Dans le cadre de leur tournée mondiale Arirang, le groupe phare de la K-Pop BTS (qui a inscrit un double record au Livre Guinness des records : plus grand nombre de retweets sur Twitter et plus grand nombre de vues sur Youtube en 24 heures, pour le clip de Butter en 2021) a donné deux concerts au Stade de France, les 17 et 18 juillet 2026. Surprise : en cette année du 140e anniversaire de l'établissement des relations entre la France et la Corée (donnant lieu à un ensemble d'événements culturels), le couple présidentiel assistait au concert du 17 juillet. Mais plus qu'Emmanuel Macron, c'est surtout son épouse Brigitte Macron qui affiche une passion pour la K-Pop, bravant les préjugés.
Brigitte Macron, plus que son époux, affiche une passion pour la K-Pop en général, et BTS en particulier
Avant de se produire lors de la finale de la Coupe du monde de football, aux côtés de Madonna et Shakira, BTS a joué à guichets fermés au Stade de France. Lors du concert du 17 juillet 2026, Emmanuel et Brigitte Macron étaient dans le public : si lui était en costume-cravate, elle avait opté pour une tenue plus décontractée, en jean, T-shirt et veste blanche, Army Bomb à la main.
Certains y verront une réminiscence de Jacques Chirac au concert de Madonna à Paris en août 1987, dans une démarche de communication pour s'attirer les voix des plus jeunes.
La comparaison avec Jacques et Bernadette Chirac ne s'arrête pas là : dans le cadre de l'opération Pièces jaunes qu'a reprise Brigitte Macron, l'épouse du chef de l'Etat avait fait venir J-Hope, principal danseur de BTS, pour la troisième édition du gala des Pièces jaunes, en janvier 2025. Et lors d'un dîner d'Etat avec le président de la République de Corée Lee Jae-myung, Brigitte Macron était repartie avec des albums dédicacés de BTS, G-Dragon et Stray Kids, comme l'avait montré une photo postée par son directeur de cabinet.
Si la diplomatie de la K-Pop pouvait aussi jouer un rôle analogue à celle du ping-pong pour progresser vers la paix et la sécurité collective en Asie du nord-est, nous ne pourrions que nous en réjouir - mais jusqu'à présent la diplomatie d'Emmanuel Macron a toujours affiché ses distances avec la volonté de dialogue intercoréen des présidents démocrates de la République de Corée, hier Moon Jae-in et aujourd'hui Lee Jae-myung.
NOUS Y ÉTIONS - Le groupe de K-pop sud-coréen a donné vendredi soir son premier concert en France depuis 2019. Le chef de l'État et 93 000 autres personnes ont assisté à cette grande célébr...
De 1987 à 1999, la ville communiste de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, a été jumelée avec la grande ville portuaire de Nampo, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette histoire reste encore largement à écrire, alors qu'il s'agit à notre connaissance du seul jumelage d'une commune française avec une ville nord-coréenne.
Le barrage-écluse de la mer de l'Ouest, à 6 kilomètres de Nampo
De cette coopération décentralisée, dont on retrouve les débuts, en 1987, sur un site recensant les différents jumelages de villes françaises, il ne reste plus grand-chose - sinon une plaque de la ville de Montreuil dans la tour aux idées du Juche, à Pyongyang.
Un court article de Camille Sari, indiquant que ce jumelage (auquel il a participé) a pris fin en 1999, y revient brièvement, en indiquant qu'il impliquait aussi des prospections pour des échanges économiques avec la région coréenne autonome de Yanbian, dans la province de Jilin, la capitale du district autonome coréen étant Yanji, où l'auteur s'est rendu :
Par ailleurs, j'ai prospecté avec des entreprises est-parisiennes dans la région autonome coréenne, partie intégrante de la République Populaire de Chine.
Camille Sari revient sur les liens historiques entre la Chine et la RPDC, largement issus des combats menés en commun pendant la guerre de Corée. Le projet de coopération décentralisée avec la ville de Yanji n'a semble-t-il pas abouti, alors qu'en revanche la proposition de coopération avec Changchun, capitale de la province de Jilin, reste inscrite dans la mémoire de la solidarité internationale de la ville de Montreuil :
A l'issue de mes investigations sur place, j'ai conseillé à la municipalité montreuilloise de conclure un partenariat avec la capitale de la province de Jilin à savoir Changchun bastion de FAW, fabriquant de voitures et véhicules utilitaires conjointement avec Volkswagen.
