Si les échanges intercoréens redémarrent en dehors des circuits intergouvernementaux, les autorités de la République de Corée (au Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (au Nord) ont formulé des propositions de reprise des discussions qui, au-delà de leur rejet par l'autre partie, témoignent que les deux Etats explorent bien la voie d'un nouveau dialogue.
Lorsque Moon Jae-in dénonce la RPD de Corée comme "irrationnelle", il faut y voir une réaction après que le Nord eut décrit le Président sud-coréen comme le "porte-parole" de Washington - alors qu'une rencontre au sommet entre Donald Trump et Moon Jae-in doit intervenir la semaine prochaine. Au regard des échanges très vifs, de part et d'autre, sous les présidences conservatrices à Séoul, ces propos, pour peu diplomatiques qu'ils soient, restent somme toute modérés.
La première proposition de reprise du dialogue est venue du Sud, lorsque Moon Jae-in a déclaré que la cessation par Pyongyang de ses "provocations" permettrait une reprise sans conditions des discussions entre le Nord et le Sud. Ces propos ont été particulièrement mal accueillis par la RPD de Corée, qui cherche à découpler les questions de sécurité (tenant selon elle à ses relations avec Washington) du dialogue intercoréen.
La RPD de Corée a ensuite mis sur la table un moratoire de ses essais nucléaires si Washington et Séoul arrêtaient leurs manoeuvres militaires. La proposition n'est pas nouvelle (elle avait déjà été formulée en janvier 2015), mais elle se rapproche d'une suggestion de Pékin vis-à-vis des Etats-Unis (suspendre les exercices militaires des Etats-Unis et de leurs alliés en contrepartie d'un gel par la RPD de Corée de ses activités balistiques et nucléaires). Plus encore, Moon Jae-in pense que la dénucléarisation de la péninsule coréenne exige d'abord un moratoire des activités nucléaires de Pyongyang, et son conseiller spécial pour la diplomatie et la sécurité, Moon Chung-in, a proposé lors d'un forum à Washington la diminution de l'ampleur des exercices militaires menés conjointement avec les Etats-Unis, en contrepartie d'une suspension par la RPD de Corée de ses essais nucléaires et balistiques.
Si les termes du dialogue restent différents, ils n'en tendent pas moins à se rapprocher. Reste à savoir si, sur ces questions où Séoul ne se désolidarise jamais totalement des Etats-Unis, quelle pourrait être la réaction de l'administration Trump.
La Corée du Sud s'est montrée prudente face à des déclarations de l'ambassadeur nord-coréen en Inde, Kye Chun-yong, sur une proposition de moratoire sur les essais nucléaires et balistiques d...
Lors d'une audition devant les membres de la commission du renseignement de l'Assemblée nationale de la République de Corée (Corée du Sud) le 15 juin 2017, Suh Hoon, nouveau directeur de l'Agence nationale de renseignement (acronyme anglais : NIS) sud-coréenne, a annoncé que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) enverrait son équipe de démonstration aux Championnats du monde de Taekwondo qui s'ouvriront à Muju, dans la province du Jeolla du Nord, le 24 juin 2017 : une première qui s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d'un accord conclu en 2015 entre les deux fédérations mondiales de Taekwon-Do (suivant l'orthographe en vigueur au Nord) / Taekwondo (si l'on retient la graphie en usage au Sud).
Suh Hoon, nouveau directeur du NIS nommé par le Président sud-coréen Moon Jae-in
La division de la Corée a eu une incidence directe sur le Taekwon-Do, le sport national de combat coréen : alors que le Nord suit l'enseignement du fondateur, le général Choi Hong-hi - d'origine sud-coréenne mais réfugié au Nord - et que ses athlètes appartiennent à la Fédération internationale de Taekwon-Do (acronyme anglais : ITF), le Taekwondo pratiqué au Sud (et relevant de la Fédération mondiale de Taekwondo, acronyme anglais : WTF) a divergé de celui du Nord, et est devenu une discipline olympique sous la forme qu'il a ainsi prise au Sud de la péninsule.
Alors que les deux Corée organisent des compétitions distinctes, des discussions se sont engagées pour que, à défaut de règles unifiées, les athlètes de l'ITF puissent participer aux compétitions de la WTF, et ceux de la WTF à celles de l'ITF, suivant un accord conclu en 2015 entre les fédérations ITF et WTF.
