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23 août 2026 7 23 /08 /août /2026 12:21

Les États-Unis et la République de Corée (RdC, Corée du Sud) ont fortement réduit la durée et l’ampleur de leurs exercices militaires annuels Ulchi Freedom Shield (UFS) organisés en août 2026. Prévu initialement du 17 au 27 août, l’exercice principal s’est finalement achevé le 21 août, soit après cinq jours au lieu de onze. La décision a été prise à la demande de Washington, sur instruction du président américain Donald Trump. 

Corée : les exercices militaires avec les États-Unis écourtés, Pyongyang minimise le geste de Donald Trump

Un exercice réduit de moitié

L’UFS est un exercice de défense combiné qui associe des simulations informatiques de poste de commandement et des entraînements de terrain. Il vise notamment à préparer les forces américaines et sud-coréennes à un éventuel conflit sur la péninsule coréenne.

En 2026, les deux alliés ont décidé de supprimer la deuxième phase de l’exercice de commandement. Plusieurs manœuvres de terrain ont également été réduites. Les autorités sud-coréennes ont toutefois précisé que certains entraînements de terrain devaient se poursuivre jusqu’au 28 août, dans un format plus limité. 

Selon l’état-major interarmées sud-coréen, Séoul et Washington souhaitent malgré tout préserver les objectifs essentiels de l’exercice et maintenir une capacité de défense commune crédible. La réduction concerne donc principalement la durée, le volume et certaines composantes opérationnelles, plutôt qu’un abandon complet des manœuvres. 

Donald Trump invoque sa relation avec Kim Jong-un

Donald Trump a annoncé cette modification à la veille du début des exercices, dans un message publié sur les réseaux sociaux. Le président américain a déclaré qu’il avait demandé au secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, de "réduire substantiellement" les exercices conjoints avec la Corée du Sud.

Pour justifier sa décision, il a notamment évoqué le coût des manœuvres, leur caractère qu’il jugeait inutilement provocateur et sa "très bonne relation" personnelle avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Donald Trump a également reproché à Séoul de ne pas avoir soutenu les États-Unis dans leur effort de guerre contre l’Iran. 

Cette décision est interprétée comme un possible signal d’ouverture adressé à Pyongyang. Donald Trump et Kim Jong-un s’étaient rencontrés à plusieurs reprises lors du premier mandat du président américain.

Pyongyang juge la réduction sans importance

La première réaction officielle nord-coréenne est venue de Kim Yo-jong, la sœur et proche conseillère de Kim Jong-un. Dans une déclaration relayée par les médias d’État nord-coréens, elle a affirmé que la réduction de la durée et de l’ampleur des exercices ne changeait rien à leur nature.

Selon elle, les manœuvres conservent leur caractère "provocateur" et "agressif". Kim Yo-jong a ajouté que Pyongyang n’avait "aucun intérêt" pour cette modification et qu’il ne considérait pas la décision américaine comme une avancée significative. 

Les médias officiels nord-coréens ont également continué de présenter les exercices américano-sud-coréens comme une menace directe pour la sécurité régionale. Ils les ont qualifiés de "menace ouverte et immédiate", sans mettre l’accent sur le geste de Donald Trump ni manifester de volonté explicite de reprendre le dialogue. 

Une ouverture diplomatique encore incertaine

La réaction de Pyongyang a donc douché les espoirs d’une reprise rapide des discussions entre Donald Trump et Kim Jong-un. Malgré les déclarations conciliantes du président américain, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) continue de dénoncer la présence militaire américaine dans la région ainsi que les exercices conjoints de la RdC avec les Etats-Unis, présentés comme des préparatifs d'invasion.

La décision de réduire l’UFS intervient par ailleurs dans un contexte stratégique tendu. Pyongyang a rappelé d’autres exercices militaires menés cette année par les États-Unis et la Corée du Sud, ainsi que le projet sud-coréen de développer des sous-marins à propulsion nucléaire. Pour le régime nord-coréen, la diminution ponctuelle des manœuvres d’août ne suffit donc pas à modifier l’équilibre militaire ou la politique de sécurité des alliés. 

À Séoul, l’annonce américaine a suscité des interrogations sur la solidité de l’alliance avec Washington. Le président sud-coréen Lee Jae-myung a néanmoins insisté sur l’importance du partenariat militaire américano-sud-coréen, alors que son gouvernement cherche à préserver la coopération avec les États-Unis tout en évitant une nouvelle escalade avec le Nord qui, pour sa part, dénonce le Sud comme étant aux ordres des Etats-Unis.

La réponse nord-coréenne montre que cette concession ne suffit pas, à elle seule, à relancer le dialogue.

Pour l’instant, Pyongyang semble considérer la réduction des manœuvres comme un simple ajustement militaire, et non comme le début d’un changement stratégique américain. La qualité de la relation personnelle revendiquée par Donald Trump avec Kim Jong-un pourrait faciliter une future reprise de contacts, mais elle ne garantit pas une inflexion de la politique nord-coréenne.

Sources : 

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17 août 2026 1 17 /08 /août /2026 16:37

Le 17 août 2026 ont commencé les traditionnelles manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes Ulchi Freedom Shield (UFS), prévues jusqu'au 27 août, régulièrement dénoncées par Pyongyang comme des préparatifs à l'invasion de la péninsule. Mais cette année le président américain Donald Trump a appelé, faute de pouvoir alors les annuler, d'en réduire l'ampleur, en vantant la qualité de sa relation avec son homologue nord-coréen Kim Jong-un. Alors, manoeuvres ou dialogue ? 

