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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 00:25

Après l'interruption du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, puis de la liaison ferroviaire intercoréenne, la zone industrielle de Kaesong reste le dernier grand projet intercoréen en cours, hérité de la Sunshine policy des présidents démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun. Toutefois, si le Nord a pris l'initiative d'une rencontre avec le Sud au sujet de la zone de Kaesong, les deux parties ont présenté des demandes qui n'ont pas reçu un écho favorable de leurs homologues. L'avenir de Kaesong apparaît aujourd'hui compromis, même si le dialogue intercoréen sur le développement de ce projet n'est pas rompu.

Après trois séries de discussions au niveau intergouvernemental (les 21 avril, 11 juin et 19 juin 2009), les négociateurs nord et sud-coréens n'ont pas réussi à surmonter leurs divergences à propos de la zone industrielle de Kaesong où, au nord de la DMZ, quelque 40.000 ouvriers nord-coréens sont employés par 100 entreprises sud-coréennes, dans un projet devenu un des symboles de la coopération intercoréenne - tandis que, pour d'autres observateurs, il témoigne aussi de l'introduction d'une forme d'économie capitaliste en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). La prochaine rencontre intercoréenne est prévue le 2 juillet.

A l'appui de leurs demandes d'augmentation des salaires des ouvriers (de 70 à 300 dollars américains par mois) et des loyers (de 16 à 500 millions de dollars, anticipant une application des conditions normales du marché qui n'était pas prévue avant plusieurs années), les Nord-Coréens estiment que la Corée du Sud a "fait les plus gros profits du parc industriel d'un point de vue politique, économique et militaire", en ajoutant que "si la partie Sud veut réellement voir le complexe opérer sur une base stable, elle doit accepter les questions et les propositions innovantes mises en avant par la partie Nord, et y répondre positivement".

Pour la délégation sud-coréenne, conduite par Kim Young-tak, ces demandes - rejetées par les entreprises sud-coréennes, dont l'une a déjà quitté la zone industrielle de Kaesong - sont excessives. Par ailleurs, Séoul demande la libération d'un cadre sud-coréen emprisonné pour avoir, selon Pyongyang, critiqué le régime de la RPDC, en incitant une Nord-Coréenne à faire défection au Sud.

Les effets de la crise économique pour les entreprises sud-coréennes ne les placent pas dans une situation favorable pour accepter les hausses demandées par Pyongyang. Par ailleurs, la remise en cause des avantages escomptés crée un effet d'incertitude, peu favorable au maintien des investissements, d'un point de vue strictement économique.

En fait, le blocage actuel sur Kaesong montre l'ambiguïté des relations intercoréennes, combinant des avantages économiques pour les deux Corée (le Nord bénéficiant aussi de ressources en devises, qu'il escompte augmenter dans ses demandes actuelles) et une volonté politique de rapprochement - mise en mal par la politique de Lee Myung-bak. Car, comme l'a rappelé Pyongyang le 19 juin, le zèle mis par la Corée du Sud à appliquer les sanctions du Conseil de sécurité, ainsi qu'à rejoindre PSI, sonne le glas d'une volonté politique autonome de celle de Washington, comme s'y étaient employé ses prédécesseurs.

Source :
Xinhua

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)