En l'absence de statistiques officielles exhaustives, l'économie de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est appréhendée à travers un ensemble de critères. Qu'il s'agisse de l'inauguration récente de nouveaux ensembles industriels et tertiaires dans le cadre de la politique de développement régional 20 x 10, ou des estimations de la Banque centrale de la République de Corée (RdC, Corée du Sud), les indicateurs sont au vert, indiquant une croissance économique relativement soutenue depuis 2023, après la pandémie liée au Covid-19 et dans le contexte d'un rapprochement avec la Russie.
De nouveaux hôtels ont été inaugurés dans le complexe touristique de Samjiyeon
La politique de développement régional 20 x 10 vise à construire chaque année des industries locales modernes dans 20 villes ou comtés au cours des 10 prochaines années, soulignant la volonté d'un développement économique de l'ensemble du territoire, alors que la capitale Pyongyang a souvent à la pointe de la modernisation. Après l'inauguration il y a un an, en décembre 2024, d'un ensemble d'industries dans le comté de Songchon, dans la province du Pyongan du Sud, les médias nord-coréens ont mis à la une en décembre 2025 l'achèvement de nouveaux chantiers, dans les secteurs tant industriels que tertiaires.
Le 15 décembre 2025, des industries régionales ont été inaugurées dans le comté de Rangnim, dans la province montagneuse de Jagang, située au nord-ouest du pays, rappelant l'accent mis sur l'élévation du niveau de vie de la population et le développement de productions locales.
Inaugurations d'usines régionales à Rangnim
Le même jour, des usines régionales étaient inaugurées à Sinyang (dans le Pyongan du Sud), à Puryong (dans le Hamgyong du Nord) et à Taegwan (dans le Pyongan du Nord). Des cérémonies se sont tenues le lendemain à Hwangju (Hwanghae du Nord).
D'autres manifestations ont eu lieu en présence du président Kim Jong-un, le 20 décembre pour l'inauguration des hôtels Ikal et Milyong, dans le complexe touristique de Samjiyeon, aux pieds du Mont Paektu. Le 21 décembre, toujours à Samjiyeon, des cérémonies se sont tenues pour trois autres hôtels, Sobaeksu, Chongbong et Potnamu - rappelant la volonté des autorités nord-coréennes de développer le tourisme.
Hôtel Chongbong, inauguré à Samjiyeon
Le 24 décembre 2025, Kim Jong-un, secrétaire général du Parti du travail de Corée et président de la commission des affaires d'Etat, était présent à la cérémonie d'ouverture d'un ensemble d'industries légères et de loisirs inauguré à Jongphyong, dans la province du Hamgyong du Sud, sur un chantier mené par l'armée. Citant le dirigeant nord-coréen, l'agence KCNA a observé que la construction d'une "civilisation avancée" ne se limitait pas aux aspects matériels, mais portait également sur tous les aspects de la vie intellectuelle et culturelle.
Photos ci-dessus : cérémonies d'inauguration à Jongphyong, le 24 décembre 2025
S'agissant de sources extérieures à la RPDC sur l'économie nord-coréenne, la Banque centrale de Corée apporte des éclairages relativement complets. Ces données ne sont pas totalement exemples de possibles biais politiques : elles tendent souvent à donner un aperçu plus favorable des évolutions de la situation économique et sociale au Nord quand les démocrates, partisans du dialogue intercoréen et d'un rapprochement progressif, sont au pouvoir à Séoul - alors que les conservateurs espèrent davantage un effondrement de la RPDC. Sous ces réserves, et alors même qu'un président de droite était encore l'hôte de la Maison Bleue en 2024, un consensus se dégage pour considérer que la RPDC connaît un regain de croissance économique après la fin de la pandémie liée au coronavirus, et la fermeture du pays pendant plus de quatre ans à la plupart des échanges extérieurs.
Selon la Banque centrale sud-coréenne, le PIB nord-coréen a augmenté de 3,1 % en 2023 et de 3,7 % en 2024, la croissance en 2024 ayant étant portée par les secteurs de la construction (+ 12,3 %) et de l'industrie minière et manufacturière (+ 7,6 %), alors que l'agriculture et la forêt auraient enregistré une baisse de 1,9 %, malgré une hausse de 1,8 % de la production de riz (à 2,15 millions de tonnes). S'agissant des conditions de vie, selon la même source l'espérance de vie à la naissance s'élève à 72,5 ans pour les hommes et 78,8 ans pour les femmes, soit des niveaux supérieurs à ceux de la Russie, de l'Ukraine ou du Vietnam, comparables à ceux du Mexique et de la Bulgarie.
