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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 11:37

pak-chol-su suh-ho panmunjom juillet-2013En dépit de l'accord de principe des deux parties coréennes quant à la nécessité d'une reprise des activités de la zone intercoréenne de Kaesong, les discussions qui se sont tenues le 15 juillet 2013 n'ont abouti à aucun accord. Une quatrième série d'échanges est prévue après-demain. La partie Nord commence à mettre en doute la volonté du Sud d'aboutir à un accord, alors qu'une suspension durable des activités signifierait que les échanges Nord-Sud seraient pratiquement nuls, soit un retour en arrière d'un quart de siècle dans l'histoire du commerce intercoréen.

L'annonce en a été faite par le ministère de la réunification sud-coréen, à l'issue de la troisième série de pourparlers : "les discussions à la ville frontalière de Kaesong n’ont pas abouti à un quelconque accord (...) les deux camps [sic] se sont mis d’accord pour se réunir à nouveau mercredi", selon le site de l'agence officielle sud-coréenne Yonhap qui a commis par ailleurs un lapsus (révélateur ?) dans la retranscription des propos du ministère - au lieu de parler de "parties" aux discussions, elle a évoqué des "camps", utilisant un terme utilisé dans une situation de guerre ou de conflit.

Alors que le Nord considère qu'il y a lieu de permettre une reprise sans conditions des échanges, les demandes présentées par la partie Sud ne facilitent pas la conclusion d'un accord : obtention de garanties pour empêcher toute suspension des activités à l'avenir dans la zone, alors que le Sud impute la situation actuelle à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ; mise en conformité avec les normes internationales, notamment en matière de communication et de douanes ; transformation du complexe en une zone d'activité internationale, et pas seulement intercoréenne.

Chacune des deux parties se renvoyant la responsablité de la suspension des activités de Kaesong, symbole du rapprochement intercoréen, un débat sur les causes de la situation actuelle ne pourrait qu'éloigner davantage toute solution. Le texte commun sur lequel le Nord et le Sud s'étaient entendus le 7 juillet évitait ainsi d'entrer dans ce débat. En Corée du Sud, les partisans d'une politique d'isolement du Nord avaient vivement dénoncé cette omission volontaire, réutilisant alors une tactique classique de la présidence Lee Myung-bak : exiger préalablement des excuses du Nord, cette demande ayant alors permis de refuser toute reprise des échanges Nord-Sud.

L'élargissement de l'ordre du jour des discussions étant une stratégie connue d'enlisement, la partie Nord a commencé à mettre en doute la sincérité de la partie Sud.

En tout état de cause, la Corée du Sud ne montre pas le même empressement que la Corée du Nord à une reprise des échanges : dans un entretien donné à Pascal Dayez-Burgeon pour la revue française Politique internationale, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a défendu sa vision d'une politique de confance ("Trustpolitik") à l'égard du Nord, en déclarant : "je ne veux pas d’un nouveau compromis décidé à la hâte".

Le temps presse pourtant pour les entrepreneurs sud-coréens présents à Kaesong, de nouveaux délais mettant en péril leurs acivités. Toutefois, conformément à l'accord du 7 juillet, 159 entrepreneurs sud-coréens appartenant à 49 entreprises textiles ont pu contrôler leurs installations situées au Nord de la DMZ, alors que commence la saison des pluies, et ramener des produits finis et des matériaux de production.

Par ailleurs, l'argument de Mme Park selon lequel la balle serait dans le camp de Pyongyang ne correspond pas à la réalité de l'histoire des relations intercoréennes, qui montre au contraire une continuité de la politique nord-coréenne réagissant aux changements d'orientations au Sud au gré des alternances politiques.

Comme l'a observé Haksoon Paik dans une contribution récente à un ouvrage collectif de chercheurs spécialistes de la Corée du Nord publié par la librairie du Congrès américain : "fondamentalement, il n'y a pas eu beaucoup de changement dans la stratégie et la politique de la Corée du Nord vis-à-vis du Sud (...). Pour l'essentiel, les changements dans la stratégie et la politique de la Corée du Sud - s'exprimant souvent dans la remise en cause des stratégies et des politiques du précédent gouvernement - ont été responsables de la plupart des évolutions dans les relations intercoréennes, qu'elles soient bonnes ou mauvaises". Comme l'analyse plus en détail Haksoon Paik, pendant les présidences Roh Tae-woo (1988-1993), Kim Dae-jung (1998-2003) et Roh Moo-hyun (2003-2008), dans l'application d'une politique de la carotte et du bâton, la Corée du Nord a alors choisi la carotte : le dialogue intergouvernemental, la coopération économique, les échanges sociaux et culturels, la coopération humanitaire. Mais quand les présidences sud-coréennes de Kim Young-sam (1993-1998) et Lee Myung-bak (2008-2013) ont visé à l'isolement de la RPD de Corée dans l'espoir de précipiter une réunification de la péninsule par effondrement de la Corée du Nord, les autorités nord-coréennes ont manié le bâton : vives attaques verbales, fin de projets intercoréens (comme le tourisme des Monts Kumgang, dont il n'est pas anodin que la RPDC enivsage actuellement la reprise après le départ du Président Lee Myung-bak de la Maison bleue), suspension des réunions de familles séparées...

