Après l'opération de bombardement du Venezuela et l'enlèvement du président Nicolas Maduro par les forces américaines, le 3 janvier 2026, dans le cadre de l'opération Absolute Resolve, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont réagi de manière très différente. La RdC n'a pas fait mention d'une violation du droit international par son allié américain, quand la RPDC a vivement dénoncé une atteinte aux principes de la charte des Nations unies et des lois internationales.
Le président américain Donald Trump suit en direct l'opération Absolute Resolve depuis Mar-a-Lago
Si elle n'a pas été jusqu'à soutenir le président américain pour l'opération conduite au Venezuela, à l'instar de plusieurs alliés de Washington, la RdC n'a pas non plus jugé utile de dénoncer, comme l'a fait l'Union européenne et la plupart des pays du monde, une violation du droit international public. Dans un communiqué de presse, le ministère des Affaires étrangères de la RdC a simplement appelé toutes les parties à la retenue, "pour apaiser les tensions dans la région", en soulignant que toutes les mesures seraient prises pour assurer la sécurité des ressortissants sud-coréens au Venezuela.
Par ailleurs, le communiqué de presse met l'accent sur le respect de l'état de droit et le "rétablissement de la démocratie" au Venezuela, dans une référence à l'élection présidentielle de juillet 2024 au Venezuela, dont le résultat n'a pas été reconnu par Séoul, en évitant toutefois de critiquer plus avant le gouvernement vénézuelien.
Dans une pétition, 68 des 165 députés du Parti démocrate (centre-gauche, au pouvoir) ont pour leur part dénoncé l'atteinte au droit international ainsi commise, en soulignant qu'elle constituait un dangereux précédent de nature à inciter d'autres puissances à agir de même, tout en appelant également à un retour à la démocratie au Venezuela :
Une mauvaise gouvernance par un régime ne saurait justifier une action militaire contre un Etat souverain (...) Il doit revenir à la population vénézuélienne de décider du retour à la démocratie et cela doit se faire de façon pacifique et diplomatique.
Par ailleurs, des manifestations contre l'opération américaine ont eu lieu en République de Corée.
Quant à elle, la RPDC a réagi par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères en dénonçant une grave violation de la souveraineté des Etats, du droit international public et de la charte des Nations unies, laquelle démontre selon elle, une fois de plus, "la nature voyoue et brutale des Etats-Unis" - ce qui a dû refroidir encore un peu plus les espoirs du président Donald Trump d'une rencontre prochaine avec le dirigeant nord-coréen :
Nous suivons avec une attention particulière la gravité de la situation actuelle au Venezuela, provoquée par les agissements unilatéraux et arbitraires des États-Unis, qui aggravent encore l’instabilité dans une région déjà fragilisée.
Cet incident constitue un nouvel exemple qui confirme, une fois de plus et de manière flagrante, la nature voyoue et brutale des États-Unis, dont la communauté internationale a été témoin à maintes reprises depuis longtemps.
Le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée condamne avec fermeté l’acte hégémonique commis par les États-Unis au Venezuela, qui représente la forme la plus grave d’atteinte à la souveraineté, ainsi qu’une violation délibérée de la Charte des Nations unies et du droit international, fondés sur les principes du respect de la souveraineté, de la non-ingérence et de l’intégrité territoriale.
La communauté internationale doit prendre la pleine mesure de la gravité de la situation vénézuélienne, dont les conséquences catastrophiques perturbent durablement la structure des relations régionales et internationales, et élever une protestation et une dénonciation légitimes contre les violations répétées par les États-Unis de la souveraineté d’autres pays, devenues une habitude inacceptable.
Si la RPDC et le Venezuela n'ont pas de liens économiques importants, les relations politiques et diplomatiques se sont approfondies sous la présidence de Nicolas Maduro. En 2014, la RPDC a décidé de réouvrir son ambassade à Caracas, et une représentation diplomatique vénézuelienne opère à Pyongyang depuis 2019. Dans le cadre d'une tournée en Amérique latine (Cuba, Mexique, Venezuela), Kim Yong-nam, président de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC, avait rencontré le président Nicolas Maduro le 30 novembre 2018 et les deux pays ont alors signé plusieurs accords bilatéraux.
Le 5 décembre 2025 a été présentée la nouvelle stratégie de sécurité nationale (National Security Strategy) américaine, datée de novembre 2025 et remplaçant la précédente version qui avait été publiée en octobre 2022 par l'administration Biden. Elle expose de manière très claire les priorités de l'administration Trump, en mettant notamment l'accent sur la lutte contre l'immigration et le trafic de drogue, en insistant sur la nécessaire augmentation des budgets de défense militaires des alliés américains (au premier rang desquels les Européens) qui doivent, à terme, pouvoir se défendre eux-mêmes, et un non-interventionnisme a priori - sauf si les intérêts vitaux des Etats-Unis sont menacés. Nous faisons le point en ce qui concerne la péninsule coréenne.
