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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 23:43

JJCandelier.jpgLe 17 août 2010, le député Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine, Nord), a posé deux questions au ministre des Affaires étrangères et européennes, portant respectivement sur :

- les relations entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord),

- la position du gouvernement français sur un projet de traité de paix en Corée élaboré par l'organisation civique sud-coréenne Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée (SPARK).

L'AAFC soutient pleinement l'initiative de SPARK en appelant à signer la pétition pour la paix en Corée, le retrait des troupes américaines, la normalisation des relations entre les Etats-Unis et la RPDC, et la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Nous publions ci-après ces deux questions. 

 


Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier sur les relations bilatérales franco - nord-coréennes (N°86611), publiée au JO le 17 août 2010


M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la question des relations avec la République populaire démocratique de Corée. Le 19 janvier 2010, le ministre a indiqué au parlementaire que « notre pays attache une grande attention à la situation de la Corée du Nord ». Pourtant, au sein de l'Union européenne, la France est le seul pays, avec l'Estonie, à ne pas reconnaître ce pays, ce qui se traduit de manière regrettable par la faiblesse de relations bilatérales dans tous les domaines entre les deux pays. Le ministre a toutefois indiqué que, « dans un premier temps », la création d'un office français de coopération et d'action culturelle à Pyongyang permettra « d'assurer une présence française en Corée du Nord de façon pérenne ». Une Alliance française serait également implantée. Il lui demande si des précisions peuvent lui être apportées sur le statut, la mission, le contenu et les actions de cet office français, lequel pourrait assister la population nord-coréenne en matière d'éducation, de santé, de culture et de coopération humanitaire, économique et technique ainsi qu'appuyer les ONG françaises présentes sur place. Par ailleurs, alors que la diplomatie française entretient une confusion délibérée entre la reconnaissance d'un État et le soutien au régime, il lui demande dans quelles mesures cet office préfigure une reconnaissance pleine et entière de ce pays et l'ouverture de relations diplomatiques normales, ce qui mettrait enfin un terme à cette situation.

 

Source :  Assemblée nationale

 

 

Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier sur l'initiative de l'organisation SPARK pour un traité de paix en Corée (N°86612), publiée au JO le 17 août 2010


M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la question d'un projet de traité de paix en Corée rédigé par l'organisation civique sud-coréenne « Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée » (Spark selon les initiales anglaises). Le 27 juillet 1953, après trois années et des millions de morts, les combats de la guerre de Corée prirent fin avec la conclusion d'un simple accord d'armistice. Aucun traité de paix n'a été signé, la péninsule coréenne étant virtuellement toujours en état de guerre. Le 19 septembre 2005, au cours des pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, les deux Corées, les États-unis, la Chine, la Russie et le Japon avaient publié une déclaration affirmant la nécessité de conclure un traité de paix et d'établir une structure de paix dans la péninsule. Ces pourparlers à six sont au point mort. Désireux de leur donner une suite, des spécialistes et des juristes sud-coréens ont rédigé en 2008 un projet de traité de paix en Corée. Il s'agit d'une démarche concrète proposant des objectifs atteignables, pour peu que les six aient la volonté sincère de parvenir à la paix. Un appel et une pétition ont été lancés par l'organisation civique Spark. Estimant urgent d'établir la paix dans la péninsule coréenne, il lui demande son avis sur cet appel-pétition et sur le projet de traité de paix mentionné.

 

Source : Assemblée nationale

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 09:27

Le 8 septembre 2010, l'ancien ministre Jack Lang, envoyé spécial du président de la République pour la Corée du Nord, a participé à la réception offerte par S.E. Son Musin, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, à l'occasion de l'anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée le 8 septembre 1948.

 

jack lang son musin2Bien que récemment appelé à d'autres fonctions sur la scène internationale (fin août, il a été nommé conseiller spécial sur les questions juridiques liées à la piraterie au large des côtes de la Somalie par Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies), Jack Lang, envoyé spécial du Président de la République pour la Corée du Nord, suit toujours de très près l'évolution de la situation dans la péninsule coréenne. Après avoir proposé l'ouverture d'un bureau français d'action culturelle et de coopération à Pyongyang dans le cadre de sa mission auprès de Nicolas Sarkozy, il a participé à la réception organisée par S.E. Son Musin, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, le 8 septembre 2010. Jack Lang était déjà présent à une réception organisée par la représentation nord-coréenne en France, le 10 février 2010. Le dossier de mise en place d'une représentation diplomatique française en RPD de Corée apparaît toutefois aujourd'hui bloqué, suite au naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan.

