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13 février 2026 5 13 /02 /février /2026 20:29

Après les incursions de drones sud-coréens en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les réactions de Pyongyang ont rappelé que ces initiatives mettaient en danger la paix dans la péninsule. Après que Chung Dong-young, ministre de la réunification de la République de Corée (RDC, Corée du Sud), a exprimé ses "regrets" au sujet de ces actes de violations de l'espace aérien (et de la souveraineté) de la RPDC, Kim Yo-jong, directrice adjointe de département du Comité central (CC) du Parti du travail de Corée (PTC), a déclaré apprécier cette réaction comme "tout à fait raisonnable" - éloignant les risques d'escalade militaire. 

Kim Yo-jong, directrice adjointe de département du CC du PTC

Kim Yo-jong, directrice adjointe de département du CC du PTC

Ce n'est pas encore le retour au beau fixe dans les relations intercoréennes, mais déjà une éclaircie qui mérite d'être appréciée à sa juste valeur. 

Dans une dépêche de l'agence KCNA de la RPDC, Kim Yo-jong a salué favorablement les excuses exprimées par le ministre sud-coréen de la réunification : 

Je considère comme une chance que Jong Tong Yong, ministre sud-coréen de l’Unification, ait officiellement exprimé le 10 février ses regrets concernant l’incursion de drones en République populaire démocratique de Corée (RPDC) survenue au début de la nouvelle année. J’apprécie cette attitude comme tout à fait raisonnable.

Ce satisfecit est toutefois accompagné d'une mise en garde contre toute nouvelle incursion, laquelle pourrait alors déclencher des réactions de la RPDC. Toujours selon Kim Yo-jong, citée par KCNA : 

Cependant, les autorités sud-coréennes sont tenues de prendre des mesures préventives pour garantir de manière certaine qu’une telle atteinte grave à la souveraineté – comme la violation de l’espace aérien de notre République – ne se reproduise plus, au lieu de chercher à minimiser la crise qu’elles ont provoquée par de simples excuses (...)

Je lance un avertissement préalable : la répétition d’une telle provocation, portant atteinte à la souveraineté inaliénable de la RPDC, déclenchera immanquablement une réponse terrible. Plusieurs plans de contre-attaque sont prêts, et l’un d’eux sera sans aucun doute choisi, allant au-delà de la proportionnalité.

Mais les éléments visiblement manipulés par le renseignement sud-coréen ne cherchent-ils pas précisément à provoquer une escalade ? C'était déjà l'intention de l'ancien président Yoon Seok-yeol, aujourd'hui passible de la peine de mort

Face aux risques de conflit dans la péninsule coréenne, l'AAFC, aujourd'hui comme hier, défendra toujours le dialogue, la désescalade et la paix

Sources : 

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10 février 2026 2 10 /02 /février /2026 14:13

Une perquisition vient d'être menée dans les locaux du Service national du renseignement (NIS) et du Commandement coréen du renseignement de défense (KDIC) quant à leur possible implication dans le survol par des drones sud-coréens de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En effet, l'agence KCNA de la RPDC avait publié une dépêche dénonçant la violation de son espace aérien, à plusieurs reprises, par des drones identifiés comme en provenance de la République de Corée (RdC, Corée du Sud), dont au moins aurait été abattu, entraînant de violentes critiques de Pyongyang contre les autorités sud-coréennes. Le président démocrate Lee Jae-myung, soucieux d'apaisement dans les relations avec le Nord, a dénoncé ces actes comme "inadmissibles" et ordonné l'enquête en cours qui tend à remettre en cause l'hypothèse d'un acte uniquement imputable à des citoyens sud-coréens. 

Photo d'un drone sud-coréen ayant survolé la RPDC et abattu, selon l'agence KCNA

Photo d'un drone sud-coréen ayant survolé la RPDC et abattu, selon l'agence KCNA

L'ancien président Yoon Seok-yeol, destitué en avril 2025 après sa tentative avortée d'imposer la loi martiale, passible de la peine de mort, est également poursuivi pour avoir ordonné le survol de la RPDC par des drones, une provocation visant à obtenir une réaction nord-coréenne qui aurait justifié l'imposition d'un régime d'exception. 

Malgré le départ du pouvoir de l'ancien président Yoon, des drones sud-coréens ont manifestement continué de survoler la RPD de Corée - Séoul ayant dénoncé par ailleurs des survols de son territoire par des drones nord-coréens en décembre 2022. 