Si aucun athlète nord-coréen n'avait participé, en 2016, aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro - marqués par un retour en force des Sud-Coréens - le changement de majorité à Séoul a manifestement favorisé de premiers échanges sur la base de l'accord de 2015 : selon Suh Hoon, chef de l'agence de renseignement sud-coréenne, lors d'une audition parlementaire, ce sont 32 membres de l'équipe de démonstration nord-coréenne qui seront présents aux championnats du monde WTF qui seront organisés à Muju, dans la province sud-coréenne du Jeolla du Nord, du 24 au 30 juin 2017. Il semblerait, bien que ce ne soit pas précisé, qu'il s'agit d'une équipe de démonstration, et non de compétiteurs aux épreuves du championnat. Toujours d'après Suh Hoon, la délégation serait conduite par Jang Ung, président de l'ITF depuis la disparition du général Choi Hong-hi en 2002, et par ailleurs membre du Comité international olympique de la RPD de Corée. Jang Wung est un des hommes-clés du dialogue intercoréen dans le domaine sportif, ce qui permet d'envisager que sa venue en Corée du Sud pourra être l'occasion de discuter d'autres projets communs Nord-Sud.
National Intelligence Service says that inter-Korean relations could be restored under the right conditions North Korea has decided to send its taekwondo demonstration team to the World Taekwondo ...
Il y a 17 ans, le 15 juin 2000, la première rencontre au sommet entre Kim Jong-il, Président de la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et Kim Dae-jung, Président de la République de Corée (Corée du Sud), aboutissait à la signature d'une déclaration historique Nord-Sud qui ouvrait la voie au dialogue intercoréen, à la réconciliation et à la réunification. Alors que 9 ans de présidence conservatrice à Séoul ont rompu l'ensemble des canaux d'échanges intercoréens, le retour au pouvoir des démocrates au Sud, avec l'élection de Moon Jae-in, ouvre la voie à une reprise sincère des échanges Nord-Sud. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) fait le point, en reprenant chacun des cinq principes de la déclaration du 15 juin 2000.
Le premier point de la déclaration commune Nord-Sud dispose que "le Nord et le Sud ont décidé de résoudre en toute indépendance le problème de la réunification du pays grâce à l'union de notre nation qui en est responsable". Alors que la RPD de Corée a fait du principe d'indépendance nationale la pierre angulaire de sa diplomatie, les nouvelles autorités sud-coréennes manifestent une volonté de plus grande indépendance vis-à-vis de Washington que les conservateurs - reste à savoir si Séoul découplera effectivement les questions de sécurité nationale de celles touchant à la réunification, alors que les récents tirs de missiles balistiques nord-coréens ont conduit la République de Corée à réaffirmer son alliance militaire traditionnelle avec les Etats-Unis.
Selon le point 2 de la déclaration du 15 juin, le Nord et le Sud "ont reconnu qu'il y a des points communs entre le projet de fédération dans son étape inférieure présenté par le premier et le projet de commonwealth avancé par le second et décidé d'orienter dans ce sens la réunification". Si la RPD de Corée a réaffirmé à plusieurs reprises le principe de République fédérale démocratique de Koryo comme projet de réunification, la République de Corée s'était éloignée du principe de "commonwealth" pourtant défini de longue date, avant même le début de la politique sud-coréenne du "rayon de soleil" d'ouverture au Nord. Le fait que Moon Jae-in ait été l'un des responsables du dialogue intercoréen sous les administrations démocrates rend crédible le retour à cette ligne traditionnelle de coopération intercoréenne définie par Séoul.
Suivant le point 3 de la déclaration du 15 juin 2000, le Nord et le Sud avaient "décidé, à l'occasion du 15 août prochain, d'échanger des groupes de visite de familles et de proches dispersés et de résoudre au plus tôt le problème des anciens prisonniers de guerre non convertis et d'autres problèmes humanitaires". La reprise des réunions de familles séparées est une perspective crédible pour une relance à court terme des échanges Nord-Sud. Par ailleurs, dix ans de dérive autoritaire, au Sud, ont conduit à l'emprisonnement de dizaines de nouveaux prisonniers politiques, dont la libération serait un signal de la volonté de libéralisation politique à Séoul. Enfin, les nouvelles autorités sud-coréennes sont favorables à une reprise des échanges humanitaires, notamment sous forme de livraisons de produits alimentaires et de première nécessité au Nord.
