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4 septembre 2026 5 04 /09 /septembre /2026 14:36

Le 4 septembre 2013, Lee Seok-ki, alors député sud-coréen, était arrêté après la levée de son immunité parlementaire. Treize ans plus tard, cette arrestation demeure un épisode profondément inquiétant de l’histoire démocratique récente de la République de Corée (RdC, Corée du Sud).

L'affaire Lee Seok-ki, symbole des limites de la démocratie sud-coréenne

Les autorités l’accusaient d’avoir fomenté une insurrection et préparé le renversement de l’ordre constitutionnel. Le dossier reposait notamment sur des propos tenus lors d’une réunion politique privée. Lee Seok-ki a toujours nié avoir organisé une rébellion armée et a dénoncé une opération politique visant à faire taire une voix dissidente.

En février 2014, il a été condamné en première instance à douze ans de prison. La Haute Cour de Séoul a ensuite abandonné l’accusation de complot insurrectionnel, tout en maintenant d’autres condamnations et en réduisant sa peine à neuf ans. Cette évolution aurait dû conduire à un examen critique de l’arrestation initiale et de la gravité des accusations portées contre lui.

L’affaire s’est déroulée dans un climat de peur alimenté par la menace nord-coréenne. En République de Corée, la loi de sécurité nationale permet depuis longtemps de poursuivre certaines expressions politiques. Pourtant, une démocratie ne devrait pas confondre opinions radicales, sympathies idéologiques et actes criminels.

La lutte contre une menace réelle ne peut justifier l’abandon des garanties fondamentales. Les propos controversés ne devraient être criminalisés que lorsqu’ils constituent une incitation directe et concrète à la violence.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont critiqué cette arrestation et ses suites. Amnesty International a dénoncé de longue date l’utilisation de la loi de sécurité nationale pour restreindre la liberté d’expression et instaurer un climat de peur à l’égard des opinions dissidentes.

Human Rights Watch a également mis en cause le caractère vague de certaines dispositions de cette législation. De telles formulations peuvent permettre de poursuivre des discours politiques sans démontrer l’existence d’un véritable projet violent.

L’Asian Human Rights Commission avait, pour sa part, dénoncé une véritable chasse aux sorcières contre les voix progressistes. Ces critiques montrent que l’affaire Lee Seok-ki ne concernait pas seulement le sort d’un homme, mais aussi les limites du pluralisme politique en République de Corée.

En décembre 2014, la Cour constitutionnelle a par ailleurs dissous le Parti progressiste unifié auquel il appartenait, dans un amalgame hautement criticable. Cette décision s'est inscrite dans une offensive générale contre la gauche radicale et une réduction de l’espace accordé aux opinions minoritaires.

Pourtant, le pluralisme ne se protège pas en supprimant les partis gênants ou en emprisonnant leurs représentants. Il se protège par le débat, la contradiction, la transparence, l’indépendance de la justice et le respect des procès équitables.

Lee Seok-ki a finalement été libéré sous condition le 24 décembre 2021, après avoir passé plus de huit années en prison. Depuis sa libération, il n’a pas retrouvé de fonction politique nationale officielle. Cette libération n’a toutefois pas effacé les conséquences humaines, politiques et symboliques de son incarcération. Elle n’a pas non plus réparé les dommages causés au pluralisme et à la liberté d’expression. L'AAFC demande que justice soit rendue à Lee Seok-ki, par une indemnisation et sa réhabilitation, et que la loi de sécurité nationale, vestige des régimes autoritaires, soit abrogée. 

Treize ans après le 4 septembre 2013, cette affaire doit être relue comme un avertissement démocratique. Une démocratie qui emprisonne ses opposants au nom de la peur fragilise précisément les libertés qu’elle prétend défendre.

Sources : 

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7 août 2026 5 07 /08 /août /2026 18:33

Créateur de contenus basé en Espagne, actif sur Youtube depuis 2006, Templarius nous replonge dans l'univers des années 1970 et surtout 1980, en créant des vidéos de styles retrowave, synthwave et future funk - explorant des sous-genres aussi spécialisés que le giscardpunk. La dernière création Neon Seoul 1987 - Han miracle bittersweet decade est un petit joyau : sur fond d'images sud-coréennes d'époque, il revient, avec une musique originale et des paroles en coréen, sur cette période charnière pour la République de Corée, au moment du soulèvement démocratique de juin 1987 et des Jeux olympiques de Séoul en 1988.  

Un profond parfum de nostalgie et de grenade lacrymogène émane de ce titre qui célèbre le courage des mouvements étudiants, finalement venus à bout du régime militaire. Il rappelle aussi que la République de Corée s'engageait alors résolument sur la voie d'une croissance économique époustouflante, cédant parfois (souvent) au kitch, notamment dans des publicités aussi agressives que naïves pour un spectateur du XXIe siècle. Les chemins de la modernité des années 1980 sont tous les mêmes, à Séoul, Tokyo et Singapour. D'aucuns y verront peut-être aussi une annonce de la future architecture futuriste de Pyongyang, mais elle relève d'un style propre à toute l'Asie. 