Le 10 janvier 2025, l'agence KCNA a publié une dépêche citant le porte-parole du commandement de l'Armée populaire de Corée, apportant de nombreuses précisions techniques, et dénonçant avec vigueur la poursuite des intrusions de drones sud-coréens, même après la fin du régime de "hooligans" à Séoul. Pour Pyongyang, cela confirme que la "RdC est son ennemie". 

Cette situation est particulièrement embarrassante pour les nouvelles autorités sud-coréennes depuis l'élection présidentielle de juin 2025, le président Lee Jae-myung dénonçant des risques de conflit avec le Nord. L'enquête menée a tout d'abord conduit à inculper trois civils, dont l'un, Oh, avait des liens avec le renseignement militaire (KDIC) : il aurait travaillé dans une société de média servant de façade aux activités du KDIC.

La ligne de défense d'un des accusés, revendiquant son acte, est de mesurer les niveaux de radiation et de contamination en métaux lourds autour d'une usine de traitement d'uranium de la RPDC. 

Les perquitions conduites au siège du NIS et du KDIC s'inscrivent dans le cadre de cette enquête : elles ont conduit à l'inculpation de trois officiers militaires en service actif, dont un capitaine du renseignement.

Sources :

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 23:04

Ancien Premier ministre de la République de Corée (juin 2004-mars 2006), Lee Hae-chan était l'une des figures les plus éminentes du camp démocrate, qu'il avait rejoint lors des luttes des années 1970 pour la démocratie, ayant ainsi puissamment contribué à la chute du régime militaire. Agé de 73 ans, Lee Hae-chan est décédé d'un arrêt cardiaque le 25 janvier 2026 à Hô Chi Minh ville, alors qu'il était en déplacement professionnel au Vietnam. L'Association d'amitié franco-coréenne salue la mémoire d'un combattant de la liberté et d'un homme d'Etat qui aura dévoué sa vie à l'intérêt général. 

Lee Hae-chan, en 2019

Lee Hae-chan, en 2019

Né le 10 juillet 1952 dans le comté de Cheongyang, dans la province du Chungcheong du sud, il était le fils d'un ancien maire de Cheongyang, ayant quitté son poste après la révolution d'avril 1960

Il rejoint le mouvement étudiant d'opposition au régime autoritaire dès 1972, ce qui lui vaudra d'être emprisonné à deux reprises, pendant un an et pendant deux ans et demi. Ayant travaillé pour Amnesty Korea, il a mis l'accent sur les activités éditoriales et a été l'un des promoteurs du quotidien Hankyoreh lorsque le titre a été créé, à la fin de l'année 1987. 

L'ancien militant pour les droits de l'homme endosse alors le costume d'homme d'Etat. Il est élu député pour la première fois en 1988, et il sera réélu six fois. Ministre de l'éducation de mars 1998 à mai 1999 après l'alternance démocratique de 1998, ouverte par la victoire de Kim Dae-jung, il a été le Premier ministre du président démocrate Roh Moo-hyun entre juin 2004 et mars 2006. Après avoir dirigé le Parti démocrate pendant deux ans, d'août 2018 à août 2020, il avait quitté l'Assemblée nationale en mai 2020. 

Après l'élection de Lee Jae-myung, à laquelle il avait contribué, il avait continué à s'investir sur la question des relations intercoréennes, en devenant vice-président du Conseil consultatif sur l'unification pacifique (acronyme anglais, PUAC). Il devait d'ailleurs assister à Hô Chi Minh ville à une réunion du bureau Asie-Pacifique du PUAC lorsqu'il est décédé. 

Le Président Lee a salué avec émotion la mémoire de Lee Hae-chan sur sa page Facebook : 

Aujourd'hui, la république de Corée a perdu un grand mentor dans l'histoire de la démocratie (...) Tout comme une rivière peut serpenter mais finit par se jeter dans la mer, le chemin vers la démocratie, la réunification pacifique et le développement équilibré qu'il a cherché à réaliser se poursuivra.

Les obsèques institutionnelles de ce défenseur ardent de la démocratie et de l'unification de la Corée sont organisées à Séoul du 27 au 31 janvier 2026.

Sources : 

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4 septembre 2025 4 04 /09 /septembre /2025 19:16

A la différence des pays occidentaux, qui ont largement boycotté les cérémonies commémorant à Pékin la fin de la Seconde guerre mondiale, la République de Corée (RdC, Corée du Sud) a été représentée par Woo Won-shik, président de l'Assemblée nationale. Toutefois, dix ans plus tôt, c'était la présidente Park Geun-hye qui représentait son pays - soit depuis cette date le signe d'un certain retrait, dans un contexte de tensions entre la République populaire de Chine et la RdC, même si les deux pays entretiennent toujours des liens économiques privilégiés.

