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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 22:09

Début juin 2011, une délégation du groupe interparlementaire d'étude et de contact du Sénat France - République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a visité la RPD de Corée pendant une semaine, à l'invitation de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée. La délégation, conduite par le sénateur Jean-Claude Frécon, président du groupe interparlementaire France - RPDC, a notamment rencontré le président Kim Yong-nam.

 

 

senateurs francais a pyongyang

 

 

Conduite par son président, le sénateur Jean-Claude Frécon, une délégation du groupe interparlementaire d'étude et de contact France - RPD de Corée du Sénat a visité la République populaire démocratique de Corée pendant une semaine début juin 2011, à l'invitation de ses homologues parlementaires coréens. Outre M. Jean-Claude Frécon, la délégation était composée de quatre sénateurs, M. Michel Guerry, premier vice-président du groupe interparlementaire, M. Jean-Claude Pastor, secrétaire du groupe, Mme Josette Durrieu et Christophe-André Frassa, accompagnés de M. Patrick Gagnepain, secrétaire exécutif.

 

La taille et la composition de la délégation témoignent de l'intérêt de la Haute Assemblée pour la situation dans la péninsule coréenne : en 2009, une délégation du groupe interparlementaire d'amitié du Sénat France - République de Corée (du Sud) avait ainsi visité la Corée du Sud. Elle était notamment composée de son président, M. Michel Guerry, et de son premier vice-président, M. Jean-Claude Frécon.

 

Alors que la France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée, dans le compte rendu du déplacement effectué dans le Sud de la péninsule en 2009, il était précisé que "le groupe interparlementaire d'amitié France - République de Corée et le groupe d'étude et de contact France - République populaire démocratique de Corée ont vocation à défendre une position homogène du Sénat en tant qu'institution indépendante des autres pouvoirs publics et des deux gouvernements coréens (...) Les deux groupes défendent les positions communes suivantes : pour le développement du dialogue intercoréen sur la base des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 (...) pour l'établissement de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée et le développement des échanges bilatéraux franco - nord-coréens".

 

L'ouverture annoncée d'un bureau français d'action humanitaire et de coopération a ainsi été au coeur des échanges de la délégation du Sénat avec ses interlocuteurs coréens, alors que le ministère français des Affaires étrangères et européennes avait répondu à plusieurs questions écrites parlementaires la veille du départ de la délégation pour la RPD de Corée.

 

En particulier, la délégation a longuement rencontré - pendant 1h15 - le président Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée (photo ci-dessus). Elle a également rencontré les représentants des ONG françaises présentes en Corée du Nord : Première Urgence et Triangle Génération Humanitaire, en s'entretenant notamment de la situation humanitaire. Le 1er décembre 2007, une soirée de solidarité avec les victimes nord-coréennes des inondations de l'été 2007 avait été organisée par l'AAFC dans les salons de la présidence du Sénat, sous l'égide du groupe interparlementaire d'étude et de contact France - RPDC alors présidé par Mme Michèle André.



En l'absence de relations diplomatiques complètes entre la France et d'autres pays, les groupes interparlementaires sont un canal privilégié de développement des échanges bilatéraux, tant politiques qu'économiques et culturels. Au sein du Parlement français, le Sénat a su s'affirmer comme un interlocuteur incontournable du dialogue avec la RPD de Corée.



Sources : AAFC, KCNA (dont photo) 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 22:37

JJCandelierLe 28 décembre 2010, le député Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine, Nord) avait interrogé le ministère des Affaires étrangères et européennes sur la présence d'observateurs français aux exercices militaires américano - sud-coréens. Dans la réponse publiée le 10 mai 2011, le gouvernement affirme : "Ces manoeuvres d'entraînement, à caractère exclusivement défensif, avaient été programmées depuis plusieurs mois et n'ont pas été décidées à la suite du bombardement de l'île de Yeonpyeong. La France, en tant que membre du commandement des Nations unies (UNC) en Corée, a été tenue étroitement informée de ces exercices militaires." L'AAFC observe, d'une part, que la réponse française sur les exercices de guerre américano - sud-coréens reprend fidèlement les termes d'un communiqué de presse de l'armée américaine, selon lequel "ces exercices sont défensifs par nature" et qu'ils "ont été programmés bien avant l'attaque d'artillerie [nord-coréenne]", et, d'autre part, que la France envisage sa participation au Commandement des Nations Unies en Corée comme un soutien explicite à l'une des parties en présence (la Corée du Sud). Par ailleurs, la réponse française semble traduire l'ignorance par la sous-direction Extrême-Orient du Quai d'Orsay des propositions nord-coréennes de reprise des pourparlers à six, puisqu'elle appelle Pyongyang à revenir à la table des négociations, ce que la RPD de Corée ne cesse de proposer tout en se heurtant au refus de Séoul... La publication de cette réponse intervient à la veille de la venue en Europe du président sud-coréen Lee Myung-bak, lors d'une visite qui le conduira notamment en France. L'AAFC reproduit ci-après le texte de la question du député Jean-Jacques Candelier et la réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes.

