Alors que la République de Corée (Corée du Sud) va disputer sa douzième Coupe du monde, un joueur mythique comme Park Hang-seo s'est aussi affirmé comme un entraîneur de génie - comme en témoigne l'ascension internationale du Vietnam sur la scène du football mondial. Portrait.
Park Hang-seo (au centre, portant un T-shirt aux couleurs du Vietnam), en 2018
Bien avant de devenir une icône sur le banc de touche, Park Hang-seo a forgé sa légende sur les pelouses de la K-League dans les années 1980. Milieu de terrain infatigable au sein du Lucky-Goldstar FC (aujourd'hui le FC Seoul), il était surnommé « la batterie » (Battery) par ses pairs en raison de son endurance exceptionnelle et de son volume de jeu impressionnant. Capitaine exemplaire, il mène son club au titre de champion de Corée du Sud en 1985 et gagne sa place dans l'équipe type du championnat. International avec les guerriers Taeguk, il a porté le maillot national à plusieurs reprises, notamment lors de la Coupe d'Asie 1980, marquant les esprits par sa combativité.
Cette rigueur, Park l'a conservée lorsqu'il est passé de l'autre côté de la ligne de touche. Sa carrière de technicien prend une dimension mondiale en 2002, lorsqu'il devient l'adjoint principal du célèbre Guus Hiddink. Ensemble, ils emmènent la République de Corée jusqu'en demi-finale de la Coupe du Monde, un exploit qui forgera sa vision tactique basée sur la discipline, la condition physique et une gestion humaine paternelle.
C’est avec ce bagage immense qu’il débarque au Vietnam en 2017. À cette époque, le football vietnamien, bien que sport numéro un et passion absolue du pays, traverse une période de doute. Surnommé affectueusement "Papa Park", il opère une révolution mentale et tactique. Il transforme une équipe talentueuse mais physiquement fragile en une machine de guerre pragmatique, instaurant une défense à trois qui devient la marque de fabrique des guerriers de l'étoile d'or.
Les succès s'enchaînent alors à une vitesse vertigineuse : une finale historique au Championnat d’Asie U23 en 2018, suivie d'un sacre à l’AFF Cup la même année, plongeant les rues de Hanoï et de Hô Chi Minh-Ville dans une liesse populaire sans précédent. Sous son règne, le Vietnam intègre le top 100 mondial de la FIFA, atteint les quarts de finale de la Coupe d'Asie 2019 et se hisse, pour la première fois de son histoire, au troisième tour des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022.
Bien que Park Hang-seo ait quitté son poste en 2023, les fondations qu'il a bâties sont plus solides que jamais. Il a professionnalisé les structures nationales et insufflé une confiance inébranlable aux joueurs. Alors que le coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026 sera donné dans quelques jours, l'excitation est à son comble. Grâce à l'héritage laissé par le technicien coréen et à l'élargissement du format du tournoi, le peuple vietnamien peut enfin rêver légitimement : voir son drapeau flotter un jour lors d'une phase finale mondiale n'est plus une utopie, mais un objectif à portée de crampons.
Kuala Lumpur: After just under five and a half years in charge, Park Hang-seo has stepped down from his role as Vietnam head coach following a period of unprecedented success for the Golden Star ...
Vietnamese in Thailand have high hopes that Vietnam would triumph over Thailand in the AFF Cup final on Monday, a fitting parting gift for coach Park Hang-seo. - VnExpress International
Réédité depuis 2007 aux éditions Armand Colin, les 50 idées reçues sur l’état du monde de Pascal Boniface, actuel directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), constituent un opuscule fort instructif, et ce d’autant plus qu’il provient d’un auteur considéré comme « mainstream » qui aborde plusieurs sujets qui caractérisent les relations internationales : mondialisation, guerres et conflits, démocratie, terrorisme. L’auteur veut faire justice à certaines conceptions en cours quand on aborde rapidement les relations internationales. À la différence des fake news, elles ne visent pas à induire le public en erreur, ont même « une apparence de vraisemblable » et peuvent même être diffusées dans « les médias dits mainstream » (p. 8). On notera que l’auteur traite de la question de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) dans deux « idées reçues » explicitement consacrées à cet État.
