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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 16:01

Le 28 mars 2026, l’Association d’amitié franco-coréenne a réuni à Paris ses adhérents pour une manifestation consacrée à la culture coréenne. Dans une ambiance très conviviale, les membres de l’AAFC ont pu découvrir le film de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) L’Histoire de notre maison et en apprendre davantage sur les idéologies directrices de la RPDC.

La réunion a commencé par la projection d’un film nord-coréen, L’Histoire de notre maison (우리집 이야기), réalisé en 2016 par Ri Yun-Ho. Cette projection était en soi un petit événement, tant les films de RPDC, surtout ceux bénéficiant de sous-titres en français, sont difficilement disponibles en France. Quelques films nord-coréens restent visibles sur certaines plateformes de vidéos en ligne, mais seulement avec des sous-titres en anglais, en espagnol, voire en russe, signe supplémentaire du déclin irrésistible de la langue française dans cette partie du monde...

Pendant l’édition 2016 du Festival du film de Pyongyang, L’Histoire de notre maison a gagné le prix du meilleur film et son actrice principale, Paek Sol-mi, le prix de la meilleure actrice. Par ailleurs, L’Histoire de notre maison a été le premier film nord-coréen projeté en public en Corée du Sud à l’occasion du Festival du film de Puchon en 2018.

Ce film est basé sur une histoire vraie, celle de Jang Jong-hwa, surnommée « la mère-enfant » en RPDC, une jeune femme qui avait déjà adopté sept orphelins avant ses 20 ans. Avant d’inspirer une œuvre de fiction, l’histoire de la jeune Jong-hwa avait attiré l’attention de la presse internationale, la chaîne des Etat-Unis CNN lui ayant consacré un reportage en 2015.1

Pendant le débat qui a suivi la projection, les participants ont commencé par regretter que les films nord-coréens ne soient pas davantage visibles en France, ce qui permettrait notamment de « tordre le coup » de certains clichés au sujet de la RPDC diffusés par des gros médias paresseux…

Bien sûr, L’Histoire de notre maison peut être qualifié de film de « propagande », à l’instar de nombre de productions venues des Etats-Unis, ou même françaises, véhiculant un message officiel ou, pour être gentil, dans l'air du temps... En l’occurence, grâce à son esprit altruiste, Jang Jong-hwa avait reçu le titre de « modèle pour la jeunesse » en mai 2015. Il était donc normal que son histoire exemplaire devienne le sujet d’un film.

Le débat a permis de rappeler que les autorités de RPDC promeuvent un modèle de mère idéale et mettent continuellement l'accent sur le rôle maternel de la femme. En outre, la crise qui a frappé la République populaire démocratique de Corée pendant les années 1990, marquées par de graves pénuries alimentaires et l’effondrement de divers systèmes de protection sociale, a été particulièrement propice à la mise en avant de figures héroïques maternelles, notamment celles prenant en charge les orphelins et les personnes âgées sans famille en les acceptant comme des membres de leur propre famille.2 Jang Jong-hwa peut être considérée comme une de ces figures, même si la situation s’est beaucoup améliorée depuis la fin des années 1990.

La conférence qui a suivi était consacrée aux doctrines professées officiellement en RPDC – Juche, Songun et Byongjin -, lesquelles restent le parent pauvre des études scientifiques. Elles sont pourtant affirmées en haut-lieu, y compris dans la constitution de la République populaire démocratique de Corée. Elles méritent donc d’être étudiées en raison de leur originalité. Ainsi, le Juche se base sur plusieurs principes, comme celui selon lequel l’homme est un « être social souverain », un « être social créateur » ou un « être social conscient ». Le Songun va, lui, insister sur la préséance donnée aux affaires militaires. Quant au Byongjin, à la conceptualisation moindre, il se traduit par un souci d’assurer le développement économique.