On apprend sinon que des délégations de la ville de Montreuil se sont rendues à plusieurs reprises en RPDC dans le cadre du jumelage avec Nampo - et c'est probablement lors de l'un de ces voyages qu'a été apposée la plaque de la ville de Montreuil.
Pour l'anecdote, c'est le même maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard, qui a quitté le Parti communiste français en 1996, qui initiera le jumelage avec Nampo et y mettra fin - devenant d'ailleurs ensuite l'un des plus vifs contempteurs (comme ici et là) du régime nord-coréen.
J'ai eu l'opportunité de participer à un jumelage entre Montreuil sous bois et la ville Nord-Coréenne NAMPO (qui a pris fin en 1999). Par ailleurs, j'ai prospecté avec des entrepris...
Alors que la France et la République de Corée (RdC, Corée du Sud) célèbrent en 2026 le 140e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques franco-coréennes, en 1886, le Musée Guimet propose, depuis le 20 mai et jusqu'au 31 août 2026, une exposition co-organisée avec le Musée national de Gyeongju sur l'histoire et l'art du royaume de Silla (57 av. J-C / 935 ap. J-C), l'un des plus brillants de la civilisation coréenne.
Si les gouvernements français et coréen nous proposent une commémoration, riche en événements culturels, le Musée Guimet / Musée national des arts asiatiques nous offre, lui, un trésor plus que millénaire.
Après la période dite des trois royaumes, Silla est parvenu à une première unification d'une partie importante de la péninsule coréenne, après l'annexion de Gaya (567), du royaume de Baekje (660) et enfin d'une partie du royaume de Koguryo (668) par le roi Munmu, ouvrant la période dite du Silla unifié - jusqu'à la chute du royaume de Silla, en 935.
Silla a développé un art très riche : dès la période maripgan (du 4e au début du 6e siècles) correspondant à l'essor du clan des Kim, l'orfèvrerie du Silla a commencé à produire non seulement les célèbres couronnes d'or, devenues emblématiques du royaume, mais aussi des parures de jade, des bijoux ouvragés et des grès figuratifs, témoignant de l'inscription du Silla dans un vaste réseau d'échanges, du Japon jusqu'à la mer Méditerranée.
Les collections permanentes de Guimet comportent d'ailleurs, datant de cette période, des bijoux en or (pendentifs, boucles d'oreille), offerts par Arthur Sachs en 1951, et une couronne en bronze doré avec des pendentifs acquise à Tokyo en 1954 par Georges Salles, directeur des musées nationaux français.
L'apogée du Silla unifié correspond à l'essor du bouddhisme et à la diffusion d'un art très inventif en dehors des tombes royales, gagnant les monastères et les pagodes, et s'exprimant plus particulièrement dans les représentations des bodhisattvas et des bouddhas.
L'exposition temporaire, abritée au rez-de-jardin du Musée Guimet, couvre un champ très vaste : elle donne à découvrir des pièces dont certaines n'avaient jamais quitté la péninsule, grâce à une collaboration exceptionnelle avec le Musée national de Gyeongju, qui était la capitale du Silla. Les trésors du Silla étaient conservés dans des lieux à l'architecture monumentale, blottis dans des plaines verdoyantes entrecoupées de montagnes boisées. Le Musée Guimet nous invite à une déambulation dans l'histoire et à la découverte de lieux parmi les plus insolites de la Corée.
Commissariat : Arnaud Bertrand, conservateur des collections Corée – Chine ancienne au musée Guimet
Yim Jaewan, conservateur senior au musée national de Gyeongju
Yun Seogyeong, assistante conservatrice au musée national de Gyeongju Informations pratiques :
Musée Guimet 6 Place d'Iéna, 75116 Paris, France. Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h (dernier accès aux salles : 17h30).
Exposition en rez-de-jardin, du 20 mai au 31 août 2026. Temps de visite estimé : 1h30. Tarifs et billetterie sur le site du Musée Guimet. Tarif plein : 15 euros. Tarif réduit : 12 euros. Gratuit pour les moins de 26 ans.
Sources :
- Pierre Cambon, L'Art coréen au Musée Guimet, Réunion des musées nationaux, 2001, pp. 46-54 et 280-286.
Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le musée national de Gyeongju et d'autres institutions muséales sud-coréennes et françaises, le musée Guimet présente, pour la première fois e...
Ayant étudié les beaux-arts à Quimper, l'illustratrice Hyunji Yoon s'est définitivement établie en Bretagne où son compte Instagram Yoon Yves - dérivé de son nom coréen - a dépassé les 50 000 followers. La recette du succès ? Un regard décalé et empreint d'humour sur les codes culturels français et coréens de celle qui est aussi l'auteure de Bibimbap ou jambon-beurre, sorti en avril 2025 chez Larousse, dans la collection "Romans graphiques".
Onze ans après son arrivée à Quimper, Hyunji Yoon a raconté dans Bibimbap ou jambon-beurre (3.000 exemplaires vendus) quelques-unes des incongruités des codes culturels français aux yeux des Coréens - parmi lesquelles la bise sonore en forme de salutation - quand l'inclinaison des corps au pays du Matin calme permet de garder la distance qui sied entre deux personnes qui n'ont pas gardé les cochons ensemble, et en tout cas pas partagé ensemble des tartines de beurre salée au petit-déjeuner.
C'est sur les conseils de Kévin Alies, dont la chaîne Youtube Argonaute Plongée dépasse les 70 000 abonnés, et qui allait devenir son compagnon, que l'artiste Yoon Yves se lance sur Instagram.
Revenue en Bretagne en 2022, elle-même a aussi voulu s'exprimer autrement en tant que dessinatrice en sortant du registre qu'elle qualifie elle-même de "mignon" (vous savez, le Kiwoyo coréen, tellement fleur bleue, eux qui disent je t'aime tellement plus facilement que les Occidentau). Après Bibimbap ou jambon-beurre, une seconde œuvre voit le jour grâce à un financement participatif : Moi, étrange connue apporte un regard beaucoup plus intime sur sa propre expérience interculturelle.
Au moment où, vague coréenne oblige, fleurissent des publications de qualité inégale sur l'interculturel français-coréen, Hyunji Yoon et le compte Instagram Yoon Yves renouvellent le genre, avec en plus une touche d'humour, de fraîcheur et de talent.
Hyunji Yoon raconte avec humour les différences entre Corée du Sud et France. Installée à Quimper, elle s'inspire des petits décalages du quotidien pour nourrir ses dessins.
L'autrice et illustratrice coréenne Hyunji Yoon veut raconter son arrivée à Quimper dans un manga. Pour ce projet, un financement participatif est ouvert jusqu'au 20 mars 2026.
Après la défaite du Troisième Reich, d'anciens Waffen-SS français ont poursuivi leur combat contre le "bolchévisme" en s'engageant pour les uns au Vietnam, pour les autres en Corée, comme ont permis de le documenter les travaux d'archives conduits sur les quelques 3 421 hommes de bataillon français de Corée que dirigeait le général Monclar.
Baraquement du bataillon français de l'ONU en Corée
Le Parti communiste français, qui dénonçait la guerre au Vietnam et en Corée, avait souligné le profil d'anciens engagés du bataillon Monclar qui avaient naguère revêtu l'uniforme de la Waffen-SS. Comme le rappelle le journal La Marseillaise, ce sont "en très grande majorité d'anciens vétérans (...) Parmi eux, énorme scandale pour l'armée française, il y a d'anciens Waffen-SS français (de la division SS "Charlemagne"), engagés sur serment de ne pas avoir pris les armes contre d'autres Français pendant le second conflit mondial". Les convictions politiques jouaient un rôle souvent décisif dans l'engagement sur le front coréen.
Pour l'armée française, ces engagés volontaires étaient des soldats comme les autres, devenus des combattants indépendamment de leur passé, et qui pouvaient se racheter - y compris lorsqu'ils avaient été poursuivis pour faits de collaboration.
On doit aux travaux de l'historien Jean-François Boulagnon, qui a soutenu une thèse de doctorat à Montpellier en 2008 puis publié un ouvrage aux éditions Grancher en 2011, d'avoir pu documenter officiellement cet aspect occulté - du moins dans la mémoire officielle de l'armée française - de l'histoire du bataillon français de l'ONU en Corée.
