Pyongyang dans la lutte contre le terrorisme.

La réaffirmation d'une position constante, à la veille de la reprise attendue des pourparlers sur le nucléaire

Le communiqué de MAE de RPDC, cité par l'agence officielle nord-coréenne KCNA, poursuit en réaffirmant que la Corée du Nord "va respecte ses engagements en matière de non-prolifération nucléaire", et va également "
prendre part aux efforts  internationaux pour éviter que la substance, l'équipement et la  technologie soient utilisés pour la production d'armes nucléaires, biochimiques et radioactives, en détectant les moyens des  terroristes et des organisations qui les soutiennent".

Cette déclaration était manifestement attendue par les Etats-Unis et les autres parties aux négociations multilatérales (Chine, Corée du Sud, Russie, Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, dont les négociations doivent reprendre : en contrepartie de la cessation de ses activités nucléaires militaires, la RPDC demande que soit honoré l'accord de Pékin du 13 février 2007, qui prévoir la livraison d'un million de tonnes de fioul lourd ou leur équivalent. Un autre enjeu est le retrait de la RPDC de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme, qui a actuellement pour effet de couper la Corée du Nord des financements internationaux.

L'engagement de la Corée du Nord dans la lutte contre le terrorisme

L'AAFC tient à souligner le caractère éminemment politique de l'inclusion de la RPDC dans la liste des Etats soutenant le terrorisme au regard de ses prises de position :

- de manière constante, la RPDC a dénoncé les attentats terroristes qui ont frappé les Etats-Unis et leurs intérêts, non seulement après le 11 septembre 2001, mais également lors des attaques contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kénya en août 1998, lors de l'attentat à Bali, en Indonésie, en octobre 2002, et de l'explosition à la bombe à Riyad, en Arabie Saoudite, en mai 2003 ;

- la RPDC a soutenu les Nations-Unies dans la lutte contre le terrorisme, en particulier la résolution de l'Assemblée générale des Nations-Unies sur les mesures pour éliminer le terrorisme du 12 décembre 2000, la stratégie globale contre-terroriste des Nations-Unies du 8 septembre 2006 et la mise en oeuvre de la résolution 1373 du 28 septembre 2001 du Conseil de sécurité des Nations-Unies ;

- après l'attaque, le 30 octobre 2007, d'un navire nord-coréen, le Tae Hong Dan, par des pirates au large de la Somalie, le soutien apporté par la marine américaine a témoigné concrètement de la coopération possible entre Américains et Nord-Coréens dans la lutte contre le terrorisme.

Le Tae Hong Dan, au moment où montent à bord les équipes de la marine américaine.

(photo : US Navy)

 

Enfin, la RPDC a réaffirmé à plusieurs reprises, notamment le 31 mars 2004, son absence de tout lien avec Al Qaida.

La liste des Etats soutenant le terrorisme : un instrument politique

Dans ce contexte, quel est le fondement de la présence de la Corée du Nord dans la liste des Etats soutenant le terrorisme ? De manière constante, dans ses rapports annuels, le département d'Etat américain ne mentionne plus la Corée du Nord comme un des soutiens du terrorisme depuis 1987, date d'un attentat contre un avion de ligne sud-coréen dont la RPDC a par ailleurs nié la responsabilité. Au demeurant, la responsabilité - celle-ci reconnue - de la Libye dans d'autres attentats contre des avions de ligne n'a pas empêché son retrait de la liste des Etats soutenant le terrorisme. Sans doute le rapprochement de la Libye avec les puissances occidentales, dont elle est devenue un partenaire commercial respectable, n'est-il pas étranger à ce changement de statut de la Libye en 2006, trois ans après une lettre au Conseil de sécurité des Nations-Unies où elle avait déclaré renoncer au terrorisme.

Si le département d'Etat américain a relevé, selon lui, d'autres incidents mettant en cause les autorités nord-coréennes (comme l'enlèvement supposé en Thaïlande, en 1999, d'un diplomate nord-coréen ayant fait défection), ils ne justifient pas la présence dans la liste des Etats soutenant le terrorisme.

Pour qu'un Etat soit retiré de la liste des Etats soutenant le terrorisme, un rapport au Congrès doit être déposé au moins 45 jours avant que les parlementaires américains ne se prononcent sur cette décision. Deux conditions sont demandées : l'absence de soutien au terrorisme international au cours des six mois précédents, et un engagement pour le futur de l'Etat concerné.

Les néo-conservateurs américains, qui avaient été extrêmement actifs pour rapporter les allégations de faux-monnayage nord-coréen, se sont employés récemment à montrer que la Corée du Nord soutiendrait le Hezbollah et les Tigres tamouls (LTTE), tous deux désignés par les Etats-Unis comme des organisations terroristes.

Car c'est tout l'intérêt de la plasticité de la notion de "groupe terroriste" : le gouvernement français désignait ainsi comme terroriste le FLN pendant la guerre d'Algérie. Or, précisément, dans son appui constant aux mouvements de décolonisation, la RPDC avait été un des plus fermes soutiens du FLN... (Sources : Xinhua, KCNA, Crosswalk, AAFC)

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 13:22

Selon les médias sud-coréens, les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne pourraient reprendre fin mai 2008. De fait, la visite d'une délégation d'experts américains en République populaire démocratique de Corée, du 22 au 24 avril 2008, manifeste un rapprochement entre les positions de Pyongyang et de Washington.