Sur le leader de la RPDC et la détention de l’arme nucléaire
L’auteur consacre une idée reçue à Kim Jong-un (« Kim Jong-un est fou ») en évitant de tomber dans des poncifs qui empruntent à la psychiatrie. L’auteur n’évacue pas les aspects du régime (il est sévère), mais sur la personnalité du leader. En effet, « il ne faut pas confondre valeur et rationalité. Kim Jong-un peut être considéré comme quelqu’un de détestable ; il n’est pas pour autant fou. Derrière ses provocations, son raisonnement est parfaitement rationnel » (p. 71). Pascal Boniface règle aussi son compte à la détention des missiles balistiques et des armes nucléaires. « Il est également craint que Kim Jong-un se lance dans une offensive militaire contre la Corée du Sud ou le Japon, préalable au déclenchement d’une troisième guerre mondiale, opposant en outre la Chine et les États-Unis ». L’auteur fait justice à cette idée : « l’arme nucléaire de la Corée du Nord n’a pas pour objet de se venger du Japon ou réunifier la Corée par la force » (p. 72). En effet, se lancer dans un conflit conduirait à une défaite en raison de l’écart de puissance avec les adversaires (p. 72). Mais l’auteur rappelle aussi une analyse partagée par différents spécialistes des relations internationales ou de la RPDC : le caractère d’« assurance-vie pour son régime et lui-même (NOTA : le leader), dissuadant les États-Unis, le Japon ou la Corée du Sud de l’attaquer » (p. 72). Ce qui est projeté n’est pas une guerre ou une invasion, mais plutôt de se prémunir de ces dernières. « Kim Jong-un estime – non sans raison – que si Mouammar Kadhafi ou Saddam Hussein avaient disposé de l’arme nucléaire, ils seraient encore en vie et au pouvoir. C’est pour cette raison que la situation actuelle a de grandes chances de se maintenir. Kim Jong-un ne renoncera pas à l’arme nucléaire, mais ne se lancera pas dans une aventure militaire » (p. 72). L’auteur conclut que cela aboutirait à la fin du régime.
La Corée du Nord ne peut pas déclencher une troisième guerre mondiale
L’auteur aborde une autre idée reçue : la perspective d’une troisième guerre mondiale (« la Corée du Nord peut déclencher une troisième guerre mondiale », p. 106-107). Pour l’auteur, les essais réguliers de missiles balistiques ne sauraient masquer le fait que les dirigeants de la RPDC « ne sont pas irrationnels pour autant » (p. 106). En effet, « le but de ce régime n’a jamais été de conquérir la Corée du Sud ou d’attaquer le Japon, mais de se maintenir au pouvoir, ce qu’il sait perdu d’avance en cas de conflit » (p. 106). L’auteur reconnaît même un durcissement dû au discours de George W. Bush sur « l’axe du mal » (p. 107), alors que précédemment, sous la présidence Clinton, le régime nord-coréen était « ouvert à une perspective de dénucléarisation » (p. 106). L’auteur souligne aussi le jeu régional où les voisins ou protagonistes ne souhaitent pas la réunification de la Corée, ce qu’entraînerait la chute du régime : le Japon « craint un renforcement de la Corée à terme » (p. 107), la Corée du Sud « n’a pas les moyens de payer une réunification qui entraverait rapidement son développement économique » (p. 107) et les États-Unis « souhaitent, quant à eux, conserver leur présence stratégique dans la zone, notamment face à la Chine » (p. 107). Quant à la Chine, elle n’a pas intérêt à une chute du régime, dont la conséquence évidente serait de conduire à la présence de troupes américaines à ses frontières (p. 107). Une manière de rappeler que la RPDC est dans une zone de confrontation avec des pays ou puissances qui ont chacun des intérêts différents et des ordres du jours faiblement convergents à l’exception du refus de voir Pyongyang procéder à des essais (balistiques ou nucléaires) et détenir l’arme atomique. Mais en tout cas, un conflit ouvert n’est pas à l’ordre du jour. On pourra par ailleurs rappeler que le conflit n’a pas cessé depuis 1953 dans la mesure où il reste à basse intensité.
Les 50 idées reçues sur l’état du monde sont aisément trouvables, dans toute bonne librairie et même en gare ou en aéroport et à un prix abordable (9,90 euros). On reconnaîtra à Pascal Boniface le soin d’éviter les poncifs qui ont cours dans les situations tendues, y compris en RPDC et dans la péninsule coréenne.
Pascal Boniface, 50 idées reçues sur l’état du monde, Armand Colin, nouvelle édition janvier 2026, 159 pages.