Ces doctrines doivent être contextualisées. On peut donc les dater nonobstant leur supposée date d’apparition. Le Juche correspond davantage au contexte de non-alignement des années 1970 dans lequel la RPDC, sous la direction du président Kim Il-sung, a été envisagée comme un exemple économique à suivre. Le Songun répondait, lui, au contexte d’isolement international des années 1990 dans lequel la RPDC, alors dirigée par Kim Jong-il, était confrontée à l’abandon de l’ancien soutien soviétique : l’armée a été ainsi un instrument de cohésion parce qu’elle assurait la défense du pays. Enfin, le Byongjin s’inscrit dans le contexte évident de changement de direction, le nouveau dirigeant Kim Jong-un mettant, à partir de 2012, l’accent sur la modernisation et une certaine ouverture économique. D’aucuns imputeront une plus faible conceptualisation à la relégation de l’écrit, les publics destinataires étant désormais moins attentifs à ce vecteur.

La réunion du 28 mars 2026, riche en débats et en informations diverses sur la RPDC, a montré, une fois de plus, qu’il existe toujours un public à la recherche d’un autre « son de cloche » à ce sujet. Rappelons que tout le monde peut adhérer à l’Association d’amitié franco-coréenne pour pouvoir en bénéficier.

 

1Tim Schwarz, ‘’Orphaned by famine: The 'child mother' caring for North Korea's parentless’’, CNN, 21 septembre 2015, https://edition.cnn.com/2015/09/21/asia/north-korea-orphan-mother/index.html

2Voir, par exemple, Hyeonjin Song, ‘’The Types and Meanings of Maternal Heroes in the North Korean Songun (Military First) Era’’, Journal of Peace and Unification, Vol. 8, No. 1, printemps 2018, Ewha Womans University, Corée du Sud, pp. 65-107, https://www.kci.go.kr/kciportal/landing/article.kci?arti_id=ART002353796

 

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12 mars 2026 4 12 /03 /mars /2026 23:14

Ayant d'ores et déjà dépassé les 11 millions d'entrée au 31e jour de sa diffusion, le dernier long métrage de Jang Hang-jun The King's Warden raconte l'exil en 1457 de Danjong, sixième roi de la dynastie Choseon, renversé et mort prématurément à l'âge de 16 ans. Une histoire poignante très connue du public coréen qui a nourri de nombreux récits et oeuvres de fiction. 

"The King's Warden" : un récit émouvant sur le destin du roi Danjong

Avec un récit linéaire qui permet de suivre facilement l'intrigue, The King's Warden décrit avec brio le destin tragique du jeune souverain, incarné par Park Ji-hoon - ancien acteur enfant, chanteur et mannequin qui a commencé sa carrière en 2006 - repéré pour ses apparitions dans plusieurs dramas, notamment la série historique The King and I

Dans le film, nous sommes en 1457. Danjong est accueilli, avec son fidèle serviteur Mae-hwa dans une vallée montagneuse difficile d'accès par le chef de village, Eom Heung-do (joué par Yoo Hae-jin). Bien qu'il ait été renversé par son oncle Sejo, la partie n'est pas terminée pour Daejong et d'aucuns s'activent pour le rétablir dans ses droits de souverain légitime...

Un film historique sensible et émouvant, dont on attend avec impatience la sortie sur les écrans français.

Sources : 

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21 septembre 2024 6 21 /09 /septembre /2024 12:09

Diffusée il y a trois ans, à compter du 17 septembre 2021, la série télévisée dramatique sud-coréenne Squid Game a été la plus vue de l'histoire de Netflix. Alors que l'entreprise créée par Reed Hastings et Marc Randolph organise sa Geeked Week, des détails ont été apportés sur la saison 2 de Squid Game, dont la mise en ligne est prévue le 26 décembre 2024 - avant une troisième et dernière saison envisagée en 2025.

Affiche promotionnelle pour le lancement de la série, le 17 septembre 2021

Affiche promotionnelle pour le lancement de la série, le 17 septembre 2021

La saison 2 de la série s'inscrira bien sûr dans la continuité de la première saison - dans laquelle 456 personnes, confrontées à des difficultés financières, prenaient part à une compétition de survie pour remporter un prix équivalent à une valeur de 32 millions d'euros (45,6 milliards de won). Le nom de la série est inspiré d'un jeu pour enfants britannique, le jeu du calamar (en anglais, squid game), populaire en République de Corée dans les années 1970 et 1980, et dont semblent s'inspirer les épreuves auxquelles sont soumis les participants au Squid Game.