Après la compensation de la crise liée au Covid-19, l'accélération de la croissance économique en 2024 s'inscrit dans le contexte d'une coopération accrue avec la Russie, dans tous les domaines. Les nouveaux partenariats économiques avec Moscou ne sont pas reflétées par les données, parcellaires, du commerce international, reconstituées à partir des statistiques douanières des partenaires économiques de la RPDC, lesquelles montrent toujours une part écrasante de la Chine. De fait, il est estimé que les alliés de la RPDC - Chine et Russie en tête - n'appliquent plus strictement - voire n'appliquent plus - les sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, dans un nouveau contexte des relations internationales où la RPDC n'est plus un paria pour les compétiteurs des puissances occidentales.
Ancien Président de l'Assemblée populaire suprême (APS, la chambre des députés) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ayant exercé à ce titre les fonctions de chef de l'Etat, Kim Yong-nam est décédé le 3 novembre 2025, à l'âge de 97 ans. Un hommage solennel lui a été rendu en RPDC, où a été soulignée sa contribution éminente au socialisme et à la prospérité de la RPDC. Le 5 novembre il a été enterré au cimetière des martyrs patriotes de Sinmi-ri. Il était l'un des visages les plus connus de la RPDC, ayant servi pendant près de six décennies sous la direction de Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un. Il avait rencontré à de nombreuses reprises des délégations étrangères, y compris de l'AAFC, qui salue sa mémoire.
Né le 4 février 1928 à Pyongyang, Kim Yong-nam fait partie de la génération de jeunes cadres promus après avoir combattu pendant la guerre de Corée. C'est dans la diplomatie qu'il a gravi un à un les échelons, avant de devenir ensuite Président de l'APS entre 1998 et 2019.
Directeur adjoint du département des affaires internationales du Comité central (CC) du Parti du travail de Corée (PTC) en 1960, il devient parallèlement vice-président du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers (CRCPE), en charge des relations avec les associations d'amitié. Quand il recevra encore ses représentants près d'un demi-siècle plus tard, cette fois en tant que président de l'APS, il manifestera un vrai plaisir à recevoir certains d'entre eux devenus ses amis, comme Guy Dupré, ancien président de l'AAFC et secrétaire général du CILRECO de 1977 à 2024. Kim Yong-nam était invariablement affable et souriant.
Vice-ministre des Affaires étrangères en 1962, il devient membre du CC du PTC en 1970 puis président du CRCPE en 1972. Il devient également député à l'APS. En 1975, il est secrétaire aux affaires internationales du CC du PTC. Ministre des Affaires étrangères de 1983 à 1998, il ne quitte ces fonctions que pour exercer celles de chef de l'Etat en tant que président de l'Assemblée nationale. C'est à lui qu'était revenu l'honneur insigne de proposer Kim Jong-il comme nouveau secrétaire général du PTC, en octobre 1997, après le deuil de trois ans ayant suivi la disparition de Kim Il-sung en juillet 1994.
Diplomate expérimenté, il savait être très dur en négociations pour défendre les intérêts de son pays, comme l'a souligné dans ses mémoires l'ancien ambassadeur soviétique à Pyongyang Alexandre Kapto : la reconnaissance de la République de Corée (Corée du Sud) par l'URSS en 1990 avait été vécue comme une trahison par Pyongyang, faute de concertation préalable avec la RPDC. Mis devant le fait accompli, Kim Yong-nam avait souligné que c'était une rupture des dispositions du traité d'amitié et de coopération entre l'URSS et la RPDC et des engagements pris par Mikhail Gorbatchev, et que la RPDC se réservait ainsi la possibilité de reconnaître les républiques soviétiques qui se déclaraient indépendantes... Edouard Chevarnadze, alors ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique, avait subi une humiliation sans précédent lors de sa visite à Pyongyang. Ce récit contredit la thèse véhiculée par certains médias occidentaux que Kim Yong-nam n'aurait été qu'une figure protocolaire : selon les spécialistes de la RPDC, il était une des personnalités les plus influentes sur la scène politique nord-coréenne, écoutée par le dirigeant suprême.
En tant que président de l'APS, Kim Yong-nam a parcouru le monde, étant sur tous les fronts : il effectue des tournées diplomatiques en tant que chef de l'Etat, représente son pays à Moscou pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale ou en Tanzanie pour la célébration de l'indépendance du Tanganyika, ainsi que lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques à Sotchi en 2014 ou à Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018, à la même tribune que le vice-président américain Mike Pence. Les médias étrangers soulignent alors qu'il cède la place à Kim Yo-jong.
Lorsqu'il prend se retraite politique, il a 91 ans, ayant été pendant de longues années un grand serviteur de l'Etat et du Parti, mais il continue de participer aux cérémonies officielles - en juillet 2024, il avait ainsi assisté aux commémorations du 30e anniversaire de la disparition du Président Kim Il-sung.
Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)
Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)
Il s'est éteint à l'âge de 97 ans. Sa fonction de chef de l'Etat était très largement honorifique, le vrai pouvoir en Corée du Nord étant détenu par le dirigeant Kim Jong-un et les membres ...
When Kim Yong Nam Unmasked Shevardnadze and Gorbachev from the "Political Memories" of Aleksandr Kapto, Soviet ambassador in Pyongyang, on the DPRK-USSR Summit in September 1990 Gorbachev, in ...
A l'occasion des cérémonies organisées à Pékin pour le 80e anniversaire de la victoire sur le Japon impérial lors de la Seconde guerre mondiale, les dirigeants russe et nord-coréen Vladimir Poutine et Kim Jong-un sont apparus aux côtés du président chinois Xi Jinping le 3 septembre 2025. C'est la première fois qu'ils apparaissent ensemble. C'est aussi la première apparition du leader de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dans une manifestation multilatérale, au premier rang de la vingtaine de chefs d'Etat présents, alors que protocolairement ce sont les chefs d'Etat les plus anciennement en fonctions qui occupent les premières places. Ce déplacement constitue un succès pour la diplomatie chinoise, qui rappelle ainsi le lien privilégié de la République populaire de Chine avec la RPDC, forgé dans les combats menés en commun face aux nationalistes chinois, puis pendant la Seconde guerre mondiale et enfin durant la guerre de Corée.
Xi Jinping entouré de Vladimir Poutine et de Kim Jong-un (photo : Xinhua)
Quand dans un tweet au ton volontiers ironique le président américain Donald Trump (qui a demandé à l'ambassadeur américain à Pékin de ne pas participer aux cérémonies de commémoration de la victoire dans la Seconde guerre mondiale) a prié Xi Jinping d'adresser ses salutations à Vladimir Poutine et Kim Jong-un qui avec la Chine "conspirent ensemble contre les Etats-Unis", il y a un fond de vérité : Pékin veut apparaître comme le chef de file des pays opposés à l'hégémonie occidentale. Le pouvoir chinois a ainsi ostensiblement mis en scène sa proximité tant avec la Russie qu'avec la RPDC. Le moment choisi n'est pas anodin : si la victoire dans la Seconde guerre mondiale a valu à Moscou et à Pékin un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, pour sa part la résistance coréenne, alors que la péninsule était soumise à la colonisation japonaise, a joué un rôle important dans la défaite de l'impérialisme nippon, y compris en Mandchourie.
Lors d'une rencontre bilatérale, Vladimir Poutine a remercié Kim Jong-un pour sa contribution à la guerre en Ukraine - non seulement par sa fourniture d'armements, mais aussi au regard des combats menés par les soldats nord-coréens aux côtés des militaires russes, en vantant leur héroïsme, à la suite du partenariat stratégique global conclu entre les deux pays en juin 2024. Le dirigeant nord-coréen avait d'ailleurs rendu hommage aux soldats morts sur le front. A présent, les observateurs attendent un éventuel premier sommet tripartite avec Xi Jinping, ainsi qu'un nouveau sommet bilatéral entre Xi Jinping et Kim Jong-un. En tout état de cause, alors que le leader nord-coréen avait été un temps pressenti pour se rendre à Moscou lors des cérémonies du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, la Chine a réussi un coup de maître en étant choisie par Pyongyang comme destination pour le premier déplacement de son dirigeant, depuis son accession au pouvoir en 2011, dans le cadre d'une manifestation multilatérale. Ce faisant, et nonobstant l'approfondissement des liens fraternels entre Moscou et Pyongyang, la Chine rappelle qu'elle reste le premier partenaire de la RPDC - notamment au plan économique, alors même que c'était sur l'initiative de Moscou (et pas de Pékin) qu'il avait été mis fin, en mars 2024, au mandat du comité d'experts des Nations unies sur les sanctions contre la Corée du Nord.
Le contraste est aussi saisissant avec la dégradation des relations bilatérales de Pyongyang, tant avec Moscou qu'avec Pékin, lorsque les deux grands voisins de la RPDC votaient et renforçaient les sanctions au sein du Conseil de sécurité des Nations unies en raison de la poursuite par Pyongyang de ses programmes balistiques et nucléaires militaires. Les trois dirigeants mis en avant par les médias chinois sont aussi ceux des trois puissances présentes en Asie de l'Est qui disposent de l'arme nucléaire. Au demeurant, l'expérience du combat acquise par la Corée du Nord sur le front ukrainien tend également à renforcer ses capacités militaires.