Les 25 et 26 mars 2026, le président biélorusse a effectué sa première visite en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) depuis l'établissement des relations diplomatiques entre Pyongyang et Minsk. Le président Loukachenko a été chaleureusement reçu par son homologue Kim Jong-un. Les deux pays, l'un et l'autre soumis à des sanctions des puissances occidentales, ont souligné leurs convergences de vues en matière diplomatique et se sont engagés à renforcer leurs relations bilatérales, la Biélorussie ayant annoncé l'ouverture d'une ambassade auprès de la RPDC.
Alexandre Loukachenko et Kim Jong-un
Dans le contexte d'une nouvelle bipartition du monde entre un bloc occidental et des puissances non alignées sur les Etats-Unis et leurs alliés, qui s'est traduite par la mise en scène d'un axe Pékin-Moscou-Pyongyang lors des cérémonies du 80e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Chine (ayant alors permis une rencontre entre les présidents Kim Jong-un et Alexandre Loukachenko), une visite du président biélorusse en RPDC est intervenue pour la première fois en mars 2026. Les combats de la Seconde guerre mondiale, et en l'occurrence ceux menés pour la libération de la Corée, ont d'ailleurs été rappelés lors de la visite d'Alexandre Loukachenko : ce dernier a déposé une gerbe au pied de la Tour de la Libération et une minute de silence a été observée en mémoire des combattants de l'armée soviétique tombés pour la libération de la Corée.
Selon l'agence KCNA de la RPDC,
Alexandre Loukachenko a exprimé ses remerciements à Kim Jong Un pour l'avoir aimablement invité à se rendre à Pyongyang et a déclaré que, bien que les deux pays soient géographiquement éloignés, les relations bilatérales fondées sur de longues traditions d'amitié et des sentiments communs sont aujourd'hui entrées dans une nouvelle phase de développement.
Les entretiens ont porté sur une série de projets visant à renforcer les échanges et la coopération dans divers domaines, notamment les visites de haut niveau entre la RPDC et la République de Biélorussie, et ont permis d'échanger des points de vue sur des questions internationales et régionales d'intérêt commun.
Exprimant leur satisfaction quant à la rencontre et aux discussions, les hauts dirigeants des deux pays ont exprimé leur conviction que les relations de coopération bilatérale entre Pyongyang et Minsk se renforceraient dans l'intérêt des peuples des deux pays.
Un traité d'amitié et de coopération a été conclu entre les deux pays. Par ailleurs, des accords de coopération ont été signés dans les domaines notamment de la diplomatie, de l'information, de l'agriculture, de l'éducation et de la santé publique.
Talks Held between Kim Jong Un, President of State Affairs of DPRK, and Aleksandr Lukashenko, President of Republic of Belarus,Treaty on Friendship and Cooperation between DPRK and Belarus Signed
Après le déclenchement le 28 février 2026 d'une guerre en Iran par des frappes israéliennes et américaines (opération "Lion rugissant" en Israël, "Fureur épique" aux Etats-Unis), ayant conduit à la mort d'Ali Khamenei et entraîné en représailles des tirs iraniens sur plusieurs pays du Moyen-Orient et à Chypre (opération "Promesse honnête 4"), les deux gouvernements coréens ont réagi de manière très différente, comme après les bombardements américains au Venezuela et l'enlèvement de Nicolas Maduro. Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a vivement dénoncé une agression israélienne et américaine, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) n'a pas pris position.
une école pour filles atteinte par un bombardement américano-israélien à Minab en Iran le 28 février 2026
Dans un communiqué de presse publié par l'agence KCNA, le ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPDC a dénoncé un "acte de banditisme" des Etats-Unis et d'Israël, commis en méconnaissance du droit international public, en estimant que Washington joue un "rôle destructeur dans la remise en cause de la paix et de la stabilité mondiales" avec des conséquences "sur des régions sans lien avec la crise iranienne actuelle", ce qui justifie des mesures de "résistance" face à la "tyrannie" :
La RPDC condamne dans les termes les plus fermes l’acte de banditisme éhonté des États-Unis et d’Israël, qui placent leur droit interne au-dessus du droit international reconnu et n’hésitent pas à recourir à la force militaire pour réaliser leurs ambitions égoïstes et hégémoniques.
Les pratiques tyranniques, arbitraires et impunies de cette puissance, en l’absence de contre-mesures efficaces et de résistance adéquate, font payer un lourd tribut aux pays directement concernés par la situation régionale, et suscitent des inquiétudes quant à leur impact négatif – impossible à ignorer sur les plans politique, économique et géopolitique – sur des régions sans lien avec la crise iranienne actuelle.
