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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 00:07

Compétition internationale universitaire multi-sports organisera par la Fédération internationale du sport universitaire (FISU), l'Universiade tiendra, en 2015, sa XXVIIIème édition d'été dans la ville sud-coréenne de Gwangju. Des contacts ont d'ores et déjà été pris par les organisateurs pour qu'une équipe coréenne unifiée participe à cet événement. L'Association d'amitié franco-coréenne formule des voeux de plein succès pour qu'aboutisse ce projet, qui serait le symbole de l'unité de la nation coréenne.

 

En juillet 2012, un accord a été signé entre le comité d'organisation de l'Universiade d'été 2015 de Gwangju et Wilfried Lemke, conseiller spécial au bureau des Nations Unies pour le sport au service du développement et de la paix (acronyme anglais : UNOSDP). L'objectif est ambitieux, mais à la hauteur des espoirs de tous les Coréens pour montrer que leur pays peut parler d'une seule voix sur la scène internationale : constituer une équipe unifiée en vue de cet événement sportif qui rassemble des étudiants de plus de 150 pays du monde, alors que la Corée du Sud accueillera la XXVIIIème édition d'été dans la ville de Gwangju, foyer des luttes en Corée du Sud - notamment étudiantes - contre le régime militaire sud-coréen et pour la démocratie.

 

ban_ki_moon_universiade-2015_Gwangju.jpgLe 29 octobre 2012, ce projet a reçu un soutien de poids en la personne du Sud-Coréen Ban Ki-moon (photo à gauche), secrétaire général de l'ONU, lors d'une manifestation à Séoul pour la promotion de la diplomatie sportive. Ban Ki-moon a déclaré : la rencontre mondiale du sport universitaire de 2015 à Gwangju « sera une merveilleuse opportunité pour les étudiants de se rassembler autour du sport et de la culture, des valeurs et de l’entente (...) Nous étudions même la possibilité que cette première équipe coréenne unifiée concoure ensemble pendant l’événement ».

 

Si les deux Corée ont à plusieurs reprises défilé ensemble sous une même bannière lors des cérémonies d'ouverture de manifestations sportives internationales, en particulier lors des Jeux olympiques, à l'époque de la diplomatie du "rayon de soleil", constituer une équipe unifiée représente une étape supplémentaire, plus rarement franchie. Les précédents sont déjà anciens et datent de 1991 : Coréens du Nord et du Sud avaient alors joué ensemble lors de la coupe du monde de football des moins de 20 ans, et une équipe unifiée avait aussi été constituée pour les championnats du monde de tennis de table au Japon.

 

La Corée du Sud a déjà accueilli les Universiades, à Taegu en 2003. Cette édition avait d'ailleurs été marquée par le plus grand nombre à ce jour de nations participantes (174). La ville de Gwangju a été sélectionnée, le 15 mars 2009, pour accueillir l'édition d'été 2015, en l'emportant face aux candidatures d'Edmonton, au Canada, et de Taipei.

 

Lors de la dernière édition des Universiades d'été, en 2011 à Shenzhen, la République de Corée (du Sud) s'est classée troisième au tableau des médailles, en emportant 28 médailles d'or, 21 médailles d'argent et 30 médailles de bronze. Pour sa part, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait décroché 2 médailles d'or, 2 médailles d'argent et 1 médaille de bronze.

 

Sources : AAFC, Yonhap (dont photo).

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 00:12

DeuxCor-e.jpgAu moment où les traditionnels exercices militaires conjoints américano - sud-coréens Hoguk engagent des forces militaires plus nombreuses que d'ordinaire, le gouvernement sud-coréen multiplie les déclarations sur de "possibles" "provocations" nord-coréennes, monte en épingle une intrusion supposée de navires nord-coréens dans les eaux territoriales que revendique la Corée du Sud, et laisse courir la rumeur - dans la presse conservatrice qui lui est acquise - d'un "prochain" essai nucléaire qui n'est jamais survenu à ce jour, avant de devoir reconnaître qu'il n'y a pas d'activité inhabituelle autour des sites nucléaires nord-coréens... Aucun doute n'est permis : la campagne pour l'élection présidentielle sud-coréenne du 19 décembre prochain bat son plein, et pour la droite au pouvoir à Séoul tout est bon pour agiter une prétendue menace du Nord, en faisant souffler "le vent du Nord". Mais à force de souffler sur les braises de la confrontation entre le Nord et le Sud, la droite sud-coréenne non seulement déçoit cruellement les espoirs du peuple coréen pour la réunification, mais elle accroît les risques de conflit. Attachée à la paix dans la péninsule et à la solidarité entre tous les Coréens, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à changer de cap et à tout mettre en oeuvre pour revenir au plus vite sur la voie du dialogue intercoréen.

En plaidant pour augmenter la portée de ses missiles, la Corée du Sud du président conservateur Lee Myung-bak a entraîné une tempête de critiques, non seulement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), mais aussi en Chine et dans les autres pays voisins, en relançant la course aux armements par une remise en cause des principes sur lesquels est fondé l'équilibre des forces en Asie du Nord-Est.

Puis la visite du Président conservateur Lee Myung-Bak sur l'île Yeonpeong, théâtre d'affrontements meurtriers entre les deux Corée il y a moins de deux ans, a soulevé de vives protestations de la Corée du Nord, qui a alors rappelé qu'elle ne reconnaît pas la ligne de démarcation maritime tracée unilatéralement par les Etats-Unis à la fin de la guerre de Corée.

Enfin une rencontre, le 24 octobre 2012, entre le ministre sud-coréen de la Défense et son homologue américain, sur des "consultations de sécurité", a à nouveau agité la prétendue menace nord-coréenne, alors que dans l'immédiat les exercices militaires conjoints Hoguk entre Séoul et Washington posent ces deux Etats en principaux responsables de l'escalade des tensions dans la péninsule. Conduits du 25 octobre au 2 novembre, ces exercices de guerre impliquent des forces combinées des trois armes (air, terre, mer), à hauteur de 240.000 hommes, soit 100.000 hommes de plus que l'an passé. Le 27 octobre, le Comité national pour la paix en Corée a publié un communiqué dénonçant les exercices militaires Hoguk.

