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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 12:54

Il est des symboles lourds de sens : Kim Jong-un, Président de la Commission des Affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée, a accueilli personnellement à l'aéroport Moon Jae-in, Président de la République de Corée, lors de son arrivée le 18 septembre 2018 à l'occasion de la troisième rencontre au sommet entre les deux hommes d'Etat (et de la première dans la capitale nord-coréenne), après leurs rencontres à Panmunjom, le 27 avril 2018 et le 26 mai 2018. Le sommet inter-coréen doit se poursuivre jusqu'au 20 septembre. Ensuite, le Président Moon Jae-in a eu, au cours de l'après-midi, son premier entretien avec le Président Kim Jong-un au siège du Comité central (CC) du Parti du travail de Corée (PTC). Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, "c'est la première fois que Kim accueille un dirigeant étranger dans ce haut lieu, a noté le conseiller [sud-coréen] aux relations publiques, Yoon Young-chan".

Sommet intercoréen : Kim Jong-un accueille Moon Jae-in à l'aéroport et le reçoit au siège du Comité central du PTC

C'est bien une relation d'homme d'Etat à homme d'Etat qui s'est établie entre les deux dirigeants coréens. Alors que le développement des échanges inter-coréens contraste avec le coup d'arrêt actuel dans les relations entre Washington et Pyongyang, toujours selon l'agence sud-coréenne Yonhap, le Président Kim Jong-un aurait remercié le Président Moon jae-in :

Les relations Nord - Sud, Nord - Etats-Unis se sont améliorées. Le président Moon a apporté son aide pour initier les discussions Corée du Nord - Etats-Unis.

Un des thèmes de discussion sera de savoir si les Américains s'engageront - enfin - à apporter des précisions sur les garanties de sécurité et de non-agression attendues par la RPD de Corée, en contrepartie de son processus de dénucléarisation. A la veille du départ du Président Moon Jae-in, les ministres des Affaires étrangères américain et sud-coréen s'étaient d'ailleurs entretenus par téléphone.

S'agissant du volet des échanges inter-coréens, la présence d'une importante délégation de chefs d'entreprise (dont les dirigeants des quatre principaux conglomérats du pays) aux côtés du Président Moon est significative - mais la reprise des relations économiques Nord-Sud est subordonnée à un assouplissement des sanctions, ce que refuse jusqu'à présent Washington.

En tout état de cause, en reprenant directement en mains leur destin, les dirigeants des deux Etats coréens signalent leur volonté d'aller de l'avant sur la voie de la réunification pacifique, sans ingérence étrangère - alors qu'il faudra probablement attendre la fin du sommet pour disposer publiquement des premiers engagements pris lors de ce troisième sommet inter-coréen se tenant à Pyongyang, après ceux de juin 2000 et octobre 2007 qui avaient l'un et l'autre abouti à la signature de déclarations conjointes majeures Nord-Sud.

Sommet intercoréen : Kim Jong-un accueille Moon Jae-in à l'aéroport et le reçoit au siège du Comité central du PTC

Sources :

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 20:46

Le 9 septembre 2018 a été célébré le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée. A cette occasion, une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était présente en RPD de Corée - et un compte rendu de son déplacement sera publié prochainement. Les cérémonies - une fois encore grandioses - ont mis l'accent sur la volonté de dialogue de Pyongyang, à la veille par ailleurs du sommet inter-coréen qui se tiendra à Pyongyang du 18 au 20 septembre 2018. L'offensive diplomatique en cours se caractérise aussi par le nombre et le niveau des délégations qui étaient présentes aux cérémonies de commémoration à Pyongyang.

Le Président Kim Jong-un, lors de la cérémonie d'ouverture des nouveaux jeux gymnastiques de masse, le 9 septembre 2018

Le Président Kim Jong-un, lors de la cérémonie d'ouverture des nouveaux jeux gymnastiques de masse, le 9 septembre 2018

Une parade militaire et civile le matin du 9 septembre, puis le soir la première représentation du nouveau spectacle de gymnastique de masse intitulé "La patrie brillante" et le lendemain soir un défilé aux flambeaux : le programme des célébrations a été conforme à un scénario bien huilé, les prouesses techniques atteignant de nouveaux sommets - notamment lors du défilé aux flambeaux sur la place Kim Il-sung, qui a été combiné avec le recours à des éléments colorés formant des motifs géants, dans la tradition des mouvements d'ensemble, ainsi qu'à des feux d'artifice et des jets d'eau.

Fondation de la RPD de Corée : Pyongyang à l'offensive diplomatique
Fondation de la RPD de Corée : Pyongyang à l'offensive diplomatique
Fondation de la RPD de Corée : Pyongyang à l'offensive diplomatique
Fondation de la RPD de Corée : Pyongyang à l'offensive diplomatique

Cependant, le contenu même des cérémonies a envoyé un message sans ambiguïté sur la volonté de Pyongyang d'approfondir le dialogue - tant vis-à-vis des Etats-Unis (en l'absence remarquée, cette année, de présentation des missiles balistiques intercontinentaux lors du défilé, l'accent étant mis sur les armes défensives, et il n'y pas eu davantage de mention des armes nucléaires lors du spectacle de gymnastique de masse) que de la République de Corée - l'apparition sur écran géant de l'image du Président Kim Jong-un étant combinée à celle du Président Moon Jae-in, à Panmunjom le 27 avril 2018, si bien que ce sont bien les deux chefs d'Etat qui ont alors été applaudis.