Woo Won-shik, président de l'Assemblée nationale (Gukhoe) de la République de Corée

Woo Won-shik, président de l'Assemblée nationale (Gukhoe) de la République de Corée

La construction de plusieurs tours d'acier par Pékin dans la zone maritime provisoire, à cheval entre les eaux de la Chine et de la RdC, constitue un sérieux irritant dans les relations bilatérales.

Revenant sur ce point lors de l'entretien qu'il a eu à Pékin avec son homologue chinois, Zhao Leji, président du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, Woo Won-shik a, selon son bureau, demandé à la Chine de traiter "de manière prudente" les questions liées à la mer Jaune, afin de ne pas empêcher le développement des relations bilatérales.

Le président du Gukhoe a également mentionné le développement du partenariat stratégique bilatéral entre les deux pays, en exprimant le souhait qu'ils oeuvrent de concert à la paix et à la stabilité régionale - dans une formulation qui n'évoque pas directement la question nucléaire nord-coréenne, alors que la RdC est l'un des proches alliés de Washington en Asie du Nord-Est, les deux pays menant régulièrement des manoeuvres militaires communes régulièrement fustigées par Pyongyang.

Avant le début de la parade militaire, Woo Won-shik et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, présent au premier rang des invités, ont échangé une poignée de main, toujours selon le bureau de Won. Le président Lee Jae-myung souhaite améliorer les relations intercoréennes, en ayant également encouragé au dialogue américano - nord-coréen lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump le 25 août dernier - lors de laquelle le dirigeant américain avait exprimé son souhait de rencontrer son homologue nord-coréen cette année. 

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14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 20:28

Les haut-parleurs sont largement utilisés depuis plus de 70 ans en Corée dans la guerre psychologique que se livrent les deux Etats rivaux. La décision de Lee Jae-myung, nouvellement élu président de la République de Corée, de suspendre les diffusions par le Sud dès le 11 juin 2025 traduit en actes concrets sa volonté d'apaisement avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). 

Haut-parleur américain diffusant de la propagande pendant la guerre de Corée (1953)

Haut-parleur américain diffusant de la propagande pendant la guerre de Corée (1953)

Lorsque le 9 juin 2024 le président sud-coréen Yoon Seok-yeol décidait de reprendre la propagande par haut-parleur à destination de la RPDC, il rompait un engagement de 2018 entre les deux Etats coréens de limiter les activités dans la zone démilitarisée (DMZ).

De fait, les messages diffusés par haut-parleur de part et d'autre de la DMZ ont été un indicateur de l'état des relations intercoréennes : alors qu'elles avaient été interrompues après l'armistice ayant mis fin à la guerre de Corée en 1953, elles avaient repris à l'initiative du président sud-coréen Park Chung-hee en 1963 - avant d'être interrompues en 2004, par l'administration démocrate de Roh Moo-hyun. Puis elles avaient reprises en 2015, jusqu'en 2018, alternant messages et musique pop coréenne.

L'interruption des diffusions à nouveau décidée par une administration sud-coréenne démocrate s'inscrit dans la volonté du Président Lee de "rétablir la confiance" entre les deux pays - et d'apaiser des tensions qui n'ont cessé de grandir pendant le mandat de Yoon Seok-yeol, comme l'a précisé le ministère sud-coréen de la défense dans un bref communiqué afin de

tenir la promesse de restaurer la confiance dans les relations entre la Corée du Sud et la Corée du Nord et de rechercher la paix dans la péninsule coréenne

Il ne fallait toutefois pas surestimer l'impact des haut-parleurs sud-coréens, puisqu'ils ne pouvaient être entendus qu'à quelques dizaine de kilomètres à l'intérieur de la RPDC. 

Pyongyang a manifestement répondu à cette volonté d'apaisement, les diffusions par haut-parleur du Nord vers le Sud n'ayant plus été entendus dès le 12 juin (soit le lendemain de l'initiative sud-coréenne), comme l'a précisé un responsable militaire sud-coréenne à l'agence de presse Yonhap.

Si à la veille du 25e anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000 la route est encore longue vers la reprise du dialogue intercoréen, ces premiers pas sont encourageants et en appellent d'autres : "point n'est besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer", suivant la citation attribuée, selon les cas, à Guillaume le Taciturne ou à Charles le Téméraire.

