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8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 11:31

Le 10 octobre 2025, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) célèbre le 80e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC). Si la Constitution de la RPDC précise que celle-ci "déploie toutes ses activités sous la direction du PTC", en pratique le Front de la Patrie regroupe un ensemble d'organisations politiques et sociales au sein d'un front uni parmi lesquelles le PTC joue un rôle dirigeant. De fait, dans les années ayant suivi la libération de la Corée, on observe un important essor du PTC dont rend compte l'historien Charles K. Armstrong dans les extraits ci-après (p. 108-109 et 110), traduits par nos soins de l'anglais de son ouvrage The North Korean Revolution (1945-1950), publié par l'Université Cornell en 2003. Alors que Charles K. Armstrong, travaillant sur des sources nord-coréennes, évoque le PT nord-coréen (et pas le PTC) dans cette période qui précède la proclamation de deux Etats sur le sol de la péninsule coréenne, à l'été 1948, il montre comment la croissance du PTC, dès cette époque, en a fait une organisation rassemblant une proportion élevée de membres au sein de l'ensemble de la population, par comparaison avec les partis au pouvoir dans d'autres démocraties populaires. Les catégories sociales auxquelles il se réfère (paysans pauvres, travailleurs) correspondent à la classification alors établie par les autorités nord-coréennes.

La faucille, le marteau et le pinceau, symboles du PTC

La faucille, le marteau et le pinceau, symboles du PTC

[En août 1946], le nombre de membres du parti est de l'ordre de 300 000, globalement autant que ses concurrents du Parti démocratique de Corée et du Parti des Jeunes amis [NdT : chondoïste]. Les communistes, maintenant unis dans un seul parti, se sont immédiatement engagés dans un programme énergique de recrutement et de croissance organisationnelle. En moins de deux ans, le Parti du travail nord-coréen (acronyme anglais, NKWP) a plus que doublé son nombre de membres, pour atteindre les quelque 700 000 adhérents. Une politique active d'adhésion au sein de la paysannerie pauvre a été un élément clé de ce développement et visait à renforcer le contrôle du parti sur la vaste majorité de la population nord-coréenne. Mais la croissance rapide du NKWP, et la formation d'un "parti de masse" plutôt que d'un parti d'avant-garde léniniste classique, a créé des problèmes en soi. La stricte discipline du parti dans son ensemble et de la part de ses membres individuels est constamment soulignée dans les documents internes au parti (...).

Le NKWP a rapidement développé sa base parmi les paysans pauvres et les travailleurs. Les rapports nord-coréens donnent les nombres suivants de membres du parti aux premier et second congrès :

Août 1946 :

Nombre total de membres : 366 000, dont 73 000 travailleurs (14,7 %) et 105 000 paysans pauvres (35,0 %)

Mars 1948 :

Nombre total de membres : 700 000, dont 143 000 travailleurs (21 %) et 374 000 paysans pauvres (52 %)

Ainsi, en deux ans, environ 8 % de la population nord-coréenne (s'élevant à 9 millions) appartenait au parti au pouvoir, dont plus de la moitié étaient des paysans pauvres. La proportion des paysans pauvres et des travailleurs représentait près des trois quarts des membres du NKWP au printemps 1948. Un parti de masse, plutôt que le parti d'une élite avant-gardiste, devenait l'une des caractéristiques propres du système politique nord-coréen dès cette époque. 

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1 octobre 2025 3 01 /10 /octobre /2025 20:30

Alors que l'ancien président de la République française Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire, d'autres anciens chefs de l'Etat de la République de Corée (Corée du Sud) ont aussi été condamnés et incarcérés - avant que plusieurs d'entre eux ne bénéficient ensuite de graces présidentielles. Nous vous proposons d'examiner plus avant les cas de cinq anciens chefs d'Etat sud-coréens ayant été emprisonnés.  

Portrait officiel du président Yoon Seok-yeol

Portrait officiel du président Yoon Seok-yeol

Ancien procureur de la République, Yoon Seok-yeol (Parti du pouvoir au peuple, conservateur) est devenu président de la République le 10 mai 2022. N'ayant jamais eu une majorité parlementaire, mis en cause dans la gestion d'une bousculade mortelle à Itaewon le soir d'Halloween, Yoon est devenu très impopulaire et a usé de moyens peu respectueux de la démocratie. Il a tenté d'instituer la loi martiale le 3 décembre 2024, officiellement pour lutter contre "les forces anti-étatiques", visant ainsi "les forces communistes nord-coréennes". Il renonce à ce coup d'Etat sous la pression de l'Assemblée nationale qui le destitue ensuite à la majorité qualifié des deux tiers le 14 décembre 2024. Peu coopératif dans l'enquête sur la tentative d'instaurer la loi martiale, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt le 31 décembre 2024. Après avoir résisté à une première tentative d'arrestation à son domicile par la police, Yoon a finalement été arrêté le 15 janvier 2025 et placé en détention provisoire le 19 janvier 2025, avant d'être remis en liberté le 8 mars 2025, son mandat d'arrêt ayant été annulé la veille. Sa destitution a été confirmée par la Cour constitutionnelle le 4 avril 2025.