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Le 30 avril 2025, la Fédération de la Russie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont célébré le début de la construction d'un nouveau pont mobile entre les deux pays, séparés par une frontière de 19 kilomètres. Cette commémoration intervient dans un contexte d'intensification des échanges entre la Russie et la RPDC.
Si longtemps la Chine a fait figure de partenaire privilégié de la RPDC, la signature d'un partenariat stratégique global entre Pyongyang et Moscou, en juin 2024, à l'occasion d'un déplacement de Vladimir Poutine en RPDC, a ouvert la voie à une coopération dans de multiples domaines entre les deux pays. Avant que la RPDC ne s'associe aux célébrations par la Russie du 80e anniversaire de la victoire sur le nazisme, Pyongyang avait déjà reconnu officiellement pour la première fois, fin avril, la participation de soldats nord-coréens aux côtés de la Russie sur le front ukrainien - en application de l'accord de partenariat stratégique de 2024, aux termes duquel chacun des alliés doit soutenir l'autre s'il subit une attaque, en l'occurrence l'offensive ukrainienne dans la région russe de Koursk. La RPDC a alors précisé que les combattants morts en Europe seraient honorés.
Mais la coopération tous azimuts entre Pyongyang et Moscou souffre d'une obsolescence des modes de transport, à laquelle le début de la construction d'un nouveau pont mobile vise à remédier.
Comme l'a souligné l'agence nord-coréenne KCNA dans une dépêche en date du 1er mai 2025,
La construction du pont routier constitue une occasion importante pour donner une nouvelle dynamique au développement des relations amicales entre les deux pays, car elle offre une garantie substantielle pour établir et renforcer l'infrastructure importante pour la coopération économique et pour dynamiser la coopération bilatérale, y compris les voyages de personnes, le tourisme et la circulation des marchandises de manière multiforme.
Comme l'a souligné le Premier ministre de la RPDC Pak Thae-song dans son discours d'inauguration, le nouveau pont doit aussi symboliser la coopération et l'amitié russo-nord-coréenne.
Si la signature du partenariat stratégique global entre la Fédération de la Russie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en juin 2024, a marqué un spectaculaire rapprochement entre les deux pays, dans le contexte de la guerre en Ukraine, en pratique c'est le père et prédécesseur de Kim Jong-un, Kim Jong-il, qui avait jeté les bases de l'actuelle alliance entre Moscou et Pyongyang, une décennie après la fin de la guerre froide qui avait vu les deux grands alliés de la RPDC, l'URSS et la Chine, ouvrir des relations diplomatiques avec la République de Corée (RdC, Corée du Sud) - modifiant alors les équilibres diplomatiques dans la péninsule au profit de Séoul.
Kim Jong-il et Vladimir Poutine (juillet 2000)
Si Donald Trump compte beaucoup sur sa relation personnelle avec Kim Jong-un pour diminuer les tensions dans la péninsule coréenne, ce pronostic sur l'importance des relations de dirigeant à dirigeant trouve une certaine validation dans l'histoire des relations entre Moscou et Pyongyang.
De fait, l'accession au pouvoir au Kremlin de Mikhaïl Gorbatchev puis de Boris Eltsine se traduit par une profonde dégradation des relations avec Pyongyang. Ayant succédé à son père Kim Il-sung à la tête de la RPDC, Kim Jong-il attendra en effet l'élection d'un nouveau président russe pour renouer des relations au plus haut niveau. Alors même que Vladimir Poutine exerçait encore l'intérim à la présidence de la Russie, après la démission de Boris Eltsine (il ne sera élu que le 26 mars 2000), un traité d'amitié avec la RPDC avait été signé dès février 2000. En juillet 2000, Vladimir Poutine se rend à Pyongyang et signe une déclaration conjointe avec Kim Jong-il. Enfin, ce dernier rencontrera le président russe à deux reprises, se rendant en Russie, à Moscou, en juillet-août 2001, puis dans l'Extrême-Orient russe (Khabarovsk et Vladivostok) du 20 au 24 août 2002.
Néanmoins, la Russie ne parviendra alors pas à supplanter la Chine comme principal partenaire de Pyongyang, ni même à contrebalancer l'influence d'autant plus grandissante de Pékin que les relations avec Séoul se sont progressivement détériorées. Les principaux projets entre la Russie et la RPDC concernent alors le transport (ferroviaire, d'énergie) en impliquant un troisième partenaire, la République de Corée, qui aurait alors bénéficié d'une liaison terrestre avec le reste du continent eurasiatique. La dégradation des relations intercoréennes, finalement actée par la remise en cause du principe de réunification de la Corée en janvier 2024, empêchera toute véritable concrétisation de ces projets ambitieux, lesquels auraient exigé une stabilisation des relations à moyen terme entre Séoul, Pyongyang et Moscou.
