Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 18:29

Chaque année, le discours prononcé par le Maréchal Kim Jong-un à l'occasion du nouvel an est étudié et analysé en détail - non seulement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), mais aussi à l'étranger par les spécialistes des questions coréennes - pour les orientations qu'il donne sur la politique interne et externe de la RPD de Corée. Le discours du nouvel an 2016 prend cette année une importance particulière, à quelques mois du VIIe Congrès du Parti du travail de Corée - le premier depuis 1980. Comme les années précédentes, il met l'accent sur l'édification d'un pays puissant et prospère. Par ailleurs, en dépit des vives réticences qu'ont opposées en 2015 les conservateurs sud-coréens à l'approfondissement du dialogue Nord-Sud, le Maréchal Kim Jong-un réaffirme l'engagement de la RPD de Corée pour le dialogue, la paix et la réunification dans la péninsule.

Discours de nouvel an de Kim Jong-un : "notre Parti considère le bien-être du peuple comme la première de toutes les affaires nationales"

Saluant non seulement les militaires et les civils nord-coréens oeuvrant à l'édification de la patrie socialiste, mais s'adressant aussi "aux frères du Sud et aux Coréens de la diaspora qui luttent pour la réunification de la patrie, aspiration de la nation, de même qu’aux peuples progressistes et aux amis étrangers", le dirigeant suprême exprime d'emblée le voeu que "toutes les familles débordent de concorde et d’affection et que les rires de bonheur de nos chers enfants retentissent plus haut".

Revenant ensuite sur l'année écoulée, marquée par le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, il souligne en premier lieu les réalisations économiques - ainsi que les exploits sportifs obtenus - en associant constamment le peuple travailleur à ces succès :

On a vu s’ériger les centrales des Héros-Jeunes de Paektusan, les centrales en étages de Chongchongang, le Palais de la science et de la technique, la cité des scientifiques Mirae, la ferme coopérative de culture légumière de Jangchon et d’innombrables autres monuments et villages merveilleux dignes du socialisme, concrétisation des idées et de la politique du Parti, montrant le dynamisme de notre patrie qui avance en faisant en un an ce que les autres ne pourraient faire qu’en dix ans.

Après l'accord conclu avec le Sud en août 2015, il exprime sa conviction que la politique du Parti a permis d'éloigner le danger d'un nouveau conflit armé qui aurait ravagé la péninsule coréenne.

La jeunesse et l'éducation occupent une place primordiale dans le discours du Maréchal Kim Jong-un, conformément à la politique qu'il a menée depuis quatre ans (marquée notamment par l'allongement à douze ans, en 2012, de la durée de la scolarité obligatoire) : après la référence liminaire aux enfants des familles coréennes, il adresse à la jeunesse des félicitations particulièrement appuyées comme étant les "dignes continuateurs de la cause révolutionnaire Juche", et mentionne in fine la jeunesse comme l'une des composantes sociales (à côté de la classe ouvrière, mentionnée à plusieurs reprises en tant que telle, des intellectuels et des cadres) devant contribuer au développement de l'économie nationale.

Evoquant le congrès à venir du Parti du travail de Corée, il souligne l'objectif de renforcer l'économie nationale pour élever le niveau de vie de la population, développant ensuite les problèmes économiques actuels dont la résolution apparaît ainsi comme une priorité. Au premier rang figure le "problème de l’énergie électrique" - décrit également comme la "pénurie d’électricité" (suivant une formule peu habituelle s'agissant des difficultés rencontrées) - qui requiert non seulement l'accroissement des capacités de production de l'électricité sous ses différentes formes (y compris à partir du charbon) - en mentionnant tout particulièrement la construction de la centrale de Tanchchon - mais aussi, de manière nouvelle, les économies d'énergie. Sont également évoqués le transport ferroviaire (dont l'obsolescence est un handicap au développement économique) et la production métallurgique, encore loin du niveau maximum qu'elle a atteint en 1990, avant le recul économique de la "dure marche". Par ailleurs, la référence à la lutte contre "la pollution de l’atmosphère, des cours d’eau et des mers" s'inscrit dans le cadre des objectifs de développement durable, tels qu'ils ont été réaffirmés lors de la conférence de Paris sur le climat par le ministre des Affaires étrangères en décembre 2015.

Comme les années antérieures, des instructions spécifiques portent sur le potentiel de défense du pays. L'accent est mis sur la formation et la discipline, et non sur le développement des armes non conventionnelles - en ne mentionnant pas la force de dissuasion nucléaire - et sur les capacités balistiques. Depuis le troisième essai nucléaire nord-coréen survenu le 12 février 2013, les médias conservateurs américains et sud-coréens annoncent régulièrement la survenue imminente d'un quatrième essai nucléaire, ou d'un nouveau tir de missile à longue portée. Cette omission dans le discours du dirigeant nord-coréen doit donc être appréciée comme la poursuite, au contraire, par la RPD de Corée d'une politique de la main tendue, pour réduire les tensions dans la péninsule, en s'abstenant d'initiatives qui auraient entraîné un nouveau cycle de tensions et de sanctions.