Dans ce titre, sont ainsi réunies sur les deux faces d'un même 45 tours les ambivalences du miracle du fleuve Han. Sur fond de synthétiseur et des néons qui éclairent l'avènement d'une nouvelle ère, la musique et les paroles servent ici un message très différent des critiques du Royaume-Uni de Margaret Thatcher (dans le titre de Templarius Iron Lady) ou de la dystopie technologico-totalitaire de Giscardpunk, une France qui vivrait encore à l'heure d'un VGE devenu cyborg, du Minitel ou du TGV orange, symboles d'une modernité alternative. 

La République de Corée en transition de la fin des années 1980 annonce déjà la K-Pop, mais aussi les combats politiques exemplaires d'une société qui refuse encore et toujours de se soumettre à toute autorité illégitime, quelle qu'elle soit. 

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6 juin 2026 6 06 /06 /juin /2026 19:07

Par le passé en République de Corée, des candidats élus sous une autre étiquette politique avaient ensuite rejoint le Parti Vert de Corée, mais ils n'avaient ensuite jamais été réélus en tant que membres du Parti Vert. Lors des élections locales du 3 juin 2026, pour la première fois depuis sa fondation en 2012 le Parti Vert de Corée a fait élire l'un de ses candidats, cette première donnant lieu à une dépêche de l'agence sud-coréenne Yonhap : Heo Seung-kyu l'a emporté dans la circonscription de Ma du conseil municipal d'Andong qui, avec près de 160 000 habitants, est la cinquième ville la plus peuplée de la province du Gyeongsang du Nord. Retour sur le parcours exceptionnel d'un jeune élu (36 ans) qui a misé sur un fort ancrage local pour l'emporter à sa troisième tentative aux élections locales.

Heo Seung-kyu, premier candidat du Parti Vert élu en Corée du Sud

En mars 2026, le Premier ministre (démocrate) Kim Min-seok posait avec Heo Seung-kyu : le militant écologiste venait d'être nommé membre du Comité de soutien et de reconstruction après les incendies géants ayant frappé les deux provinces de Gyeongsang (Nord et Ville) et la ville d'Ulsan. Quelques semaines plus tard, il devenait le premier élu Vert sous les couleurs du parti en Corée du Sud.

Né le 16 février 1989 à Andong, Heo Seung-kyu est diplômé en sciences politiques et relations internationales de l'université de Yonsei, s'impliquant fortement dans le mouvement étudiant. Il a été élu président de l'Union des étudiants de l'Université nationale du bouddhisme won en 2009. 

Son choix de rejoindre le Parti Vert en 2015 a été motivé par de fortes convictions écologistes et internationalistes, les Verts coréens étant très engagés dans le combat pour la paix. En juillet 2024, il a visité l'Allemagne.

Tout en ayant occupé des fonctions nationales et locales au sein du Parti Vert (en 2023, il a été élu co-délégué du Parti Vert), c'est sur le militantisme de terrain, dans sa ville natale d'Andong, que se concentre Heo Seung-kyu, tant en ce qui concerne le budget participatif que l'université de quartier. Alors que la circonscription de Ma à Andong est conservatrice, le jeune militant crée la surprise lors des élections locales de 2018, en obtenant 1 395 voix (soit 16,54 % des suffrages exprimés) et en terminant à la quatrième place. Quatre ans plus tard, malgré la concurrence du Parti démocrate, il progresse en pourcentage (1 346 voix, soit 18,00 %) et se hisse à la troisième place, arrivant même provisoirement en tête lors du dépouillement. La troisième tentative a été la bonne : avec 3 040 voix et 36,87 % il finit en tête du scrutin et est élu.

Lors des élections législatives de 2024, il avait été désigné deuxième de liste de la coalition entre le Parti de la Justice et le Parti Vert. Mais cette alliance inédite n'a pas franchi le seuil de 3 % des voix pour obtenir des élus au scrutin proportionnel. Gageons que ce n'est que partie remise alors que Heo Seung-kyu est désormais élu local, avant demain - peut-être - un destin national. 

