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8 juillet 2026 3 08 /07 /juillet /2026 21:02

C'est avec une infinie tristesse que l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a appris la disparition brutale de Jihad Wachill, à l'âge de 49 ans. Militant communiste, il s'était tout particulièrement impliqué dans le combat pour la paix et était président du conseil francilien du Mouvement de la paix. Résolument engagé sur tous les fronts du combat international contre la guerre et contre l'impérialisme, il avait rejoint l'AAFC et était membre de notre bureau national. Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses camarades. 

Jihad Wachill nous a brutalement quittés

Jihad Wachill était né au Liban, d'un père, Issa, originaire de l'île Maurice, et d'une mère, Véra, chrétienne libanaise. Issa Wachill a été un cadre de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Riche de cet héritage multiculturel, Jihad - dont le prénom signifie "paix" - avait repris le flambeau du combat solidaire avec les Palestiniens, tout en l'inscrivant dans la perspective plus large de la lutte contre l'impérialisme et du droit des peuples à l'autodétermination. Militant étudiant à l'UNEF, il avait aussi été collaborateur parlementaire à l'Assemblée nationale. Juriste de formation, il avait rejoint le ministère de l'économie et des finances, devenant contrôleur des finances publiques, et s'engageant à la CGT Finances publiques.

Jihad Wachill était d'une érudition exceptionnelle et attaché à tous les combats, même les moins connus et parfois décriés chez certains militants. A l'écoute des différentes opinions, il voulait comprendre pour analyser de manière dialectique le monde contemporain, gangréné par le retour de la guerre et du fascisme, en s'opposant résolument à l'extrême-droite. Cette rigueur intellectuelle et la conviction de l'engagement l'avaient conduit à non seulement dialoguer avec l'AAFC, mais aussi à rejoindre l'Association et à devenir l'un de ses dirigeants, en cohérence avec son combat pour la paix partout dans le monde. Internationaliste, il ne dissociait pas en effet la lutte politique menée par les progressistes en République de Corée de la situation globale dans la péninsule coréenne, hantée par le risque de retour d'un conflit meurtrier.

Après le 7 octobre 2023, c'est sur le terrain de la paix qu'il avait conduit en premier lieu ses actions militantes, étant de toutes les manifestations, de toutes les discussions, en tant que secrétaire puis président du conseil francilien du Mouvement de la paix. Il avait réouvert le dialogue de l'organisation pacifiste avec des parlementaires de différentes sensibilités, tout en approfondissant le travail théorique par la tenue de conférences et de tables rondes ouvertes à des experts reconnus.

Son engagement militant, allié à une convivialité qui renforçait sa capacité de dialoguer et de convaincre, resteront pour nous un modèle et une source d'inspiration, à l'heure où il faut plus que jamais décloisonner les luttes.

Lire aussi : 

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4 juillet 2026 6 04 /07 /juillet /2026 16:44

Créé en 2008 en tant que comité régional de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Bourgogne, élargi ensuite à l'ensemble de la nouvelle région administrative, le comité régional de l'AAFC Bourgogne-Franche-Comté s'est doté d'un blog qui propose plus de 300 articles non seulement sur la Corée dans la région, mais aussi sur un thème de spécialisation, les Coréens d'outre-mer. L'AAFC invite à découvrir ou redécouvrir le deuxième plus important des blogs de l'AAFC, qui a fait peau neuve avec une mise en page plus moderne. 

Les 27 et 28 septembre 2012, Son Excellence Yun Yong-il, ambassadeur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) auprès de l'Unesco, délégué général de la RPD de Corée auprès de la République française, avait visité la Côte d'Or et rencontré les étudiants en première année de mastère communication de l'Université de Bourgogne

Les 27 et 28 septembre 2012, Son Excellence Yun Yong-il, ambassadeur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) auprès de l'Unesco, délégué général de la RPD de Corée auprès de la République française, avait visité la Côte d'Or et rencontré les étudiants en première année de mastère communication de l'Université de Bourgogne

Le comité régional de l'AAFC en Bourgogne-Franche-Comté a relancé ses publications, toujours axées sur la culture et la solidarité : il présente ainsi un nouveau restaurant coréen à Dijon, ainsi que les cours de coréen dispensés au Centre de Linguistique Appliquée (CLA) de Besançon

Site de référence en langue française pour les Coréens vivant en dehors de Corée, le blog comporte des monographies sur les Coréens d'outre-mer dans une cinquantaine de pays, ainsi que des articles plus spécialisés, notamment autour de figures telles que Viktor Tsoï, icône du rock soviétique ou l'ancien footballeur du  DFCO Kwon Chang-hoon

L'AAFC invite toutes celles et tous ceux intéressés par le pays du Matin calme en Bourgogne-Franche-Comté à contacter le comité régional, notamment pour faire connaître leurs activités liés à la Corée.