Inculpé pour abus de pouvoir depuis le 1er mai 2025, l'ancien président Yoon est poursuivi pénalement pour insurrection - ce qui lui fait encourir la peine de mort (qui n'est plus appliquée en République de Corée depuis décembre 1997) ou la détention à perpétuité. Le 9 juillet 2025, il fait à nouveau l'objet d'un mandat d'arrêt conduisant à son incarcération, celle-ci visant à éviter la destruction de preuves. Son épouse Kim Keon-hee a aussi été placée en détention provisoire, dans le cadre d'une autre enquête pour corruption et manipulation boursière. 

Park Geun-hye

Park Geun-hye

Avant Yoon Seok-yeol, Park Geun-hye (Parti Saenuri, conservateur) avait été la première chef d'Etat sud-coréenne destituée à la suite d'un vote de l'Assemblée nationale. Elue le 19 décembre 2012 à l'issue d'un scrutin entachée par des ingérences des services secrets sud-coréens, Park, fille du général Park Chung-hee arrivé au pouvoir par le coup d'Etat du 16 mai 1961, est entrée en fonctions le 25 février 2013. Son mandat est entaché par le dramatique naufrage du ferry Sewol, le 16 avril 2014.

Après la défaite des conservateurs aux élections législatives d'avril 2016, c'est toutefois l'affaire Choi Soon-sil, du nom d'une mystique proche de Park exerçant sur cette dernière une relation d'emprise, mêlée à des trafics d'influence et des cas de corruption, qui va précipiter la chute de la fille du général Park, renversée par une motion de destitution votée le 9 décembre 2016 et confirmée par la Cour constitutionnelle le 10 mars 2017. 

Arrêtée et placée en détention provisoire le 30 mars 2017, Park Geun-hye est inculpée pour abus de pouvoir, coercition, corruption et divulgation de secrets d'Etat. Condamnée à 22 ans de prison pour corruption, abus de pouvoir et violation de la loi électorale (au regard notamment de l'ingérence des services secrets dans son élection), après avoir été reconnue coupable pour la première fois le 6 avril 2018, Park a finalement été graciée le 24 décembre 2021 par son successeur, le démocrate Moon Jae-in, dans "une perspective d'unité nationale" et en raison de son état de santé. 

Prédécesseur direct de Mme Park Geun-hye, Lee Myung-bak (Grand parti national, conservateur) a été élu président de la République le 19 décembre 2007 et a exercé ses fonctions de 2008 à 2013. Il a été inculpé pour corruption, abus de pouvoir, détournements de fonds et évasion fiscale le 9 avril 2018, condamné à une peine de quinze ans de prison le 5 octobre 2018 puis libéré sous caution pour raisons de santé le 6 mars 2019. 

Président de la République de 1988 à 1993, le général Roh Tae-woo (conservateur) a été condamné à dix-sept ans de prison en appel pour son implication dans la répression du soulèvement de Gwangju et pour corruption. Arrêté le 16 novembre 1995, il a été libéré et gracié début 1998, sur l'intervention du président démocrate Kim Dae-jung, ancien opposant lui-même condamné à mort par le régime militaire dont Roh avait été le dernier président élu, dans une volonté de réconciliation nationale.  

Président de la République entre 1980 et 1988, le général Chun Doo-hwan (conservateur) a été poursuivi pour son implication dans le coup d'Etat de 1979, la répression du soulèvement de Gwangju et pour corruption. Il a été condamné à mort en 1996, avant que sa peine soit commuée en détention à vie en 1997. Il a aussi été libéré et gracié par Kim Dae-jung, après être resté en prison pendant deux ans. 

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 17:03

Titulaire d'une thèse de doctorat en anthropologie sociale et ethnologie, intitulée Transformations socioculturelles des Aïnous du Japon : rapports de pouvoir, violence et résistance aborigène à Hokkaidō, professeur invité à l'Université de Hokkaido, Lucien-Laurent Clercq est un spécialiste des Aïnous qui, à l'instar des Coréens pendant la colonisation japonaise, ont été soumis à une politique d'assimilation culturelle dont il expose le programme dans l'extrait, reproduit ci-après (pp. 24-26), de son introduction à l'ouvrage de Nukishio Kizô, Assimilation et vestiges des Aïnous. Manifeste précurseur autonome. Le livre de Nukishio Kizô a été publié pour la première fois en 1934, et republié par les Presses de l'Université du Québec en 2023 (ouvrage traduit du japonais par Sakurai Norio et Lucien-Laurent Clercq). A la veille du 80e anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise, le 15 août 1945, nous mettons ainsi l'accent sur un aspect encore largement méconnu en Occident de l'idéologie impérialiste japonaise, qui s'appliquait non seulement aux Aïnous (peuple autochtone du Japon et de l'Extrême-Orient russe), mais aussi, entre autres, aux Ryukyuans (dont le royaume a été annexé par le Japon en 1879), aux Taïwanais (l'île de Formose étant devenue japonaise en 1895) et aux Coréens (colonisés à partir de 1910).

