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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 21:01

Largement médiatisée à la veille des élections législatives sud-coréennes du 13 avril 2016, la défection en République de Corée (Corée du Sud) d'un responsable et de douze serveuses d'un restaurant nord-coréen en Chine (dont on a appris depuis qu'il était situé à Ningbo) avait été présentée par les conservateurs au pouvoir à Séoul comme une défection "de masse" exceptionnelle, censée prouvée la justesse de la politique de confrontation avec le Nord des autorités sud-coréennes de l'époque - car c'était prétendument une preuve manifeste de l'effondrement imminent de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), rendant inutile - voire contre-productive - une approche intercoréenne fondée sur le dialogue . Mais aussitôt la Corée du Nord avait dénoncé un "enlèvement" orchestré par les services de renseignement sud-coréens du National Intelligence Service (NIS) et exigé le rapatriement des jeunes femmes : une demande réitérée après des révélations récentes du responsable nord-coréen du restaurant ayant fait défection, selon lesquelles il était un agent du NIS depuis 2014 et que ses employeurs lui auraient demandé de rejoindre la Corée du Sud avec les douze serveuses, à l'insu de ces dernières.

Défection des serveuses nord-coréennes : nouvelles déclarations embarrassantes pour les services de renseignement sud-coréens (NIS)

A l'instar de l'opposition démocrate, l'Association d'amitié franco-coréenne s'était interrogée au printemps 2016 sur ce qui avait l'apparence d'une possible manoeuvre préélectorale, dont le modus operandi avait outrepassé les règles solidement établies quant à l'accueil des défecteurs nord-coréens en Corée du Sud. En particulier, la nouvelle avait été annoncée sans respecter les étapes ordinaires en cas d'arrivée d'un transfuge nord-coréen en Corée du Sud, comme s'il fallait médiatiser l'affaire à quelques jours des élections législatives ; puis les services de renseignement sud-coréen avaient totalement pris en charge les jeunes femmes, leur interdisant tout contact extérieur, et se substituant à elles lors de leur audience ; enfin, ces dernières avaient reçu de manière accélérée la nationalité sud-coréenne, et quand le NIS était interrogé sur la rapidité de ces procédures d'exception, il avait rétorqué que "peu importent les circonstances" de leur départ... La question est pourtant cruciale : les jeunes femmes étaient-elles consentantes de rejoindre en Corée du Sud (le libre choix du responsable du restaurant nord-coréen - Heo Gang-il - ne semblant, quant à lui, guère fait l'objet de doutes) ?

Depuis, Heo Gang-il s'est exprimé dans la très populaire émission "Spotlight" de la chaîne sud-coréenne JTBC, en accusant ouvertement le NIS d'avoir tendu un piège, lui-même ayant été un agent du NIS. Selon l'Agence France Presse, 

[M. Heo] a expliqué avoir été recruté par le Service national du renseignement sud-coréen (NIS) en 2014 en Chine.

Deux ans après, craignant d’être démasqué, il a demandé à son agent traitant d’organiser sa défection. A la dernière minute, dit-il, l’agent lui a demandé de venir avec ses employées.

«Les 12 serveuses ne savaient pas où elles allaient», a-t-il déclaré. «Je leur ai dit qu’on changeait d’endroit».

L'émission de Spotlight a également donné la parole à l'une des serveuses ayant fait défection qui n'aurait compris où elle se rendait qu'une fois arrivée devant l'ambassade de Corée du Sud en Malaisie, mettant en cause les menaces de M. Heo et déclarant qu'elle souhaitait à présent retourner en Corée du Nord : 

Le gérant Heo nous a menacées, a dit qu’il raconterait aux autorités qu’on regardait des séries télévisées sud-coréennes et que nous serions exécutées, ou exilées en province, et que nos familles seraient également touchées.

Avec le recul, c’était n’importe quoi mais sur le moment, je n’avais pas d’autre choix. Si c’était possible, même maintenant, j’aimerais retourner auprès de ma mère.

M. Heo explique avoir choisi de s'exprimer car le NIS lui aurait fait des promesses qu'il n'a pas tenues. Selon l'AFP, 

M. Heo a, dit-il, décidé de parler car il n’a pas vu venir ce qu’on lui avait promis -- un emploi au NIS et une médaille.

Face à l'ampleur du scandale, l'actuel gouvernement sud-coréen a choisi de faire bloc autour du NIS en rejetant les accusations à l'encontre des services de renseignement. Auditionné par la commission des Affaires étrangères du Parlement quelques jours plus tard le 17 mai 2018, le ministre de la Réunification Cho Myoung-gyon a évoqué une défection volontaire selon KBS, qui a également rejeté la thèse d'une manoeuvre préélectorale : 

Le ministre sud-coréen de la Réunification a affirmé hier que les 12 employées du restaurant nord-coréen en Chine qui ont fait défection au Sud début avril 2016 l’ont fait selon leur libre arbitre (...).

Il a ainsi coupé court à la rumeur selon laquelle cette défection en masse avait été orchestrée par le Service national du renseignement (NIS) sud-coréen pour servir de faire-valoir au gouvernement conservateur de l’époque en amont des élections législatives qui se sont tenues le 16 avril de la même année.

Venant du ministre chargé de la Réunification, ces déclarations ont évidemment eu un impact négatif sur les relations Nord-Sud et elles mettent en péril les réunions de familles séparées prévues le 15 août 2018. Alors que le Président Moon Jae-in s'appuie, comme ses prédécesseurs, sur les services de renseignement pour sa politique à l'égard de la RPD de Corée, il manifeste une nouvelle fois sa volonté de gouverner en s'appuyant sur les ministères en charge de la défense et du maintien de l'ordre et - conformément à ce choix - il défend le NIS, y compris au titre des actions menées par ce dernier pendant la dérive autoritaire de sa prédécesseur Mme Park Geun-hye. Ce faisant, il coupe court aux intentions que lui prête (contre toute évidence) une partie des conservateurs : le Président Moon Jae-in serait celui qui abrogerait la loi de sécurité nationale (LSN) ou encore établirait un service militaire alternatif. Dénoncés comme de graves atteintes aux droits de l'homme par les ONG et les Nations unies, l'application de la LSN et l'emprisonnement des objecteurs de conscience ne sont pas prêts de prendre fin. 