Tout en appelant à réduire la taille des exercices UFS sur le réseau Truth Social, Donald Trump a publié une photo d'archive avec Kim Jong-un

Tout en appelant à réduire la taille des exercices UFS sur le réseau Truth Social, Donald Trump a publié une photo d'archive avec Kim Jong-un

Le 15 août, chacun des deux Etats coréens a célébré la libération du pays de la colonisation japonaise, en 1945. A cette occasion, le président sud-coréen Lee Jae-myung a appelé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à la reprise du dialogue en vue de conclure un traité de paix qui mettrait officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953) et créerait un régime de paix durable sur le sol de la péninsule coréenne. Pyongyang n'avait pas immédiatement réagi à cette proposition de la République de Corée (RdC, Corée du Sud). 

Il est vrai que les manoeuvres militaires conjointes entre Séoul et Washington ne créent pas un climat propice. En prévision de l'exercice UFS, Pyongyang avait une nouvelle fois procédé, le 12 août 2026, à un tir de missile balistique.

L'annonce surprise de Donald Trump sur le réseau Truth Social de réduire l'ampleur des exercices UFS, juste avant leur lancement, s'inscrit également dans sa volonté constante de renouer les échanges avec la RPDC, basée sur la qualité de sa relation personnelle avec Kim Jong-un. Il a dénoncé des exercices "non seulement coûteux", mais envoyant surtout "un signal totalement inapproprié et hostile" à la RPDC, alors que selon lui la RPDC a eu une attitude "non menaçante" et "respectueuse" depuis son retour à la Maison Blanche, en janvier 2025. 

Le ministère de la Défense de la RdC a affirmé que les exercices, impliquant 18 000 soldats sud-coréens, avaient commencé comme prévu, tandis que Séoul et Washington maintenaient une "coordination étroite" pour leur défense. L'appel à un "dialogue constructif" avec Pyongyang lancé par le président américain a aussi été salué par les autorités sud-coréennes.  

Si les exercices militaires conjoints américano-sud-coréens sont présentés comme réguliers, voire routiniers, ils ont en fait été suspendus à plusieurs reprises, notamment après le premier sommet américano-nord-coréen à Singapour en juin 2018, et leur ampleur a beaucoup varié. Avant de réagir, la RPDC va probablement observer si les manoeuvres entre Washington et Séoul sont moins importantes cette année. A défaut, Donald Trump pourrait tenter de ne pas rééditer les exercices conjoints du printemps - appelés Freedom Shield - aujourd'hui envisagés en mars 2027. 

Sources : 

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26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 10:31

Le 25 juin 1950, la guerre éclatait dans la péninsule coréenne. Trois années de combats allaient provoquer près de trois millions de morts.  Le 27 juillet 1953, l’accord d’armistice de Panmunjom mettait fin aux hostilités. Cet accord instaurait notamment la zone démilitarisée, sans établir de traité de paix. La guerre fut donc interrompue, mais juridiquement jamais véritablement close. Soixante-treize ans plus tard, cette situation demeure lourde de conséquences. La péninsule reste divisée, tandis que de nombreuses familles vivent séparées. La mémoire de la guerre continue de peser sur les relations entre les deux Corées. Elle nourrit aussi une méfiance durable entre Pyongyang, Séoul et Washington. Or une paix stable et durable, pour laquelle l'AAFC plaide de manière constante, ne peut reposer indéfiniment sur un simple cessez-le-feu.

Manifestation organisée à Paris par l'AAFC place de la République, le 27 juillet 2023, pour la paix en Corée

Manifestation organisée à Paris par l'AAFC place de la République, le 27 juillet 2023, pour la paix en Corée

L’absence de traité entretient un état de confrontation potentielle. Chaque camp justifie ainsi le renforcement de ses capacités par la nécessité de se protéger. Les États-Unis et la République de Corée (RdC, Corée du Sud) organisent régulièrement des exercices militaires conjoints. Conduit en 2026 du 9 au 19 mars, l’exercice Ulchi Freedom Shield a notamment mobilisé les forces américaines et sud-coréennes. Si ces manœuvres sont présentées par leurs organisateurs comme des entraînements défensifs, à Pyongyang, elles sont perçues comme un signal de pression militaire préparant une invasion de la péninsule. Cette divergence d’interprétation alimente le dilemme de sécurité, créant une logique d’escalade.

Le contexte international renforce encore cette inquiétude. En 2026, les États-Unis ont mené des opérations militaires contre l’Iran et ils sont également intervenus militairement au Venezuela au début de l’année. Ces événements sont observés avec attention par les autorités nord-coréennes. Ils peuvent être interprétés comme la preuve qu’aucune garantie politique n’est absolument durable. Dans ce contexte, Pyongyang ne paraît pas disposé à interrompre ses programmes militaires. Son objectif déclaré demeure le renforcement de ses capacités de dissuasion. Il ne s’agit pas ici de nier les inquiétudes exprimées par les autres parties mais de comprendre la logique stratégique qui pousse chaque acteur à s’armer. La paix exige précisément de prendre en compte ces perceptions réciproques.