Alors que la Geeked Week a conduit à dévoiler des images de la nouvelle saison, Julie Hay pour le Journal du Geek signale le retour dans une nouvelle partie de Seong Gi-hun (joué par Lee Jung-jae, à qui nous devons Hunt), porteur du numéro 456 et vainqueur à l'issue de la saison 1. Ce dernier semble toujours déterminé à démasquer et punir les organisateurs d'un jeu sadique qui voit mourir les compétiteurs malheureux : 

Ces images exclusives sont accompagnées d’un synopsis, permettant d’en apprendre plus sur la narration qui sera déroulée. “Trois ans après avoir remporté Squid Game, le joueur 456 a renoncé à partir aux États-Unis et revient avec une nouvelle résolution en tête. Gi-hun se plonge à nouveau dans le jeu de survie, démarrant un autre combat contre la mort avec de nouveaux participants rassemblés pour remporter le prix de 45,6 milliards de won”. Le final de la saison précédente le montrait bien déterminé à faire tomber les organisateurs de ce jeu sadique, à renverser le groupe secret. Il s’agira sans doute aussi d’en apprendre plus sur les personnages se cachant sous les masques.

Le cinéaste et acteur Hwang Dong-hyeok, réalisateur et scénariste de Squid Game, s'essayait alors avec succès à la série télévisée. Une réussite qui l'a conduit à se diversifier - par exemple comme metteur en scène pour Louis Vuitton - et à revenir sur son intention initiale de ne pas donner de suite à Squid Game - pour le plus grand plaisir de ses fans. 

Principale source :

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29 décembre 2023 5 29 /12 /décembre /2023 23:24

Né le 2 mars 1975, Lee Sun-kyun s'est suicidé le 27 décembre 2023. Agé de seulement 48 ans, il était l'un des acteurs les plus talentueux et les plus prolifiques de sa génération, remarqué notamment pour son interprétation de Park Dong-ik dans le film Parasite de Bong Joon-ho, qui avait remporté la Palme d'or au Festival de Cannes en 2019. L'AAFC salue la mémoire d'une figure éminente du cinéma sud-coréen, en présentant ses condoléances à sa famille et ses proches. 

Lee Sun-kyun, en 2018

Lee Sun-kyun, en 2018

Diplômé d'art dramatique de l'Université nationale des arts de Corée, Lee Sun-kyun avait commencé à jouer en 2001, dans la comédie musicale The Rocky Horror Show et à la télévision dans la série Lovers. Poursuivant parallèlement une carrière d'acteur au cinéma, au théâtre et à la télévision, il a joué le rôle de Choi Han-sung dans la série télévisée sortie en 2007 The 1st Shop of Coffee Prince et a été un des acteurs réguliers de Hong San-soo, à l'affiche dans Night and day,  Les Amours d'Oki et Haewon et les hommes. Plusieurs fois primé comme meilleur acteur, notamment aux Baeksang Arts Awards en 2015 dans A Hard Day de Kim Seong-hun, son rôle dans Parasite en 2019 a marqué l'apogée de sa carrière.

Il s'était marié en 2009 avec l'actrice Jeon Hye-jin, et deux fils étaient nés de leur union, en 2009 et 2011. 

Rendant compte de sa carrière, Philippe Mesmer, dans la quotidien Le Monde, a souligné son attention pour promouvoir les jeunes acteurs, y compris dans le format - tendant à être délaissé - des feuilletons en un seul épisode, plus adaptés à la découverte de nouveaux talents. 

Les conditions de sa disparition, après qu'il venait d'être entendu dans une affaire de consommation de drogue (qui restait à établir), et que lui-même avait porté plainte pour chantage et extorsion de fonds, mettent en lumière l'un des aspects les plus sombres de la société du spectacle sud-coréenne, où la pression médiatique a poussé à la dernière extrémité d'autres vedettes, telles Kim Hong-hyun. Pour Lee Sun-kyun, nous déplorons aussi vivement la méconnaissance de la présomption d'innocence et un certain acharnement policier et judiciaire contre la consommation de drogue : un homme de coeur et de talent nous a quittés beaucoup trop tôt. 