 

petition_paix_en_Coree.jpgToujours présente à la réception organisée à l'occasion de la fondation de la République populaire démocratique de Corée, la direction de l'Association d'amitié franco-coréenne a pu à nouveau rencontrer M. Lang. Elle a également relayé la pétition en faveur d'un traité de paix en Corée, qui a déjà reçu 30.000 signatures dans le monde entier : un traité de paix doit remplacer l'accord d'armistice ayant clos la guerre de Corée en 1953, s'accompagner du retrait des forces américaines du Sud de la péninsule, et ouvrir la voie à l'établissement de relations diplomatiques complètes entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée, ainsi qu'à la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne.

Photographies : Alain Noguès

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 00:01

guerry michelSénateur représentant les Français établis hors de France, président du groupe interparlementaire d'amitié France - République de Corée (du Sud) et premier vice-président du groupe sénatorial d'études et de contact France - République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), M. Michel Guerry avait interrogé le gouvernement français, le 18 février 2010, sur la demande des autorités sud-coréennes de restitution des archives royales coréennes, saisies par la marine française en 1866.

Favorable à la restitution de ces archives, l'Association d'amitié franco-coréenne ne peut que déplorer la réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes, publiée le 20 mai dernier, et que nous reproduisons ci-dessous : alors que les autorités sud-coréennes ont formulé de
nouvelles propositions auxquelles Bernard Kouchner semblait ouvert, lors de sa visite à Séoul en mars 2010, il s'agit d'une réponse d'attente, n'indiquant en rien, à ce stade, une réponse favorable du gouvernement français.

 

Par ailleurs, les autorités françaises réinterprètent la tentative - ayant échoué - d'invasion de la Corée en 1866 en une simple "expédition punitive", après la mort de neuf missionnaires chrétiens.

 

Texte de la question du sénateur Michel Guerry (n° 12119), publiée au JO le 18 février 2010
M. Michel Guerry attire l'attention de M. le ministre des Affaires étrangères et européennes sur la demande des autorités coréennes de retour des manuscrits royaux coréens conservés par la Bibliothèque nationale de France.
Depuis 1991, la Corée réclame officiellement la restitution des archives saisies par la marine française lors d'une expédition en 1866. Des négociations ont été entamées dans les années 1990 pour déterminer les modalités d'un prêt croisé. À ce jour, les discussions ne semblent pas avoir abouti.
Compte tenu de la persistance des demandes coréennes, il lui demande son avis et souhaite connaître les mesures envisagées par le Gouvernement français afin d'apporter une solution à cette situation.

 

Réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes, publiée au JO du 20 mai 2010

L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre des Affaires étrangères et européennes sur la demande de retour, par les autorités coréennes, des manuscrits royaux coréens conservés à la Bibliothèque nationale de France. En 1866, à la suite de l'exécution de 9 missionnaires français et de 8 000 chrétiens en Corée, l'amiral Roze avait mené une expédition punitive, et emporté, en France, 297 manuscrits royaux coréens datant de la dynastie Yi (ou Choson). Ces manuscrits sont, depuis, conservés à la Bibliothèque nationale de France. Or, une restitution n'est pas envisageable, compte tenu du caractère inaliénable des collections publiques françaises. La question des manuscrits royaux est toutefois régulièrement évoquée par les autorités françaises avec la Corée. Elle a donné lieu à des avancées, notamment, à la faveur de la visite du Président de la République dans ce pays en 1993. Un volume avait alors été prêté à la Corée, et un accord trouvé entre les deux chefs d'État sur la solution d'un prêt croisé. Après des négociations approfondies avec les autorités coréennes, un accord a été formalisé en 2002, précisant les modalités de ce prêt. Néanmoins, les autorités coréennes ont préféré ne pas le mettre en oeuvre. Depuis cette date, les discussions avec ce pays se sont poursuivies et ont permis de mettre en oeuvre la numérisation de 31 volumes des manuscrits. Le communiqué conjoint francocoréen, publié à cette occasion, le 31 mars 2008, réaffirme la volonté des deux parties de résoudre cette question par le dialogue et dans un esprit d'ouverture. L'accès aux manuscrits par les chercheurs coréens a, par ailleurs, été facilité. Les autorités coréennes viennent, il y a quelques semaines, de présenter dans un document de nouvelles propositions. Comme l'a indiqué le ministre des affaires étrangères et européennes à ses interlocuteurs, lors de sa visite à Séoul le 29 mars dernier, il est souhaitable que des discussions s'engagent prochainement, après de nécessaires consultations internes, pour tenter de résoudre cette question de manière satisfaisante pour les deux parties.


Source :
Sénat

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 21:21

Le 30 mars 2010, l'audition de Jack Lang, envoyé spécial du Président de la République pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), par la commission de la défense et des forces armées de l'Assemblée nationale, a été l'occasion de faire le point sur les relations bilatérales entre la France et la RPD de Corée. Alors que l'ouverture à Pyongyang d'un "office de coopération culturelle", selon les termes de Jack Lang, est toujours d'actualité, le gouvernement envisagerait de doubler les aides aux ONG françaises présentes sur place, dont Jack Lang a une fois encore souligné la qualité du travail.

