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22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 20:19

Le 20 juin 2018, le président américain Donald Trump a annoncé que les restes de 200 GIs américains morts pendant la guerre de Corée (1950-1953) avaient été rapatriés le jour même - même s'il semblait plutôt s'agir de l'annonce de la décision de rapatriement que du rapatriement lui-même. En tout état de cause, tout indique la mise en oeuvre rapide d'une des décisions du sommet de Singapour avec le président nord-coréen Kim Jong-un, qui revêt un fort contenu symbolique et émotionnel quant aux relations entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée.  

Cérémonie de rapatriement de soldats américains morts en Corée (en 2003)

Cérémonie de rapatriement de soldats américains morts en Corée (en 2003)

Ne pas pouvoir faire le deuil d'un proche parce que son sort final est incertain est sans doute l'une des pires épreuves psychologiques. On comprend dès lors la portée de la lettre qu'avait adressée  Keith Harman, président de l'association d'ancien combattants Veterans of Foreign Wars ("Vétérans des guerres étrangères"), au Président Donald Trump avant son départ pour Singapour : 

Pour les familles de ceux qui ne sont jamais revenus, le temps qui passe ne guérit pas les blessures.

Aussi Donald Trump s'était-il félicité, dans un message publié sur Twitter, de l'accord de principe trouvé à Singapour quant à la restitution des dépouilles des GIs américains morts sur le sol coréen : 

On va rendre les dépouilles de nos héros à leurs familles.

En effet, aux termes du point 4. de l'accord de Singapour,  "les Etats-Unis et la RPDC s’engagent à récupérer les restes de prisonniers de guerre/portés disparus, y compris à rapatrier immédiatement ceux qui ont déjà été identifiés." Mais combien sont-ils, qu'a-t-il déjà été fait en ce domaine, et quels sont les obstacles au rapatriement de tous les restes d'anciens soldats américains ?

33 000 soldats américains sont morts pendant la guerre de Corée, et 7 700 portés disparus (dont 5 300 dans le Nord de la péninsule) s'ajoutent à ce nombre, dont un nombre incertain de prisonniers de guerre qui n'auraient pas été rapatriés après l'accord d'armistice. Logiquement, il est estimé que ce sont donc les restes de 5 300 soldats américains qui resteraient à rapatrier de la RPD de Corée aux Etats-Unis - la pratique américaine étant désormais de rapatrier les dépouilles des soldats morts au champ de bataille, et non plus de leur consacrer des cimetières en territoire étranger (d'autant plus que la Corée du Nord et les Etats-Unis ont été ennemis pendant la guerre de Corée) - comme ce fut notamment le cas après le débarquement en Normandie. 

Entre 1990 et 2007, la Corée du Nord a rapatrié les restes de 443 soldats américains (dont 229 entre 1995 et 2005), soit à peine plus de 8 % du total théorique, à supposer - comme il est peu probable - que ce nombre de 443 soit exhaustif.

Comment expliquer l'ampleur du chemin qui reste à parcourir ?

Plusieurs obstacles sont à lever : le premier - et pas le moindre - a trait aux longues, coûteuses et incertaines opérations d'identification. A cet égard, les autorités nord-coréennes ont demandé des dédommagements - qui ont fait l'objet de critiques (sommes jugées par certains trop importantes, par d'autres comme un contournement des sanctions américaines à l'encontre de la RPD de Corée) que l'on peut juger comme choquantes ou déplacées eu égard à la douleur des familles concernées. De ce point de vue, le chiffre de 200 dépouilles annoncé par le président américain porte vraisemblablement sur des restes déjà identifiés par les Nord-Coréens comme étant ceux d'anciens soldats américains - notamment depuis la dernière opération de rapatriement, effectuée en 2007 - et mentionnés dans l'accord du 12 juin 2018 comme pouvant faire l'objet d'un rapatriement immédiat.

Le second obstacle est en effet politique et diplomatique : le rythme des rapatriements est un baromètre des relations américano - nord-coréennes, relativement élevé au début des années 1990, et totalement interrompu depuis l'imposition de sanctions de plus en plus lourdes contre Pyongyang à l'initiative de Washington, et justifiées par les progrès accomplis par la RPDC dans ses programmes nucléaires et balistiques. Le dernier rapatriement de restes de soldats américains a eu lieu en 2007, à l'occasion d'une visite de l'ancien gouverneur américain Bill Richardson, longtemps l'un des plus principaux artisans du dialogue bilatéral aux Etats-Unis. 

Tenue pour quantité négligeable par certains analystes mal informés, la question du rapatriement des restes de GIs américains morts pendant la guerre de Corée est en tout cas bien un sujet à part entière des relations entre la RPD de Corée et les Etats-Unis.

Sources : 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 09:02

La nouvelle ne figurait pas dans le communiqué conjoint américano - nord-coréen du 12 juin 2018 : elle n'avait été annoncée par le président américain Donald Trump qu'à l'issue de son sommet avec le président nord-coréen Kim Jong-un, et avait d'ailleurs surpris tant les dirigeants de la République de Corée (Corée du Sud) que le haut commandement militaire américain, faute manifestement de concertation en amont. Le commandant suprême des Etats-Unis avait fait savoir qu'il entendait arrêter les manoeuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud - les plus grandes au monde en temps de paix - pendant les négociations avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur sa dénucléarisation. Il s'agit d'une mesure destinée à construire la confiance avec les Nord-Coréens, et qui apparaît comme le pendant à la suspension par ces derniers de leurs essais nucléaires et balistiques. L'annonce officielle conjointe par Séoul et Washington de l'arrêt des manoeuvres militaires est désormais attendue cette semaine selon l'agence sud-coréenne Yonhap, suivant des modalités à déterminer (prise d'effet immédiate ou différée ? champ de la mesure quant aux manoeuvres militaires concernées ? inclusion, implicite ou explicite, d'une clause de reprise des manoeuvres en cas d'initiative nord-coréenne considérée comme ne favorisant pas la poursuite du processus de dénucléarisation par Pyongyang ?).

Suspension des exercices de guerre américano-sud-coréens : une mesure de confiance nécessaire pour la poursuite du dialogue avec Pyongyang

Les termes dans lesquels le président américain avait dénoncé, le 12 juin 2018, les manoeuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud - qui n'ont cessé de gagner en ampleur et en intensité depuis leur lancement il y a plus de 40 ans - avaient décontenancé tous les partisans de la pression "maximale" sur la Corée du Nord : en parlant d' "exercices de guerre" "provocateurs", Donald Trump reprenait des termes également utilisés par les Nord-Coréens, et non les éléments de langage traditionnels de l'administration américaine qui s'était évertuée, année par année, de présenter ces exercices comme soi-disant "défensifs" par nature, et qui auraient légitimement répondu aux "provocations" nord-coréennes. Mais l'argument devenait de plus en plus difficilement recevable au regard des décisions prises par Pyongyang de suspendre ses essais nucléaires et ses tirs balistiques intercontinentaux, et enfin de détruire le site d'essais nucléaires de Punggye-ri.