Sources principales :

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5 décembre 2023 2 05 /12 /décembre /2023 18:21

Les Français qui s'intéressent un peu à la généalogie savent que, en l'absence d'obligations de tenir des registres d'état civil dans notre pays jusqu'au XVIe siècle, disposer de données pour les périodes antérieures implique généralement de compter un ancêtre appartenant à la noblesse. L'ancienne Corée royale ne fait pas exception : ce sont les nobles (yangban) qui étaient les plus attachés à tenir des documents prouvant leur ascendance. Cette fonction était assurée par les registres généalogiques, appelés en coréen jokbo.  

Diagramme montrant les principaux patronymes en Corée

Diagramme montrant les principaux patronymes en Corée

Chaque famille se devait de tenir un jokbo, qui était transmis de génération en génération en étant reçu et conservé par le fils aîné. Dans la société coréenne traditionnelle, il servait notamment de preuve à une ascendance yangban - ce qui explique qu'il pouvait être falsifié et amène à recourir à toutes les précautions d'usage quand le jokbo est utilisé comme source historique. Idéalement, il doit en effet pouvoir être recoupé avec d'autres sources.

Dans la société de classes qu'était la Corée du Choseon, les clans familiaux jouaient par ailleurs un rôle primordial. Manifestement inspiré des registres établis par la Chine impériale (le premier jokbo coréen serait celui du philosophe et poète Choe Chiwon, mort au Xe siècle, à la fin de la dynastie Silla), le jokbo attestait ainsi de l'appartenance à un même clan tout en permettant d'identifier les différentes générations. Il servait aussi - et sert toujours - de base pour pratiquer le culte des ancêtres, sa tenue étant associée à l'entretien des tombes et plus largement des lieux liés à l'histoire de la famille, notamment les demeures familiales.

Le film éponyme Jokbo (en français : Généalogie), réalisé par Im Kwon-taek et sorti en 1979, combine le thème de la résistance antijaponaise (impliquant l'obligation pour les Coréens d'adopter un patronyme japonais) et le récit d'une famille qui s'organise autour de la figure de son patriarche. 

Alors que beaucoup de Coréens portent un même patronyme, le jokbo permet d'identifier ceux qui appartiennent à une même famille. Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée, appartient pour sa part à une lignée de gardiens de tombes de yangban. En 1992, Kim Il-sung a indiqué que sa famille appartenait aux Kim de Jeonju (aujourd'hui la capitale de la province du Jeolla du Nord, en République de Corée), où le tombeau du fondateur est conservé dans les monts Moak, situés dans la zone de montagne entre Jeonju et Wanju. Les ancêtres de Kim Il-sung auraient déménagé à Mangyongdae, près de Pyongyang, entre 1810 et 1820, en restant des gardiens de tombes. 

Sources : 

- Kim Hakjoon, Dynasty, université Stanford, 2015, p. 25 sq.

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13 septembre 2023 3 13 /09 /septembre /2023 20:42

Devant sortir en salles le 27 septembre 2023, à l'occasion de la fête coréenne de Chuseok, le nouveau long métrage du réalisateur sud-coréen Kang Je-gyu (auteur, entre autres, de Frères de sangRoad to Boston revient sur l'exploit réalisé par Suh Yun-bok, vainqueur du marathon international de Boston en 1947, qui était le premier marathon international organisé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. L'athlète coréen signait également un nouveau record du monde en réalisant un temps de 2h25'39". 

Affiche du film

Affiche du film

Si la victoire coréenne - alors que le pays venait tout juste de retrouver son indépendance après la libération de l'occupation japonaise - a une telle importance symbolique dans l'histoire sportive de la péninsule, c'est aussi parce que Suh Yun-bok battait le record du monde précédemment détenu par un de ses compatriotes, Son Ki-jeong, médaillé d'or aux Jeux olympiques de Berlin, qui avait caché le drapeau japonais figurant sur son maillot lors de la remise des médailles et refusé ensuite de concourir sous les couleurs du Japon. Qui plus est, Son Ki-jeong était l'entraîneur de Suh Yun-bok. Le film rend d'ailleurs hommage au champion coréen, joué par Ha Jeong-woo. 