 

Jack-Lang-AFP.jpg

Auditionné le 30 mars 2010 par la commission de la défense et des forces armées de l'Assemblée nationale, Jack Lang, envoyé spécial de Nicolas Sarkozy pour la RPD de Corée, a réaffirmé que le ministère des Affaires étrangères et européennes prépare l'ouverture annoncée, à Pyongyang, d'un "office de coopération culturelle". Il s'agirait, selon Jack Lang, d' "un pas vers une éventuelle et pour l’heure très incertaine reconnaissance de l’État nord-coréen – laquelle ne pourra de toute manière intervenir qu’une fois calmée la situation sur le front nucléaire". Cette décision interviendrait avant l'été. En effet, Jack Lang a déclaré sur ce point : "à ce propos, j’ai interrogé hier la direction d’Asie et d’Océanie : faute de relations diplomatiques entre nos deux pays, l’affaire est assez complexe juridiquement et administrativement, mais la volonté est d’assurer la mise sur pied de cette structure avant l’été." Si Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, a évoqué, lui, la fin de l'année comme la date avant laquelle ce bureau serait ouvert, il est légitime de penser que Jack Lang souhaite aller plus vite, quand le ministère des Affaires étrangères pourrait se garder une marge de manoeuvre : le second semestre de l'année 2010 serait alors la période la plus probable, pour cette ouverture annoncée mi-décembre 2009.

 

Dans cette attente, le lecteur de français en poste à Pyongyang accomplit déjà des missions qui pourraient préluder l'action de cet "office" ou de ce "bureau" (le nom ne semblant pas encore définitivement arrêté). Toujours selon Jack Lang, "cette structure modeste servira d’interlocuteur aux rares Français présents là-bas. Il existe déjà un lecteur de français, qui accomplit un travail linguistique et culturel remarquable, notamment à l’université Kim Il-sung et dans un lycée de la capitale. Le Président de la République a accepté cette proposition [d'ouvrir un bureau] et le quai d’Orsay, en liaison avec les autorités nord-coréennes, s’efforce de la mettre en application."

 

A cet effet, Jack Lang a annoncé, mais avec prudence, que la France envisagerait le doublement des aides à nos ONG présentes en Corée du Nord, en louant une fois de plus leur travail :

 

"Premièrement, il convient de renforcer l’aide matérielle apportée aux organisations humanitaires œuvrant dans les domaines du handicap, de la santé ou de l’agriculture, dont le dévouement en faveur de la population est impressionnant. Du reste, les représentants des Nations unies issus notamment de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du fonds des Nations unies pour l’enfance  (UNICEF) que nous avons rencontrés, préconisent aussi un renforcement de leurs moyens. Pour ce qui nous concerne, je crois que le Gouvernement a décidé d’améliorer substantiellement les aides aux organisations non gouvernementales françaises. Il est question, je crois, d’un doublement des crédits.

 

Deux ONG françaises - dont l'AAFC soutient l'action - sont actuellement présentes en Corée du Nord : Triangle Génération Humanitaire et Première Urgence. Aujourd'hui, leurs crédits sont principalement européens.

 

Source : Assemblée nationale

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 11:10

En visite officielle au Japon et en République de Corée (Corée du Sud), Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, était attendu notamment sur deux dossiers : les relations diplomatiques entre la France et la République populaire démocratique de Corée, suite à la mission de Jack Lang, envoyé spécial du Président de la République Nicolas Sarkozy, et la restitution des archives royales coréennes, après la demande de Séoul d'un prêt permanent de ces précieux documents pillés par la France en 1866. Sur le premier point, le ministre français continue à brouiller le message de Paris, en cherchant manifestement à se démarquer du point de vue de l'Elysée exprimé par Jack Lang. Sur le second point, la réponse du Quai d'Orsay restait pour le moins ambiguë, à l'heure où nous écrivions ces lignes.

bernard kouchner seoulMais quelle mouche a piqué Bernard Kouchner, lors de sa visite officielle en Extrême-Orient ? Le ministre français des Affaires étrangères et européennes - que certains médias annoncent sur le départ, lors d'un remaniement qui pourrait intervenir après le second tour des élections régionales du 21 mars 2010 - a en effet multiplié les messages ambigus, voire contradictoires avec les positions du Président de la République qui, dans le système institutionnel de la Cinquième République, définit pourtant les orientations de la diplomatie française.