Désirant sincèrement le dialogue, ayant publiquement fait savoir, à la veille du sommet avec le Président Kim Jong-un qu'il n'était pas favorable à la politique de la pression maximale, le Président Donald Trump a donc mis en concordance ses paroles et ses actes et annoncé la suspension de ces exercices de guerre le temps des discussions - se réservant bien sûr la possibilité de les reprendre en cas d'accrocs (et il y en aura) dans les discussions avec Pyongyang sur le processus de dénucléarisation. Au demeurant, fidèle en cela à une tradition isolationniste d'une partie de la classe politique américaine, il a ajouté que ces manoeuvres militaires étaient "coûteuses" - là encore, l'argument n'est pas nouveau, puisque Donald Trump avait fait savoir, dès sa campagne présidentielle, qu'il entendait revoir les aspects financiers de l'alliance militaire avec la Corée du Sud, notamment le stationnement au sud de la péninsule de plus de 28 000 GIs américains (il est d'ailleurs à noter que la remise en cause de cette présence, du moins à court et à moyen termes, n'a été ni évoquée par le président américain, ni demandée par les Nord-Coréens, contrairement à un certain discours médiatique qui veut présenter le Président Trump comme le liquidateur de l'alliance entre Washington et Séoul).

Si l'on considère la nature même des exercices militaires Key Resolve et Foal Eagle, il n'y a guère de doutes sur leur nature offensive, l'AAFC ayant souligné à plusieurs reprises qu'ils s'inscrivent dans la mise en oeuvre de plans opérationnels régulièrement mis à jour et visant ouvertement à "l'élimination du régime nord-coréen" : 

Même présentés comme « routiniers » et « défensifs », les exercices Key Resolve et Foal Eagle préparent l'application du plan opérationnel 5027 (OPLAN 5027), soit une offensive tous azimuts dont les buts revendiqués sont « l'élimination du régime nord-coréen » et l'anéantissement de l'armée nord-coréenne. Conçu en 1974 par les stratèges du Pentagone, le plan opérationnel 5027 a régulièrement été mis à jour pour inclure, entre autres, des frappes préventives contre la RPDC (OPLAN 5027-98) ou l'emploi de moyens antimissiles (OPLAN 5027-04).

Connu pour son style direct, Donald Trump a donc appelé un chat un chat en décrivant les manoeuvres militaires Key Resolve, Foal Eagle et Ulji Freedom Guardian comme ce qu'elles sont, et non comme ce que le Pentagone veut faire croire qu'elles seraient. Le renversement de position est patent par rapport à ses propres déclarations et actions de l'année 2017, notamment lorsqu'en décembre 2017 les Etats-Unis menaient "Vigilant ACE", un exercice militaire aérien sans précédent entre Washington et Séoul.

Dans ce contexte, la prudence est de mise : tous ceux qui aux Etats-Unis et dans le monde veulent le renversement de la Corée du Nord, notamment par une politique de sanctions toujours accrues, tenteront d'exploiter le moindre aléa du dialogue américano-nord-coréen naissant pour que reprennent les exercices de guerre - quitte à oublier qu'ils avaient déjà été suspendus une première fois, en 1992, à l'époque (déjà) d'un dialogue entre Washington et Pyongyang. Le front du refus est large et disparate : il inclut d'anciens membres de l'administration Obama, qui s'était révélé un adepte de la théorie de l' "effondrement" de la Corée du Nord ; des bellicistes comme le conseiller présidentiel John Bolton, grand défenseur de la guerre en Irak en 2003 et artisan du mensonge sur les armes de destruction massives irakiennes ; les conservateurs sud-coréens, qui ont subi une cuisante défaite aux élections locales du 13 juin 2018 mais continuent de représenter un quart de l'électorat sud-coréen ; des gouvernements étrangers partisans de la pression maximale sur Pyongyang, au premier rang desquels ceux du Japon et de la France (la ministre des Affaires européennes a presque regretté la tenue du sommet de Singapour) ; des officines néo-conservatrices, liés à des pans complets d'agences nationales du renseignement, appuyés par un puissant lobby médiatique et religieux, et qui ont d'ores et déjà replacé sur le devant de la scène des réfugiés nord-coréens dont les intérêts matériels sont liés à la diabolisation du régime nord-coréen en instrumentalisant la question des droits de l'homme...

Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne, tout en étant consciente de la personnalité versatile de Donald Trump et des amitiés ou au contraire aversions pour certains pays, prend positivement acte du fait que pour la première fois un président américain en exercice a été prêt à tenir un sommet historique avec un dirigeant suprême nord-coréen : il convient de soutenir pleinement la poursuite d'un processus par nature long, difficile et incertain, mais qui apporte l'espoir d'une paix durable en Asie du Nord-Est et d'une réunification de la Corée par la volonté des Coréens eux-mêmes, et non par la voie des armes. 

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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 19:57

Le sommet de Singapour entre les présidents Donald Trump et Kim Jong-un n'a pas fait que des heureux : les partisans de la pression maximale sur la République populaire démocratique de Corée - voire de l'option militaire - ont cherché à minimiser la portée de la déclaration conjointe entre Washington et Pyongyang, voire à la critiquer sinon comme contre-productive, du moins comme insuffisante. Ces positions ont notamment des partisans dans les cercles gouvernementaux au Japon - mais aussi en France, où la ministre des Affaires européennes Mme Nathalie Loiseau, invitée de LCP, "en est presque venue à  critiquer la décision de Donald Trump de signer un document devant les caméras à l'issue d'une rencontre qui a duré plus de quatre heures" comme l'a observé Le Huffington Post. Sans ignorer que le sommet historique du 12 juin 2018 n'est que le début d'un processus long et incertain vers la paix et la dénucléarisation de la Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne a jugé utile de répondre point par point aux arguments des sceptiques, relayés notamment dans des médias français

Nathalie Loiseau, ministre française des Affaires européennes, n'a pas été enthousiasmée par la rencontre, en déclarant sur LCP que "signer un document avec Kim Jong-un c'est quand même pratiquement récompenser quelqu'un qui a été à l'encontre de tous les traités internationaux"

Nathalie Loiseau, ministre française des Affaires européennes, n'a pas été enthousiasmée par la rencontre, en déclarant sur LCP que "signer un document avec Kim Jong-un c'est quand même pratiquement récompenser quelqu'un qui a été à l'encontre de tous les traités internationaux"

"La déclaration conjointe ne comporte aucun engagement nouveau / aucun engagement concret" (variante : "La déclaration conjointe marque un recul par rapport aux précédents engagements de Kim Jong-un")

Ceux qui critiquent la déclaration conjointe insistent notamment sur le fait qu'elle ne mentionne que la dénucléarisation "complète" de la Corée du Nord, et non sa dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible". Mais une dénucléarisation "complète" doit par nature être vérifiable vérifiée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). De même une dénucléarisation complète est par définition totale et sans retour en arrière, sinon cela s'appellerait une suspension des programmes nucléaires.