 

Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier (N°97168) publiée au JO le 28 décembre 2010

 

 M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la qualité des observateurs français ayant assisté aux manoeuvres effectuées du 28 novembre au 1er décembre 2010 en mer Jaune par les États-unis et la Corée du sud. Le 23 novembre 2010, la Corée du nord et la Corée du sud ont échangé des tirs d'artillerie autour de la « ligne de limite nord » fixée unilatéralement en mer Jaune par les États-unis en 1953, et contestée par la Corée du nord. Par la suite, la Chine et la Russie ont appelé à une réunion d'urgence des six pays participant aux pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule. La Corée du nord a accepté le principe d'une telle réunion, à la différence de la Corée du sud, des États-unis et du Japon qui ont organisé des manoeuvres militaires conjointes. Des représentants de la France auraient assisté aux manoeuvres navales américano-sud-coréennes. Il souhaiterait connaître leur nombre et leur qualité, ainsi que le résultat de leur mission. Par ailleurs, il lui demande quelle est la position du Gouvernement quant aux initiatives de la Chine et de la Russie destinées à apaiser les tensions dans la péninsule coréenne.

 

Réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes parue au JO le 10/05/2011

 

Le 23 novembre 2010, la Corée du Nord a procédé à des tirs d'artillerie sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, faisant quatre morts, dont deux civils, et plusieurs dizaines de blessés. La France a condamné cette attaque avec la plus grande fermeté. Du 28 novembre au 1er décembre 2010, des manoeuvres militaires navales communes entre la Corée du Sud et les États-Unis se sont déroulées en mer Jaune. Ces manoeuvres d'entraînement, à caractère exclusivement défensif, avaient été programmées depuis plusieurs mois et n'ont pas été décidées à la suite du bombardement de l'île de Yeonpyeong. La France, en tant que membre du commandement des Nations unies (UNC) en Corée, a été tenue étroitement informée de ces exercices militaires. L'attaché de défense près l'ambassade de France en Corée est régulièrement associé en qualité d'observateur aux exercices américano-sud-coréens, en tant qu'officier de liaison auprès du commandement des Nations unies en Corée. Toute initiative destinée à apaiser les tensions dans la péninsule coréenne doit être encouragée. La plus cruciale consisterait pour la Corée du Nord à faire preuve de bonne volonté, en s'engageant en particulier à s'abstenir de nouvelle provocation et en abandonnant de manière complète, vérifiable et irréversible ses armes nucléaires et ses programmes nucléaires, comme le demandent les résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité des Nations unies. La France continue d'appeler la Corée du Nord à s'abstenir de tout geste susceptible d'accroître la tension dans la région, à reprendre la voie du dialogue intercoréen, des pourparlers à six et de la légalité internationale.

 

Source : Assemblée nationale

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 20:30

Le 1er décembre 1981, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a émis un timbre représentant François Mitterrand, président de la République française - ce qui, à notre connaissance, constituait une première mondiale. En février 1981, François Mitterrand, qui n'était alors que candidat à l'élection présidentielle, avait visité Pyongyang, où il s'était engagé à l'ouverture de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée.

 

TimbreMitterrand RPDCLe premier timbre (source) à avoir représenté François Mitterrand est nord-coréen : d'une valeur de 20 chon (soit 0,2 won), il fait partie d'un bloc feuillet émis le 1er décembre 1981. Il représente l'homme d'Etat socialiste à la tribune, au-dessus d'un drapeau français, et brandissant une rose. Un bandeau situé dans la partie supérieure du timbre porte l'inscription - en français - "François Mitterrand Président de la République française".

 

Le choix de François Mitterrand - dans un pays qui a une solide tradition philatélique - n'a rien de surprenant pour qui connaît un peu les relations franco - nord-coréennes : alors candidat à l'élection présidentielle, le futur chef de l'Etat avait visité Pyongyang en février 1981, où il avait été longuement reçu par le Président Kim Il-sung et s'était engagé, en cas d'élection, à l'ouverture de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - une promesse qu'il n'honorera pas. François Mitterrand avait dressé un portrait louangeur de son hôte, et le Président Kim Il-sung avait ensuite été l'un des premiers à féliciter François Mitterrand après son élection le 10 mai 1981.