PS : l'ancien blog est toujours référencé par erreur par Google sous forme d'un blog de démo. L'adresse du blog, hébergé par over-blog, est bien la suivante : Association d'amitié franco-coréenne - Comité Bourgogne-Franche-Comté

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24 juin 2026 3 24 /06 /juin /2026 23:03

Le 20 juin 2026, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a tenu son assemblée générale annuelle à Paris. Après avoir adopté le rapport d'activité et d'orientation et le rapport financier, les participants ont renouvelé les instances nationales de l'AAFC. Enfin, ils ont longuement discuté du voyage effectué en avril 2026 en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) par Jung-hee Lavorel-Kim, vice-présidente déléguée de l'AAFC. Ce déplacement, effectué au titre des Coréens d'outre-mer, a rendu compte des évolutions de la RPDC et de la coopération toujours nécessaire entre Français et Coréens. 

Assemblée générale 2026 de l'AAFC : maintenir le cap de la solidarité et de l'indépendance

Le rapport d'activité et d'orientation a rendu compte du contexte international dégradé, marqué notamment par les conflits en Ukraine et au Proche-Orient, dans lequel l'AAFC a poursuivi ses activités. L'accent a été mis une nouvelle fois sur les activités culturelles, avec notamment deux projections du film Moranbong le 15 mars 2025 à Paris et le 7 août 2025 à Limoges, cette dernière réunion ayant témoigné de la vitalité des comité locaux qui structurent l'AAFC en province. Alors que le retour au pouvoir des démocrates à Séoul laisse espérer une amélioration des relations inter-coréennes, l'AAFC reste fidèle à son cap : solidarité à l'égard des Coréens dans la conduite d'actions d'échange et de coopération, mais aussi indépendance vis-à-vis de tous les gouvernements. Comme lors des scrutins précédents, l'AAFC interrogera les candidats à l'élection présidentielle française de 2027 sur leurs positions par rapport à la question coréenne.

Le rapport financier, également adopté à l'unanimité, a témoigné d'une gestion financière saine, l'année 2025 s'étant à nouveau soldée par un excédent d'exploitation - ce qui ne doit pas toutefois pas occulter la nécessité de continuer à renforcer l'Association.

Puis les participants ont écouté une conférence de Jung-hee Lavorel-Kim, vice-présidente déléguée de l'AAFC, sur son déplacement en RPDC du 4 au 18 avril 2026, alors que le pays reste encore largement fermé aux visiteurs étrangers. Nous rendons compte plus en détail de ce voyage ci-après, dans les réponses à l'entretien que Jung-hee Lavorel-Kim a accordé à l'AAFC. Elle a souligné la modernisation du pays ainsi que l'intérêt des Coréens pour renforcer les échanges. A cet égard, alors que l'AAFC est prête à envoyer à nouveau des délégations dans le nord de la péninsule dès qu'elle le pourra au regard des invitations que lui donneront ses homologues coréens, les impressions de voyage de Jung-hee Lavorel-Kim ont donné lieu à des échanges nourris qui ont témoigné de la volonté des membres de l'AAFC de se faire leur le proverbe coréen : mieux avoir vu qu'une fois qu'entendu parler cent fois. 

Entretien avec Jung-hee Lavorel-Kim, vice-presidente déléguée de L’AAFC au sujet de son séjour en RPD de Corée du 4 au 18 avril 2026

 

Bonjour, Jung-hee. Tout d'abord, peut-on nous indiquer si les visites en RPD de Corée ont repris ?
Non, l'autorité nord-coréenne qui contrôle les contaminations par les maladies infectieuse n’a pas encore mis fin aux mesures de contrôle sanitaire. Les Nord-Coréens attendent encore que des décisions soient prises en ce sens.


En effet, l'AAFC est souvent sollicitée au sujet des voyages en RPD de Corée, après la quasi-interruption d'accueil de visiteurs étrangers au lendemain de l'épidémie de Covid-19...
La RPD de Corée attend une décision du gouvernement. 


En particulier, les représentations diplomatiques étrangères en RPDC ont souvent quitté le pays pendant et après la pandémie de Covid-19. Qu'en est-il aujourd'hui, notamment en ce qui concerne les pays européens, comme la France et l'Allemagne ? 
On attend toujours qu’elles reviennent en Corée.


En ce qui concerne l'accueil des Coréens d'outre-mer, comme toi, quel est l'organisme qui vous invite et comment s'est organisé matériellement votre accueil ? 
C'est une structure spécifique qui s'occupe des expatriés coréens de nationalité non coréenne.