Au-delà de la forte portée symbolique des messages des cérémonies de célébration, les autorités nord-coréennes sont à l'initiative pour relancer le processus avec les Etats-Unis engagé lors du sommet historique entre les Présidents Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour, le 12 juin 2018 : le Président Kim Jong-un a écrit au chef d'Etat américain pour lui proposer une deuxième rencontre. S'agissant des relations inter-coréennes, le progrès le plus marquant a été l'inauguration à Kaesong, le 14 septembre 2018, du bureau de liaison qui constituera un canal d'échanges permanent Nord-Sud, concrétisant l'un des engagements pris lors de la déclaration du Panmunjom du 27 avril 2018. A la veille des cérémonies du 9 septembre, le Président Kim Jong-un avait reçu
une délégation spéciale du Président Moon Jae-in conduite par Chung Eui-yong, chef du Bureau de la sécurité nationale à la présidence de la République de Corée.

Pour autant, la RPD de Corée ne néglige pas ses relations avec ses autres partenaires, dont beaucoup étaient représentés au niveau gouvernemental lors des cérémonies de commémoration de la fondation de la République :
- aux côtés du dirigeant nord-coréen se trouvait
Li Zhanshu, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central (CC) du Parti communiste chinois (PCC) et président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de la République populaire de Chine (RPC), en visite en qualité de délégué spécial de Xi Jinping, Secrétaire général du CC du PCC et Président de la RPC ; le Président Kim Jong-un a organisé une
représentation artistique et un banquet en l'honneur de la délégation chinoise ;
- la Russie était représentée par Valentina Matvienko, Présidente du Conseil de la Fédération de Russie, en visite officielle en RPD de Corée ;
- une délégation du Parti et de l'Etat cubains était conduite par Salvador Antonio Valdes Mesa, premier vice-président de Cuba, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste de Cuba ;
-
Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la Mauritanie, était également présent à Pyongyang pour les cérémonies de commémoration.

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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 20:57

Du 20 au 22 août 2018 puis du 24 au 26 août, des centaines de membres de familles coréennes séparées de part et d'autre du trente-huitième parallèle se retrouvent dans les monts Kumgang, au nord de la péninsule. La déclaration de Panmunjom, signée lors du sommet inter-coréen du 27 avril 2018 entre les présidents Kim Jong-un et Moon Jae-in, avait prévu ces nouvelles rencontres - riches en émotions - entre des parents et des enfants, des frères et des sœurs, ou entre des cousins sans aucune possibilité de communiquer ou d'échanger entre eux depuis plus de 65 ans. Les autorités sud-coréennes envisagent la possibilité d'organiser ces rencontres sur une base régulière, alors que beaucoup des personnes qui s'étaient inscrites pour revoir une dernière fois leurs proches sont hélas aujourd'hui décédées. Benoît Quennedey, président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), a été invité aux journaux télévisés de France 24, le 20 août 2018, pour évoquer ces réunions, sur la chaîne francophone (à 20h) puis sur la chaîne anglophone (20h30). Nous rendons compte ci-après de son entretien sur le canal francophone de la chaîne internationale.

Lee Keum-som (Sud, 92 ans) retrouve son fils Ri Sang-chol (Nord, 71 ans)

Lee Keum-som (Sud, 92 ans) retrouve son fils Ri Sang-chol (Nord, 71 ans)

Le journaliste Mathieu Cavada (MC) commence l'entretien en demandant si cette séparation des familles est un traumatisme profond.

Benoît Quennedey (BQ) : C’est la 20e rencontre depuis le début des années 2000 et la première depuis octobre 2015. Pendant près de sept décennies ces familles ont été complètement séparées, aucun moyen de communication n’étant possible entre leurs membres

MC : Combien de personnes sont séparées ?

BQ : Au sud on comptait plus de 100 000 personnes concernées par la séparation ayant demandé à revoir un membre direct de leur famille dans le cadre des réunions de familles séparées, mais si l'on inclut toutes les familles ayant un proche direct de l'autre côté de la zone démilitarisée (parents/enfants, frères/sœurs) cela représente au bas mot des millions de personnes, sans parler évidemment des relations amicales ou des voisins. L’absence totale de communications amène à des surprises, ainsi une femme pasteur sud-coréenne vivant en France a découvert que sa sœur, vivant au Nord, était l'équivalent chez nous d’Edith Piaf.

MC : Il n’y a pas beaucoup d’intimité dans ces retrouvailles, tout se passe devant des caméras.

BQ : Il y a aussi, pendants ces retrouvailles de deux fois trois jours, des moments de rencontre dans des salons ou des chambres d'hôtel de façon plus intime et sans la présence des caméras. Auparavant il s'agissait plutôt de rencontres entre frères et sœurs et entre parents et enfants, maintenant c'est souvent entre cousins. Bien sûr que c’est un choc de se retrouver ainsi et cela même peut être douloureux. Il faut aussi éviter d’aborder des sujets polémiques tels que la politique.

MC : Est-ce qu’ils reconnaissent leurs proches ?

BQ : La presse rapporte le cas d’une mère de 92 ans séparée de son enfant qui avait 5 ans… En plus de cette difficulté il y a les distances physiques, ou encore vestimentaires, créées par la division du pays. Par contre les mots restent les mêmes avec quelques anglicismes au Sud et russismes au Nord, nonobstant le sentiment d’avoir conservé la pureté de la langue au Nord.

MC : Cette rencontre n’est-elle pas pour Kim Jong-un un moyen de faire diversion alors que la dénucléarisation n’avance pas ?

BQ : Le processus de dénucléarisation est un processus de longue durée, où tant les Etats-Unis que la Corée du Nord attendent des gestes de l'autre partie. Ces rencontres entre familles séparées marquent déjà la force du rapprochement en cours Nord-Sud et sont vécues par les deux parties divisées de la Corée comme un processus d'abord humanitaire.

 

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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 13:21

Le 18 août 2018, les athlètes nord et sud-coréens ont défilé ensemble, sous le drapeau de la Corée réunifiée, lors de la cérémonie d'ouverture des dix-huitièmes Jeux asiatiques d'été (Asiad) au stade Gelaro Bung Karno, à Jakarta, en Indonésie. C'était la onzième fois que les Coréens marchaient ensemble lors de l'ouverture d'une compétition sportive internationale - et la deuxième fois cette année après les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang. Alors que des équipes conjointes ont été constituées dans plusieurs disciplines, les Jeux asiatiques apparaissent comme une nouvelle manifestation du rapprochement Nord-Sud dans le domaine sportif - aujourd'hui à la pointe de la reprise des échanges inter-coréens. 