Au demeurant, parler d'un processus irréversible, c'est ignorer l'adage "fontaine, je ne boirai pas de ton eau". La diplomatie est affaire de circonstances : pourquoi la RPD de Corée s'engagerait-elle à - tout - céder et définitivement aux Etats-Unis sur la question nucléaire, alors qu'elle n'a reçu à ce stade que d'encore vagues engagements de sécurité et de non-agression de la part de Washington ? Comment renoncerait-elle définitivement à sa force de dissuasion quand les motifs de la dissuasion (le risque d'une attaque) n'ont pas disparu ? N'en déplaise à ceux qui préféreraient qu'un diktat soit imposé à la Corée du Nord, il s'agit d'une processus de négociations, de discussions entre des Etats parties libres ou non de s'engager conformément à leurs intérêts. C'est le principe même de la diplomatie. 

Enfin, en termes de dénucléarisation la Corée du Nord s'est certes engagée auprès des Etats-Unis dans les mêmes termes que vis-à-vis de la Corée du Sud le 27 avril 2018 - mais avec cette différence (de taille) que les Etats-Unis sont le pays dont elle estime qu'il la menace directement, Pyongyang mettant en avant les précédents irakien de 2003 et libyen de 2011.

"Donald Trump a trop cédé à Kim Jong-un"

Dans le détail, Donald Trump n'a au contraire rien cédé sur la levée des sanctions économiques contre la RPD de Corée (qui constitue pour elle une priorité) et a renvoyé à plus tard l'éventuel établissement de relations diplomatiques bilatérales, sans davantage de calendrier sur ces deux points que la Corée du Nord concernant son processus de dénucléarisation. Ces détails - dont nous avons toujours souligné, à l'AAFC, qu'ils sont fondamentaux - sont renvoyés à des discussions ultérieures, qu'annonce précisément la déclaration conjointe en précisant qu'elles seront conduites, côté américain, par le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Une concession importante a cependant été faite, mais lors de la conférence de presse du Président Donald Trump et non dans la déclaration elle-même : la suspension des manoeuvres militaires américano-sud-coréennes décrites par le chef d'Etat américain comme des "exercices de guerre" et des "provocations". Cette suspension en elle-même n'est toutefois en rien exceptionnelle : un quart de siècle plus tôt il s'agissait déjà d'une mesure mise en place par les Etats-Unis dans le cadre du dialogue avec Pyongyang, afin d'établir un climat de confiance. Pour donner une comparaison, la procédure est comparable à celle, lorsque deux pays sont en guerre, qu'ils évitent de continuer les combats. La proposition de Donald Trump est une mesure de bon sens de nature à favoriser la désescalade des tensions, et qui trouve son pendant dans la suspension des essais nucléaires et de ses tirs balistiques déjà annoncée par Pyongyang et qui constituaient la réponse, précisément, aux manoeuvres militaires des Américains et de leurs alliés - qui étaient jusqu'à aujourd'hui les plus importantes au monde en temps de paix.

Proposer de réduire l'ampleur des exercices militaires, comme le formulent certains, n'est pas un argument sérieux : que penserait-on d'une proposition similaire de Pyongyang de limiter la puissance de ses essais nucléaires, plutôt que de les suspendre ? Une telle proposition serait évidemment rejetée comme un leurre.

"Donald Trump a rehaussé le statut diplomatique d'un dirigeant qui ne respecte pas les droits de l'homme et ne mérite pas de tels égards"

L'argument est particulièrement spécieux car il présume qu'on ne peut pas discuter avec le dirigeant nord-coréen. La diplomatie est pourtant l'art de discuter avec ses partenaires, voire ses ennemis... Pendant la guerre froide, aurait-on dû refuser toute négociation avec l'Union soviétique au motif qu'elle n'était pas une démocratie libérale ? Les défenseurs d'une telle position sont, en fait, implicitement, des partisans de la guerre - ou de sa poursuite sous d'autres formes (embargo, blocus, sanctions). 

"Donald Trump affaiblit l'alliance américano - sud-coréenne"

Cet argument est une reprise en droite ligne de l'argument d'autorité des néo-conservateurs de tous pays, notamment sud-coréens, extrêmement hostiles à une approche conciliante avec le Nord. En outre, d'une part il résume l'alliance bilatérale à ses aspects militaires, et d'autre part il en donne une vision particulièrement étriquée : en quoi défend-on mieux la Corée du Sud en poursuivant des manoeuvres militaires qui ont justifié la poursuite de ses programmes nucléaires et balistiques par la Corée du Nord, potentiellement une menace pour Séoul en cas de conflit ? Enfin, lorsque l'on sait que c'est le Président Moon Jae-in qui a souhaité reporter en début d'année les manoeuvres militaires avec les Etats-Unis après les Jeux olympiques de Pyeongchang auxquels ont participé les Nord-Coréens, il est permis de douter que le refus du dialogue avec Pyongyang corresponde aux intérêts de l'actuelle administration sud-coréenne, qui n'a pourtant à aucun moment émis le désir de s'éloigner de l'alliance avec Washington...

"La signature d'un traité de paix est une chimère renvoyée à un avenir lointain"

Un traité de paix a au contraire une portée très concrète : mettre en place des mécanismes de sécurité collective qui préviennent les affrontements qui ont, à de trop nombreuses reprises, endeuillé la péninsule coréenne depuis la signature de l'accord d'armistice (ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée) le 27 juillet 1953.

Comme la guerre de Corée a été menée par trois parties (y compris la Chine), et que la Corée du Sud aurait vocation à rejoindre un tel traité de paix, il est parfaitement logique que la déclaration de Singapour n'ait pas conduit à la signature d'un tel accord. Réaffirmer un tel objectif, dans un document signé en commun par les Présidents Kim Jong-un et Donald Trump, est le maximum de qui pouvait être fait. 

"Donald Trump a fait le jeu de la Chine"

L'intérêt de la Chine est de garantir la stabilité dans la péninsule coréenne et de permettre sa dénucléarisation : ce n'est pas parce que ces objectifs sont poursuivis par la déclaration commune qu'ils correspondent nécessairement à une manipulation chinoise... fort heureusement, les partisans de la paix ne sont pas tous les agents d'influence ou les mercenaires de Pékin. 

Au demeurant, Pyongyang a conduit depuis longtemps une politique indépendante de Pékin, et voir dans son attitude la main de la Chine est particulièrement méconnaître la nature des relations sino-nord-coréennes. 

"La Corée du Nord n'abandonnera jamais ses armes nucléaires, car elle n'a pas respecté ses précédents engagements"

C'est oublier que les Etats-Unis n'ont pas tenu non plus leurs engagements de l'époque : blâmer la seule Corée du Nord est une réécriture de l'histoire non conforme à la réalité des faits, chaque partie n'entendant alors pas abandonner ses intérêts unilatéralement et sans contreparties. Dans ce contexte, le processus était voué à l'échec.

