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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 12:59

Ancien président délégué, puis président (de 2007, après la mort de Jean Suret-Canale, à 2015) et président d'honneur (depuis 2015) de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), André Aubry nous a quittés le 14 novembre 2025, à l'âge de 94 ans. L'AAFC salue un artisan majeur du développement des relations d'amitié et de coopération entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), avec son ancien ami et camarade Guy Dupré, disparu un an plus tôt (André Aubry avait sollicité Guy Dupré pour devenir secrétaire général du CILRECO, lui-même ayant été le président fondateur du COFRECO, association de droit français gérant les activités du siège du CILRECO en France). Ancien sénateur des Hauts-de-Seine (1968-1977) et maire d'Antony (1977-1983), André Aubry était aussi une figure du communisme francilien, unaniment apprécié, fidèle jusqu'au bout à ses convictions. L'AAFC présente ses condoléances à ses deux fils et à sa famille, ses camarades et ses amis : son exemple est une source d'inspiration pour continuer à faire vivre les valeurs d'humanité et de solidarité qu'il a transmises à bon nombre des membres actuels et passés de l'AAFC. 

André Aubry, président délégué de l'AAFC, Robert Charvin et Guy Dupré, vice-présidents, lors de l'assemblée générale de l(AAFC du 16 février 2008 (photo : Alain Noguès)

André Aubry, président délégué de l'AAFC, Robert Charvin et Guy Dupré, vice-présidents, lors de l'assemblée générale de l(AAFC du 16 février 2008 (photo : Alain Noguès)

André Aubry était né le 1er août 1931 à Valognes, dans la Manche, de deux parents travaillant à la SNCF, Louis Aubry et Fernande Quoniam. Après avoir obtenu son CAP d'ajusteur, il commence à travailler en région parisienne et il adhère rapidement à la CGT et au PCF. Ses qualités d'orateur et d'organisateur lui valent de devenir, dès 1955, l'animateur de la section CGT de Krieg et Zivy à Montrouge, parallèlement à son activité au sein des associations de locataires et au Secours populaire, où il se lie avec Julien Lauprêtre - et il devait d'ailleurs être l'un des artisans, quatre décennies plus tard, de l'engagement humanitaire du SPF auprès des Coréens pendant les années de pénurie de la "dure marche". Formé aux écoles du Parti communiste, il entre au conseil municipal d'Antony dès 1955. Il y a siégé jusqu'en 2008.

L'un des benjamins des sénateurs français, élu dans les Hauts-de-Seine en 1968, il rejoint la commission des affaires économiques et du plan puis la commission des affaires sociales : comme il l'observera des années plus tard, à l'époque les sénateurs communistes de base n'avaient pas de collaborateurs et ils devaient rédiger seuls leurs interventions sur des sujets très techniques, pouvant éventuellement compter sur la seule aide des sténo-dactylos... C'est à la demande expresse de Jacques Duclos (alors président du groupe communiste du Sénat) qu'il s'investit sur le dossier (nord-)coréen : il visitera une première fois le RPD de Corée en 1972, à l'occasion du 60e anniversaire de la naissance du Président Kim Il-sung, puis initiera une démarche auprès du président du Sénat, Alain Poher, pour la création de l'actuel groupe interparlementaire au Sénat France-RPDC.

Elu conseiller général en 1976 (il sera réélu en 1982, jusqu'en 1988), il conquiert la mairie d'Antony en 1977 à la tête d'une liste d'union de la gauche. Son style, populaire et bon vivant, tranche avec celui de son prédécesseur Georges Suant, professeur passé de la gauche (SFIO, Parti socialiste autonome) à la droite. Après un mandat de six ans et au terme d'une campagne âpre, Patrick Devedjian lui succède à la mairie d'Antony : André Aubry sera le premier de ses opposants, animant jusqu'en 2013 un journal communiste local, Antony Hebdo. Il a été un maire bâtisseur, comme l'a rappelé le quotidien Le Parisien (qui oublie les logements étudiants à Antony) : 

Parmi ses réalisations, il participa activement au développement du logement social, fit construire le centre de loisirs Paul Roze, fermé aujourd’hui, et le collège Anne Franck avec Jean Nouvel. Il créa également le centre de vacances de Samoens. Il dota aussi la commune d’un cinéma, le Select, et rénova l’ancien théâtre Firmin Gémier.

Quand le PCF rompait avec le Parti du travail de Corée, lui restait fidèle à ses engagements, avec des militants communistes fidèles qu'il appelait ses "grognards", sachant aussi s'entourer d'une équipe d'experts ayant des profils complémentaires, comme l'ingénieur Guy Dupré, l'universitaire Robert Charvin (qui se spécialise, dans les années 1980 et 1990, sur les relations avec le Sud de la Corée) et l'ancien sénateur Bernard Hugo, avant de passer le flambeau à une nouvelle génération. Sous sa présidence, l'AAFC interpellera à de nombreuses reprises le gouvernement français sur l'anomalie que la France soit l'un des rares pays de l'Union européenne à ne pas avoir - toujours à ce jour - de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée. L'ouverture d'un bureau de coopération français à Pyongyang, en 2011, à la suite d'une mission confiée à Jack lang en 2009, avait toutefois représenté une première étape vers l'établissement de relations pleines et entières. 