Suivant un usage bien établi, la réunification de la Corée et les relations internationales occupent la fin du discours - et ont retenu plus particulièrement (sinon exclusivement) l'attention des commentateurs étrangers.

Concernant les rapports Nord-Sud, le Maréchal Kim Jong-un blâme ouvertement les autorités sud-coréennes pour avoir mené en 2015 une politique de confrontation, alors que l'anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise, en 1945, aurait au contraire dû créer un contexte favorable :

L’année dernière marquée par le 70e anniversaire de la libération du pays, nous avons lancé un appel invitant à ouvrir une large voie à la réunification indépendante grâce à l’union des forces de toute la nation, et nous nous sommes attachés à le réaliser. Pourtant, les forces anti-réunification et hostiles à l’amélioration des rapports Nord-Sud se sont démenées pour des manœuvres belliqueuses, créant ainsi une situation critique au bord de la guerre et suscitant une grande inquiétude à l’intérieur comme à l’extérieur. Les autorités sud-coréennes, allant à l’encontre du dialogue Nord-Sud et de l’amélioration des rapports Nord-Sud, ont poursuivi ouvertement le « changement de régime » de notre part et, l’« unification des régimes », leur thèse unilatérale, aggravant ainsi la méfiance et l’affrontement entre le Nord et le Sud.

En dépit de ces difficultés, les autorités nord-coréennes réaffirment qu'elles sont prêtes à renouer le dialogue avec le Sud, en incitant les autorités sud-coréennes à appliquer avec sincérité les précédents accords Nord-Sud (notamment les déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007) qui ont été signés au nom du Gouvernement sud-coréen, et non des démocrates qui étaient alors au pouvoir à Séoul. En effet, les conservateurs revenus à la présidence sud-coréenne en 2008 ont tourné le dos aux perspectives de rapprochement Nord-Sud qui avaient ainsi été ouvertes, l'opposition démocrate leur reprochant d'avoir joué un rôle essentiel dans la dégradation des relations intercoréennes.

Vis-à-vis des Etats-Unis, mentionnés explicitement cette année à de nombreuses reprises, les critiques nord-coréennes se fondent sur trois arguments : le refus opposé par Washington à la proposition de Pyongyang de signer un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953 ayant clos les combats de la guerre de Corée ; l'exploitation de l'argument des droits de l'homme ; les exercices militaires de grande ampleur que les Etats-Unis et leurs alliés ont poursuivis dans la péninsule coréenne l'an passé. En cas de guerre provoquée par les Etats-Unis, la RPD de Corée exprime clairement sa volonté de riposter.

Envers le reste du monde (dont aucun pays n'est nommé, ni le traditionnel allié chinois, ni la Russie avec laquelle la RPDC a opéré un rapprochement depuis 2014), le discours de nouvel an du Maréchal Kim Jong-un réaffirme enfin la position traditionnelle de Pyongyang favorisant l'essor de relations d'échanges et de coopération :
 

Notre Parti et le gouvernement de notre République renforceront davantage la solidarité avec les peuples du monde entier s’opposant à l’agression, à la guerre, à la domination et à l’asservissement, élargiront et développeront les relations d’amitié et de coopération avec tous les pays qui respectent la souveraineté de notre pays et nous traitent amicalement.

Partager cet article
Repost0
25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 18:02

Alors qu'une délégation de 150 bouddhistes sud-coréens s'est rendue en novembre 2015 au temple Singyesa, au Nord de la péninsule, des délégations de catholiques sud-coréens ont également visité récemment  la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : après qu'une douzaine de membres de l’Association des prêtres catholiques pour la justice (CPAJ) eurent célébré à Pyongyang, le 23 octobre 2015, une messe pour la réunification des deux Corées, une délégation de quatre évêques et treize prêtres de la République de Corée (Corée du Sud) s'est rendue en RPD de Corée début décembre 2015, ayant abouti à un accord pour que des prêtres sud-coréens puissent célébrer la messe au Nord à l'occasion des grandes fêtes liturgiques.

Le cardinal André Yeom Soo-jung, archevêque de Séoul, est aussi administrateur apostolique de Pyongyang.

Le cardinal André Yeom Soo-jung, archevêque de Séoul, est aussi administrateur apostolique de Pyongyang.

Le cardinal André Yeom Soo-jung a des raisons de se réjouir : la visite en Corée du Nord de quatre évêques et treize prêtres sud-coréens, début décembre 2015, est l'aboutissement de discussions engagées depuis 2000, date du premier sommet intercoréen. Ce déplacement représente une avancée importante en ce sens. Pour le cardinal,

 

Nous avons négocié avec la Corée du Nord pendant plus de dix ans dans l’espoir d’envoyer des prêtres de Séoul s’occuper de la vie religieuse des croyants de Corée du Nord. Nous faisons actuellement de notre mieux pour parvenir à un accord sur la question. J’espère que la récente visite pourra représenter le point de départ d’un nouvel accord.

