La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) accuse la Corée du Sud d'avoir enlevé quatre de ses ressortissants. Ceux-ci faisaient partie d'un groupe de 31 personnes dont l'embarcation a accidentellement franchi le 5 février 2011 la limite séparant les deux Corée en mer de l'Ouest (mer Jaune). Le 28 mars, 27 personnes ont finalement pu retourner en RPDC alors que, selon les autorités de Séoul, les quatre autres ont choisi de rester au Sud. Cette version est contestée par les Coréens rapatriés au Nord, dont dix ont tenu une conférence de presse le 21 avril à Pyongyang. Selon eux, le groupe a été « enlevé, maltraité et forcé à rester en Corée du Sud » dans ce qui apparaît comme un nouvel épisode de la guerre psychologique relancée contre le Nord par le président conservateur sud-coréen Lee Myung-bak suite à la publication des résultats, contestés, d'une enquête accusant Pyongyang d'avoir torpillé une corvette sud-coréenne, le Cheonan, le 26 mars 2010.
Le 21 avril 2011, dix citoyens de la RPDC ont tenu une conférence de presse, à laquelle participaient notamment des journalistes de Chine, de Russie et des Etats-Unis, déclarant que le groupe de 31 personnes dont ils faisaient partie a été enlevé et retenu pendant plus de cinquante jours par les autorités sud-coréennes.
Ok Song-hyok, un travailleur du secteur de la construction de la ville de Haeju, sur la côte ouest de la péninsule coréenne, a expliqué que le groupe a été enlevé par les autorités sud-coréennes le 5 février après avoir quitté le village de Tongpo-ri, dans le comté de Kangryong de la province du Hwanghae du Sud, pour pêcher. Pendant plus de cinquante jours, ces citoyens nord-coréens ont alors subi des pressions de toutes sortes pour faire défection en Corée du Sud.
Ri Un-gu, fermier dans une ferme coopérative de Haeju, a déclaré qu'après 2h30 de navigation, des vedettes rapides de la marine sud-coréenne ont intercepté leur embarcation.
Or, en 2h30, le navire n'aurait pas eu le temps d'atteindre la « ligne de limite nord » (NLL), séparant les deux Corée en mer de l'Ouest, et encore moins l'île de Yeonpyeong, même en étant emporté par le courant de marée.
Selon le fermier de Haeju, cela prouve clairement que leur navire n'a pas pénétré dans les eaux du Sud et que la marine sud-coréenne a enlevé le groupe de pêcheurs en profitant de l'épais brouillard régnant à ce moment là.
Réfutant l'assertion des autorités sud-coréennes selon laquelle le navire nord-coréen était échoué sur la plage quand il a été découvert, M. Ri a affirmé que son moteur fonctionnait normalement et qu'il évoluait dans des eaux d'au moins 20 mètres de profondeur.
Pak Mun-sik, travailleur d'une coopérative de pêcheurs de Haeju, a témoigné du fait que la marine sud-coréenne a usé de brutalités contre le groupe sans défense.
Pyon Kyong-il, un lycéen de Haeju, a dit s'être trouvé à bord du navire en compagnie de sa mère pour admirer les paysages à l'occasion du Nouvel An lunaire. Les soldats sud-coréens l'ont matraqué alors qu'il se tenait debout sur le pont.
Choe Chun-yong, une habitante de Haeju, a révélé que les membres du groupe étaient détenus dans trois pièces de baraquements de l'armée sud-coréenne, dont les fenêtres étaient occultées pour les empêcher de regarder dehors. De cinq à sept soldats étaient chargés de les surveiller et ne les autorisaient ni à se rencontrer ni à se parler. D'après Cho Chun-yong, les soldats sud-coréens n'hésitaient pas à entrer dans la pièce réservée aux femmes et à les menacer de sévices sexuels en leur criant « Nous vous jetterons toutes nues à la mer si vous ne nous obéissez pas ».
Hyong Sun-bok, habitante de Haeju, a évoqué une opération menée par les autorités sud-coréennes pour forcer les citoyens du Nord à faire défection au Sud dès le premier jour de leur enlèvement.
Ri Hyang-hwa, habitante de Haeju, a parlé d'une « opération méprisable pour la forcer à faire défection au Sud avec son mari », ajoutant que les autorités sud-coréennes ont interrogé séparément la mère et son fils pour tenter de semer la discorde entre parents dans le but de les obliger à faire défection au Sud à n'importe quel prix.
Pour Ok Song-hyok, les quatre citoyens du Nord restés au Sud n'ont pas fait défection mais sont détenus contre leur gré par les autorités sud-coréennes qui les utilisent dans le cadre d'une campagne de diffamation contre la RPDC. Devant les représentants de la presse internationale réunis le 21 avril, Ok Song-hyok a donc demandé le retour sans délais de ces quatre personnes en RPDC.
Le gouvernement sud-coréen a réfuté entièrement ces affirmations qu’il juge « sans fondement », préférant ne pas y répondre.
Pourtant, les premiers rapports parus dans la presse après l'interrogatoire par les autorités sud-coréennes des 31 Coréens du Nord ayant « dérivé » dans les eaux du Sud, faisaient état de leur volonté unanime de rentrer chez eux. Ainsi, le 8 février, le quotidien sud-coréen conservateur Dong-A Ilbo rapportait que « la vérification finale [du groupe d'enquête sud-coréen] suggère que les 31 cherchent tous à rentrer chez eux ». Que s'est-il passé après le 8 février dans les casernes de l'armée sud-coréenne pour que quatre citoyens de RPDC « choisissent » finalement de rester en Corée du Sud ?