Les membres de l'AAFC se souviennent de son accueil toujours chaleureux à son domicile, pour les réunions de bureau national, où le traditionnel "apéro-chips-saucisson" clôturait, à la bonne franquette, des débats parfois âpres mais qu'il voulait toujours respectueux - car sur une cause aussi difficile que celle de la Corée, il n'y a pas de place pour les querelles et les batailles d'ego dont il aura eu à coeur de toujours préserver l'AAFC. A celui qui appelait, à la fin de ses discours, à lever le verre de l'amitié, l'AAFC tient à reproduire son geste et n'aura qu'une formule : au revoir et merci - car, pour paraphraser la formule de Coluche fondant les Restaus du coeur, sans lui, l'AAFC n'existerait pas ; sans lui l'AAFC n'existerait plus.

Paek Song Chol, délégué permanent de la RPDC auprès de l'Unesco, a présenté ses condoléances à l'AAFC et à la famille d'André Aubry, de même que l'Association coréenne pour les échanges culturels avec les pays étrangers et l'Association d'amitié Corée-France, dont nous reproduisons ci-après le message :

A la triste nouvelle du décès de Monsieur André Aubry, Président d'honneur de l'Association d'amitié franco-coréenne, l'Association coréenne pour les échanges culturels avec les pays étrangers et l'Association d'amitié Corée-France expriment leurs plus sincères condoléances à la famille du défunt et à tous les membres de l'Association d'amitié franco-coréenne.

Monsieur André Aubry a consacré beaucoup d'efforts au renforcement des relations d'amitié et de solidarité entre les peuples de nos deux pays, Corée et France, et ses exploits resteront à jamais gravés dans notre mémoire.

Nous sommes convaincus que la famille du défunt et tous les membres de l'Association d'amitié franco-coréenne surmonteront la douleur de cette perte et poursuivront les efforts visant à renforcer les relations entre nos deux peuples.

L'AAFC rend hommage à son ancien président André Aubry
L'AAFC rend hommage à son ancien président André Aubry
L'AAFC rend hommage à son ancien président André Aubry
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16 novembre 2025 7 16 /11 /novembre /2025 14:05

Dominique Dionisi nous a quittés le 11 novembre 2025, à l'âge de 75 ans, des suites d'une longue maladie. Militant communiste (y compris à l'extérieur du PCF), il avait été élu local à Saint-Quentin-en-Yvelines, parallèlement à un engagement syndical à la CGT : il avait par exemple participé à l'organisation en octobre 2023 de la projection du dernier film de Ken Loach The Old Oak au Méliès à Montreuil, en présence de la secrétaire confédérale Sophie Binet. Brillant, cultivé, d'un humour qui pouvait être grinçant, il avait notamment été membre du comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) - avant de démissionner en 2022, sur la base de désaccords que, comme toujours, il avait exprimé franchement - tout en restant un des plus fidèles commentateurs du blog de l'AAFC. L'AAFC lui rend hommage, en présentant ses condoléances à sa famille, ses amis et ses camarades. 

De formation graphiste publicitaire, Dominique Dionisi avait aussi été vendeur d'encyclopédies et avait gardé de sa vie professionnellle une double appétence pour la communication et la culture, mettant ses compétences au service d'engagements politiques qu'il poursuivait jusqu'à atteindre son but : le 10 mai 2017, il avait ainsi organisé une conférence à la maison de l'Amérique latine, sous le patronage de l'ambassade du Venezuela en France, en présence de quatre ambassadeurs d'Amérique latine et de représentants des apiculteurs, pour dénoncer les effets catastrophiques sur la biodiversité de la disparition des abeilles. C'était le résultat d'un travail de préparation mené pendant deux ans.

Très concerné par les questions internationales, il avait naturellement participé aux activités de l'AAFC pour dénoncer les risques de guerre dans la péninsule coréenne, divisée par le jeu des grandes puissances en 1945. Mais curieux et touche-à-tout, c'est sur des thématiques plus précises qu'il aurait été le plus impliqué, comme la question des droits des femmes en Corée du Sud - car il va sans dire que Dominique Dionisi, ancien membre du Parti communiste français (qui avait plaidé, sans succès, pour qu'il se renomme Parti communiste de France, ses adhérents pouvant être de différentes nationalités tout en vivant en France...), n'opposait pas les luttes sociales et la défense de l'environnement et des droits des minorités.

Son dernier combat avait porté sur la sauvegarde d'une mosaïque  murale monumentale de Fernand et Nadia Léger, que les deux artistes cubistes avaient conçue à Alfortville en 1955, à la suite d'un appel qu'il avait lancé avec Bernard Klein en 2023. La Flamme est aujourd'hui à l'abandon. Le projet de l'association de sauvegarde de La Flamme de Nadia et Fernand Léger, que présidait Dominique Dionisi, consiste à la réhabiliter pour en faire un centre culturel dédié aux arts plastiques. L'association a mobilisé et sensibilisé l'ensemble des acteurs publics, et le sénateur Pascal Savoldelli a saisi la ministre de la culture Rachida Dati. Nul doute que le projet aboutira si nous poursuivons la mobilisation largement initiée par Dominique Dionisi : ce sera le plus bel hommage qui pourra lui être rendu. 

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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 14:10

Ancien Président de l'Assemblée populaire suprême (APS, la chambre des députés) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ayant exercé à ce titre les fonctions de chef de l'Etat, Kim Yong-nam est décédé le 3 novembre 2025, à l'âge de 97 ans. Un hommage solennel lui a été rendu en RPDC, où a été soulignée sa contribution éminente au socialisme et à la prospérité de la RPDC. Le 5 novembre il a été enterré au cimetière des martyrs patriotes de Sinmi-ri. Il était l'un des visages les plus connus de la RPDC, ayant servi pendant près de six décennies sous la direction de Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un. Il avait rencontré à de nombreuses reprises des délégations étrangères, y compris de l'AAFC, qui salue sa mémoire. 