Rapprochement sportif inter-coréen : émotion et fierté lors du défilé conjoint en ouverture des Jeux asiatiques

Avec un millier d'athlètes, les Coréens - du Nord et du Sud - sont la nation la plus fortement représentée aux 18e Jeux asiatiques, devant l'Indonésie et la Chine - mais si l'on compte séparément les Nord et les Sud-Coréens, les Sud-Coréens n'arrivent qu'en troisième place. 

Non seulement les objectifs en termes de médailles sont une fois encore élevés (pour mémoire, aux précédents Jeux asiatiques, à Incheon, en 2014, la Corée du Sud s'était classée deuxième au tableau des médailles, avec 79 médailles d'or, 70 médailles d'argent et 79 médailles de bronze, et la Corée du Nord septième avec 11 médailles d'or, 11 médailles d'argent et 14 médailles de bronze), mais la constitution d'équipes conjointes inter-coréennes donnent un fort contenu politique et diplomatique à cette compétition : les trois sports concernés sont le basketball féminin, l'aviron (dans trois épreuves) et les courses de bateau-dragon, un sport nautique d'équipe propre à l'Asie qui utilise une pirogue appelée bateau-dragon. Le bateau de l'équipe masculine (qui participera aux épreuves sur 200 m, 500 m et 1 000 m) a été baptisé du nom de Taedong, le fleuve qui arrose Pyongyang, et celui de l'équipe féminine (qui concourra sur les distances de 200 m et 500 m), Hangang, le fleuve qui baigne Séoul.

C'est ainsi sous les acclamations de soutiens venus de toute la Corée que les athlètes ont défilé ensemble, tandis que le Premier ministre sud-coréen Lee Nak-yeon et le vice-Premier ministre nord-coréen Ri Ryong-nam se levaient ensemble, en se tenant par la main et en levant les bras au ciel, lorsque sont apparus les sportifs du Pays du matin calme.

Le Premier ministre sud-coréen Lee Nak-yeon (à gauche) et le vice-Premier ministre nord-coréen Ri Ryong-nam, lors de l'ouverture des Jeux asiatiques, le 18 août 2018

Le Premier ministre sud-coréen Lee Nak-yeon (à gauche) et le vice-Premier ministre nord-coréen Ri Ryong-nam, lors de l'ouverture des Jeux asiatiques, le 18 août 2018

Alors que lors du défilé d'ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, le porte-drapeau masculin était un Sud-Coréen plus âgé (Won Yun-jong, né en 1985) et la porte-drapeau une Nord-Coréenne plus jeune (Hwang Chung-gum, née en 1995), pour les Jeux asiatiques de Jakarta-Palembang les deux porte-drapeaux de la Corée étaient cette fois un Nord-Coréen plus jeune (Ju Kyong-chol, footballeur né en 1997) et une Sud-Coréenne plus âgée (Lim Yung-hui, née en 1980, capitaine de l'équipe de basketball dont elle est la doyenne, et qui comprend aussi des Nord-Coréennes). La Corée a été la quinzième équipe à entrer dans le stade, tandis que retentissait le chant Arirang, pièce maîtresse du patrimoine folklorique commun à toute la péninsule.

La basketteuse Lim Yung-hui (Sud) et le footballeur Ju Kyong-chol (Nord), porte-drapeaux de l'équipe coréenne unifiée lors de la cérémonie d'ouverture

La basketteuse Lim Yung-hui (Sud) et le footballeur Ju Kyong-chol (Nord), porte-drapeaux de l'équipe coréenne unifiée lors de la cérémonie d'ouverture

D'autres événements sportifs inter-coréens récents montrent qu'il s'agit d'un des domaines où la coopération Nord-Sud est la plus florissante : après la victoire de l'équipe mixte inter-coréenne lors de l'Open de Corée, le 21 juillet 2018 à Daejeon, des jeunes footballeurs sud-coréens ont participé du 13 au 18 août 2018 à un tournoi international des moins de 15 ans (U15) à Pyongyang réunissant également des joueurs biélorusses, chinois, ouzbeks et russes, et des matchs de football inter-coréens ont eu lieu à Séoul, le 11 août 2018, entre les travailleurs des deux pays. A cette occasion, la délégation nord-coréenne s'est rendu sur la tombe de Jeon Tae-il, ouvrier du textile s'étant immolé par le feu en 1970 pour dénoncer les conditions du travail alors en vigueur dans le sud de la Corée. 

Principales sources : 

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 11:47

Le 15 août, jour de la libération de la Corée de la colonisation japonaise (1910-1945), est célébré dans les deux parties de la péninsule divisée. Au Sud, il s'agit également de la fête nationale : le 15 août 2018, à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation de la République de Corée proclamée le 15 août 1948, le Président Moon Jae-in a prononcé un discours au Musée national de Corée à Yongsan, à Séoul, où il a souligné la nécessité de surmonter la division nationale, en observant que  "même si l'unification politique est encore bien loin de nous, établir la paix entre le Sud et le Nord, visiter librement les deux [parties divisées de la Corée] et former une communauté économique conjointe seraient une véritable libération pour nous [Coréens]". Cette thématique de la libération totale de la Corée en mettant fin à la séparation et à la division est partagée avec la République populaire démocratique de Corée, alors que la tenue du troisième sommet inter-coréen à Pyongyang vient d'être annoncée d'ici fin septembre 2018. 