Le 22 avril, le gouvernement sud-coréen a rejeté la dernière proposition de la RPDC de tenir des pourparlers entre les Croix-Rouges des deux Corée en vue de discuter du sort de ces quatre citoyens nord-coréens.
Le 30 mars, deux jours après le rapatriement des 27 citoyens nord-coréens, la Croix-Rouge de RPDC avait déjà proposé la tenue d’une rencontre de travail visant à vérifier que les quatre personnes restées au Sud avaient bel et bien voulu faire défection. Proposition refusée par le ministère sud-coréen de la Réunification au motif plutôt étrange de « respecter le souhait de ces Nord-Coréens ».
Sources :
- "Inhabitants of DPRK Interviewed after Their Repatriation from South", KCNA, 21 avril 2011
- "Early Inter-Korean Red Cross Contact Once Again Urged", KCNA, 22 avril 2011
- "31 sea border-crossing N. Koreans to be repatriated", Dong-A Ilbo, 8 février 2011
- « Les nord-Coréens rapatriés accusent Séoul d’avoir tenté de les kidnapper », KBS, 22 avril 2011
- « Pyongyang veut rencontrer les quatre défecteurs nord-Coréens », KBS, 31 mars 2011
commenter cet article …
Le 6 avril 2011, le gouvernement sud-coréen a proposé la tenue d'une nouvelle session de discussions avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur la recherche volcanique, en proposant une réunion le 12 avril dans la ville nord-coréenne de Kaesong. Les négociations ont été engagées le mois dernier, sur la proposition de Pyongyang. Une première rencontre a eu lieu le 29 mars dans la ville sud-coréenne de Munsan, où une délégation nord-coréenne de 13 membres conduite par Yoon Yong-geun a rencontré 4 géologistes sud-coréens.
Le chef de la diplomatie sud-coréenne a affirmé devant la presse que l'offre de Pyongyang est "insuffisante et ne correspond pas à la position des autres parties qu'il faut créer les justes conditions d'un dialogue". Mais cette affirmation péremptoire ignore les positions d'au moins deux des autres Etats parties aux pourparlers à six, puisque l'offre de dialogue de la RPDC est précisément le résultat des discussions russo-chinoises, puis des échanges entre les officiels nord-coréens et le représentant russe en visite à Pyongyang, le vice-ministre des Affaires étrangères Alexei Borodavkin.
Selon la radiotélévision publique sud-coréenne KBS, le 20 janvier 2011 "Séoul a décidé d’accepter la proposition de Pyongyang d’organiser une réunion militaire de haut rang. [La RPDC] avait envoyé, ce matin, un message téléphonique".
Le 5 janvier 2011, le gouvernement, les partis politiques et les organisations sociales de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont publié une déclaration conjointe appelant à l'ouverture, sans condition, d'un dialogue avec les autorités, partis et organisations de Corée du Sud afin de surmonter les malentendus et la méfiance entre les deux parties et d'assurer la paix et la prospérité dans la péninsule coréenne. Les graves crises qui ont secoué la péninsule en 2010 – année du soixantième anniversaire du déclenchement de la Guerre de Corée – montrent la nécessité d'un tel dialogue et l'échec des sanctions et pressions de toutes sortes, voire le caractère éminemment dangereux de ces dernières. L'Association d'amitié franco-coréenne apporte donc son soutien à cette déclaration et espère que les autorités sud-coréennes finiront par y répondre favorablement, dans l'intérêt de la paix en Corée, en Asie et dans le monde. Voici le texte intégral de la déclaration du 5 janvier dans la version française figurant sur le site Internet de la RPD de Corée Naenara.
Du 28 novembre au 1er décembre 2010, l
A l'occasion d'une conférence de presse qui s'est tenue le jeudi 25 novembre, Yim Tae-hee, secrétaire général du cabinet du président sud-coréen, a annoncé que "le président Lee Myung-bak a décidé d’accepter la démission du ministre de la Défense, Kim Tae-young". Yim Tae-hee a ajouté que Kim tae-young avait déjà offert sa démission le 1er mai 2010, après le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan. Une enquête civile internationale, composée notamment d'experts américains et sud-coréens, a incriminé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dans ce drame ayant causé 46 morts. Pyongyang a nié toute implication, et
Ils étaient sans nouvelles de leurs proches restés de l'autre côté de la zone démilitarisée depuis soixante ans, en l'absence de tout moyen de communication, par lettre, par téléphone ou par mél. Ce samedi 30 octobre à 15 heures (heure locale) a eu lieu la première rencontre, qui durera trois jours, entre 436 Sud-Coréens et 97 Nord-Coréens. Les rencontres de demain et après-demain seront individuelles. A partir du 3 novembre, et pendant à nouveau trois jours, 207 Nord-Coréens retrouveront 96 Sud-Coréens.
/image%2F1022309%2F20260311%2Fob_4cf11f_1000077864.jpg)
/image%2F1022309%2F20260226%2Fob_4fbf8f_img-20260225-202713.jpg)
/image%2F1022309%2F20260226%2Fob_2b9781_img-20260225-202744.jpg)
/image%2F1022309%2F20260319%2Fob_4abc44_nouvelles-cites-de-pyongyang.jpg)