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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 14:10

Ancien Président de l'Assemblée populaire suprême (APS, la chambre des députés) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ayant exercé à ce titre les fonctions de chef de l'Etat, Kim Yong-nam est décédé le 3 novembre 2025, à l'âge de 97 ans. Un hommage solennel lui a été rendu en RPDC, où a été soulignée sa contribution éminente au socialisme et à la prospérité de la RPDC. Le 5 novembre il a été enterré au cimetière des martyrs patriotes de Sinmi-ri. Il était l'un des visages les plus connus de la RPDC, ayant servi pendant près de six décennies sous la direction de Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un. Il avait rencontré à de nombreuses reprises des délégations étrangères, y compris de l'AAFC, qui salue sa mémoire. 

Disparition de Kim Yong-nam, figure majeure de la politique nord-coréenne

Né le 4 février 1928 à Pyongyang, Kim Yong-nam fait partie de la génération de jeunes cadres promus après avoir combattu pendant la guerre de Corée. C'est dans la diplomatie qu'il a gravi un à un les échelons, avant de devenir ensuite Président de l'APS entre 1998 et 2019.

Directeur adjoint du département des affaires internationales du Comité central (CC) du Parti du travail de Corée (PTC) en 1960, il devient parallèlement vice-président du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers (CRCPE), en charge des relations avec les associations d'amitié. Quand il recevra encore ses représentants près d'un demi-siècle plus tard, cette fois en tant que président de l'APS, il manifestera un vrai plaisir à recevoir certains d'entre eux devenus ses amis, comme Guy Dupré, ancien président de l'AAFC et secrétaire général du CILRECO de 1977 à 2024. Kim Yong-nam était invariablement affable et souriant. 

Vice-ministre des Affaires étrangères en 1962, il devient membre du CC du PTC en 1970 puis président du CRCPE en 1972. Il devient également député à l'APS. En 1975, il est secrétaire aux affaires internationales du CC du PTC. Ministre des Affaires étrangères de 1983 à 1998, il ne quitte ces fonctions que pour exercer celles de chef de l'Etat en tant que président de l'Assemblée nationale. C'est à lui qu'était revenu l'honneur insigne de proposer Kim Jong-il comme nouveau secrétaire général du PTC, en octobre 1997, après le deuil de trois ans ayant suivi la disparition de Kim Il-sung en juillet 1994.

Diplomate expérimenté, il savait être très dur en négociations pour défendre les intérêts de son pays, comme l'a souligné dans ses mémoires l'ancien ambassadeur soviétique à Pyongyang Alexandre Kapto : la reconnaissance de la République de Corée (Corée du Sud) par l'URSS en 1990 avait été vécue comme une trahison par Pyongyang, faute de concertation préalable avec la RPDC. Mis devant le fait accompli, Kim Yong-nam avait souligné que c'était une rupture des dispositions du traité d'amitié et de coopération entre l'URSS et la RPDC et des engagements pris par Mikhail Gorbatchev, et que la RPDC se réservait ainsi la possibilité de reconnaître les républiques soviétiques qui se déclaraient indépendantes... Edouard Chevarnadze, alors ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique, avait subi une humiliation sans précédent lors de sa visite à Pyongyang. Ce récit contredit la thèse véhiculée par certains médias occidentaux que Kim Yong-nam n'aurait été qu'une figure protocolaire : selon les spécialistes de la RPDC, il était une des personnalités les plus influentes sur la scène politique nord-coréenne, écoutée par le dirigeant suprême.

En tant que président de l'APS, Kim Yong-nam a parcouru le monde, étant sur tous les fronts : il effectue des tournées diplomatiques en tant que chef de l'Etat, représente son pays à Moscou pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale ou en Tanzanie pour la célébration de l'indépendance du Tanganyika, ainsi que lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques à Sotchi en 2014 ou à Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018, à la même tribune que le vice-président américain Mike Pence. Les médias étrangers soulignent alors qu'il cède la place à Kim Yo-jong.

Lorsqu'il prend se retraite politique, il a 91 ans, ayant été pendant de longues années un grand serviteur de l'Etat et du Parti, mais il continue de participer aux cérémonies officielles - en juillet 2024, il avait ainsi assisté aux commémorations du 30e anniversaire de la disparition du Président Kim Il-sung.

Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)

Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)

Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)

Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)

Sources :

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20 septembre 2025 6 20 /09 /septembre /2025 23:23

Le 20 septembre 2025, l'Association d'amitié franco-coréenne s'est réunie à Paris. Après la projection de films et de photos, une conférence a fait le point sur les différentes idéologies développées successivement par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), alors que la RPDC commémore le 80e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC) : le juche (qu'on peut traduire par indépendance), le songun (entendue comme la priorité données aux affaires militaires) et enfin le byongjin (double développement en parallèle de l'économie et de la puissance militaire). Les échanges, nombreux, se sont poursuivis autour d'un buffet. 

La tour du Juche (170 mètres), érigée en 1982 à Pyongyang, capitale de la RPD de Corée

La tour du Juche (170 mètres), érigée en 1982 à Pyongyang, capitale de la RPD de Corée

Si le juche a été présenté comme un socialisme adapté aux spécificités de la Corée, s'inscrivant dans le prolongement du marxisme-léninisme, il a progressivement supplanté celui-ci pour être consacré comme l'idéologie directrice de la RPD de Corée. Puis les successeurs de Kim Il-sung ont développé leurs propres approches théoriques, elles-mêmes dans le prolongement du juche : le songun par Kim Jong-il et le byongjin par Kim Jong-un. Il s'agit de doctrines très plastiques, s'adaptant aux exigences de leurs époques : le juche permettait de s'affranchir des tutelles idéologiques des deux grands frères, soviétique et chinois ; pendant la "dure marche" des années 1990, avec le songun (inscrit dans la constitution en 2009 à trois reprises) l'armée apparaît comme l'une des rares institutions aptes à maintenir le fonctionnement du pays confronté à une sévère pénurie alimentaire après la disparition de l'URSS et des démocraties populaires, tout en s'inspirant de l'exemple de résilience des guérilleros de la lutte pour l'indépendance ; le byongjin, enfin, répond tant à l'inscription de l'arme nucléaire dans la Constitution face à un environnement international devenu plus hostile (à partir de 2017, la RPDC est le pays le plus sanctionné au monde), qu'à la volonté d'élever le niveau de vie en développant l'économie, en particulier dans les secteurs à forte valeur ajoutée - et ce malgré les sanctions internationales.

Les discussions qui ont suivi l'exposé liminaire ont abordé des thèmes très divers, de la doctrine nucléaire nord-coréenne à la question de la souveraineté, des échanges économiques au rôle que peut jouer l'AAFC pour développer les relations franco-coréennes. Ces riches perspectives éclairent le rôle original joué par l'AAFC depuis sa fondation en 1969. 
 

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21 décembre 2024 6 21 /12 /décembre /2024 19:22

Si le développement régional constituait déjà l'une des priorités du plan décennal qui avait été lancé en janvier 2011, il a été réaffirmé comme le principal objectif économique sur lequel s'est personnellement engagé Kim Jong-un, secrétaire général du Parti du travail de Corée et président de la commission des affaires de l'Etat, dans un discours prononcé le 15 janvier 2024 devant les députés de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Avait alors été lancée la politique de développement régional 20 x 10, consistant à construire chaque année des industries locales modernes dans 20 villes ou comtés au cours des dix prochaines années. Dans ce cadre, l'inauguration le 20 décembre 2024, en présence de Kim Jong-un, d'un ensemble d'industries dans le comté de Songchon, dans la province du Pyongan du Sud, a ainsi fait la une des médias nord-coréens. 