Dans ce contexte, le secrétariat du Comité (de la RPD de Corée) pour la réunification pacifique de la Corée a réagi très vivement, dans un bulletin publié le 27 octobre 2012, contre le renforcement de l'axe Washington-Séoul contre la RPDC. Il a notamment mis en cause la perspective d'une réintroduction d'armes chimiques de destruction massive dans le Sud de la péninsule.

Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne est convaincue que ces manoeuvres préélectorales visent à faire "souffler le vent du Nord" en cherchant à favoriser la candidate conservatrice Park Geun-hye au scrutin présidentiel du 19 décembre 2012. L'expérience du dramatique naufrage du Cheonan, causé par une mine sud-coréenne et non par la RPDC, avait toutefois montré les limites des tentatives de manipulation de l'opinion publique : en juin 2010, quelques semaines après les conclusions de l'enquête officielle incriminant la RPD de Corée malgré le scepticisme d'une bonne partie de l'opinion publique, les élections locales s'étaient soldées par un échec de la majorité conservatrice au pouvoir à Séoul, et en dépit d'une campagne quotidienne de mise en cause de la Corée du Nord.

 

Principales sources : AAFC, KCNA

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 22:06

Cor-eUnie-copie-1.pngAlors que le mandat du président sud-coréen Lee Myung-bak (Saenuri, conservateur ; non rééligible) approche de son terme, à moins de trois mois de la prochaine élection présidentielle à Séoul, il est l'heure de dresser le bilan des relations intercoréennes au cours des cinq dernières années. Le constat est celui d'un grave recul dans le dialogue et les échanges Nord-Sud, ce que déplore vivement l'Association d'amitié franco-coréenne au moment où elle commémore le cinquième anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007 qui apparaît plus que jamais comme la seule voie  raisonnable vers la réunification de la Corée.

S'il n'a jamais officiellement tourné le dos aux déclarations communes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, le pouvoir conservateur du président sud-coréen Lee Myung-bak a mené une politique nord-coréenne qui a sapé un à un les acquis du dialogue intercoréen de ses prédécesseurs démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun :

- après l'interruption - seulement un an après leur lancement - des visites sud-coréennes dans l'ancienne capitale royale de Kaesong, ce fut la fin du tourisme intercoréen des monts Kumgang, après la mort malheureuse d'une touriste sud-coréenne, le Sud étant resté fermé à toutes les propositions nord-coréennes de reprise de circuits qui avaient permis à près de 2 millions de visiteurs du Sud de découvrir les magnifiques montagnes de diamant et aussi d'abandonner certains de leurs préjugés à l'encontre de leurs compatriotes du Nord ;

- fin des échanges réguliers de familles séparées de part et d'autre du 38ème parallèle, malgré des reprises ponctuelles, à l'initiative notamment de la RPD de Corée, comme en septembre 2010 ; de même, un "niet" a presque toujours été opposé par les collaborateurs du président Lee Myung-bak à la poursuite des échanges sportifs et culturels, les défilés conjoints des athlètes du Nord et du Sud lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques appartenant désormais au passé ;

- fin des livraisons d'engrais et de céréales au Nord, même les catastrophes humanitaires ayant frappé la RPD de Corée n'ayant pas conduit les autorités sud-coréennes à assouplir leurs positions ; après le dramatique bilan du passage cet été des puissants typhons Bolaven et Tembin qui ont balayé toute la péninsule, le gouvernement de Séoul a proposé, comme l'an passé, des produits ne correspondant pas aux besoins exprimés par le Nord et s'est logiquement vu opposer, comme l'an dernier, une fin de non-recevoir de ses homologues du Nord, qui demandaient des céréales et des matériaux de construction ; en réitérant une offre dont il savait d'avance qu'elle ne serait pas acceptée par le Nord, le Sud a créé délibérément les conditions d'un blocage du dialogue ;

- net ralentissement du développement de la zone économique spéciale de Kaesong, qui n'en reste pas moins la seule politique intercoréenne à avoir survécu au changement de cap décidé à Séoul ; officiellement soutenus par le président Lee Myung-bak, le raccordement des liaisons ferroviaires intercoréennes et la poursuite des gazoducs sibériens jusqu'au Sud de la péninsule n'auront en réalité marqué aucun progrès en plus de quatre ans.

- parallèlement à la répression qui s'est abattue sur les militants sud-coréens pro-réunification (et qui n'a pas épargné l'AAFC, objet d'une surveillance policière accrue et de manoeuvres des services secrets sud-coréens en France), l'armée sud-coréenne a injustement accusé la République populaire démocratique de Corée du dramatique naufrage du Cheonan, ayant conduit à la mort de 46 marins sud-coréens, en l'utilisant comme prétexte à une cessation des échanges économiques et humains et à un renforcement des exercices militaires conjoints avec les Etats-Unis, ce qui fait peser un climat de confrontation dans la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est.

L'administration Lee Myung-bak a invoqué la poursuite du programme d'autodéfense nord-coréen, notamment l'essai nucléaire du 25 mai 2009, pour imposer toute une batterie de sanctions et être à l'initiative de mesures répressives du Conseil de sécurité des Nations Unies vis-à-vis de la RPD de Corée. Mais il s'agit de prétextes fort opportunément utilisés, quand au contraire l'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006 n'avait pas empêché, un an plus tard, la seconde rencontre intercoréenne au sommet, entre le Dirigeant Kim Jong-il et le Président Roh Moo-hyun. Si les anciennes administrations démocrates sud-coréennes tenaient compte des inévitables avancées et reculs dans le dialogue intercoréen pour faire progresser les échanges sur le long terme, les conservateurs au pouvoir depuis février 2008 ont suivi une ligne exactement inverse : en mettant en avant les tensions intercoréennes (dont ils sont parfois eux-mêmes directement à l'origine, comme dans le cas du Cheonan), et en minimisant systématiquement les avancées du Nord pour rejeter les occasions de reprise du dialogue, les autorités sud-coréennes ont mené consciemment une politique de déconstruction de la relation Nord-Sud.

