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23 août 2026 7 23 /08 /août /2026 12:21

Les États-Unis et la République de Corée (RdC, Corée du Sud) ont fortement réduit la durée et l’ampleur de leurs exercices militaires annuels Ulchi Freedom Shield (UFS) organisés en août 2026. Prévu initialement du 17 au 27 août, l’exercice principal s’est finalement achevé le 21 août, soit après cinq jours au lieu de onze. La décision a été prise à la demande de Washington, sur instruction du président américain Donald Trump. 

Corée : les exercices militaires avec les États-Unis écourtés, Pyongyang minimise le geste de Donald Trump

Un exercice réduit de moitié

L’UFS est un exercice de défense combiné qui associe des simulations informatiques de poste de commandement et des entraînements de terrain. Il vise notamment à préparer les forces américaines et sud-coréennes à un éventuel conflit sur la péninsule coréenne.

En 2026, les deux alliés ont décidé de supprimer la deuxième phase de l’exercice de commandement. Plusieurs manœuvres de terrain ont également été réduites. Les autorités sud-coréennes ont toutefois précisé que certains entraînements de terrain devaient se poursuivre jusqu’au 28 août, dans un format plus limité. 

Selon l’état-major interarmées sud-coréen, Séoul et Washington souhaitent malgré tout préserver les objectifs essentiels de l’exercice et maintenir une capacité de défense commune crédible. La réduction concerne donc principalement la durée, le volume et certaines composantes opérationnelles, plutôt qu’un abandon complet des manœuvres. 

Donald Trump invoque sa relation avec Kim Jong-un

Donald Trump a annoncé cette modification à la veille du début des exercices, dans un message publié sur les réseaux sociaux. Le président américain a déclaré qu’il avait demandé au secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, de "réduire substantiellement" les exercices conjoints avec la Corée du Sud.

Pour justifier sa décision, il a notamment évoqué le coût des manœuvres, leur caractère qu’il jugeait inutilement provocateur et sa "très bonne relation" personnelle avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Donald Trump a également reproché à Séoul de ne pas avoir soutenu les États-Unis dans leur effort de guerre contre l’Iran. 

Cette décision est interprétée comme un possible signal d’ouverture adressé à Pyongyang. Donald Trump et Kim Jong-un s’étaient rencontrés à plusieurs reprises lors du premier mandat du président américain.

Pyongyang juge la réduction sans importance

La première réaction officielle nord-coréenne est venue de Kim Yo-jong, la sœur et proche conseillère de Kim Jong-un. Dans une déclaration relayée par les médias d’État nord-coréens, elle a affirmé que la réduction de la durée et de l’ampleur des exercices ne changeait rien à leur nature.

Selon elle, les manœuvres conservent leur caractère "provocateur" et "agressif". Kim Yo-jong a ajouté que Pyongyang n’avait "aucun intérêt" pour cette modification et qu’il ne considérait pas la décision américaine comme une avancée significative. 

Les médias officiels nord-coréens ont également continué de présenter les exercices américano-sud-coréens comme une menace directe pour la sécurité régionale. Ils les ont qualifiés de "menace ouverte et immédiate", sans mettre l’accent sur le geste de Donald Trump ni manifester de volonté explicite de reprendre le dialogue. 

Une ouverture diplomatique encore incertaine

La réaction de Pyongyang a donc douché les espoirs d’une reprise rapide des discussions entre Donald Trump et Kim Jong-un. Malgré les déclarations conciliantes du président américain, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) continue de dénoncer la présence militaire américaine dans la région ainsi que les exercices conjoints de la RdC avec les Etats-Unis, présentés comme des préparatifs d'invasion.

La décision de réduire l’UFS intervient par ailleurs dans un contexte stratégique tendu. Pyongyang a rappelé d’autres exercices militaires menés cette année par les États-Unis et la Corée du Sud, ainsi que le projet sud-coréen de développer des sous-marins à propulsion nucléaire. Pour le régime nord-coréen, la diminution ponctuelle des manœuvres d’août ne suffit donc pas à modifier l’équilibre militaire ou la politique de sécurité des alliés. 

À Séoul, l’annonce américaine a suscité des interrogations sur la solidité de l’alliance avec Washington. Le président sud-coréen Lee Jae-myung a néanmoins insisté sur l’importance du partenariat militaire américano-sud-coréen, alors que son gouvernement cherche à préserver la coopération avec les États-Unis tout en évitant une nouvelle escalade avec le Nord qui, pour sa part, dénonce le Sud comme étant aux ordres des Etats-Unis.

La réponse nord-coréenne montre que cette concession ne suffit pas, à elle seule, à relancer le dialogue.

Pour l’instant, Pyongyang semble considérer la réduction des manœuvres comme un simple ajustement militaire, et non comme le début d’un changement stratégique américain. La qualité de la relation personnelle revendiquée par Donald Trump avec Kim Jong-un pourrait faciliter une future reprise de contacts, mais elle ne garantit pas une inflexion de la politique nord-coréenne.

Sources : 

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