Dans ce contexte, les relations entre Moscou et Pyongyang peuvent désormais se développer sur une base exclusivement bilatérale. Après le soutien de la RPDC à la Russie en Ukraine, la diversification des échanges - politiques, économiques, scientifiques ou encore culturels - passe déjà par la signature d'accords bilatéraux, dont le contenu reste flou, alors que la RPDC reste soumise aux sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le 23 janvier 2025, lors d'un entretien sur la chaîne Fox News, Donald Trump a manifesté son souhait de réouvrir le dialogue avec son homologue nord-coréen Kim Jong-un, qu'il avait rencontré à trois reprises lors de son premier mandat (à Singapour en juin 2018, à Hanoï en février 2019 et dans la DMZ en juin 2019). Si le lancement de missiles de croisière stratégiques par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le surlendemain, le 25 janvier, a pu apparaître comme une fin de non-recevoir - d'autant plus qu'il s'agissait du premier test d'armements stratégiques par la RPDC depuis l'investiture de Donald Trump le 20 janvier 2025 - en réalité chaque partie essaie d'apparaître en position de force avant que ne commencent les discussions, comme l'illustre l'histoire des processus de négociations à l'issue d'un conflit.
Avion d'attaque léger KA-1 de la République de Corée, engagé dans les manoeuvres Buddy Squadron (source : ROKAF Senior Master Sgt. Hyung Kwon)
La RPDC a présenté son tir de missiles stratégiques comme une réponse à l'exercice aérien conjoint Buddy Squadron, mené par les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud), le 22 janvier 2025 - soit la veille de l'intervention du Président Donald Trump sur Fox News.
Cette manoeuvre, menée dans les environs de la base de Wonju, à 87 km au sud-est de Séoul, a impliqué des chasseurs sud-coréens FA-50, des avions d'attaque américains A-10 et des avions d'attaque légers sud-coréens KA-1. Des exercices aériens combinés sont menés régulièrement par Washington et par Séoul depuis la fin de la pandémie de Covid-19.
Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères avait alors réagi vivement, en promettant une riposte pour défendre la souveraineté et les intérêts de sécurité de la RPDC face aux Etats-Unis :
La réalité souligne que la RPDC doit contrer Etats-Unis avec les ripostes les plus dures de A à Z tant qu'ils nieront la souveraineté et les intérêts sécuritaires de la RPDC, et il s'agit de la meilleure option pour faire face aux Etats-Unis.
La riposte a effectivement pris la forme, le 25 janvier 2025, du tir de missiles de croisière stratégiques lancés depuis la mer, en vue de renforcer les capacités de dissuasion militaires de la RPDC. Selon l'agence nord-coréenne KCNA, l'opération a été supervisé par Kim Jong-un et les missiles ont atteint leurs cibles après avoir effectué une trajectoire elliptique de 1 500 km pendant 7 507 à 7 511 secondes, sans effets sur la sécurité des pays voisins. En octobre 2024, la RPDC avait procédé à un tir de missile balistique intercontinental.
Le communiqué de KCNA, faisant écho aux "ennemis potentiels", sans référence directe aux Etats-Unis ni à la République de Corée, a souligné que renforcer le potentiel de dissuasion était indissociable des efforts menés pour parvenir à une paix durable - ce qui semble indiquer que la porte du dialogue avec Donald Trump reste entrouverte.
Le lancement des missiles de croisière stratégiques le 25 janvier 2025 (source : KCNA)
A cet égard, sur Fox News, Donald Trump a salué en Kim Jong-un "un homme intelligent", qui n'est pas un fanatique religieux, à la différence selon lui des dirigeants iraniens. Interrogé sur le fait de savoir s'il essaierait de se rapprocher à nouveau de son homologue nord-coréen, le président américain a répondu par l'affirmative. Le choix de collaborateurs déjà impliqués dans le dialogue avec la RPDC en 2018-2019 confirme cette volonté de reprendre langue. Enfin, contrairement au premier mandat de Donald Trump, les faucons de l'administration républicaine - opposés à tout dialogue avec la RPDC - ne sont plus en place pour freiner tout accord.
Si les démocrates américains ont fustigé l'absence de résultats, selon eux, des trois rencontres au sommet américano-nord-coréennes entre juin 2018 et juin 2019, l'administration républicaine objecte que la RPDC avait alors suspendu pendant plusieurs années ses tirs de missile balistiques intercontinentaux et ses essais nucléaires (ces derniers n'ont d'ailleurs pas repris), tandis qu'en contrepartie les Etats-Unis avaient alors mis fin à leurs exercices militaires de grande ampleur avec la République de Corée. Cette diminution des tensions s'est accompagnée de progrès sur d'autres dossiers, comme le rapatriement des dépouilles de soldats américains morts pendant la guerre de Corée.