 

L'enjeu, à présent, est de savoir si la présidente Park Geun-hye s'engagera sur la voie du dialogue intercoréen ou du rapport de forces. Si la chef de l'Etat avait critiqué la politique intercoréenne, impopulaire, de son prédécesseur Lee Myung-bak, elle est soumise à des influences contraires au sein même de sa propre famille politique. Soucieuse d'éviter toute accusation de faiblesse par son extrême-droite, elle cherche à obtenir des résultats tangibles - comme des garanties pour éviter toute nouvelle suspension des activités de Kaesong. Mais à mettre la barre trop haut, elle encourt le risque de tout perdre, et à réduire à néant les échanges commerciaux intercoréens.

 

Sources :

- AAFC,

- Pascal Dayez-Burgeon, "Corée du Sud : une femme aux commandes", in Politique internationale, n° 140, juillet 2013 ;  

- Haksoon Paik, "Changes and continuities in interkorean relations", in Kung-ae Park et Scott Snyder (sous la direction de), North Korea in transition. Politics, economy and society, bibliothèque du Congrès, Rowman and Littlefield Publishers, 2013, pp. 239-261 ;

- Yonhap, principalement, dépêche du 15 juillet 2013.   

 

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 22:46

Le dimanche 7 juillet 2013 à 4h du matin heure locale, à l'issue de 16 heures de négociations, les délégations nord et sud-coréennes réunies à Panmunjom ont conclu un accord qui prévoit la reprise normale des activités de la zone intercoréenne de Kaesong. Si une nouvelle réunion doit se tenir le 10 juillet pour "normaliser" le fonctionnement du complexe de Kaesong et empêcher une suspension des activités à l'avenir, l'accord a d'ores et déjà été salué au Sud comme signalant une même volonté de redémarrer la zone industrielle, telle qu'elle ressort également du communiqué publié sur le site de l'agence nord-coréenne KCNA et que nous reproduisons ci-dessous, traduit de l'anglais.

 

pak-chol-su_suh-ho_panmunjom_juillet-2013.jpg

 

"Les discussions ont abordé les questions de la prévention des dommages qui pourraient être causés aux entreprises de la partie Sud pendant la saison des pluies, ainsi que de la normalisation des opérations dans la zone intercoréenne de Kaesong (ZIK). Un accord a été conclu.

 

Aux termes de cet accord, le Nord et le Sud laisseront les chefs d'entreprise concernés de la partie Sud et les autres personnels visiter la ZIK à partir du 10 juillet, vérifier et régler les équipements pour réduire les dommages. 

 

Le Nord et le Sud permettront aux chefs d'entreprise de la partie Sud d'emporter les produits finis et les matériaux de base et intermédiaires en dehors de la zone, et d'enlever les équipements conformément aux procédures qui s'y rapportent.   

 

Le Nord et le Sud assureront le passage des personnels et des véhicules de la partie Sud à l'intérieur et à l'extérieur de la zone, ainsi que leurs communications  et leur sécurité personnelle pour les raisons sus-mentionnées.  

 

Le Nord et le Sud s'assureront de la reprise des activités de la ZIK, suivant ces préparatifs, et ont décidé de tenir une prochaine série de discussions dans la ZIK le 10 juillet pour la normalisation des opérations dans la zone, y compris pour prévenir la survenue à nouveau de la suspension des opérations".

 

Source : KCNA.

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 12:03

Une réunion de travail entre les deux Corée a commencé à Panmunjom, au Nord de la DMZ, le samedi 6 juillet 2013. Les représentants des deux parties doivent examiner les conditions d'une reprise des activités de la zone industrielle intercoréenne de Kaesong, suspendues en avril dernier dans un contexte de fortes tensions marqué par des manoeuvres américano - sud-coréennes de grande ampleur.

 

pak-chol-su_suh-ho_panmunjom_juillet-2013.jpg

 

Au moment de l'anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 juillet 1972, qui a posé les principes du dialogue intercoréen, les deux gouvernements coréens ont fait des propositions sur la zone de Kaesong, dont la suspension des activités, dommageable pour l'ensemble de la Corée, a été déplorée tant par le Nord que par le Sud, quelques semaines après l'échec d'une rencontre au niveau ministériel.

 

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a proposé que les chefs d'entreprise sud-coréens présents à Kaesong puissent visiter leurs unités situées au Nord de la péninsule, avant notamment la période de fortes pluies de l'été qui peut entraîner de graves dommages. Pour sa part, la République de Corée (du Sud) a proposé la tenue d'une réunion sur la reprise des activités de Kaesong, acceptée par le Nord, qui a conduit à l'ouverture d'une réunion de travail à Panmunjom, dans la partie Nord de la zone démilitarisée, le 6 juillet.

 

La délégation du Nord est conduite par Pak Chol-su, vice-directeur du bureau de la direction générale du développement de la zone spéciale, et la délégation du Sud par Suh Ho, directeur du bureau des échanges et de la coopération du ministère de la Réunification. La veille, Kim Hyung-suk, porte-parole du ministère, avait fait savoir qu'était souhaitée la définition de principes sur le fonctionnement du complexe. Des journalistes ont pu accompagner la délégation du Sud.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne espère l'aboutissement des négociations, alors que la zone de Kaesong, forte de 53 000 ouvriers nord-coréens, est un symbole de réconciliation et d'échanges hérité de la politique du rayon de soleil mise en oeuvre de 1998 à 2008.

 

Sources : AAFC, Fox News (dont photo), Yonhap.