Disparition de Kim Yong-nam, figure majeure de la politique nord-coréenne

Né le 4 février 1928 à Pyongyang, Kim Yong-nam fait partie de la génération de jeunes cadres promus après avoir combattu pendant la guerre de Corée. C'est dans la diplomatie qu'il a gravi un à un les échelons, avant de devenir ensuite Président de l'APS entre 1998 et 2019.

Directeur adjoint du département des affaires internationales du Comité central (CC) du Parti du travail de Corée (PTC) en 1960, il devient parallèlement vice-président du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers (CRCPE), en charge des relations avec les associations d'amitié. Quand il recevra encore ses représentants près d'un demi-siècle plus tard, cette fois en tant que président de l'APS, il manifestera un vrai plaisir à recevoir certains d'entre eux devenus ses amis, comme Guy Dupré, ancien président de l'AAFC et secrétaire général du CILRECO de 1977 à 2024. Kim Yong-nam était invariablement affable et souriant. 

Vice-ministre des Affaires étrangères en 1962, il devient membre du CC du PTC en 1970 puis président du CRCPE en 1972. Il devient également député à l'APS. En 1975, il est secrétaire aux affaires internationales du CC du PTC. Ministre des Affaires étrangères de 1983 à 1998, il ne quitte ces fonctions que pour exercer celles de chef de l'Etat en tant que président de l'Assemblée nationale. C'est à lui qu'était revenu l'honneur insigne de proposer Kim Jong-il comme nouveau secrétaire général du PTC, en octobre 1997, après le deuil de trois ans ayant suivi la disparition de Kim Il-sung en juillet 1994.

Diplomate expérimenté, il savait être très dur en négociations pour défendre les intérêts de son pays, comme l'a souligné dans ses mémoires l'ancien ambassadeur soviétique à Pyongyang Alexandre Kapto : la reconnaissance de la République de Corée (Corée du Sud) par l'URSS en 1990 avait été vécue comme une trahison par Pyongyang, faute de concertation préalable avec la RPDC. Mis devant le fait accompli, Kim Yong-nam avait souligné que c'était une rupture des dispositions du traité d'amitié et de coopération entre l'URSS et la RPDC et des engagements pris par Mikhail Gorbatchev, et que la RPDC se réservait ainsi la possibilité de reconnaître les républiques soviétiques qui se déclaraient indépendantes... Edouard Chevarnadze, alors ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique, avait subi une humiliation sans précédent lors de sa visite à Pyongyang. Ce récit contredit la thèse véhiculée par certains médias occidentaux que Kim Yong-nam n'aurait été qu'une figure protocolaire : selon les spécialistes de la RPDC, il était une des personnalités les plus influentes sur la scène politique nord-coréenne, écoutée par le dirigeant suprême.

En tant que président de l'APS, Kim Yong-nam a parcouru le monde, étant sur tous les fronts : il effectue des tournées diplomatiques en tant que chef de l'Etat, représente son pays à Moscou pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale ou en Tanzanie pour la célébration de l'indépendance du Tanganyika, ainsi que lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques à Sotchi en 2014 ou à Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018, à la même tribune que le vice-président américain Mike Pence. Les médias étrangers soulignent alors qu'il cède la place à Kim Yo-jong.

Lorsqu'il prend se retraite politique, il a 91 ans, ayant été pendant de longues années un grand serviteur de l'Etat et du Parti, mais il continue de participer aux cérémonies officielles - en juillet 2024, il avait ainsi assisté aux commémorations du 30e anniversaire de la disparition du Président Kim Il-sung.

Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)

Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)

Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)

Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)

Sources :

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20 septembre 2025 6 20 /09 /septembre /2025 23:23

Le 20 septembre 2025, l'Association d'amitié franco-coréenne s'est réunie à Paris. Après la projection de films et de photos, une conférence a fait le point sur les différentes idéologies développées successivement par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), alors que la RPDC commémore le 80e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC) : le juche (qu'on peut traduire par indépendance), le songun (entendue comme la priorité données aux affaires militaires) et enfin le byongjin (double développement en parallèle de l'économie et de la puissance militaire). Les échanges, nombreux, se sont poursuivis autour d'un buffet. 

La tour du Juche (170 mètres), érigée en 1982 à Pyongyang, capitale de la RPD de Corée

La tour du Juche (170 mètres), érigée en 1982 à Pyongyang, capitale de la RPD de Corée

Si le juche a été présenté comme un socialisme adapté aux spécificités de la Corée, s'inscrivant dans le prolongement du marxisme-léninisme, il a progressivement supplanté celui-ci pour être consacré comme l'idéologie directrice de la RPD de Corée. Puis les successeurs de Kim Il-sung ont développé leurs propres approches théoriques, elles-mêmes dans le prolongement du juche : le songun par Kim Jong-il et le byongjin par Kim Jong-un. Il s'agit de doctrines très plastiques, s'adaptant aux exigences de leurs époques : le juche permettait de s'affranchir des tutelles idéologiques des deux grands frères, soviétique et chinois ; pendant la "dure marche" des années 1990, avec le songun (inscrit dans la constitution en 2009 à trois reprises) l'armée apparaît comme l'une des rares institutions aptes à maintenir le fonctionnement du pays confronté à une sévère pénurie alimentaire après la disparition de l'URSS et des démocraties populaires, tout en s'inspirant de l'exemple de résilience des guérilleros de la lutte pour l'indépendance ; le byongjin, enfin, répond tant à l'inscription de l'arme nucléaire dans la Constitution face à un environnement international devenu plus hostile (à partir de 2017, la RPDC est le pays le plus sanctionné au monde), qu'à la volonté d'élever le niveau de vie en développant l'économie, en particulier dans les secteurs à forte valeur ajoutée - et ce malgré les sanctions internationales.