En pratique, le spectaculaire rapprochement entre la Russie et la RPDC dans le cadre de la guerre en Ukraine est toutefois de nature à changer la donne. Si le soutien militaire nord-coréen à la Russie peut constituer un levier de discussions avec Pyongyang, le mettre sur la table de négociations peut aussi freiner la reprise de tout dialogue - alors que Pyongyang est lié à Moscou par un partenariat stratégique global qui a renforcé les intérêts communs, les visites de délégations officielles russes se succédant rapidement en RPDC. On peut aussi envisager des progrès dans les discussions bilatérales en marge de celles entre l'administration républicaine et la présidence russe sur la guerre en Ukraine.
Given that Mr. Trump's previous "big deal" attempts with North Korea have all failed, speculation is mounting that he may seek an alternative route for a "small deal," namely a negotiation aimed at
Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a assisté aux essais samedi, selon l'agence de presse d'Etat KCNA. Il s'agit du premier test d'armements stratégiques par Pyongyang depuis le retour du ...
A Republic of Korea Air Force KA-1 Woongbi assigned to the 237th Fighter Squadron flies alongside two 25th Fighter Squadron A-10 Thunderbolt IIs during Buddy Squadron 22-5 July 12, at Wonju Air ...
Alors que ni la Fédération de Russie, ni la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'ont confirmé ou infirmé la présence de troupes nord-coréennes aux côtés des Russes en Ukraine, le quotidien sud-coréen Hankyoreh (progressiste) a démenti la perte de 40 soldats nord-coréens sur le front ukrainien.
Carte de la guerre en Ukraine, à la date du 5 novembre 2024
Le 4 novembre 2024, Andrii Kovalenko, qui dirige le Centre de lutte contre la désinformation au Conseil ukrainien de sécurité nationale et de défense a annoncé sur Twitter que les premières troupes nord-coréennes ont déjà été sous le feu des soldats ukrainiens dans la région de Koursk. Peu après, la présidence ukrainienne a ajouté que les Nord-Coréens ont commencé à combattre et subi des pertes. L'information a été largement relayée par les médias du monde entier tout en opérant parfois de surprenants rétropédalages, les Ukrainiens parlant ensuite de "petit engagement". L' "information" a été diffusée par TF1 ou France 24. Le Monde a en revanche publié le démenti d'un membre du cabinet du président sud-coréen, peu suspect de sympathies pour la RPDC.
Cité par le Hankyoreh, un officiel du renseignement sud-coréen a en effet rapidement réagi en démentant la présence sur le front à ce jour de soldats nord-coréens, et a fortiori des pertes militaires :
Les troupes nord-coréennes ne se sont pas encore engagées dans les combats, alors pourquoi y a-t-il des morts ?
Le quotidien Hankyoreh a souligné la nécessité de recouper par des sources indépendantes les données ukrainiennes, au risque sinon d'être victime de désinformation, en rappelant le précédent de la vidéo d'un pilote ukrainien de légende, "le fantôme de Kyiv", qui aurait abattu six appareils russes en l'espace de 30 heures.
Le journal a précisé à quelles conditions la présence de troupes nord-coréennes au combat devrait être considérée comme un fait établi : soit les autorités russes ou nord-coréennes le confirment directement, soit si d'autres sources le corroborent, dans les cas suivants :
Si des troupes au niveau d'une compagnie ou d'un bataillon ou à un niveau supérieur participent aux combats et que l'identité des troupes nord-coréennes est confirmée parmi les morts ; si un prisonnier de guerre nord-coréen témoigne directement des troupes nord-coréennes combattant en Ukraine ; si des documents militaires nord-coréens contenant des ordres opérationnels, des ordres de combat ou des plans d'entraînement tactique sont confisqués ; ou si des écoutes téléphoniques confirmant la participation des troupes nord-coréennes au combat sont divulguées.
Les relations intercoréennes continuent de se dégrader : la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a dynamité des tronçons de route et de voies ferrées reliant les deux parties de la péninsule coréenne puis a désigné la République de Corée (RdC, Corée du Sud) comme un "Etat hostile" dans sa Constitution. Par ailleurs, l'annonce - par la RdC et les Occidentaux - que des milliers de soldats nord-coréens sont déployés en Russie pour combattre l'Ukraine n'a été ni confirmée, ni infirmée par Pyongyang - Kim Jong-gyu, vice-ministre des Affaires étrangères de la RPDC, ayant déclaré que "ce serait une chose faite en conformité avec les règles du droit international" (alors que le partenariat stratégique global entre la RPDC et la Fédération de Russie, signé en juin 2024, et récemment ratifié par les députés russes, pourrait être invoqué puisqu'il prévoit un soutien mutuel si l'une des deux parties est attaquée, ce qui est le cas à la suite de l'attaque ukrainienne sur la ville russe de Koursk).