En décidant d'organiser une réunion d'urgence des ministres chargés des affaires étrangères et de la sécurité le 26 septembre 2012, au lendemain d'une session de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée essentiellement consacrée à l'allongement de la durée obligatoire de scolarisation, le président Lee Myung-bak s'est inscrit dans une politique constante consistant à faire souffler le vent du Nord, en accréditant l'idée d'une menace venant de la RPDC, pour favoriser son camp à l'approche de chaque échéance électorale.

Au moment où des navires sud-coréens ont tiré sur des bateaux de pêche nord-coréens qui se seraient selon eux aventurés dans les eaux territoriales de la République de Corée, le département politique de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée a au contraire dénoncé l'intrusion répétée de la flotte du Sud dans les eaux territoriales nord-coréennes. Ces incidents, qui n'ont heureusement fait aucune victime, sont symptomatiques du climat du défiance qui s'est instauré entre les deux gouvernements coréens, à contre-courant de la déclaration du 4 octobre 2007 qui avait montré la voie à suivre en proposant l'instauration d'une zone de paix et de pêche conjointe dans les eaux disputées, alors que la ligne de limite Nord (Northern Limit Line, NLL) en mer de l'Ouest a été tracée unilatéralement par les Etats-Unis à la fin de la guerre de Corée. La candidate conservatrice à l'élection présidentielle de décembre, Mme Park Geun-hye, en parlant de l'application de la déclaration du 4 octobre 2007 dans le respect de la NLL, poursuit la ligne de l'administration Lee Myung-bak dans les relations intercoréennes, alternant faux appels au dialogue et vraies mesures de confrontation.

Le président Lee Myung-bak prétendait que seule la fermeté permettrait de faire prévaloir les intérêts du Sud dans les relations intercoréennes. Aujourd'hui, la péninsule est au contraire une zone de dangers accrus. Le renforcement de la défense sud-coréenne qui en a résulté a détourné des ressources qui auraient été mieux utilisées à l'amélioration de l'économie et du niveau de vie au Sud, dans un contexte de crise mondiale. Enfin, la politique délibérée de l'administration Lee Myung-bak d'étranglement économique de la RPD de Corée - en coupant les circuits d'échanges, à l'exception notable de Kaesong, sans doute car elle entraînerait la faillite des dizaines de PME sud-coréennes présentes au Nord de la DMZ - a créé une situation préjudiciable à la prospérité de tous les Coréens, qu'ils soient du Nord ou du Sud, tout en renvoyant à une échéance encore plus lointaine la convergence des deux économies. Cette convergence est pourtant l'une des conditions nécessaires à une réunification de la Corée dans les meilleures conditions possibles.

L'échec de la politique nord-coréenne du président Lee Myung-bak a apporté la preuve, par la négative, que la politique du rayon de soleil conduite entre 1998 et 2008 était la seule viable dans les relations Nord-Sud.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 23:31

Le 1er septembre 2012, Oh Ik-jae (O Ik-je), ancien président leader religieux sud-coréen (de l'Eglise Chondogyo), ayant rejoint la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en août 1997, est mort à Pyongyang, à l'âge de 83 ans. Le lendemain, le 2 septembre 2012, c'est une autre figure religieuse, le révérend Moon Sun-myung, fondateur de l'Eglise de l'unification (souvent appelée "secte Moon") qui a disparu, à Séoul, âgé de 92 ans. Si la question de la réunification de la Corée a croisé les destins de Oh ik-je et Moon Sun-myung, c'est de manière totalement différente, selon notre analyse qui s'en tient strictement aux seules relations intercoréennes.

 

Après avoir été un des pourfendeurs du "communisme athée", le révérend Moon, originaire du Nord de la péninsule, avait rencontré le Président Kim Il-sung en 1991 : il en avait résulté une présence économique des entreprises liées à l'Eglise de l'unification en RPD de Corée, notamment dans l'assemblage des voitures Pyonghwa motors - mais dont la production est restée modeste (à notre connaissance, inférieure à 1.000 véhicules par an, faute de pouvoir le vérifier sur place, nos demandes de visiter les usines ayant toujours été refusées par les dirigeants du groupe sud-coréen) - ainsi qu'une floraison d'associations se disant favorables à la réunification de la Corée, comportant dans leur dénomination le mot "paix", et bénéficiant des importants moyens financiers de l'empire économique constitué par Moon.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne s'est toujours maintenue à l'écart de l'Eglise de l'unification, qui a approché à plusieurs reprises nos dirigeants (dans la période récente, en 2007, 2010 et 2012, en visant chaque fois des personnes nouvelles et procédant différemment, par contact téléphonique, puis par une rencontre fortuite via des tiers, et enfin par l'envoi ciblé d'ouvrages sur le révérend Moon) - comme d'ailleurs ceux d'autres associations oeuvrant pour la réunification de la Corée.

 

En effet, d'une part, nous avons toujours considéré comme essentielle notre indépendance financière, en fondant nos activités sur nos seules ressources propres, issues des cotisations et des dons de nos adhérents et sympathisants.

 

D'autre part, il nous a paru pour le moins singulier que des coordonnées personnelles (comme des numéros de téléphone portable) aient été obtenues et utilisées par la secte Moon pour nous approcher. Nous avons été conduits à nous interroger sur de possibles liens entre l'Eglise de l'unification et les services de renseignement sud-coréens (successeurs de la KCIA) et américains, hostiles à l'AAFC et à ses membres. Roger Faligot a écrit dans Paris Nid d'espions (Parigramme, p. 53), à propos de l'enlèvement à Paris en 1979, puis de l'assassinat, de Kim Hyung-wook : "en 1973, Kim Hyung-wook, directeur de la KCIA, fait défection aux Etats-Unis. Quatre ans plus tard, il témoigne devant la sous-commission du Congrès et détaille les liens entre la secte Moon et la KCIA. Parmi ses révélations figure la mise en place de Radio Free Asia, qui émet en liaison avec la CIA américaine, tout en fustigeant la corruption de membres du Congrès américain achetés par le dictateur Park Chung-hee". Certes, la position de la secte Moon vis-à-vis de la Corée du Nord n'est plus la même en 1973 et en 2012, et nous avons pris bonne note qu'un responsable français de la Fédération pour la paix universelle - liée à l'Eglise de l'unification - a affirmé n'avoir pas transmis des données personnelles nous concernant à quelque service national de renseignement que ce soit. C'est toutefois le propre d'un service national de renseignement d'utiliser tous les réseaux possibles pour collecter de l'information.