Sources :

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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 21:58

Le 16 mai 2018, une rencontre intercoréenne a été reportée et Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a annoncé la possibilité de "reconsidérer" le sommet envisagé le 12 juin prochain entre la RPD de Corée et les Etats-Unis - alors que ces derniers ont engagé des exercices militaires de grande ampleur Max Thunder, dénoncés par Pyongyang comme le maintien d'une politique hostile à son égard et contrevenant aux engagements pris par les deux Corée dans le cadre de la déclaration de Panmunjom, le 27 avril 2018. Cet avertissement, lancé à la veille du sommet entre les présidents américain Donald Trump et sud-coréen Moon Jae-in le 22 mai prochain, signifie que la Corée du Nord ne désarmera pas unilatéralement. L'avertissement est clair : le sommet du 12 juin n'aura pas lieu s'il devait consister en un chèque en blanc de la RPD de Corée, s'engageant sur la voie de la dénucléarisation sans contreparties tangibles et concrètes des Etats-Unis.

Sommet du 12 juin : Pyongyang ne signera pas de chèque en blanc

Selon l'agence nord-coréenne KCNA, Kim Kye-gwan, interlocuteur expérimenté et reconnu des Etats-Unis au sein de l'administration nord-coréenne, a fait savoir qu'il n'y aurait pas de désarmement unilatéral de la RPD de Corée : 

[Si Washington] nous met au pied du mur et exige unilatéralement que nous renoncions à l’arme nucléaire, nous n’aurions plus d’intérêt pour des discussions.

En d'autres termes, les Etats-Unis devront aussi faire des concessions, dans le cadre d'un dispositif de type "action contre action" (chaque partie faisant simultanément un pas vers l'autre pour créer les conditions de la confiance mutuelle et de la poursuite du processus), sans attendre le stade ultime du démantèlement du programme nucléaire nord-coréen - comme l'entend au contraire le conseiller présidentiel à la sécurité nationale John Bolton.

Ce dernier, partisan de la guerre en Irak (qu'il justifie aujourd'hui encore, y compris le mensonge sur les armes de destruction massive) et de l'étranglement économique de la RPD de Corée, est une vieille connaissance des Nord-Coréens : faucon parmi les faucons, il a toujours été de ceux qui voulaient attaquer la Corée du Nord et s'engager sur le terrain de la propagande de guerre, en faisant prospérer l'idée qu'on ne pourrait pas négocier avec les Nord-Coréens car ils mentiraient forcément.

Il n'est donc pas surprenant que Kim Kye-gwan ait ciblé à plusieurs reprises John Bolton : alors que les discussions se sont engagées avec le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, imposer John Bolton dans les négociations serait considéré par les Nord-Coréens comme une provocation et un motif de rupture. 

Les limites posées par Pyongyang n'ont pas été vaines : la République de Corée (Corée du Sud) a annoncé qu'elle ne participerait pas aux manoeuvres militaires Max Thunder (qui seront donc limitées aux Etats-Unis et au Japon), lesquelles n’empiéteront pas par ailleurs sur le territoire aérien sud-coréen. 

Pour sa part, le Président Donald Trump a publiquement désavoué John Bolton en rejetant le scénario "à la libyenne" esquissé par ce dernier de dénucléarisation de la Corée du Nord, et ajouté qu'il offrirait de sérieuses garanties de sécurité à la RPD de Corée et des perspectives de prospérité économique comparables à celles actuelles de la Corée du Sud - ce qui sous-entend que les sanctions seraient levées et que les entreprises étrangères, notamment américaines, pourraient investir en Corée du Nord.

Ces propos sont certes encourageants, mais ils doivent maintenant se traduire en engagements concrets de la part de Washington : il n'y aura pas de calendrier de dénucléarisation nord-coréen si en même temps les Etats-Unis ne précisent pas la nature de leurs engagements de sécurité et ne lèvent pas progressivement les sanctions économiques qu'ils ont imposées à la Corée du Nord. Le précédent de la rupture de l'accord nucléaire iranien, en révélant la versatilité de la parole américaine, incite évidemment les Nord-Coréens à exiger des garanties.

Sources : 

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 20:54

Les échanges économiques intercoréens ont été réduits à néant pendant la décennie perdue (pour la réunification) des présidences conservatrices sud-coréennes (2008-2017) : dans un premier temps, les mesures du 24 mai [2010], suspendant tous les échanges économiques sauf ceux de la zone de Kaesong, ont été adoptées en représailles au naufrage de la corvette Cheonan, alors même que les "preuves" de l'implication nord-coréenne ne sont pas crédibles ; dans un second temps, en février 2016, les autorités de Séoul ont décidé de "suspendre" les activités de la zone économique intercoréenne de Kaesong, entraînant sa fermeture, alors que celle-ci avait été un symbole de la coopération Nord-Sud. Dans ce contexte, et alors que les sanctions internationales empêchent actuellement toute reprise des échanges économiques intercoréens, la déclaration de Panmunjom du 27 avril 2018 envisage - en termes prudents - une telle perspective. 

La zone économique intercoréenne de Kaesong en février 2017, avant sa fermeture

La zone économique intercoréenne de Kaesong en février 2017, avant sa fermeture

Il faut lire en détail la déclaration de Panmunjom pour en apprécier la portée s'agissant de la relance des échanges économiques Nord-Sud : 

Le Nord et le Sud sont convenus, en vue d’un développement équilibré de l’économie nationale et d’une prospérité commune, de promouvoir activement les points convenus dans la Déclaration du 4 Octobre et, en premier lieu, de prendre des mesures pratiques visant à relier les réseaux ferroviaires et routiers des côtes est et ouest, à les moderniser et à les mettre en fonctionnement.

Cette prudence s'explique par le fait que les Etats-Unis prétendent ne pas vouloir, à ce stade, de levée des sanctions internationales contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), même partielle, avant que le processus de dénucléarisation de la RPD de Corée ne soit mené à son terme. Si cette position maximaliste peut être appelée à évoluer (dans un processus de dialogue, il faut que chaque partie fasse simultanément des pas, ce qui n'est pas aujourd'hui le cas de Washington), les autorités sud-coréennes n'étaient pas en mesure, lors du sommet de Panmunjom, d'aller beaucoup plus loin.

Mais la réaffirmation des mesures définies dans la déclaration du 4 octobre 2007 permet de dessiner les contours d'une future reprise des échanges Nord-Sud, une fois les sanctions levées. 