Ne cherchez pas de références à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) tout au long des 33 pages du document : il n'y en a pas, semblant indiquer que les différentes options restent sur la table, même si le rappel de l'importance du bouclier anti-missiles américain indique que, pas plus qu'en 2017, les Etats-Unis n'acceptent de voir leur territoire exposé à de potentiels missiles nord-coréens. Si la dénucléarisation de l'Iran est mentionnée, tel n'est pas le cas pour celle de la RPDC.
Quant à la République de Corée (RdC, Corée du Sud), elle est mentionnée à trois reprises : page 26 (deux fois), pour rappeler l'ambition américaine de réduire son déficit commercial - mais en ciblant la Chine, les alliés de Washington étant accusés de ne pas combattre davantage les pratiques jugées déloyales de Pékin ; et enfin, page 28 - il est expressément demandé à Tokyo et à Séoul d'augmenter leurs dépenses militaires pour un meilleur partage du "fardeau", afin de "dissuader" les "adversaires" et "protéger la première chaîne d'îles" - le document insiste plus loin sur la protection de Taïwan. La potentielle détention d'armes nucléaires par Séoul, qui n'est plus un sujet tabou en Corée du Sud, n'est ni encouragée, ni rejetée. Un précédent programme nucléaire militaire mené par la RdC, dans les années 1970, s'était alors heurté à la violente opposition de l'administration Carter.
Ces remarques, cohérentes avec les déclarations précédentes de Donald Trump, s'inscrivent dans une relation avec l'Asie dominée par deux priorités pour Washington : d'une part, rééquilibrer les relations commerciales avec la Chine, d'autre part, préserver la paix par la dissuasion militaire, en maintenant notamment l'avancée technologique des Etats-Unis.
Les 29 et 30 octobre 2025, le président américain Donald Trump visitera la République de Corée (Corée du Sud) à l'occasion du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC). En marge du sommet, Donald Trump devrait aborder la question des relations américaines avec la Corée - toute la Corée. Visant le prix Nobel de la paix (la nouvelle Première ministre japonaise, la nationaliste Sanae Takaichi, a d'ailleurs dit qu'elle soutiendrait sa candidature lors de leur rencontre à Tokyo - lors de l'avant-dernière étape du périple asiatique de Donald Trump), le chef d'Etat américain envisage en effet de prolonger son déplacement dans la péninsule pour rencontrer à nouveau le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, en faisant une annonce : pour la première fois, il est prêt à discuter d'une levée (partielle) des sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Mais la rencontre aura-t-elle lieu ?
Donald Trump et Kim Jong-un, lors de leur dernière rencontre, le 30 juin 2019, à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée. Six ans déjà...
Dans sa guerre commerciale tous azimuts, Donald Trump n'avait pas épargné la République de Corée : le 30 juillet 2025, les deux pays avaient conclu in extremis un accord limitant à 15 % (au lieu du taux de 25 % initialement prévu) les surtaxes douanières sur la plupart des exportations sud-coréennes à destination des Etats-Unis - à l'exception notable de l'acier et de l'aluminium, frappés par une surtaxe de 50 %. Par ailleurs, la République de Corée s'était engagée à investir 350 milliards de dollars aux Etats-Unis et à acheter pour 100 milliards de dollars de gaz naturel liquéfié (GNL), dans un futur proche (3 ans et demi). Il est attendu que les surtaxes sur l'acier et l'aluminium, ainsi que les engagements sud-coréens en matière d'investissements et d'achat de GNL, soient à l'ordre du jour des discussions que le président américain aura avec son homologue sud-coréen nouvellement élu, le démocrate Lee Jae-myung, de même que la question récurrente de la prise en charge par les Sud-Coréens de la présence militaire américaine dans leur pays, que Donald Trump souhaite augmenter de longue date.
C'est toutefois un tout autre sujet qui a retenu l'attention des médias internationaux : la possibilité que Donald Trump prolonge son séjour en Corée afin de rencontrer Kim Jong-un pour la première fois depuis son retour à la Maison Blanche. Alors que leur rencontre au sommet à Hanoï, en février 2019, avait buté sur le refus américain de lever (partiellement) les sanctions contre la Corée du Nord, le président des Etats-Unis n'exclut plus cette possibilité. Il est vrai que le rapprochement de la RPDC avec la Russie et la Chine, illustré par la présence de Kim Jong-un aux côtés de Xi Jinping et de Vladimir Poutine le 3 septembre 2025 à Pékin (pour la première participation du leader nord-coréen à une rencontre internationale depuis son accession au pouvoir en 2011), a témoigné de la sortie de la RPDC d'un certain isolement diplomatique : si Washington veut un accord, Pyongyang est en position de pouvoir faire monter les enchères.