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:09

Le 8 juin 2013, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République de Corée (du Sud) ont convenu de renouer le dialogue : le 9 juin, une réunion préparatoire de travail se tiendra dans la zone démilitarisée, à Panmunjom, en vue de préparer une rencontre à un plus haut niveau - ministériel - le 12 juin à Séoul. La veille, Pyongyang avait rétabli les liaisons téléphoniques intercoréennes, suspendues lors des graves tensions en mars et avril dernier, et c'est d'ailleurs par ce canal que Séoul a répondu. L'interruption des liaisons était intervenue après le troisième essai nucléaire nord-coréen, en février, dans un contexte d'escalade militaire - dont on sait aujourd'hui que celle-ci s'inscrivait dans un plan délibéré du commandement américain. Si l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) se réjouit que Séoul ait répondu favorablement à la proposition de Pyongyang de réouvrir le dialogue intercoréen, elle observe qu'il faut maintenant rétablir des relations de confiance. De ce point de vue, la nouvelle direction sud-coréenne est confrontée à une responsabilité historique, pour permettre - ou non - qu'advienne une nouvelle ère de dialogue et de coopération dans la péninsule.

 

Kim-jong-un_Congress_Korean-Childrens--Union.jpgUne fois encore, c'est la République populaire démocratique de Corée qui a pris l'initiative de relancer le dialogue Nord-Sud. La ligne diplomatique nord-coréenne obéit à des constantes, la RPDC ayant été à l'origine des avancées sur la voie des échanges et des coopérations intercoréennes sans hésiter, en cas de blocage des autorités sud-coréennes, à adopter des positions d'extrême fermeté. Ainsi, le cours fluctuant des relations Nord-Sud a toujours reflété les changements de direction à Séoul, la période la plus récente ayant été marquée par une intensification sans précédent des échanges intercoréens sous les présidences démocrates de Kim Dae-jung (1998-2003) et Roh Moo-hyun (2003-2008), avant une profonde détérioration sous l'administration conservatrice du Président Lee Myung-bak (2008-2013). Après la suspension des activités de la zone intercoréenne de Kaesong - où quelque 120 PME sud-coréennes employaient 53.000 ouvriers nord-coréens, ce qui en faisait la mesure la plus emblématique du dialogue et de la réconciliation entre le Nord et le Sud - la balle est donc désormais dans le camp de la nouvelle chef d'Etat, Mme Park Geun-hye, entrée en fonctions en février dernier : va-t-elle rompre avec la politique d'intransigeance de son prédécesseur Lee Myung-bak, afin de permettre au dialogue intercoréen de repartir de l'avant ? En janvier, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un (à gauche, au 7ème congrès de l'Union des enfants coréens, le 6 juin 2013) avait déjà tendu la main au Sud pour réengager les échanges, mais les autorités sud-coréennes n'avaient alors pas saisi cette opportunité.

 

Alors que les dirigeants des principales puissances de la planète ont les yeux rivés sur la péninsule coréenne - au même moment se tient une rencontre entre les présidents américain Barack Obama et chinois Xi Jinping, et la question coréenne figure au programme de leurs échanges - Séoul vient de répondre positivement à une proposition de Pyongyang de renouer le dialogue intercoréen. La RPD de Corée a été très souple sur les conditions de la reprise des discussions, acceptant les demandes sud-coréennes tant en ce qui concerne le calendrier (le 12 juin) et le lieu (Séoul) que le niveau de la rencontre (interministériel). La seule demande nord-coréenne était de tenir une réunion technique préparatoire, qui aura lieu le 9 juin à Panmunjom, pour préparer au mieux les échanges prévus le 12 juin. Pour des raisons d'organisation et de délais, c'est le village de Panmunjom - où a été signé l'accord d'armistice de 1953, et où se tiennent régulièrement des rencontres intercoréennes - qui a été retenu.

 

Les sujets à l'ordre du jour ne sont pas limitativement énumérés : ils pourraint porter non seulement sur l'avenir de la zone de Kaesong, mais aussi sur une possible reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, suspendu en juillet 2008, et de nouvelles réunions de familles séparées - alors que cette année marque le soixantième anniversaire de la fin de la guerre de Corée qui a entériné la division de la péninsule, sans se conclure par un traité de paix qui permettrait de prévenir de nouveaux affrontements intercoréens.

 

Par ailleurs, l'accélération du calendrier sur la reprise du dialogue intercoréen laisse à penser que Séoul pourrait également donner une suite favorable à la proposition de Pyongyang de célébrer en commun la déclaration intercoréenne du 15 juin 2000, cosignée dans le cadre de la première rencontre au sommet entre les dirigeants du Nord et du Sud de la péninsule. En outre, des initiatives conjointes pourraient être prises à l'occasion du 41ème anniversaire de la déclaration du 4 juillet 1972, premier accord intercoréen de haut niveau - et dont l'un des protagonistes était le général Park Chung-hee, alors Président de la République et père de l'actuel chef de l'Etat au pouvoir à Séoul, Mme Park Geun-hye, soucieuse de réhabiliter la mémoire de son père.

 

En tout état de cause, le moment actuel est crucial pour les relations intercoréennes : la nouvelle direction sud-coréenne, elle-même traversée par des différences de générations et d'intérêts, saura-t-elle tisser des relations de confiance avec les autorités nord-coréennes, qui apprécieront la sincérité de leurs nouveaux interlocuteurs ? A défaut, c'est l'ensemble du processus d'échanges intercoréens qui risque d'être durablement interrompu.

 

Sources : AAFC, iafrica.com (dont photo).