Premier objectif - le seul explicitement réaffirmé le 27 avril 2018 : la modernisation et le rétablissement des réseaux ferroviaires et routiers, alors que l'obsolescence des réseaux nord-coréens est un obstacle majeur à la modernisation de l'économie de la RPD de Corée. Plus précisément, la déclaration du 4 octobre 2007 avait précisé quelles étaient les liaisons ferroviaires et routières prioritaires : 

Ils ont décidé de délibérer sur le problème du réaménagement et de la réparation de la ligne ferroviaire Kaesong-Sinuiju et de l'autoroute Kaesong-Pyongyang pour les utiliser en commun et d'accélérer ces travaux (...) d'entamer celle de la deuxième tranche, de commencer le trafic ferroviaire entre Munsan et Pongdong (...)

Au-delà de la péninsule, la République de Corée serait ainsi reliée à la Chine et à la Russie. En revanche, les liaisons dans le domaine du gaz - qui permettraient à la RPD de Corée d'obtenir des droits de transit - ne figuraient pas explicitement dans la déclaration du 4 octobre 2007.

La déclaration du 4 octobre 2007 prévoyait également des investissements conjoints, notamment pour l'exploitation du très riche potentiel minier nord-coréen (réévalué récemment à la hausse, les réserves en terres rares du pays ayant été considérées comme pouvant être les premières au monde) : 

Ils ont décidé d'encourager les investissements pour leur collaboration économique, de promouvoir vigoureusement la construction des infrastructures économiques et l'exploitation des ressources et d'y attribuer prioritairement diverses conditions de faveur et un traitement préférentiel en accord avec les particularités de la collaboration intercoréenne.

La même déclaration de 2007 envisageait également un partage des ressources halieutiques autour de Haeju, la mise en place d'une zone économique spéciale dans cette région et l'utilisation commune de l'embouchure du fleuve Rimjin : 

Ils ont décidé d'établir une «zone spéciale de paix et de collaboration de la mer de l'Ouest» englobant Haeju et ses environs maritimes et de promouvoir activement l'établissement d'un secteur de pêche commun et d'un secteur maritime de paix, la construction d'une zone économique spéciale, l'utilisation du port de Haeju, le passage direct des navires civils à ce port et l'utilisation commune de l'embouchure du fleuve Rimjin.

La déclaration du 4 octobre 2007 envisageait également le développement de la zone industrielle de Kaesong, qui n'était pas montée en puissance comme initialement prévu avant même sa fermeture en février 2016 (moins de 60 000 ouvriers nord-coréens y travaillaient alors, contre un objectif de 730 000 travailleurs nord-coréens lors de l'achèvement de la construction du parc industriel) : 

Ils ont décidé de terminer dans les meilleurs délais la construction de la première tranche de la zone industrielle de Kaesong (...)

Enfin, la déclaration du 4 octobre 2007 envisageait  "diverses mesures d'assurance institutionnelle, y compris pour la circulation, la communication et le dédouanement", ainsi que des coopérations plus sectorielles (construction navale, en citant spécifiquement les sites d'Anbyon et Nampo, et sans plus de précisions : agriculture, santé, médecine, protection de l'environnement, cette liste n'étant pas limitative).

Incontestablement, si la reprise des échanges Nord-Sud devait se concrétiser à la faveur de la levée des sanctions internationales (et de celles additionnelles décidées par le gouvernement sud-coréen), les domaines sont nombreux pour la création de richesse économique favorable aux deux parties de la péninsule - ce qui permettrait aussi, à Séoul, de battre en brèche l'argument des conservateurs sur le prétendu fardeau économique d'un rapprochement avec le Nord. Dans l'immédiat, exploiter le potentiel minier nord-coréen, combiner le recours à la main-d'oeuvre qualifiée, disciplinée et bon marché du Nord et aux capitaux du Sud, et partager des ressources maritimes représenterait une opportunité économique exceptionnelle pour les économies tant nord-coréenne que sud-coréenne. La prospérité n'est peut-être pas encore au coin de la rue, comme l'affirmait le président américain Herbert Hoover, mais certainement au détour des futurs tracés des liaisons Nord-Sud.

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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 20:52

Lors des quarts de finale des championnats du monde de tennis de table, qui se déroulent actuellement à Halmstad en Suède, les joueuses de la République de Corée (Corée du Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) ont choisi de ne pas s'affronter, pour former une équipe commune qui affrontera le Japon (vainqueur de l'Ukraine) en demi-finale, le vendredi 4 mai 2018. Si la formation d'une équipe coréenne unifiée a des précédents en tennis de table (notamment en double féminin en 1991, avec le titre de championnes du monde alors obtenu par les Sud-Coréennes Hong Cha-ok et Hyun Jung-hwa et les Nord-Coréennes Yu Son-bok et Ri Bun-hui), c'est la première fois que la réunification a lieu pendant le déroulement d'une compétition sportive. Un symbole puissant, une semaine seulement après le sommet historique du 27 avril 2018 entre les Présidents Kim Jong-un et Moon Jae-in, ayant donné lieu à l'adoption de la déclaration de Panmunjom dans laquelle les deux dirigeants soulignaient la nécessité de participer en commun à des événements sportifs.

Mondiaux par équipes de tennis de table : les Coréens font équipe commune

Dans un communiqué, la Fédération internationale de tennis de table (acronyme anglais, ITTF) a salué le voeu des Coréennes de former une seule équipe et l'accord trouvé entre les dirigeants des deux sélections, en précisant qu'elle avait donné son accord : 

Les deux équipes n'ont pas souhaité s'affronter pour une place en demi-finale. Les discussions (...) ont débouché sur un accord entre les dirigeants des sélections de Corée du Nord et de Corée du Sud, validé par la Fédération internationale (ITTF), de présenter une équipe de Corée unie pour les demi-finales.

Lors des phases de groupe, les Sud-Coréennes avaient dominé le groupe D, en se classant devant (dans cet ordre) Hong Kong (autre demi-finaliste de la compétition, face à la Chine), l'Allemagne, la Thaïlande, le Luxembourg et le Brésil, en remportant tous leurs matchs, accédant ainsi directement aux quarts de finale.

Au sein du groupe C, les Nord-Coréennes avaient fini deuxième de leur groupe, après la Roumanie et devant Taïwan, mais avaient elles aussi accédé aux quarts de finale en battant les Russes contre toute attente.

Mondiaux par équipes de tennis de table : les Coréens font équipe commune

L'Association d'amitié franco-coréenne souhaite plein succès aux Coréennes qui pourraient, 27 ans après la victoire en double féminin en 1991, faire vaciller le colosse chinois.

Mise à jour 4 mai 2018 : les Coréennes se sont inclinées face au Japon, qui a remporté ses 3 matchs. Kasumi Ishikawa a remporté difficilement son duel contre la Nord-Coréenne Kim Song-i (11-4, 6-11, 11-8, 11-13, 16-14). De l'avis général, l'équipe coréenne unifiée a été plus forte que si les Nord et les Sud-Coréennes avaient concouru séparément.