Sources : 

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3 juin 2026 3 03 /06 /juin /2026 15:42

Les élections locales (principalement régionales et municipales) du 3 juin 2026 en République de Corée (RdC, Corée du Sud) constituaient un test pour le président Lee Jae-myung (Parti démocrate, PD, centre-gauche). En effet, il s'agissait du premier scrutin à l'échelle nationale un an après la victoire de Lee Jae-myung dans l'élection présidentielle anticipée ayant suivi la destitution de Yoon Seok-yeol (Parti du pouvoir au peuple, PPP, centre-droit à extrême-droite), qui avait tenté un coup d'Etat. Les résultats montrent une vague bleue pour les démocrates du PD. Alors qu'une partie des militants du PPP, radicalisés par l'affaire Yoon, dénoncent une victoire du "bolchévisme" et des résultats "truqués", adoptant une rhétorique qui rappelle celle de la base MAGA du président américain Donald Trump, le succès des candidats du PD est de nature consolider la démocratie sud-coréenne, l'une des plus avancées d'Asie. Article mis à jour le 4 juin 2026 avec les résultats quasi-définitifs.

Jung Chung-rae, qui dirige le Parti démocrate, a été conforté par les résultats des élections locales

Jung Chung-rae, qui dirige le Parti démocrate, a été conforté par les résultats des élections locales

Lors des précédentes élections locales, en 2022, les conservateurs du PPP avaient été victorieux dans 12 des 17 élections de gouverneurs de province (qui sont l'équivalent de nos présidents de conseils régionaux) ou de maires de villes métropolitaines (villes majeures ayant un statut de province). Les démocrates n'avaient gagné que dans les deux provinces du Jeolla (Nord et Sud) et à Gwangju, trois bastions où ils remportent invariablement presque toutes les élections depuis l'époque de la dictature militaire, ainsi que dans la province de Gyeonggi et l'île de Jeju. Depuis, la ville de Gwangju a perdu le statut de ville métropolitaine et les principaux scrutins des élections du 3 juin 2026 portaient ainsi sur les 16 postes de gouverneur de province et de maires de villes métropolitaines, dont 4 seulement détenus par le PD. 

Le succès des démocrates est éclatant : ils ont gagné 12 des 16 élections de gouverneurs et maires de villes métropolitaines, en conquérant avec une marge assez importante les villes d'Incheon, Sejong et Ulsan et les deux provinces du Chungcheong (Nord et Sud) ainsi que celle de Gangwon. Les villes de Busan et Daejeon sont aussi tombées dans l'escarcelle démocrate. En revanche, ils n'ont pas réussi à faire basculer la mairie de Séoul : Chong Won-o (PD) a été battu par Oh Se-hoon (PPP), en poste depuis 2021 après avoir été une première fois maire de Séoul entre 2006 et 2011. Le résultat a été particulièrement serré dans la capitale sud-coréenne (49,2 % pour le PPP contre 48,1 % pour le PPP). Par ailleurs, le PPP conserve la mairie de Daegu et les deux provinces du Gyeongsang (Nord et Sud), n'ayant toutefois récolté que 52,5 % des suffrages dans son duel avec le PD dans le Gyeongsang du Sud.

Ces élections ont aussi consacré une fois de plus la prégnance du bipartisme en République de Corée, où le scrutin uninominal majoritaire à un tour entraîne un puissant effet de vote utile. Le nombre d'élus locaux des tiers partis reste ainsi faible. Les plus importantes de ces formations sont :

- le parti Reconstruire la Corée (RKP), classé au centre-gauche, de l'ancien ministre de la Justice Cho Guk, en tête du dépouillement 2 des 227 postes de chef de gouvernement local, dans le Jeolla du Sud (y compris Gwangju), pour ces scrutins, le PD a remporté 119 sièges, le PPP 95 sièges et des indépendants les 11 sièges restants ;

- le Parti de la réforme, situé au centre de l'échiquier politique, de Lee Jun-seok, ancien président du PPP qui avait obtenu 8,34 % à l'élection présidentielle de 2025,

- le Parti progressiste (PP) et le Parti de la justice -PJ), tous deux classés à gauche. 

Sur les 933 sièges de conseillers de province et de cité métropolitaine, pour la plupart pourvus au scrutin majoritaire, les démocrates l'emportent avec 589 sièges, devant les conservateurs (327 sièges). Par ailleurs, le PP a remporté 7 sièges, le RKP 5 sièges et des indépendants 5 sièges également. Les autres formations n'ont pas obtenus d'élus, confirmant la domination du PP sur le PJ à gauche, ainsi que la faiblesse des centristes. 

Quatorze élections législatives partielles se tenaient aussi le 3 juin 2026. Les équilibres au Gukhoe font apparaître des progrès de l'opposition : alors que le PD comptait 13 sièges sortants et le PPP un seul, le PD l'a emporté dans 9 circonscriptions, le PPP dans 4 circonscription et un indépendant a gagné le dernier siège en lice.