Pour revenir à ton voyage, tu as eu l'occasion de visiter de nombreux lieux en dehors même de la capitale Pyongyang, qu'il s'agisse de Wonsan, du Mont Paektu et de Samjiyeon... Quelle impression en retires-tu quant aux évolutions du pays, qui a renoué avec la croissance économique, à l'ère de la politique "20x10" ? 
Oui, les Coréens travaillent à l’unisson et les développements dans des provinces plus reculées sont visibles.  Les autoroutes sont en mauvais état pour une grande partie du réseau mais lorsqu’on se déplace on aperçoit dans le paysage de nouvelles usines flambant neuf. 


Que peux-tu nous dire de la situation de l'agriculture ? J'ai vu que vous avez visité les serres de Kangdong. 
Le site est en effet impressionnant, car dans un village entier les serres ont été créées avec des matériaux en verre et en brique.


Le choix des lieux visités - notamment l'ensemble thermal de Yangduk, ou la plage de Wonsan - s'inscrit également dans une priorité accordée aux loisirs... 
Absolument. Le complexe thermal de Yangduk est dédié aux Coréens qui bénéficient de tarifs très avantageux.


Votre déplacement intervient quelques semaines après un nouveau congrès du Parti du travail de Corée, en début d'année. Comment les orientations ainsi définies se traduisent-elles dans les priorités de politique publique ? 
On voit partout, le long des routes et des rues, les slogans mettant en avant la sécurité nationale, l’autosuffisance économique et l’unité nationale, suivant l'idéologie révolutionnaire du camarade Kim Jong-un.


Vous avez eu une rencontre avec la Korfilm. Alors que l'AAFC s'est fortement impliquée dans la diffusion du cinéma de RPDC, que peux-tu nous en dire ? 
Oui, nous avons notamment discuté des problèmes techniques liés à l'envoi de fichiers. La Korfilm aimerait surtout trouver un distributeur de film coréens en Europe.


Merci Jung-hee.

Constructions anciennes et modernes à Pyongyang (photo : J.-H. Lavorel-Kim)

Constructions anciennes et modernes à Pyongyang (photo : J.-H. Lavorel-Kim)

Serres à Sinuiju (photo : J.-H. Lavorel-Kim)

Serres à Sinuiju (photo : J.-H. Lavorel-Kim)

Station balnéaire de Wonsan-Kalma  (photo : J.-H. Lavorel-Kim)

Station balnéaire de Wonsan-Kalma (photo : J.-H. Lavorel-Kim)

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 16:01

Le 28 mars 2026, l’Association d’amitié franco-coréenne a réuni à Paris ses adhérents pour une manifestation consacrée à la culture coréenne. Dans une ambiance très conviviale, les membres de l’AAFC ont pu découvrir le film de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) L’Histoire de notre maison et en apprendre davantage sur les idéologies directrices de la RPDC.

La réunion a commencé par la projection d’un film nord-coréen, L’Histoire de notre maison (우리집 이야기), réalisé en 2016 par Ri Yun-Ho. Cette projection était en soi un petit événement, tant les films de RPDC, surtout ceux bénéficiant de sous-titres en français, sont difficilement disponibles en France. Quelques films nord-coréens restent visibles sur certaines plateformes de vidéos en ligne, mais seulement avec des sous-titres en anglais, en espagnol, voire en russe, signe supplémentaire du déclin irrésistible de la langue française dans cette partie du monde...

Pendant l’édition 2016 du Festival du film de Pyongyang, L’Histoire de notre maison a gagné le prix du meilleur film et son actrice principale, Paek Sol-mi, le prix de la meilleure actrice. Par ailleurs, L’Histoire de notre maison a été le premier film nord-coréen projeté en public en Corée du Sud à l’occasion du Festival du film de Puchon en 2018.

Ce film est basé sur une histoire vraie, celle de Jang Jong-hwa, surnommée « la mère-enfant » en RPDC, une jeune femme qui avait déjà adopté sept orphelins avant ses 20 ans. Avant d’inspirer une œuvre de fiction, l’histoire de la jeune Jong-hwa avait attiré l’attention de la presse internationale, la chaîne des Etat-Unis CNN lui ayant consacré un reportage en 2015.1

Pendant le débat qui a suivi la projection, les participants ont commencé par regretter que les films nord-coréens ne soient pas davantage visibles en France, ce qui permettrait notamment de « tordre le coup » de certains clichés au sujet de la RPDC diffusés par des gros médias paresseux…

Bien sûr, L’Histoire de notre maison peut être qualifié de film de « propagande », à l’instar de nombre de productions venues des Etats-Unis, ou même françaises, véhiculant un message officiel ou, pour être gentil, dans l'air du temps... En l’occurence, grâce à son esprit altruiste, Jang Jong-hwa avait reçu le titre de « modèle pour la jeunesse » en mai 2015. Il était donc normal que son histoire exemplaire devienne le sujet d’un film.