Les discussions qui ont suivi l'exposé liminaire ont abordé des thèmes très divers, de la doctrine nucléaire nord-coréenne à la question de la souveraineté, des échanges économiques au rôle que peut jouer l'AAFC pour développer les relations franco-coréennes. Ces riches perspectives éclairent le rôle original joué par l'AAFC depuis sa fondation en 1969. 
 

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28 août 2025 4 28 /08 /août /2025 22:05

Le 7 août 2025, les adhérents et sympathisants de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) se sont réunis à Limoges. Il ont relancé le comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC autour d'une équipe historique, constituée notamment autour de Liliane Boussel et Hugues Mathieu, et de nouveaux adhérents - alors que le comité Nouvelle-Aquitaine, formé en 2016, avait succédé au comité régional Limousin de l'AAFC, très actif entre 1986 et 2003. En 2016, le comité Nouvelle-Aquitaine avait désigné comme présidente d'honneur Camille Senon, survivante du train d'Oradour-sur-Glane, et qui a fêté son centenaire le 5 juin 2025. L'AAFC lui souhaite un très bon anniversaire. 

Le bureau du comité régional de l'AAFC Nouvelle-Aquitaine répondant aux questions de la presse locale, en 2016

Le bureau du comité régional de l'AAFC Nouvelle-Aquitaine répondant aux questions de la presse locale, en 2016

Les participants, salués par d'autres adhérents résidant dans la région mais qui n'avaient pas pu faire le déplacement à Limoges, ont rappelé le long historique de l'AAFC en Limousin puis en Nouvelle-Aquitaine : déplacement d'une délégation à Pyongyang à la suite de la promesse (non tenue) faite par François Mitterrand dans le cadre de sa campagne électorale d'établir des relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), venue du cirque de Pyongyang à Limoges, organisation d'une exposition à la Maison du Peuple, accueil de jeunes Sud-Coréens venus visiter le Musée de la Résistance et Oradour-sur-Glane, visites à Limoges de représentants de la délégation générale de la RPD de Corée en France, etc.

La rencontre a été aussi l’occasion de regarder le remarquable film Moranbong, dont une adhérente du comité a trouvé une copie sous format DVD à la BFM de Limoges : Moranbong - Chronique coréenne [DVD] / Claude-Jean Bonnardot, réal. ; Armand Gatti, scénario ; Do-Sun Osum, Djoeung-Hi Ouan, Hong-sig Kang... [et al.], act. (Publication : Paris : Doriane Films, 2021). Il s'agit en quelque sorte d'un retour aux sources pour l'AAFC : retraçant le vécu d'une troupe de théâtre pendant la guerre de Corée, le film a été souvent diffusé par l'Association après sa fondation en 1969, avant d'être redécouvert puis primé au Festival international du film de Pyongyang en 2010.

La soirée s’est conclue par un repas coréen, préparé grâce aux ressources asiatiques de l’épicerie « Panier d’Asie ».

Une belle rencontre, à l'issue de laquelle chacun des participants est reparti avec des idées et des projets pour développer l'amitié franco-coréenne à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine.

Photo : AAFC

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7 août 2025 4 07 /08 /août /2025 16:14

Le 28 juin 2025, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a tenu son assemblée générale annuelle à Paris. Le rapport d'activité et d'orientation, d'une part, le rapport financier, d'autre part, ont été adoptés à l'unanimité, et les participants ont renouvelé les instances nationales de l'Association. Alors qu'ont été projetés des films sur la Corée et qu'une conférence a présenté la langue coréenne, l'assemblée générale a confirmé l'accent mis sur les échanges culturels, dans un contexte toujours marqué par de fortes tensions autour de la péninsule coréenne qui confirment plus que jamais la nécessité du combat pour la paix. 

Assemblée générale de l'AAFC : priorité à la culture

La séance a été ouverte par Kim Jung-hee, vice-présidente déléguée de l'AAFC, après la projection de films sur les origines de la guerre de Corée et l'éducation en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Un stand proposait la vente de livres, de timbres et de badges. 

La rapport d'activité et d'orientation a souligné que la Corée restait un foyer de tensions internationales, marquées par le double conflit en Proche-Orient et en Ukraine. Toutefois, l'élection du démocrate Lee Jae-myung à la présidence de la République de Corée (Corée du Sud) laisse entrevoir la possibilité d'une amélioration des relations entre les deux Etats coréens. 

Dans ce contexte, l'AAFC reste engagée sur le terrain de la solidarité internationale et de la paix, plaidant pour que la France joue un rôle de puissance d'équilibre dans cette partie du monde. 

L'année 2024 a notamment été marquée, pour l'AAFC, par l'organisation de manifestations culturelles, en février, mars et avril, ainsi que le renforcement de sa présence sur Internet (le blog national de l'AAFC compte plus de 2 300 articles, et le groupe Facebook plus de 1 900 membres).

Une minute de silence a été observée à la mémoire de Guy Dupré, président d'honneur de l'AAFC, ancien secrétaire général du CILRECO, disparu en septembre 2024.