La cérémonie d'inauguration à Songchon, le 20 décembre 2024

La cérémonie d'inauguration à Songchon, le 20 décembre 2024

Si la capitale Pyongyang et l'industrie lourde ont pu apparaître comme prioritaires dans le développement économique de la RPDC, la politique 20 x 10 entend pour sa part mettre l'accent sur le développement régional et l'industrie légère, en vue d'élever le niveau de vie de la population, en conformité avec les orientations définies en 2021 lors du VIIIe Congrès du Parti du travail de Corée (PTC). Comme l'a observé Kang Hojye dans un article publié par 38 North le 2 août 2024, citant les médias nord-coréens, le comté de Kimhwa - aux conditions difficiles, car montagneux, plus pauvre que la moyenne et lourdement frappé par les inondations en août 2020 - avait permis d'expérimenter la future politique 20 x 10, avec la construction dès la fin 2020 d'un nouveau village de 100 maisons et en 2021-2022 d'usines dans les secteurs de l'alimentation, de l'habillement, des bien quotidiens et du papier (sur ce dernier point, en ligne avec la priorité accordée à l'éducation lors des réunions élargies du Comité central du PTC en avril 2018 et avril 2019). 

La politique 20 x 10 souligne la nécessité d'utiliser les ressources locales pour permettre la construction de nouvelles usines, en permettant aux villes et aux comtés concernés d'être autosuffisants. Comme souvent dans les grands projets en RPDC, l'armée a été fortement mobilisée dans l'effort de construction ayant conduit à l'inauguration, le 20 décembre 2024, des nouvelles industries régionales construites à Songchon. Dans son discours, Kim Jong-un a appelé à faire l'analyse des erreurs ayant été commises par le passé dans la politique industrielle régionale et la résolution de "la question rurale" : 

Il a donné une analyse et une estimation globale et critique des causes de l'échec de la politique industrielle régionale et du programme de révolution rurale de l'époque passée, qui n'ont pas réussi à obtenir les résultats escomptés, contrairement à l'intention de consolider la vie du peuple et l'agriculture du pays dans toutes les régions, et des problèmes importants à résoudre rapidement pour la solution définitive de la question rurale.

Dans la visite sur site, l'agence de presse KCNA a souligné que les nouvelle industries couvraient notamment les domaines de l'agro-alimentaire (huile de cuisson, sauce de soja, pâte de haricot, confiture de châtaigne, pain, boissons), le savon et la transformation du bois, en soulignant la nécessité de disposer de biens de consommation variés et de qualité.

Inaugurations à Songchon, près d'un an après le lancement de la politique de développement régional 20 x 10
Inaugurations à Songchon, près d'un an après le lancement de la politique de développement régional 20 x 10

Photos : KCNA.

Sources : 

38 North

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29 août 2024 4 29 /08 /août /2024 17:12

Si la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) suscite une attention régulière pour des raisons qui n’échappent à personne, les analyses restent limitées sur la doctrine qui guide une grande partie de ses actions, le Juche. Beaucoup de commentateurs se contentent de décrire une démocratie populaire dont l’idéologie serait, sans grande originalité, communiste et marxiste. Cette perception participe ainsi de l’entretien du mythe des dernières démocraties populaires, dont Pyongyang ferait figure de « village gaulois ». Cette vue est superficielle : elle tient peu compte de la complexité de la situation nord-coréenne. Se retrouver dans le camp soviétique en raison de la Guerre froide ne suffit pas à faire de la RPDC un pays animé par un parti communiste dont la doctrine serait stéréotypée. L’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) tente, à son modeste niveau, de remédier à ces lacunes qui créent des biais chez les observateurs. Ainsi, le Juche tient une place importante, même s’il n’est plus la seule doctrine. Mais sa référence dans la constitution de la RPDC et l’existence d’un nombre important d’écrits nord-coréens à son sujet mérite qu’on s’y attarde, comme l’a fait l’AAFC à l’occasion d’une présentation faite à Paris en mars 2024 dont voici un bref compte-rendu.

La tour du Juche (170 mètres), érigée en 1982 à Pyongyang, capitale de la RPD de Corée

La tour du Juche (170 mètres), érigée en 1982 à Pyongyang, capitale de la RPD de Corée

L’homme, maître de son destin...

Au commencement, pourrait-on dire, il y a ce postulat selon lequel l’homme est maître de son destin. En ce sens, ce postulat est original, car il ne part pas d’un constat relatif à un groupe ou à une collectivité humaine, mais bien d’un « principe philosophique selon lequel l’homme est maître de tout et décide de tout », si on se réfère à ce qu’écrivait Kim Jong-il en 1982 dans sa thèse Des idées du Juche. Cette affirmation est originale car elle contraste avec une certaine perspective marxiste qui tend à analyser l’homme comme une résultante de rapports sociaux. On notera que le Juche ne s’est pas enfermé dans un postulat matériel ou social relatif à l’homme. L’homme, en effet, « n’est pas un être matériel simple ». Non seulement il ne se limite pas à cela, mais le Juche affirme le pouvoir créateur de l’homme. Ce postulat est singulier, pour ne pas dire inédit dans le panorama des doctrines des démocraties populaires. Certes, ce caractère créateur est lié à la nature sociale de l’homme, mais cette concomitance entre l’individuel et le social peut tout de même rejoindre une certaine anthropologie contemporaine : l’individualisation est aussi un processus social, et l’individu est autant en crise que le groupe. On notera donc cette idée d’« être social créateur ».

 

… et les masses, maîtresses de leur destin

Mais après ce postulat selon lequel l’homme est maître de son destin, et donc un « être social créateur », un deuxième aspect doit être souligné, même s’il est une extension à la collectivité : la perspective selon laquelle les masses sont maîtresses de leur destin. Ce principe reste lié au premier, car « les mouvements sociaux apparaissent et se développent grâce à l’action et au rôle actif d’un sujet humain », comme l’affirmait aussi Kim Jong-il dans le même texte. Ces masses sont les forces motrices de l’histoire, de la société, notamment les masses populaires. Mais encore, cette appropriation par les masses rejoint celle de l’homme. Notons que ces masses populaires ne sont pas complètement définies et ne sont pas vraiment la classe ouvrière. Cet antagonisme des classes passe par ailleurs assez mal dans un pays où l’on perçoit les difficultés pratiques des doctrines fondées sur la lutte des classes. Le peuple est donc premier, mais une autre originalité caractérise les doctrines professées en RPDC : le rôle du dirigeant.

 

Le rôle des dirigeants dans la maîtrise du destin

En Europe, la question du politique est toujours rapportée à la question des dirigeants, même si elle se pose de manière désabusée à la lumière d’expériences infructueuses. Il est en tout cas significatif de constater que les écrits doctrinaux qui traitent du Juche admettent explicitement une « philosophie du dirigeant ». En soi, les masses ne peuvent agir par elles-mêmes : elles doivent aussi être mues par la médiation du dirigeant. Bref, le Juche renvoie à la fois aux analyses sur le politique, dont l’un des traits est cette relation de commandement soulignée par le philosophe Julien Freund, et aux postulats posés par la démocratie représentative qui admettent que le corps des citoyens doit être représenté s’il veut agir. Autrement dit, les doctrines de la RPDC ne font pas l’impasse sur le phénomène politique. C’est une caractéristique à noter dans un univers où les démocraties populaires se sont accommodées de fiction qui ont débouché sur des impasses en raison de contradictions pratiques…

 

Une piste de rapprochement avec les doctrines occidentales ?

Ces aspects de la RPDC sont méconnus. Mais ils pourraient être rapprochés de tous les concepts et philosophies occidentaux qui font de l’homme un être qui domine le monde et le transforme, même s’il ne faut pas nier les contraintes écologiques propres à la RPDC... Bref, à travers le Juche, on peut envisager un certain nombre de « ponts » et de convergences entre des affirmations politiques et philosophiques qui ont cours en RPDC et des concepts et analyses émis dans le « monde occidental », du christianisme aux Lumières.