Alors que la Corée était encore sous occupation étrangère (en l'occurrence, américaine au sud de la péninsule), Suh Yun-bok avait dû verser une caution et trouvé un garant pour participer au marathon de Boston, à l'instar des autres membres de la délégation coréenne qui allaient ensuite découvrir que leur dossard comportait un drapeau américain. 

Le chanteur et acteur Im Si-wan, dans le rôle de Suh Yun-bok, a suivi un entraînement pour ressembler au champion coréen. Son jeu réaliste est salué par la critique comme l'un des ingrédients de la qualité de Road to Boston, à l'instar du rôle campé par le talentueux Ha Jeong-woo. 

Im Si-wan en 2013

Im Si-wan en 2013

Principale source : 

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10 septembre 2023 7 10 /09 /septembre /2023 15:21

Il y a soixante-quinze ans, le 9 septembre 1948, était fondée la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). A cette occasion, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'est réunie à Paris le 9 septembre 2023, lors d'une cérémonie qui a mis la culture à l'honneur. Les adhérents et sympathisants de l'AAFC ont été rejoints par Son Excellence Pak Yong-su, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, et ses collaborateurs. 

S. E. Pak Yong-su, en discussion avec quelques-uns des participants

S. E. Pak Yong-su, en discussion avec quelques-uns des participants

Alors qu'était proposée à la vente une sélection d'ouvrages, de timbres et de cartes postales sur la Corée, la manifestation a été placée sous le signe de la culture, en commençant par la projection d'un classique du cinéma nord-coréen, distribué en 1972 : La Fille aux fleurs, de Choe Ik-kyu et Pak Hak. L'intrigue nous replonge dans les années 1930, alors que la Corée est occupée par les Japonais. la jeune Koppun vend des fleurs afin de gagner de quoi acheter des médicaments pour sa mère malade, alors que son frère est engagé dans la résistance.  

Affiche du film "La fille aux fleurs"

Affiche du film "La fille aux fleurs"

Des discussions se sont ensuite engagées sur une exposition d'art coréen de la RPDC, prévue à Paris du 14 au 22 octobre 2023.

Projet d'affiche pour l'exposition du 14 au 22 octobre 2023

Projet d'affiche pour l'exposition du 14 au 22 octobre 2023

Dans l'échange de discours à l'occasion de la fondation de la RPD de Corée, les organisateurs ont rappelé le contexte de la division de la Corée après la libération de l'occupation japonaise en 1945, soulignant le besoin impérieux de réunification de la péninsule coréenne. En réponse, S. E. Pak Yong-su a mis en exergue le contexte actuel de tensions qui justifie les efforts menés par la RPD de Corée pour garantir sa souveraineté militaire et son indépendance. Il a remercié l'AAFC pour son soutien au peuple coréen.

Les discussions et les échanges ont continué autour d'un buffet coréen - la culture, y compris la cuisine, étant un ferment d'unité du peuple coréen au-delà des divisions héritées de la guerre froide.

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11 mai 2023 4 11 /05 /mai /2023 11:14

Bénéficiant de la venue au nord de la péninsule, après la Libération, de nombreux réalisateurs et acteurs qui s'étaient engagés dans la résistance antijaponaise, le cinéma nord-coréen définit de nouveaux canons esthétiques, fondés sur le réalisme socialiste, et s'emploie à magnifier la lutte victorieuse menée contre le colonisateur. C'est dans cette veine que s'inscrit le film My Home Village (connu sous ce titre anglais, même si une traduction plus fidèle serait Mon village natal), de Kang Hong-sik, sorti en 1949, devenu un classique du film de guerre - et plus largement du cinéma de la République populaire démocratique de Corée. 