Relations France-Corée du Nord : Bernard Kouchner contredit Nicolas Sarkozy en moquant Jack Lang

Premier objet de confusion : les relations diplomatiques entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), suite à la mission de Jack Lang, envoyé spécial du Président de la République Nicolas Sarkozy. Dans un entretien donnée le 18 mars 2010 au quotidien japonais Yomiuri, lors de l'étape japonaise du déplacement du ministre, Bernard Kouchner a ainsi fait la  déclaration suivante r
eproduite sur le site du Quai d'Orsay :


"La France n’a aucunement l’intention d’établir, dans les circonstances actuelles, de relations diplomatiques avec la Corée du Nord. Notre souhait aujourd’hui, tel qu’il a été exprimé par le Président de la République française et par moi-même, est de se tenir au côté de la population nord-coréenne, si éprouvée, en apportant notre soutien aux organisations non gouvernementales françaises qui travaillent sur le terrain, dans des conditions difficiles. Tel est l’objet du projet d’ouverture à Pyongyang d’un bureau de coopération et d’assistance humanitaire. Bien entendu, son ouverture prendra en compte le comportement de la Corée du Nord, notamment dans le domaine nucléaire."


Bernard Kouchner avait été encore plus catégorique lors d'une rencontre avec les correspondants de la presse étrangère au Japon, en s'interrogeant sur l'utilité d'ouvrir un bureau permanent à Pyongyang, ainsi que l'a rapporté l'AFP :

 

"'Il n'est pas du tout question d'ouverture de relations diplomatiques, non, non et non. Ce n'est pas du tout le sujet maintenant', a martelé le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner devant les journalistes lors d'une visite de 24 heures à Tokyo. "Nous avons accepté ce bureau, mais pas plus", a-t-il dit. "On peut mettre avant la fin de l'année une espèce de plaque sur un bureau pour favoriser, si on peut, l'accès à l'aide à la population civile de Corée du Nord. Mais j'aimerais bien qu'il y ait des choses à favoriser, or il n'y en a pas beaucoup, qu'il y ait des choses à développer, or il n'y en a pas beaucoup", a-t-il déploré."

Outre la maladresse que constitue le choix de la presse du Japon, pays dont l'opinion publique est la plus hostile à la Corée du Nord, pour "marteler" ces déclarations, celles-ci jettent un doute sur la parole de la France, telle qu'elle a été exprimée par Jack Lang. En tant qu'envoyé spécial du Président de la République, ce dernier a en effet négocié, à ce titre et en liaison étroite avec les autorités nord-coréennes, l'ouverture d'un bureau français de coopération comme une première étape dans l'établissement de relations diplomatiques complètes entre Paris et Pyongyang. Marginalisé sur le dossier des relations franco-nord-coréennes, ainsi que l'AAFC a pu le constater lors de son suivi de la mission de Jack Lang, Bernard Kouchner cherche encore à s'affirmer, en moquant l'idée d'ouvrir un bureau de coopération et en laissant accréditer l'idée, contre toute évidence, que cette initiative aurait été prise par Jack Lang de sa seule initiative.


Toujours selon l'AFP, "interrogé sur les raisons véritables de la mission de M. Lang à Pyongyang, le ministre a avoué qu'il n'avait "pas très bien compris". "Jack Lang est mon ami. Mais je n'ai pas très bien compris l'intérêt de ce bureau", a-t-il dit, affirmant que l'idée de la mission était venue de M. Lang lui-même. "Jack veut être utile dans le domaine international et pas simplement être dans le déclamatoire", a-t-il ajouté."

La clarification quant à la position de la France est venue de Jack Lang, lors d'une interview qu'il a donnée par téléphone à l'AFP :


"Je pense qu'il doit y avoir une ligne, et une seule de l'Etat français (...). La ligne officielle française, la seule qui a été retenue par le Président de la République à partir des propositions que nous lui avons soumises, c'est la création à Pyongyang d'un bureau de coopération culturelle (...) [afin] que l'on s'achemine par étapes vers une éventuelle reconnaissance de l'Etat nord-coréen, conformément à la tradition française qui reconnaît les Etats et non pas les gouvernements."


Toujours dans cet entretien, l'envoyé du Président de la République a critiqué les déclarations de Bernard Kouchner : "Ces expressions diverses publiques peuvent jeter un doute sur la parole du pays et mettre en cause la crédibilité de la parole de la France."

 

Restitution des archives royales coréennes : ambiguïtés de Bernard Kouchner

Bernard Kouchner était attendu sur un second dossier coréen : la restitution des archives royales coréennes pillées par la France en 1866, suite à la demande de Séoul de leur prêt permanent. Cette proposition, réaffirmée par le président sud-coréen Lee Myung-bak lorsqu'il a reçu le ministre français des Affaires étrangères, permettrait le retour des archives en Corée, nonobstant les conditions de leur entrée dans le patrimoine national français dans le cadre d'une guerre coloniale que la France refuse malheureusement toujours de reconnaître.


Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, "Bernard Kouchner a répondu positivement à la demande du président Lee, affirmant que le gouvernement français allait coopérer avec la Corée du Sud en mettant en œuvre tous les moyens possibles pour que l’affaire soit résolue rapidement."

Sans s'étendre sur cette promesse ambiguë d'une simple coopération (mais avait-il mandat d'aller plus loin?), Bernard Kouchner a préféré, lors de cet entretien, s'en tenir à des déclarations de principe plus abstraites sur la coopération franco-sud-coréenne, lors du prochain sommet du G20 à Séoul, en novembre, dans la lutte contre le changement climatique ou pour atteindre l'objectif conjoint des deux gouvernements de développer une "croissance verte". Une façon de montrer, sans doute, pour le - toujours - ministre français des Affaires étrangères et européennes, que lui entend, selon ses propres termes, "être utile dans le domaine international et pas simplement être dans le déclamatoire..."

 


Sources :

AAFC

AFP, "Corée du Nord : la France exclut d'ouvrir une ambassade", 18 mars 2010, et "Corée du Nord : Jack Lang critique les propos de Bernard Kouchner", 19 mars 2010

Entretien de Bernard Kouchner avec le quotidien japonais Yomiuri, 18 mars 2010 (reproduit sur le site du ministère français des Affaires étrangères et européennes)

Yonhap, "Bernard Kouchner : La France coopérera avec la Corée du Sud pour rendre les documents 'Oe Gyujanggak'", 19 mars 2010

 

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 08:33

Pillés par la marine française lors d'une tentative d'invasion de la péninsule en 1866, quelque 300 volumes des archives royales coréennes constituent toujours une pomme de discorde dans les relations bilatérales franco-coréennes. Alors qu'une association civique basée à Séoul, "Action culturelle", a engagé la bataille sur le terrain juridique pour obtenir la restitution de ces pièces majeures du patrimoine de toute la Corée, le gouvernement sud-coréen a formulé une demande officielle de "prêt permanent" auprès des autorités françaises.


archives-royales_uigwe.jpg


Nouveau rebondissement dans le dossier de la restitution des 297 livres Uigwe (photo, source : administration de l'Héritage culturel), protocoles sur les cérémonies et rites royaux de la Dynastie Joseon (1392-1910) : selon l'agence Yonhap citant un diplomate sud-coréen sous couvert d'anonymat, une demande officielle de "prêt permanent" - dont la date n'a pas été révélée - a été formulée par Séoul. Ce prêt prendrait la forme d'un contrat renouvelé tous les quatre ans.

Dans l'attente de la réaction du gouvernement français, qui pourrait intervenir notamment en réponse à une
question écrite du sénateur Michel Guerry, le gouvernement sud-coréen propose également d'organiser des expositions du patrimoine coréen dans les principaux musées français, où seraient créées des galeries coréennes. A ce sujet, toujours de source diplomatique sud-coréenne citée par Yonhap, "le principe de l’égalité quantitative et qualitative des échanges en cas de prêt de ces documents exigé par la France a été abandonné et les expositions du patrimoine coréen en France s’effectueront selon un planning précis et la politique d’échange international du gouvernement coréen", en cas de réponse positive de Paris à la proposition de Séoul.

Le "prêt permanent" peut s'interpréter comme un compromis entre la demande de la Corée d'un retour de ces pièces de première importance de son patrimoine national, et le souhait de Paris que les archives royales coréennes pillées restent des éléments du patrimoine public français.

Ayant critiqué la possibilité d'un prêt permanent, et non d'une restitution stricto sensu, l'organisation civique sud-coréenne "Action culturelle"
poursuit en appel son action juridique pour obtenir la restitution des archives Uigwe, après un rejet en première instance de cette demande par le Tribunal administratif de Paris, en décembre dernier.

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang, récent
envoyé spécial du Président de la République Nicolas Sarkozy pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), s'était prononcé à titre personnel pour la restitution des archives royales coréennes, dans un discours d'ouverture des travaux de révision de la Constitution sud-coréenne, à Séoul, le 16 juillet 2009. Cette prise de position rejoignait celle de l'AAFC. 

Source :
Yonhap

Autres articles sur la restitution des archives royales coréennes :
-
Le sénateur Michel Guerry interroge le gouvernement français sur la demande de restitution des archives royales coréennes
- Restitution des archives royales coréennes : l'action se poursuit
- Coréen 2495

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 00:31

guerry michel

Sénateur représentant les Français établis hors de France, président du groupe interparlementaire d'amitié France - République de Corée (du Sud) et premier vice-président du groupe sénatorial d'études et de contact France - République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), M. Michel Guerry a interrogé le gouvernement français sur la demande des autorités sud-coréennes de restitution des archives royales coréennes, saisies par la marine française en 1866.