 

Aujourd'hui encore, les guides qui accompagnent les visiteurs français à Pyongyang rappellent fréquemment la visite qu'avait faite François Mitterrand, alors que la question d'une ambassade française dans la capitale nord-coréenne reste malheureusement toujours d'actualité : aujourd'hui, la France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne (avec l'Estonie) à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée, créant une situation préjudiciable aux intérêts des deux pays.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 22:30

Député de l'Oise (Union pour un mouvement populaire, UMP), ancien secrétaire général du Rassemblement pour la République (RPR), Jean-François Mancel visite actuellement la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en tant qu'invité d'honneur du 27ème Festival artistique de printemps de l'amitié, organisé en avril 2011, comme en a rendu compte l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

 

800px-Mancel Jean FrancoisLe Festival artistique de printemps de l'amitié est organisé régulièrement à Pyongyang à l'occasion de l'anniversaire du Président Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée, né le 15 avril 1912. Pour la 27ème édition du Festival organisée en avril 2011, des groupes artistiques de plusieurs pays (dont la France) ont été invités à Pyongyang, ainsi que des "invités d'honneur"  - comme l'indique l'agence officielle nord-coréenne KCNA -, parmi lesquels le député français (UMP) de l'Oise Jean-François Mancel.

 

Jean-François Mancel a visité le palais mémorial Kumsusan, qui abrite la dépouille mortelle du Président Kim Il-sung, le 10 avril, où il a laissé un message dans le livre d'or après avoir rendu un hommage au fondateur de la RPDC. Par ailleurs, Jean-François Mancel et les membres de sa délégation ont été reçus le 13 avril par Choe Thae-bok, président de l'Assemblée populaire suprême.

 

Cette visite traduit le renforcement des liens entre la RPDC et les groupes parlementaires français, ainsi qu'avec les principaux partis politiques français, dont l'UMP et le Parti socialiste (PS).

 

Sources : AAFC, dépêches de l'agence KCNA en date du 10 et du 13 avril 2012.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 21:56

A l'occasion du sommet du G20 qui s'était tenu à Séoul les 11 et 12 novembre 2010, le président français Nicolas Sarkozy avait annoncé un accord sur la restitution des archives royales coréennes pillées par la France en 1866, sous la forme d'un prêt renouvelable de cinq années. Cette décision tendait ainsi à clore un contentieux vieux de plusieurs dizaines d'années entre la France et la République de Corée (du Sud). Le 14 avril 2011, le premier lot de manuscrits est arrivé en Corée.

 

restitution archives royales coreennes uigwe avril 2011Depuis une vingtaine d'années, les autorités sud-coréennes réclamaient le retour des archives royales Uigwe pillées par la France en 1866, lors d'une tentative d'invasion coloniale de la péninsule par la France qui avait tourné court. Sous l'impulsion d'associations et de citoyens coréens, ainsi que de l'actuelle représentation diplomatique sud-coréenne en France, un dénouement avait été donné à cet unique réel irritant des relations entre Paris et Séoul, à l'occasion du sommet du G20 à Séoul en novembre 2010. Le chef de l'Etat français avait alors accepté la restitution des archives coréennes sous la forme d'un prêt de cinq ans renouvelable - non sans d'ailleurs susciter une vive émotion dans les milieux français de la conservation, non associés à la prise de décision.

 

 Le 14 avril 2011, un premier lot de 75 manuscrits (sur un total de 297) est arrivé en Corée. Selon le ministère sud-coréen de la Culture, l'ensemble des manuscrits devraient avoir été restitués d'ici fin mai. Ces précieux documents donnent notamment un aperçu détaillé des rites et des protocoles de la dernière dynastie coréenne, la dynastie Choseon (1392-1910).

 

Si la Convention des Nations unies sur les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels, prévoit le retour permanent de tous les biens acquis illégalement, elle n'a pas d'application rétroactive pour les biens pillés avant sa signature (en 1970). Pour sa part, l'AAFC a plaidé de manière constante pour la restitution des archives royales coréennes illégalement pillées dans le cadre d'opérations de nature coloniale, quelle que soit la date à laquelle se sont déroulés les faits. Elle se félicite de l'accord trouvé, même si elle regrette que le prêt permanent n'implique pas un transfert de propriété de ces biens au peuple coréen.

 

Selon un communiqué du ministère français des Affaires étrangères et européennes, la restitution ainsi opérée va "permettre des échanges culturels accrus, notamment dans le cadre de l'organisation d'années culturelles croisées en 2015-2016, à l'occasion du 130e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée".

 

Sources : AAFC, AP (dont photo).

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 09:00

Alors que la politique étrangère sera un thème majeur du débat des échéances électorales à venir, c'est l'ambassadeur de Corée du Sud en France qui a annoncé - lors d'un passage à Séoul - que le gouvernement français n'ouvrirait pas de bureau de coopération humanitaire et culturelle en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Interrogé à ce sujet par des parlementaires tout au long de l'année 2010, le gouvernement français n'avait pas donné de réponse, laissant donc la primeur de cette annonce au représentant d'une puissance tierce. Face à de telles pratiques de nature à faire douter de l'indépendance de la diplomatie française, en Corée et ailleurs, l'Association d'amitié franco-coréenne a publié le communiqué suivant.