Aux termes du point 4, le Nord et le Sud avaient"convenu de développer de façon équilibrée l'économie nationale par la coopération économique et de promouvoir la collaboration et les échanges dans différents domaines, notamment social, culturel, sportif, sanitaire et environnemental en vue d'approfondir la confiance mutuelle". Outre la reprise des échanges culturels, sportifs et sociaux par des canaux non gouvernementaux (à nouveau autorisés par Séoul), la réouverture de la zone économique intercoréenne de Kaesong, ayant fermé en février 2016, avait déjà été proposée par le Nord à la veille des élections législatives sud-coréennes du printemps 2016, en cas de victoire de l'opposition. La confiscation de sa victoire à l'opposition par les autorités conservatrices de Séoul avait cependant rendu caduc un tel projet, défendu sur le principe par les démocrates, ce qui rend crédible, à moyen terme, la réouverture du parc industriel de Kaesong, ou à défaut d'autres zones économiques spéciales qui seraient gérées conjointement par les deux parties.
Enfin, le point 5 de la déclaration du 15 juin 2000 convenait de la nécessité "d'ouvrir au plus tôt un dialogue entre autorités" pour appliquer les points 1 à 4 de la déclaration. La réouverture des canaux de dialogue est aujourd'hui identifiée comme l'une des priorités par Séoul, notamment la hotline à Panmunjom établie en 1971.
Le 26 mai 2017, pour la première fois depuis l'entrée en fonctions du Président Moon Jae-in, un échange intercoréen - les contacts Nord-Sud étant toujours soumis à l'approbation des autorités gouvernementales sud-coréennes - a reçu l'accord du ministère de la Réunification à Séoul. Une décision qui signifie la volonté de Séoul de favoriser à nouveau les échanges intercoréens.
La demande émane d'une ONG, le Korean Sharing Movement, dont la demande avait été formulée début mai, dans le cadre d'un projet Nord-Sud de lutte contre la malaria. Co-dirigée par un député démocrate (majorité), Won Hye-young, l'ONG, fondée en 1996 et active dans le domaine des aides agricoles et alimentaires, envisage également une visite au Nord vers le 10 juin - sous réserve d'obtenir l'autorisation du ministère de la Réunification.
19 demandes d'ONG auraient été déposée pour des coopérations intercoréennes, qui pourraient recevoir un avis favorable dès lors qu'elles ne remettent pas en cause les sanctions internationales contre la République populaire démocratique de Corée, ainsi que l'a observé l'agence sud-coréenne Yonhap :
Le ministère avait annoncé le 22 mai son intention d’autoriser la reprise des échanges intercoréens au niveau civil dans la mesure où ceux-ci ne vont pas à l’encontre des sanctions imposées au régime nord-coréen par la communauté internationale.
Le ministère de l'Unification a donné ce vendredi le feu vert à une organisation non gouvernementale (ONG) qui souhaitait entrer en contact avec des partenaires nord-coréens, une première depu...
Le 14 mai 2017, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a effectué un nouveau tir de missile - apparemment de moyenne portée. Plus que l'initiative elle-même (le précédent tir nord-coréen de ce type avait eu lieu il y a moins d'un mois, déjà un dimanche, le 16 avril dernier), dans un contexte marqué par les exercices de guerre américano-sud-coréens qui conduisent chaque partie à riposter, c'est le moment choisi par Pyongyang qui retient l'attention : la RPD de Corée a procédé à ce tir quelques jours seulement après l'élection et l'investiture du nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, démocrate qui privilégie le dialogue plutôt que les sanctions pour aborder les relations Nord-Sud.
Une fois encore, ce sont les Américains et les Etats-Unis qui ont donné leur version de la dernière initiative sud-coréenne - même si lors des précédents tirs de missiles nord-coréens, les données factuelles apportées par Washington et Séoul se sont avérées globalement fiables.
Le tir - selon toute vraisemblance celui d'un missile balistique de portée intermédiaire - a eu lieu le dimanche 14 mai 2017 à 5h27 heure locale, depuis Kusong dans la province du Pyongan du Nord, en direction de la mer de l’Est. Le missile aurait parcouru 700 km, suivant un angle de tir pratiquement vertical.
Les condamnations les plus vives sont venues, comme d'habitude, des Etats-Unis et du Japon. Cependant, Donald Trump est apparu plutôt isolé à ce stade lorsqu'il a évoqué la nécessité selon lui de nouvelles sanctions contre la RPD de Corée. Ferme dans sa condamnation (en déclarant que "les autorités militaires doivent rester prêtes à répondre à n’importe quelle provocation militaire de la Coré du Nord" et en mentionnant "l’accélération du processus de conception du bouclier antimissile sud-coréen Korean Air and Missile Defense (KAMD)"), le Sud-Coréen Moon Jae-in n'a pas appelé à renforcer les sanctions contre Pyongyang, tout comme d'ailleurs l'Union européenne.