Toujours selon le porte-parole du MAE de la RPDC, la défense hégémonique de leurs intérêts par les Etats-Unis date de plusieurs décennies, mais s'est traduite par "un échec géopolitique et un revers stratégique" :
L’histoire mondiale rappelle une fois de plus que les États-Unis ont détruit la paix au Moyen-Orient pour leurs intérêts hégémoniques il y a des décennies, mais ont finalement essuyé un échec géopolitique et un revers stratégique.
Le président sud-coréen Lee Jae-myung, arrivé le 1er mars 2026 à Singapour pour une visite d'Etat de trois jours, a déclaré que le gouvernement se préparait à toutes les conséquences (tant économiques qu'en matière de sécurité nationale), afin que la population "profite de sa vie quotidienne et se concentre sur ses activités sans inquiétude".
Juste avant son départ, Lee Jae-myung avait demandé au Premier ministre de superviser la gestion de crise, s'agissant notamment des conséquences sur l'économie nationale et de la protection des ressortissants sud-coréens (le 4 mars,140 d'entre eux avaient été évacués d'Iran, d'Israël et d'autres pays du Moyen-Orient).
Alors que de possibles difficultés d'approvisionnement devraient en tout état de cause se conjuguer avec une hausse des cours des hydrocarbures (la RdC étant très dépendante de ses importations), la bourse de Séoul a connu un "mercredi noir" en clôturant en baisse de 12 % le 4 mars.
La RdC fait partie des pays qui n'ont condamné ni les frappes américaines et israéliennes, ni les frappes iraniennes. Elle n'a pas non plus lancé d'appel à la cessation des hostilités.
Parmi les expériences qui les ont le plus marqués, les visiteurs de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) citent souvent les spectacles de magie - où figure en bonne place la grande illusion. A l'origine simple composante des arts du cirque, la magie est devenue une discipline à part entière des arts du spectacle (appelés kyoye), dont la forme la plus connue est la gymnastique de masse (plus grand spectacle vivant au monde selon le livre Guinness des records). L'industrie de la magie reçoit un important soutien des pouvoirs publics et bénéficie d'un fort engouement populaire à la faveur de sa diffusion dans les médias. Les récompenses internationales glanées témoignent aussi qu'il s'agit d'un des arts du spectacle au plus grand potentiel en RPD de Corée.
C'est sous l'impulsion de Kim Jong-il que le développement de la magie prend un tournant décisif au début des années 1970, avec une formation alors dispensée dans le cadre des arts du cirque - l'école du cirque de Pyongyang ayant par ailleurs été fondée en 1975. Le cursus, très exigeant, dure neuf ans, et comporte les tours de magie - les cartes, le jeu de piano sans que les mains ne touchent le clavier, ou encore la disparition et la lévitation de personnes et d'objets.
Une figure - ou plutôt une famille - est particulièrement éminente dans les spectacles de magie. Kim Thaek-song, qui a commencé à se produire au cirque de Pyongyang en 1969, est réputé avoir développé 200 tours. Artiste du peuple, il s'est distingué lors de festivals internationaux, notamment à Karlovy Vary (République tchèque) et à Vienne. Il a ensuite dispensé des cours à l'école du cirque de Pyongyang. Président fondateur de l'Association des magiciens de Corée en 2001, qui a rejoint la Fédération internationale des sociétés magiques en 2012, il a transmis le flambeau à ses fils, Kim Chol et Kim Gwang-chol, et ses petits-fils, Kim Ju-song et Kim Gwang-song, devenus, à leur tour, des magiciens de renom. Kim Ju-song et Kim Gwang-song ont introduit des moyens techniques toujours plus sophistiqués dans leurs tours. Depuis 2002, un théâtre à Pyongyang est exclusivement dédié à la magie.
En 2011, devant 100 000 spectateurs réunis dans le stade du Premier mai, le plus grand au monde, la RPDC a organisé un des spectacles de magie majeurs de son histoire, d'une durée de 45 minutes, dans lequel on a vu un bus en lévitation sortir d'une boîte envoyée sur scène à travers un cercle de feu. La magie en Corée du Nord fait non seulement disparaître un bus et ses passagers, mais aussi un éléphant, dans des tours littéralement énormes.