Le Président Moon Jae-in, le 15 août 2018

Le Président Moon Jae-in, le 15 août 2018

Pour fonder le sentiment de communauté nationale, certaines références sont incontournables. Pour les Coréens, le combat pour l'indépendance est rappelé lors de la célébration de la libération, le 15 août. Dans son discours du 15 août 2018, prononcé symboliquement à Yongsan qui a été pendant 114 ans une base militaire japonaise puis américaine en plein coeur de Séoul (cet emplacement doit désormais devenir un parc à vocation écologique), le Président Moon Jae-in a mis l'accent sur la lutte des femmes dans le combat pour la restauration de la souveraineté nationale : 

Même si les femmes subissaient de fortes discriminations tant en raison du système patriarcal que des inégalités économiques et sociales, elles se sont engagées dans le mouvement pour l'indépendance avec une indomptable volonté.

La travailleuse Kang Ju-ryong de l'Usine de caoutchouc Pyeongwon à Pyongyang a lancé un mouvement de protestation sur le toit du Pavillon Eulmildae, haut de 12 mètres, pour dénoncer les réductions unilatérales de salaires par le Japon impérialiste en 1931. Elle a crié pour la libération des femmes et la libération du travail.

A cette époque, les salaires des travailleurs coréens représentaient moins de la moitié de ceux des travailleurs japonais, et les travailleuses coréennes gagnaient elles-mêmes moins de la moitié de ce que percevaient leurs collègues masculins. Sa résistance acharnée a conduit à sa mort deux mois après sa libération de prison. Elle a été décorée à titre posthume, en 2007, de la médaille patriotique, dans le cadre de l'Ordre du Mérite pour la Fondation nationale.

En 1932, Gujwa-eup sur l'île de Jeju a été l'épicentre d'un combat par les plongeuses anti-japonaises lancé par cinq femmes : Ko Cha-dong, Kim Gye-seok, Kim Ok-nyeon, Bu Deok-nayng et Bu Chun-hwa. Le mouvement de lutte anti-japonais s'est étendu à près de 800 plongeuses, et quelque 17 000 femmes ont participé à 238 rassemblements pendant trois mois. Aujourd'hui, un monument au mouvement anti-japonais des plongeuses de l'île de Jeju a été dressé à Gujwa-eup.

Depuis le Jour de la Libération l'an dernier, le gouvernement a identifié 202 combattantes indépendantistes et leurs noms figurent fièrement dans l'histoire de la Libération. Parmi elles, 26 patriotes ont été distinguées en recevant aujourd'hui des honneurs et des décorations. Les autres continueront d'être honorées.

Tous les efforts pour la Libération recevront le crédit et l'estime qu'ils méritent. Le gouvernement continuera d'identifier davantage de combattants du mouvement pour l'indépendance sans discrimination fondée sur le genre ou le rôle qu'ils ont joué. Je suis convaincu que la complète mise à jour de l'histoire inconnue du mouvement d'indépendance et des militants pour l'indépendance marquera l'accomplissement d'une nouvelle libération.

Revenant par ailleurs sur les progrès accomplis depuis sept mois dans le dialogue entre les différentes parties impliquées dans la péninsule coréenne, le Président Moon Jae-in a rappelé l'alliance américano-sud-coréenne et fait une mention particulière des efforts accomplis par la Chine de Xi Jinping et l'Allemagne d'Angela Merkel. Il a aussi souligné que la paix, allant de pair avec la dénucléarisation de la péninsule, figurerait à l'ordre du jour du sommet de Pyongyang, en septembre 2018, ainsi que le développement des échanges Nord-Sud, sur la base de la déclaration de Panmunjom du 27 avril 2018 : 

Je visiterai Pyongyang le mois prochain en portant les voeux du peuple (coréen]. Nous, les deux dirigeants, confirmerons la mise en oeuvre de la Déclaration de Panmunjom et ferons un pas décisif vers la déclaration de la fin de la guerre de Corée et la signature d'un traité de paix, ainsi que la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne.

A cet égard, pour lever notamment les réticences d'une partie de l'opinion publique, en Corée du Sud et à l'étranger, quant au coût supposé de la réunification, le président sud-coréen a mis en avant les bénéfices économiques à attendre de la formation d'une communauté économique inter-coréenne, en citant explicitement l'exemple de la construction européenne : 

Selon une étude effectuée par un think tank public, l'impact économique de la coopération économique entre le Sud et le Nord devrait atteindre 170.000 milliards de wons (150 milliards de dollars) sur les 30 prochaines années.

Selon le Président Moon Jae-in, les bénéfices proviendront notamment du rétablissement des liaisons ferroviaires inter-coréennes, de l'exploitation de certaines ressources naturelles et de la reprise des activités des zones économiques de Kaesong et des Monts Kumgang.

Il s'agit d'une feuille de route ambitieuse, dont la mise en oeuvre dépend de la volonté des différentes parties et, s'agissant du projet économique, de la levée de sanctions économiques qui tuent les populations. 

Sources : 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 21:09

A l'issue d'une rencontre entre délégations nord et sud-coréennes de haut niveau le 13 août 2018 dans la zone démilitarisée, les deux parties ont convenu - dans un communiqué de presse conjoint - de l'organisation d'un troisième sommet inter-coréen à Pyongyang (après ceux de juin 2000 et d'octobre 2007) d'ici fin septembre 2018 - à une date plus précise restant donc à confirmer publiquement. Après les deux rencontres au sommet entre les Présidents Kim Jong-un et Moon Jae-in les 27 avril et 26 mai 2018, il s'agit de la mise en oeuvre d'un des engagements pris dans le cadre de la déclaration de Panmunjom du 27 avril 2018 (laquelle ne parlait toutefois d'une visite du président sud-coréen à Pyongyang qu' "à l'automne", sans davantage de précisions), témoignant de la reprise concrète des échanges Nord-Sud - qui s'est d'ores et déjà concrétisée par la participation commune à des événements sportifs et culturels (dans les prochains jours, les athlètes des deux parties de la Corée défileront ensemble aux Jeux asiatiques et formeront des équipes communes dans plusieurs disciplines) et la reprise attendue, fin août, des réunions de familles séparées de part et d'autre du trente-huitième parallèle. 