La position du nouveau président démocrate de la République de Corée est conforme à celle de ses prédécesseurs démocrates de la décennie du "rayon de soleil" de dialogue avec Pyongyang (1998-2008) : discuter avec la RPDC, certes, mais tout en maintenant l'alliance militaire avec les Etats-Unis et en condamnant la poursuite des programmes balistique et nucléaire nord-coréens. La vraie question est de savoir si Moon Jae-in liera ce sujet et celui des relations intercoréennes (comme les administrations conservatrices de Lee Myung-bak et Park Geun-hye), ou s'il tendra à les dissocier (à l'instar de Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun). Manifestement, le tir de missile de Pyongyang teste l'administration Moon Jae-in.
Si la Chine a également déclaré s'opposer aux violations par la Corée du Nord de ses obligations résultant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, Pékin est de longue date favorable, de concert avec la Russie, à un règlement global de la question, en dénonçant également les initiatives américano-sud-coréennes.
Par ailleurs, au moment où les différentes parties (notamment Pyongyang et Washington) ont parlé de la possibilité de renouer le dialogue sous certaines conditions (restant à préciser), il ne fait guère de doutes que tant la RPDC que les Etats-Unis font monter les enchères pour aborder d'éventuelles négociations dans la meilleure position possible - même si les initiatives prises de part et d'autre n'encouragent pas de retour au dialogue, tout du moins à court terme. Pour ce faire, sans doute faudra-t-il au moins attendre la fin des manoeuvres militaires en cours conduites par Washington et Séoul.
Ce tir intervient quelques jours après l'élection de Moon Jae-in comme président de la Corée du Sud. Le projectile pourrait être un missile balistique. Le Monde | * Mis à jour le Le missile a...
Concernant le tir d'essai d'un missile balistique nord-coréen ce matin, le président Moon Jae-in a indiqué dans une réunion d'urgence tenue à la Maison-Bleue que "nous sommes ouverts à l'éve...
Le 30 mars 2017, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que le Maréchal Kim Jong-un avait envoyé une couronne de fleurs après la disparition, la veille à Pyongyang, de Kim Ki-ryong. Figure moins médiatisée que d'autres dirigeants nord-coréens, occasionnellement cité dans les dépêches de KCNA, Kim Ki-ryong avait néanmoins joué un rôle clé dans le monde de l'information en RPDC pendant plus de deux décennies, ayant occupé toutes les fonctions majeures en ce domaine (notamment, président de l'agence KCNA, rédacteur en chef du Rodong Sinmun, quotidien du Parti du travail de Corée, président du Comité de l'information publique), et aussi initié des coopérations intercoréennes et internationales. L'Association d'amitié franco-coréenne revient sur son parcours, en présentant ses condoléances à sa famille et à ses proches.
Kim Ki-ryong était né dans la province de Ryanggang en 1940, sous l'occupation japonaise. Diplômé de la prestigieuse Université Kim Il-sung, il avait commencé à travailler comme journaliste au Rodong Sinmun en 1965, grimpant dans la hiérarchie du quotidien jusqu'à assumer des responsabilités de rédacteur en chef en 1985.
Les fonctions qu'il exerça alors successivement témoignent qu'il était devenu une des personnalités les plus influences des médias en RPD de Corée : en 1988, il est nommé directeur du Bureau d'orientation des publications (organisme qui veille à leur ligne éditoriale, conformément à la politique du Parti du travail) ; en 1989, il devient président de l'agence KCNA (jusqu'en 1996, et à nouveau de 2000 à 2010) et parallèlement président du Comité de l'information publique, fonction équivalente à celle, en Occident, de ministre de l'Information. Kim Ki-ryong est aussi devenu député de l'Assemblée populaire suprême (en 1990), membre (suppléant, en 1991, puis titulaire, en 1992) du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC). Lors de sa disparition en 2017, il appartenait toujours au Comité central du PTC.
En 2010, il avait abandonné la présidence de l'agence KCNA pour redevenir rédacteur en chef du Rodong Sinmun, avant d'être remplacé à ce poste en 2013 par Yun U-chol et faire valoir ses droits à la retraite à la faveur d'un changement de génération après la disparition du Dirigeant Kim Jong-il, en décembre 2011. Quarante-troisième dans l'ordre protocolaire lors des funérailles de l'ancien Président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, Kim Ki-ryong a été parmi les premiers récipiendaires, en février 2012, de l'Ordre de Kim Jong-il. La dépêche de KCNA ayant annoncé que le Maréchal Kim Jong-un adressait une couronne de fleurs et présentait ses condoléances à la famille du défunt a d'ailleurs fait mention, non de ses fonctions passées comme homme des médias ni comme homme politique (membre du Comité central du Parti), mais de sa double qualité de titulaire de l'Ordre de Kim Il-sung et de l'Ordre de Kim Jong-il - soulignant ainsi qu'il avait été un des grands serviteurs de l'Etat.