 

 

Communiqué de presse

Paris, 9 mars 2011

 

CORÉE: UN AUTRE FIASCO POUR LA DIPLOMATIE FRANÇAISE

 

Le gouvernement français a sacrifié la défense des intérêts de la France à ceux d’une puissance étrangère, la Corée du Sud.

 

En ce début d’année 2011, les bouleversements politiques en Afrique du Nord et au Proche-Orient ont montré l’incapacité de la diplomatie française à anticiper et comprendre les évolutions dans cette partie du monde. A ce propos, dans une tribune publiée le 22 février, des diplomates français, réunis dans le collectif « Marly », ont dénoncé l’« amateurisme » , l’« impulsivité »,les « préoccupations médiatiques » et le « manque de cohérence » de la diplomatie française.

 

Œuvrant depuis 1969 pour que la France entretienne des relations équilibrées avec les deux parties de la Corée divisée, l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) ne peut que prendre acte d’un autre fiasco de la diplomatie française : sur la question nord-coréenne, le gouvernement français a sacrifié la défense des intérêts de la France à ceux d’une puissance étrangère.

 

Du 9 au 13 novembre 2009, Jack Lang, représentant spécial du président Nicolas Sarkozy, s'est rendu en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avant de proposer l'ouverture d'un bureau de coopération humanitaire et culturelle à Pyongyang, première étape vers l’établissement de relations diplomatiques complètes entre la République française et la RPDC. Dans ses échanges avec l’AAFC, Jack Lang s’était réjoui d'une convergence de points de vue.

 

Un an et demi plus tard, cette proposition est restée lettre morte, malgré les questions écrites répétées, sans réponse à ce jour, de parlementaires de diverses sensibilités politiques.

 

Pire : la réponse aux questions des députés et sénateurs français est venue de Séoul.

 

Le 25 février 2011, dans un entretien à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, Park Heung-shin, ambassadeur de la République de Corée (du Sud) en France, a donné publiquement le « la » de la diplomatie française : « la France est notre allié fidèle et a fait savoir qu’elle a suspendu les négociations avec Pyongyang pour l’ouverture d’un bureau permanent de coopération culturelle et scientifique après les provocations nord-coréennes contre le Sud, à savoir le torpillage duCheonan en mars 2010 et l’attaque sur l’île de Yeonpyeong en novembre dernier. »

 

« Torpillage du Cheonan » ? Tel n’est pas l’avis de la Chine, de la marine russe, de scientifiques indépendants, ni d’un ancien expert de la commission d’enquête officielle américano-sud-coréenne. Mais la France veut-elle seulement se donner les moyens d’une expertise indépendante ?

 

Aujourd’hui, la politique de la France à l'égard de la Corée du Nord ne se décide plus à Paris, mais à Séoul, faisant de la France un des deux derniers pays de l’Union européenne à ne pas avoir reconnu la RPDC. Cette situation n’est pas favorable aux intérêts économiques et stratégiques de la France, laquelle est réduite au rôle de supplétif de la Corée du Sud dont le gouvernement en place depuis 2008 cherche des soutiens pour remettre en cause le rapprochement inter-coréen initié par ses prédécesseurs.

 

En Corée comme dans le reste du monde, l’Association d'amitié franco-coréenne appelle au retour à une politique étrangère française indépendante et souveraine, dans le respect de la tradition diplomatique de la France, qui est de reconnaître les États et non les gouvernements, et du rôle que la France aspire à jouer comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

 

Contact : Association d'amitié franco-coréenne (AAFC)

téléphone : +33 6 48 69 81 89

courrier électronique : amitiefrancecoree@gmail.com

site Internet : www.amitiefrancecoree.org

 

CP AAFC 09032011

Cliquez sur l'image pour télécharger le communiqué (format PDF)

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 18:49

Février 2011 : toute l'Union européenne reconnaît la République populaire et démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Toute ? Non ! Un village d'irréductibles gaulois refuse encore et toujours tout dialogue avec Pyongyang sur l'ouverture non pas de relations diplomatiques, mais bien d'un simple bureau de coopération dans la capitale nord-coréenne...

 

Toute ressemblance avec une bande dessinée française existante ou ayant existé ne serait évidemment que fortuite. Au sein de l'Europe des 27, la France se caractérise en effet, avec l'Estonie, par son particularisme à ne pas reconnaître la RPD de Corée - mais dans le cas de l'Estonie il s'agit d'un processus qui n'a pas été mené à son terme, alors que la France ne semble jamais avoir engagé sérieusement un dialogue en vue de l'établissement de relations diplomatiques.

