Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 15:17

UFG2011 1Du 20 au 31 août 2012 se tiendront les exercices militaires conjoints américano - sud-coréens "Ulji Freedom Guardian", auxquels participeront des "observateurs" de sept autres pays : l'Australie, le Canada, le Danemark, la France, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni. Si ces exercices, qui se tiennent tous les ans, sont présentés comme "défensifs" par les Etats-Unis et la Corée du Sud, leur ampleur est telle que le chef de la mission de l'Armée populaire de Corée à Panmunjom a dénoncé des préparatifs de guerre contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Dans un contexte de fortes tensions autour de la péninsule coréenne, l'Association d'amitié franco-coréenne condamne fermement ces exercices  préjudiciables à la paix et à la stabilité dans la région. Elle renouvelle son appel pour un traité de paix dans la péninsule coréenne, en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953. 

 

L'édition 2012 des exercices "Ulji Freedom Guardian" (UFG) doit réunir, du 20 au 31 août, 56.000 soldats sud-coréens et au moins 30.000 soldats américains, outre des soldats (qualifiés d' "observateurs") de sept autres pays alliés des Etats-Unis. Les troupes américaines incluent des hommes des différentes armes, y compris des garde-côtes, provenant de troupes stationnées en Corée, dans le Pacifique et aux Etats-Unis. Le nombre de soldats impliqués est aussi élevé qu'en 2011.

 

Les exercices UFG déploient également d'importants moyens matériels, à l'instar du navire de la septième flotte USS Blue Ridge (ci-dessous, lors de son arrivée au port de Pusan pour l'exercice 2012, source).

 

 

uss_blue_ridge_ulchi_freedom_guardian_2012.jpg

 

Conduits pour la première fois en 1976, ces exercices - qui tirent leur nom actuel de celui d'un commandant en chef de l'ère Koguryo, Eulji Mundeok - sont aussi la plus vaste opération militaire au monde conduite avec un système de commandement et de mise en oeuvre informatisé. Compte tenu de l'asymétrie des forces avec celles de la RPD de Corée, pays soumis au plus vieil embargo technologique au monde, il est donc difficile de n'y voir qu'un exercice routinier de défense, comme voudrait le faire croire le commandement combiné des forces en Corée du Sud, dirigé par le général américain James Thurman. Mais de tels arguments font partie de la rhétorique invariablement utilisée par l'armée américaine pour tous les exercices militaires effectués dans le cadre d'un commandement intégré.

 

Les exercices militaires UFG se fondent sur le traité d'assistance mutuelle signé le 1er octobre 1953 entre les Etats-Unis et la République de Corée (du Sud). Il vise notamment à accroître l'interopérabilité des forces américaines et sud-coréennes et à renforcer leur aptitude au combat. Le commandement américain en Corée souligne la participation d'observateurs de la commission de supervision des nations neutres [de l'armistice de 1953].

 

Le commandement américain en Corée du Sud ayant pris l'habitude de notifier préalablement l'organisation des exercices UFG, une réponse de protestation officielle a été envoyée par le général Pak Rim-su, chef de la mission de l'Armée populaire de Corée à Panmunjom, où il dénonce la nature "offensive et agressive" des "exercices conjoints de guerre Ulji Freedom Guardian", en qualifiant de "plaisanterie" l'envoi d'une information préalable "prétendument basée sur la confiance et la transparence". Témoignant de la nature hostile de la politique américaine à l'égard de la RPDC, les exercices UFG sont fustigés comme s'inscrivant dans une escalade de guerre contre la RPD de Corée.

 

Depuis l'annonce des dates des exercices UFG, le commandant suprême de l'Armée populaire de Corée (APC) Kim Jong-un a effectué plusieurs nouvelles visites d'unités militaires, notamment sur la ligne de front maritime aux îlots Jangjae et Mu le 18 août (photo ci-dessous, source KCNA). Il a souligné leur rôle essentiel pour la défense de la République populaire démocratique de Corée face aux "provocations" que constituent les exercices de guerre menés conjointement par les Etats-Unis et la Corée du Sud. 

 

kim_jong_un_18_aout_2011.jpg

 

Comme tous les ans, de grandes manifestations sont organisées en Corée du Sud pour dénoncer les exercices Ulji Freedom Guardian. Elles atteignent leur point culminant la veille et le jour des manoeuvres militaires (ci-dessous, photos de rassemblements à Séoul le 15 août 2010 et à Songnam le 16 août 2011). Un rassemblement demandant l'annulation des exercices Ulji Freedom Guardian s'est tenu le 10 août 2012 à l'appel, notamment, des associations Solidarité pour le progrès, Solidarité pour la démocratie, la vie du peuple, la réunification pacifique et la souveraineté et la Fédération des étudiants du 21ème siècle.

 

ulji_freedom_guardian_rassemblement_seoul_15_aout_2010.jpg

 

ulchi_freedom_guardian_manifestation_songnam_16_aout_2011.jpg

 

Principales sources :

- AAFC ;

- KCNA, "Chief of Panmunjom mission sends protest notice to US", dépêche publiée le 6 août 2012 ;

- site des forces armées américaines en Corée du Sud.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?

aujourd'hui


dans les 30 derniers jours

 
 

Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)