La délégation catholique en RPD de Corée a célébré la messe dans la cathédrale Changchung, en présence, selon le quotidien La Croix, de 70 laïcs nord-coréens.

Selon Radio Vatican, citant la conférence des évêques catholiques de Corée, un accord a été conclu afin que des prêtres sud-coréens aillent régulièrement RPD de Corée pour célébrer des offices lors des principales fêtes religieuses. La première visite est prévue à l'occasion de Pâques, en mars 2016. Radio Vatican a salué "un signe d'apaisement important".

Une autre question, qui semble en revanche encore en discussion, est que des prêtres sud-coréens puissent aussi administrer les sacrements au Nord de la péninsule, où la communauté catholique est estimée à 3 000 fidèles.

Alors que les rencontres interreligieuses représentent traditionnellement un canal essentiel du dialogue Nord-Sud intercoréen, l'Eglise catholique de Corée du Sud, qui a toujours défendu les partisans de la démocratie, bénéficie d'une image progressiste et est ouverte à la réunification. Lors de sa visite en Corée du Sud en août 2014, le pape François avait appelé au pardon et à l'union entre tous les Coréens.

En mars 2013, l'Association des catholiques de RPD de Corée avait adressé un message de félicitations au pape François - ce qui était un signe que l'élection du nouveau souverain pontife était de nature à favoriser la reprise du dialoque.

Lire aussi, sur le blog de l'AAFC :

Sources :

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 22:32

Les discussions intercoréennes, menées au niveau des vice-ministres, se sont conclues sans aucun accord le samedi 12 décembre 2015, après deux jours de discussions à Kaesong. Aucune date n'a été fixée pour une réunion ultérieure. L'agence de presse KCNA de la RPD de Corée a blâmé la partie sud-coréenne pour l'échec du dialogue, en indiquant que celle-ci n'avait pas voulu aborder certaines questions clés - comme la reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, au Nord, interrompu depuis juillet 2008 - malgré ses efforts, tout en déplorant des exigences "déraisonnables" du Sud (dans une allusion probable à la demande d'excuses pour le naufrage du Cheonan en 2010). Mais quelle est la vraie raison de cet énième échec de la tentative de reprise des discussions Nord-Sud, qui se sont fortement dégradées depuis le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul en 2008 ?

Depuis 2008, toutes les tentatives pour relancer le tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, qui était géré par le conglomérat sud-coréen Hyundai Asan, se sont heurtées à une fin de non-recevoir des autorités sud-coréennes. Les seules réalisations tangibles - acceptées, voire initiées par le Sud - ont été la reprise des réunions de familles séparées de part et d'autre du trente-huitième parallèle.

Ces blocages de la partie Sud peuvent s'expliquer de manière très simple : depuis 2008, les conservateurs sud-coréens revenus aux affaires à Séoul misent sur un effondrement - qu'ils espèrent imminent - de la Corée du Nord. La présidente sud-coréenne Park Geun-hye l'a encore rappelé récemment, en appelant les membres d'un organisme qu'elle a mis en place à se préparer à une réunification susceptible de survenir, selon elle, du jour au lendemain : il ne saurait y avoir aveu plus patent de l'espoir d'un effondrement de la RPD de Corée, qui invalide donc toute politique de coopération Nord-Sud à moyen et long termes.

Dans cette perspective, la reprise du tourisme intercoréen des Monts Kumgang, en apportant des capitaux au Nord, est mal vue de Séoul, car non seulement elle conduirait les visiteurs sud-coréens à sortir des clichés d'un Nord hostile savamment entretenus par la propagande de Séoul, mais elle contribuerait à améliorer la situation économique de la RPD de Corée, et donc à contrarier l'objectif des autorités sud-coréennes de favoriser un changement de régime, ou à tout le moins une instabilité économique, voire politique, au Nord.

Les réunions de familles séparées ne sont pas une exception à ce schéma général de pensée de la droite sud-coréenne : les personnes concernées sont âgées, et constituent le coeur de l'électorat conservateur. Favoriser de telles rencontres avant que les témoins ne disparaissent est payant dans l'opinion publique sud-coréenne à court terme, sans être contradictoire avec l'objectif de Séoul d'un changement de régime au Nord à une date rapprochée - lequel constitue l'alpha et l'oméga de la politique intercoréenne de la droite sud-coréenne, de Lee Hoi-chang (candidat malheureux des conservateurs aux élections présidentielles de 1997 et 2002) à Lee Myung-bak et Park Geun-hye. Seule la méthode a changé : alors que Lee Hoi-chang était ouvertement hostile à tout dialogue avec le Nord (ce qui a pesé dans ses échecs électoraux successifs), Lee Myung-bak (élu président en 2007) et Park Geun-hye (présidente depuis 2012), cherchent à masquer leurs intentions pour ne pas heurter de front une opinion publique majoritairement attachée au développement des relations Nord-Sud, tout en créant les conditions de la rupture. Ainsi, l'un et l'autre exigent des excuses de la RPD de Corée pour le naufrage du Cheonan en mars 2010, dont on sait qu'il n'était nullement imputable au Nord, les conservateurs sud-coréens ont fait croire, comme en août dernier, que des mines auraient été posées par des Nord-Coréens du côté Sud de la DMZ - lire http://www.amitiefrancecoree.org/tag/naufrage%20du%20%22cheonan%22/.  