Le débat a permis de rappeler que les autorités de RPDC promeuvent un modèle de mère idéale et mettent continuellement l'accent sur le rôle maternel de la femme. En outre, la crise qui a frappé la République populaire démocratique de Corée pendant les années 1990, marquées par de graves pénuries alimentaires et l’effondrement de divers systèmes de protection sociale, a été particulièrement propice à la mise en avant de figures héroïques maternelles, notamment celles prenant en charge les orphelins et les personnes âgées sans famille en les acceptant comme des membres de leur propre famille.2 Jang Jong-hwa peut être considérée comme une de ces figures, même si la situation s’est beaucoup améliorée depuis la fin des années 1990.

La conférence qui a suivi était consacrée aux doctrines professées officiellement en RPDC – Juche, Songun et Byongjin -, lesquelles restent le parent pauvre des études scientifiques. Elles sont pourtant affirmées en haut-lieu, y compris dans la constitution de la République populaire démocratique de Corée. Elles méritent donc d’être étudiées en raison de leur originalité. Ainsi, le Juche se base sur plusieurs principes, comme celui selon lequel l’homme est un « être social souverain », un « être social créateur » ou un « être social conscient ». Le Songun va, lui, insister sur la préséance donnée aux affaires militaires. Quant au Byongjin, à la conceptualisation moindre, il se traduit par un souci d’assurer le développement économique.

Ces doctrines doivent être contextualisées. On peut donc les dater nonobstant leur supposée date d’apparition. Le Juche correspond davantage au contexte de non-alignement des années 1970 dans lequel la RPDC, sous la direction du président Kim Il-sung, a été envisagée comme un exemple économique à suivre. Le Songun répondait, lui, au contexte d’isolement international des années 1990 dans lequel la RPDC, alors dirigée par Kim Jong-il, était confrontée à l’abandon de l’ancien soutien soviétique : l’armée a été ainsi un instrument de cohésion parce qu’elle assurait la défense du pays. Enfin, le Byongjin s’inscrit dans le contexte évident de changement de direction, le nouveau dirigeant Kim Jong-un mettant, à partir de 2012, l’accent sur la modernisation et une certaine ouverture économique. D’aucuns imputeront une plus faible conceptualisation à la relégation de l’écrit, les publics destinataires étant désormais moins attentifs à ce vecteur.

La réunion du 28 mars 2026, riche en débats et en informations diverses sur la RPDC, a montré, une fois de plus, qu’il existe toujours un public à la recherche d’un autre « son de cloche » à ce sujet. Rappelons que tout le monde peut adhérer à l’Association d’amitié franco-coréenne pour pouvoir en bénéficier.

 

1Tim Schwarz, ‘’Orphaned by famine: The 'child mother' caring for North Korea's parentless’’, CNN, 21 septembre 2015, https://edition.cnn.com/2015/09/21/asia/north-korea-orphan-mother/index.html

2Voir, par exemple, Hyeonjin Song, ‘’The Types and Meanings of Maternal Heroes in the North Korean Songun (Military First) Era’’, Journal of Peace and Unification, Vol. 8, No. 1, printemps 2018, Ewha Womans University, Corée du Sud, pp. 65-107, https://www.kci.go.kr/kciportal/landing/article.kci?arti_id=ART002353796

 

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1 janvier 2026 4 01 /01 /janvier /2026 10:00
En ce début d'année,
l'Association d'amitié franco-coréenne 
vous présente tous ses vœux de santé, de bonheur et de réussite.
Bonne année
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28 décembre 2025 7 28 /12 /décembre /2025 22:10

Le 2 octobre 2025, à Limoges, Camille Senon nous a quittés à l'âge de 100 ans. Depuis la disparition de Robert Hébras, en février 2023, elle était la dernière survivante du massacre d'Oradour-sur-Glane, le 10 juin 1944, lorsque la division Das Reich avait tué 642 femmes hommes, femmes et enfants du village martyr, que la jeune Camille, alors âgée de 19 ans, devait découvrir en proie aux flammes. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) salue la mémoire d'une femme engagée, qui avait aussi fait sienne la cause de la paix en Corée, en devenant présidente d'honneur du comité Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC lors de sa création en 2016. 

En rouge au centre, Camille Senon, présidente d'honneur du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC, aux côtés de Liliane Boussel, présidente du comité, qui était proche de Camille Senon (photo : AAFC, 2016)

En rouge au centre, Camille Senon, présidente d'honneur du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC, aux côtés de Liliane Boussel, présidente du comité, qui était proche de Camille Senon (photo : AAFC, 2016)

Après le massacre d'Oradour-sur-Glane, auquel elle avait échappé de justesse en n'arrivant en train de Limoges qu'après les faits, elle avait perdu son père, son grand-père et de nombreux membres de sa famille, restant seule avec sa mère malade à charge, Catherine Chapelle. La militante cégétiste (et communiste, à partir de 1951), qui réussit en 1945 un concours de l'administration des PTT où elle gravit les différents échelons jusqu'à devenir CT-DIV à Nanterre CTA en 1976 puis à Paris-Montparnasse, s'engagea pleinement tant sur le front de la justice sociale que du combat pour la mémoire du massacre d'Oradour-sur-Glane.