Sa longévité dans le monde des médias nord-coréens en avait fait une personnalité de confiance du centre du Parti, impliquée dans les échanges non seulement avec ses homologues étrangers (en mai 2004, il avait rencontré à Pyongyang le vice-président de l'agence chinoise Xinhua, Xu Xian, se félicitant de la coopération entre leurs deux agences), mais aussi dans la promotion des relations intercoréennes. En août 2000, il avait rencontré l'ancien ministre sud-coréen de la Culture et du Tourisme Park Jie-won, et exprimé le souhait d'accueillir son homologue de l'agence Yonhap de la République de Corée (du Sud). Ce sera chose faite le 12 octobre 2007, à Pyongyang, comme l'a relevé Aidan Foster-Carter de l'Université britannique de Leeds, dans un article consacré aux relations Nord-Sud :
Les chefs des agences d'information des deux Corée se sont rencontrés pour la première fois à Pyongyang. Kim Ki-seo, président de l'agence Yonhap de la République de Corée, propose des "échanges actifs" ; Kim Ki-ryong de KCNA a dit que "nous l'étudions sérieusement", ce que Yonhap a interprété comme un geste tiède. L'un et l'autre ont co-organisé une exposition de photos des peintures murales du royaume de Koguryo avec l'agence japonaise Kyodo News Service, qui a été inaugurée le 11 octobre.
En fait, la fin de la politique du "rayon de soleil" à partir de 2008 allait ruiner les progrès du dialogue intercoréen, alors que, comme nous l'avons vu, Kim Ki-ryong avait été initiateur d'échanges Nord-Sud - dès 2000 - qui auraient également pu concerner les sujets sensibles des médias et de l'échange d'informations si la politique du "rayon de soleil" s'était poursuivie.
Avec la disparition de Kim Ki-ryong, les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, perdent aussi un homme qui était sincèrement attaché à la réunification.
Former Rodong Sinmun editor and Workers' Party of Korea [WPK] Central Committee Member Kim Ki Ryong (Kim Ki-yong) died in Pyongyang on March 29 (Wednesday). Kim Ki Ryong started his career in the ...
Début avril 2016, à la veille d'élections législatives finalement perdues par les conservateurs au pouvoir à Séoul, la défection groupée d'employés nord-coréens d'un même restaurant en Chine a soulevé de nombreuses interrogations quant à la volonté réelle de tout ou partie de ces personnes de rejoindre la Corée du Sud. La question du consentement de toute personne de vivre dans le pays qu'elle a choisi est une question élémentaire de respect des droits de la personne humaine. C'est pourquoi le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a décidé d'interpeler le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, dans une lettre adressée le 5 mars 2017 à S.E. M. Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire, et dont nous proposons le texte ci-après.
Palais Wilson, à Genève, siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme
Excellence,
Fondée en 1969 pour encourager les relations d'amitié entre la France et l'ensemble de la péninsule coréenne, l'Association d'amitié franco-coréenne a l'honneur d'attirer votre attention sur la situation d'un groupe de citoyens de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) qui sont arrivés en République de Corée (RdC) depuis la République populaire de Chine où ils travaillaient dans un restaurant, au début du mois d'avril 2016.
Selon les autorités de la RPDC, la plupart des membres de ce groupe – sinon tous – ont été emmenés de force en République de Corée. Des juristes et des journalistes de la RdC ont aussi souligné la coïncidence entre cet événement, la façon dont le service national de renseignement de la RdC a pris en charge ce groupe sans le laisser entrer en contact avec d'autres personnes, et les élections législatives à venir en République de Corée.
En mai 2016, huit avocats, membres de l'organisation des Juristes pour une société démocratique (Minbyun) de la République de Corée, ont déposé une pétition en habeas corpus. Néanmoins, les autorités de la RdC ont refusé tout contact entre ces citoyens de la RPDC et leurs familles restées dans leur pays, et ces personnes ne sont pas apparues elles-mêmes à l'audience.
La République de Corée est partie à des conventions internationales, en vertu desquelles les personnes qui arrivent sur son territoire ont le droit de choisir elles-mêmes, sans influence extérieure, dans quel pays elles veulent vivre, en choisissant leurs propres avocats et après avoir pu contacter leur famille ou les autorités de leur pays, si nécessaire. De telles règles ont été appliquées pour d'autres citoyens de la RPDC qui sont arrivés en République de Corée, en particulier des marins dont les embarcations ont dérivé en mer.