A cet égard, lors de la treizième session de l'Assemblée populaire suprême (APS) s'étant tenue à Pyongyang, le 21 septembre 2025, le président nord-coréen n'avait pas exclu une nouvelle rencontre avec Donald Trump - ce qui avait marqué une inflexion notable du discours de la RPDC à l'égard des Etats-Unis. Il avait toutefois exclu tout abandon du programme nucléaire nord-coréen. Il avait ainsi déclaré, en soulignant la qualité de leur relation personnelle :
J'ai personnellement un bon souvenir de l'actuel président américain, Donald Trump (...) Si jamais les Etats-Unis abandonnent leurs obsessions téméraires sur la dénucléarisation (du Nord) et souhaitent vraiment une coexistence avec nous, en se basant sur la reconnaissance de la réalité, nous n'aurons pas de raison de refuser un face-à-face (...) Tout le monde sait bien ce que feraient les Etats-Unis une fois que nous nous serions désarmés et que nous aurions abandonné l'arme nucléaire (…) Il n'y aura jamais de négociations pour concéder quelque chose à des pays ennemis pour obtenir la levée des sanctions.
Le cadre ainsi posé laisse une marge importante pour des négociations - comme la suspension du programme nucléaire et balistique nord-coréen, qui avait eu lieu après le premier sommet entre Kim et Trump à Singapour en juin 2018, ou la négociation d'un traité de paix (la guerre de Corée n'ayant jamais formellement pris fin depuis l'armistice de 1953) dans le cadre d'un accord de sécurité collective. On avait aussi observé, après le sommet de Singapour, une reprise du retour de dépouilles de soldats américains morts en Corée.
Une autre raison d'espérer sortir de l'impasse diplomatico-militaire est que les "faucons" de l'entourage de Donald Trump pendant son premier mandat, à l'instar de John Bolton, hostiles au principe même de négociations, ne sont plus en poste (l'ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain, devenu l'un de ses plus farouches opposants, est d'ailleurs à présent poursuivi en justice).
Mais plusieurs obstacles se dressent pour une nouvelle rencontre au sommet américano-nord-coréenne dans les prochains jours : le manque de délai de préparation, et aussi le fait que, contrairement à 2018, les Sud-Coréens peuvent difficilement être des intermédiaires directs entre Washington et Pyongyang. Certes, les démocrates sont revenus au pouvoir à Séoul, et ils sont ouvertement favorables au dialogue intercoréen et aux échanges américano-nord-coréens. Mais la RPDC a rompu les liens avec la République de Corée en janvier 2024.
Le 3 septembre dernier, à l'occasion du défilé militaire à Pékin célébrant les 80 ans de la défaite du Japon et la fin de la Seconde Guerre mondiale, Xi Jinping prenait soin de vanter les r...
Dans le monde du renseignement, les échecs sont davantage médiatisés que les succès : en 2019, une équipe des forces spéciales de l'US Navy (SEAL) - la même que celle qui avait tué Oussama Ben Laden en 2011 - devait placer sur écoute Kim Jong-un, en plein hiver, au début de l'année 2019, alors que le président américain Donald Trump était en négociations avec son homologue nord-coréen. Se basant sur une vingtaine de témoignages de militaires et de responsables gouvernementaux alors en poste, le New York Times vient de révéler le fiasco de cette opération commando qui a coûté la vie à d'innocents pêcheurs nord-coréens ayant eu le malheur de croiser l'unité américaine.
Insigne des SEAL, principale force spéciale de la marine de guerre américaine
Ayant approché le rivage nord-coréen à bord de deux mini sous-marins, les membres de l'unité commando doivent à présent gagner la côte à la nage, distante de seulement une centaine de mètres. Ils ont revêtu une combinaison chauffante, pour parcourir sans ambages les eaux glaciales en cette nuit de l'hiver 2019.
Ils n'ont pas remarqué une embarcation proche d'eux, dont les occupants braquent sur eux leurs lampes-torches. Alors que les soldats avaient déjà débarqué, l'un d'entre eux replonge, ouvre le feu sur les pêcheurs nord-coréens et abat tout l'équipage, formé de deux ou trois personnes. Les poumons des victimes sont perforés afin de s'assurer que les corps, jetés à la mer, coulent effectivement pour ne pas laisser de traces. Le commando rebrousse chemin, sans avoir mené à bien sa mission.
L'enquête menée les a totalement absous de toute faute. Selon le New York Times cité par le quotidien Le Monde :
Des investigations militaires – classées top secret – sur l’opération ont conclu que les meurtres étaient justifiés et que l’échec de la mission était lié à une succession d’événements malheureux qui n’auraient pas pu être prévus ou évités, précise le journal.
Sans doute ces hommes de l'unité intervenue dans la mort d'Oussama Ben Laden étaient-ils devenus intouchables.
Pourtant, l'embarcation de pêcheurs de coquillages (selon toute vraisemblance), dûment fouillée, ne comportait ni armes, ni uniformes. Des victimes ont péri de l'incurie de soldats pour qui la mort d'innocents n'a manifestement guère de valeur.
Interrogé à ce sujet, Donald Trump a nié avoir eu connaissance de cette opération jusqu'à présent. C'est hautement improbable : ce genre de mission n'est pas menée sans l'aval du commandant en chef. Il avait intérêt à obtenir des informations sur l'état d'esprit et les attentes de ses interlocuteurs, afin de disposer d'un avantage décisif en amont de négociations dont les résultats ont été, in fine, assez maigres.