Après l'adoption du rapport d'activité et d'orientation et du rapport financier, les participants ont voté pour une modification des statuts de l'AAFC, en rappelant (à l'article premier) la participation de l'Association au mouvement international de solidarité avec la Corée, et en faisant référence (au 4° de l'article 3) aux principes de la charte des Nations unies sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et plus particulièrement à celui du peuple coréen de décider souverainement de son avenir.

Les travaux se sont poursuivis par une conférence sur la langue coréenne, dotée depuis le XVe siècle d'un alphabet qui lui est propre. Si ses origines et sa classification font toujours l'objet d'intenses débats, sa structure (de type sujet / objet / verbe) et son écriture (caractérisée par une consonne initiale, une voyelle finale et parfois une ou des consonnes finales) constituent des particularités qui ne rendent toutefois pas son apprentissage insurmontable pour les locuteurs de langues indo-européennes. Les différences linguistiques entre le Nord et le Sud, mineures, sont autant liées à des différences de prononciation que de systèmes sociaux et politiques.

Enfin, pour clôturer la journée un buffet franco-coréen a été partagé entre les participants, rejoints par le délégué général de la RPDC en France et ses collaborateurs.

Photos : AAFC.

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30 mars 2025 7 30 /03 /mars /2025 18:38

Le 15 mars 2025, l'Association d'amitié franco-coréenne a tenu une réunion à Paris pour présenter la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Après une projection-débat du film Moranbong, M. Jong Chang-gwon, conseiller de la délégation générale de la RPDC en France, a présenté un premier bilan, intermédiaire, de la politique de développement régional 20 x 10.

La RPDC, d'hier à aujourd'hui

1958-2024 : deux dates qui peuvent résumer le développement passé, présent et futur de la République populaire démocratique de Corée.

1958 est l'année de la sortie du film Moranbong de Jean-Claude Bonnardot et Armand Gatti, qui replonge dans la guerre de Corée et la reconstruction d'après-guerre, à l'occasion de la visite en RPDC d'une délégation d'artistes et d'intellectuels français (parmi lesquels Armand Gatti et Jean-Claude Bonnardot) qu'avait organisée le Parti communiste français. Un film dont une version avait été retrouvée par Jérémy Segay dans le fonds Gatti, ayant permis la présentation d'une version restaurée au douzième festival international du film de Pyongyang. L'AAFC remercie Jérémy Segay de lui avoir remis une version du film, projetée ce samedi 15 mars 2025.

2024 marque pour sa part le lancement de la politique 20 x 10, lancée en janvier 2024, et consistant à construire chaque année et pendant dix ans des industries locales modernes dans vingt villes ou comtés de la RPDC.

Si le film Moranbong, reprenant des éléments du pansori coréen, met l'accent sur la reconstruction de la capitale, Pyongyang, les autorités nord-coréennes s'efforcent aujourd'hui de rééquilibrer le développement du territoire et de réduire les inégalités régionales. C'est dans ce cadre qu'est mise en place la politique 20 x 10.

La deuxième partie de la réunion organisée par l'AAFC a ainsi permis la présentation de cette politique par Jong Chang-gwon, conseiller de la délégation générale de la RPDC en France, qui a rejoint les participants après la projection-débat, alors qu'en décembre 2024 un ensemble d'industries a été inauguré dans le comté de Songchon. Les orientations et les principales réalisations ont été détaillées avec, à l'appui, une carte de la Corée. Nous présentons ci-après en annexe l'intégralité de l'intervention de Jong Chang-gwon.

Ces deux moments forts ont été suivis de riches débats avec les participants, soulignant les entraves au développement économique dans un pays toujours soumis à l'un des embargos les plus sévères au monde, ainsi que sur les perspectives d'accès des étrangers au pays, qui se réouvre progressivement au tourisme international.

Annexe - la « Politique de développement local 20×10 »

L’exécution de la « Politique de développement local 20×10 » proposée par Kim Jong Un, Secrétaire général du Parti du travail de Corée, président des Affaires d’État de la République populaire démocratique de Corée, bat son plein en Corée.

Le 20 décembre 2024, ce jour-là a eu lieu solennellement l’inauguration des usines d’industrie locale de l’arrondissement de Songchon, premier résultat des tâches de la première année pour l’application de la  « Politique de développement local 20x10 ».

Faire en sorte qu’à la nouvelle époque, la capitale envie la province, le développement local représente le progrès et le développement de l’Etat et l’aspect idéal de la province devienne une vraie image du socialisme à la coréenne, telle est l’essence du discours important prononcé le 20 décembre 2024 par Kim Jong Un, lors de la cérémonie d’inauguration des usines d’industrie locale de l’arrondissement de Songchon. 

La tâche suprême incombant actuellement au gouvernement de notre République est de stabiliser et d’améliorer au plus tôt la vie de la population.

Depuis la fondation de la RPDC, les grands leaders ont prêté une grande attention au développement local équilibré et l’amélioration de la vie de la population de ces régions.

Le grand leader Kim Il Sung a organisé la conférence conjointe de Changsong au mois d’août 1962. Changsong est l’arrondissement de la province Pyongan du nord. Dans cette conférence il a précisé la tâche de renforcer le rôle de l’arrondissement et développer et améliorer l’industrie locale et l’agriculture. Les arrondissements qui se situent dans les régions montagneux utilisent les produits des montagnes. Les arrondissements qui se situent au bord de la mer utilisent les produits de mer.

Le 18 mars 1964, le grand dirigeant Kim Jong Il a publié sa thèse de fin d'études universitaires, « Le statut et le rôle de l’arrondissement dans la construction socialiste ».