Les progrès militaires nord-coréens récents sont bien documentés. En avril 2025, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a présenté le destroyer Choe Hyon. Ce bâtiment, d’environ 5 000 tonnes, représente une évolution importante de sa marine.  Le navire a été associé à des missiles de croisière et à des missiles balistiques de courte portée. Des essais de missiles de croisière stratégiques et antinavires ont été rapportés en avril 2026. En juin 2026, le Choe Hyon a été officiellement intégré à la flotte nord-coréenne. Un second destroyer, le Kang Kon, a ensuite fait l’objet d’essais de navigation. Le 3 juillet 2026, des tirs de missiles de croisière ont été effectués depuis le Kang Kon. Ces essais portaient également sur les canons, la guerre électronique et la détection des cibles. Ils témoignent d’un effort visant à moderniser progressivement les forces navales.

La Corée du Nord a aussi présenté en octobre 2025 un nouveau missile intercontinental. Baptisé Hwasong-20 par les autorités nord-coréennes, il fonctionnerait avec un combustible solide. Cette technologie peut réduire le temps nécessaire à la préparation d’un tir. Elle complique également la surveillance et l’anticipation des lancements. Les analystes soulignent cependant que certaines performances restent difficiles à vérifier indépendamment.

En février 2026, Pyongyang a annoncé vouloir développer de nouveaux missiles à longue portée. Le pays a également affiché son ambition de renforcer ses armes nucléaires tactiques. Ces annonces s’inscrivent dans un programme militaire engagé depuis plusieurs années. Elles montrent surtout que la course aux armements se poursuit malgré l’absence de guerre ouverte. Cette évolution devrait encourager, non décourager, la recherche d’une solution politique.

Un traité de paix permettrait d’abord de reconnaître officiellement la fin du conflit. Il pourrait inclure des garanties de sécurité pour toutes les parties. Il pourrait aussi prévoir des mécanismes de notification des exercices militaires. La création de zones tampons ou de mesures de confiance réduirait le risque d’incident. La reprise de contacts militaires directs permettrait d’éviter les malentendus. Des discussions pourraient également porter sur les familles séparées et l’aide humanitaire. À terme, un accord de paix devrait ouvrir la voie à une désescalade progressive. Celle-ci ne pourrait être crédible qu’avec des engagements réciproques et vérifiables. Aucune partie ne devrait être contrainte de renoncer brutalement à sa sécurité. La paix ne se décrète pas : elle se construit par étapes, dans le respect des préoccupations de chacun.

Le 27 juillet 1953 ne doit donc pas seulement être une date commémorative : il doit devenir le point de départ d’une nouvelle initiative diplomatique. Après soixante-treize années d’armistice, le temps est venu de remplacer la trêve par la paix. La péninsule coréenne mérite mieux qu’une guerre juridiquement suspendue. Elle mérite un avenir fondé sur le dialogue, la souveraineté et la coopération. Un traité de paix ne supprimerait pas immédiatement toutes les tensions mais il créerait le cadre indispensable pour réduire les arsenaux et restaurer la confiance. Dans un monde marqué par de nouvelles interventions militaires, cette démarche serait urgente. La sécurité durable ne naîtra pas de l’accumulation infinie des armes. Elle naîtra d’un accord politique capable de transformer la peur en garanties et la confrontation en coexistence.

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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 10:08

Peu après son retour au pouvoir à la Maison Blanche, en janvier 2025, Donald Trump avait publiquement envisagé de réouvrir le dialogue avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), laissant la porte ouverte à une nouvelle rencontre avec Kim Jong-un, après celles de Singapour (juin 2018), Hanoï (février 2019) et dans la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corée (juin 2019). L'absence de toute mention de la RPDC dans la nouvelle stratégie nationale de sécurité américaine, présentée en décembre 2025, signifie d'ailleurs implicitement que toutes les options sont sur la table à l'égard de Pyongyang. Pourtant, les spéculations sur une possible rencontre Trump-Kim lors de la visite du président américain en République de Corée (RdC, Corée du Sud), en octobre 2025, n'ont abouti à aucune avancée publique concrète sur une reprise du dialogue avec Pyongyang. De fait, les nouvelles données des relations internationales depuis 2019 diminuent fortement la probabilité d'un nouveau sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump - alors même que l'hôte de la Maison Blanche, homme de médias et de mises en scène qui semble illustrer à merveille la notion de société du spectacle développée par Guy Debord, est friand de rencontres au plus haut niveau avec ses compétiteurs mettant en cause l'Occident.

Donald Trump et Kim Jong-un, lors de leur dernière rencontre, le 30 juin 2019, à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée

Donald Trump et Kim Jong-un, lors de leur dernière rencontre, le 30 juin 2019, à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée

L'interventionnisme américain tous azimuts est vu comme une menace existentielle par Pyongyang

Il n'y a pas que certains partisans du camp MAGA à être désarçonnés par les initiatives militaires de la deuxième administration Trump, qui avait été portée au pouvoir sur une promesse de mettre fin aux guerres à l'étranger pour se recentrer sur l'Amérique : l'opération Absolute Resolve au Vénézuela, en janvier 2026, et la guerre avec l'Iran, depuis février 2026, ont conduit la RPDC à sévèrement dénoncer des violations du droit international et à condamner dans les termes les plus durs l'impérialisme américain. Par ailleurs, l'enlèvement de Nicolas Maduro et la mort d'Ali Khamenei ont conduit à Pyongyang à réviser sa Constitution en menaçant d'une riposte nucléaire en cas d'élimination de son commandement suprême. Les forces spéciales américaines étant probablement les seules au monde à être capables aujourd'hui de mener des opérations telles que celles conduites, en l'espace de quelques semaines, contre les directions vénézuelienne et iranienne, il est évident que cette réaction de la RPDC s'adresse bien à Washington, et pas à Séoul, Tokyo... ou Bruxelles. De fait, les Etats-Unis sont érigés en principal adversaire de la Corée du Nord. 