Sources :

Partager cet article
Repost0
26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 23:47

Le jeudi 26 novembre 2015, la République de Corée (Corée du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont tenu des discussions préliminaires dans le village frontalier de Panmunjeom. Cette rencontre s'inscrit dans la continuité de l'accord intercoréen d'août dernier, conclu après une forte montée des tensions, et qui a permis de nouvelles réunions de familles séparées en octobre. Les deux parties ont convenu d'une nouvelle rencontre, au niveau des vice-ministres, le 11 décembre 2015, dans la zone industrielle de Kaesong, au Nord de la péninsule, pour discuter des questions relatives à l'amélioration des relations bilatérales. Si l'AAFC se félicite du retour au dialogue, celui-ci reste néanmoins fragile.

Vers une reprise durable du dialogue intercoréen ?

Il y a deux façons d'envisager le cours des relations intercoréennes : comme pour les cycles économiques, des tendances de moyen-long termes, et des variations à plus court terme. Si les relations Nord-Sud se sont sérieusement dégradées depuis le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul en 2008, des tentatives de renouer le dialogue sont actuellement en cours.

Les divergences restent cependant importantes : si peu - voire rien - n'a filtré des échanges intercoréens lors de la rencontre de travail qui s'est tenue à Panmunjeom le 26 novembre, les positons de chaque partie sont connues : le Nord plaide notamment pour la levée des sanctions du 24 mai, prises par la Corée du Sud deux mois après le naufrage de la corvette Cheonan le 26 mars 2010 dans laquelle l'implication du Nord manque de preuves tangibles, le Sud exige pour sa part des excuses du Nord à ce sujet. Le Nord appelle à la reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, suspendu en 2008. Enfin, le Sud met plus particulièrement l'accent sur les réunions de familles séparées. Il semblerait sinon que le nucléaire nord-coréen ne soit plus considéré comme un préalable au dialogue par le Sud.

Si certains échanges intercoréens - de personnes et de biens - ont été autorisés par le Sud dans le cadre néanmoins des mesures du 24 mai, et que la RPD de Corée s'est abstenue récemment de toute initiative qui aurait pu conduire à une nouvelle condamnation internationale (lancement d'un satellite, essai nucléaire... malgré des annonces médiatiques récurrentes et jamais vérifiées), les divergences restent réelles entre les deux parties. C'est pourquoi, avant d'envisager une amélioration des échanges, discuter des positions respectives de chacun pour trouver un terrain d'entente semble, dans l'immédiat, un préalable indispensable, qui figure du reste au programme de la rencontre au niveau des vice-ministres prévue le 11 décembre 2015.

Sources :

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 07:54

Un dialogue intercoréen au niveau de "discussions de travail" se tiendra à Panmunjeom, dans la Maison de la Réunification (Thongil), le 26 novembre 2015. Cette reprise des discussions Nord-Sud, consécutive à l'accord entre les deux parties coréennes le 25 août dernier qui a conduit à de nouvelles réunions de familles séparées en octobre, traduit une volonté de renouer le dialogue de part et d'autre du trente-huitième parallèle.

Le Comité pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé le 20 novembre 2015, dans un communiqué publié par l'agence de presse nord-coréenne KCNA, que des échanges intercoréens prenant la forme d'un dialogue de travail se tiendraient dans la zone démilitarisée le 26 novembre prochain. L'accord Nord-Sud du 25 août avait prévu la tenue de discussions au niveau gouvernemental dès que possible.

Chacune des deux parties coréennes cherche à s'attribuer le mérite de cette nouvelle rencontre, dont le contenu et les participants n'ont pas encore été précisés.

Côté Nord, des demandes réitérées à l'amélioration des relations intercoréennes sont la reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, interrompu depuis la mort d'une touriste sud-coréenne qui avait pénétré dans une zone militaire nord-coréenne le 11 juillet 2008, et la levée des sanctions du 24 mai (2010), prises par le Sud à la suite du dramatique naufrage de la corvette Cheonan (46 morts), attribué par Séoul et Washington à la RPDC sur la base de "preuves" qui ne convainquent pas les experts internationaux indépendants ni a fortiori les services de renseignement occidentaux - qui ont cependant évité publiquement de mettre en cause l'allié sud-coréen.