Grâce aux directions clairvoyantes des grands leaders, on a eu beaucoup de progrès et de réussites. Dans les années 1970 et 1980, de nombreux problèmes intéressant la politique de développement de l’industrie locale, secteur directement lié à la vie de la population, ont été débattus, mais des mesures révolutionnaires ne les ont pas suivis dans l’ensemble du pays.

Il y a encore de notables inégalités de niveau de vie entre la capitale et la province, entre la ville et la campagne et même de grandes disparités dans le cadre des provinces, villes et arrondissements.

On n’arrive pas à approvisionner la population locale en condiments, aliments, articles de consommation et autres objets de première nécessité essentiels.

Bon nombre de politiques du Parti de nature populaire sont restées lettres mortes dans les décisions et orientations à cause de la vision et de l’attitude erronées de nos cadres, n’apportant aucun changement fondamental dans la vie réelle de la population locale.

Beaucoup de personnes ont considéré que c’est difficile de supprimer et d’éviter les inégalités de niveau de vie entre la capitale et la province, entre la ville et la campagne

Les régions peuvent différer les unes des autres par la situation géographique, les ressources naturelles, le potentiel économique et le cadre de vie, mais il ne peut y avoir dans les confins de la RPDC une région en retard dans la vie de la population, tel est le principe invariable du Secrétaire général Kim Jong Un.

En reconnaissant cette réalité, le 15 janvier 2024, la 10e session de la 14e législature de l’Assemblée populaire suprême a proposé comme orientation politique la « Politique de développement local 20×10 » de notre Parti et du gouvernement de la République. Elle a défini comme politique nationale majeure la rénovation des toutes les usines de l’industrie locale de ville et d’arrondissement du pays, et de pousser avec dynamisme sa réalisation.

La « Politique de développement local 20×10 », c’est d’inaugurer simultanément des dizaines d’usines d’industrie locale dans près de 20 villes et arrondissements.

Kim Jong Un a fait, depuis quelques années, les préparations pour la politique du  développement local.

Lors des premiers cours spéciaux destinés aux secrétaires en chef des comités du Parti de ville et d’arrondissement en mars 2021, Kim Jong Un a indiqué la nécessité de déterminer l’envergure en tenant compte de la situation de l’arrondissement, de moderniser à titre d’essai les usines de l’industrie locale de l’arrondissement de Kimhwa et de créer des expériences en normalisant leur gestion conformément à la situation de l’arrondissement rural et d’en examiner l’efficacité, l’utilité et la possibilité ; et sur cette base, de construire à l’avenir de nouvelles usines de l’industrie locale modernes dans tous les villes et arrondissements du pays.

En 2021 et 2022, les nouvelles usines de l’industrie locale ont été construites dans l’arrondissement de Kimhwa.

Ces nouvelles usines ainsi modernisées, telles que la fabrique alimentaire, l’usine de confection de vêtements, l’usine d’articles d’usage courant et la papeterie, sont dotées de solides assises susceptibles de satisfaire suffisamment les besoins matériels des habitants de l’arrondissement par leurs propres moyens, en recourant à des matières premières et à des ressources abondant dans leur région. D’où sortent maintenant des centaines de denrées alimentaires et articles de consommation de dizaines de sortes.

A l’heure actuelle, l’arrondissement de Kimhwa profite réellement de ses avantages, ce qui nous a permis de se faire une idée nette de la possibilité du développement du niveau de vie matérielle et culturelle de tous les villes et arrondissements et de toutes les régions du pays.

Prenant ces usines pour modèle, on donne une forte impulsion à la modernisation de toutes les usines d’industrie locale du pays entier.

Kim Jong Un a défini aussi les mesures à prendre pour réaliser cette « Politique de développement local 20×10 ».

Le PTC doit prendre en charge d’approvisionner chaque année chacun des arrondissements concernés en fonds, en main-d’œuvre et en matériaux et un système de travail de direction étatique ad hoc doit être établi. De même, un service chargé d’orienter la construction de l’industrie locale doit être créé au sein du département de l’organisation et de la direction du Comité central du Parti et un système de travail établi par lequel Kim Jong Un pourrait dresser lui-même le bilan d’exécution de cette tâche pour la promouvoir sans arrêt.

L’économie de la RPDC est celle planifiée. Au capital, il y a le comité national de planification. Et dans les régions il y a des comités régionaux de planification. Ces institutions s’occupent les collectes des informations des demandes, des besoins de la population, des ressources naturelles et les capacités de productions et de transports. Et on fait les plans de production, transports et de distribution au niveau des entreprises, des arrondissements, des départements.

Nous prêtons une grande attention à la planification pour éviter les gaspillages des premières matières, des ressources naturelles et de l’énergie.

Pendant ces derniers mois, les 20 villes et arrondissements ont tenu chacun les cérémonies d’inauguration des travaux de construction de nouvelles usines d’industrie locale. 

En même temps, les travailleurs des régions concernées s’évertuent à acquérir de nouvelles techniques de leurs secteurs.

Tous les personnels de nombreuses usines d’industrie locale suivent le téléenseignement, et les techniciens et ouvriers qualifiés du secteur de l’industrie locale demandent à participer aux séances d’initiation technique. Les écoles supérieures de tous les échelons ont aménagé dans les usines des classes permettant aux travailleurs d’acquérir des techniques récentes. 

La nouvelle politique impulse activement l’application de la ligne de transformation du peuple entier en talents scientifiques et techniciens visant à faire de tous les travailleurs ceux du type intellectuel.