Jean-François Boulagnon a dépouillé, au Service Historique de la Défense, les 3 421 dossiers des hommes ayant combattu dans le bataillon de Corée : il a pu identifier formellement une quinzaine d'anciens de la Waffen-SS, principalement de la division Charlemagne. Il s'agit d'une estimation minimale, car beaucoup de combattants pouvaient dissimuler leur nom sous une identité d'emprunt. D'autres, sensiblement plus nombreux, avaient servi dans la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF) et la Milice.
Un phénomène certes minoritaires, mais pas totalement marginal, qui rappelle que pour nombre d'anciens pétainistes, voire nazis, la défaite de l'Allemagne hitlérienne exigeait à présent de lutter contre le communisme. Et certains, toujours baroudeurs, ont pu voir dans la guerre de Corée la possibilité d'une rédemption.
Sources :
Le bataillon français de l'ONU en Corée : 1950-1953, thèse soutenue par Jean-François Boulagnon à l'Université Montpellier III en 2008 sous la direction de Jules Maurin.
Jean-François Boulagnon, Le Bataillon français de l'ONU en Corée, Éditions Grancher, 2011.
Lorsque la guerre de Corée éclate en juin 1950, Marseille est en ébullition. Le Congrès mondial de la paix est né avec la célèbre colombe de Picasso...
Né en 1937, l'ancien Premier ministre socialiste (de 1997 à 2002) Lionel Jospin a joué un rôle, à plusieurs reprises, dans les relations non seulement entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), mais aussi entre le Parti socialiste et l'ensemble de la péninsule coréenne. Retour sur des itinéraires croisés, où l'on retrouve François Mitterrand.
Lionel Jospin à la gauche du Président Kim Il-sung (source)
Nous sommes dans un congrès du Parti socialiste. Une Sud-Coréenne vivant en France s'approche de François Mitterrand, alors Premier secrétaire du Parti socialiste : elle est ciblée comme opposante au régime militaire établi en République de Corée (RdC, Corée du Sud) depuis le coup d'Etat de 1961. Elle plaide surtout la cause de Kim Dae-jung qui, enlevé par le régime sud-coréen, n'a dû son salut qu'à une mobilisation internationale. A ses côtés, Lionel Jospin dit au futur président socialiste qu'il doit écouter ce qu'elle a à lui dire : l'ancien diplomate, reconverti dans l'enseignement, est parfaitement au courant des combats menés par les démocrates sud-coréens.
Secrétaire national au Tiers Monde depuis 1975, Lionel Jospin a ainsi rendu compte de l'intérêt que doit aussi porter le Parti socialiste, selon lui, à la RPDC, dans une note du 1er juin 1977 adressée à Robert Pontillon, responsable aux relations internationales du Parti socialiste - ce document étant cité par Judith Bonnin dans son ouvrage Les voyages de François Mitterrand. Le Parti socialiste et le monde (1971-1981) :
Sans être particulièrement zélateurs d'un régime communiste où le culte de la personnalité atteint de hauts sommets, nous tenons compte dans notre attitude à l'égard de la Corée du Nord de la politique de relative indépendance affirmée depuis quelques années par ce pays par rapport à l'URSS et par rapport à la Chine (la Corée du Nord a été admise à la Conférence de Lima en 1975 au Groupe des pays non alignés et elle a noué dans le Tiers Monde un réseau de relations importants : avec le Sénégal par exemple).
Quand François Mitterrand visite la RPDC, en février 1981, Lionel Jospin, alors Premier secrétaire du Parti socialiste, fait partie de la délégation qui accompagne le candidat socialiste à l'élection présidentielle. Sur les photos officielles respectant l'ordre protocolaire, le président de la RPDC, Kim Il-sung, est entouré sur sa droite de François Mitterrand, et sur sa gauche de Lionel Jospin.
Lors de la troisième cohabitation en France, entre 1997 et 2002, entre Lionel Jospin et Jacques Chirac, la question de la reconnaissance diplomatique complète de la RPD de Corée par la France se pose une nouvelle fois, alors que l'ancien opposant Kim Dae-jung (celui dont la cause était plaidée par l'intermédiaire de Lionel Jospin) est devenu Président de la RdC et qu'il encourage les pays occidentaux à normaliser leurs relations avec Pyongyang. Lionel Jospin a d'ailleurs salué le combat de Kim Dae-jung pour la liberté, dans un discours qu'il a prononcé le 15 mars 2000, à l'occasion de la première visite en France du chef d'Etat sud-coréen. Il y rappelait que Kim Dae-jung avait été l'homme d' "un engagement sans compromis", ce qui l'avait "conduit à affronter l'intimidation, la prison, la condamnation à mort". Avec le soutien de la France.