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21 janvier 2024 7 21 /01 /janvier /2024 16:27

Le 15 janvier 2024, le dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), Kim Jong-un, a prononcé un discours à l'occasion de la 10e session de la 14e mandature de l'Assemblée populaire suprême (APS). Dans son discours, Kim Jong-un remet en cause le principe de réunification pacifique de la Corée dans les relations avec la République de Corée (Corée du Sud), à contre-courant notamment du communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juin 1972, de l'accord de base intercoréen du 13 décembre 1991, de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000 et de la déclaration du 4 octobre 2007. Il renonce ainsi aux principes de la politique intercoréenne définis et suivis, au moins depuis 1972, par ses prédécesseurs à la tête de la RPDC, y compris quand la Corée du Sud était une dictature militaire féroce. Ce n'est pas la première fois que la RPDC fait table rase, comme l'a montré très concrètement la destruction du bureau de coopération intercoréen à Kaesong, et change radicalement de cap. Si on peut penser à une manoeuvre tactique plus qu'à une nouvelle orientation stratégique, les déclarations du dirigeant suprême de la RPDC n'en méritent pas moins un examen approfondi quant à leur portée. 

La 10e session de la 14e mandature de l'Assemblée populaire suprême

La 10e session de la 14e mandature de l'Assemblée populaire suprême

La Corée du Sud est mentionnée à dix reprises dans le discours du 15 janvier 2024. Il est d'abord fait référence au cadre légal, selon lequel c'est l'APS qui a remis en cause les principes des relations intercoréennes depuis "près de 80 ans", sans préciser si le point de départ de cette période est la libération de la Corée (en 1945) ou la création de deux Etats (en 1948) : 

Aujourd'hui, l'Assemblée populaire suprême a légalisé de nouveau la politique de notre République envers le Sud en mettant fin à près de 80 ans d'histoire des relations intercoréennes et de la reconnaissance des deux États existant tous deux dans la péninsule coréenne.

Les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud sont désormais décrites comme celles entre deux Etats hostiles en situation de belligérance, et plus comme celles entre les deux parties d'un pays divisé mais dont les habitants appartiennent tous à une même nation et à un même peuple, la Corée, tout en imputant cette situation à une Corée du Sud décrite comme inféodée à des intérêts étrangers :

Les relations nord-sud ont été complètement figées dans les relations entre deux États hostiles l'un à l'autre et dans les relations entre deux États belligérants, et non plus dans les relations consanguines ou homogènes. Telle est la situation actuelle des relations entre le Nord et le Sud aujourd'hui, causée par les manœuvres de confrontation odieuses et autodestructrices de la République de Corée, un groupe de larbins étrangers de premier plan, et par la véritable image de la péninsule coréenne qui vient désormais d'être dévoilée au monde entier.

Il est rappelé que les différentes organisations traitant des relations intercoréennes ont été dissoutes : 

Nous avons formulé une nouvelle position sur les relations Nord-Sud et la politique de réunification et nous avons démantelé toutes les organisations que nous avions créées comme organismes de solidarité pour la réunification pacifique lors de la session actuelle de l'Assemblée populaire suprême qui discute des lois de la RPDC. On peut dire qu’il s’agit d’un processus indispensable qui doit se dérouler sans faute.

Il est réaffirmé que la Ligne de limite nord, frontière maritime de facto entre les deux Etats coréens, n'est pas reconnue par la RPDC qui entend ainsi défendre tout son territoire, ce qui, pour certains observateurs étrangers, laisse craindre de nouveaux affrontements Nord-Sud dans cette zone :

Comme la frontière sud de notre pays a été clairement tracée, la « ligne de démarcation nord » illégale et toute autre frontière ne peuvent jamais être tolérées, et si la République de Corée viole ne serait-ce que 0,001 mm de notre territoire, de notre air et de nos eaux, cela sera considéré comme une provocation à la guerre.

Il est ensuite annoncé une révision de la Constitution pour remettre en cause les références à une seule nation de 80 millions de membres sur un territoire de près de 220 000 km2, et affirmer que la République de Corée est "l'ennemi principal" de la RPDC : 

Et je pense qu'il est juste de préciser dans le paragraphe pertinent de notre Constitution que de tels vestiges linguistiques interprétant à tort le Nord et le Sud comme des compatriotes comme « une terre semblable à une tapisserie de 3 000 ri » et « 80 millions de compatriotes » ne sont pas utilisés dans la vie politique, idéologique, intellectuelle et culturelle de notre peuple, et que l'éducation devrait être intensifiée pour lui inculquer la ferme idée que la République de Corée est son premier ennemi et invariablement son principal ennemi.

La révision constitutionnelle devrait être suivie de mesures pratiques adéquates pour se débarrasser des vestiges de l'époque passée qui peuvent être considérés comme des symboles de la « Corée du Nord et la Corée du Sud, pays homogène partageant un même sang », les formules « par notre nation elle-même » et « la réunification pacifique ».

L'annonce de la fermeture des canaux de communication Nord-Sud fait passer en la matière d'une situation de facto à une situation de jure : 

Pour le moment, nous devons prendre des mesures strictes et progressives pour bloquer complètement tous les canaux de communication Nord-Sud le long de la frontière, y compris la coupure physique et complète des voies ferrées de notre côté, qui constituaient un symbole de la relation Nord-Sud. l'échange et la coopération, à un niveau irréversible.

Enfin, un certain nombre de symboles doivent disparaître, tels que le Monument aux Trois Chartes pour la réunification, construit en 2001 pour marquer le premier anniversaire du premier sommet intercoréen : 

Nous devons également supprimer complètement le "Monument aux Trois Chartes pour la réunification nationale" qui se dresse à l'entrée sud de la capitale Pyongyang et prendre d'autres mesures pour éliminer complètement les concepts tels que "réunification", "réconciliation" et "compatriotes" de l'histoire nationale de notre République.

Le Monument aux Trois Chartes pour la réunification

Le Monument aux Trois Chartes pour la réunification

Rappelons que les Trois Chartes pour la réunification de la Corée, définies par le Président Kim Il-sung, sont :

- les trois principes de la réunification (indépendance, grande union nationale et paix),
- le projet de fondation de la République fédérale démocratique du Koryo,
- le programme en dix points pour une grande union de la nation coréenne.


Par ailleurs, le Monument aux Trois Chartes pour la réunification figure sur le logo de l'Association d'amitié franco-coréenne ainsi que sur la page d'accueil de son site Internet, pour rappeler l'engagement de l'AAFC en faveur de la réunification de la Corée tel que rappelé dans l'article 3 de ses statuts

Source : 

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16 novembre 2023 4 16 /11 /novembre /2023 23:12

Selon le Minju Choson, journal du gouvernement de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à la suite d'une modification de la loi électorale il y aura pluralité de candidatures aux élections locales du 26 novembre 2023. 

Kim Yong-ju, vice-président d'honneur de l'Assemblée populaire suprême, votant aux élections locales en 2015

Kim Yong-ju, vice-président d'honneur de l'Assemblée populaire suprême, votant aux élections locales en 2015

Jusqu'à présent, après une sélection des candidats par les organisations de masse (partis, syndicats, organisations des femmes et de la jeunesse...), les élections visaient ensuite à ratifier ces choix suivant des listes uniques de candidats, selon le principe d'un candidat par circonscription.

Désormais, la RPD de Corée - qui rejoint sur ce point d'autres démocraties populaires (comme le Vietnam) - proposera aux électeurs, dans un certain nombre de circonscriptions (à préciser), une pluralité de candidats lors du scrutin local qui se tiendra fin novembre.

Il s'agit, selon le Minju Choson, de permettre aux électeurs de choisir entre des candidats se différenciant selon leur sexe, leur profession ou encore leur origine géographique. Il n'y aura toutefois pas de candidatures émanant de formations d'opposition au gouvernement.

Selon certains experts occidentaux, cette évolution répond à des critiques de la population, notamment dans un contexte de difficultés économiques.

Source : 

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1 janvier 2023 7 01 /01 /janvier /2023 16:32

Du 26 au 31 décembre 2022, le huitième Comité central du Parti du travail de Corée (PTC) a tenu sa sixième réunion plénière élargie. Dans une dépêche du 1er janvier 2023, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a rendu compte en détail des travaux ainsi menés qui soulignent les priorités données au développement de l'économie et à l'autodéfense pour, selon une formule de l'agence KCNA, "conduire le socialisme à la coréenne vers de nouveaux changements et développements", dans un contexte de montée des tensions dans la péninsule coréenne faisant courir le risque d'un nouveau conflit dévastateur. 