 

Enfin, fondamentalement, l'AAFC est indépendante de tout mouvement politique, religieux ou philosophique. Les associations liées à la secte Moon ont au contraire, selon nous, un caractère religieux. Enfin, des auteurs comme Roger Faligot ont fait état de liens avec le régime militaire sud-coréen, que nous avons pour notre part toujours combattu, en nous plaçant délibérément du côté des partisans de la démocratie en Corée du Sud, qui ont souvent payé leur engagement au prix de leur vie.

 

Tel est le choix fait par un autre leader religieux, disparu presque au même moment, et dont nous saluons la mémoire : Oh Ik-jae avait pris part aux mouvements politiques pour la démocratisation de la Corée du Sud des militaires, ainsi qu'aux combats pour la réunification de la Corée. Après avoir dirigé le mouvement religieux Chondogyo, il était devenu un conseiller aux affaires religieuses du futur président démocrate Kim Dae-jung, à l'origine de la "politique du rayon de soleil" d'ouverture au Nord, conduite entre 1998 et 2008.

 

o_ik_je_oh_ik_jae.jpg

 

Alors que la campagne présidentielle sud-coréenne battait son plein, et devait aboutir à la première alternance démocratique dans l'histoire du pays, Oh Ik-jae choisissait de rejoindre la RPD de Corée en août 1997. Il n'était ni la première, ni la dernière personnalité sud-coréenne à faire ce choix, la loi de sécurité nationale - toujours en vigueur au Sud - créant un climat permanent de maccarthysme contre tout partisan de la réunification, mais aussi à l'encontre des contestations politiques et syndicales de l'actuel gouvernement conservateur.

 

Au Nord, Oh Ik-jae avait poursuivi son combat de toujours pour la réunification, en devenant vice-président du Comité pacifique pour la réunification de la Corée. Il était parallèlement membre du Comité central d'orientation de l'Association chondoïste de Corée, l'une des trois principales associations à caractère religieux de la RPD de Corée (avec les associations bouddhiste et chrétienne).

 

Le 2 septembre, l'agence KCNA de la RPD de Corée a rendu hommage au "patriote qui s'est dévoué à la démocratisation de la société sud-coréenne et à la réunification du pays". Une couronne de fleurs a été adressée par Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée.

 

Sources : AAFC, AP, KCNA.

 

 

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 18:59

Un curieux message est apparu en juin dernier sur les pages d'accueil des sites Internet de plusieurs missions diplomatiques sud-coréennes à l'étranger : il s'agissait de la reprise d'une note des services secrets sud-coréens envoyée aux ambassades de la République de Corée (Corée du Sud), et intitulée "Merci de ne pas fréquenter les restaurants nord-coréens". Sous des arguments peu convaincants, la note développait la thèse des néo-conservateurs américains sur la stratégie d'étranglement économique de la Corée du Nord. La vigueur des réactions en Corée du Sud a entraîné le retrait de ces messages sur Internet. L'Association d'amitié franco-coréenne dénonce ces pratiques d'un autre âge, révélatrices de l'emprise que continuent d'exercer les services secrets sur la société sud-coréenne. Comme les nobles émigrés de retour après la Révolution française et l'Empire, les espions sud-coréens n'ont "rien appris, rien oublié" depuis la chute du régime militaire à Séoul.

 

jon_yong_chol_conference_presse.jpgLe 19 juillet 2012, un Nord-Coréen ayant fait défection au Sud, Jon Yong-chol, a donné une conférence de presse au Palais de la culture du peuple, à Pyongyang, après son arrestation pour terrorisme. Il a déclaré être revenu au Nord en tant qu'agent d'une organisation soutenue par les gouvernements américain et sud-coréen, le Front de libération du peuple nord-coréen (FLPNC) dirigé par Kim Song-min, avec pour mission de détruire les statues des dirigeants nord-coréens, en vue de créer une situation d'instabilité politique. Il a précisé qu'il devait passer à l'acte le 27 juillet, célébré en République populaire populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme le jour de la victoire dans la guerre de libération de la patrie (guerre de Corée). Jon Yong-chol a détaillé devant la presse le mode opératoire envisagé pour l'explosion des statues, ainsi que les préparatifs engagés depuis la fin de l'année 2011. Le gouvernement sud-coréen a réfuté en bloc les déclarations de Jon Yong-chol, qui font état d'une tentative de déstabilisation d'un des deux Etats coréens par l'autre partie sans précédent dans l'histoire des relations intercoréennes depuis deux décennies.

 

Quelques semaines plus tôt, le gouvernement sud-coréen avait préféré adopter un profil bas sur une autre affaire, moins spectaculaire mais symptomatique de l'activisme des services secrets sud-coréens comme bras armé des conservateurs au pouvoir à Séoul dans leur politique de changement de régime au Nord. Le silence sur cette autre affaire a été observé par les médias sud-coréens conservateurs (Chosun Ilbo, Dong-A Ilbo, Joong-Ang Ilbo) et pro-gouvernementaux (KBS, Yonhap), alors que les preuves matérielles empêchent tout déni.