Source :

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 16:10

Suite à l'accord intercoréen conclu fin août 2015, de nouvelles réunions de familles séparées de part et d'autre du 38e parallèle ont actuellement lieu dans les monts Kumgang, au Nord de la péninsule : du 20 au 22 octobre, ce sont 399 Sud-Coréens et 140 Nord-Coréens qui ont retrouvé leurs proches, dont ils n'avaient plus aucunes nouvelles - toute communication (téléphone, mél, courrier...) étant impossible entre les deux Corée. Puis, du 24 au 26 octobre, de nouvelles retrouvailles chargées d'émotion ont lieu entre un deuxième groupe de 254 Sud-Coréens et 188 Nord-Coréens. Beaucoup de participants sont octogénaires, voire nonagénaires, parfois handicapés moteurs, et la rencontre avec ceux qu'ils aiment risque d'être la première - et la seule - depuis la division de la Corée et la guerre, il y a plus de 65 ans.

Oh In-se (83 ans) retrouve sa femme, Lee Sun-kyu (85 ans), le 20 octobre 2015 dans les monts Kumgang, avec au centre leur fils. Ils se sont séparés seulement quelques mois après leur mariage, à cause de la guerre, alors qu'elle était enceinte.

Oh In-se (83 ans) retrouve sa femme, Lee Sun-kyu (85 ans), le 20 octobre 2015 dans les monts Kumgang, avec au centre leur fils. Ils se sont séparés seulement quelques mois après leur mariage, à cause de la guerre, alors qu'elle était enceinte.

Oh In-se a chuchoté à sa femme Lee Sun-kyu "Assieds-toi près de moi".

"Nous retrouver comme cela après 65 ans ? C'est bon, je pense. Dès que j'aurai commencé de dire combien elle m'a manqué, ce sera sans fin...".

Vêtue d'une robe traditionnelle rouge-brun, Lee est timide.

Oh commence à s'excuser auprès de sa femme : "C'était la guerre... Je veux dire, je n'avais pas idée combien ce serait difficile".

Oh a du mal à finir sa phrase, peut-être parce qu'il se sent coupable d'avoir commencé une nouvelle vie, en se remariant, au Nord. Les larmes viennent aux yeux de Lee.

Pendant près d'une semaine, ce sont des centaines d'histoires tristes qui se disent au milieu de la joie de trop brèves retrouvailles, et d'échanges de cadeaux.

Oh Jang-gyun a 65 ans.

Il s'est incliné respectueusement devant son père, qui l'a enlacé. Le jeune Oh a pleuré : "J'ai essayé toute ma vie de vivre comme un fils qui a un père".

Ils ont serré leurs mains et se sont regardés dans les yeux. "Nous nous ressemblons", ont-ils dit en pleurs.

Oh Jang-gyun est né cinq mois après le départ de son père du village de Gadeok, dans le comté de Cheongwon de la province du Chungcheong du Nord, au centre de la Corée du Sud. Ses parents n'étaient mariés que depuis un peu plus de six mois.

Le père a reçu dix jours d'entraînement militaire. Sa femme lui a fait ses adieux en lui souhaitant bon voyage. Elle allait devoir élever seule son fils.

Seulement au Sud, 65 000 Coréens sont inscrits sur une liste d'attente pour revoir leurs proches partis ou restés au Nord.

Réuni(e)s dans les monts Kumgang, six décennies plus tard

Sources (principalement, traduction partielle d'un article en anglais du quotidien sud-coréen Hankyoreh) :

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 23:45

L'étudiant sud-coréen Joo Won-moon, qui dispose d'un statut de résident permanent aux Etats-Unis et était entré illégalement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) il y a six mois dans l'espoir de créer un événement de nature à améliorer les relations Nord-Sud, a été rapatrié au Sud le 5 octobre, via Panmunjom, après avoir fait son autocritique le 25 septembre lors d'une conférence de presse télévisée. Alors qu'il est exposé à des poursuites judiciaires en application de la loi de sécurité nationale sud-coréenne qui interdit aux ressortissants du Sud tout contact non autorisé avec le Nord, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à ne pas faire application de l'inique "loi de sécurité nationale" qui, dans le cas présent, apporterait des entraves à la liberté de circulation sans commune mesure avec le Nord - alors que les autorités nord-coréennes n'ont même pas attrait Joo Won-moon devant les tribunaux pour entrée et séjour illégals.

Rapatrié en Corée du Sud, Joo Won-moon ne doit pas être poursuivi !

C'est un Joo Won-moon qui est apparu souriant et détendu, comme toujours, lors de son rapatriement du Nord de la Corée vers le Sud le 5 octobre 2015. Mais il n'a pas dit un mot dans les vidéos alors diffusées par les médias internationaux.