La différence fondamentale est que le processus actuel traduit une implication directe des plus hauts dirigeants des pays concernés, à travers une série de rencontres au sommet sans précédent. Peut-on légitimement croire que tous ces acteurs jouent un double jeu consistant à n'afficher qu'un consensus de façade ? Il y a bien de toute évidence une volonté partagée d'aboutir, en prenant en compte les attentes des différentes parties. 

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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 11:00

Par sa portée historique, la rencontre entre les Présidents Donald Trump et Kim Jong-un, ce 12 juin 2018 sur l'île de Sentosa à Singapour, est comparable au premier sommet israélo-palestinien (Washington, 13 septembre 1993) : elle marque le début d'un processus de paix entre deux nations antagonistes, qui sera nécessairement long et semé d'embûches. L'Association d'amitié franco-coréenne se félicite qu'une nouvelle page s'ouvre dans les relations entre les Etats-Unis d'Amérique et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

Signature du communiqué conjoint par Kim Jong-un et Donald Trump, le 12 juin 2018 à Singapour

Signature du communiqué conjoint par Kim Jong-un et Donald Trump, le 12 juin 2018 à Singapour

Il a eu lieu ! Qui aurait parié sur la tenue d'un tel sommet, il y a neuf mois, quand le président américain menaçait de détruire la RPD de Corée à la tribune des Nations unies ? La tenue du sommet de Singapour, lors duquel les deux hommes d'Etat ont échangé une longue poignée de mains de douze secondes, est le fruit des efforts non seulement des deux parties mais aussi de la République de Corée (Corée du Sud) et de la République populaire de Chine, qui se sont légitimement félicitées de la rencontre. Celle-ci a été qualifiée de très constructive par le Président Donald Trump, quand le Président Kim Jong-un - après avoir dit quelques mots en anglais à son vis-à-vis américain - a observé qu'il avait fallu parcourir un long chemin pour le rencontrer. Le sommet de Singapour marque un nouveau départ pour éloigner définitivement le danger d'une guerre entre puissances nucléaires dans la péninsule coréenne, et permettre au peuple coréen d'espérer goûter les fruits de la paix et de la prospérité.

Pour cette première rencontre - car il y en aura d'autres, le Président Kim Jong-un, qui s'est adressé d'égal à égal au Président Donald Trump, ayant été invité par ce dernier à la Maison Blanche (où a déjà été reçu Kim Yong-chol, vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée) - les avancées sont importantes. Non seulement la RPD de Corée a réaffirmé son engagement pour une dénucléarisation vis-à-vis des Etats-Unis - ce qui a une tout autre portée qu'à l'égard de la Corée du Sud, puisque le programme nucléaire a été développé pour faire face à la politique hostile des Etats-Unis - mais Washington s'est engagé formellement à fournir des garanties de sécurité à Pyongyang. Comme la nature et les modalités de cet engagement doivent être précisées, il était naturellement trop tôt pour établir un calendrier du processus de dénucléarisation nord-coréen - au demeurant, et cette précision est importante, le communiqué conjoint adopté prévoit la dénucléarisation complète de (toute) la péninsule coréenne, permettant de lever l'espoir que la Corée devienne une zone exempte d'armes nucléaires - en faisant sur ce point explicitement référence à la déclaration de Panmunjom, adoptée le 27 avril 2018 à l'issue du sommet intercoréen entre les Présidents Kim jong-un et Moon Jae-in.  D'ores et déjà, une nouvelle réunion de haut niveau est prévue, qui impliquera côté américain le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, déjà reçu par le Président Kim Jong-un à Pyongyang et devenu un acteur clé du processus de rapprochement en cours.

Les deux parties se sont aussi engagées à l'établissement d'une paix durable et solide dans la péninsule coréenne, dans le cadre de "nouvelles" relations bilatérales. Enfin, la RPD de Corée favorisera à nouveau le rapatriement de restes de prisonniers de guerre de la guerre de Corée (1950-1953).

Sources :

 

Communiqué conjoint du Président Donald J. Trump des Etats-Unis d'Amérique

et du Président Kim Jong-un de la République populaire démocratique de Corée

au sommet de Singapour

 

Le président Donald J. Trump des Etats-Unis et le président Kim Jong-un de la Commission des affaires de l’Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont tenu un premier sommet historique à Singapour le 12 juin 2018.

Le président Trump et le président Kim Jong-un ont mené des échanges globaux, profonds et sincères d’opinions sur les questions liées à l’établissement de nouvelles relations Etats-Unis-RPDC et à la construction d’un régime de paix durable et solide sur la péninsule coréenne. Le président Trump s’est engagé à fournir des garanties de sécurité à la RPDC et le président Kim Jong-un a réaffirmé son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Convaincus que l’établissement de nouvelles relations Etats-Unis-RPDC contribuera à la paix et à la prospérité de la péninsule coréenne et du monde et reconnaissant que la construction de la confiance mutuelle peut promouvoir la dénucléarisation de la péninsule coréenne, le président Trump et le président Kim Jong-un déclarent ce qui suit :

1. Les Etats-Unis et la RPDC s’engagent à établir de nouvelles relations Etats-Unis-RPDC en conformité avec le désir des peuples des deux pays pour la paix et la prospérité.

2. Les Etats-Unis et la RPDC joindront leurs efforts pour construire un régime de paix durable et stable sur la péninsule coréenne.

3. En réaffirmant la déclaration de Panmunjom du 27 avril 2018, la RPDC s’engage à œuvrer à la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne.

4. Les Etats-Unis et la RPDC s’engagent à récupérer les restes de prisonniers de guerre/portés disparus, y compris à rapatrier immédiatement ceux qui ont déjà été identifiés.

En déclarant que le sommet Etats-Unis-RPDC, le premier de l'histoire, a été un événement marquant d’une grande importance, surmontant des décennies de tensions et d’hostilités entre les deux pays, et pour l'ouverture d'un nouvel avenir, le président Trump et le président Kim Jong-un s'engagent à appliquer complètement et rapidement les points de ce communiqué conjoint.

Les Etats-Unis et la Corée du Nord promettent de tenir des négociations de suivi qui seront menées par le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, et un officiel nord-coréen de haut niveau, le plus tôt possible, pour appliquer les résultats du sommet Etats-Unis-RPDC.

Le président des Etats-Unis Donald J. Trump et le président de la Commission des affaires de l'Etat de la République populaire démocratique de Corée Kim Jong-un se sont engagés à coopérer pour le développement de nouvelles relations Etats-Unis-RPDC et la promotion de la paix, de la prospérité et de la sécurité sur la péninsule coréenne et dans le monde.