"Conduire le socialisme à la coréenne vers de nouveaux changements et développements"

A l'instar d'autres dirigeants dans le monde, Kim Jong-un, président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et secrétaire général du Parti du travail de Corée (PTC), avait choisi par le passé de s'adresser à la nation dans un discours de Nouvel An pour faire le bilan de l'année passée et tracer les priorités de l'année à venir. Mais la RPDC a choisi, fin 2022, de réunir la plus haute instance plénière du PTC (après le Congrès) pour débattre et adopter des orientations pour 2023 - traduisant ainsi une volonté, constante depuis l'accession au pouvoir du Président Kim Jong-un en 2011, de mettre en avant le rôle moteur du Parti.

"Conduire le socialisme à la coréenne vers de nouveaux changements et développements"

Sur le premier point à l'ordre du jour de la réunion (les politiques menées en 2022 et le plan de travail pour 2023), le rapport présenté par le secrétaire général Kim Jong-un a tout d'abord mis l'accent sur le "développement des capacités de défense", face aux forces ennemies identifiées comme l'impérialisme américain. Avant de revenir plus en détail sur la situation internationale et la politique nationale de défense, le rapport a toutefois développé le bilan économique et social de l'année 2022 - témoignant de la priorité toujours accordée au développement du pays. Ont ainsi été cités, dans le domaine de la construction, l'achèvement de l'aménagement des zones de Hwasong et Ryonpho, projets majeurs pour "l'amélioration du niveau de vie de la population", et la construction de logements modèles dans les zones rurales. Pour l'avenir, dans la poursuite de la réalisation des objectifs du plan quinquennal, le développement de la production en 2023 doit viser à atteindre l'autosuffisance, tout en appelant à combattre une approche étroitement techniciste et scientiste ("la croyance mystique dans la technologie") qui consiste notamment à dépendre des technologies d'autres puissances. Plus précisément, ont été affirmés les objectifs de construire 10 000 logements dans la deuxième phase d'aménagement à Hwasong et 50 000 logements à Pyongyang. L'agriculture a été présentée comme un secteur économique prioritaire. 

"Conduire le socialisme à la coréenne vers de nouveaux changements et développements"

En politique étrangère, le renforcement des capacités de dissuasion nucléaire a été justifié par la pression militaire exercée par les Etats-Unis et leurs alliés : 

En 2022, les États-Unis ont fréquemment déployé divers moyens de frappe nucléaire en Corée du Sud dans un déploiement constant, augmentant au maximum le niveau de pression militaire sur la RPDC. Et, en même temps, ils ont fait avancer la réalisation d'une coopération triangulaire avec le Japon et la Corée du Sud à grande échelle tout en travaillant dur pour établir un nouveau bloc militaire comme la version asiatique de l'OTAN sous le signe d'une "alliance renforcée".

Dans ce contexte, la Corée du Sud n'est pas menacée elle-même (le discours évoque le "prétexte de faire face à toute "menace" ", les guillemets étant employés dans la dépêche de KCNA) et ce sont bien les Etats-Unis qui sont présentés comme l'ennemi de la RPDC - et pas la Corée du Sud.  Mais il est reproché aux autorités sud-coréennes de s'inscrire dans une logique d'escalade militaire et de confrontation.

Toujours selon le rapport, le développement de la puissance militaire de la RPDC a comme objectif de "prévenir la paix et de sauvegarder la paix et la stabilité" - tout en précisant que, en cas d'échec, "la force nucléaire permettra de réaliser sa seconde mission, qui ne sera pas pour la défense". Implicitement, c'est l'idée de contre-attaque préventive qui est suggérée - mais sans être formulée ouvertement, contrairement à certaines doctrines militaires avancées par d'autres puissances, au premier rang desquelles les Etats-Unis, en particulier lors de la "guerre préventive" contre l'Irak en 2003

Dans une logique restant toutefois fondamentalement celle de la dissuasion nucléaire, le système de défense antimissile nord-coréens doit disposer de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) permettant une "contre-attaque nucléaire rapide". Mi-décembre, KCNA avait rendu compte d'un essai souterrain pour que la RPDC dispose d'un moteur de missile balistique à combustible solide. On retrouve ici l'idée,  développée notamment dans la doctrine française de la dissuasion nucléaire, qu'une frappe en second doit prévenir une attaque en premier, dans la logique de dissuasion du faible au fort. En outre, le rapport adopté lors de la réunion du PTC préconise d'augmenter la production de forces nucléaires tactiques et le lancement, dès que possible en 2023, du premier satellite militaire de reconnaissance. 

Sans faire explicitement allusion à la guerre en Ukraine ou d'autres conflits dans le monde, le PTC observe que la structure des relations internationales a évolué vers un système de "nouvelle Guerre froide", impliquant de placer au premier rang la défense de la souveraineté nationale dans la "consolidation" du socialisme à la coréenne.

Les objectifs ainsi définis devront être mis en oeuvre dans les sections du PTC, en particulier lors de réunions de travail de deux jours et de réunions consultatives.

Source principale : 

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16 décembre 2022 5 16 /12 /décembre /2022 00:14

Il y a 11 ans, le 17 décembre 2011, disparaissait Kim Jong-il, le deuxième dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). A cette occasion, nous avons souhaité revenir sur son implication tout d'abord, à partir de 1964, dans la création culturelle et artistique, qui s'est manifestée par un intérêt plus particulièrement pour le cinéma sur lequel il a personnellement beaucoup écrit. Tout en jugeant nécessaire d'élever la qualité de la production (ce qu'il appelle "la régularisation de la production et/ou de la création"), Kim Jong-il a souligné l'importance selon lui d'un travail collectif et de stimuler la créativité - conformément à la conception des idées du Juche insistant sur l'autonomie créatrice des masses, tout en mettant également en exergue le message que doivent délivrer les oeuvres de l'esprit. Ce dernier principe, qu'on retrouve aussi dans le sud de la péninsule (le créateur a un rôle d'éducateur), est qualifié au nord de qualité idéologique de l'oeuvre. Nous reproduisons ci-après des extraits de son adresse aux cadres du secteur cinématographique, prononcée le 28 avril 1971, et intitulée "Pour mettre sur pied un système original de production cinématographique révolutionnaire".

"La jeune bouquetière", de Pak Hak et Choe Ik-Kyu (1972)

"La jeune bouquetière", de Pak Hak et Choe Ik-Kyu (1972)

"Un film n'est pas produit par une seule personne mais grâce à l'effort de tous les membres d'une équipe. La mise à contribution de l'intelligence de la collectivité garantit la qualité du film.

Dans cette perspective, il importe de multiplier les discussions entre les réalisateurs et les autres créateurs. Comme le dit le proverbe, un général à lui seul ne peut rien faire. Un réalisateur, aussi intelligent soit-il, n'est pas capable de créer un film à lui seul. Il peut concevoir un projet original de création, mais une fois soumis à la discussion de la collectivité, ce projet peut être encore perfectionné. C'est pourquoi les réalisateurs ne doivent pas être entêtés et entiers dans leurs idées. Ils doivent au contraire s'appuyer sur la collectivité et apprendre humblement auprès d'elle. Tel doit être leur style de travail.

Seul un réalisateur qui sait s'appuyer sur la collectivité et conduire la création grâce à la canalisation de son intelligence peut réussir.

Pour stimuler l'intelligence de la collectivité, il faut resserrer les liens entre tous les secteurs et tous les centres de création cinématographique et organiser leur coopération (...).

Il ne faudrait pas prendre prétexte de mon insistance sur la régularisation de la production cinématographique pour sous-estimer la personnalité des acteurs et des artistes, leur ardeur ou leur imagination. Une oeuvre est le produit d'une passion. L'enthousiasme et l'énergie sont la source de l'imagination d'un réalisateur. S'il est enthousiaste et s'il réfléchit, il peut découvrir en plein tournage ou au moment du mixage un moyen de représentation qu'il ne pouvait imaginer lors de la rédaction du texte de mise en scène. Il y a plus encore : il peut découvrir, au cours du tournage, une lacune qu'il n'a pu apercevoir lors de la rédaction de son texte. Quelle serait la conséquence si on le cachait ou si on passait à l'étape suivante sous prétexte de respecter l'ordre de priorité ? L'ordre serait observé, mais la valeur idéologique et la qualité esthétique de l'oeuvre diminueraient.