Poignée de mains entre les chefs des deux délégations : pour le Nord (à gauche), Ri Son-gwon, Président du Comité pour la réunification pacifique du pays ; pour le Sud (à droite), Cho Myoung-gyon, ministre de la Réunification

Poignée de mains entre les chefs des deux délégations : pour le Nord (à gauche), Ri Son-gwon, Président du Comité pour la réunification pacifique du pays ; pour le Sud (à droite), Cho Myoung-gyon, ministre de la Réunification

Est-ce le début d'un processus d'institutionnalisation de rencontres au sommet régulières entre le Nord et le Sud ? Le Président Moon Jae-in en avait émis le souhait, et de fait - alors qu'il n'est encore qu'au début de son mandat présidentiel de cinq ans, commencé il y a quinze mois - il aura rencontré plus souvent le dirigeant suprême nord-coréen, le Président Kim Jong-un (trois fois en six mois) que tous ses prédécesseurs, sur une durée pourtant beaucoup plus longue (deux rencontres en près de 70 ans). En relations internationales, des réunions régulières (comme les sommets du G7/G8) permettent en effet d'aborder au plus haut niveau des sujets d'intérêt commun, d'arrêter des priorités et de prendre des décisions communes.

Le troisième sommet inter-coréen à Pyongyang devrait ainsi être d'abord l'occasion de préciser la feuille de route des échanges inter-coréens, telle que définie lors de la déclaration de Panmunjom le 27 avril 2018. La partie Nord a manifesté des attentes face à ce qu'elle perçoit comme des atermoiements du Sud - en particulier dans le domaine économique, où la reprise des échanges - notamment le redémarrage de la zone économique de Kaesong - est entravée par les sanctions internationales prises à l'encontre de la République populaire démocratique de Corée. En effet, si les autorités sud-coréennes ont envisagé la possibilité d'une levée partielle des sanctions, elles s'en tiennent à une position solidaire de celle de Washington, qui affirme qu'il n'y aura de levée des sanctions qu'à l'issue du processus de dénucléarisation de la Corée du Nord. Pour leur part, les autorités nord-coréennes ont dénoncé les "méthodes de gangster" des Américains, en estimant que leurs gestes de bonne volonté dans le domaine nucléaire et balistique (y compris le rapatriement de restes de soldats américains morts en Corée) n'ont pas été payés de retour. Selon Pyongyang, les Etats-Unis doivent à leur tour préciser les garanties de sécurité qu'ils entendent apporter et s'engager dans une levée au moins partielle des sanctions - les plus sévères jamais mises en place dans le cadre des Nations unies. Pour cela, eu égard notamment à la proximité entre les services secrets sud-coréens et américains (qui sont des canaux privilégiés du dialogue autour de la péninsule coréenne), la Corée du Sud pourrait transmettre des messages aux Américains pour faire réussir le processus engagé lors du sommet de Singapour entre les Présidents Donald Trump et Kim Jong-un.

Dans ce contexte, et en attendant que soit précisé le contenu des discussions inter-coréennes qui seront à l'ordre du jour du sommet de septembre 2018, le troisième sommet Nord-Sud à Pyongyang apparaît comme l'une des étapes dans les multiples rencontres diplomatiques entre les acteurs principaux dans la péninsule coréenne (les deux Etats coréens, les Etats-Unis, la Chine et la Russie). 

Ces différents points ont par ailleurs été abordés par Benoît Quennedey, président de l'Association d'amitié franco-coréenne, à l'antenne de RT France, dans le journal télévisé de 21h du 13 août 2018.

Source principale : Yonhap

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22 juillet 2018 7 22 /07 /juillet /2018 08:19

En apparence, tout va bien : de nouvelles rencontres de familles séparées sont prévues fin août, des événements sportifs sont organisés en commun, et les échanges culturels ne sont pas en reste - des films nord-coréens étant par exemple à l'affiche du Festival international du film fantastique de Bucheon... Mais les signes concrets de reprise des échanges inter-coréens ne signifient pas pour autant que d'intenses - et complexes - négociations ne se mènent pas en coulisses, bien au contraire. Dans ce contexte, rendre public son mécontentement ou ses attentes est une tactique de négociation classique, consistant à prendre à partie la (les) opinion(s) publique(s). C'est ce que les deux gouvernements coréens ont fait récemment et quasi-simultanément, ouvertement et sans fards en ce qui concerne l'agence officielle sud-coréenne Yonhap, et pour le Nord plus discrètement (il n'y a pas de changement de ton actuellement vis-à-vis des autorités sud-coréennes dans les dépêches de l'agence officielle nord-coréenne KCNA) mais dans un article au ton incisif du Rodong Sinmun, qui est l'organe officiel du Parti du travail de Corée. 

La ministre des Affaires étrangères sud-coréenne Kang Kyung-wha et le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, à New York le 20 juillet 2018

La ministre des Affaires étrangères sud-coréenne Kang Kyung-wha et le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, à New York le 20 juillet 2018

Tempête à la Maison Bleue, siège de la présidence sud-coréenne - le Rodong Sinmun, organe officiel s'il en est des autorités nord-coréennes, a critiqué - certes, sans le nommer - le Président Moon Jae-in, ce dont a rendu compte l'agence sud-coréenne Yonhap dans une dépêche suffisamment importante pour que nous la reproduisons ci-après dans son intégralité : 

Le quotidien nord-coréen Rodong Sinmun a attaqué ce vendredi le président Moon Jae-in dans ce qui semble illustrer un mécontentement croissant face à la lenteur des progrès dans les relations et la coopération intercoréennes.

L’organe de presse officiel du Parti du travail a qualifié dans un éditorial d'«insolents» et d'«inutiles» les propos que Moon a tenus récemment sur le sommet Corée du Nord-Etats-Unis du 12 juin.