Lors de la grève d'août 1953, elle était secrétaire de la section syndicale CGT de Paris-Chèques. Secrétaire générale du syndicat des services financiers de la Poste de 1955 à 1975, elle a été une des animatrices du mouvement social de mai-juin 1968.

En 1981, elle devint présidente de l'Association des familles de fusillés et massacrés de la Résistance française.

Après sa retraite en 1985, qui la conduit à retourner en Haute-Vienne, elle se consacra encore davantage à la mémoire des victimes du nazisme. 

En 2016, toujours solidaire des luttes des travailleurs, elle refusa d'être nommée commandeur de l'Ordre national du Mérite, entendant protester contre le recours à la procédure de l'article 49-3 de la Constitution pour l'adoption de la loi Travail

Soucieuse de transmettre la mémoire de ce qu'elle avait vécue, afin de faire à jamais cesser les horreurs de la guerre, elle était aussi pleinement engagée pour la paix en Corée, ayant accompagné à plusieurs reprises des étudiants coréens en déplacement à Oradour-sur-Glane et en visite au Musée de la Résistance à Limoges, notamment en 2014 et en 2016.

A ses proches et à ses camarades, l'AAFC adresse ses plus sincères condoléances. Les combats de Camille Senon resteront, à jamais, une puissante source d'inspiration. 

Sources : 

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 12:59

Ancien président délégué, puis président (de 2007, après la mort de Jean Suret-Canale, à 2015) et président d'honneur (depuis 2015) de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), André Aubry nous a quittés le 14 novembre 2025, à l'âge de 94 ans. L'AAFC salue un artisan majeur du développement des relations d'amitié et de coopération entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), avec son ancien ami et camarade Guy Dupré, disparu un an plus tôt (André Aubry avait sollicité Guy Dupré pour devenir secrétaire général du CILRECO, lui-même ayant été le président fondateur du COFRECO, association de droit français gérant les activités du siège du CILRECO en France). Ancien sénateur des Hauts-de-Seine (1968-1977) et maire d'Antony (1977-1983), André Aubry était aussi une figure du communisme francilien, unaniment apprécié, fidèle jusqu'au bout à ses convictions. L'AAFC présente ses condoléances à ses deux fils et à sa famille, ses camarades et ses amis : son exemple est une source d'inspiration pour continuer à faire vivre les valeurs d'humanité et de solidarité qu'il a transmises à bon nombre des membres actuels et passés de l'AAFC. 

André Aubry, président délégué de l'AAFC, au premier rang à gauche, aux côtés de Robert Charvin et Guy Dupré, vice-présidents, lors de l'assemblée générale de l(AAFC du 16 février 2008 (photo : Alain Noguès)

André Aubry, président délégué de l'AAFC, au premier rang à gauche, aux côtés de Robert Charvin et Guy Dupré, vice-présidents, lors de l'assemblée générale de l(AAFC du 16 février 2008 (photo : Alain Noguès)

André Aubry était né le 1er août 1931 à Valognes, dans la Manche, de deux parents travaillant à la SNCF, Louis Aubry et Fernande Quoniam. Après avoir obtenu son CAP d'ajusteur, il commence à travailler en région parisienne et il adhère rapidement à la CGT et au PCF. Ses qualités d'orateur et d'organisateur lui valent de devenir, dès 1955, l'animateur de la section CGT de Krieg et Zivy à Montrouge, parallèlement à son activité au sein des associations de locataires et au Secours populaire, où il se lie avec Julien Lauprêtre - et il devait d'ailleurs être l'un des artisans, quatre décennies plus tard, de l'engagement humanitaire du SPF auprès des Coréens pendant les années de pénurie de la "dure marche". Formé aux écoles du Parti communiste, il entre au conseil municipal d'Antony dès 1955. Il y a siégé jusqu'en 2008.

L'un des benjamins des sénateurs français, élu dans les Hauts-de-Seine en 1968, il rejoint la commission des affaires économiques et du plan puis la commission des affaires sociales : comme il l'observera des années plus tard, à l'époque les sénateurs communistes de base n'avaient pas de collaborateurs et ils devaient rédiger seuls leurs interventions sur des sujets très techniques, pouvant éventuellement compter sur la seule aide des sténo-dactylos... C'est à la demande expresse de Jacques Duclos (alors président du groupe communiste du Sénat) qu'il s'investit sur le dossier (nord-)coréen : il visitera une première fois le RPD de Corée en 1972, à l'occasion du 60e anniversaire de la naissance du Président Kim Il-sung, puis initiera une démarche auprès du président du Sénat, Alain Poher, pour la création de l'actuel groupe interparlementaire au Sénat France-RPDC.