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 23:47

Le jeudi 6 juin 2013, la République de Corée (du Sud) a accepté la proposition de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) d'engager des discussions sur plusieurs sujets, dont la zone industrielle intercoréenne de Kaesong - dont les activités ont été suspendues il y a deux mois, dans un contexte alors marqué par de très vives tensions autour de la péninsule. Si le niveau et les modalités du dialogue - date et calendrier, lieu - devront encore être précisés, il s'agit d'un signe encourageant de la volonté des deux parties de relancer le dialogue et les coopérations Nord-Sud.

 
Enfin : après des mois de tension, ayant conduit la Corée jusqu'au bord du précipice de la guerre, le Nord et le Sud semblent avoir trouvé un terrain d'entente et de dialogue, Séoul ayant répondu positivement à une proposition de Pyongyang de réouvrir des discussions sur plusieurs sujets de coopération : la zone d'activités intercoréenne de Kaesong ; de nouvelles réunions de familles séparées par la guerre, les dernières ayant eu lieu en septembre 2010, dans le contexte de la commémoration imminente du soixantième anniversaire de la fin des combats (photo à gauche). La possibilité d'une reprise du tourisme intercoréen des monts Kumgang, suspendu depuis juillet 2008, a aussi été évoquée.

 

Jusqu'à présent, le Sud exigeait des discussions à un niveau intergouvernemental, ce que semblent indiquer les thèmes de discussion. Quelle que soit l'issue des négociations, elles induisent la reconstruction d'une relation de confiance mentionnée à juste titre par le ministère sud-coréen de la Réunification, et qui est le préalable indispensable à la reprise du dialogue et des échanges Nord-Sud, comme une première étape sur le chemin de la réunification.

 

Sources principales : AAFC, Le Monde.

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 16:19

Sud-Coréens quittant Kaesong 27-04-2013Après le refus du ministère sud-coréen de la Réunification d'autoriser des chefs d'entreprise sud-coréens de la zone industrielle de Kaesong à se rendre au Nord de la péninsule, l'incertitude grandit sur la reprise, ou non, des activités du complexe industriel, symbole de la coopération intercoréenne, suspendues depuis le 9 avril 2013, et où 53.000 ouvriers nord-coréens travaillaient jusqu'à récemment pour 123 PME sud-coréennes (photo ci-contre, les cadres et entrepreneurs sud-coréens quittant Kaesong). Dans ce contexte, il peut être tentant d'établir un parallèle avec la zone touristique des monts Kumgang, qui était également gérée par la filiale Hyundai Asan du conglomérat sud-coréen Hyundai, située au Nord de la péninsule, et visitée par quelque 2 millions de Sud-Coréens jusqu'à ce que la mort accidentelle d'une touriste, le 11 juillet 2008, entraîne la fin du tourisme intercoréen dans cette région. Mais un certain nombre de différences entre les deux projets industriels incitent à ne pas considérer comme définitif l'arrêt des activités à Kaesong, en imaginant les scénarios d'une sortie de crise.

 

Tout d'abord, les causes ayant conduit à suspendre l'un et l'autre de ces projets économiques intercoréens répondent à des situations différentes. Dans le cas du tourisme intercoréen des monts Kumgang, malgré la dégradation des relations intercoréennes ayant suivi l'élection du conservateur sud-coréen à la présidence de la République à Séoul (et dont avait rendu compte un éditorial du Rodong Sinmun, journal du Parti du travail de Corée, en date du 1er avril 2008), c'est un dramatique accident, fortuit, qui a conduit la partie sud-coréenne à décider de suspendre les circuits touristiques. Cette décision avait été prise à titre conservatoire, dans l'attente d'une enquête conjointe Nord-Sud qui n'a jamais eu lieu. En effet, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a mené seule ses propres investigations, après que les faits se furent produits dans une zone militaire où avait pénétré la touriste mortellement blessée, visiblement suite à une négligence du groupe Hyundai Asan dans l'entretien d'une clôture de sécurité. S'agissant de la zone industrielle de Kaesong, la suspension de ses activités - décidée par les Nord-Coréens dans un contexte de fortes tensions intercoréennes, au motif qu'ils ne pouvaient plus assurer la sécurité des Sud-Coréens présents sur le site - s'inscrit, pour sa part, dans le cours global des relations Nord-Sud.

 

Les conséquences économiques de la suspension des activités de l'une et l'autre zones spéciales - outre de moindres ressources en devises pour la RPD de Corée - ne sont pas non plus les mêmes du point de vue sud-coréen. Dans les monts Kumgang, c'est surtout le groupe Hyundai qui a subi un manque à gagner. A Kaseong, c'est un tissu de petites et moyennes entreprises qui sont menacées de faillite - si bien que l'une des premières mesures annoncées par les autorités sud-coréennes a porté sur leur indemnisation, alors qu'il avait été estimé que le groupe Hyundai pourrait économiquement faire face, seul, à la fin des circuits touristiques intercoréens dans les monts Kumgang.