"Assimiler culturellement les identités non japonaises" (Lucien-Laurent Clercq)

Lucien-Laurent Clercq explique comment la constitution de l'empire japonais, au début du XXe siècle, s'est accompagnée de l'émergence et de la promotion d'un discours racialiste, reconnaissant certes une pluralité d'origines ethniques (y compris - et d'abord - de l'ethnie yamato majoritaire), mais pour prôner une assimilation des minorités conduisant à niant cette diversité :

Une théorie inédite (...) associant les habitants peuplant ce vaste empire à l'hétérogénéité des origines de l'ethnie yamato majoritaire au Japon, puisque celle-ci s'était constituée à travers l'apport de nombreuses "races" différentes. L'expansion coloniale étant légitimée par cette mixité de "races", il relevait du Japon de réunir tous ces peuples ayant bénéficié dans les temps anciens de la bienveillance du gouvernement impérial et avec lesquels le peuple yamato partageaient de lointaines origines. Les idéologues de l'empire s'appuyèrent sur cette théorie pour affirmer que (...) les sujets coloniaux étaient eux-mêmes des Japonais, dont les différences socioculturelles finiraient par s'effacer grâce aux politiques d'assimilation.

Ce processus d'impérialisation, note toujours Lucien-Laurent Clercq, avait déjà été conduit "par le passé à travers tout l'archipel". 

Les voies de l'assimilation ont été d'abord culturelles, conduisant à une adoption forcée de la langue et des coutumes japonaises, d'abord menée à Hokkaido (où réside la minorité aïnoue) avant une généralisation dans les colonies (dont la Corée et Taïwan) dans les années 1930 :

Il s'agissait donc d'assimiler les identités culturellement non japonaises (Ryûkyû, Aïnous, Coréens, Taïwanais, etc.) en contraignant leurs membres à adopter les coutumes et la langue nippones. Hokkaido fut l'un des lieux où ces méthodes furent d'abord mises en place avant qu'elles ne soient massivement adoptées à partir de 1930 dans toutes les colonies.

Lucien-Laurent Clercq relève enfin que cette idéologie s'inscrit dans celle de l'Etat-famille, faisant de l'empereur le père spirituel de la nation.

Enfin, les conséquences de cette idéologie intrinsèquement raciste étaient que les "races" inférieures étaient appelées à disparaître, au premier rang desquels les Aïnous, peuple autochtone dont la présence dans l'archipel, difficile à dater avec précision, est en tout cas antérieure à celle des Japonais (les estimations varient de 13 000 à 300 avant l'ère chrétienne) :

(...) les "races" inférieures avaient perdu le combat pour la survie et devaient donc disparaître. Cette idée s'appuyait sur un discours de la "race" justifiant les relations de domination des Japonais sur les Autochtones (...)

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6 août 2025 3 06 /08 /août /2025 14:23

Il y a 80 ans, le 6 août 1945, une bombe nucléaire ("Little Boy") était larguée par les Etats-Unis sur Hiroshima - avant une seconde attaque nucléaire sur Nagasaki trois jours plus tard. Le bombardement atomique sur Hiroshima a causé immédiatement 70 000 victimes, auxquelles se sont ajoutées des dizaines de milliers d'autres morts dans les mois suivants sous l'effet de maladies, de brûlures et de radiations. Environ 20 % des victimes sont coréennes, de nombreux Coréens ayant été déportés pour travailler au Japon qui colonisait alors la péninsule coréenne - et Hiroshima comptait une communauté de 140 000 Coréens lors de l'attaque. Une journaliste de la BBC, Hyojung Kim, a rencontré les derniers survivants, âgés, malades, abandonnés et stigmatisés.  Alors que les conséquences des radiations affectent aussi leurs descendants, il est plus que jamais urgent de connaître leurs témoignages pour ne pas oublier l'horreur des seuls bombardements nucléaires à ce jour dans l'histoire de l'humanité - et tout faire pour que plus jamais les armes nucléaires ne soient utilisées. 