Sources : 

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22 février 2026 7 22 /02 /février /2026 13:08

Jugé pour sa tentative de coup d'Etat en tentant de proclamer la loi martiale en décembre 2024, l'ancien Président de la République de Corée (RdC) Yoon Seok-yeol a été condamné le 19 février 2026 à la prison à perpétuité, alors que la peine de mort était requise. Cette lourde condamnation s'ajoute à celles prononcées contre d'autres dirigeants conservateurs alors au pouvoir à Séoul - notamment l'ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun (30 ans) et Han Duck-soo (23 ans), Premier ministre au moment des faits, et qui avait exercé les fonctions de chef de l'Etat par intérim (Yoon ayant été destitué) avant de faire lui-même l'objet d'une motion de censure

Face à la résistance de Yoon après sa destitution, un assaut avait dû être lancé contre sa résidence (mars 2025)

Face à la résistance de Yoon après sa destitution, un assaut avait dû être lancé contre sa résidence (mars 2025)

Alors que ses partisans agitaient des drapeaux sud-coréens et américains à l'extérieur du tribunal et que certains fondaient en larmes, Yoon est resté impassible à l'annonce du verdict. A-t-il pensé à l'ironie du sort qui l'a conduit, lui l'ancien procureur ayant dirigé l'enquête pour corruption à l'encontre de la Présidente Park Geun-hye et de Choe Soon-sil, de se retrouver condamné à une peine encore plus lourde pour des faits bien plus graves - l'insurrection, laquelle constitue un crime contre l'Etat ? Son rôle dans la procédure à l'encontre de la Présidente Park avait été un tremplin pour sa carrière, lui permettant d'accéder au poste de procureur général en 2019, avant qu'il ne devienne le candidat à l'élection présidentielle du parti conservateur - celui de Park Geun-hye - et accède ainsi à la magistrature suprême. 

L'absence totale de remords de Yoon, qui maintient qu'il n'aurait fait que lutter contre la subversion communiste, a joué dans sa condamnation à une très lourde peine - la plus lourde parmi l'ensemble des co-accusés. Mais alors que la RdC a aboli de fait la peine de mort depuis 1997, il a échappé à la peine capitale au regard de son amateurisme dans sa tentative rapidement avortée d'imposer la loi martiale, laquelle n'a pas fait de morts, selon la décision rendue qui estime, par ailleurs, qu'il a tenté de limiter l'usage de la force.

Au regard des précédents de chefs d'Etat condamnés en Corée du Sud, il est toutefois probable qu'il bénéficiera, à son tour, d'une grâce présidentielle.  

Sources :

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 23:04

Ancien Premier ministre de la République de Corée (juin 2004-mars 2006), Lee Hae-chan était l'une des figures les plus éminentes du camp démocrate, qu'il avait rejoint lors des luttes des années 1970 pour la démocratie, ayant ainsi puissamment contribué à la chute du régime militaire. Agé de 73 ans, Lee Hae-chan est décédé d'un arrêt cardiaque le 25 janvier 2026 à Hô Chi Minh ville, alors qu'il était en déplacement professionnel au Vietnam. L'Association d'amitié franco-coréenne salue la mémoire d'un combattant de la liberté et d'un homme d'Etat qui aura dévoué sa vie à l'intérêt général. 

Lee Hae-chan, en 2019

Lee Hae-chan, en 2019

Né le 10 juillet 1952 dans le comté de Cheongyang, dans la province du Chungcheong du sud, il était le fils d'un ancien maire de Cheongyang, ayant quitté son poste après la révolution d'avril 1960

Il rejoint le mouvement étudiant d'opposition au régime autoritaire dès 1972, ce qui lui vaudra d'être emprisonné à deux reprises, pendant un an et pendant deux ans et demi. Ayant travaillé pour Amnesty Korea, il a mis l'accent sur les activités éditoriales et a été l'un des promoteurs du quotidien Hankyoreh lorsque le titre a été créé, à la fin de l'année 1987. 

L'ancien militant pour les droits de l'homme endosse alors le costume d'homme d'Etat. Il est élu député pour la première fois en 1988, et il sera réélu six fois. Ministre de l'éducation de mars 1998 à mai 1999 après l'alternance démocratique de 1998, ouverte par la victoire de Kim Dae-jung, il a été le Premier ministre du président démocrate Roh Moo-hyun entre juin 2004 et mars 2006. Après avoir dirigé le Parti démocrate pendant deux ans, d'août 2018 à août 2020, il avait quitté l'Assemblée nationale en mai 2020. 

Après l'élection de Lee Jae-myung, à laquelle il avait contribué, il avait continué à s'investir sur la question des relations intercoréennes, en devenant vice-président du Conseil consultatif sur l'unification pacifique (acronyme anglais, PUAC). Il devait d'ailleurs assister à Hô Chi Minh ville à une réunion du bureau Asie-Pacifique du PUAC lorsqu'il est décédé. 

Le Président Lee a salué avec émotion la mémoire de Lee Hae-chan sur sa page Facebook : 

Aujourd'hui, la république de Corée a perdu un grand mentor dans l'histoire de la démocratie (...) Tout comme une rivière peut serpenter mais finit par se jeter dans la mer, le chemin vers la démocratie, la réunification pacifique et le développement équilibré qu'il a cherché à réaliser se poursuivra.