Elu conseiller général en 1976 (il sera réélu en 1982, jusqu'en 1988), il conquiert la mairie d'Antony en 1977 à la tête d'une liste d'union de la gauche. Son style, populaire et bon vivant, tranche avec celui de son prédécesseur Georges Suant, professeur passé de la gauche (SFIO, Parti socialiste autonome) à la droite. Après un mandat de six ans et au terme d'une campagne âpre, Patrick Devedjian lui succède à la mairie d'Antony : André Aubry sera le premier de ses opposants, animant jusqu'en 2013 un journal communiste local, Antony Hebdo. Il a été un maire bâtisseur, comme l'a rappelé le quotidien Le Parisien (qui oublie les logements étudiants à Antony) : 

Parmi ses réalisations, il participa activement au développement du logement social, fit construire le centre de loisirs Paul Roze, fermé aujourd’hui, et le collège Anne Franck avec Jean Nouvel. Il créa également le centre de vacances de Samoens. Il dota aussi la commune d’un cinéma, le Select, et rénova l’ancien théâtre Firmin Gémier.

Quand le PCF rompait avec le Parti du travail de Corée, lui restait fidèle à ses engagements, avec des militants communistes fidèles qu'il appelait ses "grognards", sachant aussi s'entourer d'une équipe d'experts ayant des profils complémentaires, comme l'ingénieur Guy Dupré, l'universitaire Robert Charvin (qui se spécialise, dans les années 1980 et 1990, sur les relations avec le Sud de la Corée) et l'ancien sénateur Bernard Hugo, avant de passer le flambeau à une nouvelle génération. Sous sa présidence, l'AAFC interpellera à de nombreuses reprises le gouvernement français sur l'anomalie que la France soit l'un des rares pays de l'Union européenne à ne pas avoir - toujours à ce jour - de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée. L'ouverture d'un bureau de coopération français à Pyongyang, en 2011, à la suite d'une mission confiée à Jack lang en 2009, avait toutefois représenté une première étape vers l'établissement de relations pleines et entières. 

Les membres de l'AAFC se souviennent de son accueil toujours chaleureux à son domicile, pour les réunions de bureau national, où le traditionnel "apéro-chips-saucisson" clôturait, à la bonne franquette, des débats parfois âpres mais qu'il voulait toujours respectueux - car sur une cause aussi difficile que celle de la Corée, il n'y a pas de place pour les querelles et les batailles d'ego dont il aura eu à coeur de toujours préserver l'AAFC. A celui qui appelait, à la fin de ses discours, à lever le verre de l'amitié, l'AAFC tient à reproduire son geste et n'aura qu'une formule : au revoir et merci - car, pour paraphraser la formule de Coluche fondant les Restaus du coeur, sans lui, l'AAFC n'existerait pas ; sans lui l'AAFC n'existerait plus.

Paek Song Chol, délégué permanent de la RPDC auprès de l'Unesco, a présenté ses condoléances à l'AAFC et à la famille d'André Aubry, de même que l'Association coréenne pour les échanges culturels avec les pays étrangers et l'Association d'amitié Corée-France, dont nous reproduisons ci-après le message :

A la triste nouvelle du décès de Monsieur André Aubry, Président d'honneur de l'Association d'amitié franco-coréenne, l'Association coréenne pour les échanges culturels avec les pays étrangers et l'Association d'amitié Corée-France expriment leurs plus sincères condoléances à la famille du défunt et à tous les membres de l'Association d'amitié franco-coréenne.

Monsieur André Aubry a consacré beaucoup d'efforts au renforcement des relations d'amitié et de solidarité entre les peuples de nos deux pays, Corée et France, et ses exploits resteront à jamais gravés dans notre mémoire.

Nous sommes convaincus que la famille du défunt et tous les membres de l'Association d'amitié franco-coréenne surmonteront la douleur de cette perte et poursuivront les efforts visant à renforcer les relations entre nos deux peuples.

L'AAFC rend hommage à son ancien président André Aubry
L'AAFC rend hommage à son ancien président André Aubry
L'AAFC rend hommage à son ancien président André Aubry
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16 novembre 2025 7 16 /11 /novembre /2025 14:05

Dominique Dionisi nous a quittés le 11 novembre 2025, à l'âge de 75 ans, des suites d'une longue maladie. Militant communiste (y compris à l'extérieur du PCF), il avait été élu local à Saint-Quentin-en-Yvelines, parallèlement à un engagement syndical à la CGT : il avait par exemple participé à l'organisation en octobre 2023 de la projection du dernier film de Ken Loach The Old Oak au Méliès à Montreuil, en présence de la secrétaire confédérale Sophie Binet. Brillant, cultivé, d'un humour qui pouvait être grinçant, il avait notamment été membre du comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) - avant de démissionner en 2022, sur la base de désaccords que, comme toujours, il avait exprimé franchement - tout en restant un des plus fidèles commentateurs du blog de l'AAFC. L'AAFC lui rend hommage, en présentant ses condoléances à sa famille, ses amis et ses camarades. 