Quand à la régularisation de la création, elle vise à produire des films de meilleure qualité aussi bien au point de vue idéologique qu'esthétique, mais pas du tout à contrarier l'originalité des créateurs. Evidemment, un créateur doit se garder d'appliquer hâtivement la nouvelle méthode de représentation découverte. Il est tenu de réfléchir à ce qu'elle peut apporter et à son adoption, puis, sa résolution prise, il la soumettra à une discussion collective et se soumettre aux formalités nécessaires pour la faire adopter (...)
"

Source : Kim Djeung Il, Pour achever l'oeuvre révolutionnaire juchéenne, Editions en langue étrangères de Pyongyang, Corée, 1990. Extraits cités p. 332 et pp. 336-337. 

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16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 22:05

Le 17 décembre 2021 marque le dixième anniversaire de la disparition de Kim Jong-il, secrétaire général du Parti du travail de Corée, président de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée et président du Comité de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Déjà étroitement associé à la direction de la RPDC, il devint officiellement le dirigeant suprême de la RPDC en 1997, à l’issue d’un deuil de trois ans suivant le décès du président Kim Il-sung (8 juillet 1994). Sous la direction de Kim Jong-il, la RPD de Corée a dû relever de nombreux défis sécuritaires et économiques tandis qu'étaient posés des jalons importants pour le rapprochement entre les deux Corée.

Volonté d’indépendance et développement des relations internationales

Suite au premier lancement d’un satellite artificiel (Kwangmyongsong-1) par la RPDC le 31 août 1998, qualifié d’essai de missile balistique par les Etats-Unis et leurs alliés, Kim Jong-il décida d’un moratoire sur les lancements en 1999. En octobre 1994, la RPDC et les Etats-Unis avait déjà signé un accord-cadre sur le gel du programme nucléaire nord-coréen, compensé par la construction de réacteurs nucléaires à eau légère en RPDC destinés à satisfaire ses besoins en électricité.

Le moratoire de 1999 permit une amélioration sensible des relations entre la RPDC et les Etats-Unis. En octobre 2000, le vice-maréchal Jo Myong-rok, premier vice-président du Comité de la défense nationale de la RPDC, se rendit à Washington où il rencontra le président Bill Clinton à la Maison-Blanche. Au cours de cette rencontre, fut remise une invitation de Kim Jong-il au président des Etats-Unis. Au cours du même mois d’octobre 2000, la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright rencontra Kim Jong-il à Pyongyang. Mais Bill Clinton ne se rendra en RPDC qu’en août 2009, pour obtenir la libération de deux journalistes américaines ayant franchi illégalement la frontière sino-coréenne.

Entre-temps, en janvier 2001, George W. Bush était devenu président des Etats-Unis et Kim Jong-il dut rapidement affronter l’hostilité de la nouvelle administration américaine.

Suite aux attentats du 11 septembre 2001, pourtant condamnés par la RPDC, le président Bush classa la Corée du Nord, avec l’Irak et l’Iran, parmi les pays de l’« axe du mal » dans son discours sur l’état de l’Union du 29 janvier 2002. Le premier pays visé par les Etats-Unis était l’Irak, la montée des tensions entre les deux pays débouchant sur l’attaque américaine de mars 2003. Puis, s’en prenant plus spécifiquement à son système politique, la conseillère à la sécurité nationale des Etats-Unis Condoleezza Rice désigna le 18 janvier 2005 la RPDC comme un « avant-poste de la tyrannie », avec d’autres pays aussi divers que la Biélorussie, la Birmanie, Cuba, l’Iran, et le Zimbabwe...

Face à des Etats-Unis de plus en plus hostiles et n’hésitant pas à recourir à la force contre des pays qu'ils désignaient comme leurs ennemis, la RPDC se retira en janvier 2003 du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (auquel elle avait adhéré en 1985), conformément aux dispositions de son article 10 : « Chaque Partie, dans l'exercice de sa souveraineté nationale, aura le droit de se retirer du Traité si elle décide que des événements extraordinaires, en rapport avec l'objet du présent Traité, ont compromis les intérêts suprêmes de son pays. » .

L'accord-cadre de 1994 était mort et, le 9 octobre 2006, la RPDC procéda à son premier essai nucléaire. Sous la direction de Kim Jong-il, la RPDC accéda ainsi au statut de puissance nucléaire, suivant une volonté d'indépendance au plan militaire. L'arme nucléaire était considérée comme un moyen de dissuader toute attaque venant d’une grande puissance (en l'occurrence, les Etats-Unis), un modèle théorique proche de celui de la doctrine nucléaire « du faible au fort » définie par le général de Gaulle pour la France dans les années 1960.

Ce renforcement militaire n’empêcha pas Kim Jong-il de renouveler ses offres d’un traité de paix en Corée pour remplacer l’accord de cessez-le-feu de 1953. Et pour parvenir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne, Kim Jong-il s’engagea, dès 2003, dans plusieurs séries de pourparlers à six réunissant, outre la RPDC, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, le Japon et la Russie.

Le 19 septembre 2005, ces pourparlers aboutirent à une déclaration par laquelle la RPDC s’engageait à abandonner ses armes et projets nucléaires existants, à réintégrer au plus tôt le Traité de non-prolifération et à se soumettre aux garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en contrepartie, notamment, d’une assistance énergétique, du respect de sa souveraineté nationale, et de la normalisation des relations avec les Etats-Unis. Signe de sa bonne volonté, Kim Jong-il ordonna la destruction de la tour de refroidissement du complexe nucléaire de Yongbyon, le 27 juin 2008.

Mais les pourparlers à six prirent fin en avril 2009, après la condamnation de la RPDC par le Conseil de sécurité des Nations unies, suite au lancement d’un deuxième satellite artificiel (Kwangmyongsong-2), pourtant conforme au Traité sur les principes régissant les activités des Etats en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes (communément appelé « Traité sur l’espace »), adopté par l'Assemblée générale des Nations unies le 19 décembre 1966 et auquel la RPDC avait adhéré.

En réponse à la condamnation par le Conseil de sécurité des Nations unies, la RPDC déclara qu’elle n’était désormais liée par aucun accord qui pourrait être conclu dans le cadre des pourparlers à six. Elle expulsa les inspecteurs de l’AIEA et informa cette dernière de son intention de rétablir son programme d’armes nucléaires. Le 25 mai 2009, la RPDC procéda à son deuxième essai nucléaire. L'administration américaine du président Barack Obama, en fonction depuis janvier 2009, fournit une justification supplémentaire à la force de dissuasion nord-coréenne en dévoilant en avril 2010 une nouvelle posture nucléaire selon laquelle les Etats-Unis s'autorisaient à frapper la Corée du Nord avec des armes nucléaires même si celle-ci n'utilisait que des armes conventionnelles.

Kim Jong-il préserva ainsi les intérêts nationaux de la RPDC face aux Etats-Unis et à leurs alliés. Mais il eut aussi à cœur d’accroître les échanges et la coopération de la RPDC avec tous les pays respectant sa souveraineté. En septembre 2002, Kim Jong-il reçut à Pyongyang le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi, une rencontre historique compte tenu du lourd contentieux historique entre le Japon et la Corée. Pendant les derniers mois de sa vie, Kim Jong-il multiplia les rencontres avec les dirigeants chinois et russe, cimentant l'amitié traditionnelle entre la République populaire de Chine et la RPD de Corée et relançant le projet de gazoduc trans-coréen impliquant la Fédération de Russie. C'est aussi en 2011 qu'ouvrit un bureau français de coopération à Pyongyang, la France restant l'un des deux derniers pays de l'Union européenne, avec l'Estonie, à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée.

Malgré les difficultés, la construction d’une nation puissante et prospère

L’objectif fixé par le dirigeant Kim Jong-il d’édifier une « nation puissante et prospère » se heurta à de nombreux obstacles, au premier rang desquels l'embargo auquel est soumise la République populaire démocratique de Corée et frappant d'abord - sinon exclusivement – les populations, embargo encore renforcé par les sanctions internationales prises après les essais nucléaires d'octobre 2006 et mai 2009.