Doublée par plusieurs de ses alliés européens, la France choisit cependant de poser des conditions - ce qui la conduit à ne pas reconnaître pleinement la RPDC, toujours à ce jour. Jacques Chirac et Lionel Jospin auraient alors été en accord sur le sujet. Et il faudra finalement attendre une décennie de plus pour que, à défaut de relations complètes, la France fasse un premier pas en ce sens en ouvrant un bureau de coopération à Pyongyang en 2011.
Alors que la France semble renouer avec les Gouvernements fragiles à la durée incertaine, l’histoire institutionnelle française renvoie à des situations où des contextes ont fragilisé la stabilité de certains cabinets. En 1950, la France, qui est déjà impliquée dans la Guerre d’Indochine, suit de près le conflit qui vient de débuter dans la péninsule coréenne. La situation politique est marquée par la « Troisième force », coalition qui unit plusieurs partis allant des socialistes aux indépendants du CNI, mais qui exclut à la fois les communistes et les gaullistes. Depuis 1947, l’exclusion des ministres communistes de la scène gouvernementale intervient avec la Guerre froide en arrière-fond. Le contexte diplomatique et géopolitique va peser, avec des degrés variables, sur les Gouvernements qui doivent aussi se former selon des dosages aussi subtils que délicats. Cela explique ainsi les prudences des socialistes, résolument membres de la coalition, mais qui doivent aussi ménager leurs électeurs qui pourraient être tentés par le vote communiste. D’où des démarches contradictoires entre la volonté de peser, quitte à admettre un relatif glissement sur la droite des coalitions gouvernementales, et celle de se démarquer, mais avec le risque de laisser l’exécutif aller encore plus à droite. Or la SFIO, sans retirer son soutien aux coalitions, est de plus en plus réticente à y participer ne serait-ce qu’en ne désignant plus de ministres. C’est le début de la fin de la « Troisième Force », laquelle surviendra en 1951.
Un contexte politique perméable aux crises internationales
Georges Bidault a été nommé en 1949. Mais s’il est l'« homme des américains », il a aussi été sensible à certaines relations avec le bloc communiste, à commencer par l’URSS. Celui qui a été ministre des Affaires étrangères à plusieurs reprises entre 1944 et 1954 a même rencontré Staline. Ainsi, en 1944, il signe avec Viatcheslav Molotov, commissaire du peuple aux Affaires étrangères, le traité d’alliance entre la France et l’URSS. Mais en 1950, l’OTAN a un an et les Américains sont sourcilleux de l’alchimie gouvernementale française. La peur du communisme est aiguisée par l’avènement des démocraties populaires qui coupe ainsi l’Europe en deux. Bidault a été nommé président du Conseil parce qu’il peut « rassurer » Washington. Le début des hostilités en Corée, le 25 juin 1950, va aussi avoir des conséquences sur la stabilité gouvernementale. Georges Bidault est renversé le 24 juin 1950 à l’Assemblée nationale par 350 voix contre 230, soit un jour avant le début des hostilités. Cette fois-ci, le Gouvernement a été régulièrement renversé, à la majorité absolue des députés, et non sur leur simple humeur.
Henri Queuille est pressenti. Mais il doit d’abord s’incliner devant la candidature de Bidault à nouveau mise sur le tapis par le président de la République, Vincent Auriol. Mais le maître du jeu, Guy Mollet, leader de la SFIO, ne l’entend pas de cette oreille : Bidault a été fraîchement renversé et il n’est pas question qu’il soit à nouveau nommé. Finalement, Henri Queuille est à nouveau en lice. Il a déjà démontré des capacités à gouverner entre 1948 et 1949 et on lui attribue - peut-être avec exagération - une habilité à ne pas trancher les sujets quand ils deviennent brûlants. Le radical-socialiste corrézien sera donc nommé à Matignon. Stabilité en vue ? En réalité, si Henri Queuille a été investi par 363 voix contre 208 le 28 juin 1950, il est renversé quelques jours plus tard, le 4 juillet, par 334 voix contre 221. Son Gouvernement ne comportant pas de socialistes penchait trop à droite : une tare flagrante pour la SFIO.