Sources : 

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4 août 2024 7 04 /08 /août /2024 10:28

La tradition désormais bien établie aux Jeux olympiques de Paris est que les médaillés prennent un selfie ensemble. Mais elle est chargée d'un poids symbolique d'autant plus fort lorsqu'elle réunit ensemble, le temps d'un cliché, des athlètes des deux Etats coréens - alors que les relations intercoréennes sont au plus bas

JO de Paris : les Coréens réunis le temps d'un selfie historique

Le 30 juillet 2024, les pongistes Ri Jong-sik et Kim Kum-yong de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) se sont inclinés vaillamment en finale face à leurs rivaux chinois Wang Chuqin et Sun Yingsha - alors que la République populaire de Chine surclasse ses rivaux dans la discipline. L'incroyable parcours de la paire nord-coréenne, dans un combat digne de David contre Goliath, a fait vibrer Jean-Loup Delmas de 20 minutes

La glorieuse incertitude ayant ses limites, la paire nord-coréenne s’est inclinée en finale mixte de tennis de table face aux ultrafavoris chinois, large numéro 1 mondial et composés de deux multichampions du monde en simple. Mais on se sera surpris à vibrer, lorsque les deux comparses de Pyongyang ont arraché le deuxième set. Ou qu’ils ont mené 4-0 dans le quatrième, se sont fait petit à petit rattraper, puis ont sorti deux, trois masterclass pour revenir à 2 sets à 3. Ou ce moment au cinquième set, lorsque distancés 2-0 d'emblée face à des adversaires remontés, ils ont mené 7-5.

Alors, oui, on se confesse, nous les pongix que nous sommes, dont notre seule connaissance de ce joli sport se résume aux Frères Lebrun et à des souvenirs globalement pas ouf de l’EPS au collège, on a non seulement vibré, mais on s’est aussi mis à souhaiter une victoire nord-coréenne. Juste pour voir une improbable remontada, un renversement de la table digne de Rocky version raquette, une victoire du petit poucet face aux puissants, en bon français romantique que nous sommes. Difficile de voir plus grande opposition : la 322e et 509e places mondiales affrontant les numéros un.

Mais le plus émouvant a sans doute été les gestes échangés avec la paire sud-coréenne, formée de Lim Jong-hoon et Shin Yu-bin, montés sur la troisième marche du podium. Après une poignée de main entre Lim Jong-hoon et Ri Jong-sik, c'est encore Lim Jong-hoon qui a pris le selfie historique entre les six médaillés olympiques - dans une image rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, symbolisant l'esprit olympique de paix et de fraternité. Le cliché a d'ailleurs été pris par un téléphone de l'emblématique marque sud-coréenne Samsung, et les deux drapeaux nord et sud-coréens figurent sur la photo qui a fait le tour du monde.

Les compétitions internationales apparaissent comme un baromètre des relations intercoréennes : les athlètes de toute la Corée avaient défilé ensemble à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été en 2000 et 2004, et à nouveau lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux d'hiver de Pyeongchang, en République de Corée (Corée du Sud), en 2018 - la Corée formant alors une équipe unifiée en hockey féminin. Plus encore, une délégation de la RPDC d'un niveau sans précédent s'est rendue en République de Corée à cette occasion. 

Les gestes entre les athlètes du Nord et du Sud lors du podium de l'épreuve de double mixte en tennis témoignent aussi que - conformément aux valeurs internationalistes ancrées dans la culture des démocraties populaires - la RPDC distingue les peuples de leurs gouvernements : l'hostilité actuelle entre les régimes de la RPDC et de la République de Corée n'interdit nullement la sympathie des Nord-Coréens pour les Sud-Coréens.  

Par ailleurs, à mi-chemin du parcours de Jeux olympiques de Paris, les délégations des deux Etats coréens ont déjà rempli leur contrat.

Largement éloignée des compétitions internationales depuis plusieurs années, dans le contexte notamment de la pandémie de Covid-19 qui l'avait conduite à ne pas participer au JO de Tokyo, la RPDC a remporté pour l'heure deux médailles d'argent : outre la deuxième place de Ri Jong-sik et Kim Kum-yong, les nageuses Jo Jin-mi et Kim Mi-rae sont vice-championnes olympiques en haut-vol à 10 mètres synchronisé féminin. En gymnastique artistique, An Chang-ok, double championne du monde, a terminé en revanche au pied du podium, à la quatrième place, en saut de cheval.