Sources : 

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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 21:20

Sommet historique intercoréen du 27 avril 2018, démantèlement annoncé du site d’essais nucléaires nord-coréen dès le mois de mai, avant le sommet entre les présidents Kim Jong-un et Donald Trump (que ce dernier envisage désormais dans un délai de 3 à 4 semaines)... CNews en parlait le 29 avril 2018, à partir de 21h15, lors d'un débat avec Benoît Quennedey, président de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC), dans l’émission de Harold Hyman « L’Actu à la carte ». Quelques jours plus tôt, le président de l'AAFC avait par ailleurs répondu aux questions de Claire Tervé pour le Huffington Post sur ce qu'un traité de paix changerait dans la péninsule coréenne.

Comprendre le sommet intercoréen : retour sur l'émission « L'Actu à la carte » sur CNews du 29 avril 2018

Sur le plateau pour parler de l’actualité concernant la Corée, après un sujet sur la situation en Arménie, se trouvait également Kim Souya, artiste plasticienne vivant à Paris, et active dans la communauté sud-coréenne en France.

Pendant dix minutes Harold Hyman a donné la parole aux deux intervenants en commençant par l’émotion soulevée par la rencontre entre Moon-Jae-in et Kim Jong-un.

D’abord Kim Souya a déclaré avoir passé une nuit blanche, compte tenu du décalage horaire, pour regarder en direct cette rencontre, et en a été émue au point d’en pleurer et a assuré « ne pas être la seule ». C’est la première fois qu’elle entendait la voix du leader du Nord qu’elle a décrite « avec un petit accent charmant ».

Ensuite Benoît Quennedey a donné son sentiment sur « l’emballement des évènements ». Il a fait le parallèle avec l’année 2017 et le contraste avec la situation d’aujourd’hui, en mettant l’accent sur la prise en mains par les deux parties coréennes de leur destin commun et sur l’importance de la déclaration commune qui va bien au-delà des rencontres au sommet de 2000 et 2007 en abordant à présent la question de la paix. « Cette fois-ci il semble que ce soit la bonne » et « on est peut-être sur une nouvelle ère ».

Harold Hyman a repris l’historique de la question nucléaire dans la péninsule en présentant une illustration récapitulative et a demandé en quoi cette fois-ci cela déboucherait positivement.

Benoît Quennedey a expliqué que la Corée du Nord maintenant possède un armement qui lui permet de discuter sur un pied d’égalité avec les Etats-Unis évoquant la « sérénité des Nord-Coréens » qui veulent désormais passer à un stade de prospérité et de développement économique.

L’animateur s’adressant à Kim Souya lui a demandé si en tant que Sud-Coréenne elle était prête à payer plus d’impôts pour aider ses frères du Nord a obtenu une réponse immédiate « Bien sûr et ce n’est pas seulement moi », puis ajoutant que « ce n’est pas vrai » qu’au Sud on se désintéresse de la situation au Nord. Une séquence d’émotion qui a poussé l’expert de l’Arménie encore présent sur le plateau à s’exprimer « il y a une fierté coréenne qui aujourd’hui est amenée à s’exprimer de manière très forte ».

Kim Souya a repoussé les craintes concernant l’avenir de « la démocratie sud-coréenne » et « l’arrivée d’idées néfastes en provenance du Nord ».

Enfin les deux intervenants ont insisté sur le sentiment d’unité entre les deux parties divisées de la Corée et sur la marche vers la paix et la dénucléarisation.

Conclusion de Harold Hyman « la sincérité sera le mot-clé de l’avenir ».

On peut remarquer que cette émission, pas seulement par ses intervenants, mais aussi par l’attitude presque bienveillante de son animateur témoigne d’un nouveau souffle dans la présentation médiatique en France de la situation dans et autour de la péninsule coréenne.

 

Revoir l'émission « L’Actu à la carte » du 29 avril 2018 (le sujet coréen est évoqué à partir de 11'07") : 

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 21:28

Le troisième sommet intercoréen, qui s'est tenu pour la première fois au sud de la péninsule coréenne, le 27 avril 2018, a conduit à l'adoption d'un communiqué conjoint qui a évoqué non seulement le développement des relations Nord-Sud, mais dressé aussi la perspective de la paix et l'objectif d'une dénucléarisation de la Corée. Le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui a plaidé inlassablement pour un traité de paix, même lorsque la montée des tensions pouvait sembler nous désavouer, a maintenu le cap et tient aujourd'hui à saluer une rencontre historique, en publiant le communiqué que nous reproduisons ci-après. 

Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne

Paris, le 28 avril 2018

 

La déclaration de Panmunjom a ouvert une ère nouvelle pour la paix et la réunification en Corée

 

Le 27 avril 2018 à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant la péninsule coréenne en deux, s'est tenue une rencontre riche en émotions et en symboles entre Kim Jong-un, Président de la Commission des Affaires d'État de la République populaire démocratique de Corée, et Moon Jae-in, Président de la République de Corée.

À l'issue de ce sommet inter-coréen, les deux dirigeants ont adopté une déclaration conjointe.

En soulignant qu'il n'y aurait plus jamais de guerre dans la péninsule coréenne et qu'une ère nouvelle de paix avait débuté, ils ont signifié la volonté des Coréens de tourner la page d'un conflit fratricide et de reprendre en main leur destin en exerçant eux-mêmes leur souveraineté, dans le respect des principes du droit international proclamé par la Charte des Nations unies : l'escalade des tensions et des confrontations doit désormais cesser et les sanctions internationales être levées, conformément et concomitamment à la mise en œuvre de l'engagement d'une dénucléarisation de toute la péninsule coréenne.

La déclaration de Panmunjom détaille les moyens de préserver la paix et d'empêcher la survenue des incidents de frontière meurtriers qui ont trop souvent endeuillé la péninsule coréenne : diminution annoncée des armements, transformation de la zone démilitarisée en zone de paix, échanges militaires réguliers, cessation de l'envoi de messages de propagande hostile.

Les Présidents Kim Jong-un et Moon Jae-in ont également relancé les échanges Nord-Sud : reprise des projets de rétablissement des liaisons ferroviaires et terrestres, nouvelles réunions de familles séparées, organisation d'événements conjoints... La voie est donc ouverte pour une institutionnalisation des échanges et des rencontres régulières, avec l'invitation faite au Président Moon Jae-in de visiter le Nord dès cet automne.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) salue une déclaration historique, fruit des efforts de tout le peuple coréen, qui jette les bases pour établir une paix durable, promouvoir les échanges et favoriser la réunification entre les deux parties divisées de la péninsule coréenne.