La parole aux victimes coréennes du bombardement sur Hiroshima

Aujourd'hui âgée de 88 ans, Lee Jung-soon a ainsi témoigné de la dévastation et de la désolation causées par le bombardement nucléaire : 

Mon père était sur le point de partir au travail, mais il est soudainement revenu en courant et nous a dit d’évacuer immédiatement (...) Ils disent que les rues étaient remplies de morts – mais j’étais tellement choquée que tout ce dont je me souviens, c’est d’avoir pleuré. J’ai juste pleuré et pleuré.

Un autre survivant, Shim Jin-tae (83 ans), déplore qu'aucun pays n'a reconnu sa responsabilité dans la catastrophe. Ni les Etats-Unis ne se sont excusés pour l'attaque, ni le Japon pour avoir échoué à protéger les Coréens vivant à Hiroshima, tandis que les victimes ont été laissées à elles-mêmes par les autorités coréennes :

Pas le pays qui a largué la bombe. Pas le pays qui n’a pas su nous protéger. L’Amérique ne s’est jamais excusée. Le Japon fait comme s’il ne savait pas. La Corée ne vaut pas mieux. Ils se rejettent tous la faute – et nous, on reste seuls.

La journaliste de la BBC a rencontré les survivants et leurs familles à Hapcheon, en République de Corée (Corée du Sud), d'où ils étaient originaires et où la proportion de rapatriés a valu à la ville de 40 000 habitants le surnom de "Hiroshima de la Corée".

Les conséquences sanitaires sont lourdes, même si le lien de causalité avec l'attaque nucléaire est difficile a établir (à l'instar, par exemple, des victimes de la dioxine) : Mme Lee souffre d'un cancer de la peau, de la maladie de Parkinson et d’une angine de poitrine. Elle vit avec fils Ho-chang, qui a été diagnostiqué d’une insuffisance rénale et suit une dialyse dans l'attente d'une greffe.

Affectés aux tâches les plus ingrates dans le Japon colonial, ce sont souvent les Coréens qui, à Hiroshima, ont dû ramasser les corps et les brûler dans les cours d'école.

Enfant tué par un bombardement nucléaire (ici, à Nagasaki)

Enfant tué par un bombardement nucléaire (ici, à Nagasaki)

Le taux de mortalité parmi les Coréens à Hiroshima, avec 40 000 morts sur une population de 70 000, s'établit à 57,1 %, très au-dessus de la moyenne (33,7 %).

Identifiables par leurs maladies, notamment par leurs problèmes de peau, les survivants rapatriés à Hapcheon ont souffert de discriminations à leur retour en Corée. Et comme l'observe M. Shim, le devoir de mémoire et la reconnaissance sont plus importants qu'une compensation, au moment où les derniers survivants nous quittent peu à peu : 

La mémoire compte plus que les compensations (...) Nos corps se souviennent de ce que nous avons vécu… Si nous oublions, cela recommencera. Et un jour, il ne restera plus personne pour raconter l’histoire.

Photos : wikipédia.

Source : 

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28 juin 2025 6 28 /06 /juin /2025 10:56

Si l'alphabet coréen n'a été créé qu'au quinzième siècle, à l'initiative du roi Séjong, des systèmes plus anciens de transcription apportent un aperçu de la langue coréenne et constituent des témoignages de premier plan sur son évolution. En particulier, le hyangchal est un système de transcription utilisant des caractères chinois (hanja), qui pourrait être antérieur à un autre système de transcription (idu) codifié par Seol Chong en 692 - ou l'une des formes du idu selon d'autres auteurs.

L'alphabet coréen créé à l'initiative du roi Séjong

L'alphabet coréen créé à l'initiative du roi Séjong

Le hyangchal (qui veut dire littéralement "lettres vernaculaires") a été développé depuis environ le cinquième siècle dans le royaume de Silla (qui a pris fin au dixième siècle), lequel dominait alors culturellement les autres royaumes coréens. Ceux-ci auraient toutefois aussi utilisé le même système ou un système analogue, mais la transcription du coréen dans ces autres Etats est mal documentée. 

Dans le hyangchal, les caractères chinois utilisés doivent d'abord être vus comme une aide à la lecture phonétique du coréen.

Dans le hyangchal, chaque syllabe est transcrite avec un seul graphème. Le système d’écriture couvre non seulement les particules, les suffixes et les verbes auxiliaires, mais aussi les noms, les verbes, les adjectifs et les adverbes.

Il a été utilisé pour transcrire la poésie hyangga, dont nous sont parvenus seulement vingt-cinq poèmes (de l'ère Silla et de l'époque Koryo, qui a succédé à Silla), dont le poème Jemangmaega de Wolmyeongsa (월명사). Les poèmes hyangga sont considérés comme les plus anciens textes littéraires écrits en coréen. Les mots sont coréens et leur ordre est également propre à la langue coréenne. 