 

Les entrepreneurs sud-coréens de Kaesong représentent ainsi un groupe beaucoup plus large, et potentiellement plus revendicatif, de citoyens qui peuvent peser dans la réouverture des échanges intercoréens de Kaesong. Ils se sont d'ailleurs aussitôt mobilisés et se sont fait entendre dans les médias - quand le groupe Hyundai avait choisi, pour sa part, des modes d'action plus discrets. Si, pour les monts Kumgang, la direction de Hyundai avait eu des échanges au plus haut niveau avec les autorités nord-coréennes, le gouvernement sud-coréen se méfie manifestement des initiatives prises par les chefs d'entreprise de la zone industrielle de Kaesong, en ayant refusé leur visite au Nord de la péninsule tout en disant clairement qu'il ne voulait, sur ce dossier, que des discussions intergouvernementales - c'est-à-dire piloter lui-même les relations Nord-Sud. Cette décision d'autorité est très peu libérale dans son esprit : l'argument selon lequel les Nord-Coréens pourraient ainsi créer des divergences entre le gouvernement et les citoyens de Corée du Sud n'est-il pas l'affirmation revendiquée d'un monolithisme sud-coréen, ce même monolithisme que le gouvernement sud-coréen reproche précisément à la RPD de Corée ? Elle est surtout le signe d'un malaise : réduits au rang de subordonnés des Etats-Unis dans la décision prise par Washington d'escalade des tensions en Corée, les gouvernants sud-coréens n'arrivent pas à imaginer la mise en place de canaux de dialogue intercoréens qui permettraient de relancer les discussions. Il pourrait s'agir soit de représentants du groupe Hyundai, jusqu'ici étonnamment discret, soit de personnalités politiques sud-coréennes disposant d'un meilleur crédit en RPD de Corée que les conservateurs aujourd'hui au pouvoir à Séoul.

 

Si les anciens présidents démocrates sud-coréens sont aujourd'hui décédés, des représentants de l'opposition sud-coréenne ont fait des offres de bons offices, au nom des intérêts supérieurs de la nation coréenne. Au demeurant, il existe des formules juridiques - comme les parlementaires en mission, agissant donc pour le compte de l'exécutif - qui permettraient aux autorités de Séoul de ne pas "perdre la face" dans leur exigence que les négociations soient conduites au niveau gouvernemental. Comme les deux gouvernements coréens partagent le même constat que la suspension des activités de Kaesong est regrettable, il est de l'intérêt d'envisager des voies nouvelles pour renouer un dialogue qui ne peut qu'être profitable à tous les Coréens, du Nord comme du Sud de la péninsule.

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 13:43

Cor-eUnie-copie-1.pngAlors que les tensions s'apaisent dans la péninsule coréenne après la fin des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a pris l'initiative d'une relance du dialogue intercoréen, en proposant à la République de Corée (du Sud) de commémorer en commun la première rencontre au sommet entre les plus hauts dirigeant du Nord et du Sud, qui avait conduit à l'adoption de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000 entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Kim Dae-jung. Cette annonce intervient dans un contexte d'intenses négociations diplomatiques bilatérales entre les Etats parties aux pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

L'annonce est venue de la partie Sud du Comité pour la mise en oeuvre de la déclaration conjointe du 15 juin, dont le président Jung Hyun-gon a déclaré publiquement, le 23 mai 2013, avoir reçu la veille une proposition de leurs homologues de la partie Nord pour une célébration conjointe de la déclaration du 15 juin 2000, dans deux lieux symboliques situés au Nord de la péninsule : les monts Kumgang, visités par 2 millions de Sud-Coréens de 1998 à 2008 et où se sont réunis des Coréens appartenant à des familles séparées, ou dans l'ancienne capitale royale de Kaesong, siège d'un complexe industriel intercoréen dont les activités sont actuellement suspendues.

Des célébrations intercoréennes conjointes du sommet de 2000 ont eu lieu, entre 2001 et 2008, dans les monts Kumgang.

Si le gouvernement sud-coréen a manifesté de très fortes réticences à ne pas piloter, côté Sud, les relations intercoréennes et s'agace des initiatives privées sud-coréennes visant à relancer le dialogue Nord-Sud, opposer un refus ferait apparaître ses appels à renouer le dialogue comme purement théoriques et pourrait également conduite les autorités nord-coréennes à fermer la porte des discussions. Un responsable du ministère de la Réunification sud-coréen a déclaré, sous couvert d'anonymat, que la décision de Séoul serait prise après une "analyse approfondie des événements récents" et de ses effets, afin d'éviter "toute controverse inutile sur la situation transfrontalière actuelle".

La proposition du Nord intervient dans un contexte d'intenses discussions bilatérales entre les Etats parties aux pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon). Si les Américains déclarent qu'il existe selon eux un front uni des cinq autres Etats vis-à-vis de la RPDC, dans les faits Pyongyang s'engage également dans des négociations bipartites.

La semaine dernière, Isao Iijima, conseiller spécial du Premier ministre japonais Shinzo Abe, a visité la Corée du Nord, où il a notamment rencontré Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême. Isao Iijima est un spécialiste des questions nord-coréennes au sein du Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur) au pouvoir à Tokyo, et il avait accompagné le Premier ministre Junichiro Koizumi lors de ses visites à Pyongyang en 2002 et 2004. L'ancienne majorité démocrate au Japon avait échoué - ou renoncé - à renouer le dialogue avec la Corée du Nord, dominée à Tokyo par la question des citoyens enlevés par les services secrets nord-coréens (mais que Pyongyang qualifie de personnes disparues), avancée comme argument par le Japon pour justifier son tête-à-tête récent avec la RPDC - qui a été par ailleurs ouvertement critiqué par la Corée du Sud. A Pyongyang, la question majeure est de celle de la reconnaissance par le Japon de ses crimes de guerre, y compris la prostitution forcée des "femmes de réconfort" pendant la deuxième guerre mondiale. Les deux pays ont renoué des discussions de haut niveau en novembre 2012.

Enfin, le vice-maréchal Choe Ryong-hae, directeur du bureau de politique générale de l'Armée populaire de Corée, est actuellement en visite en République populaire de Chine, en qualité d'envoyé spécial de Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée.