  Jack Lang Son Musin 2


frassa christophe andre08018uL'affaire semblait pourtant entendue, à l'issue d'une mission effectuée par Jack Lang, représentant du Président de la République (ci-dessus avec SE Son Musin, délégué général de la RPDC en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, photo Alain Noguès) : il avait déclaré le 16 décembre 2009, lors d'une audition par la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, que la France avait convenu avec la RPD de Corée de l'ouverture d'un bureau d'action culturelle et de coopération comme une première étape dans l'établissement de relations diplomatiques complètes. Cette ouverture, attendue au cours du premier semestre 2010, puis à la fin de l'été, se faisait attendre. Ce mutisme des autorités françaises a conduit le sénateur Christophe Frassa (ratt. UMP - représentant des Français établis hors de France) à interroger le gouvernement français le 11 novembre 2010.

 

JJCandelierPlus de trois mois plus tard, l'honorable parlementaire a bien obtenu une réponse gouvernementale... mais des autorités sud-coréennes, qui ont jugé opportun de se prononcer en lieu et place de la France, sur un dossier bilatéral ne concernant pas la Corée du Sud comme Etat souverain. Dans un entretien à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, Park Heung-shin, ambassadeur de la République de Corée du Sud en France, s'est exprimé en tant que représentant du président sud-coréen Lee Myung-bak en France et a donné publiquement la position française : « La France partage parfaitement la même position que notre pays, elle a été le premier pays à condamner le torpillage du Cheonan en mars dernier  » - un empressement qui apparaissait déjà suspect, puisque les conclusions de l'enquête américaine et sud-coréenne imputant le naufrage du Cheonan à la RPDC ont depuis été contestées, non seulement par la Corée du Nord, mais aussi par un membre de l'équipe d'enquête, par des scientifiques indépendants et par les experts de la Marine russe - comme l'a rappelé le député Jean-Jacques Candelier (GDR - Nord) dans une autre question écrite posée le 23 novembre 2011 et elle aussi restée sans réponse.

 

Selon l'agence Yonhap, « Park a rappelé que la France est notre allié fidèle et a fait savoir qu’elle a suspendu les négociations avec Pyongyang pour l’ouverture d’un bureau permanent de coopération culturelle et scientifique après les provocations nord-coréennes contre le Sud, à savoir le torpillage du Cheonan en mars 2010 et l’attaque sur l’île de Yeonpyeong en novembre dernier [...] A propos du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Corée du Nord, il a rejeté l’éventualité qu’il puisse s’effectuer dans l’immédiat en raison des tensions actuelles autour de la péninsule coréenne et de la question nucléaire nord-coréenne, concernant notamment le programme d’enrichissement d’uranium, des problèmes à résoudre absolument avant de penser aux échanges diplomatiques.  »


Il convient de relever l'amalgame, savamment entretenu, entre l'établissement de relations diplomatiques et l'ouverture d'un bureau de coopération, et l'erreur - tout aussi volontaire - consistant à mentionner le « rétablissement  » des relations diplomatiques, laissant sous-entendre que celles-ci auraient été un jour établies, avant d'être rompues pour de (bonnes ?) raisons. 

 

Sans doute l'accession de la Corée du Sud au statut de membre du G20 offre-t-elle un argument supplémentaire vis-à-vis de la France pour la très active diplomatie sud-coréenne, qui a multiplié en 2010 (menaces économiques à l'appui) les démarches auprès des chancelleries étrangères, tout en opérant sans relâche un lobbying parlementaire pour obtenir un ralliement à ses thèses sur le naufrage du Cheonan.

 

Les pressions et le chantage économique venant de Séoul ne sont pas nouveaux : en 1981, déjà, François Mitterrand avait envisagé l'établissement de relations diplomatiques avec la RPD de Corée, avant de renoncer sous la pression des milieux économiques sensibles aux perspectives du marché sud-coréen, au lendemain de la sanglante répression par les militaires sud-coréens - alors au pouvoir à Séoul - du soulèvement démocratique de Kwangju. Encore le Président Mitterrand a-t-il élevé le bureau commercial de la RPDC en France (créé en 1968) en une délégation générale, statut que conserve toujours la représentation diplomatique nord-coréenne en France, sans contrepartie française en RPDC : la création du bureau d'action culturelle et de coopération s'inscrirait dans une logique comparable, puisqu'elle officialiserait des relations qui existent déjà de fait, avec un poste de lecteur français à Pyongyang et des programmes de coopération humanitaire.