C'est le moine et poète Kyunyeo (923-973), lettré du clan de Hwangju Byeon, biographe de la fin de l'ère Silla, qui a utilisé pour la première fois le terme hyangchal pour transcrire la poésie hyangga.

Sources :

- Ho-Min Sohn, The Korean Language, Cambridge University Press, 1999.

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12 octobre 2024 6 12 /10 /octobre /2024 21:28

La Sud-Coréenne Han Kang a obtenu le Prix Nobel de littérature le 10 octobre 2024. Alors que la littérature coréenne est considérée comme l'une des plus riches au monde, marquée par l'influence d'auteurs comme Ko Un et Hwang Sok-yong, c'est la première fois qu'un écrivain de la République de Corée obtient le prix Nobel de littérature - et le deuxième prix Nobel décerné à un Coréen, après le prix Nobel de la paix qui avait récompensé Kim Dae-jung, artisan du rapprochement intercoréen. 

Han Kang, en 2017

Han Kang, en 2017

Née le 27 novembre 1970 à Gwangju, la romancière Han Kang a grandi dans un milieu marqué par la littérature et l'engagement : son père, le romancier Han Sung-won, a connu Cho Se-hui et a notamment obtenu le prix littéraire Yi Sang en 1988. Sa fille a décroché le même prix littéraire en 2005.

Inspirée par Lim Chul-woo, Kang So-cheon, Ma Hae-song, Astrid Lindgren, Dostoïevski ou encore Pasternak, Han Kang fait ses débuts littéraires avec la publication de cinq de ses poèmes en 1993, dont Hiver à Séoul, dans la revue Littérature et société. Mais c'est en tant que romancière qu'elle devient l'un des auteurs majeurs de la littérature coréenne : après le recueil de nouvelles Un amour de Yeosu, publié en 1995, elle plonge ses récits dans l'histoire tumultueuse de la République de Corée, notamment à l'époque de la dictature, tout en dressant des portraits psychologiques de personnages exposés dans leur grandeur d'âme et leu vulnérabilité. Le prix Nobel l'a récompensée "pour sa prose poétique intense qui affronte les traumatismes historiques et expose la fragilité de la nature humaine". 

Le roman Celui qui revient (2014) a pour thème le soulèvement de Gwangju en 1980. Récompensé du prix Médicis étranger en 2023, Impossibles adieux revient, en 2021, sur le soulèvement de Jeju - où elle avait elle-même vécu quatre mois, en rencontrant des témoins de la répression - en 1948. Cet engagement lui avait valu de figurer sur la liste noire des artistes ne devant pas recevoir de subventions gouvernementales sous la présidence de la très autoritaire Park Geun-hye. 

Han Kang s'est également engagée sur les sujets de société. La Végétarienne, premier de ses romans traduit en anglais, également adapté au cinéma par Lim Woo-seong en 2010 (Vegetarian), raconte comment l'héroïne, Yeong-hye, choisit de devenir vegan, et quelles sont les pressions qu'elle subit. La Végétarienne a reçu l'International Booker Prize en 2016. Han Kang explore les thèmes de la mort et de la solitude dans Pars, le vent se lève (2010) et Blanc (2016).

L'oeuvre puissante et forte de Han Kang a été publiée en français par les éditions Le Serpents à Plumes, et par Grasset pour Impossibles adieux.

Sources : 

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5 décembre 2023 2 05 /12 /décembre /2023 18:21

Les Français qui s'intéressent un peu à la généalogie savent que, en l'absence d'obligations de tenir des registres d'état civil dans notre pays jusqu'au XVIe siècle, disposer de données pour les périodes antérieures implique généralement de compter un ancêtre appartenant à la noblesse. L'ancienne Corée royale ne fait pas exception : ce sont les nobles (yangban) qui étaient les plus attachés à tenir des documents prouvant leur ascendance. Cette fonction était assurée par les registres généalogiques, appelés en coréen jokbo.  

Diagramme montrant les principaux patronymes en Corée

Diagramme montrant les principaux patronymes en Corée

Chaque famille se devait de tenir un jokbo, qui était transmis de génération en génération en étant reçu et conservé par le fils aîné. Dans la société coréenne traditionnelle, il servait notamment de preuve à une ascendance yangban - ce qui explique qu'il pouvait être falsifié et amène à recourir à toutes les précautions d'usage quand le jokbo est utilisé comme source historique. Idéalement, il doit en effet pouvoir être recoupé avec d'autres sources.