 

Principales sources : AAFC, The Korea Herald.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 13:54

Sud-Coreens_quittant_Kaesong_27-04-2013.jpgSi les médias occidentaux se détournent de la péninsule coréenne, où la deuxième guerre de Corée, qu'ils ont déclarée une fois de plus, n'a pas eu lieu, la crise actuelle a déjà eu des conséquences désastreuses pour le dialogue intercoréen : la suspension des activités de la zone industrielle de Kaesong, le 9 avril dernier, est suivie du retrait en cours des employés sud-coréens qui y travaillent (photo à gauche, source RFI/Reuters). C'est le dernier legs majeur de la période de dialogue intercoréen de "la politique du rayon de soleil", sous les présidences démocrates à Séoul (1998-2008), qui est aujourd'hui menacé. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) plaide pour la reprise des échanges intercoréens et des activités à Kaesong, symbole de la réconciliation intercoréenne, ce qui suppose un dialogue sincère et sans exclusive entre toutes les parties.

 

A en croire les stratèges américains initiateurs du plan Playbook, au coeur de la dangereuse escalade des tensions autour de la péninsule coréenne, il n'y avait pas à craindre de réaction, autre que verbale, de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). C'était une grave erreur d'analyse. Non seulement les services de renseignement sud-coréens pronostiquent à présent la conduite imminente d'exercices militaires nord-coréens aériens et terrestres, en réponse aux exercices conjoints américano - sud-coréens de grande ampleur Key Resolve et Foal Eagle, mais les tensions ont déjà fait une victime : symbole de la réconciliation intercoréenne, la zone industrielle de Kaesong, au Nord de la DMZ, où 123 petites et moyennes entreprises sud-coréennes emploient plus de 53.000 ouvriers nord-coréens, a suspendu ses activités le 9 avril. Après le retrait des ouvriers nord-coréens, ce sont maintenant les cadres sud-coréens dont le retour au Sud de la péninsule est en cours, pour s'achever dans les tout prochains jours.

 

Dans une déclaration en date du 26 avril où il a dénoncé les initiatives prises par le gouvernement sud-coréen, dans le cadre notamment des exercices militaires conjoints avec les Etats-Unis, le département politique de la Commission de la défense nationale (CDN) nord-coréenne a estimé que "la zone industrielle de Kaesong est maintenant au bord de l'effondrement. Cette situation est entièrement imputable à l'hystérie militaire incessante du gouvernement fantoche sud-coréen".

 

Quelques jours auparavant, le gouvernement sud-coréen avait demandé la reprise du dialogue Nord-Sud sur la zone de Kaesong, mais dans des délais si rapprochés que les observateurs avaient estimé qu'il n'y avait aucune chance d'une réponse favorable des autorités nord-coréennes. En fait, il s'agissait surtout, pour le gouvernement de Mme Park Geun-hye, de se rallier l'opinion publique conservatrice, en rejetant sur Pyongyang la responsabilité éventuelle d'une rupture. Comme toujours sur les questions de réunification, les médias conservateurs, qui dominent la scène médiatique à l'exception notable d'Internet, avaient fidèlement relayé les positions de la droite sud-coréenne.

 

Mais cette manoeuvre a accru la colère des autorités de la RPDC, qui ont dénoncé l'initiative de Séoul comme un ultimatum inacceptable. Ainsi que l'a déclaré le bureau général [nord-coréen] pour l'administration centrale de la zone spéciale, dans un entretien donné à l'agence KCNA le 27 avril, "il y a eu de nombreuses propositions de dialogue dans l'histoire des relations intercoréennes, mais il n'y a aucun précédent" à la situation actuelle où les autorités sud-coréennes "proposent un dialogue avec la menace d'une "étape décisive" après avoir fixé une date limite, et c'est également sans précédent dans l'histoire des relations internationales". Le bureau général pour l'administration de Kaesong fait référence à une réunion intergouvernementale sud-coréenne sur Kaesong, où différents scénarios ont été évoqués : le ministre de la défense Kim Kwan-jin avait alors évoqué une possible intervention militaire pour libérer des "otages" qui seraient retenus contre leur gré. Réagissant avec véhémence contre ces accusations, les autorités nord-coréennes ont souligné que tous les Sud-Coréens présents à Kaesong étaient libres de rester ou non dans la zone industrielle, et que l'initiative de leur retrait provenait du gouvernement sud-coréen. Côté nord-coréen également, il est jugé indispensable de gagner la bataille de l'opinion publique, et l'entretien donné à KCNA le 27 avril figure ainsi en bonne place sur la page d'accueil du site de KCNA.

 

Au-delà du débat sur les causes et les responsabilités de chaque partie dans la suspension des activités de la zone de Kaesong, le fait est que sa fermeture serait non seulement catastrophique pour les relations intercoréennes, mais qu'elle aurait aussi de lourdes conséquences au plan économique. Les autorités nord-coréennes affirment être en mesure de faire face à ces conséquences qui pèseraient d'abord, selon elles, sur la Corée du Sud. L'activité de la zone spéciale représente des revenus annuels pour la RPD de Corée estimés à 90 millions de dollars. Son interruption aurait aussi un impact négatif pour attirer les investisseurs étrangers en RPD de Corée, alors que les Nord-Coréens cherchent à diversifier leurs partenariats économiques avec, notamment, d'autres pays que la Chine. Toutefois, la RPD de Corée a toujours placé au premier plan la défense de sa sécurité et de sa souveraineté nationale, et il serait hasardeux d'évaluer l'intérêt de Kaesong pour les Nord-Coréens au seul plan économique. Au demeurant, la proximité immédiate de Kaesong avec la DMZ lui confère une valeur stratégique : l'intérêt de la Corée du Sud n'est pas que cette zone économique, constituant aujourd'hui une enclave en Corée du Nord, devienne une région militaire. 