Par ailleurs, les volte-faces de l'administration Trump dans la guerre avec l'Iran, le manque de clarté sur les objectifs militaires poursuivis au Moyen-Orient, ou encore sa décision soudaine et inattendue de négocier avec Delcy Rodriguez, présidente par intérim de la République bolivarienne du Vénézuela, font apparaître le président américain comme totalement imprévisible. Les révélations récentes sur l'échec d'une opération américaine, début 2019, qui visait à placer sur écoute Kim Jong-un ne peuvent que miner un peu plus la confiance de la direction nord-coréennes dans l'administration Trump.   

La nouvelle guerre froide : une opportunité pour la RPDC

L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 a changé la donne géopolitique, en favorisant un rapprochement inédit entre Moscou et Pyongyang depuis le refroidissement des relations bilatérales en 1985, le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev refusant alors de continuer à livrer du pétrole à Pyongyang dans le cadre d'accords de troc - avant d'établir des relations diplomatiques avec Séoul en 1990. La RPDC est aujourd'hui le seul pays à intervenir aux côtés des Russes, en tant qu'Etat, dans la guerre en Ukraine.

En s'appuyant sur Moscou, la RPDC peut ainsi contrebalancer sa relation avec Pékin, la République populaire de Chine étant devenue son partenaire économique presque exclusif après la fin des échanges intercoréens dans le domaine commercial. Pékin s'attache cependant à maintenir Pyongyang dans son giron, en mettant en scène un axe Pékin-Moscou-Pyongyang lors des cérémonies de commémoration de la fin de la Seconde guerre mondiale en septembre 2025. 

L'époque où le Conseil de sécurité des Nations unies votait des sanctions contre les programmes nucléaires et balistiques nord-coréens, avec l'aval de la Russie et de la Chine, semble ainsi appartenir à une époque révolue. La levée partielle des sanctions que pourrait offrir Washington dans des négociations avec Pyongyang ne présente plus aujourd'hui le même intérêt pour la RPDC qu'en 2018-2019 : la diversification aujourd'hui des partenariats du pays lui permet de se réinsérer sur la scène internationale sans amélioration de ses relations avec les Etats-Unis et les puissances occidentales, et sans non plus renouer des liens importants avec la RdC. Or, Séoul avait eu un rôle majeur d'intermédiaire dans l'engagement du dialogue américano-nord-coréen en 2018, en jouant notamment de sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. A supposer que les Etats-Unis voudraient utiliser à nouveau la carte sud-coréenne pour renouer avec Pyongyang, celle-ci n'a plus la même valeur en 2026. 

Des critiques plus virulentes contre la politique intérieure américaine

Le durcissement politique interne aux Etats-Unis sous la deuxième administration Trump a conduit Pyongyang à dénoncer encore plus fortement ce qu'elle qualifie de "racisme systémique" aux Etats-Unis. Très impliquée dans les mouvements décoloniaux, elle avait d'ailleurs soutenu fortement le mouvement Black Lives Matter. 

Cette critique s'accompagne de celle des violences policières et des inégalités sociales aux Etats-Unis, documentées dans un Livre blanc annuel sur les violations des droits de l'homme aux Etats-Unis, publié par l'Institut des droits de l'homme de l'Académie des sciences sociales de Corée. 

Evidemment, ces prises de position, pas très éloignées de celles de Pékin ou La Havane, doivent aussi s'interpréter dans une stratégie de réponse aux critiques sur les violations des droits de l'homme en RPDC, Pyongyang dénonçant un double standard des puissances occidentales moins soucieuses de la situation des droits de l'homme dans les pays qui leur sont alliés, comme l'Arabie Saoudite. Mais un obstacle supplémentaire est aussi dressé à la reprise du dialogue avec l'administration Trump, non seulement du point de vue nord-coréen - la RPDC se veut à la pointe de la lutte contre l'extrême-droite et le fascisme - mais aussi américain : une partie du camp républicain peut dénoncer une convergence de fait avec leurs adversaire démocrates accusés d'être des suppôts du "wokisme" et du "communisme", même si en réalité les administrations Obama et Biden ont très sévèrement condamné Pyongyang sur le terrain des droits de l'homme. 

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 14:28

Après le déclenchement le 28 février 2026 d'une guerre en Iran par des frappes israéliennes et américaines (opération "Lion rugissant" en Israël, "Fureur épique" aux Etats-Unis), ayant  conduit à la mort d'Ali Khamenei et entraîné en représailles des tirs iraniens sur plusieurs pays du Moyen-Orient et à Chypre (opération "Promesse honnête 4"), les deux gouvernements coréens ont réagi de manière très différente, comme après les bombardements américains au Venezuela et l'enlèvement de Nicolas Maduro. Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a vivement dénoncé une agression israélienne et américaine, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) n'a pas pris position. 

une école pour filles atteinte par un bombardement américano-israélien à Minab en Iran le 28 février 2026

une école pour filles atteinte par un bombardement américano-israélien à Minab en Iran le 28 février 2026

Dans un communiqué de presse publié par l'agence KCNA, le ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPDC a dénoncé un "acte de banditisme" des Etats-Unis et d'Israël, commis en méconnaissance du droit international public, en estimant que Washington joue un "rôle destructeur dans la remise en cause de la paix et de la stabilité mondiales" avec des conséquences "sur des régions sans lien avec la crise iranienne actuelle", ce qui justifie des mesures de "résistance" face à la "tyrannie" : 

La RPDC condamne dans les termes les plus fermes l’acte de banditisme éhonté des États-Unis et d’Israël, qui placent leur droit interne au-dessus du droit international reconnu et n’hésitent pas à recourir à la force militaire pour réaliser leurs ambitions égoïstes et hégémoniques.