 

DONALD J. TRUMP

Président des Etats-Unis d'Amérique

 

KIM JONG-UN

Président de la Commission des affaires de l’Etat

de la République populaire démocratique de Corée

 

12 juin 2018

Ile de Sentosa 

Singapour

 

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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 11:29

Annoncé par le président américain Donald Trump, annulé par ce dernier puis finalement confirmé après une série d'échanges diplomatiques ayant notamment impliqué la République de Corée (Corée du Sud) et la République populaire de Chine, la rencontre au sommet entre les présidents Kim Jong-un et Donald Trump devrait finalement bien avoir lieu, sauf accident, ce mardi 12 juin 2018 à Singapour, où les deux dirigeants sont déjà arrivés. Nous revenons sur les enjeux de cette première rencontre entre un président américain en exercice et un dirigeant suprême nord-coréen, en joignant un compte rendu de deux interventions de Benoît Quennedey, président de l'AAFC, sur France 24 (canal anglophone et canal francophone) le 11 juin 2018.

Qu'attendre du sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump ?

Les sceptiques en ont été pour leurs frais : sauf accident, le sommet de Singapour aura bien lieu, entre deux dirigeants dont les pays avaient été au bord d'une guerre nucléaire en 2017 - même si les réactions du président américain à l'époque doivent être resituées dans le contexte d'une montée des enchères, conformément à son style de négociations, fort peu diplomatique, qu'il avait exposé dans L'Art de la négociation - et dont Dennis Rodman se targue d'avoir offert un exemplaire au dirigeant nord-coréen.

Les Nord-Coréens ont mis sur la table le principe d'une dénucléarisation dont les modalités et le terme devront encore faire l'objet de négociations, tout en multipliant les geste de bonne volonté. Les Américains ont pris conscience que les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, en contrepartie d'engagements tangibles de sécurité collective (dans le cadre d'un processus multilatéral appelé à impliquer la Chine et la Russie) et d'une nécessaire levée par étapes (et non in fine) des sanctions internationales, seront nécessairement longues et feront l'objet de discussions ultérieures - où les menaces de rupture, exprimées par l'une ou l'autre parties, sont à attendre. Mais le Président Donald Trump, homme de communication plus que de dossiers, laissera à ses collaborateurs le soin de négocier des détails qui s'avèreront pourtant décisifs, en écartant les "faucons" de son administration (comme son conseiller John Bolton) de ce dossier sensible. Dans un premier temps, il s'agit d'abord pour lui d'établir un climat de confiance en montrant qu'une entente est possible avec les Nord-Coréens, à contre-courant des précédentes administrations présidentielles américaines qui ont laissé pourrir une situation de tensions.

Si un communiqué conjoint devait être publié à l'issue de la rencontre (et les deux parties ne peuvent que le souhaiter), il devrait réaffirmer des principes qui ne sont pas sans portée réelle : l'objectif de la signature d'un traité de paix, avec en contrepartie des engagements de sécurité pour Pyongyang (et un possible sommet trilatéral avec le président sud-coréen Moon Jae-in, voir quadripartite avec le président chinois Xi Jinping) ; une invitation de Kim Jong-un aux Etats-Unis et de Donald Trump à Pyongyang ; la perspective de l'établissement de relations diplomatiques bilatérales ; des échanges culturels et sportifs ; la venue symbolique d'entreprises américains à Pyongyang (on évoque McDonald's), la possible restitution aux Etats-Unis, à terme, du navire espion Pueblo, capturé par les Nord-Coréens il y a 50 ans... Les thèmes de convergences sont nombreux, même si d'autres sujets de désaccord peuvent envenimer un processus qui n'en est qu'à ses débuts et reste fragile : la mise en place du dispositif THAAD en Corée du Sud et la poursuite des manoeuvres américano-sud-coréennes d'un côté, les programmes balistiques (et les autres programmes d'armements conventionnels) et spatiaux de la Corée du Nord de l'autre... Mais Donald Trump est résolu à aller de l'avant - refusant désormais le terme de "pression maximale" sur la Corée du Nord auquel les Japonais et les Français restent attachés - comme l'a montré leur prise de position lors du dernier sommet du G7 - quitte à ne pas comprendre les évolutions diplomatiques en cours dans cette partie du monde, en ayant un train de retard.

Annexe - SOMMET HISTORIQUE DE SINGAPOUR J-1, France 24 invite l’AAFC à commenter l’actualité.

Le lundi 11 juin à 8h30 le présentateur (P) de la chaine France 24 (version anglophone) pose trois questions à Benoit Quennedey (BQ), président de l’AAFC, lors du journal télévisé.

P- Le monde attend beaucoup de cette rencontre. Que pensez-vous qui puisse être réellement atteint ?

BQ- Il faut être modeste car nous avons vu que le président Donald Trump peut changer très rapidement de position. Les deux leaders vont sans doute essayer de se tester mutuellement afin de voir jusqu’où l’autre est prêt à aller. Nous pouvons attendre d’importantes déclarations comme l’affirmation de la recherche d’un traité de paix et la réaffirmation par Pyongyang de sa dénucléarisation. Entre deux pays techniquement toujours en état de guerre c’est très important.

P- Pourquoi Pyongyang a-t-il changé de ton et de position et pourquoi avec ce président américain en particulier ?

BQ- Les Nord-Coréens ont déjà eu affaire aux diplomates américains mais ceux-ci n’envisageaient pas vraiment un processus de paix. Donald Trump a une diplomatie non-conventionnelle et les Coréens se sont dit pourquoi ne pas essayer avec ce président, même s’il a menacé de détruire leur pays à la tribune des Nations unies à l'automne 2017.

P- Et le rôle de la France et des puissances occidentales dans ce contexte ?

BQ- La France n’a pas, jusqu’à présent, joué un grand rôle et elle perdu une occasion de le faire. En particulier au Conseil de Sécurité de l’ONU entre le bloc anglo-saxon et celui des Chinois et Russes elle aurait pu avoir un rôle utile. L’Union Européenne, comme dans le cas de la Palestine, peut jouer un rôle dans le futur en matière d’aide économique et d’investissements.
 

A 9h00 changement de plateau c’est le journal « Paris Direct », la version francophone de France 24, avec deux journalistes Pauline Godart et Florent Rodo (J).

J- Quelles sont les intentions réelles de Kim Jong Un ? Recherche-t-il réellement un accord ?

BQ- la Corée du Nord obtient ce qu’elle a recherché depuis des années, un dialogue direct avec un président américain en exercice et ne peut pas sortir du sommet sans au moins un accord a minima sur les principes à savoir l’avancée vers des garanties de sécurité et la levée des sanctions.

J- Kim Jong -un obtient un statut diplomatique international..

BQ- C’est certain avec la multiplication des rencontres avec les présidents de Corée du Sud de Chine Populaire, une invitation en Russie il passe du rôle du méchant à celui de faiseur de paix.

J- Sur quoi peut déboucher ce sommet ?