La politique de Songun (priorité aux affaires militaires), mise en avant par Kim Jong-il, obéit directement à cet objectif, l’armée devenant un opérateur économique de premier plan en RPDC, en plus d’avoir la lourde tâche de défendre le pays dans un environnement géopolitique très contraignant.

Kim Jong-il accéda au pouvoir dans un contexte international marqué par l'écroulement du socialisme dans certains pays du fait, selon lui, de l'opportunisme de leurs dirigeants, et dans des circonstances économiques sans précédent, alors que des catastrophes naturelles (inondations, sécheresses) affectaient durement la population nord-coréenne en entraînant de sévères pénuries alimentaires. Il est à noter que lors de graves catastrophes telles que l'explosion de la gare de Ryongchon, en avril 2004, ou les inondations de l’été 2007, la RPD de Corée fit preuve de transparence et communiqua immédiatement sur ces tragédies.

Kim Jong-il mit l'accent sur la modernisation technologique du pays, une modernisation ne se limitant pas aux programmes nucléaire et spatial.

Les mesures adoptées sous la direction de Kim Jong-il eurent pour effet de consolider le système économique socialiste de la RPDC, tout en dynamisant les circuits de production et d'échanges, sans remettre en cause les principes de gratuité de l'éducation et d'accès aux soins, et de propriété collective des grands moyens de production.

Vers la réunification

Kim Jong-il eut l'idée d’une triple Charte reprenant les trois principes de la réunification de la nation coréenne (indépendance, réunification pacifique, grande union nationale) définis dans trois textes fondamentaux

- le communiqué Nord-Sud du 4 juillet 1972,

- le programme en dix points pour la grande union de toute la nation en faveur de la réunification de la patrie, énoncé le 6 avril 1993,

- le projet de fondation d'une République fédérale démocratique du Koryo, adopté le 10 octobre 1980 lors du sixième congrès du Parti du travail de Corée. 

Un dialogue inter-coréen fructueux au plus haut niveau fut permis par l’élection en Corée du Sud de l'opposant Kim Dae-jung au poste de président en 1997 et par la politique d'ouverture de Kim Jong-il, dans la continuité des orientations définies par le président Kim Il-sung. En août 1997, Kim Jong-il déclarait que si la partie sud-coréenne « apportait un changement positif dans ses actes, nous engagerions, à n'importe quel moment des négociations franches avec elle sur le destin de la Corée ».

Ainsi, Kim Jong-il accueillit à Pyongyang les présidents sud-coréens Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun en juin 2000 et en octobre 2007.

Les déclarations conjointes adoptées lors de ces sommets historiques sont devenues la pierre angulaire de la réunification de la Corée, en répondant aux aspirations de tous les Coréens, du Nord, du Sud et d'outre-mer. Des projets inter-coréens aussi emblématiques que le circuit touristique des monts Kumgang, ouvert en 1998, et la zone industrielle de Kaesong, ouverte en 2004, malgré les aléas des relations inter-coréennes, ont contribué à faire de la Corée du Sud le deuxième partenaire économique et commercial de la RPDC.

 

Loin des caricatures véhiculées dans les pays occidentaux, la République populaire démocratique de Corée sous la direction de Kim Jong-il fit donc preuve de résilience alors que nombre de « spécialistes es-Corée du Nord » prédisaient l’effondrement rapide de la RPDC lors de son accession au pouvoir. Vaille que vaille, la RPDC sut maintenir son système original tout en posant des bases solides pour l’avenir, dans le tumulte d’années qui furent parmi les plus terribles depuis la fin de la guerre de Corée.

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 18:49

Le 10 octobre 2020, à 0 heure, a eu lieu sur la place Kim Il Sung de Pyongyang, capitale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), une grande parade militaire pour célébrer le 75anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée. En préambule de cette parade, Kim Jong Un, dirigeant de la RPDC, a prononcé un discours dans lequel, contexte sanitaire oblige, l'épidémie mondiale de COVID a été longuement évoquée, d'abord pour remercier de ses efforts le peuple coréen qui a pu éviter que l'épidémie ne ravage le pays tout en affrontant une série de graves catastrophes naturelles. Le rôle de l'Armée populaire de Corée a été souligné, le dirigeant de la RPDC mettant au même plan la défense contre les menaces militaires extérieures, la défense contre les épidémies et la défense contre les calamités naturelles. Il a rappelé que la force de dissuasion de la RPDC ne vise personne en particulier et permet seulement au pays de défendre sa souveraineté et le droit à l’existence de son Etat ainsi qu'à sauvegarder la paix dans la région. Enfin, Kim Jong Un a évoqué le VIIIe congrès du Parti du travail de Corée qui se tiendra en janvier 2021 et aura pour objectif de trouver des voies d'amélioration au bien-être de la population.

Voici l'intégralité du discours du 10 octobre 2020 dans la traduction française proposée par le site officiel de la RPDC Naenara.

75e annniversaire du Parti du travail de Corée : grande parade militaire à Pyongyang dans un contexte inédit

Discours prononcé par Kim Jong Un, Dirigeant suprême du Parti, de l’Etat et des forces armées de la RPDC lors de la revue consacrée au 75anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée

 

Vous tous, citoyens du pays entier, officiers et soldats de l’Armée populaire, qui célébrez l’heureuse fête d'octobre,

Officiers et soldats de la Force de la sécurité publique, membres de la Garde rouge des ouvriers et paysans et de la Garde rouge de la jeunesse,

Délégués aux festivités du 75anniversaire de la fondation du Parti, citoyens de Pyongyang,

Commandants et soldats des unités participantes à la revue consacrée à la glorieuse fête d’Octobre,

Chers camarades,

Voilà la glorieuse fête de la fondation de notre parti.

C’est une nuit glorieuse tant attendue.

A cette glorieuse heure nocturne, nous éprouvons l’immense joie inspirée par le jour anniversaire de la fondation du Parti qui arrive en cette année marquée d’épreuve sans précédent.

A l’occasion du 75anniversaire de la fondation de notre grand Parti, je félicite de tout cœur, au nom du Comité central du Parti du travail de Corée, tous ceux qui ont veillé à conférer gloire et dignité à la fête d’Octobre.

J’adresse mes vifs remerciements et mes félicitations cordiales à notre peuple entier.

Camarades,

En cette nuit de la grande fête, les rues de la capitale, et notamment cette glorieuse place, baignent dans la joie, l’enthousiasme et la fierté, mais nous ne devons pas oublier que nous le devons aux efforts et à l’abnégation invisible consentis par les nombreux camarades du pays entier, membres du Parti, ouvriers, officiers et soldats de l’armée révolutionnaire.

Que de personnes se sont échinées contre vents et marées depuis le début de l’année afin de préparer et maintenir ces moments de gloire !

Que de défis n’avons-nous pas eus à relever pour parvenir aux résultats d’aujourd’hui !

Nul ne pourrait penser sans pleurer de reconnaissance à l’abnégation patriotique et héroïque dont ont fait preuve les officiers et soldats de notre Armée populaire dans la prévention contre l’épidémie et la réparation des dégâts causés par des calamités naturelles, tâches imprévues.

On dit aisément que l’Armée populaire a le devoir légitime de défendre la patrie, le peuple et la révolution, mais ses officiers et soldats ont eu trop à peiner. Ils ont pris trop sur eux, ils ont eu à souffrir énormément.

Je me leur en excuse, j’ai le cœur serré de ne pas pouvoir les voir à cette soirée glorieuse.

En ces moments mêmes, nombre d’officiers et soldats de notre armée, au lieu de venir à la place Kim Il Sung, livrent combat sur les fronts de la prévention contre l’épidémie et de la reconstruction des régions sinistrées afin de veiller à la sécurité nationale et au bien-être du peuple.

Telle est notre armée, elle qui s’acquitte de son mieux de sa mission de responsable de la défense nationale tant contre les menaces militaires des forces hostiles que contre les menaces imprévues telles que les épidémies et les calamités naturelles.