C'est la raison pour laquelle nous demandons au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme d'user de son influence pour l'application des droits de de l'homme des citoyens de la RPDC qui sont arrivés en République de Corée en avril 2016.
Dans l'attente d'une réponse positive à notre lettre, nous vous prions d'accepter, Excellence, l'assurance de notre très haute considération.
Le Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne
Paris, le 5 mars 2017
Excellency,
Founded in 1969 to promote friendly relations between France and the whole Korean peninsula, the France-Korea Friendship Association has the honour of focusing your attention on the situation of a group of Democratic People's Republic of Korea (DPRK) citizens who arrived from the People's Republic of China, where they were working in a restaurant, to the Republic of Korea (ROK) in early April 2016.
According to the DPRK authorities, most – if not all – of the members of this group were forcibly abducted to the Republic of Korea. ROK lawyers and journalists also insisted on the coincidence between this event, the way how the ROK National Intelligence Service took charge of the group without letting them contact other persons, and the upcoming legislative elections in the Republic of Korea.
In May 2016, 8 lawyers, members of the Lawyers for a Democratic Society organization (Minbyun) of the Republic of Korea, submitted a habeas corpus petition. Nevertheless, the ROK authorities refused any contact between the DPRK citizens and their families still living in their country, and the persons did not appear themselves in the court.
The Republic of Korea is part to international conventions, according to which persons who arrived on its territory have the right to chose by themselves, without external influence, in which country they want to live, by selecting their own lawyers - after having been able to contact their own familities or the authorities of their country, if necessary. Such rules have been enforced concerning other DPRK citizens who arrived in the Republic of Korea, in particular sailors whose boats had been drifting at sea.
It is the reason why we ask to the United Nations High Commission for Human Rights to use its influence for enforcing human rights of the DPRK citizens who arrived in the Republic of Korea in April 2016.
We look forward your positive reply to our letter.
We ask you to accept, Excellency, the assurances of our most respectful feelings.
The National Board of the France-Korea Friendship Association
Paris, March 5, 2017
L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero YunMadame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, sorti en salles le 22 février 2017 en France. Le film a donné lieu à des avant-premières, à l'initiative notamment de membres de l'AAFC, à Tousson et à Pithiviers le 18 février 2017, en présence du réalisateur Jero Yun. Le cinéma d'art et d'essai "Les 3 Luxembourg", à Paris, a projeté deux séances suivies de rencontres-débats : le 22 février avec Jero Yun, et le 27 février avec Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération. Nous revenons sur la séance-débat du 27 février.
Madame B. histoire d'une Nord-Coréenne est un film d'accès apparemment difficile : filmé dans un style dépouillé, parfois brut, à mille lieues des clichés sur les réfugiés nord-coréens véhiculés par des stars (ou supposées telles) ayant des besoins de reconnaissance et/ou financiers, le long métrage invite les spectateurs à se forger leur propre opinion et ne délivre pas d'autre message que celle de l'humanité d'une femme, Mme B., qui, comme des dizaines de milliers de Nord-Coréens, a quitté son pays à la recherche d'une vie économique meilleure. Son récit devient, par extension, celui de nombreux réfugiés de par le monde. Comme l'observe Isabelle Regnier du quotidien Le Monde,
La force du film tient à la tension qu’il instaure entre le tableau cataclysmique des conditions de vie de ces migrants d’Asie extrême et la personnalité fascinante de son personnage, bloc de volonté qui oppose aux coups de massue du destin un désir de vivre dévorant, et une capacité de résilience qui laisse pantois.
Animé par Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, le très riche débat qui a suivi la projection, en présence de Coréens et de spécialistes de la Corée, a permis d'aborder de multiples autres questions qui touchent à la société coréenne dans son ensemble, Nord comme Sud : les représentations réciproques entre Coréens du Nord et du Sud ; l'intégration (ou non) des Nord-Coréens en Corée du Sud, confrontés à l'anticommunisme viscéral d'une société où ils souffrent de l'absence de réseaux, essentiels pour réussir au Pays du Matin Calme ; la question des femmes dans la société coréenne, marquée par une culture patriarcale d'origine néo-confucéenne... Car Mme B. traduit aussi l'émancipation de millions de femmes (nord-)coréennes, à la faveur de l'ouverture économique du pays, à la mesure des positions privilégiées qu'elles occupent souvent dans les activités commerciales privées, légales ou non, qui permettent aujourd'hui à la RPD de Corée de poursuivre son développement économique et social.