L'AAFC appelle désormais l'ensemble des acteurs de la communauté internationale à favoriser effectivement la mise en place d'un système de sécurité collective, corollaire indispensable à une prévention efficace des conflits, au désarmement et à la démilitarisation.

Militant depuis sa fondation, en 1969, pour la paix et la réunification de la Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne a toujours refusé la voie de l'escalade militaire et de l'isolement de la République populaire démocratique de Corée sur la scène internationale. Confortée dans ses choix pour la paix et la réunification de la Corée, elle ne militera que plus activement encore, en réitérant son appel aux autorités françaises pour qu'elles établissent des relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée, mais aussi pour qu'elles jouent un rôle positif afin d'appuyer le processus en cours.

 

Contact : M. Benoît Quennedey, président de l'AAFC, 06 87 24 93 00

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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 16:27

A l'issue du sommet intercoréen qui s'est tenu le 27 avril 2018, la déclaration conjointe adoptée a "confirmé l'objectif commun d'aboutir à une péninsule coréenne sans armes nucléaires grâce à une dénucléarisation complète". Si les médias internationaux ont largement commenté cet engagement pour la dénucléarisation (dont les modalités devront être précisées), celui-ci s'inscrit dans le cadre plus général de mesures de prévention des conflits, de la définition d'un principe de désarmement et de la mise en place de mécanismes de dialogue militaire - qui permettront ainsi d'éviter les accrochages meurtriers et les risques d'escalade. Ces mesures sont d'autant plus significatives que l'armée de la République de Corée (Corée du Sud) reste subordonnée au commandement américain en cas de guerre. 

Prévention des conflits, désarmement, dialogue militaire : les engagements nouveaux de la déclaration de Panmunjom

Les mesures relatives aux questions militaires font principalement l'objet du deuxième point de la déclaration, intitulé "le Nord et le Sud s'attacheront en commun à atténuer la grave tension militaire et à éliminer effectivement le danger de guerre dans la péninsule coréenne".  

A cette fin, la déclaration prévoit tout d'abord de mettre fin à la propagande par haut-parleur et celle envoyée par ballon (du Sud vers le Nord, à l'initiative notamment d'activistes anti-Corée du Nord) : 

Le Nord et le Sud sont convenus de cesser sur tous les plans, notamment sur terre, sur mer et dans l’air, tous genres d’actes d’hostilité l’un à l’égard de l’autre de nature à provoquer une tension et un conflit militaire.

Dans l’immédiat, ils sont convenus de cesser à partir du 1er mai l’émission par haut-parleur et l’épandage de tracts et tous les autres actes d’hostilité dans les parages de la ligne de démarcation militaire, d’en supprimer les moyens correspondants et de transformer la zone démilitarisée en une zone de paix réelle.

La transformation de la zone démilitarisée en zone de paix est un projet ancien. Si ses modalités à long terme restent à déterminer (a été évoquée la possibilité d'en faire un parc naturel, dont la diversité est remarquable), une mesure immédiate consisterait à mettre en place une coopération conjointe pour lutter contre les feux de forêt. Il conviendra dans tous les cas de déminer cette région.

La déclaration conjointe souligne ensuite la nécessité d'empêcher les accrochages meurtriers dans la zone maritime autour de la ligne de limite Nord (acronyme anglais : NLL), définie unilatéralement par les Américains à la fin de la guerre de Corée, et dont le tracé est très défavorable à la République populaire démocratique de Corée au regard du droit maritime international : 

Le Nord et le Sud sont convenus de prendre des mesures effectives visant à convertir les parages de la « limite nord » de la mer de l’Ouest en zone de paix pour prévenir des conflits militaires éventuels et à permettre une pêche en sûreté.

L'idée de faire de cette région une zone de pêche dont les prises seraient partagées plus équitablement qu'aujourd'hui entre les deux Corée avait déjà été évoquée pendant la décennie du "rayon de soleil" (1998-2008) de rapprochement intercoréen, mais elle serait à présent concrétisée, la neutralisation de cette zone permettant de sortir par le haut du débat sur le tracé de cette frontière de fait.

Enfin, la déclaration du 27 avril 2018 souligne la nécessité de mettre en place un dialogue militaire régulier : 

Le Nord et le Sud sont convenus, en fonction de l’activation de la coopération, des échanges, du va-et-vient et des contacts entre eux, de prendre différentes mesures visant à les assurer sur le plan militaire.

En vue de résoudre sans délai par consultation les problèmes militaires surgis entre eux, le Nord et le Sud sont convenus d’ouvrir de fréquents pourparlers entre les autorités militaires, notamment entre ministres de la Défense, et, en premier lieu, des pourparlers militaires au rang de généraux dans le courant du mois de mai.

Par ailleurs, le dernier chapitre de la déclaration définit un objectif global de désarmement, et pas seulement nucléaire : 

Le Nord et le Sud sont convenus de procéder au désarmement par étape en fonction de l’atténuation de la tension militaire et de l’établissement de la confiance militaire effective entre eux.

Concrètement, cela signifierait non seulement une diminution des forces militaires conventionnelles, mais aussi une réduction du nombre de soldats - dont le principe a été posé à plusieurs reprises par le Nord. A terme, un tel engagement signifierait donc la fin de la conscription obligatoire, ce qui serait un changement considérable dans les sociétés nord et sud-coréennes.  

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 13:51

En franchissant la zone démilitarisée le 27 avril 2018 pour rencontrer le Président Moon Jae-in, le Président Kim Jong-un est devenu le premier dirigeant nord-coréen à se rendre au sud de la péninsule. Ce troisième sommet Nord-Sud est historique à plus d'un titre : pour la première fois, grâce aux efforts des Coréens eux-mêmes, les enjeux ont dépassé ceux des relations intercoréennes pour souligner l'impérieuse nécessité que tous les Coréens vivent enfin en paix. 

Historique

L'émotion était palpable lorsque les deux dirigeants coréens sont venus à la rencontre l'un de l'autre, sous le regard des caméras du monde entier. Afin de ne pas répéter les erreurs du passé, quand les précédents sommets intercoréens n'avaient pas empêché une détérioration ultérieure des relations Nord-Sud, le communiqué commun publié à l'issue de la rencontre a souligné la nécessité de rencontres régulières - alors qu'une ligne de communication directe avait par ailleurs été instaurée à la veille du sommet. D'ores et déjà, le Président Moon Jae-in devrait se rendre en République populaire démocratique de Corée à l'automne.