Provisoirement sixième au tableau des médailles (neuf médailles d'or, sept médailles d'argent et cinq médailles de bronze, soit déjà trois médailles d'or de plus que lors des Jeux de Tokyo), la République de Corée - malencontreusement confondue avec la RPDC lors de la cérémonie d'ouverture - dominant à nouveau les épreuves de tir à l'arc avec quatre médailles d'or, auxquelles s'ajoutent trois médailles d'or en tir et deux médailles d'or en escrime. Double médaillée d'or (en individuel et par équipe), Lim Si-hyeon a battu le 25 juillet 2024 le record du monde féminin de la discipline (jusqu'alors détenue, depuis 2019, par sa compatriote Kang Chae-young), obtenant 694 points (sur 720), 48 de ses 72 flèches parvenant au centre de la cible. Les trois autres médailles d'or en tir à l'arc ont été décrochées dans des épreuves collectives par équipes (hommes, femmes et mixte).

Un autre doublé en or (individuel et par équipe) a été réalisé par l'escrimeur, pratiquant le sabre, Oh Sang-uk, quintuple champion du monde, triple médaillé d'or olympique et neuf fois vainqueur de la Coupe du monde.

En tir, trois Sud-Coréennes ont décroché l'or : Ban Hyo-jin (carabine à air comprimé 10 m), Oh Ye-jin (pistolet à air comprimé 10 m) et Yang Ji-in (25 m pistolet).

Lim Si-hyeon

Lim Si-hyeon

Oh Sang-uk

Oh Sang-uk

Sources : 

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27 mai 2024 1 27 /05 /mai /2024 15:05

Le 17 avril 2024, à l'occasion de l'inauguration d'un ensemble de plus de 10 000 appartements à Pyongyang, la chanson Friendly Father a été diffusée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Le titre est devenu viral sur les réseaux sociaux, cumulant des millions de vues, pour le plus grand désarroi des autorités de la République de Corée (Corée du Sud). 

Ce succès n'est pas toutefois le fait des Nord-Coréens, mais d'un Indonésien présent sur Tik Tok, Jual Jati, dépourvu de toute intention politique. La mélodie dansante et le style enjoué, qu'on retrouve dans d'autres chansons du Nord (un des exemples emblématiques étant le groupe de filles Moranbong, qui a fait ses débuts en juillet 2012 sous les auspices de Kim Jong-un) sont très souvent associés à ce que la RPDC présente comme des succès dans l'édification du socialisme, en l'occurrence la livraison de logements modernes, sous la direction bienveillante du Maréchal Kim Jong-un, père de la Nation, auquel fait directement référence le titre de la chanson. 

Sa diffusion virale a fait peur aux autorités sud-coréennes, qui ont interdit Friendly Father en application de la loi de sécurité nationale de 1948, aujourd'hui surtout utilisée pour la répression politique - alors que les contenus venus de la RPDC ne sont plus considérés comme susceptibles de convaincre les Sud-Coréens d'une supériorité de la RPDC, quoiqu'en dise le gouvernement du conservateur Yoon Seok-yeol qui veut voir dans Friendly Father un outil de "guerre psychologique". La culture du Nord est en effet plus interprétée, en République de Corée, comme relevant de l'héroï-comique.

Mais toute interprétation politique fait surtout fi de l'apolitisme de la plateforme TikTok d'autant plus abyssal qu'on s'éloigne des rivages coréens - des rivages de toute la Corée. Le style de Friendly Father est aussi très proche de celui d'autres chansons d'Asie de l'Est, comme Our Singapore de JJ Lin ou encore Koreana. Hand in Hand, l'hymne officiel des Jeux olympiques de Séoul en 1988 : en musique comme dans la mode ou en architecture il existe évidemment des tendances internationales, associées à des thématiques (par exemple le néo-classicisme pour une salle de concerts) et qui se nourrissent mutuellement, sans qu'il faille y déceler une improbable guerre de propagande.

Principale source : 

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5 février 2024 1 05 /02 /février /2024 11:13

Le 15 janvier 2024, le dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a déclaré que la Corée du Nord et la Corée du Sud étaient désormais deux États hostiles en situation de belligérance, et non les deux parties d'un pays divisé mais dont les habitants appartiennent à une même nation et à un même peuple, tout en imputant cette situation à une Corée du Sud décrite comme inféodée à une puissance étrangère, en l’occurrence les États-Unis d’Amérique.