Les pratiques tyranniques, arbitraires et impunies de cette puissance, en l’absence de contre-mesures efficaces et de résistance adéquate, font payer un lourd tribut aux pays directement concernés par la situation régionale, et suscitent des inquiétudes quant à leur impact négatif – impossible à ignorer sur les plans politique, économique et géopolitique – sur des régions sans lien avec la crise iranienne actuelle.

Toujours selon le porte-parole du MAE de la RPDC, la défense hégémonique de leurs intérêts par les Etats-Unis date de plusieurs décennies, mais s'est traduite par "un échec géopolitique et un revers stratégique" : 

L’histoire mondiale rappelle une fois de plus que les États-Unis ont détruit la paix au Moyen-Orient pour leurs intérêts hégémoniques il y a des décennies, mais ont finalement essuyé un échec géopolitique et un revers stratégique.

Le président sud-coréen Lee Jae-myung, arrivé le 1er mars 2026 à Singapour pour une visite d'Etat de trois jours, a déclaré que le gouvernement se préparait à toutes les conséquences (tant économiques qu'en matière de sécurité nationale), afin que la population "profite de sa vie quotidienne et se concentre sur ses activités sans inquiétude". 

Juste avant son départ, Lee Jae-myung avait demandé au Premier ministre de superviser la gestion de crise, s'agissant notamment des conséquences sur l'économie nationale et de la protection des ressortissants sud-coréens (le 4 mars,140 d'entre eux avaient été évacués d'Iran, d'Israël et d'autres pays du Moyen-Orient). 

Alors que de possibles difficultés d'approvisionnement devraient en tout état de cause se conjuguer avec une hausse des cours des hydrocarbures (la RdC étant très dépendante de ses importations), la bourse de Séoul a connu un "mercredi noir" en clôturant en baisse de 12 % le 4 mars. 

La RdC fait partie des pays qui n'ont condamné ni les frappes américaines et israéliennes, ni les frappes iraniennes. Elle n'a pas non plus lancé d'appel à la cessation des hostilités.

Sources : 

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6 janvier 2026 2 06 /01 /janvier /2026 12:56

Après l'opération de bombardement du Venezuela et l'enlèvement du président Nicolas Maduro par les forces américaines, le 3 janvier 2026, dans le cadre de l'opération Absolute Resolve, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont réagi de manière très différente. La RdC n'a pas fait mention d'une violation du droit international par son allié américain, quand la RPDC a vivement dénoncé une atteinte aux principes de la charte des Nations unies et des lois internationales. 

Le président américain Donald Trump suit en direct l'opération Absolute Resolve depuis Mar-a-Lago

Le président américain Donald Trump suit en direct l'opération Absolute Resolve depuis Mar-a-Lago

Si elle n'a pas été jusqu'à soutenir le président américain pour l'opération conduite au Venezuela, à l'instar de plusieurs alliés de Washington, la RdC n'a pas non plus jugé utile de dénoncer, comme l'a fait l'Union européenne et la plupart des pays du monde, une violation du droit international public. Dans un communiqué de presse, le ministère des Affaires étrangères de la RdC a simplement appelé toutes les parties à la retenue, "pour apaiser les tensions dans la région", en soulignant que toutes les mesures seraient prises pour assurer la sécurité des ressortissants sud-coréens au Venezuela.

Par ailleurs, le communiqué de presse met l'accent sur le respect de l'état de droit et le "rétablissement de la démocratie" au Venezuela, dans une référence à l'élection présidentielle de juillet 2024 au Venezuela, dont le résultat n'a pas été reconnu par Séoul, en évitant toutefois de critiquer plus avant le gouvernement vénézuelien.

Dans une pétition, 68 des 165 députés du Parti démocrate (centre-gauche, au pouvoir) ont pour leur part dénoncé l'atteinte au droit international ainsi commise, en soulignant qu'elle constituait un dangereux précédent de nature à inciter d'autres puissances à agir de même, tout en appelant également à un retour à la démocratie au Venezuela :

Une mauvaise gouvernance par un régime ne saurait justifier une action militaire contre un Etat souverain (...) Il doit revenir à la population vénézuélienne de décider du retour à la démocratie et cela doit se faire de façon pacifique et diplomatique.

Par ailleurs, des manifestations contre l'opération américaine ont eu lieu en République de Corée. 

Quant à elle, la RPDC a réagi par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères en dénonçant une grave violation de la souveraineté des Etats, du droit international public et de la charte des Nations unies, laquelle démontre selon elle, une fois de plus, "la nature voyoue et brutale des Etats-Unis" - ce qui a dû refroidir encore un peu plus les espoirs du président Donald Trump d'une rencontre prochaine avec le dirigeant nord-coréen : 

Nous suivons avec une attention particulière la gravité de la situation actuelle au Venezuela, provoquée par les agissements unilatéraux et arbitraires des États-Unis, qui aggravent encore l’instabilité dans une région déjà fragilisée.