Premier objectif affirmé par le communiqué : mettre fin à la guerre et aux tensions qui, trop longtemps, ont endeuillé la péninsule coréenne après la fin des combats de la guerre de Corée (1950-1953). La signature d'un traité de paix, en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953, a été hautement affirmé, conjointement à la mise en place d'un système de sécurité collective ("un régime de paix permanent et solide"). Y parvenir nécessitera des échanges avec les Etats-Unis, la Chine et les autres parties au conflit.

Deuxième objectif : garantir la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Selon le communiqué, 

 

La Corée du Sud et la Corée du Nord confirment l’objectif commun d’obtenir, au moyen d’une dénucléarisation totale, une péninsule coréenne non nucléaire.

Historique

Troisième objectif : relancer la coopération et les échanges intercoréens. A cet égard, le communiqué conjoint du 27 avril 2018 a fixé au 15 août - jour de la libération de la Corée de l'occupation japonaise - de nouvelles réunions de familles séparées.

La Corée du Sud et la Corée du Nord ont décidé de poursuivre le programme de réunion des familles séparées à l’occasion du Jour de la libération nationale le 15 août cette année.

Les trois sujets de l'ordre du jour (paix, dénucléarisation, dialogue intercoréen) ont ainsi bien abouti à des avancées concrètes, obtenues en un temps record - à peine plus de 100 jours après la décision du Président Kim Jong-un d'une participation nord-coréenne aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Les administrations des deux pays ont travaillé sans relâche pour obtenir ces résultats remarquables.

L'Association d'amitié franco-coréenne se félicite de ces acquis, sur lesquels il convient maintenant de bâtir une feuille de route pour la paix et la réunification, tout en soulignant que le processus de dialogue sera long et parsemé de difficultés. Prochaine étape, et pas la plus simple : le sommet annoncé entre les Présidents Donald Trump et Kim Jong-un.

Historique

Sources : 

Déclaration de Panmunjom

pour la paix, la prospérité et la réunification de la péninsule coréenne

 

Le 27 avril 2018, à une période de haute signification marquée par le changement historique intervenu dans la péninsule coréenne, Kim Jong-un, Président du Comité des affaires d’Etat de la République populaire démocratique de Corée, et Moon Jae-in, Président de la République de Corée, ont, conformément à l’aspiration unanime de la nation entière à la paix, à la prospérité et à la réunification, tenu une conférence au sommet Nord-Sud dans le « Maison de la paix » à Panmunjom.

Les chefs suprêmes du Nord et du Sud ont déclaré solennellement aux 80 millions de Coréens et au monde entier qui n’y aura plus de guerre et qu’une époque nouvelle, époque de paix, est inaugurée dans la péninsule coréenne.

Suivant leur ferme volonté de mettre fin au plus tôt à la division et à l’affrontement de vieille date, legs de la guerre froide, d’ouvrir hardiment une époque nouvelle, époque de réconciliation nationale, de paix et de prospérité, d’améliorer et développer toujours plus activement les rapports Nord-Sud, les chefs suprêmes du Nord et du Sud ont déclaré, à Panmunjom, lieu historique, ce qui suit :

1. Le Nord et le Sud amélioreront et développeront sur tous les plans et de façon remarquable leurs rapports pour renouer les liens du sang coupés de la nation et hâter un avenir de prospérité commune et de réunification dans l’indépendance.

L’amélioration et le développement des rapports Nord-Sud sont le vœu unanime de la nation entière et une exigence urgente de l’époque qui ne souffre plus d’ajournement.

Le Nord et le Sud ont réaffirmé le principe d’indépendance nationale selon lequel notre nation doit décider elle-même de son destin et sont convenus d’appliquer en tous points les déclarations et tous les accords déjà adoptés entre eux pour inaugurer une phase de tournant au niveau de l’amélioration et du développement de leurs rapports.

Le Nord et le Sud ouvriront dans les meilleurs délais le dialogue et des négociations dans tous les domaines, dont des pourparlers à haut rang, pour prendre des mesures actives visant à appliquer les points convenus lors de la conférence au sommet.

Le Nord et le Sud sont convenus d’établir dans la zone de Kaesong le bureau commun de liaison Nord-Sud où les autorités des deux parties stationneront en permanence en vue d’une consultation étroite entre les autorités des deux parties, d’échanges et d’une coopération non gouvernementaux satisfaisants.

Le Nord et le Sud sont convenus d’activer une coopération, des échanges, le va-et-vient et des contacts dans différents domaines de toutes les couches sociales afin de favoriser l’atmosphère de réconciliation et d’union nationales.

Ils promouvront activement, sur le plan intérieur, à l’occasion des journées significatives pour le Nord comme pour le Sud, dont le 15 Juin, des festivités communes nationales avec la participation des autorités, des parlements, des partis politiques, des organisations d’autonomie régionale, des organisations non gouvernementales et de toutes les couches sociales, pour stimuler l’atmosphère de réconciliation et de coopération, et, sur le plan extérieur, participeront en commun aux compétitions internationales, dont les Jeux asiatiques 2018, pour démontrer au monde entier l’intelligence, le talent et l’union de la nation.

Le Nord et le Sud sont tombés d’accord pour s’attacher à régler d’urgence les problèmes humanitaires engendrés par la division nationale et pour ouvrir des pourparlers de la Croix-Rouge Nord-Sud en vue de résoudre par consultation les différents problèmes, dont les retrouvailles entre proches et parents dispersés.

Dans l’immédiat, des retrouvailles entre proches et parents dispersés auront lieu à l’occasion du 15 Août prochain.

Le Nord et le Sud sont convenus, en vue d’un développement équilibré de l’économie nationale et d’une prospérité commune, de promouvoir activement les points convenus dans la Déclaration du 4 Octobre et, en premier lieu, de prendre des mesures pratiques visant à relier les réseaux ferroviaires et routiers des côtes est et ouest, à les moderniser et à les mettre en fonctionnement.

2. Le Nord et le Sud s’attacheront en commun à atténuer la grave tension militaire et à éliminer effectivement le danger de guerre dans la péninsule coréenne.

La réduction de la tension militaire et l’élimination du danger de guerre dans la péninsule coréenne s’avèrent particulièrement importantes pour le destin de la nation et cruciales pour une vie pacifique et stable des Coréens.

Le Nord et le Sud sont convenus de cesser sur tous les plans, notamment sur terre, sur mer et dans l’air, tous genres d’actes d’hostilité l’un à l’égard de l’autre de nature à provoquer une tension et un conflit militaire.