De formation graphiste publicitaire, Dominique Dionisi avait aussi été vendeur d'encyclopédies et avait gardé de sa vie professionnellle une double appétence pour la communication et la culture, mettant ses compétences au service d'engagements politiques qu'il poursuivait jusqu'à atteindre son but : le 10 mai 2017, il avait ainsi organisé une conférence à la maison de l'Amérique latine, sous le patronage de l'ambassade du Venezuela en France, en présence de quatre ambassadeurs d'Amérique latine et de représentants des apiculteurs, pour dénoncer les effets catastrophiques sur la biodiversité de la disparition des abeilles. C'était le résultat d'un travail de préparation mené pendant deux ans.

Très concerné par les questions internationales, il avait naturellement participé aux activités de l'AAFC pour dénoncer les risques de guerre dans la péninsule coréenne, divisée par le jeu des grandes puissances en 1945. Mais curieux et touche-à-tout, c'est sur des thématiques plus précises qu'il aurait été le plus impliqué, comme la question des droits des femmes en Corée du Sud - car il va sans dire que Dominique Dionisi, ancien membre du Parti communiste français (qui avait plaidé, sans succès, pour qu'il se renomme Parti communiste de France, ses adhérents pouvant être de différentes nationalités tout en vivant en France...), n'opposait pas les luttes sociales et la défense de l'environnement et des droits des minorités.

Son dernier combat avait porté sur la sauvegarde d'une mosaïque  murale monumentale de Fernand et Nadia Léger, que les deux artistes cubistes avaient conçue à Alfortville en 1955, à la suite d'un appel qu'il avait lancé avec Bernard Klein en 2023. La Flamme est aujourd'hui à l'abandon. Le projet de l'association de sauvegarde de La Flamme de Nadia et Fernand Léger, que présidait Dominique Dionisi, consiste à la réhabiliter pour en faire un centre culturel dédié aux arts plastiques. L'association a mobilisé et sensibilisé l'ensemble des acteurs publics, et le sénateur Pascal Savoldelli a saisi la ministre de la culture Rachida Dati. Nul doute que le projet aboutira si nous poursuivons la mobilisation largement initiée par Dominique Dionisi : ce sera le plus bel hommage qui pourra lui être rendu. 

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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 14:10

Ancien Président de l'Assemblée populaire suprême (APS, la chambre des députés) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ayant exercé à ce titre les fonctions de chef de l'Etat, Kim Yong-nam est décédé le 3 novembre 2025, à l'âge de 97 ans. Un hommage solennel lui a été rendu en RPDC, où a été soulignée sa contribution éminente au socialisme et à la prospérité de la RPDC. Le 5 novembre il a été enterré au cimetière des martyrs patriotes de Sinmi-ri. Il était l'un des visages les plus connus de la RPDC, ayant servi pendant près de six décennies sous la direction de Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un. Il avait rencontré à de nombreuses reprises des délégations étrangères, y compris de l'AAFC, qui salue sa mémoire. 

Disparition de Kim Yong-nam, figure majeure de la politique nord-coréenne

Né le 4 février 1928 à Pyongyang, Kim Yong-nam fait partie de la génération de jeunes cadres promus après avoir combattu pendant la guerre de Corée. C'est dans la diplomatie qu'il a gravi un à un les échelons, avant de devenir ensuite Président de l'APS entre 1998 et 2019.

Directeur adjoint du département des affaires internationales du Comité central (CC) du Parti du travail de Corée (PTC) en 1960, il devient parallèlement vice-président du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers (CRCPE), en charge des relations avec les associations d'amitié. Quand il recevra encore ses représentants près d'un demi-siècle plus tard, cette fois en tant que président de l'APS, il manifestera un vrai plaisir à recevoir certains d'entre eux devenus ses amis, comme Guy Dupré, ancien président de l'AAFC et secrétaire général du CILRECO de 1977 à 2024. Kim Yong-nam était invariablement affable et souriant. 

Vice-ministre des Affaires étrangères en 1962, il devient membre du CC du PTC en 1970 puis président du CRCPE en 1972. Il devient également député à l'APS. En 1975, il est secrétaire aux affaires internationales du CC du PTC. Ministre des Affaires étrangères de 1983 à 1998, il ne quitte ces fonctions que pour exercer celles de chef de l'Etat en tant que président de l'Assemblée nationale. C'est à lui qu'était revenu l'honneur insigne de proposer Kim Jong-il comme nouveau secrétaire général du PTC, en octobre 1997, après le deuil de trois ans ayant suivi la disparition de Kim Il-sung en juillet 1994.