La magie est aussi une carte diplomatique dans le jeu de Pyongyang. Lors du sommet intercoréen d'avril 2018, Kim Gwang-chol, le fils de Kim Thaek-song, avait donné un spectacle de magie. Les participants avaient pu voir un billet de 50 000 won sud-coréens se transformer en un billet américain de 100 dollars, avec le général Kim Yong-chol, alors président du département du Front uni, dans le rôle d'assistant. Pour sa part, le magicien Sud-Coréen Choi Hyun-woo avait donné un numéro de mentalisme.
En 1995, deux diplomates nord-coréens se sont rendus à Las Vegas pour rencontrer David Copperfield avec l'objectif qu'il se produise en RPDC, dans un contexte de réchauffement des relations avec les Etats-Unis. Les équipes de David Copperfield avaient d'ailleurs fait une visite préparatoire à Pyongyang. Mais le brutal coup d'arrêt au dialogue américano-nord-coréen après l'élection de George W. Bush et les attentats du 11 septembre mettra fin aux espoirs de voir David Copperfield donner un spectacle à Pyongyang.
The North Korean magician, who performed at the dinner venue after the summit, reportedly received a big welcome and loud applause when he demonstrated his skill by changing a 50,000 South Korean ...
Après l'opération de bombardement du Venezuela et l'enlèvement du président Nicolas Maduro par les forces américaines, le 3 janvier 2026, dans le cadre de l'opération Absolute Resolve, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont réagi de manière très différente. La RdC n'a pas fait mention d'une violation du droit international par son allié américain, quand la RPDC a vivement dénoncé une atteinte aux principes de la charte des Nations unies et des lois internationales.
Le président américain Donald Trump suit en direct l'opération Absolute Resolve depuis Mar-a-Lago
Si elle n'a pas été jusqu'à soutenir le président américain pour l'opération conduite au Venezuela, à l'instar de plusieurs alliés de Washington, la RdC n'a pas non plus jugé utile de dénoncer, comme l'a fait l'Union européenne et la plupart des pays du monde, une violation du droit international public. Dans un communiqué de presse, le ministère des Affaires étrangères de la RdC a simplement appelé toutes les parties à la retenue, "pour apaiser les tensions dans la région", en soulignant que toutes les mesures seraient prises pour assurer la sécurité des ressortissants sud-coréens au Venezuela.
Par ailleurs, le communiqué de presse met l'accent sur le respect de l'état de droit et le "rétablissement de la démocratie" au Venezuela, dans une référence à l'élection présidentielle de juillet 2024 au Venezuela, dont le résultat n'a pas été reconnu par Séoul, en évitant toutefois de critiquer plus avant le gouvernement vénézuelien.
Dans une pétition, 68 des 165 députés du Parti démocrate (centre-gauche, au pouvoir) ont pour leur part dénoncé l'atteinte au droit international ainsi commise, en soulignant qu'elle constituait un dangereux précédent de nature à inciter d'autres puissances à agir de même, tout en appelant également à un retour à la démocratie au Venezuela :
Une mauvaise gouvernance par un régime ne saurait justifier une action militaire contre un Etat souverain (...) Il doit revenir à la population vénézuélienne de décider du retour à la démocratie et cela doit se faire de façon pacifique et diplomatique.
Par ailleurs, des manifestations contre l'opération américaine ont eu lieu en République de Corée.
Quant à elle, la RPDC a réagi par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères en dénonçant une grave violation de la souveraineté des Etats, du droit international public et de la charte des Nations unies, laquelle démontre selon elle, une fois de plus, "la nature voyoue et brutale des Etats-Unis" - ce qui a dû refroidir encore un peu plus les espoirs du président Donald Trump d'une rencontre prochaine avec le dirigeant nord-coréen :
Nous suivons avec une attention particulière la gravité de la situation actuelle au Venezuela, provoquée par les agissements unilatéraux et arbitraires des États-Unis, qui aggravent encore l’instabilité dans une région déjà fragilisée.
Cet incident constitue un nouvel exemple qui confirme, une fois de plus et de manière flagrante, la nature voyoue et brutale des États-Unis, dont la communauté internationale a été témoin à maintes reprises depuis longtemps.
Le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée condamne avec fermeté l’acte hégémonique commis par les États-Unis au Venezuela, qui représente la forme la plus grave d’atteinte à la souveraineté, ainsi qu’une violation délibérée de la Charte des Nations unies et du droit international, fondés sur les principes du respect de la souveraineté, de la non-ingérence et de l’intégrité territoriale.