Cet incident constitue un nouvel exemple qui confirme, une fois de plus et de manière flagrante, la nature voyoue et brutale des États-Unis, dont la communauté internationale a été témoin à maintes reprises depuis longtemps.

Le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée condamne avec fermeté l’acte hégémonique commis par les États-Unis au Venezuela, qui représente la forme la plus grave d’atteinte à la souveraineté, ainsi qu’une violation délibérée de la Charte des Nations unies et du droit international, fondés sur les principes du respect de la souveraineté, de la non-ingérence et de l’intégrité territoriale.

La communauté internationale doit prendre la pleine mesure de la gravité de la situation vénézuélienne, dont les conséquences catastrophiques perturbent durablement la structure des relations régionales et internationales, et élever une protestation et une dénonciation légitimes contre les violations répétées par les États-Unis de la souveraineté d’autres pays, devenues une habitude inacceptable.

Si la RPDC et le Venezuela n'ont pas de liens économiques importants, les relations politiques et diplomatiques se sont approfondies sous la présidence de Nicolas Maduro. En 2014, la RPDC a décidé de réouvrir son ambassade à Caracas, et une représentation diplomatique vénézuelienne opère à Pyongyang depuis 2019. Dans le cadre d'une tournée en Amérique latine (Cuba, Mexique, Venezuela), Kim Yong-nam, président de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC, avait rencontré le président Nicolas Maduro le 30 novembre 2018 et les deux pays ont alors signé plusieurs accords bilatéraux. 

Sources : 

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6 décembre 2025 6 06 /12 /décembre /2025 13:05

Le 5 décembre 2025 a été présentée la nouvelle stratégie de sécurité nationale (National Security Strategy) américaine, datée de novembre 2025 et remplaçant la précédente version qui avait été publiée en octobre 2022 par l'administration Biden. Elle expose de manière très claire les priorités de l'administration Trump, en mettant notamment l'accent sur la lutte contre l'immigration et le trafic de drogue, en insistant sur la nécessaire augmentation des budgets de défense militaires des alliés américains (au premier rang desquels les Européens) qui doivent, à terme, pouvoir se défendre eux-mêmes, et un non-interventionnisme a priori - sauf si les intérêts vitaux des Etats-Unis sont menacés. Nous faisons le point en ce qui concerne la péninsule coréenne.

Que dit la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine sur la Corée ?

Ne cherchez pas de références à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) tout au long des 33 pages du document : il n'y en a pas, semblant indiquer que les différentes options restent sur la table, même si le rappel de l'importance du bouclier anti-missiles américain indique que, pas plus qu'en 2017, les Etats-Unis n'acceptent de voir leur territoire exposé à de potentiels missiles nord-coréens. Si la dénucléarisation de l'Iran est mentionnée, tel n'est pas le cas pour celle de la RPDC. 

Quant à la République de Corée (RdC, Corée du Sud), elle est mentionnée à trois reprises : page 26 (deux fois), pour rappeler l'ambition américaine de réduire son déficit commercial - mais en ciblant la Chine, les alliés de Washington étant accusés de ne pas combattre davantage les pratiques jugées déloyales de Pékin ; et enfin, page 28 - il est expressément demandé à Tokyo et à Séoul d'augmenter leurs dépenses militaires pour un meilleur partage du "fardeau", afin de "dissuader" les "adversaires" et "protéger la première chaîne d'îles" - le document insiste plus loin sur la protection de Taïwan. La potentielle détention d'armes nucléaires par Séoul, qui n'est plus un sujet tabou en Corée du Sud, n'est ni encouragée, ni rejetée. Un précédent programme nucléaire militaire mené par la RdC, dans les années 1970, s'était alors heurté à la violente opposition de l'administration Carter.

Ces remarques, cohérentes avec les déclarations précédentes de Donald Trump, s'inscrivent dans une relation avec l'Asie dominée par deux priorités pour Washington : d'une part, rééquilibrer les relations commerciales avec la Chine, d'autre part, préserver la paix par la dissuasion militaire, en maintenant notamment l'avancée technologique des Etats-Unis.

Source : 

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28 octobre 2025 2 28 /10 /octobre /2025 11:54

Les 29 et 30 octobre 2025, le président américain Donald Trump visitera la République de Corée (Corée du Sud) à l'occasion du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC). En marge du sommet, Donald Trump devrait aborder la question des relations américaines avec la Corée - toute la Corée. Visant le prix Nobel de la paix (la nouvelle Première ministre japonaise, la nationaliste Sanae Takaichi, a d'ailleurs dit qu'elle soutiendrait sa candidature lors de leur rencontre à Tokyo - lors de l'avant-dernière étape du périple asiatique de Donald Trump), le chef d'Etat américain envisage en effet de prolonger son déplacement dans la péninsule pour rencontrer à nouveau le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, en faisant une annonce : pour la première fois, il est prêt à discuter d'une levée (partielle) des sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Mais la rencontre aura-t-elle lieu ?

Donald Trump et Kim Jong-un, lors de leur dernière rencontre, le 30 juin 2019, à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée. Six ans déjà...

Donald Trump et Kim Jong-un, lors de leur dernière rencontre, le 30 juin 2019, à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée. Six ans déjà...