 

Dix ans plus tard, en 1991, interpelant Mme Edith Cresson, alors Premier ministre, l'Association d'amitié franco-coréenne ne pouvait que faire le même constat d'un embourbement de la diplomatie française, prise dans un réseau d'influences savamment entretenu par la Corée du Sud : 

 

« Il nous faut également observer qu'au cours des ans, lors de nos interventions répétées auprès du gouvernement ou des ministres concernés, les réponses que nous avons reçues ont été souvent contradictoires. Ainsi, pendant toute une période, "il fallait être patient, le processus était en cours", mais, nous disait-on, "il y a une terrible pression, notamment commerciale, de la Corée du Sud, qui pourrait être grave pour notre économie". La reconnaissance de la Corée du Sud par les pays de l'Est était posée comme préalable par le gouvernement de ce pays. Ensuite, "il fallait être prudent et favoriser d'abord l'ouverture d'un dialogue entre le Nord et le Sud". Le dialogue étant ouvert, "il ne fallait pas le gêner par une initiative intempestive". Enfin, ces derniers temps, l'argument invoqué est "l'insuffisance d'ouverture" de la Corée du Nord.  »

 

Vingt ans plus tard, ni l'entrée conjointe des deux Corée aux Nations Unies en 1991, ni les déclarations conjointes intercoréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, ni la reconnaissance diplomatique par presque tous les autres Etats de l'Union européenne n'ont amené les gouvernements français successifs à réviser leurs positions. Le poids économique de la Corée du Sud a grandi, et celle-ci cherche à garder l'exclusivité des relations économiques intercoréennes, au détriment des intérêts français les plus élémentaires, comme en atteste le récent ajournement d'un projet de manifestation économique qui aurait impliqué un établissement public français. Les ambassades sud-coréennes à l'étranger apparaissent comme les simples relais et porte-voix du gouvernement conservateur de Lee Myung-bak.

 

Ce constat de l'effacement et de la mise sous influence de la diplomatie française est plus largement celui que formulent, désabusés, des diplomates de différentes générations et origines politiques, qui on a pris pour pseudonyme collectif « Marly », dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde le 22 février 2011 :

 

«  A l'encontre des annonces claironnées depuis trois ans, l'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore ! Dans le même temps, nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l'étagère. Plus grave, la voix de la France a disparu dans le monde. Notre suivisme à l'égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires.

 

«  Pendant la guerre froide, nous étions dans le camp occidental, mais nous pesions sur la position des deux camps par une attitude originale. Aujourd'hui, ralliés aux Etats-Unis comme l'a manifesté notre retour dans l'OTAN, nous n'intéressons plus grand monde car nous avons perdu notre visibilité et notre capacité de manœuvre diplomatique. Cette perte d'influence n'est pas imputable aux diplomates mais aux options choisies par les politiques. »

  

« Amateurisme » , « impulsivité » , « préoccupations médiatiques », « manque de cohérence » : autant d'accusations lancées par le collectif Marly qui peuvent s'appliquer au cas d'espèce nord-coréen, en quelque sorte annonciateur du déclin de la diplomatie française, faute de se donner les moyens d'une ambition politique.

 

 

Sources principales :

- « Juin 1991, à l'occasion du Mois international de solidarité avec le peuple coréen, l'AAFC s'adresse à Madame Edith Cresson, Premier ministre, concernant la reconnaissance de la RPD de Corée par la France », Bulletin de l'AAFC, n° 35-36, 3ème et 4ème trimestres 1991, p. 5

- « "La voix de la France a disparu dans le monde" », Le Monde, 22 février 2011

- « "La France n'ouvrira pas bureau de coopération à Pyongyang" dans ce contexte de relations intercoréennes », Yonhap, 25 février 2011


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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 00:15

Figure de la gauche radicale et socialiste française, Pierre Mendès France (1907-1982) s'est illustré, comme Président du Conseil ayant exercé parallèlement les fonctions de ministre des Affaires étrangères (juin 1954 - février 1955), par son action en faveur de la décolonisation de l'Indochine, ainsi que de solutions de paix négociées, tendant à l'indépendance, au Maroc et en Tunisie. Observateur averti des relations internationales, il a évoqué notamment la question coréenne dans son ouvrage Dialogues avec l'Asie d'Aujourd'hui, publié chez Gallimard en 1972, dont nous reproduisons et analysons ci-après des extraits.