Car l'étudiant new-yorkais - qui n'a pas été condamné par les tribunaux nord-coréens pour son entrée illégale au Nord de la péninsule - risque, en effet, bien plus gros avec la justice du Sud, vindicative à l'encontre de n'importe lequel de ses concitoyens qui a enfreint la loi de sécurité nationale interdisant tout contact avec le Nord.

Comme l'a indiqué l'agence américaine AP, Joo Won-moon a été interrogé par les services de renseignement sud-coréens le jour même de sa libération, tandis qu'un des responsables a confirmé, sous couvert d'anonymat, qu'une condamnation était envisagée.

L'AAFC appelle le gouvernement américain, si prompt à condamner les droits de l'homme au Nord de la péninsule, à faire preuve de la même rigueur vis-à-vis du Sud et de la loi de sécurité nationale unanimement condamnée par les ONG de défense des droits de l'homme, d'autant plus que Joo Won-moon et sa famille ont le statut de résident permanent sur le territoire américain.

Sources :

Partager cet article
Repost0
4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 11:44

Du 2 au 4 octobre 2007 se tenait, à Pyongyang, la deuxième rencontre au plus haut niveau entre les dirigeants de la République de Corée (Corée du Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : après la première déclaration du 15 juin 2000, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun signaient alors, le 4 octobre 2007, une déclaration conjointe qui ouvrait de nouvelles perspectives de coopération et d'échanges Nord-Sud, tendant ainsi à la réunification pacifique et indépendante de la péninsule. Mais le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul, en 2008, a marqué un coup d'arrêt au rapprochement, et la fin de la politique sud-coréenne du "rayon de soleil" (sunshine policy) d'ouverture au Nord. Huit ans plus tard, de multiples voix, non seulement en Corée du Sud mais aussi parmi les spécialistes des questions coréennes (universitaires, diplomates), font observer que le changement de cap de l'administration sud-coréenne n'a produit aucun des effets escomptés par les tenants d'une ligne dure. Nous rendons ainsi compte d'un colloque organisé à Séoul à l'occasion de l'anniversaire de la déclaration du 4 octobre, en traduisant ci-après de l'anglais un article publié par le quotidien sud-coréen progressiste Hankyoreh,  intitulé "A l'occasion de l'anniversaire de la déclaration [du 4 octobre 2007], des voix s'élèvent pour revenir à la politique du rayon de soleil".

Rencontre le 13 juin 2000 entre le Président sud-coréen Kim Dae-jung et le Dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, lors du premier sommet intercoréen

Rencontre le 13 juin 2000 entre le Président sud-coréen Kim Dae-jung et le Dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, lors du premier sommet intercoréen

Les participants au symposium ont affirmé que si les politiques de réconciliation s'étaient poursuivies les relations intercoréennes ne se seraient pas détériorées

Lors d'une conférence universitaire qui a marqué le huitième anniversaire de la Déclaration Nord-Sud du 4 octobre, plusieurs voix ont appelé à revenir à la politique du rayon de soleil et à prendre d'autres initiatives pour améliorer les relations intercoréennes. Le 2 octobre, la Fondation Roh Moo-hyun, le Forum pour la paix en Corée (Korea Peace Forum) et le Chatham House (Institut royal de relations internationales) ont co-organisé un symposium international lors du huitième anniversaire de la Déclaration du 4 octobre, au Centre Séjoing des Arts des Spectacles, au centre de Séoul.

Lors du symposium, James Hoare, membre de Chatham House et ancien chargé d'affaires et consul général à l'ambassade britannique à Pyongyang, a déclaré que le Sud et le Nord avaient maintenant besoin de revenir aux initiatives de la politique du rayon de soleil mises en oeuvre par Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun entre 1997 et 2007. Il a ajouté que si Lee Myung-bak avait poursuivi de telles initiatives au lieu d'abandonner la déclaration du 4 octobre, cela aurait grandement aidé les relations intercoréennes. 

Moon Jae-in, dirigeant de l'Alliance de la nouvelle politique pour la démocratie (opposition), a affirmé que si les initiatives prises dans le cadre de la déclaration du 4 octobre s'étaient poursuivies, la vie de 70 millions de personnes "serait prospère et pleine d'espoir", tandis que la péninsule coréenne "tendrait la main à la communauté internationale comme formant un tout". "Mais les huit dernières années de Lee Myung-bak et Park Geun-hye ont ramené les relations intercoréennes à leur période la plus sombre", en ajoutant que si les mesures telles que la création d'une zone spéciale de paix et de coopération en Mer de l'Ouest (Mer Jaune) avaient été mises en oeuvre, le pays pourrait concentrer ses efforts à résoudre avec succès les questions de la stagnation économique, du déclin de la classe moyenne et du chômage des jeunes. La déclaration du 4 octobre comportait des accords tendant à la mise en place d'une "zone spéciale de paix et de coopération" en Mer de l'Ouest, incluant la ville de Haeju et la région maritime située à proximité, ainsi que la création de zones de pêche conjointes et de districts dédiés à la paix.