La Guerre de Corée s’invite dans le jeu politique français
Au regard de ces circonstances, on se focalise sur le jeu interne. Mais la situation internationale de la France a nécessairement pesé sur une vie politique agitée. La Guerre de Corée a nécessairement eu un rôle dans la crise ministérielle qui se poursuit au début de l’été 1950. Les tensions déjà vives se sont accrues conduisant les communistes à être davantage défiants, en poussant les socialistes à soutenir encore plus mollement une coalition à laquelle ils participaient originellement. Indirectement, la Guerre de Corée s’est invitée dans une crise politique française. D’autres sujets relatifs à la politique étrangère de la France vont s’immiscer dans la situation politique du pays, comme la Communauté européenne de défense (CED), dont le rejet va conduire à une nouvelle crise en 1954.
La crise ministérielle n’a cependant pas empêché pas la France d’envoyer des troupes dans la péninsule coréenne et de participer à la coalition des Nations Unies. Le bataillon français, constitué le 25 août 1950 sous le Gouvernement de René Pleven, débarque à Busan le 29 novembre 1950. Il est vrai que le contexte de bipolarisation mondiale, marquée par la peur de l’expansion communiste, jouera fortement. Les Gouvernements se suivront, seront renversés, mais ils ne remettront pas en cause l’effort de guerre français. Il en sera ainsi jusqu’à l’armistice du 27 juillet 1953 mettant fin aux combats en Corée. En revanche, le régime de la IVe République s’est davantage fragilisé, ce qui à terme conduira à son effondrement en 1958. Mais ceci est une autre histoire… En tout état de cause, après 1950, et surtout après 1953, la Corée ne s’invitera plus dans des affaires de stabilité gouvernementale française passant même au second plan des coalitions politiques de la IVe république, puis des majorités politiques successives de la Ve république. Il aura fallu la brève existence du Gouvernement « Lecornu I » du 5 au 6 octobre 2025 pour rappeler un passé constitutionnel encore proche marqué par des situations surprenantes. La comparaison s’arrête là, même si quelques jours plus tard, le même chef du Gouvernement sera renommé le 10 octobre. Georges Bidault n’aura pas eu cette chance, probablement en raison du renversement de son Gouvernement qui devait ainsi peser pour la suite. D’une instabilité ministérielle l’autre.
Les visiteurs occidentaux à Séoul peuvent utiliser le métro sans risque de se perdre : la signalétique en langue étrangère - en particulier, en anglais - ne requiert pas de connaître la langue de Cho Se-hui. En revanche, pendant longtemps les visiteurs coréens à Paris ne pouvaient pas en dire autant : cette lacune a désormais été comblée, avec l'apparition d'une signalétique en coréen - aux côtés d'autres langues asiatiques - dans certaines stations du métro parisien.
Le mot "sortie" en coréen (출구) figure à côté de six autres langues étrangères (l'anglais, l'allemand, l'italien, l'espagnol, le chinois et l'arabe) - ce qu'il faut interpréter comme un signe d'intérêt des autorités françaises de la RATP pour les visiteurs coréens.
Cette signalétique coréenne fait écho aux annonces en plusieurs langues - dont le coréen - dans le métro parisien.
Alors que les Nord-Coréens s'apprêtent à marquer l'anniversaire de la disparition du Président Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le 8 juillet 1994, il est peu connu que ce dernier a rencontré de nombreux dirigeants étrangers et qu'il avait un intérêt plus particulier pour la France, qu'il aurait envisagé de visiter. Parmi ses visiteurs figurent des personnalités occidentales, dont François Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti socialiste, et qui s'est rendu en RPDC en février 1981, à la veille de son accession à la présidence de la République. Une rencontre qui aurait dû être immortalisée par un film, hélas disparu, de Serge Moati.
Entrevue entre François Mitterrand et Kim Il-sung, février 1981 (source : Naenara)
Beaucoup a été dit et écrit sur ce déplacement de François Mitterrand, grand voyageur, en Corée du Nord. Claude Estier, membre de la délégation du Parti socialiste qui a alors visité la RPDC, en a fait un compte rendu assez pittoresque sur le site de l'Institut François Mitterrand - ce déplacement constituant alors une étape dans une visite en Extrême-Orient, dont la principale destination était la Chine, à partir de laquelle François Mitterrand s'est rendu en RPDC. Au sein du Parti socialiste, le principal interlocuteur des Nord-Coréens était François de Grossouvre, comme l'a confirmé dans une conversation privée Roland Dumas. François de Grossouvre était un ami de l'ancien Président de la République... et un membre du réseau de la CIA stay behind. Etienne Huchet a ensuite visité la RPDC au nom du Parti socialiste et est resté l'un des interlocuteurs privilégiés des Nord-Coréens pour le PS, malgré la prise de distance entre le Parti du travail de Corée et ce qui était alors le principal parti de la gauche française à la suite, précisément, de la disparition de Kim Il-sung le 8 juillet 1994 puis de la fin du mandat de François Mitterrand en 1995.