Bien que le quotidien n'ait pas mentionné directement Moon, il faisait référence à la conférence donnée la semaine dernière par Moon à Singapour au cours de laquelle il a appelé Pyongyang et Washington à mettre en œuvre ce que leurs dirigeants ont décidé en juin, tout en les mettant en garde contre le jugement grave du monde s’ils ne parvenaient pas à le faire.

Le journal a également souligné que des questions «importantes» que les deux Corées doivent aborder restaient en suspens pour une durée indéterminée, critiquant le Sud pour avoir sapé la coopération intercoréenne en citant les sanctions imposées contre la Corée du Nord comme prétexte.

Il était rare que le média nord-coréen s’en prenne au président sud-coréen depuis le sommet intercoréen du 27 avril à l’issue duquel les dirigeants se sont mis d’accord pour mettre fin aux actes d’hostilité l’un contre l’autre.

Yonhap

Pour apprécier quelle est effectivement la portée des critiques des autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à l'égard de la République de Corée (Corée du Sud), nous avons consulté les versions anglophones de deux médias nord-coréens à la date du 22 juillet 2018. Tout d'abord, nous n'avons alors noté aucun changement de ton concernant l'agence de presse KCNA (à la différence de Yonhap, qui s'interroge soudain sur la mention par la RPDC de la "crise économique" en Corée du Sud, alors que la couverture par les médias nord-coréens des manifestations de mécontentement social au Sud est un thème récurrent), les obstacles aux progrès dans les relations Nord-Sud étant mis sur le compte des forces anti-réunification (au premier rang desquelles l'opposition conservatrice). En revanche, dans la rubrique "relations inter-coréennes" de la version anglophone en ligne du Rodong Sinmun, une sévère critique des autorités sud-coréennes est formulée dans un article daté du 21 juillet 2018, signé de Kim Chun Sun (la précision est importante, puisqu'il ne s'agit donc pas du point de vue officiel d'un des organismes de pouvoir nord-coréens). L'argumentaire est conduit selon trois axes principaux : le manque de progrès dans les relations inter-coréennes imputé aux autorités sud-coréennes (ce que met justement en avant l'article de l'agence Yonhap, en estimant que le changement de ton à Pyongyang traduit des attentes nord-coréennes quant au développement des relations Nord-Sud) ; les velléités de la Corée du Sud de se présenter comme la force motrice dans les relations Nord-Sud, voire dans les relations Etats-Unis - Corée du Nord (ce qui serait humiliant pour le Nord, ravalé au rang de suiveur de politiques décidées ailleurs qu'à Pyongyang) ; la dépendance de la Corée du Sud vis-à-vis de ses "maîtres" américains. Selon Kim Chun Sun, 

Les autorités sud-coréennes font grand bruit pour la mise en oeuvre de la déclaration de Panmunjom dans leurs discussions avec nous. Mais elles n'ont pas encore pris de mesures pratiques pour une amélioration fondamentale des relations Nord-Sud, en lisant sur le visage de leurs maîtres américains, et laissent par conséquent pendantes, de manière permanente, d'importantes questions entre le Nord et le Sud.

C'est un principe clair tiré de l'histoire passée que la Corée du Sud a échoué à jouer ne serait-ce que le rôle d'un assistant - ne parlons même pas de "force motrice" - alors qu'elle est prise dans un cercle vicieux où elle flatte l'une des parties et est rejetée par une autre partie, où elle voit l'une des parties interférer après qu'elle a fait partager ses vues par l'autre partie.

Faire des "mises en garde" inutiles, se retrouver enserré dans l'absurde "théorie de la force motrice", pourrait porter atteinte au processus de paix dans la péninsule coréenne et avoir des résultats décevants en offrant la possibilité à des forces malhonnêtes de pêcher en eaux troubles.

Rodong Sinmun

S'il est évident que les deux parties auxquelles fait allusion l'auteur de cette tribune sont les Etats-Unis et la RPD de Corée, d'autres formulations ont une certaine ambiguïté toute diplomatique - et que ne peut que renforcer le fait que nous avons opéré la traduction en français d'un article déjà traduit du coréen en anglais, la double traduction pouvant entraîner des pertes de sens. En particulier, les "forces malhonnêtes" contre lesquelles il est mis en garde sont-elles à l'intérieur ou à l'extérieur du gouvernement sud-coréen ? S'agit-il de l'opposition conservatrice, d'une partie de l'administration sud-coréenne nommée sous les présidences conservatrices (et dont elle peut partager les vues) ou de sensibilités internes à l'actuel gouvernement sud-coréen, plus réticentes au dialogue ? Les différences de positions vis-à-vis de Pyongyang sont patentes à Washington (John Bolton étant le chef de file de ceux qui ne croient pas au dialogue avec la Corée du Nord). De telles sensibilités existent certainement aussi à Séoul, même si elles sont plus difficiles à identifier avec certitude. 

Un point saillant de la critique nord-coréenne - que ne met pas en avant la (courte) dépêche de l'agence Yonhap citée plus haut - est la volonté de Pyongyang de dissocier les relations inter-coréennes des relations Etats-Unis - Corée du Nord, largement centrées sur la question nucléaire. Une telle attente n'est pas nouvelle, et s'est jusqu'à présent heurtée à une fin de non-recevoir de Séoul, qui entend maintenir l'alliance militaire avec Washington et déclare partager totalement la position américaine d'une levée des sanctions seulement après la dénucléarisation complète de la RPD de Corée. Ayant rencontré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à New York le 20 juillet 2018, Kang Kyung-wha, ministre des Affaires étrangères de la République de Corée aurait rappelé comme suit la position de Séoul, selon l'agence Yonhap : 

La ministre a rappelé aux journalistes présents avant le début de l’entretien [avec Mike Pompeo] que la Corée du Nord a à multiples reprises affiché un «engagement clair» de dénucléarisation complète, notamment au cours du sommet de Singapour le mois dernier, entre Kim et Trump. «Nous espérons qu’ils tiennent cet engagement», a-t-elle poursuivi.