Dans son enquête, le New York Times a révélé le précédent fiasco de forces spéciales américaines en Corée du Nord, cette fois en 2005 sous la présidence de George W. Bush. Si la République populaire démocratique de Corée, fondée par d'anciens guérilleros, a été accusée d'avoir aussi mené elle-même ce type d'opérations commando, tous les coups sont permis, de part et d'autre, dans les eaux troubles du renseignement, au large de la péninsule coréenne.
Il serait très surprenant que l'administration américaine (que ce soit la présidence ou les services) adopte une autre posture que celle du déni, ne permettant ainsi pas d'avoir une réponse à la hauteur des révélations de l'enquête New York Times. Dans ce contexte, les partisans du président américain n'auront peut-être pas d'autre choix que de dénoncer une déstabilisation, alimentée par les démocrates et d'anciens responsables tombés en disgrâce, deux semaines après une rencontre avec son homologue sud-coréen où le leader américain a envisagé un nouveau sommet avec le dirigeant nord-coréen. Les révélations sont ainsi de nature à dissuader Pyongyang de s'engager dans une nouveau cycle de négociations, dont la médiatisation pourrait aussi rappeler ce tragique fiasco des SEAL, une froide nuit d'hiver 2019.
Des militaires américains, qui devaient mettre sur écoute Kim Jong-un en 2019, ont abandonné leur mission après avoir tué au moins deux Nord-Coréens désarmés. " Je ne sais rien à ce sujet ...
A la différence des pays occidentaux, qui ont largement boycotté les cérémonies commémorant à Pékin la fin de la Seconde guerre mondiale, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) a été représentée par Woo Won-shik, président de l'Assemblée nationale. Toutefois, dix ans plus tôt, c'était la présidente Park Geun-hye qui représentait son pays - soit depuis cette date le signe d'un certain retrait, dans un contexte de tensions entre la République populaire de Chine et la RdC, même si les deux pays entretiennent toujours des liens économiques privilégiés.
Woo Won-shik, président de l'Assemblée nationale (Gukhoe) de la République de Corée
La construction de plusieurs tours d'acier par Pékin dans la zone maritime provisoire, à cheval entre les eaux de la Chine et de la RdC, constitue un sérieux irritant dans les relations bilatérales.
Revenant sur ce point lors de l'entretien qu'il a eu à Pékin avec son homologue chinois, Zhao Leji, président du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, Woo Won-shik a, selon son bureau, demandé à la Chine de traiter "de manière prudente" les questions liées à la mer Jaune, afin de ne pas empêcher le développement des relations bilatérales.
Le président du Gukhoe a également mentionné le développement du partenariat stratégique bilatéral entre les deux pays, en exprimant le souhait qu'ils oeuvrent de concert à la paix et à la stabilité régionale - dans une formulation qui n'évoque pas directement la question nucléaire nord-coréenne, alors que la RdC est l'un des proches alliés de Washington en Asie du Nord-Est, les deux pays menant régulièrement des manoeuvres militaires communes régulièrement fustigées par Pyongyang.
Avant le début de la parade militaire, Woo Won-shik et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, présent au premier rang des invités, ont échangé une poignée de main, toujours selon le bureau de Won. Le président Lee Jae-myung souhaite améliorer les relations intercoréennes, en ayant également encouragé au dialogue américano - nord-coréen lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump le 25 août dernier - lors de laquelle le dirigeant américain avait exprimé son souhait de rencontrer son homologue nord-coréen cette année.
South Korea's new president, Lee Jae Myung, meets U.S President Donald Trump in Washington for their first summit as the decades-old alliance is tested.
Il y a 80 ans, le 6 août 1945, une bombe nucléaire ("Little Boy") était larguée par les Etats-Unis sur Hiroshima - avant une seconde attaque nucléaire sur Nagasaki trois jours plus tard. Le bombardement atomique sur Hiroshima a causé immédiatement 70 000 victimes, auxquelles se sont ajoutées des dizaines de milliers d'autres morts dans les mois suivants sous l'effet de maladies, de brûlures et de radiations. Environ 20 % des victimes sont coréennes, de nombreux Coréens ayant été déportés pour travailler au Japon qui colonisait alors la péninsule coréenne - et Hiroshima comptait une communauté de 140 000 Coréens lors de l'attaque. Une journaliste de la BBC, Hyojung Kim, a rencontré les derniers survivants, âgés, malades, abandonnés et stigmatisés. Alors que les conséquences des radiations affectent aussi leurs descendants, il est plus que jamais urgent de connaître leurs témoignages pour ne pas oublier l'horreur des seuls bombardements nucléaires à ce jour dans l'histoire de l'humanité - et tout faire pour que plus jamais les armes nucléaires ne soient utilisées.
Aujourd'hui âgée de 88 ans, Lee Jung-soon a ainsi témoigné de la dévastation et de la désolation causées par le bombardement nucléaire :
Mon père était sur le point de partir au travail, mais il est soudainement revenu en courant et nous a dit d’évacuer immédiatement (...) Ils disent que les rues étaient remplies de morts – mais j’étais tellement choquée que tout ce dont je me souviens, c’est d’avoir pleuré. J’ai juste pleuré et pleuré.