Kim Il-sung se passionnait pour la politique intérieure française. Il a eu de très longues discussions sur ce sujet avec François de Grossouvre ou plus souvent encore avec Guy Dupré, alors secrétaire général du CILRECO, actuel président d'honneur de l'AAFC. C'est donc sans surprise que l'élection présidentielle française a été au menu de la rencontre entre François Mitterrand et Kim Il-sung en février 1981 - trois heures durant (temps d'interprétariat inclus, et pensons au labeur des travailleurs de l'ombre que sont les interprètes). Kim Il-sung en est ressorti convaincu de s'être entretenu avec le futur président de la République française. Dès l'annonce des résultats de l'élection présidentielle, un énorme bouquet de fleurs des Nord-Coréens a salué la victoire du candidat de la gauche. Enfin, la RPDC a été le premier Etat étranger à émettre un timbre à l'effigie de François Mitterrand.
Grâce notamment à l'excellent travail de master de Judith Bonnin, consacré aux voyages de François Mitterrand en tant que premier secrétaire du Parti socialiste entre 1971 et 1981, on connaît la composition exacte de la délégation qui accompagnait François Mitterrand en visite en RPDC en février 1981. Parmi ses membres figure le journaliste Serge Moati, dont un article de Ouest France observe qu'il a tiré de cette visite un film qui a disparu (ce qui est décidément une malédiction tenace s'agissant des voyages en Corée du Nord, puisque le film de Yann Moix sur Gérard Depardieu en Corée du Nord n'est non plus jamais sorti). Encore un mystère dans la mystérieuse Corée du Nord...
Originaire de Dangjin, la Sud-Coréenne Naraé Kim a été distinguée comme pâtissière de l'année 2024 par le guide Gault & Millau. La prestigieuse récompense, remise au pavillon d'Armenonville à Paris le 6 novembre 2023, est une consécration pour la cheffe pâtissière du Park-Hyatt Paris Vendôme.
Naraé Kim
Amoureuse de la France, c'est toutefois en Corée que Naraé Kim a fait ses classes, en pâtisserie et en nutrition, avant de travailler pour le groupe Hyatt à Guam, à Séoul et au Vietnam. Après avoir exercé au Cheval Blanc à Courchevel au sein du groupe Yannick Alléno, elle rejoint à nouveau Hyatt et l'établissement Paris-Vendôme, en officiant aux côtés du chef Jean-François Rouquette qu'elle a remercié lors de la remise de sa récompense.
Avant d'être distinguée par le célèbre guide jaune, Naraé Kim avait multiplié les réussites aux concours, étant deux fois médaillée d'or (2015 et 2016) au World Global Pastry Chef Challenge WACS.
Dans le portrait dressé d'elle pour le Salon du Chocolat, il était souligné sa recherche d'une subtilité dans les goûts, les arômes et les sensations :
Inspirée par la nature et les saisons, dans la recherche de l’essence, de l’histoire et d’un certain réalisme, la pâtisserie de Narae Kim promeut une mise en lumière technique et gourmande des produits bruts et sains. Avec originalité, une véritable subtilité dans les goûts, et beaucoup de rondeur, la pâtissière s’attache à sublimer les sensations du nez et du palais car les arômes sont fondamentaux dans la construction de ses desserts.
Soignant toujours le visuel avec douceur, pour un style aussi féminin que délicat, celle qui admire les arts et les artisans d’art articule son travail autour de la minéralité et du respect des corps, faisant ainsi briller haut l’étendard de la pâtisserie moderne.
Naraé Kim - Chef pâtissière du Park Hyatt Paris-Vendôme Originaire de Corée du Sud, Narae Kim est la cheffe pâtissière du Park Hyatt Paris-Vendôme. A 15 ans, la jeune coréenne découvre la...