Je rends mon plus grand hommage à leur loyauté ardente et remercie chaleureusement tous les officiers et soldats de l’Armée populaire.

De même, j’adresse mes encouragements militants, mes remerciements et salutations aux patriotes, qui, nos élites, combattants des divisions des membres du Parti de la capitale dignes de ma plus grande confiance, après avoir achevé leur tâche de reconstruction répartie, ont préféré aller rejoindre d’autres régions sinistrées, plutôt que de rentrer chez eux à Pyongyang.

Mes salutations militantes et mes remerciements vont également à tous les travailleurs du pays.

Je souhaite bonheur et joie tant aux foyers sinistrés qui ont déménagé dans des villages et logements nouvellement construits qu’à toutes les familles du pays.

Je forme le vœu que les beaux rêves de nos enfants ne cessent de devenir réalité.

Je saisis l’occasion présente pour adresser ma sympathie chaleureuse à tous ceux qui luttent contre la maladie du virus maligne dans le monde et exprimer mon souhait ardent que tous les hommes gardent leur santé, leur bonheur et leurs rires.

J’exprime également pareils sentiments à nos compatriotes du Sud et prie pour que la présente crise sanitaire en finisse au plus tôt et que le jour arrive où le Nord et le Sud se donnent de nouveau la main l’un à l’autre.

Camarades,

Nous sommes réunis ici, sur la place des festivités d’Octobre, heureux d’avoir, à force de persévérance, obtenu des performances précieuses et des réalisations concrètes.

Il ne nous a pas été aisé d’en arriver là.

Il nous a fallu consentir une succession de durs efforts et surmonter des obstacles sans nombre.

Les 75 années d’existence de notre Parti ont été marquées de difficultés, mais cette année l’a été tout particulièrement, des défis et des obstacles inattendus nous barrant la route tous les jours et à chaque pas dès son début.

Nous en avons triomphé à force de courage et en sommes arrivés à nous présenter là, fiers et dignes.

Le spectacle présent, digne de l’admiration du monde, prouve lui-même que tous les fléaux qui nous harcelaient tant ont été surmontés et que les objectifs fixés dans notre juste lutte ont été atteints avec bonheur.

Chers camarades,

Nous célébrons aujourd’hui solennellement le 75anniversaire de notre Parti.

Dans aucun autre pays, le peuple ne célèbre pas solennellement l’anniversaire de son parti comme une grande fête, un jour de jubilation générale, comme nous le faisons pour celui de notre Parti.

Cette nuit d’exaltation et d’allégresse où les cœurs de tout le pays convergent, je ne trouve pas les mots pour exprimer mes sentiments au peuple.

En ce moment où l’on doit retracer les pages de la glorieuse histoire de 75 ans de notre Parti, j’ai bien réfléchi au mot par lequel commencer mon discours prévu, mais je n’ai trouvé, pour confier mon sentiment profond à notre peuple, que le mot : « Merci ! »

D’abord, je le remercie de tout cœur d’être en bonne santé, comme on le voit.

J’ai tenu à le dire. Je le remercie de rester en bonne santé, sans que personne ne soit tombé victime du COVID.

A la pensée que tous les citoyens du pays sont préservés de l’abominable épidémie qui ravage le monde, quoique ce soit le devoir légitime et la réussite naturelle de notre Parti, mes yeux se mouillent d’émotion. Et à la vue de la bonne santé générale, je n’ai trouvé que le mot : « Merci ! »

Ce triomphe qui fait naturellement l’étonnement du monde constitue une grande réussite accomplie par notre peuple lui-même.

Pour notre Parti, la vie de chacun de nos citoyens vaut plus que tout. L’existence du Parti, de l’Etat et de tout dans notre pays présuppose la bonne santé de tout le peuple.

Or, le monde surabonde d’éléments dangereux menaçant la précieuse vie de notre peuple.

Ainsi, la crise sanitaire déclenchée dans le monde dès le début de l’année et la situation précaire dans nos environs m’ont inspiré angoisse et crainte.

Cependant, notre peuple, tenant vaillamment debout, a absolument soutenu et exécuté les mesures du Parti et de l’Etat, a réussi à défendre avec opiniâtreté sa vie, mais aussi avec une volonté de fer et optimisme, il a su vaincre toutes les difficultés et épreuves.

Sans le socialisme qui fait en sorte que les citoyens s’inquiètent les uns aux sujets des autres et se protègent mutuellement et vivent en collaborant les uns avec les autres en faisant preuve d’un ardent patriotisme et d’une haute conscience, le terrible fléau n’aurait pu être prévenu.

Puisque tout le peuple, conscient d’être responsable de la prévention contre l’épidémie pour défendre l’Etat, lui-même et ses enfants, s’est mobilisé, le secteur de la prévention contre l’épidémie, qui souffrait d’une pénurie générale et d’un sous-développement, a pu être remis à flot et une stabilité sanitaire inimaginable maintenue.

Que tout le monde vive en bonne santé, en formant une grande famille harmonieuse, sans que nul ne soit victime du virus pernicieux, bien qu’il ne jouisse pas de l’abondance, cela m’inspire tant de reconnaissance et me redonne tant de forces.

Le monde ne connaît aucun peuple aussi méritant que le nôtre qui s’inquiète sincèrement des difficultés dont souffre l’Etat et se charge de les résoudre en considérant qu’elles l’intéressent lui-même.

Actuellement, sur notre planète, notre pays est le seul à se trouver aux prises avec d’incroyables défis et difficultés qui l’obligent à mener en même temps une prévention d’urgence contre l’épidémie et la réparation des dégâts dus aux calamités naturelles tout en faisant face à la pénurie générale consécutive à des sanctions atroces et persistantes.

Toutes nos épreuves sont pour chacune de nos familles et chacun de nos citoyens une lourde charge et le sujet d’une pénible souffrance.

Néanmoins, notre peuple se préoccupe plus des affaires de l’Etat que des affaires familiales en patriote digne de respect et partage toutes les difficultés de l’Etat pour soutenir le pays par des sueurs et efforts sincères.

Aussi notre Parti fait-il confiance à son peuple, toujours prêt à se mobiliser comme un seul homme dès que le Parti le réclame à la lumière des difficultés du pays et s’en remet-il à lui pour surmonter toutes les difficultés.

Notre peuple s’est toujours montré reconnaissant à notre Parti de ses bienfaits, mais c’est lui qui mérite vraiment les remerciements du Parti.

Pendant 75 ans, notre peuple a soutenu fidèlement notre Parti et défendu sa cause révolutionnaire sacrée sans hésiter ni épargner son sang et sa sueur.

Si notre Parti a pu parcourir un chemin de la révolution on ne peut plus dur et épineux en le parsemant de victoires et de gloire, la clé en réside dans la sincère confiance du peuple dans le Parti et le soutien qu’il a apporté à sa cause.

Notre grand peuple, sage maître et créateur omnipotent de l’histoire, a donné de l’intelligence, une force et un courage sans bornes au Parti, l’a défendu au prix de sa vie et l’a soutenu loyalement, réalisant brillamment son dessein et sa ligne de conduite. Comment pourrait-on imaginer, ne fût-ce qu’un moment, ses 75 années glorieuses, sans ce peuple !

Quand le Parti a lancé un appel à un grand essor, notre peuple y a répondu en allant à l’allure du Chollima, et lorsqu’il a proposé une grande construction du socialisme, notre peuple a entrepris un combat de vitesse en réponse. Notre peuple réalise toujours sans condition la décision du Parti à tous ses risques et périls. Ce grand peuple étant à ses côtés, notre Parti a pu toujours se révéler solide et créer des prodiges malgré de multiples vicissitudes.

Dans notre peuple qui a auréolé la grande fête d’Octobre contre vents et marées avec sa fidélité sans bornes, sa fermeté et par ses efforts loyaux, je découvre avec une joie exaltante la force divine de suivre et défendre le Parti non seulement pendant 75 ans comme il l’a fait jusque-là, mais encore pendant 750 ou 7 500 ans à venir.