Dans ce contexte, nous examinons les positions sur la question coréenne des deux principaux candidats à l'élection présidentielle américaine du 5 novembre 2024.
Kamala Harris et Donald Trump, candidats à l'élection présidentielle américaine
En cas d'élection de la vice-présidente et candidate démocrate Kamala Harris, il est attendu une continuité avec la politique de l'administration Biden - à savoir une montée en puissance continue des manoeuvres militaires, un maintien des sanctions et un renforcement de la coopération avec les alliés de Washington (en particulier, le Japon et la RdC), tout en déclarant que la porte du dialogue reste ouverte - d'autant plus que la péninsule coréenne n'apparaît pas comme une priorité de la politique étrangère américaine, davantage concentrée sur les conflits en Ukraine et au Proche-Orient. Des inflexions pourraient toutefois apparaître - dans le sens d'un durcissement des positions à l'égard de la RPDC - si la RPDC devenait une menace plus directe pour les Etats-Unis. Le renforcement des sanctions contre Pyongyang apparaissant aujourd'hui bloqué au Conseil de sécurité des Nations Unies du fait de l'opposition de la Chine et surtout de la Russie, les Etats-Unis agiraient alors probablement dans un cadre multilatéral extérieur à celui des Nations unies, avec leurs alliés occidentaux, pour encore davantage isoler la RPDC. La faiblesse des relations entre la RPDC et les puissances occidentales limiterait cependant l'impact de sanctions supplémentaires.
Toutefois, Kamala Harris pourrait être plus ferme que Joe Biden à l'égard de la RPDC, même en l'absence de changement de situation dans la péninsule coréenne. Lors de sa visite en RdC dans la zone démilitarisée, en septembre 2022, elle s'était en effet engagée à défendre fermement la RdC, tout en réaffirmant l'engagement américain en faveur d'une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne - à une époque où la politique américaine suscitait des débats dans les cercles d'experts sur un changement d'approche.
Une élection du candidat républicain Donald Trump, qui avait rencontré à plusieurs reprises Kim Jong-un pendant son mandat, ouvrirait davantage de perspectives pour les Nord-Coréens de réengager un dialogue avec Washington en vue de lever une partie des sanctions à leur encontre, en contrepartie d'un probable gel de leurs programmes balistiques et nucléaires - et peut-être d'une aide économique. A la convention républicaine de Milwaukee, le 18 juillet 2024, Donald Trump s'est dépeint comme capable de mettre fin aux conflits dans le monde "avec un coup de téléphone", en citant sa relation avec le dirigeant nord-coréen. Il reste à savoir si, en cas d'élection, il pourra faire mieux que lors de son premier mandat - où les résultats étaient apparus finalement assez limités - en obtenant cette fois une coopération de l'administration.
Should Kamala Harris win the presidency, there is likely to be more continuity than there is change in U.S. policy toward North Korea. But if North Korea becomes a larger threat, particularly due to
L'ancien diplomate de la Corée du Nord Ri Il Gyu affirme que Pyongyang voudrait reprendre les négociations avec les États-Unis pour essayer de lever les sanctions pesant sur ses programmes nucl...
Donald Trump a reçu une nouvelle salve d'acclamations en arrivant jeudi 18 juillet 2024 à la convention républicaine à Milwaukee (Winsconsin). Le milliardaire qui se voit déjà de retour à la...
Lors de la visite du président Kim Jong-un de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en Russie en septembre 2023, il avait été convenu que son homologue russe Vladimir Poutine se rendrait en RPDC au moment opportun. Cette visite, en tant que première étape d'un déplacement en Asie de l'Est qui a ensuite conduit le président russe au Vietnam, a eu lieu les 18 et 19 juin 2024. Elle a donné lieu à la signature d'un partenariat stratégique global entre les deux pays, traduisant la volonté partagée de rehausser le niveau des relations bilatérales dans tous les domaines - y compris sur les questions stratégiques.
Après la première visite de Vladimir Poutine en RPDC en 2000, les relations bilatérales avaient connu des hauts et des bas. Si la Russie - comme la Chine - s'étaient jointes aux puissances occidentales pour imposer des sanctions à l'encontre de la République populaire démocratique de Corée pour qu'elle cesse son programme nucléaire militaire, à la suite notamment du premier essai nucléaire nord-coréen le 9 octobre 2006, le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022 et le contexte d'une nouvelle guerre froide ont conduit Moscou et Pékin à soutenir Pyongyang et à dénoncer Washington et ses alliés dans la montée des tensions autour de la péninsule coréenne.