A la presse sud-coréenne, Kang a dit après les réunions qu’un consensus existait entre les membres du Conseil [de sécurité des Nations Unies, également rencontrés à New York] sur le besoin de maintenir les sanctions contre le régime nord-coréen jusqu’à la dénucléarisation totale.

Yonhap

Alors que le dernier cycle de négociations à Pyongyang, avec Mike Pompeo, sur la mise en oeuvre de la dénucléarisation de la RPD de Corée à la suite du sommet de Singapour ne s'est pas déroulé dans les meilleures conditions (comme en a témoigné une dénonciation à Pyongyang des "méthodes de gangster" de Washington), il est évident que le soutien public affiché de Séoul à la ligne de négociations dure des Etats-Unis avec la RPD de Corée n'a pu être reçu qu'avec mécontentement à Pyongyang.  Le commentaire de Kim Chun Sun dans le Rodong Sinmun est la réponse du berger à la bergère. 

Mais le gouvernement sud-coréen du Président Moon Jae-in, très attaché à la poursuite des échanges Nord-Sud, a parfaitement reçu le message nord-coréen, et une ouverture significative a été faite par Mme Kang Kyung-wha à New York : la possibilité d'un allègement partiel des sanctions sans attendre la fin du processus de dénucléarisation. Ainsi, toujours selon l'agence Yonhap, 

[Mme Kang] a souligné qu’il pourrait y avoir un assouplissement des sanctions seulement en cas de progrès vers la dénucléarisation, tout en notant qu’une levée «limitée» pouvait être nécessaire pour conserver le dialogue avec Pyongyang.

Yonhap

La levée des sanctions est vitale pour la République populaire démocratique de Corée. A présent, Pyongyang attend toutefois autre chose que des mots : des gestes concrets de Séoul... et de Washington. Le double processus de négociation (inter-coréen et entre Pyongyang et Washington) est plus que jamais en cours. Mais il n'est pas un long fleuve tranquille.

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21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 12:53

C'est une équipe formée du Sud-Coréen Jang Woo-jin et de la Nord-Coréenne Cha Hyo-sim qui a remporté la finale en doubles mixtes de l'Open de Corée - l'une des étapes du Pro-Tour de tennis de table, organisée par l'Association (sud-)coréenne de tennis de table sous l'égide de la Fédération internationale de tennis de table (ITTF), le 21 juillet 2018 à Daejeon. Un succès spectaculaire qui rappelle l'obtention du titre de championne du monde de l'équipe coréenne unifiée en 1991, après la formation d'une équipe commune aux Mondiaux de tennis de table en 2018 en Suède, et témoigne du dynamisme et du succès des échanges intercoréens dans le domaine sportif.

De gauche à droite, Cha Hyo-sim et Jang Woo-jin, lors du quart de finale contre les Hongkongais Ho Kwan Kit et Lee Ho Ching le jeudi 19 juillet 2018 à l'Open de Corée

De gauche à droite, Cha Hyo-sim et Jang Woo-jin, lors du quart de finale contre les Hongkongais Ho Kwan Kit et Lee Ho Ching le jeudi 19 juillet 2018 à l'Open de Corée

L'émotion était palpable - dans les tribunes où les supporters coréens criaient "Nous sommes unis !", mais aussi - et d'abord - parmi les deux joueurs. Jang Woo-jin a ainsi déclaré : 

J'ai vu Hyo Sim pleurer pendant la cérémonie, et cela m'a brisé le coeur de devoir dire au revoir maintenant.

En effet, la loi sud-coréenne de sécurité nationale interdit toujours tout contact non autorisé préalablement entre Nord et Sud-Coréens, même au sein d'une même famille.

Seize joueurs nord-coréens ont participé à l'édition 2018 de l'Open de Corée.

En finale, les deux Coréens ont battu les Chinois Wang Chuqin et Sun Yingsha, qui ont remporté le premier jeu (11-5) afin de perdre les trois suivants face à la redoutable équipe coréenne (11-3, 11-4 et 11-8).


 

Jang Woo-jin et Cha Hyo-sim lors de finale de l'Open de Corée

Jang Woo-jin et Cha Hyo-sim lors de finale de l'Open de Corée

Mise à jour le 29 juillet 2018 : une révélation de l'Open de Corée a par ailleurs été le jeune Nord-Coréen Ham Yu-song, vainqueur (épreuves individuelles) pour les moins de 21 ans, puis qui lors de la compétition générale a battu le numéro 11 mondial, le Japonais Kenta Matsudeira. Ce résultat est d'autant plus intéressant que ce sont les joueuses nord-coréennes qui obtiennent leurs meilleurs résultats pour la RPD de Corée - le manque de ressources financières handicapant la Corée du Nord pour atteindre les premières places mondiales dans les épreuves masculines.
 

Ham Yu-song à l'Open de Corée

Ham Yu-song à l'Open de Corée

Sources : ​​​​​​​

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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 13:53

La petite salle du restaurant coréen Morann, dans le 15e arrondissement, était pleine ce jeudi 12 juillet 2018 (et la majorité des participants français, parmi eux des membres de l'AAFC), pour entendre Mme Kim Jung-hee, Sud-Coréenne naturalisée française, faire le récit de son quatrième voyage en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), du 19 au 26 mai 2018. Une présentation suivie d'une discussion qui a également montré l'attachement des Coréens d'outre-mer à être pleinement acteurs du processus de rapprochement intercoréen en cours. 