BQ-  Le sommet débouchera probablement sur un début de clarification sur le terme de dénucléarisation, car les conceptions des deux parties sont différentes à ce sujet, et sur l’obtention de garanties de sécurité collective par Pyongyang. Les Etats-Unis veulent aller plus loin et prévoir d’autres rencontres mais les Nord-Coréens attendent de voir ce que les Américains mettront sur la table.

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 20:32

Le 1er juin 2018, le Président Donald Trump a reçu dans le Bureau Ovale le général Kim Yong-chol, vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée, directeur du département du Front uni, porteur d'une lettre du Président Kim Jong-un qu'il a remis en mains propres au chef d'Etat américain. Donald Trump a ensuite confirmé que les avancées réalisées lors de la visite de Kim Yong-chol aux Etats-Unis permettaient de confirmer la tenue historique du sommet du 12 juin 2018 à Singapour, appelé à être le premier entre un président américain en exercice et le dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée).  

Kim Yong-chol et Donald Trump à la Maison blanche le 1er juin 2018

Kim Yong-chol et Donald Trump à la Maison blanche le 1er juin 2018

Quand les Nord-Coréens décrivaient, pendant la campagne présidentielle américaine, le candidat Donald Trump comme un homme sage et avisé, ils faisaient un pari que d'aucuns pouvaient juger risqué au regard de l'escalade continue des tensions de l'année 2017 entre les deux pays. Mais rétrospectivement le choix était le bon : au regard du refus de l'administration américaine de changer ses schémas de pensée (comme l'ont ensuite montré la résistance de l'appareil d'Etat - et des démocrates - à suivre le Président Donald Trump lorsqu'il a annoncé qu'il entendait rencontrer le Président Kim Jong-un), la diplomatie atypique du numéro un américain offre la possibilité de sortir d'une impasse dans les relations bilatérales et pour la paix dans cette partie du monde, préjudiciable à toutes les parties, qui était connue sous le nom de "patience stratégique".

Certes, en l'absence de communication publique sur le contenu des négociations, tout porte à croire que les différends demeurent - en particulier, sur la portée et le calendrier de la dénucléarisation nord-coréenne, sur le contenu des garanties de sécurité qu'apporteraient les Etats-Unis et sur la levée des sanctions par les Etats-Unis dont Pyongyang demande qu'elle s'opère au fur et à mesure de la mise en oeuvre de ses propres engagements, et non en fin de processus, comme le proposent les partisans à Washington de l'épreuve de force - qui ne font que remettre au goût du jour la vieille politique du diktat ayant de vagues apparences de dialogue et qu'aucun Etat souverain ne peut accepter de son plein gré.

Cependant, la volonté est partagée d'aller de l'avant pour tendre vers l'atteinte d'objectifs partagés, la paix, la sécurité collective et la dénucléarisation dans la péninsule coréenne, dans le cadre d'un processus dont l'administration présidentielle américaine a désormais conscience qu'il sera long et complexe. 


A ceux qui objecteront que, 18 ans plus tôt, un autre haut responsable nord-coréen (le vice-maréchal Jo Myong-rok), avait été reçu dans le Bureau Ovale, sans que ne s'enclenche alors un processus conduisant à la dénucléarisation et à la paix en Corée, il convient de répondre que le contexte est très différent : en 2000, l'administration Clinton était en fin de mandat et avait répondu favorablement à la demande des républicains de ne pas engager le futur président élu. Plus fondamentalement, les Nord-Coréens étaient encore loin d'être en mesure de réaliser leur premier essai nucléaire - auquel ils ne devaient procéder que six ans plus tard, en octobre 2006 - si bien qu'à l'époque nombreux étaient ceux, aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, qui attendaient (faisant déjà leur les mirages de la patience stratégique) l'effondrement d'un régime nord-coréen qu'ils estimaient de surcroît incapable de se doter d'une force de dissuasion nucléaire. Dix-sept ans plus tard, en 2017, tous leurs paris s'étaient avérés faux : la RPD de Corée n'a pas connu le destin de l'Union soviétique et les missiles nord-coréens dotés d'armes nucléaires peuvent atteindre le territoire américain. Il s'est donc opéré un retour au réalisme diplomatique et militaire, loin des rêveries idéalistes de ceux qui s'émerveillaient de la fin de l'histoire avec la victoire américaine dans la guerre froide, et qui explique qu'aujourd'hui les chances d'une normalisation des relations entre Washington et Pyongyang, dans le cadre d'un accord global, n'aient jamais été aussi élevées - même si le processus en cours peut encore s'enrayer.

A bien des égards, le tournant en cours est comparable à celui qui avait vu le Vietnam normaliser ses relations avec les Etats-Unis, une génération après la fin de la guerre, et qui avait conduit à une reconfiguration diplomatique globale en Asie du Sud-Est. Pyongyang a parfaitement compris l'avantage qu'elle peut retirer de la rivalité sino-américaine, en jouant la carte américaine pour sortir de son isolement ou en resserrant l'alliance avec la Chine en cas d'échec du processus diplomatique qui résulterait d'un raidissement américain. Quel que soit le scénario, elle joue gagnant à tous les coups.

Sources :
 

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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 19:41

Le général Kim Yong-chol, vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée et directeur du département du Front uni (en charge des relations intercoréennes), est parti pour les Etats-Unis pour préparer le sommet de Singapour, prévu le 12 juin, entre les présidents Donald Trump et Kim Jong-un. Ayant fait carrière dans les services de renseignement, le général Kim Yong-chol est l'un des hommes de confiance du Maréchal Kim Jong-un : lors du dernier sommet entre ce dernier et le Président Moon Jae-in le 26 mai 2018, Kim Yong-chol siégeait à droite du Président Kim Jong-un. Autant dire que son avis aura du poids sur la tenue de la première rencontre au sommet américano - nord-coréenne, où son homologue côté américain est le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, également issu des services, qui a déjà rencontré plusieurs fois le dirigeant nord-coréen à Pyongyang.

Kim Yong-chol reçu à Cuba par Raul Castro Ruiz le 24 mai 2018

Kim Yong-chol reçu à Cuba par Raul Castro Ruiz le 24 mai 2018

Comme souvent pour les personnalités nord-coréennes, les informations biographiques proviennent de sources ouvertes du renseignement sud-coréen devant être prises avec prudence, notamment pour les dates de naissance et les débuts de carrière (avant des mentions dans les sources publiques nord-coréennes), car souvent erronées faute en particulier de recoupements suffisants.

Sous ces réserves méthodologiques, Kim Yong-chol serait né en 1946 et aurait servi comme jeune officier de liaison à partir de 1968 auprès de la commission militaire d'armistice, réunissant les anciennes parties à la guerre de Corée dans la zone démilitarisée. 