De fait, les Corée du Nord et du Sud sont « techniquement » en guerre depuis l’armistice du 27 juillet 1953, lequel n’est qu’un cessez-le-feu le long de la ligne de front. En revanche, les annonces de la dissolution des organisations de RPDC traitant des relations inter-coréennes et de la révision de la constitution de la RPDC pour remettre en cause les références à une seule nation, ainsi que l’affirmation que la République de Corée (du Sud) est « l'ennemi principal » de la RPDC, peuvent inquiéter ceux qui à travers le monde, à l’instar de l’Association d’amitié franco-coréenne, soutiennent le dialogue inter-coréen qui a abouti aux historiques déclarations Nord-Sud des 15 juin 20004 octobre 200727 avril 2018 et 19 septembre 2018.

Sur un plan plus symbolique, la destruction du Monument aux Trois Chartes pour la réunification de la Corée, édifié en 2001 à Pyongyang à l’entrée de la route menant en Corée du Sud, touche particulièrement l’Association d’amitié franco-coréenne qui a choisi de faire figurer sur son logo ce monument représentant deux femmes, une du Nord et une du Sud, se tendant les bras.

Les « Trois Chartes » qui guidaient jusqu’à une période récente la politique inter-coréenne de la RPDC sont les trois principes de la réunification  de la Coréele projet de fondation de la République fédérale démocratique du Koryo et le programme en dix points pour une grande union de la nation coréenneS’agissant des trois principes de la réunification de la Corée, ils ont été définis dès 1972 lors de rencontres entre officiels du Nord et du Sud : une réunification de la Corée en toute indépendance sans recours aux forces extérieures, ni ingérence étrangère ; une grande union nationale transcendant les différences d’idéologie, d’idéal et de régime ; une réunification pacifique, excluant tout recours à la force des armes. Ainsi, au plus fort de la guerre froide, alors que les tensions entre les deux parties de la Corée divisée étaient déjà très élevées, des perspectives d’avenir ont quand même pu être tracéedans l’intérêt de tous les Coréens, du Nord, du Sud et d’outre-mer.

Après 2022, les exercices militaires conjoints de la Corée du Sud et des États-Unis ont atteint une ampleur sans précédent et ont mobilisé, entre autres, porte-avions, sous-marins et bombardiers embarquant des bombes nucléaires. Ces exercices visent ouvertement la RPDC, et les préoccupations sécuritaires de cette dernière peuvent se comprendre, comme est compréhensible son refus de traiter avec un partenaire, fût-il du même peuple, prônant sa destruction et une réunification « par absorption ». Mais tout aussi compréhensible est l’engagement de femmes et d’hommes pour que prenne fin, dans l’indépendance et dans la paix, une division injuste imposée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à un pays héritier d’une civilisation pluri-millénaire. Les gouvernements passent, le peuple coréen reste.

Cette réunification de la Corée, indépendante, pacifique et transcendant les différences, apparaît aujourd’hui comme une perspective plus lointaine que jamais, mais elle reste un objectif souhaitable vers lequel doivent converger les efforts de toutes les personnes de bonne volonté. Il est aussi souhaitable que le dialogue inter-coréen se poursuive pour atténuer les tensions dans un des principaux « points chauds » du monde où se font face des armées équipées des moyens les plus destructeurs, car une nouvelle guerre en Corée affecterait le monde entier.

L’Association d’amitié franco-coréenne prendra toute sa part pour que vivent le dialogue inter-coréen et la possibilité d’une réunification en Corée. Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.

 

Paris, le 3 février 2024

Déclaration du comité national de l'AAFC du 3 février 2024

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21 janvier 2024 7 21 /01 /janvier /2024 16:27

Le 15 janvier 2024, le dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), Kim Jong-un, a prononcé un discours à l'occasion de la 10e session de la 14e mandature de l'Assemblée populaire suprême (APS). Dans son discours, Kim Jong-un remet en cause le principe de réunification pacifique de la Corée dans les relations avec la République de Corée (Corée du Sud), à contre-courant notamment du communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juin 1972, de l'accord de base intercoréen du 13 décembre 1991, de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000 et de la déclaration du 4 octobre 2007. Il renonce ainsi aux principes de la politique intercoréenne définis et suivis, au moins depuis 1972, par ses prédécesseurs à la tête de la RPDC, y compris quand la Corée du Sud était une dictature militaire féroce. Ce n'est pas la première fois que la RPDC fait table rase, comme l'a montré très concrètement la destruction du bureau de coopération intercoréen à Kaesong, et change radicalement de cap. Si on peut penser à une manoeuvre tactique plus qu'à une nouvelle orientation stratégique, les déclarations du dirigeant suprême de la RPDC n'en méritent pas moins un examen approfondi quant à leur portée. 