 

Comme l'a révélé le Hankyoreh, un des rares médias sud-coréens indépendants du pouvoir conservateur et considéré à ce titre comme l'un des plus fiables par l'opinion publique, une note du service national de renseignement sud-coréen (National Intelligence Service, NIS) a été adressée aux représentations diplomatiques sud-coréennes à l'étranger pour décourager les touristes sud-coréens de fréquenter les restaurants nord-coréens implantés en dehors de la péninsule. Des messages intitulés "Merci de ne pas fréquenter les restaurants nord-coréens" ont été publiés entre le 11 et 19 juin en page d'accueil des sites Internet de plusieurs ambassades et consultats sud-coréens.

 

L'argumentaire développé ne manque pas de sel : les restaurants nord-coréens sont décrits comme des entreprises uniquement destinées à procurer à la RPD de Corée des devises pour son programme nucléaire et balistique, tout client sud-coréen d'un restaurant nord-coréen se rendant ainsi complice d'une atteinte à la sécurité nationale sud-coréenne. Derrière l'inanité de telles affirmations, fondées sur les raccourcis les plus grossiers, se fait jour un raisonnement bien plus cohérent : plus la Corée du Nord sera asphyxiée économiquement, plus le vieux rêve de l'extrême-droite d'un effondrement de la RPDC aura des chances de se réaliser. Ce qu'oublient naïvement les "faucons" sud-coréens est que leur logique a pour seul effet certain d'appauvrir les populations nord-coréennes. Mais les ultraconservateurs sud-coréens ont montré de manière constante leur désintérêt pour la vie des Nord-Coréens, après avoir pratiqué depuis des années le chantage alimentaire

 

Sous couvert d'anonymat, un diplomate du ministère sud-coréen des Affaires étrangères et du commerce a déclaré "ne pas en croire ses yeux" en se demandant "à quelle époque nous vivons". Les messages sur les sites Internet ont finalement été supprimés sans plus d'explications par le ministère des Affaires étrangères sud-coréen. Mais pendant combien de temps la société sud-coréenne acceptera-t-elle encore de se plier aux caprices des services de renseignement, obligés d'inventer des ennemis imaginaires pour justifier le maintien de leurs privilèges ?

 

Sources : AAFC, Hankyoreh, KCNA (dont photo).

 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 23:32

Le 24 mars 2012, Ro Su-hui, vice-président de la branche sud-coréenne de l'Alliance pancoréenne pour la réunification (Ponminryon), entrait en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), alors en deuil après la disparition du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il. Après un accueil chaleureux par ses compatriotes au Nord de la péninsule, Ro Su-hui a courageusement choisi de franchir la ligne de démarcation entre les deux Etats coréens, le long de la DMZ, pour retourner au Sud, en portant haut le drapeau de la Corée unifiée. Ro Su-hui a été accompagné notamment par Choe Jin-su, président de la branche nord-coréenne de la Ponminryon, et de représentants de l'Alliance pancoréenne de la jeunesse et des étudiants ainsi que du Comité Nord pour la mise en oeuvre de la déclaration conjointe du 15 juin. Mais dès qu'il a franchi la DMZ côté Sud, c'est un tout autre comité d'accueil qui l'attendait, comme le montrent les images ci-dessous : Ro Su-hui a été molesté et arrêté, au nom de la loi de sécurité nationale sud-coréenne, qui interdit tout contact entre le Nord et le Sud n'ayant pas fait l'objet d'une autorisation gouvernementale préalable. L'Association d'amitié franco-coréenne plaide pour que Ro Su-hui soit libéré, et que la loi de sécurité nationale soit abrogée.

 

adieux_a_ro_su_hui.jpg

 

ro_su_hui_franchissant_la_DMZ.jpg

 

ro_su_hui_arrestation.jpg

 

ro_su_hui_arrestation_3.jpgSource : Rodong Sinmun.

 

 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 23:01

Il y a quarante ans, le communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972 marquait une étape fondamentale dans le long chemin vers la réunification de la péninsule coréenne. En effet, alors que les deux Etats coréens créés en 1948 - la République de Corée, au Sud, puis la République populaire démocratique de Corée (RPDC), au Nord - avaient jusqu'alors aspiré à la représentation exclusive de toute la Corée, la déclaration du 4 juillet 1972 a posé les fondements du premier dialogue intercoréen, définissant des principes qui ont guidé jusqu'à aujourd'hui le dialogue Nord-Sud. L'Association d'amitié franco-coréenne salue les valeurs fondatrices de la déclaration conjointe, expression de l'attachement de l'ensemble des Coréens à la réunification de leur patrie.

 

Préparée par des rencontres au niveau des Croix-Rouge de chacun des deux Etats coréens, la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 juillet 1972 a été rendue publique simultanément à Pyongyang et à Séoul.

 

Elle a défini les trois principes devant guider la réunification de la péninsule :

- l'indépendance, c'est-à-dire le refus de toute ingérence étrangère (y compris des organisations internationales) dans le processus de réunification, lequel doit être réalisé par les Coréens eux-mêmes ;

- la paix, en excluant tout recours à la force, moins de vingt ans après la fin des combats de la guerre de Corée ayant causé des millions de morts ;

- la grande union nationale, à savoir la volonté de dépasser les différences "d'idéologie, d'idéal et de régime" pour parvenir à la réunification.

 

Des propositions avaient été faites par la RPD de Corée pour aboutir à la déclaration conjointe du 4 juillet 1972. En avril 1971, l'Assemblée populaire suprême avait soumis en ce sens aux autorités sud-coréennes une proposition en huit points. Le 6 août 1971, lors d'un rassemblement tenu à Pyongyang, le Président Kim Il-sung avait déclaré qu'il était disposé à rencontrer à tout moment des représentants de l'ensemble des partis politiques et organisations sociales du Sud.

 

Au Sud, le général Park Chung-hee a saisi la main tendue par le Nord afin de redorer son blason politique après une difficile réélection l'année précédente, et dans un contexte international qui rendait moins automatique le soutien des Américains, engagés dans des négociations avec la Chine populaire jusqu'à la reconnaissance du régime de Pékin, et sur le point d'amorcer leur retrait du Vietnam. Signe du climat de détente, un sommet américano-soviétique s'était tenu en mai 1972.