Lee Seung-hwan, directeur opérationnel de Tongilmaji - Agir pour Une Corée, a déclaré que le déclaration du 4 octobre était importante en ce qu'elle avait manifesté la volonté de la Corée du Nord de "discuter avec les Etats-Unis des sujets liés à la paix et de travailler sur des programmes d'échanges et de coopération avec la Corée du Sud", en observant qu'elle avait marqué une percée diplomatique qui aurait pu conduire à des discussions de paix directement entre les différents gouvernements. Il a ajouté qu'en niant les résultats de l'époque Roh Moo-hyun (2003-2008), l'administration Park pouvait réussir à conclure des "accords provisoires", comme ceux obtenus lors des discussions de crise le 25 août dernier dans un contexte d'escalade des tensions, mais "échouerait en définitive à éloigner l'animosité et la méfiance entre les deux Corée", conduisant ainsi à de nouveaux conflits. Toujours selon lui,  "le gouvernement qui améliorera les relations intercoréennes sera celui qui reprendra les initiatives de la Déclaration du 4 octobre".

Etaient également présents le maire de Séoul Park Won-soon, le gouverneur de la province de Gangwon Choi Moon-soon, et d'autres dirigeants d'exécutifs locaux, qui ont souligné la nécessité de ressusciter les échanges intercoréens dans un esprit de paix et conformément à la déclaration du 4 octobre. Won Hee-ryong, gouverneur de Jeju, a dit qu'il proposait depuis l'an dernier de relancer les projets d'exportation de mandarines vers la Corée du Nord, tels qu'ils avaient existé depuis 1998 jusqu'aux mesures du 24 mai 2010. Il a ajouté que la Corée du Nord est la seule région maritime en Asie à laquelle n'ont pas accès les navires des lignes régulières, en observant que "l'établissement d'une route maritime entre Jeju et la Corée du Nord diminuerait fortement les tensions intercoréennes".

Kim Jin-hoon, journaliste du Hankyoreh

Article original en anglais :  

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 01:20

Après l'accord intercoréen du 25 août 2015 qui a stoppé un grave cycle de tensions, une réunion entre les Croix-Rouge des deux Corée, conclue ce 8 septembre à Panmunjeom, a permis, à l'issue de 24 heures de discussions, de déterminer les modalités des retrouvailles entre des familles séparées de part et d'autre du 38e parallèle : entre le 20 et le 26 octobre 2015, 100 Nord-Coréens et 100 Sud-Coréens seront réunis dans les monts Kumgang, au Nord de la péninsule, pour la première fois depuis février 2014.

La délégation nord-coréenne (à gauche) et la délégation sud-coréenne (à droite)

La délégation nord-coréenne (à gauche) et la délégation sud-coréenne (à droite)

Imaginez des parents, des enfants, des frères et des soeurs séparés depuis plus de soixante ans, de part et d'autre de la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare le Nord et le Sud de la péninsule coréenne.

Imaginez des êtres qui s'aiment, sans aucunes possibilités de contacter par courrier, par téléphone ou par mél ceux qui leur sont chers restés de l'autre côté, ceux qui sont partis.

Imaginez des familles divisées, sans avoir la moindre nouvelle de leurs proches, depuis trop longtemps : sont-ils même encore seulement en vie ? Car l'espoir est toujours vivant, de se revoir, un jour, une dernière fois.

La séparation des familles coréennes illustre à elle seule le drame national de la division, une division imposée contre la volonté du peuple coréen.

Dans ce contexte chargé d'émotion, l'Association d'amitié franco-coréenne se réjouit que les germes de la division puissent un jour disparaître, et permettent de renouer la chaîne de l'amitié, par-delà la distance et le temps qui sépare des êtres humains qui, jour après jour, pensent à ceux qu'ils n'oublieront jamais.

Partager cet article
Repost0
30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 16:01

Après l'accord conclu dans la nuit du 24 au 25 août 2015 entre les deux Corée, qui a permis de mettre fin à l'escalade des tensions, une nouvelle phase de dialogue et de rapprochement intercoréen s'est ouverte : tandis que les exercices militaires Ulji Freedom Guardian ont pris fin, les armées du Nord et du Sud sont à nouveau en "mode paix". Par ailleurs, des rencontres sont prévues entre les Croix-Rouge des deux Corée, le 7 septembre, pour préparer de nouvelles réunions de familles séparées, à l'occasion de la fête coréenne des moissons - qui aura lieu cette année le 27 septembre. Dans ce contexte, une réunion élargie de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée s'est tenue, sous la présidence du Maréchal Kim Jong-un, dont un compte rendu, publié sur le site nord-coréen Naenara, est analysé ci-après.

