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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 14:43

Les deux Etats coréens ont célébré séparément l'armistice ayant mis fin à la guerre de Corée, le 27 juillet 1953. Si la République de Corée (du Sud) a cherché à réunir des représentants de tous les Gouvernements ayant fait partie de la coalition des Nations Unies ayant combattu en Corée sous commandement américain (16 pays [1], auxquels s'ajoutent 5 pays ayant envoyé une assistance médicale [2]), la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'a pas été en reste - non seulement le vice-président de la République populaire de Chine, intervenue aux côtés de ses soldats, mais des délégations gouvernementales de plusieurs pays alliés du Tiers Monde étaient présents aux cérémonies commémoratives (ci-dessous : le Maréchal Kim Jong-un de la RPDC, aux côtés du vice-président chinois Li Yuanchao et du vice-président zambien Edward Kiwanuka Ssekand), redessinant ainsi la carte géopolitique des soutiens de chaque Etat coréen.

 

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Au Sud de la Corée, il a été décidé, le 26 juillet 2013, que le jour de l'armistice serait proclamé "Jour de la participation des forces des Nations Unies", signalant la mise en avant du rôle des anciens combattants étrangers par rapport aux déclarations visant à transformer l'accord d'armistice en traité de paix.

 

Des cérémonies ont eu lieu dans les cimetières nationaux sud-coréens, où des carrés spécifiques signalent les tombes des anciens soldats étrangers morts pendant le conflit (photo ci-dessous, au cimetière national de Séoul, source Yonhap).

 

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Un concert classique s'est tenu à la gare de Dorasan, juste au sud de la DMZ. L’orchestre symphonique était formé d’artistes de 21 pays et a joué des morceaux appelant à la paix sur la péninsule coréenne.

 

Si le Président Barack Obama n'était pas présent aux commémorations à Séoul, privilégiant sa présence avec les anciens combattants américains, il a participé à une cérémonie commémorative de l'armistice à Washington. La délégation américaine présente aux cérémonies en Corée du Sud était conduite par l'ambassadeur des Etats-Unis en Corée du Sud, S.E. Sung Y. Kim, et comprenait notamment le général James D. Thurman, commandant en chef des forces américaines en Corée du Sud.

 

La Nouvelle-Zélande a été représentée par son Premier ministre John Key (ci-dessous, avec la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, source Yonhap). La France était également représentée par son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, dont le déplacement a été salué par l'agence Yonhap comme "la première visite d’un haut dignitaire européen en Corée après l’investiture de l’administration Park Geun-hye". Il a rencontré par ailleurs la présidente sud-coréenne. Lors de sa rencontre avec son homologue sud-coréen Chung Hong-won, le projet de conception de l’hélicoptère coréen Surion avec la participation d’Eurocopter a été mis en exergue comme exemple de coopération franco-coréenne réussie. Les deux chefs de gouvernement ont également envisagé des échanges de délégations en 2015-2016, à l'occasion du 130ème anniversaire en 2016 de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Corée.

 

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L'Italie, la Norvège et les Philippines ont envoyé en Corée du Sud leurs ministres de la Défense. Selon le Gouvernement sud-coréen, les délégations gouvernementales présentes étaient originaires de 27 pays.

 

Les commémorations en République populaire démocratique de Corée ont été marquées par la présence d'un nombre un peu plus important de représentants au niveau des chefs d'Etat et de Gouvernement. Alors qu'il n'y avait pas de représentant américain d'un niveau ministériel lors des cérémonies s'étant déroulées au Sud (ce qui a été en partie compensé par une cérémonie spécifique à Washington, une première pour un président américain en exercice à l'occasion de la commémoration de l'armistice de la guerre de Corée), la Chine était représentée à Pyongyang par son vice-président Li Yuanchao, également représentant du PC chinois, qui a souligné la solidarité de la Chine avec la RPD de Corée et rappelé que son pays était pour la paix et la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Deux autres vices-présidents étaient présents à Pyongyang lors des cérémonies officielles : Guy Scott, vice-président de la République de Zambie, et Edward Kiwanuka Ssekand, vice-président de la République d'Ouganda.