Dans l’immédiat, ils sont convenus de cesser à partir du 1er mai l’émission par haut-parleur et l’épandage de tracts et tous les autres actes d’hostilité dans les parages de la ligne de démarcation militaire, d’en supprimer les moyens correspondants et de transformer la zone démilitarisée en une zone de paix réelle.

Le Nord et le Sud sont convenus de prendre des mesures effectives visant à convertir les parages de la « limite nord » de la mer de l’Ouest en zone de paix pour prévenir des conflits militaires éventuels et à permettre une pêche en sûreté.

Le Nord et le Sud sont convenus, en fonction de l’activation de la coopération, des échanges, du va-et-vient et des contacts entre eux, de prendre différentes mesures visant à les assurer sur le plan militaire.

En vue de résoudre sans délai par consultation les problèmes militaires surgis entre eux, le Nord et le Sud sont convenus d’ouvrir de fréquents pourparlers entre les autorités militaires, dont ceux avec ministre des Forces armées populaires, et, en premier lieu, des pourparlers militaires au rang de généraux dans le courant du mois de mai.

3. Le Nord et le Sud collaboreront activement à l’instauration d’un système de paix permanent et durable dans la péninsule coréenne.

Mettre un terme à l’état d’armistice anormal actuel dans la péninsule coréenne et y installer un système de paix durable sont une tâche historique qui ne souffre plus de retard.

Le Nord et le Sud ont réaffirmé leur accord de non-agression stipulant la non-emploi de toute forme de force armée pour convenir de le respecter rigoureusement.

Le Nord et le Sud sont convenus de procéder au désarmement par étape en fonction de l’atténuation de la tension militaire et de l’établissement de la confiance militaire effective entre eux.

Le Nord et le Sud sont convenus de promouvoir activement l’ouverture de pourparlers tripartites entre le Nord, le Sud et les Etats-Unis ou de pourparlers quadripartites entre le Nord, le Sud, la Chine et les Etats-Unis en vue de proclamer la fin de la guerre cette année marquée par le 65anniversaire de la conclusion de l’accord d’armistice, de convertir celui-ci en un accord de paix et d’instaurer un système de paix permanent et durable.

Le Nord et le Sud ont confirmé l’objectif commun d’aboutir à une péninsule coréenne sans armes nucléaire grâce à une dénucléarisation complète.

Le Nord et le Sud ont partagé l’avis que les mesures actives prises par le Nord revêtent une importance considérable pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne et sont convenus de s’acquitter chacun de ses responsabilités et de son rôle.

Le Nord et le Sud se sont accordés pour s’attacher à s’assurer du soutien et de la coopération de la communauté internationale pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Les chefs suprêmes du Nord et du Sud sont convenu de discuter sérieusement et fréquemment des problèmes majeurs de la nation à travers des conférences régulières et par des liaisons téléphoniques directes, d’approfondir ainsi la confiance mutuelle et de travailler ensemble à élargir davantage la tendance favorable au développement durable des rapports Nord-Sud, à la paix, à la prospérité et à la réunification de la péninsule coréenne.

Dans l’immédiat, le Président Moon Jae-in visitera Pyongyang en automne de l’année courante.

 

Panmunjom, le 27 avril 2018

Kim Jong-un

Président du Comité des affaires d'Etat

de la République populaire démocratique de Corée

Moon Jae-in

Président

de la République de Corée

 

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 20:14

Le sommet entre les Présidents Moon Jae-in et Kim Jong-un, qui se tiendra à Panmunjeom le 27 avril 2018, sera historique à plus d'un titre. Pour la première fois, une rencontre intercoréenne au sommet aura lieu non pas dans la moitié nord de la Corée, mais dans la zone démilitarisée (DMZ), et du côté sud - si bien que ce devrait être le président sud-coréen, originaire du nord de la Corée, qui accueillera son homologue du nord. Par ailleurs, le choix de la DMZ est hautement symbolique, devant permettre de dépasser la séparation entre les deux Etats coréens en consacrant la DMZ comme une zone de paix dans le cadre d'un dialogue non seulement vers la réunification, mais aussi vers la dénucléarisation et la paix dans la péninsule coréenne. C'est d'ailleurs ce triptyque qui forme l'ordre du jour de la rencontre : dénucléarisation de la Corée (et pas seulement de la moitié nord) ; discussions sur l'établissement d'un régime de paix permanent, en lieu et place de l'accord d'armistice ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée, le 27 juillet 1953 (et auquel la République de Corée n'était d'ailleurs pas partie) ; mesures concrètes pour améliorer les relations intercoréennes, laissant envisager l'adoption d'une troisième déclaration conjointe après celles du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007

J-3 : derniers préparatifs avant le sommet historique Moon Jae-in - Kim Jong-un

Les gestes de bonne volonté sont manifestes de part et d'autre : alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé la suspension de ses essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux, la République de Corée (Corée du Sud) a décidé de suspendre ses hauts parleurs diffusant des messages de propagande et de la pop musique à la frontière avec le Nord. Enfin, les deux parties ont mis en place, d'un commun accord, une ligne de communication directe entre leurs dirigeants.

Les préparatifs du sommet du 27 avril vont tellement bon train qu'une dernière rencontre préparatoire de haut niveau n'est pas apparue nécessaire.

Dans l'attente du menu des discussions, la presse sud-coréenne s'est intéressé au dîner des deux présidents : à l'ordre du jour figureront les nouilles froides (naengmyon au Sud ou raengmyon au Nord, la différence orthographique traduisant la différence d'accent et de prononciation), spécialité de Pyongyang, qui seront préparées par le chef de l'un des meilleurs restaurants de la capitale nord-coréenne, Okryugwan, tandis que plusieurs plats rappelleront symboliquement les anciens présidents sud-coréens Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, qui avaient rencontrés le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il en 2000 et 2007 : 

Les «naengmyeon» seront accompagnés de «pyeonsu», raviolis froids farcis de maigre et de concombre de mer pêchés au large de l’île de Gageo, située dans le sud-ouest du pays, où est né l’ancien président Kim Dae-jung, Prix Nobel de la paix 2000. Le riz qui sera servi sera un produit bio du village de Bonghwa, dans la province du Gyeongsang du Sud, d’où est originaire l’ancien président Roh Moo-hyun.

Les deux défunts présidents ont rencontré l'ancien numéro un nord-coréen Kim Jong-il pendant les sommets intercoréens de 2000 et de 2007, respectivement.