Réunion de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée

Depuis l'accession aux responsabilités du Maréchal Kim Jong-un, les médias de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) rendent plus fréquemment compte, de manière assez détaillée, de réunions des organes de direction du Parti du travail de Corée (PTC).

La réunion de la Commission militaire centrale (CMC) du PTC, qui s'est tenue après la conclusion de l'accord intercoréen du 25 août 2015, a été élargie non seulement aux dirigeants militaires de haut rang, mais également à une partie des directions nationale et locales du PTC : outre les membres de la Commission, y ont participé, selon le site nord-coréen Naenara, "les membres exécutifs du comité du PTC de l’Armée populaire de Corée (APC), les responsables des départements et des sections de la Direction politique générale de l’APC, du ministère des Forces armées populaires et de l’Etat-major général de l’APC, les commandants des armées et des unités au rang de corps d’armée, les commandants des écoles militaires de tous les échelons, les responsables des organismes de sûreté nationale et de sécurité du peuple, les responsables du CC du PTC, du Cabinet et du secteur des affaires étrangères et les secrétaires en chef du comité du PTC des provinces".  

Toujours selon Naenara, il s'agissait de dresser un bilan et de fixer un cap pour la politique de défense, après les graves tensions survenues entre les deux Corée ces dernières semaines, jusqu'à la conclusion de l'accord intercoréen du 25 août 2016. "Elle a également discuté les mesures de réparation des dégâts causés par l’inondation dans la ville de Rason et a traité le problème de l’organisation, dont la destitution et la nomination de certains membres de la CMC du PTC". Sur le premier point, les graves inondations survenues dans la ville de Rason ont entraîné 40 morts, selon le bilan établi par les autorités nord-coréennes ; la mention en bonne place des secours dans le compte rendu de la réunion de la CMC rappelle le rôle joué par l'armée, en Corée du Nord, pour secourir les victimes de catastrophes naturelles. S'agissant du second point ("la destitution et la nomination de certains membres de la CMC du PTC"), les médias sud-coréens - et à leur suite certains médias occidentaux - ont beaucoup spéculé, sans fondements, sur les motivations de ces changements, qui n'ont pas davantage été précisés, à la direction du plus haut organe militaire du PTC. Les raisons peuvent en être très diverses, de nouvelles nominations étant par ailleurs nécessaires du seul fait des changements intervenus dans l'organisation administrative (récemment, un nouveau ministre de la Défense a été nommé), ou du besoin de remplacer des membres âgés ou malades.

Réunion de la Commission militaire centrale du Parti du travail de CoréeRéunion de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée

En ce qui concerne la situation récente, le rapport du Maréchal Kim Jong-un a salué le rôle du Parti, de l'armée et du peuple tout entier "pour défendre la révolution" et la patrie. Il a rappelé que la réunion d'urgence Nord-Sud avait été organisée à la demande du Nord, et avait permis d'éloigner le danger de la guerre. Il s'est félicité que le communiqué commun ait pu faire passer les rapports Nord-Sud, qui étaient dans une situation catastrophique, à un stade de "réconciliation" et de "confiance".

Il a dit que le résultat du récent contact est la victoire de l’idéal sublime de ceux qui se soucient du destin de la nation et font grand cas de la paix.

Le Maréchal Kim Jong-un a précisé que, selon lui, cet accord avait été rendu possible par le "puissant potentiel militaire axé sur la force de dissuasion nucléaire autodéfensive développée par notre Parti et (par) l’union étroite des rangs invincibles du Parti" - confortant ainsi la ligne du PTC visant au développement simultané de l'économie et des forces armées, lesquelles s'appuient sur la force de dissuasion nucléaire. Le compte rendu de la réunion se termine d'ailleurs sur la priorité à donner à la poursuite du renforcement du potentiel militaire, avant une nouvelle mention de l'intervention de l'armée pour résoudre les dégâts causés par les inondations à Rason, avant les cérémonies de célébration de la fondation du PTC (le 10 octobre prochain). Il a précisé en avoir donné l'ordre "en qualité de Commandant Suprême" de l'Armée populaire de Corée, soulignant ainsi son implication personnelle sur ce dossier.

S'il est logique que les questions de défense (y compris, en RPDC, en matière de sécurité civile) concentrent l'essentiel des débats d'une réunion de la Commission militaire centrale, les attentes quant à une amélioration des relations Nord-Sud apparaissent fortes, sans toutefois que ne soient détaillées les mesures envisagées ou à prendre. Le terme de "confiance" pour évoquer les rapports Nord-Sud est fondamental, alors que celle-ci a manqué depuis le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul, en 2008.

Enfin, alors qu'un courant d'analyse en Occident cherche à minimiser, sans véritables preuves, le rôle clé que joue manifestement le Maréchal Kim Jong-un dans la direction de la RPD de Corée, il est significatif que le seul rapport mentionné dans le compte rendu soit le sien, tendant ainsi à souligner l'exercice de son leadership.

Source principale :

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?