Après plusieurs mois d'interruption, les discussions multilatérales à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pourraient reprendre fin mai 2008, selon les médias sud-coréens cités par l'agence russe RIA Novosti.

Le 9 avril 2008, Pyongyang avait annoncé un accord avec Washington, avant qu'une délégation d'experts nucléaires américains ne se rende en RPDC du 22 au 24 avril 2008. Selon le ministère des affaires étrangères de RPDC cité par l'agence nord-coréenne KCNA, la délégation américaine comportait des représentants du département d'Etat, de la Maison Blanche, ainsi que des experts des ministères américains de la Défense et de l'Energie.

Toujours selon l'agence KCNA, les discussions entre Américains et Nord-Coréens ont porté sur le contenu de la déclaration de ses activités nucléaires militaires remise par Pyongyang fin 2007, que Washington considérait jusqu'alors comme incomplète. 

Les discussions sur le nucléaire nord-coréen sont basées sur le principe "action contre action" : chacune des parties doit respecter ses engagements pour une nouvelle étape de négociations en vue de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, en contrepartie de garanties politiques, économiques et de sécurité pour Pyongyang.


La reprise attendue des pourparlers à six interviendrait après la nomination d'un nouveau négociateur par la Corée du Sud mi-avril, M. Kim Suk, et malgré les accusations par Washington d'une coopération nucléaire militaire entre la Corée du Nord et la Syrie. Ces accusations, mal étayées, ont pu être perçues comme une tentative des faucons néo-conservateurs américains (parmi lesquels John Bolton, ancien ambassadeur américain aux Nations-Unies) d'empêcher la reprise des pourparlers à six, souhaitée a contrario par le négociateur américain Christopher Hill et les partisans d'une diplomatie plus pragmatique au sein du département d'Etat. (sources : AAFC, Ria Novosti, KCNA)

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 23:28

A l'issue de deux jours de discussion avec George W. Bush à Camp David, les 18 et 19 avril 2008, le nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak a manifesté sa volonté de faire de l'axe Washington-Séoul le pivot de sa politique étrangère.

Une première : c'est le terme qui revient dans la presse pour caractériser le degré d'intimité apparemment inégalé entre un chef d'Etat américain, George W. Bush, et un président sud-coréen, Lee Myung-bak, élu le 19 décembre 2007, à l'issue de deux jours de discussions à Camp David les 18 et 19 avril 2008.

L'hôte personnel de George W. Bush


En réponse à l'engagement de Lee Myung-bak de "consolider davantage la relation traditionnelle avec les Etats-Unis", George W. Bush avait décidé de traiter son hote comme un intime et pas seulement comme un président de la République, en l'invitant à Camp David plutôt qu'à la Maison Blanche.


Une première également, dans la symbolique de leur conférence de presse commune et, plus encore, dans l'invitation personnelle lancée par Lee Myung-bak à George W. Bush et son épouse Laura de visiter la Corée du Sud dès cet été.


Une diplomatie au service des intérêts économiques et militaires américains

Une première, enfin, sur le fond par l'alignement inconditionnel et nouveau de Séoul sur Washington, pour une série de sujets qui avaient fait l'objet de désaccords persistants entre les deux pays :

 

  • - la levée de l'embargo sur les importations de viande américaine, malgré la crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine ou "maladie de la vache folle" ;

  • - en dépit de l'opposition des paysans coréens et des milieux culturels, et sans attendre le vote du Parlement, l'engagement de ratifier, d'ici la fin de l'année, l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis ; comme l'a souligné le Wall Street Journal, une telle mesure "fera monter en flèche les ventes de biens américains à l'étranger et créera également de nouvelles opportunités pour les entreprises américaines de services financiers" ;

  • enfin, l'alignement du discours sur la Corée du Nord : tout en réaffirmant le principe du maintien des troupes américaines en Corée du Sud, Lee Myung-bak et George W. Bush ont prétendu privilégier le dialogue avec Pyongyang, mais dans le cadre des pourparlers à six parties : il s'agit d'un gage donné aux Japonais, dès l'origine réticents à l'accord de Pékin de février 2007, et surtout (comme l'a souligné le diplomate américain Michael Armacost) aux conservateurs sud-coréens qu'il n'y aurait pas d'accord bilatéral entre Washington et Pyongyang sans l'aval de Séoul, alors même que la Corée du Nord a réaffirmé que ses armes nucléaires participent de sa stratégie de défense vis-à-vis de Washington.


En voulant s'affirmer non seulement comme le meilleur allié de Washington en Extrême-Orient, mais aussi comme l'ami personnel de George W. Bush, Lee Myung-bak verse de l'eau au moulin des critiques nord-coréennes qui l'accusent d'être un "sycophante" des Etats-Unis. Il rompt surtout avec la politique de ses prédécesseurs Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, qui avaient considéré que les relations intercoréennes devaient se décider entre les Coréens eux-mêmes, et non sous l'influence des puissances étrangères. (sources : Xinhua, AAFC)

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