Son ascension a suivi celle du Général Kim Jong-il, plus âgé que lui de quelques années : le général Kim Yong-chol a conduit des délégations nord-coréennes lors des discussions militaires intercoréennes en 1992 et en 2006-2007, et on le retrouve dans les différents événements intercoréens de la période du "rayon de soleil" (1998-2008) d'amélioration des relations Nord-Sud. Sa nomination comme vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée, en charge du département du Front uni, à l'issue du septième congrès du Parti du travail de Corée s'étant tenu en mai 2016, consacre son rôle dans les relations intercoréennes, à une période où celles-ci étaient au plus bas. Il a conduit la délégation nord-coréenne lors des cérémonies de clôture des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud. 

Certains médias conservateurs ont alors voulu faire croire qu'il aurait orchestré le dramatique naufrage de la corvette "Cheonan" : non seulement son implication supposée ne repose sur aucun élément tangible (comme l'a alors rappelé le gouvernement sud-coréen), mais la responsabilité nord-coréenne est largement battue en brèche et jugée non prouvée dans les milieux du renseignement occidental,  étant ouvertement remise en cause par un ancien membre du groupe d'enquête (le 26 mai 2010), par des chercheurs indépendants d'universités américaines (le 12 juillet 2010), ou encore par des experts de la marine russe (juillet 2010) invités par Séoul à examiner les « preuves » de la culpabilité de la Corée du Nord.

Dotée d'une forte personnalité, le général Kim Yong-chol est décrit par les services sud-coréens comme un homme intègre, intelligent et entièrement dévoué au Président Kim Jong-un : en d'autres termes, un modèle de grand commis de l'Etat en République populaire démocratique de Corée.

Sources : 

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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 09:43

S'étant tenu le 26 mai 2018, deux jours après que le Président Donald Trump avait annoncé l'annulation de son sommet avec le Président Kim Jong-un, le quatrième sommet intercoréen a donné lieu à des commentaires convergents du Président Moon Jae-in et de l'agence nord-coréenne KCNA : la volonté de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de procéder à sa dénucléarisation reste intacte, et Pyongyang a réitéré son souhait que la rencontre avec le président américain ait lieu comme prévu. Ce dont le Président Donald Trump s'est réjoui, en revenant sur les termes de son courrier du 24 mai 2018, en déclarant à des journalistes : "Ça avance très bien. On vise le 12 juin à Singapour. Ça n'a pas changé." Mais le temps presse pour que les Etats-Unis définissent clairement les contreparties qu'ils apporteront aux engagements pris par la RPD de Corée.

Le sommet Kim-Trump de nouveau sur les rails : l'urgence pour les Etats-Unis de préciser la nature de leurs contreparties

C'est à une demande du dirigeant nord-coréen exprimée le 25 mai que s'est tenu le sommet du 26 mai 2018, en un temps record, confirmant ainsi que la RPD de Corée avait placé ses espoirs dans la République de Corée (Corée du Sud) pour ramener Washington à la table des négociations. Le Président Moon Jae-in a évoqué la nécessité de dissiper les malentendus dans les échanges entre Washington et Pyongyang, tout en insistant auprès de Pyongyang sur le désir du Président Donald Trump de réussir la tenue du sommet de Singapour. Ainsi qe l'a précisé KCNA, "Kim Jong-un a remercié Moon Jae-in pour ses importants efforts pour le sommet RPDC-Etats-Unis prévu le 12 juin".

Le Président Moon Jae-in a cependant souligné les attentes de la RPD de Corée en matière de garanties de sécurité de la part des Etats-Unis, soulignant ainsi les engagements que doit prendre Washington en ce domaine - et sur lesquels l'administration américaine reste vague quant aux modalités, au-delà des déclarations de principe :

Ce qui reste incertain pour le président Kim Jong-un, c’est la confiance qu’il peut accorder à la promesse des Etats-Unis de mettre fin aux relations hostiles et de garantir la sécurité de la Corée du Nord après sa dénucléarisation.

Les deux dirigeants coréens ont exprimé leur volonté commune de mettre en œuvre la déclaration de Panmunjom et de garantir la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne, en convenant de se rencontrer souvent à l'avenir pour favoriser le dialogue.

Enfin, le Président Moon Jae-in a affirmé son intention de permettre la tenue d'un sommet trilatéral (réunissant les dirigeants des deux Corée et des Etats-Unis) qui permette de transformer l'accord d'armistice de 1953 en un traité de paix. Il a déclaré, cité par l'agence sud-coréenne Yonhap : 

Le sommet Corée du Nord-Etats-Unis doit être tenu avec succès et je souhaite voir des efforts pour mettre fin officiellement à la guerre (de Corée) à travers un sommet trilatéral entre le Sud, le Nord et les Etats-Unis.

Les deux Etats coréens ont affiché une large convergences de vues sur la nécessité de favoriser la paix, la prospérité et le développement dans la péninsule. Il reste maintenant à s'assurer que les Etats-Unis seront bien sur la même ligne, et qu'ils éviteront des demandes déraisonnables de nature à faire échouer le processus - ils devront effectuer des gestes au fur et à mesure du processus de dénucléarisation nord-coréen. Ces contreparties, non exhaustives, peuvent être les suivantes :

- définition d'un mécanisme permanent, complet et irréversible de sécurité collective, pouvant impliquer la Chine et la Russie comme garants d'un accord de non-agression par les Etats-Unis, ainsi que la mise en place d'un canal de dialogue militaire direct avec Pyongyang au-delà d'un cadre de discussion multilatéral,
- levée progressive de toutes les sanctions, internationales et bilatérales, et garanties données à la RPD de Corée de pouvoir accéder aux financements internationaux,
- pleine possibilité pour Pyongyang de pouvoir mener les programmes de recherche scientifiques nécessaires à son développement économique, en levant les obstacles aux coopérations internationales,
- établissement de relations diplomatiques bilatérales entre Washington et Pyongyang et organisation d'événements culturels et sportifs communs...

Les attentes nord-coréennes sont cohérentes avec sa volonté d'être un acteur de la communauté internationale reconnu à part entière, disposant des mêmes droits que les autres Etats souverains : il appartient à présent au Président Donald Trump de répondre à ces exigences légitimes.

Sources :

- KCNA ;

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 22:16

Après avoir annulé par voie épistolaire le sommet prévu à Singapour avec le Président Kim Jong-un, le Président Donald Trump a affirmé le lendemain que les discussions se poursuivaient avec les Nord-Coréens et qu'il était possible que le sommet ait finalement lieu, peut-être même à la date initialement prévue du 12 juin 2018. Un revirement que le chef d'Etat américain justifie par la réaction de Pyongyang, qui avait rapidement exprimé ses regrets quant à l'annulation du sommet par la voix de Kim Kye-gwan, Premier vice-Ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et dans laquelle Donald Trump a voulu voir une "déclaration productive et chaleureuse" de Pyongyang. En tout cas (et sur ce point le chef d'Etat américain a raison) la Corée du Nord veut réellement que le sommet se tienne.