En s'ouvrant sur une vue du Mont Paektu, point culminant de la Corée d'où Kim Il-sung et ses partisans ont mené la guérilla selon l'historiographie nord-coréenne, My Home Village est le premier des longs métrages à mettre en scène le combat des partisans antijaponais - incarnés par Gwan Pil (joué par Yoo Won-jun), paysan sans terre en butte à l'oppression du colonisateur nippon (Choi Jusa, dont le rôle est porté par Tae Ul-min), et un résistant que Gwan Pil rencontre en prison et qui le conduit à rejoindre la guérilla. L'un des faits d'armes, spectaculaire, est l'explosion d'un train japonais alors qu'il franchissait un pont. Gwan Pil épousera finalement sa fiancée, Ok Dan (Moon Ye-bong), et le film s'achève par les perspectives de la construction du socialisme. 

Dans ce long métrage fondateur du cinéma nord-coréen, on retrouve plusieurs de ses caractéristiques : l'importance des scènes chantées (dans la tradition coréenne du pansori), des rebondissements rapides et une intensité dramatique poussée à son paroxysme - ainsi que le choix que la résistance s'incarne dans des héros du quotidien auxquels le spectateur s'identifie pour poursuivre, à son tour, l'édification d'un nouveau pays. On retrouve aussi l'idée d'un message que doit porter l'artiste, qu'il soit écrivain ou réalisateur, conformément au rôle social qui lui incombe dans la culture coréenne - que celle-ci soit désormais identifiée au nord ou au sud de la péninsule. 

La réalisation de My Home Village a été soutenue par Kim Il-sung, accompagné par Kim Jong-il, alors âgé de 7 ans, lors d'une projection en avant-première. Le choix non seulement de jeunes acteurs, mais aussi de jeunes réalisateur et scénariste, s'inscrit par ailleurs dans une volonté d'édifier une société nouvelle, à contre-courant des traditions confucéennes accordant la primauté aux plus anciens.

Sources : 

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19 avril 2023 3 19 /04 /avril /2023 17:55

Le 17 avril 2023, la Cinémathèque diffusait en avant-première le premier long métrage de Lee Jung-jae, Hunt, diffusé à la 75e édition du festival de Cannes. Si l'acteur a une longue carrière - il a notamment tenu le rôle principal dans la série Squid Game, multi-primée - c'est en effet la première fois qu'il dirige un film - tout en jouant également l'un des principaux rôles. Un film d'espionnage et un thriller haletant - que la Cinémathèque a présenté sur plein écran, alors qu'en France le choix a été fait d'une diffusion seulement en DVD.

"Hunt" de Lee Jung-jae en avant-première à la Cinémathèque

L'intrigue peut sembler simple : une rivalité entre deux hommes de deux agences de renseignement (Park Pyong-ho, joué par Lee Jung-jae, et Kim Jung-do, joué par Jung Woo-sung), dans la Corée du Sud autoritaire des années 1980, et qui s'accusent mutuellement de servir les intérêts du Nord ennemi. Sauf qu'au final le manichéisme cède le pas à des positionnements infiniment plus complexes, qui font toute la beauté des portraits psychologiques brossés par Lee Jung-jae, sur fond de références implicites à des événements réels (notamment, l'assassinat du Président Park Chung-hee et l'attentat de Rangoun en 1983). Selon la formule de Nietzsche, les Etats sont les plus froids des monstres froids - et ajoutons que les services de renseignement sont au coeur du fonctionnement des Etats. 

Les amateurs de Squid Game retrouveront dans une certaine mesure l'ambiance de la série - une violence portée à son paroxysme prenant ici sa forme la plus éclatante dans l'usage ignominieux de la torture comme moyen d'extorquer des aveux. Mais comme dans le roman noir, il n'y a ni bons, ni méchants. La puissance des scènes d'action, dans un film au rythme effréné, font quitter Hunt des rivages du film d'espionnage pour en faire un thriller magnifique, où les fantômes des massacres de Gwangju hantent les étudiants animant les luttes démocratiques.  

Les scènes surplombantes de paysages tant urbains que ruraux nous invitent à prendre de la hauteur, traduisant le calme avant la tempête, alors que les destins des individus sont broyés par une raison d'Etat implacable. 