Un autre survivant, Shim Jin-tae (83 ans), déplore qu'aucun pays n'a reconnu sa responsabilité dans la catastrophe. Ni les Etats-Unis ne se sont excusés pour l'attaque, ni le Japon pour avoir échoué à protéger les Coréens vivant à Hiroshima, tandis que les victimes ont été laissées à elles-mêmes par les autorités coréennes :
Pas le pays qui a largué la bombe. Pas le pays qui n’a pas su nous protéger. L’Amérique ne s’est jamais excusée. Le Japon fait comme s’il ne savait pas. La Corée ne vaut pas mieux. Ils se rejettent tous la faute – et nous, on reste seuls.
La journaliste de la BBC a rencontré les survivants et leurs familles à Hapcheon, en République de Corée (Corée du Sud), d'où ils étaient originaires et où la proportion de rapatriés a valu à la ville de 40 000 habitants le surnom de "Hiroshima de la Corée".
Les conséquences sanitaires sont lourdes, même si le lien de causalité avec l'attaque nucléaire est difficile a établir (à l'instar, par exemple, des victimes de la dioxine) : Mme Lee souffre d'un cancer de la peau, de la maladie de Parkinson et d’une angine de poitrine. Elle vit avec fils Ho-chang, qui a été diagnostiqué d’une insuffisance rénale et suit une dialyse dans l'attente d'une greffe.
Affectés aux tâches les plus ingrates dans le Japon colonial, ce sont souvent les Coréens qui, à Hiroshima, ont dû ramasser les corps et les brûler dans les cours d'école.
Enfant tué par un bombardement nucléaire (ici, à Nagasaki)
Le taux de mortalité parmi les Coréens à Hiroshima, avec 40 000 morts sur une population de 70 000, s'établit à 57,1 %, très au-dessus de la moyenne (33,7 %).
Identifiables par leurs maladies, notamment par leurs problèmes de peau, les survivants rapatriés à Hapcheon ont souffert de discriminations à leur retour en Corée. Et comme l'observe M. Shim, le devoir de mémoire et la reconnaissance sont plus importants qu'une compensation, au moment où les derniers survivants nous quittent peu à peu :
La mémoire compte plus que les compensations (...) Nos corps se souviennent de ce que nous avons vécu… Si nous oublions, cela recommencera. Et un jour, il ne restera plus personne pour raconter l’histoire.
"Faites vos jeux, rien ne va plus" : si l'entrée en fonctions de Donald Trump a entraîné des changements de repères dans les relations internationales, c'est en revanche la continuité qui prévaut - jusqu'à présent - dans la péninsule coréenne. Alors que les Américains et les Sud-Coréens ont démarré ce 10 mars 2025 leurs traditionnels exercices conjoints Freedom Shield, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a répliqué, tout aussi classiquement, par des tirs de missile balistique, tout en dénonçant les risques d'escalade jusqu'à un conflit en cas de tir accidentel. Une hypothèse qu'on ne peut malheureusement nullement exclure.
Le porte-avions américain à propulsion nucléaire Carl-Vinson, ici dans le Pacifique, en 2003
Tout a commencé par le mouillage du porte-avions Carl-Vinson dans le port sud-coréen de Pusan. Une "provocation politique et militaire", selon la RPDC. Des exercices aériens américano-sud-coréens ont failli virer à la catastrophe, lorsque deux avions sud-coréens ont largué par erreur huit bombes sur un village, le 6 mars. Enfin, les manoeuvres de grande ampleur Freedom Shield, conduites conjointement par Washington et par Séoul impliquant des moyens cybernétiques ultra-modernes, ont commencé le 10 mars et doivent se prolonger jusqu'au 21 mars. Une escalade classique, présentée comme purement défensive par les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud), mais dénoncée comme des préparatifs de guerre par Pyongyang.
Alors que les situations géopolitiques en Ukraine et à Gaza occupent le devant de la scène médiatique, la confrontation majeure reste bien celle entre les Etats-Unis d'Amérique et la République populaire de Chine. Dans ce contexte, ce serait une erreur de sous-estimer les risques d'affrontement en Asie de l'Est. Plus que jamais, il est temps de réouvrir la voie du désarmement, du dialogue et de la paix, en Corée et partout dans le monde.
Ces lancements ont été effectués alors que la Corée du Sud et les Etats-Unis ont commencé leur exercice militaire conjoint annuel, que Pyongyang a critiqué, mettant en garde contre le risque ...
Le 23 janvier 2025, lors d'un entretien sur la chaîne Fox News, Donald Trump a manifesté son souhait de réouvrir le dialogue avec son homologue nord-coréen Kim Jong-un, qu'il avait rencontré à trois reprises lors de son premier mandat (à Singapour en juin 2018, à Hanoï en février 2019 et dans la DMZ en juin 2019). Si le lancement de missiles de croisière stratégiques par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le surlendemain, le 25 janvier, a pu apparaître comme une fin de non-recevoir - d'autant plus qu'il s'agissait du premier test d'armements stratégiques par la RPDC depuis l'investiture de Donald Trump le 20 janvier 2025 - en réalité chaque partie essaie d'apparaître en position de force avant que ne commencent les discussions, comme l'illustre l'histoire des processus de négociations à l'issue d'un conflit.