La communauté internationale doit prendre la pleine mesure de la gravité de la situation vénézuélienne, dont les conséquences catastrophiques perturbent durablement la structure des relations régionales et internationales, et élever une protestation et une dénonciation légitimes contre les violations répétées par les États-Unis de la souveraineté d’autres pays, devenues une habitude inacceptable.
Si la RPDC et le Venezuela n'ont pas de liens économiques importants, les relations politiques et diplomatiques se sont approfondies sous la présidence de Nicolas Maduro. En 2014, la RPDC a décidé de réouvrir son ambassade à Caracas, et une représentation diplomatique vénézuelienne opère à Pyongyang depuis 2019. Dans le cadre d'une tournée en Amérique latine (Cuba, Mexique, Venezuela), Kim Yong-nam, président de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC, avait rencontré le président Nicolas Maduro le 30 novembre 2018 et les deux pays ont alors signé plusieurs accords bilatéraux.
Si de nombreux partis communistes et ouvriers ont signé la déclaration de Pyongyang de 1992, laquelle réaffirmait leur attachement au socialisme après la disparition de l'Union soviétique, en revanche peu ont incorporé dans leur corpus doctrinal le Juche, idéologie directrice de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Un parti communiste a cependant fait du Juche l'un de ses principes directeurs : il s'agit du Parti des travailleurs et des paysans du Népal (acronyme anglais : NWPP), formation d'opposition représentée de manière continue au Parlement depuis 1991.
Né en 1939, Narayan Man Bijukchhe (de son nom de militant : Rohit) a dirigé le NWPP depuis sa fondation.
En désaccord avec Pushpa Lal Shrestha sur le soutien du Parti communiste du Népal (NCP) à l'intervention indienne au Pakistan oriental (ayant conduit à l'indépendance du Bangladesh), ainsi que la recherche d'une coopération du NCP avec le Parti du Congrès népalais, Narayan Man Bijukchhe, qui considérait par ailleurs l'Union soviétique comme une puissance impérialiste, quitte le NCP et fonde en 1975 l'Organisation des travailleurs et des paysans du Népal (NWPO), devenue l'actuel Parti des travailleurs et des paysans du Népal (NWPP). Si le NWPP a fait partie de l'Alliance des sept partis ayant permis l'instauration de la démocratie au Népal et mis fin à la monarchie, il n'a jamais participé au gouvernement.
Dès leur fondation, le NWPO et le NWPP se sont revendiqués du marxisme-léninisme et de la pensée Mao Zedong. Alors que Pushpa Lal Shrestha a visité à plusieurs reprises la RPD de Corée, le NWPP a incorporé les idées du Juche à son corpus doctrinal, y compris à Bhaktapur (80 000 habitants), ancienne cité royale qu'il dirige, située à 13 kilomètres à l'est de Katmandou, et principal bastion du NWPP.
Alors que le Parti du travail de Corée n'a jamais considéré le Juche, à la différence de ses homologues chinois et albanais dans leur approche du socialisme, comme de nature à pouvoir être le soubassement idéologique des partis communistes, l'influence des idées du Juche à Bhaktapur et au sein du NWPP est adaptée aux réalités népalaises : elle met l'accent sur les principes d'autosuffisance et d'indépendance, dans les champs économique, politique et militaire, en refusant les influences étrangères.
The Nepal Workers Peasants Party ( NWPP), also known as the Nepal Workers' and Peasants' Party and the Nepal Majdoor Kisan Party ( Nepali: नेपाल मजदुर किसान पार...
Le 12 décembre 2025, le bureau de la présidence de la République de Corée (RdC, Corée du Sud) a indiqué que 107 Sud-Coréens, suspectés d'être impliqués dans des escroqueries en ligne, avaient été rapatriés du Cambodge depuis octobre. En août, la découverte de la mort par torture près du mont Bokor (province de Kampot) du corps d'un étudiant de 22 ans, Park Min-ho, avait soulevé une vague de protestations en RdC et conduit à la mise en oeuvre d'une coopération judiciaire d'une ampleur inédite entre Séoul et Phnom Penh, alors que le Cambodge est devenu une plaque tournante de la criminalité organisée en Asie du sud-est, s'étendant au Myanmar et au Laos : quelque 1 000 Coréens auraient été kidnappés et forcés de travailler dans des centres d'appel spécialisés dans l'hameçonnage et le pillage de données personnelles.