La 10e session de la 14e mandature de l'Assemblée populaire suprême

La 10e session de la 14e mandature de l'Assemblée populaire suprême

La Corée du Sud est mentionnée à dix reprises dans le discours du 15 janvier 2024. Il est d'abord fait référence au cadre légal, selon lequel c'est l'APS qui a remis en cause les principes des relations intercoréennes depuis "près de 80 ans", sans préciser si le point de départ de cette période est la libération de la Corée (en 1945) ou la création de deux Etats (en 1948) : 

Aujourd'hui, l'Assemblée populaire suprême a légalisé de nouveau la politique de notre République envers le Sud en mettant fin à près de 80 ans d'histoire des relations intercoréennes et de la reconnaissance des deux États existant tous deux dans la péninsule coréenne.

Les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud sont désormais décrites comme celles entre deux Etats hostiles en situation de belligérance, et plus comme celles entre les deux parties d'un pays divisé mais dont les habitants appartiennent tous à une même nation et à un même peuple, la Corée, tout en imputant cette situation à une Corée du Sud décrite comme inféodée à des intérêts étrangers :

Les relations nord-sud ont été complètement figées dans les relations entre deux États hostiles l'un à l'autre et dans les relations entre deux États belligérants, et non plus dans les relations consanguines ou homogènes. Telle est la situation actuelle des relations entre le Nord et le Sud aujourd'hui, causée par les manœuvres de confrontation odieuses et autodestructrices de la République de Corée, un groupe de larbins étrangers de premier plan, et par la véritable image de la péninsule coréenne qui vient désormais d'être dévoilée au monde entier.

Il est rappelé que les différentes organisations traitant des relations intercoréennes ont été dissoutes : 

Nous avons formulé une nouvelle position sur les relations Nord-Sud et la politique de réunification et nous avons démantelé toutes les organisations que nous avions créées comme organismes de solidarité pour la réunification pacifique lors de la session actuelle de l'Assemblée populaire suprême qui discute des lois de la RPDC. On peut dire qu’il s’agit d’un processus indispensable qui doit se dérouler sans faute.

Il est réaffirmé que la Ligne de limite nord, frontière maritime de facto entre les deux Etats coréens, n'est pas reconnue par la RPDC qui entend ainsi défendre tout son territoire, ce qui, pour certains observateurs étrangers, laisse craindre de nouveaux affrontements Nord-Sud dans cette zone :

Comme la frontière sud de notre pays a été clairement tracée, la « ligne de démarcation nord » illégale et toute autre frontière ne peuvent jamais être tolérées, et si la République de Corée viole ne serait-ce que 0,001 mm de notre territoire, de notre air et de nos eaux, cela sera considéré comme une provocation à la guerre.

Il est ensuite annoncé une révision de la Constitution pour remettre en cause les références à une seule nation de 80 millions de membres sur un territoire de près de 220 000 km2, et affirmer que la République de Corée est "l'ennemi principal" de la RPDC : 

Et je pense qu'il est juste de préciser dans le paragraphe pertinent de notre Constitution que de tels vestiges linguistiques interprétant à tort le Nord et le Sud comme des compatriotes comme « une terre semblable à une tapisserie de 3 000 ri » et « 80 millions de compatriotes » ne sont pas utilisés dans la vie politique, idéologique, intellectuelle et culturelle de notre peuple, et que l'éducation devrait être intensifiée pour lui inculquer la ferme idée que la République de Corée est son premier ennemi et invariablement son principal ennemi.

La révision constitutionnelle devrait être suivie de mesures pratiques adéquates pour se débarrasser des vestiges de l'époque passée qui peuvent être considérés comme des symboles de la « Corée du Nord et la Corée du Sud, pays homogène partageant un même sang », les formules « par notre nation elle-même » et « la réunification pacifique ».

L'annonce de la fermeture des canaux de communication Nord-Sud fait passer en la matière d'une situation de facto à une situation de jure : 

Pour le moment, nous devons prendre des mesures strictes et progressives pour bloquer complètement tous les canaux de communication Nord-Sud le long de la frontière, y compris la coupure physique et complète des voies ferrées de notre côté, qui constituaient un symbole de la relation Nord-Sud. l'échange et la coopération, à un niveau irréversible.