Dans sa guerre commerciale tous azimuts, Donald Trump n'avait pas épargné la République de Corée : le 30 juillet 2025, les deux pays avaient conclu in extremis un accord limitant à 15 % (au lieu du taux de 25 % initialement prévu) les surtaxes douanières sur la plupart des exportations sud-coréennes à destination des Etats-Unis - à l'exception notable de l'acier et de l'aluminium, frappés par une surtaxe de 50 %. Par ailleurs, la République de Corée s'était engagée à investir 350 milliards de dollars aux Etats-Unis et à acheter pour 100 milliards de dollars de gaz naturel liquéfié (GNL), dans un futur proche (3 ans et demi). Il est attendu que les surtaxes sur l'acier et l'aluminium, ainsi que les engagements sud-coréens en matière d'investissements et d'achat de GNL, soient à l'ordre du jour des discussions que le président américain aura avec son homologue sud-coréen nouvellement élu, le démocrate Lee Jae-myung, de même que la question récurrente de la prise en charge par les Sud-Coréens de la présence militaire américaine dans leur pays, que Donald Trump souhaite augmenter de longue date. 

C'est toutefois un tout autre sujet qui a retenu l'attention des médias internationaux : la possibilité que Donald Trump prolonge son séjour en Corée afin de rencontrer Kim Jong-un pour la première fois depuis son retour à la Maison Blanche. Alors que leur rencontre au sommet à Hanoï, en février 2019, avait buté sur le refus américain de lever (partiellement) les sanctions contre la Corée du Nord, le président des Etats-Unis n'exclut plus cette possibilité. Il est vrai que le rapprochement de la RPDC avec la Russie et la Chine, illustré par la présence de Kim Jong-un aux côtés de Xi Jinping et de Vladimir Poutine le 3 septembre 2025 à Pékin (pour la première participation du leader nord-coréen à une rencontre internationale depuis son accession au pouvoir en 2011), a témoigné de la sortie de la RPDC d'un certain isolement diplomatique : si Washington veut un accord, Pyongyang est en position de pouvoir faire monter les enchères.

A cet égard, lors de la treizième session de l'Assemblée populaire suprême (APS) s'étant tenue à Pyongyang, le 21 septembre 2025, le président nord-coréen n'avait pas exclu une nouvelle rencontre avec Donald Trump - ce qui avait marqué une inflexion notable du discours de la RPDC à l'égard des Etats-Unis. Il avait toutefois exclu tout abandon du programme nucléaire nord-coréen. Il avait ainsi déclaré, en soulignant la qualité de leur relation personnelle :

J'ai personnellement un bon souvenir de l'actuel président américain, Donald Trump (...) Si jamais les Etats-Unis abandonnent leurs obsessions téméraires sur la dénucléarisation (du Nord) et souhaitent vraiment une coexistence avec nous, en se basant sur la reconnaissance de la réalité, nous n'aurons pas de raison de refuser un face-à-face (...) Tout le monde sait bien ce que feraient les Etats-Unis une fois que nous nous serions désarmés et que nous aurions abandonné l'arme nucléaire (…) Il n'y aura jamais de négociations pour concéder quelque chose à des pays ennemis pour obtenir la levée des sanctions.

Le cadre ainsi posé laisse une marge importante pour des négociations - comme la suspension du programme nucléaire et balistique nord-coréen, qui avait eu lieu après le premier sommet entre Kim et Trump à Singapour en juin 2018, ou la négociation d'un traité de paix (la guerre de Corée n'ayant jamais formellement pris fin depuis l'armistice de 1953) dans le cadre d'un accord de sécurité collective. On avait aussi observé, après le sommet de Singapour, une reprise du retour de dépouilles de soldats américains morts en Corée. 

Une autre raison d'espérer sortir de l'impasse diplomatico-militaire est que les "faucons" de l'entourage de Donald Trump pendant son premier mandat, à l'instar de John Bolton, hostiles au principe même de négociations, ne sont plus en poste (l'ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain, devenu l'un de ses plus farouches opposants, est d'ailleurs à présent poursuivi en justice). 

Mais plusieurs obstacles se dressent pour une nouvelle rencontre au sommet américano-nord-coréenne dans les prochains jours : le manque de délai de préparation, et aussi le fait que, contrairement à 2018, les Sud-Coréens peuvent difficilement être des intermédiaires directs entre Washington et Pyongyang. Certes, les démocrates sont revenus au pouvoir à Séoul, et ils sont ouvertement favorables au dialogue intercoréen et aux échanges américano-nord-coréens. Mais la RPDC a rompu les liens avec la République de Corée en janvier 2024.

Dans ce contexte... wait and see

Sources : 

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6 septembre 2025 6 06 /09 /septembre /2025 10:35

Dans le monde du renseignement, les échecs sont davantage médiatisés que les succès : en 2019, une équipe des forces spéciales de l'US Navy (SEAL) - la même que celle qui avait tué Oussama Ben Laden en 2011 - devait placer sur écoute Kim Jong-un, en plein hiver, au début de l'année 2019, alors que le président américain Donald Trump était en négociations avec son homologue nord-coréen. Se basant sur une vingtaine de témoignages de militaires et de responsables gouvernementaux alors en poste, le New York Times vient de révéler le fiasco de cette opération commando qui a coûté la vie à d'innocents pêcheurs nord-coréens ayant eu le malheur de croiser l'unité américaine. 