Avion d'attaque léger KA-1 de la République de Corée, engagé dans les manoeuvres Buddy Squadron (source : ROKAF Senior Master Sgt. Hyung Kwon)
La RPDC a présenté son tir de missiles stratégiques comme une réponse à l'exercice aérien conjoint Buddy Squadron, mené par les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud), le 22 janvier 2025 - soit la veille de l'intervention du Président Donald Trump sur Fox News.
Cette manoeuvre, menée dans les environs de la base de Wonju, à 87 km au sud-est de Séoul, a impliqué des chasseurs sud-coréens FA-50, des avions d'attaque américains A-10 et des avions d'attaque légers sud-coréens KA-1. Des exercices aériens combinés sont menés régulièrement par Washington et par Séoul depuis la fin de la pandémie de Covid-19.
Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères avait alors réagi vivement, en promettant une riposte pour défendre la souveraineté et les intérêts de sécurité de la RPDC face aux Etats-Unis :
La réalité souligne que la RPDC doit contrer Etats-Unis avec les ripostes les plus dures de A à Z tant qu'ils nieront la souveraineté et les intérêts sécuritaires de la RPDC, et il s'agit de la meilleure option pour faire face aux Etats-Unis.
La riposte a effectivement pris la forme, le 25 janvier 2025, du tir de missiles de croisière stratégiques lancés depuis la mer, en vue de renforcer les capacités de dissuasion militaires de la RPDC. Selon l'agence nord-coréenne KCNA, l'opération a été supervisé par Kim Jong-un et les missiles ont atteint leurs cibles après avoir effectué une trajectoire elliptique de 1 500 km pendant 7 507 à 7 511 secondes, sans effets sur la sécurité des pays voisins. En octobre 2024, la RPDC avait procédé à un tir de missile balistique intercontinental.
Le communiqué de KCNA, faisant écho aux "ennemis potentiels", sans référence directe aux Etats-Unis ni à la République de Corée, a souligné que renforcer le potentiel de dissuasion était indissociable des efforts menés pour parvenir à une paix durable - ce qui semble indiquer que la porte du dialogue avec Donald Trump reste entrouverte.
Le lancement des missiles de croisière stratégiques le 25 janvier 2025 (source : KCNA)
A cet égard, sur Fox News, Donald Trump a salué en Kim Jong-un "un homme intelligent", qui n'est pas un fanatique religieux, à la différence selon lui des dirigeants iraniens. Interrogé sur le fait de savoir s'il essaierait de se rapprocher à nouveau de son homologue nord-coréen, le président américain a répondu par l'affirmative. Le choix de collaborateurs déjà impliqués dans le dialogue avec la RPDC en 2018-2019 confirme cette volonté de reprendre langue. Enfin, contrairement au premier mandat de Donald Trump, les faucons de l'administration républicaine - opposés à tout dialogue avec la RPDC - ne sont plus en place pour freiner tout accord.
Si les démocrates américains ont fustigé l'absence de résultats, selon eux, des trois rencontres au sommet américano-nord-coréennes entre juin 2018 et juin 2019, l'administration républicaine objecte que la RPDC avait alors suspendu pendant plusieurs années ses tirs de missile balistiques intercontinentaux et ses essais nucléaires (ces derniers n'ont d'ailleurs pas repris), tandis qu'en contrepartie les Etats-Unis avaient alors mis fin à leurs exercices militaires de grande ampleur avec la République de Corée. Cette diminution des tensions s'est accompagnée de progrès sur d'autres dossiers, comme le rapatriement des dépouilles de soldats américains morts pendant la guerre de Corée.
En pratique, le spectaculaire rapprochement entre la Russie et la RPDC dans le cadre de la guerre en Ukraine est toutefois de nature à changer la donne. Si le soutien militaire nord-coréen à la Russie peut constituer un levier de discussions avec Pyongyang, le mettre sur la table de négociations peut aussi freiner la reprise de tout dialogue - alors que Pyongyang est lié à Moscou par un partenariat stratégique global qui a renforcé les intérêts communs, les visites de délégations officielles russes se succédant rapidement en RPDC. On peut aussi envisager des progrès dans les discussions bilatérales en marge de celles entre l'administration républicaine et la présidence russe sur la guerre en Ukraine.
Given that Mr. Trump's previous "big deal" attempts with North Korea have all failed, speculation is mounting that he may seek an alternative route for a "small deal," namely a negotiation aimed at
Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a assisté aux essais samedi, selon l'agence de presse d'Etat KCNA. Il s'agit du premier test d'armements stratégiques par Pyongyang depuis le retour du ...
A Republic of Korea Air Force KA-1 Woongbi assigned to the 237th Fighter Squadron flies alongside two 25th Fighter Squadron A-10 Thunderbolt IIs during Buddy Squadron 22-5 July 12, at Wonju Air ...