 

870251840_ML.jpgDécembre 1971 : la délégation commerciale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'a ouvert que quelques années plus tôt, à la fin de la présidence du général de Gaulle, mais des perspectives s'ouvrent pour une coopération économique privilégiée entre la RPDC et la France, au sein des pays de l'Europe occidentale. C'est dans ce contexte que l'ancien Premier ministre Pierre Mendès France évoque la question coréenne, de la division de la péninsule et de sa réunification, à l'occasion d'une rencontre à Pékin avec l'ambassadeur nord-coréen  en Chine :

 

"A 4 heures et demie, je reçois, à l'hôtel, la visite annoncée de l'ambassadeur de la Corée du Nord. Long exposé de la position de son gouvernement ; celui-ci se réjouit beaucoup des améliorations, discrètes mais réelles, survenues dans les contacts entre la France et son pays. Il y a maintenant une Délégation Commerciale de la Corée du Nord à Paris et un représentant de la France pour les affaires commerciales à Pyongyang. Mais l'ambassadeur souhaite que les relations se développent à un niveau plus élevé et qu'elles prennent un caractère plus ouvertement politique. Il insiste aussi sur les sentiments qui animent le peuple coréen contre la division qui lui est imposée entre deux zones artificiellement séparées. Son gouvernement propose des élections générales, dans toute la Corée, pour créer des institutions enfin réunifiées et communes ; à défaut, si cela n'est pas encore possible, la création d'une confédération entre le Nord et le Sud ; et enfin si la seconde formule elle-même n'est pas acceptée, le développement maximal des échanges entre les deux territoires : communications de toutes sortes, commerce, coopération économique, rétablissement des relations familiales, contacts publics et privés, etc.

 

"Je lui réponds qu'en France nous sommes particulièrement sensibles au problème des Etats divisés : l'un d'eux est notre partenaire européen, un autre est une de nos anciennes colonies. Si la situation du Vietnam et de l'Allemagne nous intéresse directement, celle de la Corée nous touche évidemment d'une manière plus lointaine. Mais des évolutions importantes sont en cours. Nos rapports avec la République Démocratique Allemande sont en train de changer et l'on peut espérer qu'ils deviendront sous peu plus officiels et prendront même une forme plus diplomatique (surtout lorsque les deux Allemagnes, comme la chose est maintenant à peu près assurée, seront entrées à l'O.N.U.). (...) La France devrait, à mon avis, avoir avec la République Démocratique du Vietnam des rapports plus ouverts et plus confiants, au lieu de courtiser le régime du Sud-Vietnam dont le caractère non représentatif et réactionnaire est indiscutable. C'est dans le même esprit que j'envisage la situation en Corée, bien que la France y ait peu d'intérêts matériels et moraux. Il est bon, pour la consolidation générale de la paix, que nous nous fréquentions plus directement. Je suis d'ailleurs informé des progrès économiques très considérables qui ont été effectués en Corée du Nord et qui méritent le respect."

 

Pierre Mendès France note que "d'autres Français, plus représentatifs que moi, ont déjà rencontré le même ambassadeur [nord-coréen] à Pékin. Rendez-vous est donc pris pour demain [mercredi 29 décembre 1971]" (p. 149) - prouvant l'existence, à cette date, d'échanges réguliers de haut niveau entre responsables français (dont les noms ne sont pas précisés) et nord-coréens, ainsi que le rôle diplomatique de Pékin.

 

La position nord-coréenne, exposée classiquement, mérite d'être soulignée, à la veille du premier accord intercoréen de 1972 : elle esquisse très clairement les voies d'une coopération dans tous les domaines, à défaut d'autres solutions qui accélèreraient davantage la réunification. 

 

La position de l'homme d'Etat français est claire - basée sur ce qu'il connaît de la situation diplomatique et politique. Il met en avant l'intérêt premier du peuple coréen à sa réunification, et souligne le rôle que peut jouer la France pour la paix dans cette partie du monde. Il évoque implicitement, par comparaison avec l'Allemagne, le possible établissement de relations diplomatiques complètes entre la France et la RPD de Corée le jour de l'entrée conjointe des deux Corée aux Nations Unies. C'était il y a vingt ans, et la France est aujourd'hui un des deux derniers pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée.

 

Source : Pierre Mendès France, Dialogues avec l'Asie d'Aujourd'hui, Gallimard / Idées, 1972. Principale citation pp. 153-154.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 11:32

 

USS George WashingtonAprès l'échange de tirs d'artillerie du 23 novembre 2010 entre les deux Corée, lequel a fait quatre morts sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong et un nombre indéterminé de victimes en Corée du Nord, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont organisé d'imposantes manœuvres navales entre le 28 novembre et le 1erdécembre en mer de l'Ouest (mer Jaune) pour, disaient-ils, « dissuader » la Corée du Nord. Alors que la Chine et la Russie appelaient à une reprise du dialogue dans la péninsule coréenne, ces exercices militaires américano-sud-coréens exacerbaient les tensions. Le 30 novembre, l'agence de presse australienne AAP révélait que des « représentants » venus d'Australie, du  Royaume-Uni et de France se trouvaient à bord du porte-avions USS George Washington pour assister aux manœuvres américano-sud-coréennes en mer Jaune. En l'absence d'autres informations, le député Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine, Nord), secrétaire de la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale, a posé une question à la ministre des Affaires étrangères et européennes afin de connaître la nature exacte de la mission de ces observateurs français.