Dans la société de classes qu'était la Corée du Choseon, les clans familiaux jouaient par ailleurs un rôle primordial. Manifestement inspiré des registres établis par la Chine impériale (le premier jokbo coréen serait celui du philosophe et poète Choe Chiwon, mort au Xe siècle, à la fin de la dynastie Silla), le jokbo attestait ainsi de l'appartenance à un même clan tout en permettant d'identifier les différentes générations. Il servait aussi - et sert toujours - de base pour pratiquer le culte des ancêtres, sa tenue étant associée à l'entretien des tombes et plus largement des lieux liés à l'histoire de la famille, notamment les demeures familiales.

Le film éponyme Jokbo (en français : Généalogie), réalisé par Im Kwon-taek et sorti en 1979, combine le thème de la résistance antijaponaise (impliquant l'obligation pour les Coréens d'adopter un patronyme japonais) et le récit d'une famille qui s'organise autour de la figure de son patriarche. 

Alors que beaucoup de Coréens portent un même patronyme, le jokbo permet d'identifier ceux qui appartiennent à une même famille. Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée, appartient pour sa part à une lignée de gardiens de tombes de yangban. En 1992, Kim Il-sung a indiqué que sa famille appartenait aux Kim de Jeonju (aujourd'hui la capitale de la province du Jeolla du Nord, en République de Corée), où le tombeau du fondateur est conservé dans les monts Moak, situés dans la zone de montagne entre Jeonju et Wanju. Les ancêtres de Kim Il-sung auraient déménagé à Mangyongdae, près de Pyongyang, entre 1810 et 1820, en restant des gardiens de tombes. 

Sources : 

- Kim Hakjoon, Dynasty, université Stanford, 2015, p. 25 sq.

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18 juin 2023 7 18 /06 /juin /2023 11:02

Avant la colonisation japonaise de la Corée (1910-1945), la péninsule a été soumise à des influences étrangères majeures - et des luttes de pouvoir entre grandes puissances. Le 8 octobre 1895, l'assassinat atroce de la reine Min (connu en Corée comme l'incident Eulmi), par les Japonais, est l'un des points paroxysmiques de ces rivalités dont la Corée a payé lourdement le prix : alors que le traité inégal avec le Japon s'était traduit par une crise politique, économique et sociale dans la péninsule, la reine Min (également désignée comme l'impératrice Myeongseong, ayant obtenu le titre d'impératrice après sa mort, en 1902) exerçait le pouvoir réel en tant qu'épouse du roi Gojong. Elle favorisa l'influence russe pour contrebalancer le rôle croissant du Japon après la défaite chinoise à l'issue la première guerre sino-japonaise (août 1894-avril 1895). Des troupes pénétrèrent dans le palais impérial vers 4 heures du matin à l'instigation de Miura Goro, ministre résident au Japon, et opérèrent un massacre qui souleva une vague de protestation internationale - conduisant au procès de Miura Goro, finalement acquitté par la justice japonaise.

Portrait présumé de l'impératrice Myeongseong

Portrait présumé de l'impératrice Myeongseong

Le déroulé des événements de l'incident Eulmin a pu être reconstitué grâce à divers témoignages.

Le rôle de collaborateurs japonais quant à l'entrée dans la résidence impériale est discuté. Le roi Gojong - qui se réfugiera dans la légation russe - s'efforça de retarder les assaillants pour permettre la fuite de son épouse, et fut frappé, à l'instar du prince héritier. Menacé par un couteau, le prince héritier ne révéla pas où se trouvait sa mère. La reine Min s'était déguisée en courtisane, mais le geste héroïque - et vain - du grand chambellan qui voulut empêcher l'accès à la souveraine la désigna en réalité aux assassins. Son meurtre est ainsi décrit par l'historien Christian Kessler : 

Face à eux se dresse alors le grand chambellan qui, les bras croisés, impressionnant, était le dernier rempart avant les appartements de la reine. On lui coupe les mains, le larde de coups de couteau avant de le laisser mort baignant dans son sang. Les assaillants se précipitent dans les appartements de la souveraine. Là, ils découvrent une femme de très petite taille, cachée dans un recoin. S’agit-il de la reine ? Elle nie farouchement, se débat, s’enfuit même en hurlant dans les corridors. Rapidement rattrapée, elle est percée par les sabres. On fait venir les femmes de la cour pour identification. A leur effroi, au cri de « Mais c’est la reine ! », les assaillants savent qu’ils ont accompli leur sinistre besogne.

La reine vit encore. On l’attache à une planche et l’enveloppe d’une couverture de soie. Puis on porte le corps jusqu’à un bosquet de pins non loin du palais et on le brûle.

Ce récit, exact, ne retrace cependant pas toute l'horreur du crime ainsi perpétré : la résistance acharnée (et qui causa des pertes importantes) des troupes coréennes protégeant le souverain et son épouse et lui restèrent fidèles ; la mort également de courtisanes ; le viol du corps défunt de la reine Min. Des Japonais n'appartenant pas aux forces régulières (membres des yakuzas) jouèrent aussi un rôle déterminant en prêtant main forte aux assaillants dont certains portaient des vêtements civils.