Comme lors des précédentes présidentielles américaines, pour lesquelles un délai assez long avait été observé avant de faire état de l'issue du scrutin, les médias de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'ont pas encore rendu compte de l'élection de Donald Trump pour un nouveau mandat. Dans un discours rapporté par les médias nord-coréens après la victoire du candidat républicain, Kim Jong-un a toutefois déclaré que "nous sommes allés aussi loin que nous le pouvions dans les négociations avec les Etats-Unis", semblant ainsi indiquer qu'il n'y aurait pas de motifs d'un changement de ligne dans les relations avec Washington, la formule évoquant toutefois implicitement la possibilité de négociations en évitant de recourir à des formules critiquant fortement les Etats-Unis. Si la future administration présidentielle américaine n'a pas démenti les informations selon lesquelles Donald Trump pourrait tenter de renouer un dialogue direct avec Kim Jong-un (suivant son approche transactionnelle des relations internationales : un accord peut être trouvé avec tout chef d'Etat, tout dépendant du contenu de l'accord), de chaque côté un certain attentisme prévaut, alors que les causes des échecs des trois rencontres entre Donald Trump et Kim Jong-un entre juin 2018 et juin 2019 (à Singapour, à Hanoï et dans la zone démilitarisée entre les deux Corée) donnent lieu à des interprétations divergentes entre Pyongyang et Washington.
Alex Nelson Wong, futur conseiller adjoint à la sécurité nationale du Président Trump
Lorsqu'il avait été interrogé par la Arms Control Association en juin 2021, Stephen Biegun, secrétaire d'Etat adjoint lors du premier mandat de Donald Trump, avait indiqué les causes selon lui de l'absence d'accord entre les Etats-Unis et la RPD de Corée : les Nord-Coréens auraient surestimé la volonté du président Donald Trump de parvenir à un accord, ils auraient exigé une levée de toutes les sanctions et surtout ils auraient évité le sujet de la dénucléarisation de la RPDC (tout en faisant de nombreuses propositions dans d'autres domaines) - la dénucléarisation étant pourtant le point central pour la partie américaine. Les Nord-Coréens ont, pour leur part, affirmé qu'ils avaient demandé une levée partielle des sanctions en contrepartie d'un arrêt permanent des essais nucléaires et balistiques et d'un démantèlement complet et vérifiable du site de Yongbyon.
Dans ce même entretien, où il avait indiqué avoir rencontré ses interlocuteurs nord-coréens à huit reprises (sans que tous ces échanges ne soient rendus publics), Stephen Biegun avait souligné un point majeur - sur lequel les Nord-Coréens ne peuvent que tomber d'accord avec lui : la nécessité d'établir un canal de communication, pour construire une relation de confiance.
Tout indique que Donald Trump souhaite effectivement reprendre les discussions en recréant un circuit d'échanges. A cette fin, il est significatif que le principal négociateur des Nord-Coréens sera Alex N. Wong, en qualité de conseiller adjoint à la sécurité nationale du Président Trump, et qui avait déjà été un des principaux collaborateurs de Stephen Biegun sur le dossier nord-coréen.
Né en 1980, Alex N. Wong a été sous-secrétaire adjoint pour la Corée du Nord au Bureau de l'Asie de l'Est et du Pacifique du département d'Etat américain entre 2017 et 2021. Diplômé en littérature anglaise et en français à l'Université de Pennsylvanie, d'une part, et en droit à Harvard, d'autre part, il a travaillé pour Janice Rogers Brown, ainsi que pour le candidat républicain Mitt Romney lors de l'élection présidentielle de 2012. Il travaillait récemment pour la plateforme de commerce électronique Coupang, ce qui a été salué par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.
La future administration Trump n'a cependant pas été loquace quant à la reprise d'une relation directe avec les Nord-Coréens, en indiquant simplement qu'il y avait des discussions et qu'aucune décision n'avait été prise à ce stade. Alex Wong a été tout aussi discret. De fait, quand des négociations difficiles sont à prévoir, il serait pour le moins maladroit de dévoiler ses intentions.
Il est en effet hautement probable que les Nord-Coréens, qui se sont spectaculairement rapprochés de la Russie et ont inscrit l'arme nucléaire dans leur Constitution, demandent des gestes préalablement à toute nouvelle rencontre au sommet... ce qui suppose en effet de rétablir d'abord un canal de discussion. Or, contrairement à la période 2018-2019, les autorités sud-coréennes - désormais conservatrices - ne favoriseront certainement pas un tel dialogue. La Chine a joué un rôle de négociateur par le passé dans les pourparlers à cinq, mais le nucléaire nord-coréen ne serait pas le thème prioritaire d'un hypothétique dialogue sino-américain qui n'est pas à l'ordre du jour. La représentation nord-coréenne aux Nations unies représente, elle, un interlocuteur directement accessible pour l'administration Trump, mais elle n'a pas de mandat de négociation des autorités nord-coréennes qui, après 2018, avaient discuté directement avec les Etats-Unis. Si la plupart des observateurs occidentaux s'attendent à un tir de missile intercontinental ou à un nouvel essai nucléaire de la RPDC dans les prochaines semaines, conformément à une attitude déjà éprouvée par Pyongyang et alors interprétée comme consistant à faire monter les enchères d'une future négociation, la RPDC n'a pas, à ce stade, agi en ce sens. Comme avant l'élection présidentielle américaine, Pyongyang dénonce les Etats-Unis comme responsables de la montée des tensions dans la péninsule coréenne.