Jero Yun a réussi le tour de force d'accepter que parle, sous l'oeil de sa caméra, toute une famille de réfugiés nord-coréens - alors que les réfugiés coréens, qu'ils soient du Nord ou du Sud, sont le plus souvent réservés à témoigner. Par la force de sa volonté, Mme B. a d'ailleurs aujourd'hui réussi à ouvrir un café en Corée du Sud, tandis que son fils aîné enchaîne tous les travaux, ne rechignant pas devant les tâches les plus difficiles, et que son fils cadet est engagé dans des études pour devenir acteur - ce qui répond en partie aux interrogations qui se font jour à la fin du film.
A travers un récit individuel, c'est aussi une certaine histoire de la Corée que nous raconte la vie de Mme B. - et qui fait plus que jamais ressortir la nécessité de réunifier un pays divisé depuis sept décennies. Quant à lui, Jero Yun a pour sa part exprimé sa reconnaissance envers les réfugiés nord-coréens qui l'ont soutenu, lorsqu'il les accompagnait lors de leur périple express (cinq jours !) de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande, lui qui était blessé, découragé parfois, mais avait promis à Mme B. de transcrire dans un film l'histoire d'une vie peu banale.
L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero YunMadame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, Madame B., loin des clichés sur les réfugiés nord-coréens en Corée du Sud, avant une sortie en salles le 22 février 2017 en France. Le long métrage produit par ZORBA a été présenté à Cannes en 2016 à la sélection de l'ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Plusieurs avant-premières en France ont eu lieu avec la participation de membres des comités régionaux de l'AAFC, le comité régional Bourgogne-Franche-Comté ayant par ailleurs relayé la diffusion en avant-première au Festival international du film de Belfort. Le 18 février 2017, deux avant-premières suivies d'un débat avec le réalisateur ont eu lieu, à l'initiative de Pierrot Beltante, animateur du foyer rural de Tousson "La tête des trains", le foyer rural de Tousson ayant une longue tradition de présentation de la culture coréenne et du cinéma de et sur la Corée, en partenariat avec l'AAFC : à Tousson (en présence de 25 participants, la capacité maximale d'accueil de la salle de projection) et au cinéma Le Mail à Pithiviers, devant 120 spectateurs. Des délégations du bureau national de l'AAFC étaient présentes lors des projections-débats à Tousson et Pithiviers. L'AAFC remercie Pierrot Beltante (qui avait découvert le film et rencontré Jero Yun lors de la sélection à Cannes), l'équipe du foyer rural de Tousson et le cinéma Le Mail à Pithiviers pour l'organisation de ces avant-premières, suivies d'excellents buffets, et relayées dans les médias locaux (journaux, site de la mairie de Pithiviers et web-télévision).
Projection en avant-première à Pithiviers
Comment parler du film Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne ? On peut retenir une approche sociale et politique, mettant l'accent sur les raisons qui ont conduit des dizaines de milliers de Nord-Coréens à quitter définitivement leur pays - essentiellement pour des raisons économiques, comme Madame B., qui pensait initialement revenir en Corée du Nord après un an - avant souvent de déchanter lors de l'arrivée au sud de la péninsule - où nombre d'entre eux sont accusés d'espionnage et doivent purger de longues peines de prison.
On peut aussi s'intéresser à l'esthétique du film, sobre, dépouillée, qui évite tout jugement de valeur, et à ses conditions de réalisation particulièrement difficiles pour Jero Yun, qui avait fait à Madame B. la promesse de porter son histoire à l'écran - une promesse qu'il mettra trois ans à honorer. Ayant suivi le groupe de fugitifs nord-coréens dont faisait partie Madame B. dans leur périple de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande (d'où ils rejoindront la Corée du Sud), Jero Yun a déclaré :
Marcher avec les autres clandestins tout en filmant et en prenant le son seul m’était cependant devenu impossible tant j’avais moi-même du mal à survivre. Des réfugiés nord-coréens m’aidaient, c’était une relation très étrange, car j’étais pour ma part incapable de les aider physiquement. Parfois, les passeurs soutenaient quelques groupes épuisés en portant leurs sacs. Il y avait des moments d’entraide et de partage. Durant le périple, j’ai donc filmé tout ce que je pouvais filmer, mais dans certaines situations, c’était impossible. Un passeur laotien, notamment, avait un visage qui ne m’incitait pas à sortir la caméra… D’autres fois, ma blessure et la faim m’empêchaient de filmer. Quand je suis arrivé en Thaïlande, je ressemblais à un clochard. Sur place, je me suis fait contrôler quatre fois par les autorités, tant ma situation de clandestin était évidente.