 

lee hu rak pak sung cholPréalablement à la déclaration, Lee Hu-rak, directeur des services de renseignement sud-coréens, avait visité Pyongyang, puis Pak Sung-chol, deuxième vice-Premier ministre nord-coréen, s'était rendu à Séoul (ci-contre, Lee Hu-rak, à gauche, et Pak Sung-chol, à droite).

 

En application de l'accord du 4 juillet, le Comité de coordination Nord-Sud se réunit pour la première fois quatre mois plus tard, le 4 novembre 1972. Mais après trois rencontres du Comité, le dialogue était suspendu en août 1973.

 

Plusieurs facteurs expliquent l'échec de ce premier dialogue intercoréen. Tout d'abord, si le Sud avait accepté dans la déclaration du 4 juillet des principes défendus de longue date par le Nord, la sincérité de ses intentions pouvait être mise en doute : en octobre, Park Chung-hee avait profité de l'accueil favorable de la déclaration du 4 juillet dans l'opinion pour renforcer son pouvoir personnel en promulguant la nouvelle Constitution Yusin, la plus autoritaire de toutes celles qu'ait connues la Corée du Sud. La répression des opposants et des partisans de la réunification s'intensifiait au Sud, et l'implication du chef de la délégation sud-coréenne dans l'enlèvement, à Tokyo, de l'opposant Kim Dae-jung, motiva définitivement la RPD de Corée de suspendre un dialogue utilisé comme prétexte à la répression politique.

 

Mais les principes ainsi posés ont eu une portée qui dépassait désormais le contexte des années 1972-1973, et ils ont inspiré les étapes futures du dialogue intercoréen, notamment les déclarations Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. Une nouvelle ère s'était ouverte sur la voie de la réunification de la Corée. 

 

Source principale : Robert Charvin et Guillaume Dujardin, La Corée vers la réunification, L'Harmattan, pp. 118-121. 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 23:02

Depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, des dizaines de milliers de Coréens ont franchi le 38ème parallèle, les uns pour aller vivre en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les autres pour s'établir en République de Corée (du Sud). Si la dégradation de la situation économique au Nord après 1992 a entraîné après cette date des mouvements de populations beaucoup plus importants du Nord vers le Sud de la péninsule, les motivations des défecteurs nord-coréens et leurs conditions de vie au Sud font souvent l'objet d'une information très partiale, les médias occidentaux accordant de préférence la parole à une petite minorité d'activistes anticommunistes, pourtant très peu représentatifs des Nord-Coréens ayant rejoint le Sud. En effet, leur discours sur les conditions de vie au Nord doit être d'autant plus considéré avec précaution qu'il est daté et surtout empreint de lourds préjugés politiques - au point que les parlementaires de la majorité de centre-gauche, au pouvoir à Séoul de 1998 à 2008, avaient demandé d'arrêter de faire témoigner des réfugiés dont les récits faisaient apparaître des contradictions qui en révélaient le caractère non fiable. Dans ce contexte, il est intéressant d'entendre aussi les témoignages de la proportion non négligeable de réfugiés nord-coréens qui, déçus de leur vie au Sud, ont choisi finalement de revenir en Corée du Nord.

 

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Elle s'appelle Pak Jong-suk. Elle a aujourd'hui 66 ans. Le 29 mars 2006, elle quitte la Corée du Nord pour la Chine. Son rêve : retrouver son père, qui l'a laissée au Nord de la péninsule pour aller vivre en Corée du Sud et échapper au danger des bombes A que le général MacArthur voulait lâcher dans le Nord de la péninsule. C'était la guerre en Corée, et elle n'était alors qu'une enfant. Quand Pak Jong-suk franchit le fleuve Tumen, à la frontière sino-coréenne, en 2006, elle a aussi un espoir : mener une vie meilleure au Sud, grâce à l'argent qu'elle espère recevoir de son père.

 

Le 29 juin 2006, ayant payé des passeurs, elle peut enfin rejoindre la Corée du Sud. Des Coréens en Chine lui ont indiqué qu'elle pourrait y retrouver son père.

 

Mais elle découvre un homme devenu inconscient suite à une intervention chirurgicale au cerveau, et qui mourra deux mois après son arrivée sans avoir pu lui parler. Elle découvre aussi la vie ordinaire des Nord-Coréens, cantonnés dans des travaux manuels ou dangereux, et dont le taux de suicide est cinq fois plus élevé que les Sud-Coréens. Elle découvre aussi que ceux qui l'ont fait venir en Corée du Sud étaient des agents des services de renseignement de Séoul, qu'elle accuse aujourd'hui de l'avoir entraînée dans un piège.

 

Alors, comme d'autres Nord-Coréens avant elle (mais dont le nombre est un secret d'Etat), elle prend un avion pour la Chine, et de là retourne en Corée du Nord le 25 mai 2012. Elle est inquiète des conséquences de son geste. Ne lui a-t-on pas dit, au Sud, qu'elle serait sévèrement punie, comme l'avait certainement été toute sa famille après sa défection ?

 

Mais elle retrouve son fils, marié et occupant un poste de professeur à l'Université Kim Won-gyun. Dans une attitude typiquement coréenne, elle est reconnaissante aux dirigeants nord-coréens et au général Kim Jong-un de l'avoir accueillie de manière chaleureuse et de lui avoir pardonné.

 

Telle est l'histoire de Pak Jong-suk, dont elle a fait part lors d'une conférence de presse qu'elle a donnée à son retour en Corée du Nord, le 28 juin 2012, au Palais des études du peuple de Pyongyang. Un témoignage bien loin des clichés habituels sur les réfugiés nord-coréens, pour reprendre la terminologie habituellement employée en Occident, et qui n'est elle-même pas neutre.