De part et d'autre, l'heure est à l'observation, et les premiers échanges ne seront sans doute pas médiatisés, d'autant plus qu'un éventuel échec pourrait être exploité par l'opposition démocrate à Donald Trump.
President-elect Donald Trump's team is discussing pursuing direct talks with North Korean leader Kim Jong Un, hoping a fresh diplomatic push can lower the risks of armed conflict, according to two ...
June 2021 For more than two years, Stephen Biegun was U.S. deputy secretary of state and the top envoy executing President Donald Trump's highly personal and ultimately unsuccessful diplomacy with ...
Les relations intercoréennes continuent de se dégrader : la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a dynamité des tronçons de route et de voies ferrées reliant les deux parties de la péninsule coréenne puis a désigné la République de Corée (RdC, Corée du Sud) comme un "Etat hostile" dans sa Constitution. Par ailleurs, l'annonce - par la RdC et les Occidentaux - que des milliers de soldats nord-coréens sont déployés en Russie pour combattre l'Ukraine n'a été ni confirmée, ni infirmée par Pyongyang - Kim Jong-gyu, vice-ministre des Affaires étrangères de la RPDC, ayant déclaré que "ce serait une chose faite en conformité avec les règles du droit international" (alors que le partenariat stratégique global entre la RPDC et la Fédération de Russie, signé en juin 2024, et récemment ratifié par les députés russes, pourrait être invoqué puisqu'il prévoit un soutien mutuel si l'une des deux parties est attaquée, ce qui est le cas à la suite de l'attaque ukrainienne sur la ville russe de Koursk).
Dans ce contexte, nous examinons les positions sur la question coréenne des deux principaux candidats à l'élection présidentielle américaine du 5 novembre 2024.
Kamala Harris et Donald Trump, candidats à l'élection présidentielle américaine
En cas d'élection de la vice-présidente et candidate démocrate Kamala Harris, il est attendu une continuité avec la politique de l'administration Biden - à savoir une montée en puissance continue des manoeuvres militaires, un maintien des sanctions et un renforcement de la coopération avec les alliés de Washington (en particulier, le Japon et la RdC), tout en déclarant que la porte du dialogue reste ouverte - d'autant plus que la péninsule coréenne n'apparaît pas comme une priorité de la politique étrangère américaine, davantage concentrée sur les conflits en Ukraine et au Proche-Orient. Des inflexions pourraient toutefois apparaître - dans le sens d'un durcissement des positions à l'égard de la RPDC - si la RPDC devenait une menace plus directe pour les Etats-Unis. Le renforcement des sanctions contre Pyongyang apparaissant aujourd'hui bloqué au Conseil de sécurité des Nations Unies du fait de l'opposition de la Chine et surtout de la Russie, les Etats-Unis agiraient alors probablement dans un cadre multilatéral extérieur à celui des Nations unies, avec leurs alliés occidentaux, pour encore davantage isoler la RPDC. La faiblesse des relations entre la RPDC et les puissances occidentales limiterait cependant l'impact de sanctions supplémentaires.
Toutefois, Kamala Harris pourrait être plus ferme que Joe Biden à l'égard de la RPDC, même en l'absence de changement de situation dans la péninsule coréenne. Lors de sa visite en RdC dans la zone démilitarisée, en septembre 2022, elle s'était en effet engagée à défendre fermement la RdC, tout en réaffirmant l'engagement américain en faveur d'une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne - à une époque où la politique américaine suscitait des débats dans les cercles d'experts sur un changement d'approche.
Une élection du candidat républicain Donald Trump, qui avait rencontré à plusieurs reprises Kim Jong-un pendant son mandat, ouvrirait davantage de perspectives pour les Nord-Coréens de réengager un dialogue avec Washington en vue de lever une partie des sanctions à leur encontre, en contrepartie d'un probable gel de leurs programmes balistiques et nucléaires - et peut-être d'une aide économique. A la convention républicaine de Milwaukee, le 18 juillet 2024, Donald Trump s'est dépeint comme capable de mettre fin aux conflits dans le monde "avec un coup de téléphone", en citant sa relation avec le dirigeant nord-coréen. Il reste à savoir si, en cas d'élection, il pourra faire mieux que lors de son premier mandat - où les résultats étaient apparus finalement assez limités - en obtenant cette fois une coopération de l'administration.
Should Kamala Harris win the presidency, there is likely to be more continuity than there is change in U.S. policy toward North Korea. But if North Korea becomes a larger threat, particularly due to
L'ancien diplomate de la Corée du Nord Ri Il Gyu affirme que Pyongyang voudrait reprendre les négociations avec les États-Unis pour essayer de lever les sanctions pesant sur ses programmes nucl...
Donald Trump a reçu une nouvelle salve d'acclamations en arrivant jeudi 18 juillet 2024 à la convention républicaine à Milwaukee (Winsconsin). Le milliardaire qui se voit déjà de retour à la...