Camarades,

Je n’ai pas le courage de me présenter devant le peuple, car je n’ai jamais su répondre convenablement à sa confiance sans bornes.

J’assume, grâce à la confiance de tout le peuple, la responsabilité de conduire le pays suivant l’œuvre des grands Leaders Kim Il Sung et Kim Jong Il, mais, faute d’effort et de soin, je ne suis pas encore parvenu à affranchir le peuple de ses difficultés de vie.

Malgré cela, le peuple s’en remet toujours et entièrement à moi et soutient mon opinion et ma décision en toute circonstance.

Il me témoigne ainsi qu’au Parti une confiance toujours inconditionnelle et inébranlable, dût-il être prêt à endurer de nouvelles souffrances plus grandes.

Cette confiance et cet encouragement ardents et sincères sont pour moi un bien plus précieux que tout honneur et valent plus que des millions d’écus d’or, et la source de la force de vaincre toute crainte et toute hésitation.

Grâce à la confiance dont je jouis, j’ai pu affronter sans hésitation les innombrables défis en me rappelant ma mission et ma volonté de travailler inexorablement pour le peuple, être prêt à affronter même la guerre et faire face énergiquement à un sinistre inouï.

Je considèrerai comme un honneur insigne de servir un peuple aussi méritant et lutter pour lui.

Je réaffirme solennellement à la présente occasion ma détermination de rester fidèle, au risque de ma vie, à la confiance divine de notre peuple.

Chers citoyens du pays entier, chers camarades ici présents,

Je vous remercie sincèrement.

Je tiens à exprimer avec respect une gratitude sincère de respect au peuple entier, au nom de notre Président Kim Il Sung et de notre Dirigeant Kim Jong Il et en mon nom personnel.

Camarades,

Protéger fermement notre peuple, l’honorer davantage et lui permettre de vivre sans avoir plus rien à envier au monde est mon premier devoir, la mission primordiale de notre Parti et notre volonté immuable.

Notre Parti a déjà préparé un potentiel militaire d’ordre suprême pour la sauvegarde de la paix permettant une défense sans faille du socialisme qui représente la dignité et la vie de notre peuple et une prospérité perpétuelle à nos descendants à l’abri de la guerre.

La revue d’aujourd’hui, à l’allure digne, montrera clairement l’aspect d’une armée révolutionnaire formée par le Parti du travail de Corée ainsi que sa puissance.

Comme tout le monde pourra le reconnaître, par rapport à la revue qui a eu lieu voici 5 ans sur cette place pour célébrer le 70anniversaire de la fondation du Parti, celle qu’on verra aussitôt montrera que la modernisation de nos forces armées a connu des progrès considérables et son rythme sautera aux yeux.

Nous disposons d’une puissante armée de scientifiques et techniciens de la défense nationale et d’ouvriers de l’industrie de guerre fermement armés des idées révolutionnaires de leur Parti et entièrement dévoués aux intérêts de leur révolution.

Notre potentiel militaire est développé à tel point que nul ne pourra plus nous mépriser ni ne compter pouvoir se mesurer avec nous.

Nous avons préparé une force de dissuasion telle que nous sommes en mesure de défier toute menace militaire que nous subissons actuellement ou nous pourrons subir éventuellement.

Le rythme de progrès, la qualité et la quantité de notre potentiel militaire sont fonction de notre mode d’action, de nos besoins et de notre horaire.

Notre Parti a défini que le potentiel de la défense nationale, pour être sûr, doit être une force militaire à même de dominer préalablement les forces pouvant porter atteinte à la souveraineté et au droit à l’existence de notre Etat et de notre peuple et les menacer. Et il a fait l’impossible pour faire le nécessaire et ne cesse d’atteindre de nouveaux objectifs dans cette perspective.

Nous renforcerons sans cesse notre force de dissuasion comme moyen de légitime défense autonome pour dominer et contrôler toutes les tentatives dangereuses et les menaces, y compris la menace nucléaire croissante, perpétrées par les forces hostiles.

Notre force de dissuasion destinée à défendre la souveraineté et le droit à l’existence de notre Etat et à sauvegarder la paix dans la région ne servira jamais à des fins injustes ni sera utilisée de façon préemptive contre l’adversaire. Mais, si une quelconque force cherchera à porter atteinte à la sécurité de notre nation et à employer le potentiel militaire contre nous, je mobiliserai toute notre force d’attaque préventive pour la châtier sévèrement.

Je ne veux pas que notre force militaire ait à affronter quiconque.

J’affirme que nous n’accroissons pas notre force de dissuasion en visant à quiconque. Nous le faisons afin de nous défendre par nous-mêmes.

Si nous manquions de force, nos poings fermés ne pourraient servir qu’à essuyer nos larmes et notre sang.

Notre Parti assurera avec un puissant potentiel militaire la souveraineté nationale et une pleine sécurité de notre territoire et sauvegardera le bien-être, la paix et l’avenir perpétuels de l’Etat et du peuple.

Camarades,

Puisque nous avons pour nous des forces armées révolutionnaires pénétrées des idées révolutionnaires du Parti du travail de Corée, infiniment fidèles à la patrie et au peuple et dotées de puissantes armes sophistiquées empreintes de la force et de l’âme de notre peuple, nulle force d’agression ne pourra jamais mépriser notre Etat sacré ni oser barrer la route au peuple coréen.

Il nous reste de permettre à notre peuple de bénéficier pleinement d’une vie riche et hautement civilisée sans plus peiner.

Notre Parti appliquera invariablement et accroîtra sans cesse sa politique de haute valeur tendant à améliorer le bien-être du peuple et à lui accorder davantage de bienfaits et anticipera autant qu’il pourra la société idéale de richesse et de prospérité dont rêve le peuple.

En partageant le sort du peuple pour le meilleur comme pour le pire dans de rudes épreuves et en voyant de ses propres yeux la force de l’union de notre peuple, notre Parti a pu fixer ce que nous avons à faire à l’avenir.

Le VIIIe congrès du Parti du travail de Corée présentera l’orientation et l’objectif précis à suivre dans cette perspective, et notre Parti qui travaille pour le bonheur du peuple passera désormais à une nouvelle étape de lutte.

Plus nous monterons, plus les forces réactionnaires de tout acabit enrageront éventuellement de même que des difficultés imprévues pourront nous surprendre.

Cependant, ce ne sera rien en comparaison avec les épreuves que nous avons traversées. Nous avons la force et la certitude d’en venir à bout.

L’unité monolithique du Parti et des masses populaires cimentée dans une lutte de longue date et la force des talents et la base de l’indépendance préparées par notre socialisme seront à n’en pas douter la puissante force de promouvoir et d’accélérer notre progrès.

Notre Parti et notre peuple, qui ont fait des exploits inconcevables pour les autres à travers d’innombrables difficultés et épreuves jamais vues entreprendront, avec plus de courage et conviction, une ardeur et une détermination extraordinaire, leur marche vers de nouveaux développements et prospérité.

J’exigerai plus sévèrement de toutes les organisations du Parti, du gouvernement, des organes du pouvoir et des organismes des forces armées qu’ils travaillent avec opiniâtreté et soin à préparer un avenir meilleur à notre peuple.

Notre peuple se propose un grand idéal. Le jour viendra où cet idéal deviendra réalité.

Je veillerai à concentrer toutes les forces à cet effet pour aboutir à des innovations, innovations, progrès et changements réels tangibles dans la réalisation d’un objectif plus haut de l’édification du socialisme.

Camarades,

Nous sommes devenus forts et ne cessons pas de nous renforcer dans l’épreuve.

Le temps s’écoule à notre avantage.

Allons tous de l’avant d’un pas énergique vers un avenir socialiste radieux et vers de nouvelles victoires.

Pour terminer, je réitère mes remerciements au peuple entier de la bonne santé dont il jouit.

Mes remerciements sincères vont également aux cœurs qui mettent une confiance invariable dans notre Parti.

Vive notre grand peuple !

 

Source : Naenara

Intégralité de la parade célébrant le 75e anniversaire du Parti du travail de Corée, le 10 octobre 2020 à Pyongyang (source : KCTV)

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