Si la Chine reste le principal partenaire de la RPDC, cette dernière cherche à rééquilibrer ses relations avec ses deux grands voisins - pendant la guerre froide, elle gardait une certaine équidistance entre Pékin et Moscou pour préserver son indépendance. De fait, alors qu'elle est accusée par Kiev et les pays occidentaux d'être un des principaux fournisseurs d'armes à la Russie, la RPDC semble aujourd'hui plus proche politiquement de la Fédération de Russie - c'est d'ailleurs cette dernière, et non la Chine, qui a mis fin au mandat du comité d'experts des Nations unies sur les sanctions à son encontre.
Les déclarations de Vladimir Poutine, reçu avec les honneurs, et Kim Jong-un, telles qu'elles ont été retranscrites par l'agence officielle KCNA de la RPDC, soulignent la convergence de vues pour un monde multipolaire, la stabilité et la paix internationales, et contre les sanctions internationales vues comme un instrument des Occidentaux pour lutter contre leurs adversaires. Si l'impérialisme américain est dénoncé, les autres puissances occidentales et leurs alliés - tout particulièrement la République de Corée, avec laquelle la RPDC a rompu les liens - ne sont pas expressément nommées.
Le partenariat stratégique global signé le 19 juin 2024 couvre un large domaine de coopération et d'échanges. Mais c'est sa composante de défense qui a été la plus fortement commentée par les spécialistes. Alors qu'un précédent traité d'assistance et de coopération mutuelle avait été signé en 1961, le traité de partenariat stratégique global mentionne explicitement un soutien mutuel si l'une des deux parties est attaquée, en faisant référence à l'article 51 de la charte des Nations unies relatif au droit de légitime défense :
Si l'une des deux parties se retrouve dans une situation de guerre en raison d'une invasion armée d'un pays individuel ou de plusieurs nations, l'autre partie doit fournir une aide militaire et d'autres aides sans délai en mobilisant tous les moyens qu'il possède conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies (ONU) et aux lois de la RPDC (République populaire démocratique de Corée) et de la Russie.
Alors que la RPDC considère les manoeuvres militaires américano - sud-coréennes qui sont régulièrement menées comme les préparatifs d'une invasion de son territoire, cette clause de défense mutuelle vise à dissuader ses ennemis d'une éventuelle attaque en amenant alors la Russie à prendre sa défense. Par ailleurs, les accords de défense avec la Chine devraient également amener cette dernière à intervenir en cas d'attaque contre la RPDC.
En face du G7 qui apparaît comme un club regroupant exclusivement des puissances occidentales et libérales après la suspension de la Russie du G8 en 2014, quatre puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde et Chine, d'où l'acronyme BRIC) se réunissent chaque année depuis 2009 lors de sommets internationaux qu'elles accueillent à tour de rôle. Elles ont été rejointes par l'Afrique du Sud en 2011 (d'où le nouveau nom de BRICS) puis par l'Egypte, les Emirats Arabes Unis, l'Ethiopie et l'Iran en 2024 (formant ainsi le groupe BRICS+). Plusieurs dizaines d'autres pays du Sud (mais aussi européens, comme la Serbie) ont exprimé leur souhait de rejoindre les BRICS+ qui tend à devenir l'expression du Sud global élargi à la Russie, alors que le prochain sommet est prévu dans ce pays, à Kazan, en octobre 2024. Récemment, c'est la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) qui a aussi manifesté son intérêt pour devenir membre des BRICS+.
Carte des Etats membres des BRICS+ en 2024
C'est un média spécialisé dans les cryptomonnaies, Cointribune, qui a évoqué ce souhait de la RPDC de rejoindre les BRICS+. Cet intérêt a été rapproché de la proposition russe de développer une nouvelle unité monétaire basée sur un panier des devises des Etats membres du groupe, ce qui remettrait en cause la domination du dollar américain.
Toujours selon Cointribune, la Corée du Nord, exclue du réseau SWIFT et plus largement des circuits financiers internationaux, aurait ainsi accès à des systèmes de paiement alternatifs. Engagé dans un bras-de-fer avec Washington, Pyongyang participerait aussi à la dédollarisation de l'économie.
Si les membres des BRICS+ se sont exprimés à plusieurs reprises pour une réforme des organisations financières internationales (FMI, Banque mondiale) et plus largement pour une nouvelle gouvernance mondiale - impliquant selon eux une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies -, ils ont aussi mis en place la Nouvelle banque de développement, basée à Shanghaï, dont l'objet est de financer des projets d'infrastructures dans les pays en développement, ainsi que de pouvoir mobiliser une réserve de devises pour faire face aux chocs financiers dans les pays émergents. L'absence de conditionnalité des aides tranche avec les règles qu'impose le FMI.