Trump évoque la possibilité de tenir finalement le sommet avec Kim Jong-un

Le Président américain affiche la satisfaction de ceux qui pensent avoir réussi un coup de maître dans une négociation difficile, alors qu'en fait les Nord-Coréens n'ont guère varié dans leurs positions, tout en durcissant leur discours depuis une dizaine de jours afin de clarifier les termes de la discussion : oui à un sommet, mais pas à un chèque en blanc sur une dénucléarisation sans contreparties. Pyongyang attend toujours des gestes concrets de Washington tout au long du processus de dénucléarisation. Mais Donald Trump y est-il prêt ? Rien n'est moins sûr, ses silences à ce sujet pouvant donner lieu à toutes les spéculations.

Adepte des réactions intempestives, le président américain a-t-il tenté un coup de bluff en faisant mine d'annuler le sommet, tout en ne prévenant pas par ailleurs les Sud-Coréens ? C'est possible. Plus fondamentalement, face à une administration hostile depuis le début à une rencontre avec le dirigeant nord-coréen et qui a trouvé un appui de circonstance dans les "néo-cons" interventionnistes menés par le conseiller présidentiel John Bolton, la position américaine tangue, peinant manifestement à définir des objectifs clairs - mais il reste encore un peu plus de deux semaines pour lever les incertitudes, sur un processus qui ne peut être que long. En face, la Corée du Nord veut - légitimement - savoir où elle va. Dès lors, tout est possible, du rétablissement du sommet, à son report ou à la confirmation de son annulation... Réponse au prochain épisode.

Source : 

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 21:03

Dans une lettre en date du 24 mai 2018 adressée au Président Kim Jong-un, le Président Donald Trump a annoncé l'annulation du sommet prévu avec le dirigeant nord-coréen à Singapour le 12 juin prochain. Cette décision a été annoncée le jour même (coïncidence ou provocation ?) où la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) procédait au démantèlement du site d'essais nucléaires de Punggye-ri, qui était parfaitement fonctionnel, en présence de journalistes étrangers. Tous les observateurs se posent aujourd'hui la question : que va-t-il arriver à présent, le courrier du Président Trump évoquant la puissance militaire américaine dans une menace d'intervention militaire à peine voilée ? 

La lettre du Président Donald Trump au Président Kim Jong-un

La lettre du Président Donald Trump au Président Kim Jong-un

Depuis une semaine, le ton s'était durci entre Pyongyang et Washington, la RPD de Corée dénonçant les manoeuvres militaires Max Thunder, mettant en cause le parallèle avec la dénucléarisation de la Libye et condamnant l'influence des néoconservateurs emmenés par le conseiller à la sécurité nationale du président américain John Bolton. Plus fondamentalement, les gestes de bonne volonté de Pyongyang n'ont eu aucun répondant côté américain, les Etats-Unis restant vagues sur un possible calendrier de levée progressive des sanctions, faisant légitimement douter les Nord-Coréens de la bonne foi américaine.

Ce sont cependant les Etats-Unis qui ont pris l'initiative de la rupture, dans un courrier de seulement une vingtaine de lignes où le Président Donald Trump a dénoncé "la colère" et "l'hostilité" selon lui de la Corée du Nord, sans donner de détails, pour juger qu'un tel sommet serait "inapproprié, en l'état" : 

Malheureusement, considérant l’immense colère et l’hostilité affichée dans vos récentes déclarations, j’estime qu’il est inapproprié, en l’état, de procéder à ce sommet tant attendu.

Le président américain a certes dessiné une ouverture de reprise des discussions, mais si sa stratégie est celle de faire monter les enchères, elle a très peu de chances de faire fléchir les Nord-Coréens qui y verront un chantage  - ce sont au contraire les Américains qui devront réviser leurs exigences à la baisse pour espérer retourner à la table des négociations qu'ils viennent de quitter de manière fracassante : 

Si vous changez d’avis par rapport à ce sommet important, n’hésitez pas à m’appeler ou à m’écrire. Le monde, et la Corée du Nord en particulier, ont perdu une grande occasion pour une paix durable et une grande prospérité. Cette opportunité manquée est un moment vraiment triste de l’histoire.

Enfin, la lettre de Donald Trump contient la menace d'une possible intervention militaire des Etats-Unis : 

Vous parlez de vos capacités nucléaires, mais les nôtres sont si énormes et puissantes que je prie Dieu que nous n’ayons jamais à en faire usage.

Les présidents sud-coréen Moon Jae-in (qui avait rencontré Donald Trump deux jours plus tôt et n'a donc manifestement pas réussi à le faire fléchir) et russe Vladimir Poutine ont jugé la décision du Président Trump regrettable. Pis, le chef d'Etat sud-coréen a manifestement été placé devant le fait accompli, sans concertation préalable, la présidence sud-coréenne précisant en effet que Séoul "cherche à comprendre quelles sont les intentions du Président Trump et leur signification". De fait, le revirement américain affaiblit une nouvelle fois la parole américaine vis-à-vis des autres pays du monde, faisant apparaître Donald Trump comme versatile, brouillon (l'hypothèse a été avancée d'un malentendu dès l'origine entre Washington et Pyongyang sur le processus de dénucléarisation) et surtout étant sous l'influence des courants les plus militaristes et interventionnistes de son administration - quelques semaines après l'annulation unilatérale de l'accord sur le nucléaire iranien.

Pour Donald Trump, cet échec diplomatique marque non seulement un retour au point de départ (le territoire américain reste à portée des missiles nord-coréens dotés d'armes nucléaires), mais le commandant en chef américain a aussi isolé et affaibli son pays : dans le bras-de-fer qui se joue avec Pékin sur les questions commerciales, la question coréenne a entretemps rapproché Pékin de Pyongyang (avec la possibilité que la Chine décide en pratique d'assouplir l'application des sanctions à l'encontre de la RPD de Corée) et fragilisé l'alliance américano-sud-coréenne, en plaçant le Président Moon Jae-in dans une position inconfortable et en hypothéquant les chances de retour au dialogue intercoréen qui, à un moment à un autre, passera par une levée au moins partielle des sanctions internationales. Or, en revenant à la politique de pression maximale contre Pyongyang, l'administration américaine reporte les perspectives d'assouplissement des sanctions internationales.

Mais pire que le statu quo il existe le risque d'une action militaire américaine, et donc d'une escalade des tensions : plus que jamais, l'Association d'amitié franco-coréenne juge prioritaire de garantir la paix maintenant dans la péninsule coréenne.

Mise à jour le 25 mai 2018 : dans un communiqué publié par l'agence nord-coréenne KCNA le 25 mai 2018, Kim Kye-gwan, Premier vice Ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée, a jugé l'annulation du sommet "extrêmement regrettable" et "inattendue", rappelant la "détermination" de Pyongyang à s'asseoir à la table des négociations avec les Etats-Unis "à tout moment et de quelque manière que ce soit".

Sources :  

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