Favorable à la restitution de ces archives, l'Association d'amitié franco-coréenne publie ci-après le texte intégral de la question posée par le sénateur Michel Guerry au ministère français des Affaires étrangères et européennes, alors qu'
un contentieux est en cours devant les juridictions administratives, à l'initiative d'une association civique sud-coréenne.



Texte de la question du sénateur Michel Guerry (n° 12119), publiée au JO le 18 février 2010
M. Michel Guerry attire l'attention de M. le ministre des Affaires étrangères et européennes sur la demande des autorités coréennes de retour des manuscrits royaux coréens conservés par la Bibliothèque nationale de France.
Depuis 1991, la Corée réclame officiellement la restitution des archives saisies par la marine française lors d'une expédition en 1866. Des négociations ont été entamées dans les années 1990 pour déterminer les modalités d'un prêt croisé. À ce jour, les discussions ne semblent pas avoir abouti.
Compte tenu de la persistance des demandes coréennes, il lui demande son avis et souhaite connaître les mesures envisagées par le Gouvernement français afin d'apporter une solution à cette situation.

Source :
Sénat

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 10:40

Le 25 janvier 2010, Cultural Action, association civique coréenne basée à Séoul, a annoncé faire appel d'une décision du Tribunal administratif de Paris, rendue le 24 décembre dernier, afin d'obtenir la restitution d'archives royales de la dynastie Choseon, pillées par les troupes françaises lors de leur tentative d'invasion de la Corée en 1866. Retour sur un contentieux vieux de près d'un siècle et demi.

C'est le seul réel sujet de contentieux diplomatique dans les relations bilatérales entre la France et la République de Corée (du Sud) qui, par sa forte portée symbolique, représente un enjeu pour l'ensemble des Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora.

En 1866, après la mort de missionnaires chrétiens français en Corée, une expédition française conduite par le contre-amiral Pierre-Gustave Roze pénètre en Corée. Si l'aventure militaire se solde par un fiasco pour les troupes françaises, celles-ci s'emparent, lors de leurs retraite, de 297 volumes du millier faisant partie des archives royales de la dynastie Choseon (1392-1910), appelées Oegyujanggak et conservées sur l’île de Ganghwa, sur la côté occidentale. D'autres livres ont été détruits lors de l'incendie provoqué par les soldats français lors de leur départ.


Classés par erreur dans les collections chinoises de la Bibliothèque nationale de France, à l'instar par ailleurs de nombreuses autres pièces de collection coréennes en France (notamment celles du Musée Guimet) jusqu'à la deuxième moitié du vingtième siècle, les volumes sont retrouvés et identifiés en 1978 par un historien sud-coréen vivant à Paris, Park Byeong-seon.

La demande de restitution des archives pillées en 1866 fait alors l'objet d'intenses négociations entre les gouvernements français et sud-coréen, ce dernier soulignant qu'il s'agit d'éléments du patrimoine national volés. La question est évoquée lors des discussions d'achat de la technologie du TGV par la Corée du Sud, mais les Coréens sont profondément déçus par l'absence de restitution des archives royales en France malgré le choix de l'entreprise française. Le 15 septembre 1993, en visite à Séoul, le président français François Mitterrand a seulement restitué le premier tome d'un ouvrage en deux volumes, le Hyikyungwon-Wonsodogam-Uigwe, enregistré à la Bibliothèque nationale sous le nom "
Coréen 2495" (photo ci-dessous : François Mitterrand restitue l'ouvrage au Président Kim Young-sam, source Yonhap).

Mitterrand_archives_coreennes.jpg
Plusieurs options ont été envisagées, notamment un prêt sur le long terme. Par ailleurs, une édition numérique a été remise par la France à la Corée pour les besoins des chercheurs. Les autorités sud-coréennes observent toutefois que la question de la restitution n'est pas résolue.

Une association civique coréenne basée à Séoul, Cultural Action, a engagé une action juridique, mais sans succès jusqu'à présent : dans une décision rendue le 24 décembre 2009, le Tribunal administratif (TA) de Paris a rejeté cette demande au regard de considérants juridiques attendus, à savoir le principe d'inaliénabilité des collections françaises faisant partie du domaine public, quelles que soient les circonstances dans lesquelles ces biens ont été acquis. Le TA a ajouté que le pillage n'était pas juridiquement interdit par le droit international en 1866. Le 25 janvier, Cultural Action a annoncé qu'elle faisait appel de cette décision. "Nous faisons appel parce que ne pas le faire signifierait que nous acceptons ce jugement injuste du tribunal français", a déclaré Hwang Pyung-woo, membre de l'association. Cultural Action demande également que la propriété coréenne des livres soit reconnue, en critiquant la position du gouvernement sud-coréen prêt, selon elle, à accepter un prêt permanent sans régler cette question.

