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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 14:38

464px-2010-03-20_13-08-02Ramseyclark.jpgLa procédure d'interdiction engagée par le gouvernement sud-coréen de Mme Park Geun-hye à l'encontre du principal parti de gauche sud-coréen, le Parti progressiste unifié (PPU), soulève une vague de condamnations grandissante dans le monde de la part des défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme. Plusieurs dirigeants de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) ont ainsi cosigné une pétition dont les premiers signataires sont l'ancien procureur général des Etats-Unis Ramsey Clarke (photo à gauche, source) et Noam Chomsky.

De lourdes menaces pèsent sur la démocratie en Corée du Sud. C'est en ce sens qu'il faut resituer la procédure d'interdiction engagée par les autorités sud-coréennes à l'encontre du principal parti de gauche,  le Parti progressiste unifié (PPU), qui a recueilli plus de 10 % des voix aux dernières élections législatives du printemps 2012 et est représenté au Parlement. La procédure d'interdiction d'un parti politique disposant d'une assise parlementaire marque une régression des droits et libertés politiques sans précédent en Corée du Sud depuis le rétablissement de l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct en 1987, à l'issue de luttes opiniâtres menées par les citoyens sud-coréens, dont plusieurs milliers ont payé cet engagement de leur vie.

La procédure d'interdiction engagée à l'encontre du PPU n'est que le dernier avatar d'une dérive inquiétante du pouvoir sud-coréen, devant laquelle les gouvernements occidentaux sont enfermés dans un silence comparable à celui qu'ils ont observé  vis-à-vis de Séoul pendant la guerre froide, quand une junte militaire était au pouvoir en Corée du Sud. En effet, après les intimidations à l'encontre des médias, les ingérences des services de renseignement (NIS) dans l'élection présidentielle ayant vu la victoire de la candidate conservatrice Mme Park Geun-hye et les protections dont bénéficie le NIS au plus haut niveau de l'Etat, le maintien en vigueur d'une loi anti-démocratique - la loi de sécurité nationale, qui sert à réprimer toute opposition sous le prétexte de soutiens imaginaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - et l'inacceptable mise en cause soudaine d'un député du PPU, Lee Seok-ki, s'inscrivent bien dans une logique de sape des fondements de la démocratie sud-coréenne.

Tel est le contexte dans lequel a été lancée une pétition internationale contre l'interdiction du PPU et pour la démocratie en Corée du Sud, dont les premiers signataires sont l'ancien procureur général Ramsey Clarke, le professeur et linguiste Noam Chomsky et le militant pacifiste Brian Becker. Fidèles à la tradition de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) de soutien aux mouvements de défense de la démocratie en Corée du Sud, plusieurs dirigeants de l'AAFC figurent dans la liste des premiers signataires publiée par le quotidien coréen Saram Ilbo : Guy Dupré, vice-président délégué de l'AAFC et secrétaire général du CILRECO ; Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération ; Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC. D'autres Français se sont associés à cette démarche, dont le juriste Roland Weyl et le professeur Jean Salem.

La liste des premiers signataires fait apparaître une forte représentation des milieux universitaires et scientifiques de par le monde, contre la démarche engagée par le gouvernement sud-coréen à l'encontre du PPU, celle-ci ne pouvant s'apparenter à aucune procédure admise dans les démocraties parlementaires occidentales : aux Etats-Unis, le professeur Changbo Chee et le chercheur (spécialiste du nucléaire) Dr. Lucas Whitefield Hixson ; en dehors des Etats-Unis, on trouve ainsi les noms du professeur d'économie de l'Université d'Ottawa Michel Chossudovsky, du professeur Long Xinming de l'Université Fundan (et fondateur du site www.bearcanada.com), du professeur d'économie Atsushi Fujioka (Université Ritsumeikan, Kyoto, Japon), du professeur malais Murray Hunter et d'Henri Féron (Université Tsinghua, à Pékin). Figurent aussi, parmi les premier signataires, des militants comme Suzanne Majo de Kuyper (Ligue internationale des femmes pour la paix et la démocratie), Patrick McCann, président de l'association des Vétérans pour la paix, Manik Mukherjee, secrétaire général du Comité international de coordination anti-impérialiste, la quaker Renie Lindley, les anciens missionnaires en Corée George et Dorothy Ogle, l'exilé israélien Tov Roy et le syndicaliste Mike Gimbel, ancien membre du bureau de l'AFL-CIO, un représentant de l'Unesco pour le bureau régional d'Afrique de l'Est, Yayoi Segi (Kenya), des spécialistes de relations internationales (Gregory Elich, Institut de recherche Jasenovac et Institut de politique coréenne, Columbus, Ohio ; Sara Flounders, co-directrice du Centre d'action internationale ; Bruce K. Gagnon, coordinateur du Réseau global contre les armes et le nucléaire dans l'espace ; les Dr. Alexandre Vorontsov et Igor Alexeev, de la Fondation pour la culture stratégique, Moscou), des représentants des médias et de la culture, comme l'écrivain et réalisateur Andre Vltchek, qui a récemment visité la Corée du Nord et le journaliste palestinien Jamal Kanj.

Parmi les Coréens des Etats-Unis, on retrouve notamment les noms du Révérend Syngman Rhee, ancien président du Conseil national des Eglises, du Révérend Kil Sang Yoon (directeur du projet Corée du Centre d'étude des procédures, Université Claremont Lincoln), de Daniel Kim (association Nodutdol pour le développement de la communauté coréenne) et du Dr Moon J. Pak (Michigan).

Sources : AAFC, Saram Ilbo.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Campagnes relayées par l'AAFC
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)