Les obsèques institutionnelles de ce défenseur ardent de la démocratie et de l'unification de la Corée sont organisées à Séoul du 27 au 31 janvier 2026.

Sources : 

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14 janvier 2026 3 14 /01 /janvier /2026 21:02

Ancien procureur de la République, élu chef de l'Etat le 10 mai 2022, Yoon Seok-yeol (Parti du pouvoir au peuple, conservateur) avait tenté un coup d'Etat contre l'Assemblée nationale en proclamant la loi martiale le 3 décembre 2024. Son échec, grâce à la mobilisation populaire et des chefs de l'opposition, avait précipité la destitution de l'ancien magistrat, prononcée par plus de deux tiers des députés le 14 décembre 2024. Cette mesure avait été confirmée par la Cour constitutionnelle le 4 avril 2025. L'audience du procès pour insurrection vient de s'achever : parmi les accusés, Yoon Seok-yeol est le seul contre qui la peine de mort a été requise, alors que l'ancien président de la République a continué de plaider non-coupable. Le verdict est attendu le 19 février 2026. 

Portrait officiel de l'ancien Président Yoon Seok-yeol

Portrait officiel de l'ancien Président Yoon Seok-yeol

Dans son verdict, le procureur spécial adjoint Park Eok-su a dénoncé la tentative de s'accaparer les pouvoirs par Yoon Seok-yeol en proclamant la loi martiale, pour la première fois depuis 1980 : 

L'ancien président Yoon a proclamé la loi martiale dans l'objectif de rester au pouvoir pendant longtemps en s'emparant des pouvoirs judiciaire et législatif (...) La nature du crime est grave alors qu'il a mobilisé des ressources physiques qui devaient être utilisées uniquement dans l'intérêt de la collectivité nationale.

Alors que le très autoritaire Yoon a prétendu n'avoir fait que tenter de rétablir "l'ordre constitutionnel", dénonçant à présent un climat selon lui de "purges" et de "répression", l'absence de tout repentir a aussi pesé dans un verdict pour lequel le Code pénal de la République de Corée ne prévoit qu'un nombre limité de peines : la peine de mort ou la réclusion criminelle à perpétuité avec ou sans travaux forcés.

Dans les semaines ayant précédé la tentative de coup d'Etat, les survols de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) par des drones sud-coréens avaient visé à susciter des ripostes militaires de Pyongyang de nature qui auraient justifié la proclamation de la loi martiale à Séoul. Malheureusement pour Yoon, ce scénario ne s'était pas concrétisé. Il n'en avait pas moins motivé la proclamation de l'état d'urgence par la nécessité de protéger le pays des "forces communistes nord-coréennes" et d' "éliminer les éléments hostiles à l'Etat". En pratique, il s'agissait notamment d'arrêter les chefs de file de l'opposition et de suspendre le fonctionnement du Parlement. L'armée avait ainsi tenté d'investir l'Assemblée nationale, protégée par des fonctionnaires parlementaires, des députés et leurs collaborateurs. 

Des jurons ont accompagné la peine requise par le Parquet, alors que les partisans fanatisés d'extrême-droite de l'ancien chef de l'Etat, qui adhérent à son discours d'une réalité parallèle, représentent toujours une menace pour la démocratie.  

Alors que la peine de mort est abolie en pratique par la République de Corée depuis décembre 1997, un précédent chef de l'Etat, le général Chun Doo-hwan, auteur du coup d'Etat de 1979 et artisan de l'écrasement sanglant du soulèvement de Gwangju en 1980, avait été condamné à mort en 1996. Sa peine avait été commuée en détention à vie, puis il avait été gracié et libéré après être resté deux ans en prison.

Sources : 

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1 octobre 2025 3 01 /10 /octobre /2025 20:30

Alors que l'ancien président de la République française Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire, d'autres anciens chefs de l'Etat de la République de Corée (Corée du Sud) ont aussi été condamnés et incarcérés - avant que plusieurs d'entre eux ne bénéficient ensuite de graces présidentielles. Nous vous proposons d'examiner plus avant les cas de cinq anciens chefs d'Etat sud-coréens ayant été emprisonnés.  

