Si la crise récente dans la péninsule coréenne a donné lieu à une présentation factuelle par les médias qui a, par trop souvent, largement occulté les responsabilités américaines, comme le dénonce une pétition soutenue par l'AAFC, plusieurs partis politiques français, ainsi que le Mouvement de la paix, ont critiqué la politique américaine, dont on sait désormais - suite à des révélations publiées dans le Wall Street Journal - qu'elle obéissait à un plan prédéterminé d'escalade des tensions. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) rend compte ci-après de ces prises de position, suivant un ordre chronologique, qui partagent avec l'AAFC plusieurs points de convergence : la nécessité d'un traité de paix dans la Corée, le retour au dialogue et la fin des exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la République de Corée (du Sud).
Dans un communiqué publié le 4 avril 2013, intitulé « Briser l'escalade des tensions et des provocations », le Parti communiste français (PCF) a déclaré :
« Il faut sortir de l'engrenage des provocations, des déclarations guerrières, des grandes manœuvres militaires, des sanctions, de la militarisation qui, en fait, apporte à Washington les prétextes nécessaires au maintien de 25 000 soldats américains en Corée du Sud, de plusieurs bases militaires stratégiques dans cette grande région asiatique, et de justifier sa volonté de renforcement de sa présence militaire. [...] Il est possible résoudre la question des relations inter-coréennes et de la sécurité commune par la nécessité d'un Traité de paix fondé sur la garantie des souverainetés, sur le retrait des bases étrangères, sur le respect mutuel et des mécanismes de confiance. C'est dans ce contexte que la question des droits de l'homme peut être positivement abordée. »
Toujours selon le PCF, des responsabilités incombent à la France et à l'Union européenne pour une sortie de crise négociée :
« On attend de la France et de l'Union européenne qu'elles contribuent, dans l'esprit de la Charte des Nations Unies, à briser l'escalade des menaces et empêcher tout recours à la force, par un engagement clair de concertation multilatérale et de règlement politique à la hauteur des problèmes légués par des dizaines d'années de confrontation stratégique régionale. »
Dans un communiqué en date du 10 avril 2013, l'Union des révolutionnaires communistes de France (URCF) souligne :
« Depuis plusieurs semaines, on assiste à une grave et dangereuse dégradation de la situation dans la péninsule coréenne. Une fois de plus le gouvernement français et l’appareil médiatique sont aux premières loges pour appeler à la guerre contre la République populaire et démocratique de Corée. Alors que tout au long de l’année 2012, les dirigeants de la RPDC ont multiplié les gestes de paix, les Etats-Unis et leurs alliés ont créé un climat de tension et de provocation. [...] L’URCF exprime sa condamnation de la politique belliqueuse et revancharde des Etats-Unis contre la RPDC. Elle condamne les manœuvres américano-sud-coréennes et demande leur arrêt immédiat, préalable à toutes négociations. Elle soutient la demande de la signature d’un traité de paix entre la Corée du nord et les USA que refusent ces derniers. Les troupes étrangères doivent évacuer la Corée du sud, permettant l’ouverture de négociations entre les deux États coréens, sans ingérence étrangère, et pour parvenir à la réunification. L’URCF appelle les travailleurs, les démocrates, à rejeter les calomnies contre la RPDC, et à rejeter la propagande de guerre. Elle exige que le gouvernement français reconnaisse diplomatiquement la RPDC, comme l’ont d’ailleurs déjà fait ses alliés. »
Le 17 avril 2013, le Mouvement de la Paix a publié un communiqué intitulé « La Corée du Nord et l'arme nucléaire. La solution : aller vers l'élimination totale de toutes les armes nucléaires », où il déclare notamment :
« Il y a urgence désormais à faire entendre la voix de la sagesse afin que les Etats acteurs ou voisins de la zone concernée (Etats-Unis, Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Russie et Japon) rejoignent la table des négociations sous l’égide de l’ONU pour éviter toute déflagration. Il est urgent que le monde se débarrasse très rapidement de son arsenal nucléaire. »
Le Mouvement de la Paix appelle à signer une pétition en ligne, qui affirme :
« La crise actuelle dans la péninsule coréenne nécessite une action immédiate en vue de désamorcer les tensions. Les manoeuvres militaires qui ont lieu en Corée du Sud doivent être arrêtées et aucun test de missiles ou d’arme nucléaire ne doit avoir lieu dans les pays impliqués dans ce conflit. Nous appelons donc les six pays qui ont été parties à des négociations dans le passé à retourner immédiatement à la table des négociations pour discuter les termes d’un traité de paix. »
Dans son édition du 19 avril 2013 (p. 9), l'hebdomadaire Lutte ouvrière, de l'organisation d'Arlette Laguiller, reproduit et traduit un article de leurs homologues trotskystes américains du bimensuel The Spark, paru le 15 avril 2013, et intitulé « Corée du Nord. L'agresseur, ce sont les Etats-Unis ! ». L'article observe notamment :