 

Les médias publics sud-coréens, comme l'agence Yonhap, s'efforcent de rassurer les PME présentes à Kaesong, qui sont les premières exposées dans la situation actuelle. Dans une dépêche en date du 28 avril, l'agence Yonhap souligne ainsi que "le gouvernement sud-coréen a annoncé qu'il formera une organisation spéciale afin d'aider les entreprises forcées de quitter Kaesong. Séoul a déjà indiqué mercredi dernier avoir pris des mesures pour fournir des fonds suffisants aux entreprises", plusieurs d'entre elles étant menacées de cessation de paiement. Les termes mêmes employés par l'agence Yonhap, parlant d' "entreprises forcées de quitter Kaesong", sont inquiétants : l'auteur sud-coréen de la dépêche (seulement identifié par son adresse courriel rainmaker0220@yna.co.kr) n'anticipe-t-il pas un peu hâtivement le départ de tout ou partie des PME sud-coréennes présentes à Kaesong ? Pour l'heure actuelle, les activités ne sont que suspendues, et on ne compte que quelques très rares cas d'entreprises sud-coréennes ayant dû quitter la zone industrielle pour des raisons économiques. Malgré les tensions intercoréennes apparues suite à l'entrée en fonctions du conservateur Lee Myung-bak à Séoul, en février 2008, les activités de la zone de Kaesong avaient toujours continué à croître, et le nombre d'entreprises présentes à augmenter. Les craintes d'une suspension des activités à Kaesong, plusieurs fois exprimées, notamment au plus fort des tensions intercoréennes, ne s'étaient jamais matérialisées. En 2012, le commerce extérieur intercoréen a atteint les 2 milliards de dollars en volume annuel, ces données traduisant la seule dynamique de la zone de Kaesong, après la suspension de la plupart des autres canaux d'échanges commerciaux suite aux sanctions prises par Séoul contre la RPD de Corée au printemps 2010, après le naufrage du Cheonan.

 

Dans un article en date du 10 avril, le quotidien sud-coréen Hankyoreh avait fait part du désarroi des chefs d'entreprise de la zone de Kaesong (photo ci-dessous). Les investissements de ces PME à Kaesong s'élèvent à 855 millions de dollars. 93 des 123 entreprises présentes disposent d'assurances dans la limite de 6,1 millions de dollars, tandis que les 30 autres entreprises n'ont aucune assurance pour couvrir une perte d'activités, révélant une faille du système de couverture assurantiel sud-coréen - a contrario, les investissements chinois en RPD de Corée disposent de garanties d'Etat. Les chefs des entreprises sud-coréennes de Kaesong, qui ont fait le choix d'un engagement personnel pour la réconciliation et la réunification de la Corée, ont déclaré qu'ils feraient tout leur possible pour un retour à la normale dans les meilleurs délais. Formons l'espoir qu'ils soient entendus.

 

Kaesong_chefs-d-entreprise_10_avril-2013.jpg

 

Sources : Hankyoreh, KCNA, Yonhap.

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 10:49

DeuxCor-e.jpgLe déploiement par les Etats-Unis de bombardiers furtifs B2 en Corée a entraîné, comme l'espéraient certainement les faucons américains à l'origine de cette initiative,  une nouvelle escalade  des tensions  dans la péninsule coréenne : après la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) qui a décrit un scénario de guerre, c'est la présidente sud-coréenne Park Geun-hye qui a évoqué, le 1er avril 2013, une "riposte violente et immédiate" en cas de "provocation" du Nord. Pour l'Association d'amitié franco-coréenne, de tels propos ne favorisent pas la nécessaire reprise du dialogue, seule à même de garantir la paix et la stabilité dans l'une des régions les plus militarisées au monde.

La tension a encore monté d'un cran dans la péninsule coréenne, et ce n'est pas l'annonce, par le porte-parole des forces armées américaines, de l'arrivée ce 31 mars 2013 de chasseurs furtifs F-22 Raptor dans le cadre des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens en cours qui va contribuer au retour à un climat plus apaisé.

Lors d'une réunion du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC) le 31 mars 2013, Kim Jong-un, Premier secrétaire du PTC, a souligné l'obligation qu'avait selon lui la RPDC de se doter d'armes nucléaires en qualité et en quantité suffisantes pour dissuader tout risque d'agression par l'armée américaine. Compte tenu du déséquilibre des forces conventionnelles avec les Etats-Unis, il s'agit de la stratégie de dissuasion "du faible au fort" développée notamment, en France, par le général de Gaulle.

Dans ce contexte, la principale novation a été le brusque haussement de ton à Séoul : alors que jusqu'à présent la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, investie en février dernier, maintenait un discours prudent combinant sa disponibilité à reprendre le dialogue intercoréen et sa fermeté face à la Corée du Nord, le voile s'est déchiré le 1er avril. Celle que l'agence de presse AFP présente comme la "chef de file des conservateurs et faucons sud-coréens" a pleinement embrassé la cause de ces derniers en évoquant une "riposte violente et immédiate", à l'issue d'une rencontre avec des hauts responsables militaires enclins à l'escalade avec Pyongyang, dont elle a ainsi épousé les thèses : "Je pense que nous devrions opposer une riposte violente et immédiate sans aucune autre considération politique si [le Nord] s’aventure à une provocation contre notre population."