Insigne des SEAL, principale force spéciale de la marine de guerre américaine

Insigne des SEAL, principale force spéciale de la marine de guerre américaine

Ayant approché le rivage nord-coréen à bord de deux mini sous-marins, les membres de l'unité commando doivent à présent gagner la côte à la nage, distante de seulement une centaine de mètres. Ils ont revêtu une combinaison chauffante, pour parcourir sans ambages les eaux glaciales en cette nuit de l'hiver 2019.

Ils n'ont pas remarqué une embarcation proche d'eux, dont les occupants braquent sur eux leurs lampes-torches. Alors que les soldats avaient déjà débarqué, l'un d'entre eux replonge, ouvre le feu sur les pêcheurs nord-coréens et abat tout l'équipage, formé de deux ou trois personnes. Les poumons des victimes sont perforés afin de s'assurer que les corps, jetés à la mer, coulent effectivement pour ne pas laisser de traces. Le commando rebrousse chemin, sans avoir mené à bien sa mission.

L'enquête menée les a totalement absous de toute faute. Selon le New York Times cité par le quotidien Le Monde :  

Des investigations militaires – classées top secret – sur l’opération ont conclu que les meurtres étaient justifiés et que l’échec de la mission était lié à une succession d’événements malheureux qui n’auraient pas pu être prévus ou évités, précise le journal.

Sans doute ces hommes de l'unité intervenue dans la mort d'Oussama Ben Laden étaient-ils devenus intouchables.

Pourtant, l'embarcation de pêcheurs de coquillages (selon toute vraisemblance), dûment fouillée, ne comportait ni armes, ni uniformes. Des victimes ont péri de l'incurie de soldats pour qui la mort d'innocents n'a manifestement guère de valeur. 

Interrogé à ce sujet, Donald Trump a nié avoir eu connaissance de cette opération jusqu'à présent. C'est hautement improbable : ce genre de mission n'est pas menée sans l'aval du commandant en chef. Il avait intérêt à obtenir des informations sur l'état d'esprit et les attentes de ses interlocuteurs, afin de disposer d'un avantage décisif en amont de négociations dont les résultats ont été, in fine, assez maigres. 

Dans son enquête, le New York Times a révélé le précédent fiasco de forces spéciales américaines en Corée du Nord, cette fois en 2005 sous la présidence de George W. Bush. Si la République populaire démocratique de Corée, fondée par d'anciens guérilleros, a été accusée d'avoir aussi mené elle-même ce type d'opérations commando, tous les coups sont permis, de part et d'autre, dans les eaux troubles du renseignement, au large de la péninsule coréenne.  

Il serait très surprenant que l'administration américaine (que ce soit la présidence ou les services) adopte une autre posture que celle du déni, ne permettant ainsi pas d'avoir une réponse à la hauteur des révélations de l'enquête New York Times. Dans ce contexte, les partisans du président américain n'auront peut-être pas d'autre choix que de dénoncer une déstabilisation, alimentée par les démocrates et d'anciens responsables tombés en disgrâce, deux semaines après une rencontre avec son homologue sud-coréen où le leader américain a envisagé un nouveau sommet avec le dirigeant nord-coréen. Les révélations sont ainsi de nature à dissuader Pyongyang de s'engager dans une nouveau cycle de négociations, dont la médiatisation pourrait aussi rappeler ce tragique fiasco des SEAL, une froide nuit d'hiver 2019.

Principales sources :

- New York Times
 

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4 septembre 2025 4 04 /09 /septembre /2025 19:16

A la différence des pays occidentaux, qui ont largement boycotté les cérémonies commémorant à Pékin la fin de la Seconde guerre mondiale, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) a été représentée par Woo Won-shik, président de l'Assemblée nationale. Toutefois, dix ans plus tôt, c'était la présidente Park Geun-hye qui représentait son pays - soit depuis cette date le signe d'un certain retrait, dans un contexte de tensions entre la République populaire de Chine et la RdC, même si les deux pays entretiennent toujours des liens économiques privilégiés.

Woo Won-shik, président de l'Assemblée nationale (Gukhoe) de la République de Corée

Woo Won-shik, président de l'Assemblée nationale (Gukhoe) de la République de Corée

La construction de plusieurs tours d'acier par Pékin dans la zone maritime provisoire, à cheval entre les eaux de la Chine et de la RdC, constitue un sérieux irritant dans les relations bilatérales.

Revenant sur ce point lors de l'entretien qu'il a eu à Pékin avec son homologue chinois, Zhao Leji, président du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, Woo Won-shik a, selon son bureau, demandé à la Chine de traiter "de manière prudente" les questions liées à la mer Jaune, afin de ne pas empêcher le développement des relations bilatérales.

Le président du Gukhoe a également mentionné le développement du partenariat stratégique bilatéral entre les deux pays, en exprimant le souhait qu'ils oeuvrent de concert à la paix et à la stabilité régionale - dans une formulation qui n'évoque pas directement la question nucléaire nord-coréenne, alors que la RdC est l'un des proches alliés de Washington en Asie du Nord-Est, les deux pays menant régulièrement des manoeuvres militaires communes régulièrement fustigées par Pyongyang.

Avant le début de la parade militaire, Woo Won-shik et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, présent au premier rang des invités, ont échangé une poignée de main, toujours selon le bureau de Won. Le président Lee Jae-myung souhaite améliorer les relations intercoréennes, en ayant également encouragé au dialogue américano - nord-coréen lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump le 25 août dernier - lors de laquelle le dirigeant américain avait exprimé son souhait de rencontrer son homologue nord-coréen cette année. 

Sources : 

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