Mme Kim Jung-hee

Mme Kim Jung-hee

D'emblée, Mme Kim a dû préciser que s'intéresser à la Corée du Nord, en Corée du Sud, n'est jamais neutre, et s'y rendre encore moins : le poids de l'éducation, longtemps marquée par un fort anticommuniste, fait soupçonner tout visiteur de sympathies communistes. Kim Jung-hee répond très simplement qu'aller en Corée du Nord consiste pour elle à s'intéresser à la moitié de son pays, certes divisé mais partageant une même culture et une même langue. Se déclarant très touchée par la rencontre à Panmunjom, le 27 avril 2018, entre les présidents Moon Jae-in et Kim Jong-un, elle est convaincue de la possibilité d'un avenir de paix si la réconciliation se poursuit.

S'appuyant sur les nombreuses photos qu'elle a pu prendre au cours de son récent séjour en mai 2018, elle a mis en évidence les changements qu'elle a observés depuis sa première visite en 2014 : un usage qui se généralise du vélo, un code vestimentaire marqué par un recours accru aux couleurs vives et la coquetterie de plus en plus prononcée des femmes...

C'est sur la vie quotidienne qu'elle a choisi de mettre l'accent, chacune de ses visites étant marquée par la conduite d'actions de coopération dans les domaines agricole et alimentaire : elle a ainsi visité la ferme-prairie de Sepodeungpan, au nord de la zone démilitarisée (acronyme anglais : DMZ), où les pluies abondantes du printemps 2018 ont été la promesse de bonnes récoltes cette année. La ferme de Sepodeungpan s'étend sur 50 000 hectares, entre 450 et 600 mètres d'altitude, et met l'accent sur l'élevage caprin et bovin en comptant aujourd'hui 100 000 têtes de bétail - l'objectif étant de porter ce nombre à 500 000 têtes. La ferme est caractérisée par un degré élevé de mécanisation (avec un système de contrôle central permettant notamment d'échanger des informations sur les bêtes malades, les paysans étant en outre très fiers que les machines à peser les bêtes soient fabriquées en RPD de Corée, de même selon eux que 90 % des tracteurs qu'ils utilisent) et un recours intensif aux énergies renouvelables (éolienne et solaire, des petits panneaux solaires - ici d'origine chinoise - étant installés sur les toits des différentes habitations). La ferme tire profit de son environnement naturel, mais elle le subit également : certains endroits trop ventés sont impropres à l'agriculture et à l'élevage - pour mémoire, un sixième seulement de la superficie totale de la Corée du Nord est constituée de terres arables. Un important effort est consacré à diminuer le taux d'acidité des terres.

La ferme constitue une agroville, disposant de son propre Institut de recherche vétérinaire, sanitaire et alimentaire, qui a été visité par des équipes originaires d'Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas. Pour sa part, l'Italie a fourni des plants de pommiers.

Si la ferme-prairie de Sepodeungpan a constitué l'élément le plus original de la visite de Mme Kim Jung-hee en Corée du Nord, sur lequel ce compte rendu met l'accent, elle a pu se déplacer largement dans le reste du pays : à Wonsan, en cours d'aménagement de manière à devenir une station balnéaire de première importance, à Gosong (port desservant les monts Kumgang, où le dynamique tourisme intercoréen s'est brutalement arrêté en juillet 2008 et où les installations hôtelières sud-coréennes - comme l'hôtel Haekeumgang - se dégradent fortement), la zone démilitarisée - où elle a pu voir l'arbre planté par les deux présidents le 27 avril 2018 - et bien sûr Pyongyang, où la construction de nouvelles avenues témoigne du renouveau architectural en cours. 

Interrogée sur la nature des actions de coopération qu'elle conduit, Kim Jung-hee a précisé collecter des dons avec une demi-douzaine d'amis Coréens de par le monde, notamment des Coréens des Etats-Unis, les sommes recueillies ayant permis l'achat de pompes, de canalisations ou encore de filets pour protéger les plantations de jeunes arbres. 

L'exposé de Mme Kim, puis les réponses claires aux questions qui lui ont été posées, toujours dans un très bon français, a été empreint de cet enthousiasme qui témoigne combien la réunification fait toujours vibrer de nombreux Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, même après 70 ans d'une cruelle séparation. 

Photo AAFC

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 20:53

Le 10 juillet 2018, les organisateurs du Festival international du film fantastique de Bucheon (BiFan) - créé en 1997 et dont la programmation s'est élargie à d'autres genres (film d'horreur, thriller, film d'animation...) - ont annoncé que la prochaine édition du festival, à partir du 12 juillet et jusqu'au 22 juillet, comporterait la projection de neuf films nord-coréens, dont trois longs métrages et six courts métrages. Un choix de programmation exceptionnel et courageux, alors que la simple détention et a fortiori la diffusion de créations culturelles de la République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée) reste interdite et punie en République de Corée (du Sud), sauf autorisation, en application de la loi de sécurité nationale

Neuf films nord-coréens à l'affiche au Festival international du film fantastique de Bucheon

Les organisateurs du festival ont entendu s'inscrire dans le climat de détente des relations Nord-Sud depuis les deux sommets intercoréens du printemps 2018 (le 27 avril et le 26 mai), et qui se traduisent également par l'organisation en commun d'événements sportifs

Le Festival international du film fantastique de Bucheon va organiser une projection spéciale de films nord-coréens pour refléter l'atmosphère de paix grandissante sur la péninsule coréenne et a récemment obtenu l'autorisation du gouvernement pour les projeter.

Les films nord-coréens projetés, qui datent de 1980 à 2016, comportent notamment The Story of Our Home, comédie primée au Festival international du film de Pyongyang (PIFF) lors de sa sortie en 2016, et Comrade Kim Goes Flying, comédie romantique retraçant le récit d'une trapéziste de la troupe de cirque de Pyongyang, et co-production du Belge Anja Daelemans, du Coréen Kim Gwang-hun et du Britannique Nicholas Bonner, diffusé notamment - lors de sa sortie en 2012 - au Festival international du film de Toronto et au Festival international du film de Busan. 

Image de "The Story of our Home"

Image de "The Story of our Home"

Sources : StraitsTimes, Yonhap

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