Portrait officiel du président Yoon Seok-yeol

Portrait officiel du président Yoon Seok-yeol

Ancien procureur de la République, Yoon Seok-yeol (Parti du pouvoir au peuple, conservateur) est devenu président de la République le 10 mai 2022. N'ayant jamais eu une majorité parlementaire, mis en cause dans la gestion d'une bousculade mortelle à Itaewon le soir d'Halloween, Yoon est devenu très impopulaire et a usé de moyens peu respectueux de la démocratie. Il a tenté d'instituer la loi martiale le 3 décembre 2024, officiellement pour lutter contre "les forces anti-étatiques", visant ainsi "les forces communistes nord-coréennes". Il renonce à ce coup d'Etat sous la pression de l'Assemblée nationale qui le destitue ensuite à la majorité qualifié des deux tiers le 14 décembre 2024. Peu coopératif dans l'enquête sur la tentative d'instaurer la loi martiale, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt le 31 décembre 2024. Après avoir résisté à une première tentative d'arrestation à son domicile par la police, Yoon a finalement été arrêté le 15 janvier 2025 et placé en détention provisoire le 19 janvier 2025, avant d'être remis en liberté le 8 mars 2025, son mandat d'arrêt ayant été annulé la veille. Sa destitution a été confirmée par la Cour constitutionnelle le 4 avril 2025.

Inculpé pour abus de pouvoir depuis le 1er mai 2025, l'ancien président Yoon est poursuivi pénalement pour insurrection - ce qui lui fait encourir la peine de mort (qui n'est plus appliquée en République de Corée depuis décembre 1997) ou la détention à perpétuité. Le 9 juillet 2025, il fait à nouveau l'objet d'un mandat d'arrêt conduisant à son incarcération, celle-ci visant à éviter la destruction de preuves. Son épouse Kim Keon-hee a aussi été placée en détention provisoire, dans le cadre d'une autre enquête pour corruption et manipulation boursière. 

Park Geun-hye

Park Geun-hye

Avant Yoon Seok-yeol, Park Geun-hye (Parti Saenuri, conservateur) avait été la première chef d'Etat sud-coréenne destituée à la suite d'un vote de l'Assemblée nationale. Elue le 19 décembre 2012 à l'issue d'un scrutin entachée par des ingérences des services secrets sud-coréens, Park, fille du général Park Chung-hee arrivé au pouvoir par le coup d'Etat du 16 mai 1961, est entrée en fonctions le 25 février 2013. Son mandat est entaché par le dramatique naufrage du ferry Sewol, le 16 avril 2014.

Après la défaite des conservateurs aux élections législatives d'avril 2016, c'est toutefois l'affaire Choi Soon-sil, du nom d'une mystique proche de Park exerçant sur cette dernière une relation d'emprise, mêlée à des trafics d'influence et des cas de corruption, qui va précipiter la chute de la fille du général Park, renversée par une motion de destitution votée le 9 décembre 2016 et confirmée par la Cour constitutionnelle le 10 mars 2017. 

Arrêtée et placée en détention provisoire le 30 mars 2017, Park Geun-hye est inculpée pour abus de pouvoir, coercition, corruption et divulgation de secrets d'Etat. Condamnée à 22 ans de prison pour corruption, abus de pouvoir et violation de la loi électorale (au regard notamment de l'ingérence des services secrets dans son élection), après avoir été reconnue coupable pour la première fois le 6 avril 2018, Park a finalement été graciée le 24 décembre 2021 par son successeur, le démocrate Moon Jae-in, dans "une perspective d'unité nationale" et en raison de son état de santé. 

Prédécesseur direct de Mme Park Geun-hye, Lee Myung-bak (Grand parti national, conservateur) a été élu président de la République le 19 décembre 2007 et a exercé ses fonctions de 2008 à 2013. Il a été inculpé pour corruption, abus de pouvoir, détournements de fonds et évasion fiscale le 9 avril 2018, condamné à une peine de quinze ans de prison le 5 octobre 2018 puis libéré sous caution pour raisons de santé le 6 mars 2019. 

Président de la République de 1988 à 1993, le général Roh Tae-woo (conservateur) a été condamné à dix-sept ans de prison en appel pour son implication dans la répression du soulèvement de Gwangju et pour corruption. Arrêté le 16 novembre 1995, il a été libéré et gracié début 1998, sur l'intervention du président démocrate Kim Dae-jung, ancien opposant lui-même condamné à mort par le régime militaire dont Roh avait été le dernier président élu, dans une volonté de réconciliation nationale.  

Président de la République entre 1980 et 1988, le général Chun Doo-hwan (conservateur) a été poursuivi pour son implication dans le coup d'Etat de 1979, la répression du soulèvement de Gwangju et pour corruption. Il a été condamné à mort en 1996, avant que sa peine soit commuée en détention à vie en 1997. Il a aussi été libéré et gracié par Kim Dae-jung, après être resté en prison pendant deux ans. 