Si la plus grande discrétion est de mise sur les résultats attendus du sommet, celui-ci abordera pour la première fois ouvertement, dans un cadre Nord-Sud, la question de la sécurité collective et de la paix dans la péninsule coréenne, avant le sommet prévu entre les présidents Kim Jong-un et Donald Trump. Indice supplémentaire que le contexte international est bien au dialogue, le Premier ministre japonais Shinzo Abe vient d'exprimer son souhait de rencontrer le Président Kim Jong-un. Après que les deux Corée ont repris en mains elles-mêmes leur destin, sans ingérence extérieure, lors des Jeux olympiques de Pyeongchang, la demande japonaise que la République de Corée appuie cette proposition de sommet Japon - RPDC est significative non seulement de l'affirmation du Président Kim Jong-un comme acteur diplomatique majeur, mais aussi du rôle incontournable que joue désormais le Président Moon Jae-in pour les questions diplomatiques et de sécurité autour de la péninsule coréenne.

Sources : 

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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 12:39

A une semaine du troisième sommet intercoréen prévu le 27 avril 2018, Moon Jae-in, Président de la République de Corée (Corée du Sud), a donné une conférence de presse au cours de laquelle il a lié ce sommet et la rencontre entre les Présidents Donald Trump et Kim Jong-un, envisagée (dans une date et en un lieu encore à confirmer) fin mai ou début juin 2018. La perspective est celle d'un accord global autour de la péninsule coréenne, qui lierait la dénucléarisation de la péninsule et la conclusion d'un traité de paix - alors que la guerre de Corée s'est terminée par un simple accord d'armistice.

Le Président Moon Jae-in, lors d'une conférence de presse à la Maison Bleue le 19 avril 2018

Le Président Moon Jae-in, lors d'une conférence de presse à la Maison Bleue le 19 avril 2018

Si les hypothèses vont bon train sur les enjeux et les conclusions à attendre des deux sommets à venir (Corée du Nord-Corée du Sud et Corée du Nord-Etats-Unis), un intense cycle de négociations diplomatiques a commencé - les délais étant rapprochés - comme en a d'ailleurs témoigné la visite à Pyongyang, du 30 mars au 1er avril, de Mike Pompeo, directeur de la CIA récemment nommé secrétaire d'Etat par le Président Donald Trump, où il a eu un échange avec le Président Kim Jong-un. Son déplacement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a confirmé du même coup que les discussions sont menées par le canal des services de renseignement (et non par la voie diplomatique), ce qui est habituel s'agissant des relations intercoréennes, moins classique pour la diplomatie américaine, y compris en ce qui concerne la péninsule coréenne.

Lors de la conférence de presse qu'il a donnée à la Maison Bleue à une semaine du troisième sommet intercoréen, le Président Moon Jae-in a clairement observé que cette rencontre s'inscrivait dans un cycle plus global, dont les résultats devraient être appréciés à l'issue du sommet entre les présidents Kim Jong-un et Donald Trump :

Nous ne parlerons de dialogue fructueux que lorsque le tout premier sommet nord-coréano-américain aura eu lieu, et pas seulement le sommet Sud-Nord (...) Nous aurons besoin d'idées audacieuses et de solutions créatives pour réussir les deux sommets et ne pas répéter les erreurs du passé.

Quand il évoque la nécessité selon lui de "ne pas répéter les erreurs du passé", le Président Moon Jae-in parle manifestement du besoin qu'il n'y ait pas deux lignes diplomatiques parallèles, conduites par Séoul et Washington. Ainsi, les objectifs attendus des deux sommets sont imbriqués, et ils lient dénucléarisation de la péninsule, conclusion d'un accord de paix, relance des relations intercoréennes et (il est important de souligner que ces questions sont présentées comme une conséquence des trois premières) levée des sanctions contre la RPD de Corée et normalisation des relations entre Pyongyang et Washington d'une part, Pyongyang et Tokyo d'autre part , dessinant ainsi la perspective d'un accord global :

Si la dénucléarisation est conclue lors des sommets Sud-Nord et Corée du Nord-Etats-Unis, il ne sera pas très difficile de se mettre d’accord en principe sur un cadre large comme l'établissement d'un régime de paix, la normalisation des relations Corée du Nord-Etats-Unis et une aide internationale pour le développement économique du Nord (...) Les relations Sud-Nord pourront se développer lorsque la question nucléaire nord-coréenne sera résolue et que les sanctions internationales seront levées. Nous sommes dans une situation où nous ne pouvons pas améliorer les relations Séoul-Pyongyang uniquement sur la base d'un dialogue réussi entre le Sud et le Nord. Les relations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis doivent également être améliorées et celles Pyongyang-Tokyo aussi. Les rapports Sud-Nord pourront s’améliorer quand tous ces problèmes seront réglés.

Donald Trump ne semble pas être sur une autre ligne, qui a confirmé la rencontre entre Mike Pompeo et le Président Kim Jong-un, a rappelé que cinq lieux étaient à l'étude pour le sommet avec Kim Jong-un (dont probablement Pyongyang, Washington et la zone démilitarisée) et a aussi observé l'importance, lui aussi, de conclure un traité de paix :

Mike Pompeo a rencontré Kim Jong-un en Corée du Nord la semaine dernière. La rencontre s’est bien déroulée et une bonne relation s’est établie. Les détails du sommet sont à l’étude (...) Nous envisageons cinq lieux (...) Je crois vraiment qu’il y a beaucoup de bonne volonté. Nous verrons ce qu’il advient, comme je dis toujours. Car à la fin, c’est le résultat qui compte. (...) La Corée du Sud a des projets de rencontre avec la Corée du Nord pour voir s’ils peuvent mettre fin à la guerre. Et ils ont ma bénédiction à ce sujet (...) les gens n’ont pas conscience que la guerre de Corée ne s’est pas terminée.

Toutefois, la partie américaine a été prudente quant aux modalités de concrétisation des engagements de la République populaire démocratique de Corée sur sa dénucléarisation, laissant clairement entendre que le sommet Etats-Unis - Corée du Nord devrait conduite à l'adoption d'une feuille de route en posant des principes, dont les détails (cruciaux) devraient ensuite être précisés. Dans ce contexte, il faudra donc que chacun fasse des avancées simultanément, conformément au principe "action contre action" qui a toujours prévalu dans les échanges diplomatiques sur la question coréenne, notamment lors des pourparlers à quatre (les deux Corée, les Etats-Unis et la Chine) puis à six parties (les mêmes, plus la Russie et le Japon).

Sources :

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