Pour réaliser la « Politique de développement local 20×10 », l’Etat a établi un système de fourniture de matériaux, fonds, main-d’œuvre et équipements indispensables à la construction des usines modernes. Mais, leur gestion appartient aux villes et arrondissement concernés. Ainsi, les villes et arrondissements du pays entier, notamment 20 villes et arrondissements qui ont commencé la construction des usines d’industrie locale, lancent une émulation pour la création de bases de matières premières.

Bien des villes et arrondissements procèdent à la culture de plantes oléagineuses ou à la création de forêts de matières premières pour la papeterie et la production de bois d’œuvre sur les terres qu’ils ont trouvées à travers la régularisation des cours d’eau et la construction de digues. 

Des arrondissements montagneux s’investissent conformément aux particularités locales dans la création de forêts à valeur économique, dont châtaigneraie, forêt de pins pignons, celle de vigne sauvage, celle d’arbres à kiwis, et dans l’élargissement de superficies de culture de toutes sortes d’herbes comestibles et de plantes médicamenteuses. 

Des villes et arrondissements côtiers entreprennent à grande échelle l’aquiculture. Cette émulation garantira un fonctionnement régulier des usines d’industrie locale et contribuera à protéger le milieu naturel et à embellir le paysage.

En vue de mettre en œuvre énergiquement la « Politique de développement local 20×10 » du Parti, destinée à produire des changements tangibles dans le développement de l’industrie locale et l’amélioration de la vie du peuple, Kim Jong Un a présenté une nouvelle orientation consistant à impulser, parallèlement à la construction d’usines d’industrie locale en cours, la construction d’établissements sanitaires, de centres de vulgarisation scientifique et technique et d’établissements d’administration céréalière, et à accélérer ainsi l’historique œuvre de relèvement provincial, et précisé la volonté du CC du Parti d’adopter des mesures de haute importance en la matière.

La « Politique de développement local 20×10 » galvanise l’ardeur patriotique du peuple coréen. Tous les Coréens, hommes, femmes, vieillards et enfants, se sont engagés dans la construction de nouvelles usines pour contribuer tant soit peu à cette entreprise pour leur vie heureuse, dit-on. 

Tout le monde redouble de l’ardeur d’aménager mieux leur patelin et de fabriquer de meilleurs produits enviables aux yeux des autres. C’est la réalité de la RPD de Corée.

L’inauguration des usines d’industrie locale de l’arrondissement de Songchon qui a eu lieu le 20 décembre 2024 montre que le programme de développement général de l’Etat établi par la Corée sera réalisé dans un proche avenir.

D’ici environ dix ans, toutes les régions bénéficieront d’un contexte de développement durable basé sur une civilisation et une technologie modernes, en plus de l’infrastructure de l’industrie légère. On pourra alors donner une vie autant améliorée à la population.

Les nombreuses expériences et leçons acquises pendant 10 mois après le commencement de la construction des usines d’industrie locale revêtiront une grande importance pour faire de grands pas corrects dans la marche de ce pays.

Il y a eu, dans cette période de 10 mois, des difficultés, des obstacles et des facteurs entravant la marche du pays, mais la présente inauguration a manifesté encore une fois la volonté de Kim Jong Un de réaliser l’idéal par une pratique irréprochable, sans se laisser gêner par les conditions imposées.

La « Politique de développement local 20×10 » représente un énorme changement, une véritable révolution. Elle apportera la réalisation des performances significatives du pays et l’amélioration de la vie de la population en Corée.

Jong Chang-gwon présenté par Kim Jung-hee, vice-présidente de l'AAFC

Jong Chang-gwon présenté par Kim Jung-hee, vice-présidente de l'AAFC

Photos : AAFC (tous droits réservés).

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22 janvier 2025 3 22 /01 /janvier /2025 23:28

Réuni le 22 janvier 2025 à Paris, le comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a fait le point sur l'actualité coréenne et discuté de ses prochaines activités, y compris la préparation de l'assemblée générale annuelle envisagée fin juin. La culture a à nouveau été mise à l'honneur, alors que les adhérents et sympathisants sont demandeurs de mieux connaître la culture de l'ensemble de la Corée. 

Le comité national de l'AAFC met l'accent sur les échanges culturels

Pour cette première réunion des instances de l'AAFC en 2025, les membres du comité national ont discuté de l'organisation d'un cycle de conférences portant sur la culture coréenne, y compris la langue, l'histoire, la géographie, les sports ou encore les mythes fondateurs du pays. Des coopérations ont été envisagées avec d'autres structures intéressées par l'Asie en général, et la Corée en particulier. Une projection du film franco-coréen Moranbong a notamment été envisagée. 

Alors que les voyages touristiques ont repris vers la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), il n'est pas envisagé à ce stade de déplacement d'une délégation de l'AAFC en RPDC. 

Une riche discussion s'est engagée sur l'actualité de la Corée, marquée par la destitution du président Yoon Seok-yeol ou encore les conséquences du retour de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. A titre individuel, des membres de l'AAFC ont participé aux manifestations organisées par les Coréens de France en décembre 2024, appelant au départ du chef de l'Etat après sa tentative d'imposer la loi martiale.

Photo AAFC

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1 janvier 2025 3 01 /01 /janvier /2025 00:01

À l’aube de cette nouvelle année, l'Association d'amitié franco-coréenne forme des vœux de santé, de bonheur et de réussite pour vous et ceux qui vous sont chers.