Ne nous y trompons pas : si les Coréens rapatriés au Cambodge dans le cadre de la lutte contre les escroqueries en ligne peuvent apparaître commes des suspects, attirés par de fausses promesses d'emplois bien rémunérés, ils sont avant tout les victimes d'un esclavage moderne. Ils sont des milliers d'étrangers enlevés, torturés et vendus à des groupes mafieux les forçant à travailler dans d'immenses centres d'appel, souvent implantés dans d'anciens hôtels ou casinos. Entre janvier et août 2025, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a recensé 330 cas de disparitions de Coréens au Cambodge, contre 17 en 2023.
S'agissant de Park Min-ho, la famille de la victime s'était vu exiger une rançon de 50 millions de won (30 000 euros), avant que les contacts ne cessent et que le corps du jeune homme soit retrouvé et identifié deux semaines plus tard, le 8 août. Un étudiant de la même université que Park, dénommé Hong, avait servi d'intermédiaire avec les gangsters impliqués dans son assassinat, le fonctionnement cloisonné du groupe mafieux ayant compliqué l'enquête.
La corruption du Cambodge a favorisé l'essor des activités de fraude en ligne, qui serait menée principalement par des Chinois naturalisés cambodgiens. Parmi eux, Chen Zhi, qui dirige le Prince Holding group, a été inculpé pour fraude et blanchiment par la justice britannique et la justice américaine - cette dernière a gelé ses avoirs en bitcoins pour un montant de 15 milliards de dollars (12,8 milliards d'euros). La proximité de Chen Zhi avec des figures haut placées du gouvernement cambodgien (il a été le conseiller de ministres) a nourri des soupçons de collusion entre le crime organisé et l'appareil d'Etat, conduisant Séoul à protester vigoureusement auprès de Phnom Penh. Mais les rapatriements en cours ne lèvent sans doute qu'une partie du voile sur des activités criminelles d'une ampleur exceptionnelle et que les autorités cambodgiennes ont, à tout le moins, laissé prospérer.
Gangrené par la corruption et accusé de protéger la mafia de la fraude en ligne, le régime de Phnom Penh est sous la pression d'un nombre grandissant de pays.
Soixante-quatre ressortissants sud-coréens soupçonnés d'avoir été impliqués dans des centres d'arnaque en ligne au Cambodge ont été rapatriés samedi 18 octobre. Ces lieux fonctionnent comm...
La mort de Park Min Ho, un étudiant de 22 ans, au Cambodge a profondément choqué la Corée du Sud. Attiré par un camarade de la même université, il a disparu
Alors que le conflit à Gaza a conduit de nombreux pays à condamner les projets américain et israélien concernant l'avenir de l'enclave (la France s'apprêtant pour sa part à reconnaître l'Etat palestinien), les deux Etats coréens maintiennent des positions très différentes : si la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) soutient fermement la Palestine, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) appelle au respect des principes du droit international tout en évitant de formuler toute critique directe de Donald Trump et de l'allié américain.
Sur la carte ci-dessus, les Etats reconnaissent (en vert foncé) ou ont annoncé une future reconnaissance (en vert clair) de l'Etat de Palestine, tandis que d'autres (en jaune) ont posé des conditions. Ceux en gris ne reconnaissent pas ni n'ont l'intention de reconnaître la Palestine.
Comme l'a souligné l'agence de presse WAFA dans une dépêche du 12 février 2025 citant l'agence nord-coréenne KCNA, la RPDC avait alors dénoncé le projet américain de "prendre le contrôle" de la bande de Gaza ainsi que "l'acte d'expulsion forcée du peuple de Gaza", en dénonçant de graves violations du droit international visant à une solution à deux Etats.
Soulignant l'urgence humanitaire, l'agence KCNA, relayant les positions de Pyongyang, ajoutait :
À un moment où le sang et les larmes continuent de couler dans la bande de Gaza et où les inquiétudes grandissent au pays et à l'étranger quant à la fragilité de la situation, le monde est choqué par la rhétorique scandaleuse qui piétine les espoirs ténus des Palestiniens de paix et d'une vie stable dans la région.
Pour sa part, la diplomatie sud-coréenne appelle à une situation politique et humanitaire pour Gaza, basée sur le droit international public, dénonce le terrorisme et souhaite la libération des otages, sans se prononcer directement sur les projets américain et israélien d'occupation de Gaza et de transfert des populations.