Enfin, un certain nombre de symboles doivent disparaître, tels que le Monument aux Trois Chartes pour la réunification, construit en 2001 pour marquer le premier anniversaire du premier sommet intercoréen : 

Nous devons également supprimer complètement le "Monument aux Trois Chartes pour la réunification nationale" qui se dresse à l'entrée sud de la capitale Pyongyang et prendre d'autres mesures pour éliminer complètement les concepts tels que "réunification", "réconciliation" et "compatriotes" de l'histoire nationale de notre République.

Le Monument aux Trois Chartes pour la réunification

Le Monument aux Trois Chartes pour la réunification

Rappelons que les Trois Chartes pour la réunification de la Corée, définies par le Président Kim Il-sung, sont :

- les trois principes de la réunification (indépendance, grande union nationale et paix),
- le projet de fondation de la République fédérale démocratique du Koryo,
- le programme en dix points pour une grande union de la nation coréenne.


Par ailleurs, le Monument aux Trois Chartes pour la réunification figure sur le logo de l'Association d'amitié franco-coréenne ainsi que sur la page d'accueil de son site Internet, pour rappeler l'engagement de l'AAFC en faveur de la réunification de la Corée tel que rappelé dans l'article 3 de ses statuts

Source : 

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10 janvier 2024 3 10 /01 /janvier /2024 17:13

L'agence officielle nord-coréenne KCNA a rapporté que Kim Jong-un avait visité des usines d'armement les 8 et 9 janvier 2024. Alors que l'escalade des tensions se poursuit dangereusement dans la péninsule coréenne, l'appréciation portée lors de ces visites par KCNA sur les autorités de la République de Corée (Corée du Sud) montre que les relations intercoréennes ont atteint l'un de leurs plus bas niveaux depuis des décennies - au point que certains analystes considèrent désormais que les deux Etats coréens seraient désormais ennemis. Qu'en est-il exactement ? 

Kim Jong-un visitant des usines d'armement

Kim Jong-un visitant des usines d'armement

A l'occasion d'une réunion du comité central du Parti du travail de Corée (PTC) qui s'est tenue en fin d'année 2023, Kim Jong-un a considéré que la rhétorique hostile de la Corée du Sud rendait à présent inapproprié - et relevant même d'une appréciation erronée - tout dialogue tendant à la réconciliation et à la réunification avec les actuelles autorités sud-coréennes : 

Je pense que c'est une erreur que nous ne devrions plus commettre que de considérer les personnes qui nous qualifient de 'pire ennemi' (...) comme quelqu'un avec qui chercher la réconciliation et l'unification.

Lors de la visite des usines d'armement des 8 et 9 janvier 2024, selon l'agence KCNA ce n'est pas tant la Corée du Sud qui est mise en cause comme "principal ennemi" que le "clan" qui la dirige, cette situation justifiant, toujours d'après KCNA, la priorité donnée aux efforts militaires pour faire face à "une posture de confrontation" : 

Prédisant que le clan de la République de Corée est notre principal ennemi, il a déclaré que la priorité de la RPDC dans ses relations avec l'État hostile qui connaît une forte fièvre d'accumulation d'armes tout en incitant à une posture de confrontation avec le premier est de renforcer les capacités militaires d'autodéfense et la dissuasion nucléaire en premier lieu.

Il est habituel que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) prétende être dans une posture d'autodéfense pour se tenir prête si les forces qu'elle qualifie d'hostiles déclenchaient une guerre, en excluant d'attaquer la première. A cet égard, la Corée du Nord à d'ailleurs récemment procédé à des tirs d'artillerie à munitions réelles près de la frontière maritime contestée, objet par le passé d'affrontements qui ont été meurtriers, en réaction aux manoeuvres conjointes des Etats-Unis et de leurs alliés.

En revanche, il est nouveau de déclarer que l'ennemi principal puisse se trouver à Séoul et pas à Washington. Si la Corée du Sud peut considérer le Nord comme son ennemi lorsque les conservateurs sont au pouvoir à la Maison bleue, le discours nord-coréen est traditionnellement de voir les Etats-Unis comme la principale menace pour Pyongyang - et la Corée du Sud comme un allié des Américains. Par des déclarations ciblées sur les autorités sud-coréennes, la sémantique a son importance : elle exclut toute perspective de dialogue ou d'échanges intercoréens sans modification de l'équipe dirigeante à Séoul - même si, par le passé, un changement de politique intercoréenne au Sud a pu s'opérer sous une même présidence. Sans surprise, les relations intercoréennes font malheureusement les frais de l'escalade des tensions qui dure depuis désormais près de deux ans. 

 

Sources : 

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