 

Plusieurs partis au pouvoir avaient envoyé des délégations en RPD de Corée : Abdullah al-Ahmar, secrétaire général adjoint du Parti arabe socialiste Baath syrien, conduisait la délégation syrienne. La secrétaire générale adjointe du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie conduisait la délégation du Congo démocratique, et le Mouvement de libération populaire de l'Angola était représenté par un membre de son bureau politique. Le Parti communiste de Cuba était représenté par le chef de son département international, le Parti communiste du Vietnam par Tran Quoc Vuong, secrétaire du Comité central, le Parti révolutionnaire du peuple lao par Cheuang Sombounkhan, secrétaire du Comité central, qui représentait aussi le gouvernement laotien. Des délégations militaires du Mozambique et de la Mongolie étaient conduites chacune par un vice-ministre de la Défense. Le numéro deux de l'armée conduisait la délégation militaire iranienne, le président nord-coréen Kim Yong-nam étant parti en visite officielle pour l'Iran dès la fin des cérémonies. Une délégation militaire tanzanienne a aussi participé aux cérémonies.

 

La délégation gouvernementale indonésienne était conduite par un conseiller à la présidence, et la délégation namibienne par un vice-ministre de la Justice. Des délégations gouvernementales représentaient aussi le Cambodge, le Népal, le Soudan, la Malaysie et le Pakistan. Le président palestinien avait également envoyé un représentant. Une délégation gouvernementale de Guinée équatoriale a aussi visité la RPDC - soit, selon notre propre décompte, les représentants de 21 gouvernements ou Etats étrangers, sans compter la Russie ou l'Italie dont les situations sont particulières.

 

L'URSS n'ayant pas officiellement participé à la guerre de Corée, la Russie était représentée par Ya. V. Kanov, vice-président du Conseil de Russie des vétérans de la guerre de Corée.

 

Par ailleurs, Paolo Romani, vice-président du Sénat italien, était présent, alors que son pays a fourni une assistance médicale aux troupes des Nations Unies pendant la guerre de Corée et qu'une délégation gouvernementale était présente simultanément au Sud. Il a été reçu par le maréchal Kim Jong-un.

 

Par ailleurs, des messages de félicitations à l'occasion de la victoire dans la guerre de libération de la patrie ont été adressés au Maréchal Kim Jong-un par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le président guinéen  Alpha Condé et le président tchadien Idriss Déby, mais sans que ces pays n'aient visiblement envoyé de délégations officielles, selon les comptes rendus publiés par l'agence nord-coréenne KCNA.

 

Les cérémonies ont été marquées par l'inauguration d'un monument aux soldats morts pendant la guerre de Corée, une parade militaire (photo ci-dessous), un défilé civil et un feu d'artifice, ainsi que l'inauguration du nouveau musée de la guerre. Le message était double : rappeler le sacrifice des combattants coréens et chinois - dont les vétérans occupaient les premières places lors des cérémonies officielles. Après les cérémonies auxquelles ont participé les délégations étrangères, les vétérans étaient d'ailleurs présents, à partir du 30 juillet, à des manifestations avec les seuls Coréens, en présence du Maréchal Kim Jong-un. Mais le discours des autorités de la RPD de Corée rappelait aussi la nécessite d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953.

 

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Le nouveau spectacle de gymnastique de masse Arirang inauguré à l'occasion des cérémonies a accordé une place particulière à l'amitié entre les peuples, notamment avec la Chine et la Russie, qui ont participé à la guerre de Corée aux côtés des soldats de l'Armée populaire de Corée. Le schéma narratif a suivi le fil habituel - de l'occupation japonaise à la perspective de la réunification de la Corée, en passant par la libération, la guerre de Corée (naturellement mise en avant cette année), la construction du socialisme (plus brièvement évoquée cette année) et la construction d'un pays puissant et prospère, pour laquelle les succès technologiques - lancement réussi de la fusée Unha-3 en décembre 2012 - et les nouveaux équipements collectifs (centre de loisirs Rungna et delphinarium, rue Changjon...) ont été à l'honneur. Les numéros d'acrobates, réalisés notamment par les artistes des troupes de cirque de RPDC régulièrement récompensés dans les festivals internationaux, ont été particulièrement impressionnants.

 

Arirang 2013 1

 

Arirang_2013_Kim-il-sung_Kim-jong-il.JPG

 

[1] Afrique du Sud, Australie, Belgique, Canada, Colombie, Etats-Unis, Ethiopie, France, Grèce, Luxembourg, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Philippines, Royaume-Uni, Thaïlande, Turquie.

[2] Danemark, Inde, Italie, Norvège, Suède.

 

Principales sources (dont photos) : KCNA, Yonhap. Photos d'Arirang : Alain Noguès.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations internationales de la Corée
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)