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3 juin 2025 2 03 /06 /juin /2025 15:45

Une élection présidentielle anticipée s'est tenue en République de Corée (Corée du Sud) le 3 juin 2025. Le scrutin s'est polarisé autour de la destitution du président Yoon Seok-yeol (Parti du pouvoir au peuple, PPP, conservateur), qui avait tenté un coup d'Etat militaire en décembre 2024, et dont le PPP ne s'est pas réellement désolidarisé. La victoire du chef de la principale formation d'opposition, le démocrate Lee Jae-myung, adversaire malheureux de Yoon Seok-yeol en 2022, clôt une page difficile de l'histoire de la République de Corée - alors que le nouveau chef de l'Etat a eu une attitude courageuse lors de la tentative de coup d'Etat - où il était menacé d'arrestation.

Lee Jae-myung

Lee Jae-myung

Selon les résultats définitifs, Lee Jae-myung a obtenu 49,42 % des suffrages exprimés, devant Kim Moon-soo (PPP), qui a recueilli 41,15 % des voix, et l'ancien dirigeant du parti conservateur, ayant créé sa propre formation (le Nouveau parti de la réforme), de sensibilité plus centriste, Lee Jun-seok (8,34 %). Lee Jae-myung et Kim Moon-soo partagent la particularité d'avoir tous les deux été gouverneurs de la province de Gyeonggi. Kwon Yeong-guk, candidat du Parti démocratique du travail (issu notamment du Parti de la justice, gauche), n'a obtenu que 0,98 % des voix, et un indépendant, l'homme d'affaires Song Jin-ho, 0,1 %. Le scrutin a été marqué par une forte participation (79,38 %).

Né en 1964 à Andong, Lee Jae-myung est issu d'une famille défavorisé, ce qui l'a conduit à devoir travailler comme ouvrier (un accident du travail lui a laissé un bras handicapé). Lee Jae-myung est devenu avocat en prenant des cours du soir. Il a participé au soulèvement démocratique de juin 1987 ayant conduit au rétablissement de l'élection du président de la République au suffrage universel direct en 1988, avant l'élection d'un candidat civil au scrutin de 1992. Alors maire de Seongnam, il échoue à l'investiture à la candidature démocrate à la présidentielle de 2017 (remportée par Moon Jae-in), avant d'emporter ce scrutin interne en 2022 mais d'échoue de peu face au conservateur Yoon Seok-yeol (47,83 % contre 48,56 %). 

Victime d'une campagne de harcèlement judiciaire, l'ayant conduit à engager une grève de la faim, Lee Jae-myung a également fait l'objet d'une tentative d'assassinat en janvier 2024, témoignant d'une dégradation du climat politique devenu de plus en plus violent en Corée du Sud sous la présidence de Yoon Seok-yeol.

Plusieurs défis structurels attendent également le nouveau chef de l'Etat : le ralentissement économique, alors que la République de Corée est ciblée par la guerre commerciale lancée par l'administration Trump (qui exige par ailleurs que Séoul augmente sa contribution au stationnement de troupes américaines), un taux de natalité devenu le plus faible au monde, ou encore une situation internationale incertaine. Si les démocrates sont traditionnellement favorables au dialogue intercoréen, la décision de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), en janvier 2024, de voir désormais la Corée du Sud comme un Etat étranger a certes été motivée par les choix de l'administration Yoon - mais le changement de président ne garantit pas le retour à une reprise du dialogue entre les deux Corée.


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21 avril 2025 1 21 /04 /avril /2025 18:07

Après la destitution du président Yoon Seok-yeol (Parti du pouvoir au peuple, PPP, conservateur) le 4 avril 2025, à la suite de sa tentative de coup d'Etat le 3 décembre 2024, la date de l'élection présidentielle anticipée en République de Corée (Corée du Sud) a été fixée au 3 juin 2025. Le nouveau chef de l'Etat sera désigné au suffrage universel direct par un scrutin uninominal majoritaire à un tour qui devrait une nouvelle fois favoriser les deux principales formations politiques, le Parti démocrate (centre-gauche) et le PPP. Les processus de désignation des candidats ont débuté : le premier tour de l'élection primaire du PPP a ainsi commencé ce lundi 21 avril 2025.

Le palais présidentiel, appelé la Maison bleue, a été inauguré à Séoul en 1991

Le palais présidentiel, appelé la Maison bleue, a été inauguré à Séoul en 1991

Le PPP du président sortant aborde ce scrutin en d'autant plus mauvaise posture qu'il ne s'est pas vraiment désolidarisé de l'ancien chef d'Etat Yoon Seok-yeol, alors que se tient son procès pénal pour insurrection. Les électeurs démocrates et indépendants étaient massivement favorables à la destitution du Président Yoon, et les intentions de vote cumulées des candidats potentiels du PPP (testés séparément) atteignent, au mieux, 32 %, en-deçà des intentions de vote pour le PPP en cas d'élections générales.