L'administration de l'ancien président sud-coréen (conservateur, destitué depuis) Yoon Seok-yeol avait exprimé une position de principe favorable à la paix, se félicitant du cessez-le-feu conclu en janvier 2025. A cet égard, l'agence sud-coréenne Yonhap avait ainsi cité Lee Jae-woong, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, souhaitant que "l'application totale et rapide de l'accord mène à la libération de tous les otages et à l'amélioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza", tout en formulant l'espoir que "l'élan positif créé par l'accord servira de base à de nouvelles discussions à des solutions diplomatiques pour la paix et la stabilité dans la région".
Alors qu'on aurait pu envisager que l'élection du démocrate Lee Jae-myung entraînerait un infléchissement de la position de Séoul sur ce dossier, à ce stade la continuité prévaut manifestement avec son prédécesseur, qu'il s'agisse des discussions que le Président Lee a eues avec le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres en juin 2025 (en marge d'une réunion du G7 à Alberta, au Canada) ou de celles dans le Bureau ovale avec Donald Trump en août 2025 - lors de laquelle la question de Gaza pourrait même ne pas avoir été évoquée, ne figurant pas dans les comptes rendus de cette rencontre. Avec Antonio Guterres, Lee Jae-Myung a réitéré la position traditionnelle de Séoul pour la paix en général et dans cette partie du monde en particulier, en soutenant les efforts menés par les Nations unies. Cette prudence, largement imputable à la position privilégiée de Séoul avec Washington, est à observer alors que la RdC préside le Conseil de sécurité des Nations unies au mois de septembre 2025.
Selon l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), l'ambassade du Nicaragua en RPDC a célébré, le 19 juillet 2024, le 45e anniversaire de la révolution sandiniste au club diplomatique Taedonggang, à Pyongyang. Cet événement, auquel a participé Ra Yun-bak, vice-ministre des Affaires étrangères de la RPDC, s'inscrit dans la continuité de la réouverture d'une représentation diplomatique du Nicaragua à Pyongyang en 2024 (la première d'un pays d'Amérique centrale en RPDC), alors que la RPDC a apporté un soutien constant à la révolution sandiniste.
Célébration de l'anniversaire de la révolution sandiniste, le 19 juillet 2024, à Pyongyang
Le 19 juillet 1979, les soldats du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) investissaient la capitale du Nicaragua, Managua, signant la victoire de la révolution sandiniste. Deux jours plus tôt, le président Anastasio Somoza avait démissionné et fui à Miami.
Fidèle à son soutien aux luttes de libération, la Corée du Nord avait apporté un appui politique et militaire aux sandinistes au moins depuis 1971, date à laquelle le commandant Plutarco Hernandez avait suivi un entraînement militaire à Pyongyang et rencontré le président Kim Il-sung. La RPDC s'était ensuite tenue aux côtés de ses frères d'armes nicaraguayens dans la lutte contre les Contras. En 1988, par solidarité avec Pyongyang, La Havane et Managua avaient boycotté les Jeux olympiques de Séoul - alors que la RPDC avait souhaité co-organiser cet événement. Des délégations des deux nations soeurs d'Amérique latine s'étaient ensuite rendues à Pyongyang, dans le cadre du Festival mondial de la jeunesse, en 1989.
Le président Daniel Ortega (au pouvoir de 1979 à 1990, date de sa défaite électorale, et depuis 2007 après sa victoire aux élections générales du 5 novembre 2006) a visité la RPDC en 1983 et 1986.
Les projets d'usines, d'hôpitaux et d'établissements d'enseignement que la RPDC devait construire gratuitement au Nicaragua dans les années 1980 ne semblent pas s'être concrétisés, alors que l'économie nord-coréenne commençait déjà à ralentir fortement - avant d'entrer en récession en 1990.
L'amitié entre les deux pays, symbolisée par le peu ordinaire don d'une statuette kitsch de crocodile portant un plateau avec des verres, se fonde sur une solidarité anti-impérialiste qui, selon KCNA, a été rappelée en ces termes par Ra Yun-bak, vice-ministre des Affaires étrangères de la RPDC, lors de la cérémonie du 19 juillet 2024 :
La victoire de la révolution a été un événement important dans l’histoire du Nicaragua car elle a rejeté la domination et l’ingérence étrangères et a fortement encouragé le développement indépendant [du Nicaragua].
Kim Il-sung et Daniel Ortega, en visite en RPDC, en 1986