Bonne année
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9 octobre 2024 3 09 /10 /octobre /2024 16:40

Guy Dupré, secrétaire général du Comité international de liaison pour la paix et la réunification de la Corée (CILRECO) depuis 1977, ancien président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et président d'honneur de l'AAFC, nous a quittés à l'âge de 94 ans. Il avait été au premier plan des relations franco-coréennes, s'étant affirmé comme l'un des meilleurs connaisseurs de la péninsule coréenne en France, et tout particulièrement de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Son engagement s'inscrivait dans la pleine continuité des valeurs qu'il avait exprimées dans chacun de ses engagements, au Parti communiste et à la Confédération générale du travail : paix, humanisme, internationalisme. Consciente de tout ce qu'elle lui doit, l'AAFC lui rend hommage, en présentant ses condoléances à son épouse Evelyne, ses enfants et petits-enfants, ainsi qu'à ses camarades et à ses proches.

Né à Paris, dans une famille ouvrière, le 1er avril 1930, Guy Dupré a commencé à travailler dès l'âge de 14 ans. C'est en suivant des cours du soir qu'il gravira tous les échelons d'une carrière complète au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), après avoir été engagé en 1948 comme collaborateur technique au laboratoire de physique et chimie nucléaire du professeur Frédéric Joliot-Curie (prix Nobel de chimie en 1935) au Collège de France. Ayant travaillé pendant dix ans aux côtés de Frédéric Joliot-Curie, il côtoiera d'autres figures, parmi lesquelles le photographe Robert Doisneau, dont il avait gardé des clichés du professeur Joliot-Curie qu'il avait légués à des fonds d'archives. Guy Dupré participera à la création du premier accélérateur français de particules et sera promu technicien puis ingénieur au CNRS.

Marqué par l'occupation nazie, il rejoint très jeune le combat social et politique, en devenant membre du PCF dès 1946 et en adhérant à la CGT, apportant sa contribution à la reconstruction de la France puis à l'édification d'une société nouvelle. Au CNRS, il a été élu membre du directoire scientifique puis du conseil d'administration de 1968 à 1979. Ses responsabilités syndicales l'ont conduit à devenir secrétaire général du syndicat CGT des travailleurs de la recherche et secrétaire général de la Fédération CGT de l'Education, de la Recherche et de la Culture, Il a ensuite participé à l'élaboration du nouveau statut des personnels du CNRS en 1995.

Membre de la section de politique extérieure du PCF, il sera également maire-adjoint de Bagneux de 1971 à 1983 avant d'être élu à Longjumeau.

Son intérêt pour la Corée venait de loin : alors que la guerre faisait rage en Corée, il avait été blessé à la tête d'un coup de matraque lors d'une manifestation contre le général Ridgway, à une époque où les seules manifestations autorisées étaient celles du 1er mai. Mais comme il le dira à sa mère, inquiète de le voir ensanglanté, "la blessure n'était que superficielle"... 

André Aubry, sénateur et maire de la ville d'Antony, le sollicitera pour animer la solidarité internationale avec la Corée, au sein du Comité international de liaison pour la paix et la réunification de la Corée et de l'Association d'amitié franco-coréenne : cet engagement continu pendant plus de quarante ans lui vaudra quelques histoires avec les services de renseignement français et étrangers, lorsque les Japonais tentèrent de l'acheter à l'occasion d'une conférence du CILRECO ou lorsque son nom sera systématiquement retiré par les services des récipiendaires de l'Ordre national du mérite, que sa contribution à la recherche française justifiait pourtant pleinement. Il est vrai toutefois que le contre-espionnage, sur ce dossier comme sur d'autres en lien avec la Corée, ne fera pas preuve d'une grande clairvoyance, le confondant avec un écrivain homonyme, mais à droite, lui, et disparu en janvier 2018, le croyant ainsi décédé lorsqu'éclate l'affaire Quennedey en novembre 2018, affaire qui se soldera par un fiasco retentissant pour la DGSI...

Tous ceux qui ont côtoyé Guy Dupré, au CILRECO ou à l'AAFC, ont apprécié un homme de coeur, généreux, toujours prêt à aider, fidèle à ses convictions : pacifiste, partisan résolu de la disparition des armes nucléaires, conscient que la solidarité internationale exigeait de comprendre l'autre, fût-il (Nord-)Coréen. Pour lui, la Corée - toute la Corée - n'était pas un sujet géopolitique désincarné. Peu de Français ont connu - et aimé - les Coréens comme l'a fait Guy Dupré, profondément modeste alors qu'il avait rencontré à de nombreuses reprises les dirigeants de la RPDC, à commencer par le président Kim Il-sung.

Dépourvu du moindre sectarisme, il avait fait rejoindre la présidence du CILRECO à des personnalités aussi diverses que le maréchal Francisco da Costa Gomes, Léopold Sedar Senghor ou Dom Mintoff. 

Il concevait l'amitié avec les Coréens en toute indépendance, n'hésitant ainsi pas à faire part de ses désaccords.  Profondément humaniste, il avait aussi oeuvré, avec André Aubry, pour que le Secours populaire français vienne en aide aux Nord-Coréens touchés par les catastrophes naturelles et les dramatiques pénuries alimentaires des années 1990.

Guy Dupré n'était pas seulement un militant dévoué, mais un homme entier, généreux, sincère. Son exemple a inspiré et continuera d'inspirer les membres de l'AAFC et, au-delà, celles et ceux qui l'ont connu dans ses engagements politiques et syndicaux.

Au revoir, cher Guy.

Hommage à Guy Dupré : la solidarité internationale chevillée au corps

Photo en début d'article : Alain Noguès (2014)

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