Il faudra attendre 1897 pour que le roi Gojong - revenu au pouvoir, avec le soutien russe - honore la mémoire de son épouse, lors de funérailles somptueuses à la hauteur de l'amour qu'il lui portait. 

La reine Min est également restée dans l'histoire pour le rôle qu'elle a joué, en tant que femme, dans la modernisation de la Corée - alors que mariée jeune à Gojong elle avait alors été perçue comme facilement manipulable. Le site "l'histoire par les femmes" souligne ses initiatives réformatrices : 

Une école pour les enfants de l’élite ouvre au palais, avec des professeurs étrangers qui enseignent en anglais. La reine Min fait également ouvrir la première école destinée aux fillettes et ouverte aux enfants défavorisées. Elle cherche à mettre un terme aux persécutions contre les chrétiens et invite même des missionnaires. Sous son règne, le premier journal du gouvernement parait. Elle modernise en profondeur l’armée et son armement, mais néglige la marine.

Ce portrait favorable mérite cependant d'être nuancé. La reine Min a également favorisé la soumission à des puissances étrangères, y compris dans la répression du mouvement Tonghak - et a maintenu un exercice du pouvoir resté traditionnel, marqué notamment par la corruption et l'élimination de ses opposants.

Sources : 

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18 mai 2023 4 18 /05 /mai /2023 23:49

Comme l'indique le site de l'UNESCO, "le Registre international Mémoire du Monde comprend le patrimoine documentaire (...) répondant aux critères de sélection en ce qui concerne son intérêt international et sa valeur universelle exceptionnelle. L'inscription au registre affirme publiquement l'importance du patrimoine documentaire, le fait mieux connaître et permet d'y accéder plus facilement, facilitant ainsi la recherche, l'éducation, le divertissement et la préservation dans le temps. En décembre 2017, on dénombrait 430 inscriptions sur le registre international MoW." Dans ce cadre, ce sont trois nouvelles séries de documents - deux sud-coréennes et une nord-coréenne - qui ont été inscrites le 18 mai 2023 au Registre international Mémoire du monde de l'UNESCO, portant le nombre total d'inscriptions coréennes à 18 pour la République de Corée (Corée du Sud) et à 2 pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).  

Capture de Jeon Bong-jun, dirigeant du mouvement Donghak, en décembre 1894

Capture de Jeon Bong-jun, dirigeant du mouvement Donghak, en décembre 1894

En choisissant, d'une part, des documents sur des révolutions coréennes, d'autre part, une archive à caractère scientifique, l'UNESCO a mis en exergue le rôle joué par les Coréens dans l'histoire politique mondiale ainsi que leur contribution au progrès technique et scientifique - en l'espèce, en astronomie, alors que les Coréens ont été pionniers pour d'autres technologies, comme l'imprimerie.

Le document scientifique est le Hon Chon Jon Do, une illustration de l'ensemble de la carte céleste, gravée sur bois, dont l'inscription a été soumise par la RPD de Corée. Pour leur part, les autorités sud-coréennes ont proposé - et obtenu - que soient retenus 185 documents relatifs au mouvement Donghak, révolte paysanne qui, en 1894 et 1895, a été une étape marquante dans le mouvement d'émancipation de la Corée et plus largement dans la lutte pour les droits de l'homme dans le monde, ainsi que 1 019 documents portant sur la révolution d'avril 1960. Ces deux événements occupent également une place importante dans l'historiographie nord-coréenne.

Les archives relatives à la guerre paysanne du Donghak témoignent du refus de la corruption, ainsi que de la volonté des masses paysannes de fonder une société plus juste.

Constitués de documents provenant des agences gouvernementales, des partis politiques, de l'Assemblée nationale ou encore de particuliers, les documents relatifs à la révolution de 1960 permettent de retracer la genèse, le déroulement et l'issue du soulèvement initiés par les étudiants, ayant causé 186 victimes, et qui à certains égards préfigure les mouvements étudiants de la fin de la décennie.

Principale source : 

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3 mai 2023 3 03 /05 /mai /2023 10:51

Le 28 avril 1960 étaient retrouvés les corps sans vie de Lee Ki-poong, dont l'élection frauduleuse à la vice-présidence de la République avait entraîné le déclenchement de la révolution d'avril 1960, de sa femme Maria Park, et de leurs deux fils, l'aîné Lee Kang-seok et le cadet Lee Kang-wook. Lee Kang-seok avait encore dans la main son pistolet militaire .45 ACP. Ainsi se dénouait tragiquement l'existence de toute une famille qui avait joué un rôle grandissant dans les dernières années du mandat de Syngman Rhee et avait semblé promise à un encore plus grand avenir. 