Sources : 

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13 février 2023 1 13 /02 /février /2023 23:09

Le pansori (littéralement, chant du lieu public), est l'art coréen du récit chanté, accompagné d'un tambour (le janggu), inscrit au patrimoine immatériel de l'Unesco. Il trouve son expression la plus aboutie dans Le chant de Chunhyang (appelé aussi Chunhyangga). Cette œuvre, dont les origines sont difficiles à établir - remontant au moins au XVIIe siècle, sous la dynastie Choseon (1392-1910), conjugue les arts de la littérature, du chant et de la scène. Les artistes itinérants du pansori accompagnaient à l'origine les chamans, ce qui a marqué leur style, imprégné de mystère. Le chant de Chunhyang a inspiré nombre de créations postérieures dans l'ensemble de la péninsule coréenne, jusqu'à l'époque contemporaine. 

Peinture de la période Choseon, illustrant l'histoire de Chunhyang

Peinture de la période Choseon, illustrant l'histoire de Chunhyang

Par son intrigue, l'histoire de Chunhyang a une portée universelle - mais elle trouve une résonance toute particulière dans une culture coréenne ancrée dans le néo-confucianisme, en illustrant les valeurs traditionnelles de loyauté, de fidélité et de justice. 

A Namwon (dans le Jeolla) vit Chunhyang, qui est la fille d'une kisaeng - du nom des courtisanes de l'ancienne société coréenne apparues sous la dynastie Koryo (918-1392). Chunhyang et Yi Mongryong, fils d'un magistrat, tombent amoureux. C'est, hélas, un amour impossible à cause des barrières sociales. Après le départ de Yi Mongryong parti étudier à Séoul, Byeon, un magistrat tyrannique de Namwon, décide de faire de la belle Chunhyang sa concubine. Mais fidèle à Mongryong, la jeune fille refuse ses avances et Byeon l'emprisonne et la fait condamner à mort. Ayant remporté la première place à l'examen d'Etat, Mongryong revient comme inspecteur royal secret. Il punit Byeon, et libère et épouse Chunhyang. 

Si la légende de Chunhyang est attestée dans plusieurs ouvrages de la dynastie Choseon, Le chant de Chunhyang est composé, dans sa forme actuelle, par Shin Jae-yo dans les années 1870 - en France, il a été traduit par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet et publié aux éditions Zulma en 2008. Dès le XIXe siècle, le pansori constituait un genre qui avait gagné ses lettres de noblesse parmi les lettrés, avant de décliner pendant la colonisation japonaise. Nombre de ses artistes gagnent le nord de la péninsule après 1945, notamment Pak Tong-sil (1897-1968) qui l'adapte à des thèmes patriotiques et révolutionnaires. Un des classiques du cinéma nord-coréen, La légende de Chunhyang, de Yun Ryong-gu et Yu Won-jun (1980), s'inscrit dans la tradition du pansori en alternant les scènes jouées et chantées. 

Au sud, si Pak Tong-jin (1916-2003) réalise dès 1969 une interprétation de l'histoire de Chunhyang pendant huit heures (enrichissant ainsi le scénario de base), le récit connaît un important renouveau avec Le chant de la fidèle Chunhyang d'Im Kwon-taek en 2000, où le rôle de Chunhyang est interprété par Yi Hyo-jeong et celui de Yi Mongryong par Cho Seung-woo, alors révélé. Comme Yun Ryong-gu et Yu Won-jun, il situe également l'histoire au XVIIIe siècle. Son film a valu à Im Kwon-taek la palme d'or au festival de Cannes en 2000. Les dramas coréens ont ensuite repris et adapté Le chant de Chunhyang.

La popularité du récit a même gagné le Japon, où un manga de CLAMP, Shin Sunkaden,  publié en 1992, reprend la légende de Chunhyang. 

Namwon, où les faits sont censés s'être déroulés, organise chaque printemps un festival consacré à Chunhyang. 

Sources : 

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  • : Soutenir la paix en Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la paix dans le monde
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