 

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Sources : KCNA (dépêche du 28 juin 2012, dont photo) ; Shanghai Daily ; The Washington Times.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 23:01

affaire_espion_neo_zelandais.jpgDepuis plusieurs semaines, une affaire défraie la chronique en Corée du Sud : un Néo-Zélandais d'origine coréenne et un Sud-Coréen auraient livré des secrets militaires à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). La thèse de l' "espion néo-zélandais" a fait les titres des journaux conservateurs sud-coréens, ainsi que par des médias publics contrôlés par le gouvernement de droite de Lee Myung-bak - qui en veut une preuve manifeste de la menace que constituerait la RPD de Corée. S'il est évident que les deux Corée s'espionnent mutuellement (comment en serait-il autrement, vu la situation de la péninsule coréenne ?), le hic est que l'affaire de l' "espion néo-zélandais" est, quant à elle, tout sauf convaincante. C'est ce que révèle un des rares journaux indépendants sud-coréens, le Hankyoreh, qui a mené ses propres investigations et est considéré par l'opinion publique sud-coréenne, pour son sérieux journalistique, comme le média délivrant la meilleure information. Les conclusions sont accablantes, en révélant un cas de manipulation délibérée de l'information à laquelle se livrent, en connaissance de cause, les services secrets sud-coréens, avec leurs complicités des journaux et télévisions classés à la droite de l'échiquier politique, pour le plus grand profit des conservateurs au pouvoir à Séoul.

 

Le 30 mai 2012, le bureau des poursuites judiciaires du district de Séoul a publié un communiqué annonçant avoir arrêté deux hommes pour espionnage militaire en faveur de la Corée du Nord. L'un d'entre eux est appelé Lee : âgé de 74 ans, il est décrit comme un ancien prisonnier non converti, c'est-à-dire un prisonnier d'opinion ayant purgé de longues peines de prison dans la Corée du Sud des généraux, et ayant refusé d'abjurer ses idéaux communistes. L'autre homme, le "complice", appelé Kim, âgé de 56 ans, est un Néo-Zélandais d'origine coréenne. Présentée à la télévision, l'affaire a vite fait la une des grands titres de la presse sud-coréenne.

 

Mais un quotidien indépendant sud-coréen, le Hankyoreh, a mené sa propre enquête, et en a conclu à une mise en scène de faits pour disposer d'un cas d'espionnage nord-coréen, dans un contexte où le parti au pouvoir accuse l'opposition de complaisance envers la RPD de Corée.

 

Des documents secrets qui n'existent pas

 

La première distorsion du communiqué sud-coréen est la qualité des documents qui auraient été transmis par Kim à un agent nord-coréen : huit documents sont mentionnés, à savoir un brouilleur de GPS, un dispositif de communication expérimental par antenne satellite (le NSI 4.0), un équipement radar, de la peinture pour avion furtif, un radar d'observations aériennes, des simulateurs de vol, des scooters sous-marins et un hélicoptère SH-2G.

 

Mais un militaire de haut rang a déclaré que les documents en question ne contenaient pas de secret militaire. La police a pourtant organisé une conférence de presse, le 5 juin, où elle a déclaré avoir demandé une étude à deux experts militaires et deux experts civils, qui auraient conclu que les huit documents constituaient tous des secrets militaires.

 

Le Hankyoreh ayant interrogé les experts militaires ayant conduit l'enquête, ceux-ci ont répondu qu'il n'y avait rien que l'on puisse qualifier de documents, mais seulement quelques lignes dans un e-mail envoyé par Lee à Kim, et lui demandait de réunir des documents. C'est cet e-mail auquel les experts ont eu accès. Le courrier électronique ne contenait que les mots "radar d'observations aériennes", et il n'y avait pas de documents originaux ou de copie.

 

Un autre responsable militaire a déclaré au Hankyoreh que la police avait d'abord posé des questions sur le NSI 4.0, dont la technologie était considérée comme la plus sensible. Mais les seuls documents montrés par la police étaient un e-mail et une brochure.

 

Un récit différent a été donné par un des experts civils, Shin In-kyun, président du Réseau de défense coréen (Korea Defence Network), un ancien directeur de studio de photographie s'étant spécialisé tardivement dans les questions de défense. Ce dernier aurait déclaré à la police que les documents "seraient d'une aide considérable pour la Corée du Nord s'ils tombaient dans ces mains". Interrogé par le Hankyoreh sur la nature de ces documents, il a répondu ne pas pouvoir dire exactement de quoi il s'agissait. Le même Shin In-kyun n'avait toutefois pas hésité à déclarer très précisément à un média conservateur, le 1er juin, que la technologie relative au brouillage de GPS était liée aux attaques récentes qu'auraient conduites les Nord-Coréens en ce domaine, attaques dont la preuve reste toutefois à apporter et, si tel était le cas, qu'elle auraient un lien avec l'affaire de l'espion néo-zélandais.

 

Le "prisonnier non converti" et l'agent nord-coréen fantôme

 

Dans leurs premières déclarations, les services de police avaient décrit Lee comme un ancien prisonnier non converti. Plusieurs médias conservateurs avaient alors dénoncé les anciennes administrations démocrates sud-coréennes pour leur laxisme vis-à-vis des anciens prisonniers d'opinion - dont elles avaient fait libérer plusieurs dizaines - en ayant ainsi permis à l'un d'eux de commercer avec la Corée du Nord. Comme l'avait déclaré l'un de ces médias, les anciens prisonniers non convertis "peuvent devenir des agents nord-coréens à tout moment".

 

Pourtant, comme l'a montré l'enquête du Hankyoreh, Lee aurait signé en janvier 1988 un engagement où il renonçait à ses idées communistes (il aurait donc bien été "converti"). Interrogée sur ce point, la police de Séoul a précisé l'avoir décrit comme un "prisonnier non converti", car l'expression "ancien prisonnier converti" est peu employée par les personnes concernées...

 

Toujours selon les médias conservateurs sud-coréens, tirant leurs sources des services de renseignement, les activités d'espionnage auraient commencé à être conduites par Lee en 2005, quand l'administration démocrate de Roh Moo-hyun était au pouvoir. Mais un responsable du ministère de la Réunification sud-coréen a révélé que l'autorisation avait été donné à Lee de commercer avec la Corée du Nord en 1994... quand la droite du Président Kim Young-sam était au pouvoir. Là encore, la police a dû modifier sa version des faits, en parlant désormais d'une autorisation donnée en 2005, mais aussi d'autorisations au cas par cas pour aller et venir en Corée du Nord avant cette date...