De gauche à droite : Lee Kang-seok, Lee Ki-poong, Maria Park et Lee Kang-wook

De gauche à droite : Lee Kang-seok, Lee Ki-poong, Maria Park et Lee Kang-wook

Lorsque l'autocrate Syngman Rhee, âgé de 85 ans, se représente une nouvelle fois à l'élection présidentielle, le décès de son concurrent démocrate (ce qui lui assure une élection automatique), son âge et son état de santé conduisent à ce que la désignation du vice-président constitue le véritable enjeu de l'élection : le colistier de Syngman Rhee, Lee Ki-poong, du Parti libéral, a comme concurrent principal le vice-président sortant, Chang Myon (Parti démocratique), qui l'avait battu - de peu - en 1956 (46,43 % contre 44,03 %). Contre toute attente, Lee Ki-poong obtient une victoire écrasante (79,19 % contre 17,51 % à Chang Myeon). L'ampleur de la fraude électorale est telle que le Parti démocratique refuse de reconnaître les résultats et que la révolution éclate. 

Si la personnalité de Syngman Rhee a dominé la vie politique sud-coréenne jusqu'en 1960, le rôle de Lee Ki-poong mérite cependant d'être rappelé à sa juste valeur. Issu d'une famille yangban déchue, tombée dans le dénuement, Lee Ki-poong, né le 12 décembre 1896 dans la province de Chungcheong, a perdu son père à l'âge de 7 ans. Il était un descendant de Taejong, troisième roi de la dynastie Joseon. Parti étudier aux Etats-Unis, où il multiplie les petits boulots et se lance dans des affaires peu fructueuses, il rencontre Syngman Rhee, dont il devient un proche collaborateur, et s'implique dans les milieux indépendantistes. Il fait aussi la rencontre de Maria Park, issue d'une lignée yangban et enseignante à l'université Ewha ; leur union est célébrée en 1934, malgré l'opposition initiale de la belle-famille, estimant qu'il s'agissait d'une mésalliance. Après la Libération, Lee Ki-poong est devenu le secrétaire particulier de Syngman Rhee, ce qui lui permet d'occuper des postes de confiance, comme maire de Séoul, et un temps ministre de la défense pendant la guerre de Corée, et surtout d'être un des principaux dirigeants et organisateurs du parti au pouvoir. Maria Park est aussi très proche de Francesca Donner, l'épouse autrichienne de Syngman Rhee. Sans enfants, Syngmann Rhee et Francesca Donner adoptent en 1957 Lee Kang-seok, le fils de Lee Ki-poong et Maria Park, né le 1er février 1937.  Après avoir envisagé des études de droit, Lee Kang-seok rejoint l'Académie militaire et devient officier. Lee Ki-poong et sa famille deviennent alors, aux yeux de l'opinion publique sud-coréenne, les symboles honnis d'un système de pouvoir clanique.

Les circonstances de la mort de Lee Ki-poong, Maria Park, Lee Kang-seok et Lee Kang-wook (qui n'avait que 18 ans) sont controversées. La famille vivait alors retranchée, sous protection, menacée par les manifestants. Dans la tradition orientale, Lee Ki-poong, estimant n'avoir plus d'avenir, aurait pu juger honorable un suicide collectif dont Lee Kang-seok aurait été l'exécutant, avant que ce dernier retourner sa propre arme contre lui-même. D'autres modes opératoires auraient été envisagés par Lee Ki-poong - notamment le recours au poison. Pour d'autres, c'est Lee Kang-seok qui avait le plus à perdre, étant le fils adoptif et l'héritier présumé de Syngman Rhee, et il aurait pris l'initiative de tuer son père, sa mère et son jeune frère avant de se suicider. Enfin, selon d'autres auteurs s'appuyant sur des éléments balistiques quant à la mort de Lee Kang-seok, Kwak Young-joo, le chef de la garde présidentielle, aurait assassiné les quatre membres de la famille Lee, dans l'espoir de calmer les manifestants. Quelles que soient les circonstances, ainsi prenait fin tragiquement la vie de Lee Ki-poong, Lee Kang-seok et Maria Park, qui avaient exercé une influence majeure dans les affaires publiques sud-coréennes et avaient été si proches d'exercer le pouvoir suprême. 

Pour leur part, Syngman Rhee et Francesca Donner devront prendre le chemin de l'exil, à Hawaï, où Syngman Rhee décèdera le 19 juillet 1965. Francesca Donner retournera alors en Autriche, puis en Corée du Sud dans l'ancienne maison du Président Rhee, accompagnée de son troisième et dernier fils adoptif, Rhee In-soo, avant de disparaître le 19 mars 1992. 

Sources : 

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