Diplomate expérimenté, il savait être très dur en négociations pour défendre les intérêts de son pays, comme l'a souligné dans ses mémoires l'ancien ambassadeur soviétique à Pyongyang Alexandre Kapto : la reconnaissance de la République de Corée (Corée du Sud) par l'URSS en 1990 avait été vécue comme une trahison par Pyongyang, faute de concertation préalable avec la RPDC. Mis devant le fait accompli, Kim Yong-nam avait souligné que c'était une rupture des dispositions du traité d'amitié et de coopération entre l'URSS et la RPDC et des engagements pris par Mikhail Gorbatchev, et que la RPDC se réservait ainsi la possibilité de reconnaître les républiques soviétiques qui se déclaraient indépendantes... Edouard Chevarnadze, alors ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique, avait subi une humiliation sans précédent lors de sa visite à Pyongyang. Ce récit contredit la thèse véhiculée par certains médias occidentaux que Kim Yong-nam n'aurait été qu'une figure protocolaire : selon les spécialistes de la RPDC, il était une des personnalités les plus influentes sur la scène politique nord-coréenne, écoutée par le dirigeant suprême.

En tant que président de l'APS, Kim Yong-nam a parcouru le monde, étant sur tous les fronts : il effectue des tournées diplomatiques en tant que chef de l'Etat, représente son pays à Moscou pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale ou en Tanzanie pour la célébration de l'indépendance du Tanganyika, ainsi que lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques à Sotchi en 2014 ou à Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018, à la même tribune que le vice-président américain Mike Pence. Les médias étrangers soulignent alors qu'il cède la place à Kim Yo-jong.

Lorsqu'il prend se retraite politique, il a 91 ans, ayant été pendant de longues années un grand serviteur de l'Etat et du Parti, mais il continue de participer aux cérémonies officielles - en juillet 2024, il avait ainsi assisté aux commémorations du 30e anniversaire de la disparition du Président Kim Il-sung.

Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)

Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)

Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)

Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)

Sources :

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20 septembre 2025 6 20 /09 /septembre /2025 23:23

Le 20 septembre 2025, l'Association d'amitié franco-coréenne s'est réunie à Paris. Après la projection de films et de photos, une conférence a fait le point sur les différentes idéologies développées successivement par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), alors que la RPDC commémore le 80e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC) : le juche (qu'on peut traduire par indépendance), le songun (entendue comme la priorité données aux affaires militaires) et enfin le byongjin (double développement en parallèle de l'économie et de la puissance militaire). Les échanges, nombreux, se sont poursuivis autour d'un buffet. 

La tour du Juche (170 mètres), érigée en 1982 à Pyongyang, capitale de la RPD de Corée

La tour du Juche (170 mètres), érigée en 1982 à Pyongyang, capitale de la RPD de Corée

Si le juche a été présenté comme un socialisme adapté aux spécificités de la Corée, s'inscrivant dans le prolongement du marxisme-léninisme, il a progressivement supplanté celui-ci pour être consacré comme l'idéologie directrice de la RPD de Corée. Puis les successeurs de Kim Il-sung ont développé leurs propres approches théoriques, elles-mêmes dans le prolongement du juche : le songun par Kim Jong-il et le byongjin par Kim Jong-un. Il s'agit de doctrines très plastiques, s'adaptant aux exigences de leurs époques : le juche permettait de s'affranchir des tutelles idéologiques des deux grands frères, soviétique et chinois ; pendant la "dure marche" des années 1990, avec le songun (inscrit dans la constitution en 2009 à trois reprises) l'armée apparaît comme l'une des rares institutions aptes à maintenir le fonctionnement du pays confronté à une sévère pénurie alimentaire après la disparition de l'URSS et des démocraties populaires, tout en s'inspirant de l'exemple de résilience des guérilleros de la lutte pour l'indépendance ; le byongjin, enfin, répond tant à l'inscription de l'arme nucléaire dans la Constitution face à un environnement international devenu plus hostile (à partir de 2017, la RPDC est le pays le plus sanctionné au monde), qu'à la volonté d'élever le niveau de vie en développant l'économie, en particulier dans les secteurs à forte valeur ajoutée - et ce malgré les sanctions internationales.

Les discussions qui ont suivi l'exposé liminaire ont abordé des thèmes très divers, de la doctrine nucléaire nord-coréenne à la question de la souveraineté, des échanges économiques au rôle que peut jouer l'AAFC pour développer les relations franco-coréennes. Ces riches perspectives éclairent le rôle original joué par l'AAFC depuis sa fondation en 1969. 
 

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