 

Par ailleurs, toujours selon les déclarations de la police, un espion nord-coréen aurait rencontré Lee et Kim au domicile de Kim en 2011, en leur donnant l'ordre de réunir une série de documents secrets. Un policier ayant rencontré les enquêteurs du Hankyoreh n'a pu que déclarer que Lee avait travaillé dans une entreprise où se trouvait une personne suspectée d'espionnage avec le Nord. Quand les journalistes ont insisté pour savoir si cette personne suspecte figurait effectivement dans les listes des services de renseignement sud-coréens, ce même policier a affirmé que ce serait au juge de le déterminer. En d'autres termes, rien ne prouve à ce stade que la personne rencontrée en 2011 soit bien un agent nord-coréen, ni même qu'elle ait formulé la demande d'obtenir des informations secrètes.

 

Les "autres parties impliquées" 

 

Les déclarations de police parlant d'autres parties impliquées dans cette affaire, les journalistes du Hankyoreh ont rencontré d'autres anciens prisonniers d'opinion ayant purgé de longues peines de prison, ainsi que des proches de Lee et Kim.

 

Lee a été décrit comme un homme d'affaire ayant réussi dans le commerce des campanules et des fougères. Son intérêt pour les questions liées à la réunification est considéré comme nul par une des ses anciennes salariées ayant travaillé avec lui pendant 7 ans de 2000 à 2007, et il n'a plus non plus rencontré d'anciens prisonniers politiques, consacrant toute son énergie à ses affaires.

 

Les personnes interrogées se sont aussi demandées pourquoi la Corée du Nord aurait utilisé comme intermédiaire un homme de 70 ans, sans connaissance des questions militaires.

 

Quant au complice néo-zélandais, Lee, sa femme a déclaré par téléphone au Hankyoreh que Kim, qui avait rencontré Lee pour des activités de commerce avec la RPDC, avait fourni des ustensiles de cuisine à l'armée sud-coréenne, puis qu'il avait choisi d'émigrer en Nouvelle-Zélande en 2001, dans le souci d'offrir une meilleure éducation à ses enfants. La femme de Lee a nié toute transmission d'informations militaires par son mari.

 

La police dit disposer d'informations selon lesquelles Lee aurait rencontré un expert de la technologie du GPS, dénommé Jeong, qui a travaillé plus de deux décennies auparavant dans une compagnie aérienne sud-coréenne. Depuis plus de dix ans, Jeong est actif dans le domaine des équipements pour le métro. Plusieurs journaux ont affirmé que Jeong aurait travaillé pour une entreprise de défense, mais les journalistes du Hankyoreh n'ont recueilli aucune preuve en ce sens.

 

Interrogé sur les raisons pour lesquelles Jeong n'avait pas encore été mis en examen, un officier de police a expliqué qu'il fallait d'abord déterminer si Jeong avait transmis des documents à la Corée du Nord... 

 

L'affaire de l' "espion néo-zélandais", ne reposant sur aucune preuve convaincante, a comme un arrière-goût de Cheonan. Le combat pour la libération de Kim et de Lee doit être une préoccupation de tous les démocrates. Enfin, si l'on peut comprendre, tout en le déplorant, que des personnes soient prêtes à tout, en Corée comme ailleurs, pour conserver le pouvoir - en l'occurrence les conservateurs du parti Nouvelle frontière - il est navrant que l'opinion publique sud-coréenne accepte aussi facilement une telle histoire. La démocratisation des médias reste décidément un combat toujours actuel en Corée du Sud.

 

Source : Hankyoreh (dont photo).

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 21:21

Kyong_Ho_Seong_Wu.jpgPremier ordre bouddhique de Corée qui regroupe les neuf dixièmes des bouddhistes sud-coréens, l'ordre Jogye (ci-contre, à gauche, Kyong Ho Seong-wu, 75ème patriarche) a renouvelé, le 2 mai 2012, ses appels au dialogue intercoréen, pour prévenir les risques de conflit dans la péninsule coréenne. L'engagement pour la paix des bouddhistes de l'ordre Jogye rejoint celui de l'Association d'amitié franco-coréenne.

 

 Dans une déclaration rendue publique le 2 mai 2012, l'ordre bouddhique Jogye a manifesté ses inquiétudes sur les risques d'un "conflit militaire accidentel" entre les deux Corée, alors que l'escalade des tensions accroît les menaces de guerre. L'ordre Jogye a appelé au dialogue intercoréen :" Avec calme et retenue, le Sud et le Nord doivent entamer un dialogue dès que possible pour résoudre la tension".

Les bouddhistes de l'ordre Jogye ont appelé, de manière constante, à la paix et au dialogue en Corée. Lors d'une rencontre des
principaux ordres religieux du Nord et du Sud à Pyongyang le 22 septembre 2011, auquel participait notamment le Vénérable Jaseung, président de l'Ordre bouddhiste Jogye, les participants avaient adopté une déclaration commune pour la réconciliation nationale, l'unité et la réunification pacifique, sous le mot d'ordre "Par la nation coréenne elle-même", en appelant à mettre fin aux tensions et aux confrontations, à écarter le danger de guerre et à assurer une paix durable.

En mars 2010, après avoir essuyé un refus initial du gouvernement sud-coréen, les bouddhistes de l'ordre Jogye avaient été autorisés à se rendre Nord, afin de promouvoir le dialogue religieux intercoréen.

En mars 2012, une cérémonie a consacré le Vénérable Jinje comme le nouveau président de l'ordre Jogye. Né en 1934 à Namhae, dans la province du Sud Gyeongsang, fondateur du Temple Haeunjeong en 1971, le Vénérable Jine a présenté la réunification du Nord et du Sud de la Corée comme la question majeure à l'époque actuelle, en déclarant que la non-violence permettrait de réunifier la péninsule.

 

venerable_jinje_mars_2012.jpg

 

Sources : AAFC, KBS, Yonhap.

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