Tout en étant consciente que l'enjeu du débat dépasse les relations franco-coréennes, dans la mesure où la restitution des objets acquis par la France lors des guerres priverait nos musées d'une partie importante de leurs collections, l'Association d'amitié franco-coréenne soutient pleinement la demande du peuple coréen de reprendre possession de biens acquis par la force, d'une valeur historique de première importance pour le peuple coréen. Des restitutions ont déjà été décidées par le gouvernement français pour des biens d'autres pays. En effet, un accord ne pourra être que politique ; il pourrait également conduire à la reconnaissance, par la France, de l'erreur qu'a constituée l'expédition coloniale de 1866, ce qui solderait définitivement un contentieux ancien de plus de 140 années. 

Sources : AAFC,
Yonhap  

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 00:57

Le jeudi 11 février 2010, l'ancien ministre Jack Lang, envoyé spécial du président de la République pour la Corée du Nord, a participé à la réception offerte par S.E. Son Musin, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, à l'occasion de l'anniversaire du dirigeant Kim Jong-il.


Cette présence exceptionnelle, après plusieurs nouvelles rencontres de M. Lang avec les diplomates nord-coréens de la délégation générale à Paris en ce début d'année, clôt une mission de plusieurs mois, à l'issue de laquelle le député du Pas-de-Calais a annoncé l'ouverture d'un bureau français d'action culturelle et de coopération à Pyongyang. Les objectifs, les grandes lignes et les résultats de cette mission ont été rappelés par le ministère des Affaires étrangères et européennes dans une réponse au député Jean-Jacques Candelier, publiée au Journal officiel du 26 janvier 2010. Les représentants de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) présents à la réception donnée rue Asseline, à Paris, le 11 février dernier, ont pu, à cette occasion, rencontrer à nouveau l'envoyé spécial du président de la République. Jack Lang s'était "réjoui" de constater, dans une réponse du 18 novembre 2009 à un courriel de l'AAFC, que "nos analyses convergent", en soulignant que "nous devons intensifier nos efforts pour favoriser une solution de paix mais aussi pour obtenir un meilleur soutien public national et international aux actions menées sur place par les organisations non gouvernementales et les Nations Unies".


Jack Lang Andre Aubry
Jack Lang Son Musin 2
Jack_Lang_femmes_coreennes.JPG
De haut en bas :
- Jack Lang salué par André Aubry, ancien Sénateur-Maire d'Antony, Président de l'AAFC,
- Jack Lang et S.E. Son Musin, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO,
- Jack Lang et des femmes coréennes.

Photographies :
Alain Noguès
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 20:03
JJCandelier.jpgLe 2 juin 2009, après l'essai nucléaire effectué par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le 25 mai, le député Jean-Jacques Candelier, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale, publiait un communiqué pour dénoncer le dédain des grandes puissances et le non-respect de leurs engagements, à l'origine, selon lui, de l'attitude de la RPDC. A la fin de son communiqué, Jean-Jacques Candelier annonçait interroger le Premier ministre François Fillon sur l'avenir des relations entre la France et la RPDC. Publiée au Journal officiel le 9 juin 2009, la question du député a reçu une réponse du ministère des Affaires étrangères le 26 janvier 2010. Nous publions ci-après l'une et l'autre (les liens ont été ajoutés par l'AAFC).



Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier (N°51664), publiée au JO le 9 juin 2009 
M. Jean-Jacques Candelier interroge M. le Premier ministre sur l'attitude de la France vis-à-vis de la République démocratique de Corée (RPDC). Les grandes puissances mondiales rivalisent de virulence pour réprouver les opérations militaires et l'attitude de la RPDC. Cependant, elles omettent de dire que la RPDC est favorable, depuis longtemps, à la dénucléarisation de la péninsule, ce qui implique le démantèlement de la base militaire américaine en Corée du sud, ainsi que des armements nucléaires mobiles transportés par la flotte et l'aviation américaine. Elles oublient d'indiquer que la RPDC est favorable, depuis longtemps, à la transformation de l'accord d'armistice de 1953 en un véritable traité de paix, ce qui implique une négociation RPDC-États-unis. Elles oublient, enfin, de rappeler à l'ordre le Japon, qui est en cours de remilitarisation en dépit des obligations de sa propre Constitution.. Ce « deux poids, deux mesures » lui est insupportable. Dans ses conditions, il estime qu'il ne faut pas s'étonner de la réaction d'autodéfense de la Corée du nord, qui voit ses propositions systématiquement rejetées. Il rappelle que même les accords conclus sous la présidence américaine de Bill Clinton n'ont pas été respectés, la RPDC n'ayant jamais obtenu, en échange de sa renonciation à l'arme nucléaire, les contreparties promises (livraison de réacteurs à eau légère, de pétrole et l'arrêt de l'embargo unilatéralement imposé). Puisque la France, à travers la future loi de programmation militaire, continue d'axer la stratégie de défense nationale sur la dissuasion nucléaire, au détriment de la nécessaire lutte contre la prolifération nucléaire mondiale, il estime que la diplomatie française devrait être plus conciliante envers la RPDC, d'autant qu'elle se trouve directement sous la menace internationale. En lieu et place de nouvelles sanctions néfastes et inefficaces, il estime que rétablir le dialogue et la confiance passe par la fin de l'embargo américain installé depuis plus de cinquante années, par l'arrêt des tentatives de dénigrement et de déstabilisation et par le respect de la souveraineté du peuple coréen, conformément à la charte des Nations-unies. Alors que la France, mauvais élève de l'Union européenne, continue à se refuser de reconnaître officiellement l'existence de ce pays, il lui demande s'il entend faire un premier geste d'apaisement, par l'établissement d'une ambassade de RPDC à Paris.

Texte de la réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes, publiée au JO le 26 janvier 2010
L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre des affaires étrangères et européennes sur la question nucléaire nord-coréenne ainsi que sur les relations entre la France et la République populaire démocratique de Corée. La résolution 1718 du Conseil de sécurité demande à la Corée du Nord de s'abstenir de tout nouveau tir balistique. Le tir du 5 avril 2009 a ainsi constitué une violation de cette résolution, qui a été condamnée par le Conseil de sécurité, le 13 avril 2009, à l'unanimité de ses membres. Malheureusement, la Corée du Nord a poursuivi une politique d'escalade menaçant la paix et la sécurité internationale. Elle s'est retirée des pourparlers à Six, cadre de la négociation multilatérale sur la question nucléaire nord-coréenne, et a annoncé le 25 mai 2009 avoir effectué un essai nucléaire. La France, comme l'ensemble de ses partenaires européens, a condamné cet essai, et a activement pris part aux travaux du Conseil de sécurité des Nations unies, qui ont abouti à l'adoption à l'unanimité, le 12 juin 2009, de la résolution 1874. Celle-ci prévoit notamment un embargo très large sur les armes, l'inspection des navires et aéronefs en provenance ou à destination de la Corée du Nord dont la cargaison serait suspecte, le renforcement des sanctions individuelles par le Comité de sanctions mis en place en 2006 (Comité 1718) et des restrictions de services financiers aux personnes et institutions impliquées dans des programmes d'armes de destruction massive et balistiques. La France appelle la Corée du Nord à reprendre sans délai les pourparlers à Six. Notre pays attache une grande attention à la situation de la Corée du Nord. C'est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé de charger M. Jack Lang d'une mission d'information sur la Corée du Nord en qualité d'envoyé spécial. M. Lang a ainsi été invité à présenter au chef de l'État et au ministre des affaires étrangères et européennes, à l'issue de cette mission, les initiatives que la France serait susceptible de prendre pour contribuer au règlement de la crise nord-coréenne, ainsi qu'une analyse sur les circonstances qui pourraient conduire à envisager l'établissement de relations diplomatiques avec la République populaire démocratique de Corée, en tenant compte de la nécessité de progrès sur la question nucléaire, les relations intercoréennes et la situation humanitaire et des droits de l'homme. M. Lang s'est rendu au Japon (4-6 octobre), en République de Corée (6-8 octobre), aux États-Unis (23 octobre) ainsi qu'en Chine (5-9 novembre) et en Russie (15 décembre). Il a, à chaque fois, rencontré les principaux responsables du dossier nord-coréen. L'envoyé spécial du Président de la République s'est également rendu en Corée du Nord (9-13 novembre), où il a eu des entretiens avec le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême, avec le ministre des affaires étrangères et le ministre de la culture. M. Lang a fait rapport au Président de la République et au ministre des affaires étrangères et européennes de sa mission d'information. Sans que des relations diplomatiques soient établies, il a proposé d'ouvrir, dans un premier temps, un office français de coopération et d'action culturelle à Pyongyang. Cet office permettra d'assurer une présence française en Corée du Nord de façon pérenne. Sa mission, encore à l'étude tout comme son futur statut, pourrait consister dans l'assistance à la population nord-coréenne en matière d'éducation, de santé, de culture et de coopération humanitaire, économique et technique. Cet office servirait également d'appui aux ONG françaises opérant en Corée du Nord.

Source : Assemblée nationale

Site Internet du député Jean-Jacques Candelier
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