Comme pour le Parti démocrate, la primaire pour désigner le candidat combine le vote des membres du parti et des sondages auprès de l'ensemble de l'opinion publique. Il doit se dérouler en plusieurs étapes parmi les huit candidats déclarés, pour n'en retenir plus que quatre, avant de départager les deux finalistes le 29 avril. Les favoris sont l'ancien ministre de l'emploi et du travail Kim Moon-soo, l"ancien maire de Daegu Hong Joon-pyo et l'ancien président du PPP Han Dong-hoon, Kim Moon-soo tend à se détacher de ses rivaux dans les sondages.

De l'autre côté de l'échiquier politique, l'ancien challenger du précédent scrutin présidentiel en 2022, Lee Jae-myung, qui avait été battu sur le fil par Yoon Seok-yeol (48,56 % contre 47,83 %), fait figure de grand favori : les sondages le créditent de 37 % à 50 % des voix. Avocat de formation, ancien gouverneur de la province de Gyeonggi entre 2018 et 2021, Lee Jae-myung a été victime d'une tentative d'assassinat en janvier 2024. Il a été au premier plan pour s'opposer à la tentative de coup d'Etat de Yoon Seok-yeol et dénoncer la dérive autoritaire des conservateurs au pouvoir, déjà lourdement défaits lors des législatives du 10 avril 2024. Au sein du Parti démocrate, Lee Jae-myung est concurrencé par Kim Dong-yeon, actuel gouverneur de la province de Gyeonggi, et Kim Kyoung-soo, ancien gouverneur de la province du Gyeongsang du Sud.

Parmi les autres candidats attendus sur la ligne de départ, l'ancien Premier ministre de 2017 à 2020 (démocrate) Lee Nak-yon devrait représenter le Parti démocratique du nouveau futur, et l'ancien dirigeant du PPP Lee Jun-seok, le Parti de la réforme (conservateur). L'un et l'autre sont crédités d'environ 3 % dans les sondages, avec un avantage pour Lee Jun-seok, chassé de la direction du PPP à la suite d'un scandale sexuel pour lequel il a été innocenté, et qui peut espérer émerger comme le "troisième homme" de cette élection.

Les partis de gauche devraient aussi avoir leurs propres candidats : le Parti progressiste doit organiser une primaire pour départager les anciens députés Kim Jae-yeon et Kang Seong-hee, tandis que plusieurs formations non représentées au Parlement (Parti de la justice, Parti vert, Parti du travail) et des syndicats ont engagé une procédure pour désigner un ou une candidat(e) commun(e) sous la bannière de Transformation sociale. La candidate du Parti de la justice, Sim Sang-jung (2,38 % en 2022), avait été accusée d'avoir divisé le vote progressiste et permis l'élection de Yoon Seok-yeol ; depuis, le Parti de la justice a perdu sa représentation parlementaire lors des élections générales d'avril 2024, après une alliance inédite avec le Parti vert qui s'est révélée infructueuse.

L'ancien Premier ministre conservateur Hwang Kyo-ahn, qui avait été président par intérim après la destitution de Park Geun-hye, entend aussi concourir comme indépendant. Il avait auparavant rejoint le Parti de la liberté de la Corée (PLC), qui se situe à la droite du PPP, en s'appuyant notamment sur certains milieux évangéliques et anticommunistes qui ont été très en pointe dans le soutien au président Yoon Seok-yeol. L'élection anticipée du 3 juin 2025 permettra d'observer si ce courant se réorganise en dehors du PPP, alors que le pasteur ultra-conservateur Jeon Kwang-hoon, ancien président du Conseil chrétien de Corée, a aussi fait part de son intention d'être candidat.

Le mode de scrutin, majoritaire à un tour, devrait toutefois entraîner le retrait de candidats au profit notamment de ceux qui seront désignés par le PPP et le Parti démocrate.

Les enjeux de politique intérieure portent notamment sur la réforme des retraites et une révision de la Constitution qui pourrait, entre autres, limiter le pouvoir de veto du Président de la République, dont Yoon Seok-yeol avait fait un large usage face à une Assemblée qui, dès le premier jour de son élection, avait été dominée par l'opposition démocrate. En politique étrangère, la République de Corée est confrontée à l'augmentation des droits de douane décidée par l'administration Trump, ainsi qu'à la demande répétée du président américain que Séoul finance davantage la présence de soldats et d'équipements américains sur le sol coréen - le locataire de la Maison Blanche ayant sinon menacé d'un retrait américain. Par ailleurs, les démocrates sont favorables à la reprise du dialogue avec Pyongyang, dans la continuité de la politique du rayon de soleil des précédentes administrations démocrates, alors que la détérioration des relations intercoréennes sous le mandat de Yoon a conduit les Nord-Coréens à abandonner, en janvier 2024, l'objectif de réunification du pays. A cet égard, Lee Jae-myung a accueilli favorablement une possible réouverture du dialogue entre Donald Trump et Kim Jong-un, comme le premier en a évoqué la possibilité.

Principales sources : 

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