Pendant cinq ans, son prédécesseur à la Maison bleue, Lee Myung-bak, a alterné coups de menton et offres de dialogue que la RPDC n'a pas considérées comme sincères au regard des propos intransigeants que tenait par ailleurs le président sud-coréen. Si Mme Park Geun-hye s'engage sur la même voie en s'en remettant aux faucons de son armée, elle encourt le risque de s'exclure elle-même de tout processus de retour au dialogue avec la RPDC, en laissant ainsi le champ libre à Pékin et Washington de conclure, avec Pyongyang, les conditions de nouvelles discussions pluripartites. Sauf si elle-même ne souhaite pas la reprise du dialogue intercoréen, ce que ses prochaines déclarations permettront de clarifier.

Source : AFP (dépêche reproduite sur le site de Libération)

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 23:20

kim_kwang_hyok_press-conference_8_novembre_2012.jpgAprès Pak Jong-suk, c'est au tour d'un autre Nord-Coréen de témoigner, lui aussi passé au Sud avant finalement de choisir retourner vivre au Nord : Kim Kwang-hyok et son épouse ont fait part de leurs désillusions qui traduisent le sentiment d'un grand nombre de Nord-Coréens ayant quitté la République populaire démocratique de Corée après leur arrivée au Sud de la péninsule. Ce témoignage a été donné lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 8 novembre 2012, au Palais de la culture du peuple, à Pyongyang. Mais, pas davantage que pour Pak Jong-suk, le témoignage de Kim Kwang-hyok n'a retenu l'attention des médias occidentaux, qui préfèrent tendre leurs caméras et leurs micros vers l'infime minorité de Nord-Coréens ayant défection au Sud, et engagés aux côtés de l'extrême-droite sud-coréenne dans une croisade anticommuniste. Comme pour les Cubains de Floride, les clichés véhiculés par une presse accommodante ont décidément la vie dure.

 

La presse occidentale fait souvent grand cas des défecteurs nord-coréens qui franchissent les frontières de leur pays natal dans la perspective de vivre une vie - censée être meilleure - au Sud. La situation économique nord-coréenne, qui doit composer avec le plus vieil embargo au monde, une topographie peu propice à l’agriculture et des aléas climatiques particulièrement lourds, a connu en effet des périodes difficiles qui ont poussé une minorité de Nord-Coréens à fuir les difficultés économiques aggravées par l’étranglement américain.

 

Le traitement de ce phénomène - réel mais limité (à titre de comparaison, les Allemands de l'Est passés à l'Ouest étaient des dizaines de fois plus nombreux) - s’arrête souvent ici dans la presse occidentale. Peu abordent les agissements dans l’ombre des services secrets sud-coréens - acquis aux théories conservatrices prônant la fermeté politique à l’égard du Nord, celles-là mêmes incarnées par l'actuel président sud-coréen Lee Myung-bak. En effet, beaucoup sont attirés par toute une propagande d’Etat qui incite les Nord-Coréens à faire défection et ne sont gratifiés de la nationalité sud-coréenne qu’après  avoir témoigné - à charge, forcément - contre la République populaire démocratique de Corée (RDPC, Corée du Nord). Ce fait à lui seul permet de relativiser la fiabilité des fameux ouvrages de défecteurs, racoleurs et privilégiant le spectaculaire à l’analyse politique, mais qui font aujourd'hui tabac en Occident, alors qu'ils restent assez confidentiels en Asie.

 

Kim Kwang-hyok et sa femme furent parmi ces Nord-Coréens qui, attirés au Sud par quelques « phrases-chocs » de la propagande sud-coréenne, ont décidé de franchir le pas. Cependant, la vie dans le Sud capitaliste où l’individualisme - pourtant assez contraire à la philosophie traditionnelle coréenne - règne de plus en plus en maître incontesté, n’est pas évidente pour ceux qui ont passé leur vie dans un pays ou « l’unité monolithique du peuple » est célébrée comme étant le ciment de la société. En effet, les transfuges du Nord n’ont pas vraiment une vie facile au Sud où ils sont ostracisés et incompris d’une population qui a été élevée contre le « frère ennemi » du Nord. C’est ainsi qu’en septembre 2012, après quatre ans passés au Sud, le couple décide de retourner dans son pays natal, comme il a pu le raconter lors d’une conférence de presse tenue à Pyongyang. A notre connaissance, un des rares médias occidentaux qui en a rendu compte à ce jour, en utilisant une dépêche de l'AFP, est le quotidien australien Herald Sun.

 

Cette fuite du Sud vers le Nord est à situer dans la lignée des derniers « retours au pays » qui n’ont eu droit qu’a un traitement minime dans l’actualité, comme le retour au Nord, en juin 2012, d’une autre femme nord-coréenne, Pak Jong-suk, après six années de vie au Sud. Enfin, rappelons que plusieurs étrangers comme l’ancien cuisinier japonais de Kim Jong-il ou le soldat américain James Dresnok (dépeint dans le film Crossing the Lines) sont retournés plusieurs fois à Pyongyang, James Dresnok s'étant même établi depuis plus de quarante ans dans la capitale de la RPDC.

 

 

Sources : AAFC, KCNA (dépêche du 8 novembre 2012, dont photo).

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