 

Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier (N°97168) publiée au JO le 28 décembre 2010

 

M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la qualité des observateurs français ayant assisté aux manoeuvres effectuées du 28 novembre au 1er décembre 2010 en mer Jaune par les États-unis et la Corée du sud. Le 23 novembre 2010, la Corée du nord et la Corée du sud ont échangé des tirs d'artillerie autour de la « ligne de limite nord » fixée unilatéralement en mer Jaune par les États-unis en 1953, et contestée par la Corée du nord. Par la suite, la Chine et la Russie ont appelé à une réunion d'urgence des six pays participant aux pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule. La Corée du nord a accepté le principe d'une telle réunion, à la différence de la Corée du sud, des États-unis et du Japon qui ont organisé des manoeuvres militaires conjointes. Des représentants de la France auraient assisté aux manoeuvres navales américano-sud-coréennes. Il souhaiterait connaître leur nombre et leur qualité, ainsi que le résultat de leur mission. Par ailleurs, il lui demande quelle est la position du Gouvernement quant aux initiatives de la Chine et de la Russie destinées à apaiser les tensions dans la péninsule coréenne.

 

Source : Assemblée nationale

 

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 09:41

Cheonan questionLe député Jean-Jacques Candelier (GDR, Nord), membre de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée nationale et par ailleurs membre du groupe d'études à vocation internationale sur les questions de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a posé une question écrite au gouvernement sur le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan. Survenu en mars dernier, ce drame a entraîné la mort de 46 marins sud-coréens. Le député a rappelé que les conclusions de l'enquête américaine et sud-coréenne imputant le naufrage du Cheonan à la RPDC ont depuis été contestées, non seulement par la Corée du Nord, mais aussi par un membre de l'équipe d'enquête, par des scientifiques indépendants et par les experts de la Marine russe. L'AAFC reproduit ci-après le texte de la question écrite du député Jean-Jacques Candelier, qui interroge également le gouvernement français sur la position de la France au conseil de sécurité des Nations-unies, dont une déclaration, le 9 juillet 2010, a fait état à la fois de la version sud-coréenne et pris note des éléments fournis par la RPDC.

 

Question du député Jean-Jacques Candelier sur les relations bilatérales franco-nord-coréennes (N°94057), publiée au JO le 23 novembre 2010

M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan, survenu le 26 mars 2010 en mer Jaune. Une équipe d'experts civils et militaires de plusieurs pays, dont les États-unis et la Corée du sud, a conclu à la responsabilité de la Corée du Nord, laquelle a nié toute implication et proposé l'envoi de sa propre équipe d'experts, ce qui a été refusé par les autorités sud-coréennes. Les résultats de l'enquête officielle, incriminant la Corée du Nord, ont été contestés sur plusieurs points, non seulement par ce pays, mais aussi par un ancien membre de l'équipe d'enquête sud-coréenne, et par les experts de la marine russe invités à examiner les éléments recueillis à Séoul, si l'on en croit un article du journal sud-coréen Hankyoreh ayant accédé aux résultats de cette enquête non rendue publique à ce jour. Ces éléments sont les suivants. Le fragment retrouvé de la torpille supposée être à l'origine du naufrage aurait été immergé pendant au moins six mois, c'est-à-dire bien avant l'incident du Cheonan. Par ailleurs, ce fragment comporte une inscription en coréen qui aurait dû être effacée par la chaleur de l'explosion, et utilise de surcroît une graphie propre à la Corée du Sud ; enfin, ce fragment est fait d'aluminium, alors que la Corée du Nord a indiqué utiliser de l'acier pour ses torpilles et a fourni des échantillons le prouvant. L'heure exacte du naufrage a donné lieu à plusieurs versions successives et contradictoires. La possibilité, pour un sous-marin nord-coréen, de déjouer la surveillance des marines américaine et sud-coréenne, alors que la sécurité était à son niveau maximum dans cette zone, a donné lieu à de nombreuses interrogations : ni le sous-marin, ni le tir de torpille ne semblent avoir été détectés, et le gouvernement sud-coréen n'a pas rendu publiques les communications montrant l'intention d'attaquer d'un sous-marin nord-coréen. Au vu de ces éléments, le naufrage du Cheonan pourrait n'être qu'un tragique accident. Il souhaite connaître les démarches conduites ou envisagées par notre pays, qui dispose d'experts militaires et civils compétents, afin de connaître la vérité sur le naufrage du Cheonan. Il lui demande quelle a été la position de la France au conseil de sécurité des Nations-unies, dont une déclaration de la présidence, le 9 juillet 2010, a fait état à la fois de la version sud-coréenne et pris note des éléments fournis par la RPDC.

 
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