« En octobre dernier, les Etats-Unis ont accordé à la Corée du Sud une dispense à un traité international sur le contrôle des missiles, afin de lui permettre d'augmenter la portée de ses missiles balistiques et lui permettre de couvrir la totalité du territoire nord-coréen. En même temps, les Etats-Unis et la Corée du Sud se sont mis d'accord sur un plan qui prévoit des opérations conjointes contre la Corée du Nord, pour riposter par des moyens disproportionnés à tout ce qu'ils considéreront comme une "provocation". Le plan inclut des attaques préventives contre les sites de missiles de la Corée du Nord, en d'autres termes, un chèque en blanc à une attaque. [...] Comme ils l'ont fait pour l'Afghanistan et l'Irak, les Etats-Unis sont en train de renforcer leur présence militaire en Asie. Leur objectif est de sécuriser leurs intérêts économiques et les profits de leurs grandes entreprises dans cette région. Depuis la Seconde Guerre mondiale, leur priorité économique a été le contrôle de l'Asie. Les Etats-Unis sont en train d'envoyer à la Corée du Nord un message selon lequel ils n'accepteront aucune tentative indépendante dans cette région, et cette pression sur la Corée du Nord est aussi une pression sur la Chine, afin qu'elle se montre coopérante. Les Etats-Unis et les médias à leur solde ont dépeint Kim Jong-un comme un fou brutal. Mais, quand il est question de force brutale, personne n'arrive à la cheville de la classe dirigeante américaine et de son armée. »
A l'occasion de la première conférence internationale du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), les 4 et 5 mai 2013, à laquelle l'Association d'amitié franco-coréenne était invitée et où elle a fait signer la pétition pour un traité de paix en Corée, Georges Gastaud, secrétaire national, a déclaré dans son rapport introductif :
« S’agissant encore des forces de résistance, comment ne pas évoquer aussi la RPDC ? Les traditions culturelles et politiques françaises et coréennes sont aux antipodes et avouons-le, nous sommes quelquefois surpris par le fonctionnement de l’Etat socialiste coréen. Mais faut-il pour autant oublier que l’Etat de Corée du Sud est fascisant sans que cela gêne personne à l’Ouest, que c’est la Corée du nord qui propose la réunification pacifique de la péninsule et que ce sont les USA, qui entretiennent une armada nucléarisée à deux pas de la Chine. Non, ce ne sont pas les éventuels défauts du régime de Pyongyang qui gênent Washington – lequel torture à ciel ouvert à Guantanamo – ! En réalité, ce qui est reproché à Pyongyang, c’est de vouloir maintenir l’unité du socialisme et de l’indépendance nationale sur la ligne qui fut celle du fondateur du Parti coréen du Travail. Alors, quand un pays se réclamant du socialisme ose introduire un épieu dans la gueule du caïman qui veut tous nous avaler, faisons tous feu ensemble sur le crocodile au lieu de nous demander si le bâton est décoré aux couleurs chatoyantes qui nous plairaient davantage ! »
La plupart des autres formations politiques ont été discrètes sur l'escalade des tensions dans la péninsule coréenne. Par exemple, l'Union pour un mouvement populaire (UMP), le Mouvement démocrate (Modem) et le Parti de gauche (PG) n'ont publié aucun communiqué. Un bref communiqué de Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du Parti socialiste (PS) à l'Europe et à l'international, en date du 1er avril 2013, a réussi le tour de force de condamner les déclarations de la RPDC tout en évitant la moindre mention des Etats-Unis ou de leurs manoeuvres militaires alors en cours - mais sans s'immiscer dans les affaires intérieures de la RPDC, en évitant ainsi tout jugement sur sa politique intérieure. Si Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a d'abord dénoncé les armes nucléaires tout en étant la seule formation politique à critiquer le régime et les institutions de la RPD de Corée lors de la crise, on relève toutefois, dans le communiqué publié le 16 avril 2013 de Jean-Philippe Magnen et Elise Lowy, une mise en cause du statut de puissance nucléaire des Etats-Unis : « La menace nucléaire d’un grand pays comme les Etats-Unis ne sert à rien en retour pour obtenir quoi que ce soit d’un petit pays comme la Corée du Nord ou en général d’un adversaire déterminé. »
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Axé sur la période la plus récente, le chapitre ne donne ensuite guère plus d'informations jusqu'à la fin des années 2000. C'est à un autre chapitre du même ouvrage (p. 419) qu'est mentionné le rôle clé de François de Groussouvre, par ailleurs agent de la CIA du réseau
Toujours d'après Roger Faligot, le principal interlocuteur de la DRM sur les questions nord-coréennes est "le quartier général du Nihon Joho Honbu (renseignement de défense), que dirige le général d'aviation Shimohira Koji, lequel les accueille avec d'autant plus d'aménité qu'il fut attaché militaire à Paris dans les années 1990". Le fait que beaucoup de membres du renseignement militaire japonais aient séjourné en France et qu'ils parlent français les fait désigner comme le "cercle des francophiles", dont les mêmes "étaient chargés d'assurer la protection de Jacques Chirac lors de ses visites au pays du Soleil levant" (lesquelles ont alimenté l'histoire d'un compte bancaire de l'ancien président français dans l'archipel nippon - sur laquelle Roger Faligot et ses co-auteurs évitent prudemment de conclure). [photo : Jacques Chirac au Japon en 1996, lors d'un tournoi de sumo à Fukuoka,
Même ennemis historiques des Nord-Coréens, les espions japonais n'en sont pas moins conscients de la nécessité de disposer de sources directes. Roger Faligot observe judicieusement que les services japonais dépendent des services américains, puisant eux-mêmes auprès des services de renseignement sud-coréen qui, de l'avis du journaliste, ont "parfois tendance à exagérer les risques. Bref, c'est le dragon qui se mord la queue". Et de citer deux exemples que lui ont rapporté le renseignement militaire japonais : quatre sous-marins nord-coréens qui, selon la CIA, patrouillaient au sud de l'archipel nippon, se sont révélés être quatre baleines ; en juin 2002, la CIA a relayé une information selon laquelle la RPDC préparerait un lancement de missile en direction du Japon pendant la Coupe du monde de football, mais l'essai n'a jamais eu lieu...

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