On peut, enfin, retenir une approche centrée sur la leçon d'humanité que délivre le film, né de la relation exceptionnelle qui s'est créée entre Jero Yun et Madame B., mais aussi la famille de cette dernière - notamment ses deux fils, dont le plus jeune a commencé des études pour devenir acteur de cinéma. Comme l'a déclaré une spectatrice de l'avant-première à Tousson, le film est une histoire d'amour - ou plutôt une histoire d'amours. Celles de Madame B. pour son mari nord-coréen, pour son mari chinois et pour ses deux fils, son départ pour la Corée du Sud tenant à sa seule volonté de gagner mieux sa vie pour leur offrir la possibilité de poursuivre des études universitaires, très coûteuses en Corée du Sud. Alors que le film se termine sur les questions que se pose Madame B., elle a aujourd'hui créé un café à Séoul, où elle vit toujours, en ayant par ailleurs obtenu la nationalité et un passeport sud-coréens.
Femme exemplaire, déterminée à lutter pour obtenir ses droits, Madame B. témoigne du rôle nouveau joué par les femmes dans la société nord-coréenne (ce sont d'ailleurs elles qui tiennent les échoppes des marchés généraux de biens et de services), le portrait que dresse d'elle Jero Yun dépassant le cadre strict du contexte coréen pour gagner une portée universelle.
Pour aller plus loin, quelques critiques du film :
A l'ACID, le réalisateur sud-coréen Jero Yun consacre un documentaire à une femme croisée lors de la préparation d'une fiction sur les réfugiés de Corée du Nord. Mettant sa fiction entre ...
Four years after delivering his first feature, a documentary about North Korean refugees stranded in Chinese border towns, the French-educated and Seoul-based filmmaker Jero Yun returns with a more
En marchant des jours et des nuits dans la jungle laotienne laissant derrière lui la frontière chinoise, Jero Yun a souffert. Il a eu peur. Il est tombé d'épuisement. Il a failli tout lâcher. ...
Alors que les Nord-Coréens célèbrent, le 16 février 2017, le 75e anniversaire de la naissance de leur ancien dirigeant Kim Jong-il, et que l'année 2017 marque le 45e anniversaire du communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972 et le 10e anniversaire de la déclaration Nord-Sud du 4 octobre 2007, une citation est fréquemment attribuée à Kim Jong-il : "the overall relations between the North and the South have developed in favor of national reconciliation, unity and reunification" - qu'on peut traduire en français par : "Globalement les relations entre le Nord et le Sud se sont développées en faveur de la réconciliation nationale, de l'unité et de la réunification". L'Association d'amitié franco-coréenne revient sur le contexte et la signification de cette citation.
Kim Dae-jung et Kim Jong-il à Pyongyang le 15 juin 2000
Tout d'abord, il convient d'observer que cette citation, attribuée à Kim Jong-il par l'agence de presse nord-coréenne KCNA, est tronquée : la citation complète précise que les relations intercoréennes se sont développées en faveur de la réconciliation nationale, de l'unité et de la réunification "depuis la publication de la déclaration conjointe du 15 juin" 2000, c'est-à-dire au lendemain du sommet à Pyongyang entre le président sud-coréen Kim Dae-jung et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il.
Cette déclaration est donc postérieure au premier sommet intercoréen et elle montre la confiance alors exprimée par Kim Jong-il et la République populaire démocratique de Corée dans l'approfondissement du dialogue et des échanges intercoréens. Elle a été exprimée lors d'une rencontre à Pyongyang, le 12 août 2000, entre Kim Jong-il et les représentants de médias sud-coréens. A cette occasion, Kim Jong-il a également déclaré, toujours selon KCNA, qu'il était prêt à rencontrer toute personne qui soutenait la Déclaration du 15 juin 2000, qu'elle appartienne à la majorité politique sud-coréenne d'alors (les démocrates) ou à l'opposition (conservatrice).
Cette déclaration était donc riche de promesses pour l'avenir des relations Nord-Sud. Malheureusement, après le retour au pouvoir à Séoul des conservateurs en 2008, les autorités sud-coréennes n'ont pas honoré les engagements pris lors des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin et du 4 octobre 2007, et les relations intercoréennes sont revenues à un état de confrontation tandis que les acquis de dix ans de dialogue et d'échanges Nord-Sud ont été progressivement déconstruits.
The Associated Press (Kyong Hwa Seok, "N. KOREA ISSUES NEW OFFER FOR U.S. RELATIONS," Seoul, 8/13/00) and Agence France Presse ("US COOL ON NORTH KOREAN OFFER TO RESUME DIPLOMATIC RELATIONS," ...