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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 22:55

Selon les données de la Banque de Corée (du Sud) rendues publiques le mardi 26 janvier 2010, l'économie sud-coréenne a progressé de 0,2 % sur l'ensemble de l'année 2009. Si la Corée du Sud a été moins touchée que d'autres pays industrialisés par la crise mondiale, le ralentissement historique de la croissance économique témoigne de la fragilité de la reprise amorcée en cours d'année 2009.

La récession a finalement été évitée : en ayant enregistré une croissance de 0,2 % au quatrième trimestre de l'année 2009 par rapport au troisième trimestre, l'économie sud-coréenne a très légèrement progressé - de 0,2 % - sur l'ensemble de l'année 2009, selon les données récemment rendues publiques par la Banque de Corée. La forte demande en provenance de la Chine, ainsi que les mesures publiques de soutien à l'économie, ont permis à la Corée du Sud d'être moins frappée par la crise mondiale que d'autres pays industrialisés membres de l'OCDE.

Kim Myung-kee, directeur général du service des statistiques économiques de la Banque de Corée, considère comme un ajustement le ralentissement observé au quatrième trimestre par rapport au troisième trimestre (le PIB avait alors progressé de 3,2 % par rapport au deuxième trimestre), après la reprise amorcée en milieu d'année 2009.

Des doutes demeurent cependant sur la soutenabilité de la croissance économique, même si la Banque de Corée continue d'afficher une prévision optimiste de croissance de 4,6 % en 2010. Un an plus tôt, la Banque de Corée prévoyait
une croissance de 2 % en 2009, quand la plupart des experts envisageaient alors une récession. La  croissance n'a finalement atteint que 0,2 %, très en-deçà des prévisions de la Banque de Corée.
 
Certains indicateurs montrent en effet une fragilité de la reprise : les exportations ont reculé de 1,8 % au quatrième trimestre et les dépenses privées de 0,1 %. Dans ce contexte, les taux d'intérêt de base devraient être maintenus à un niveau historiquement bas de 2 %.

Source :
FT.com (d'après le Financial Times)

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 08:48

banqueRPDC.JPGLe 20 janvier 2010, l'agence officielle KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé la création d'une banque de développement d'Etat. Cette dernière décision des autorités nord-coréennes fait suite à plusieurs initiatives récentes pour accélérer la modernisation économique en vue de la construction d'un "pays puissant et prospère" en 2012, suivant l'objectif réaffirmé par l'éditorial conjoint du 1er janvier 2010 des principaux titres de la presse nord-coréenne.  

Un vent de réformes économiques souffle en République populaire démocratique de Corée. La
réévaluation monétaire en fin d'année 2009 a été conduite notamment pour lutter contre l'inflation, rétablir le rôle du won nord-coréen dans les échanges nationaux et internationaux face aux devises étrangères interdites depuis le 1er janvier 2010 (et notamment le yuan, dont la place accrue a traduit la présence croissante de la Chine dans l'économie nord-coréenne), tout en permettant également de renforcer les réserves en devises des banques nord-coréennes. Parallèlement, le 16 décembre 2009, Korean Central Broadcasting Station (KCBS) a annoncé que le comité permanent de l'Assemblée populaire suprême avait modifié plusieurs lois relatives à la gestion économique, notamment la loi sur la gestion de la propriété immobilière, la loi sur le niveau de consommation des biens de consommation courante et la loi relative à l'importation des équipements généraux. Enfin, début janvier, le statut administratif de la ville de Rason (à la frontière Nord-Est, près de la Russie) a été modifié pour renforcer son autonomie. Une zone économique spéciale a été mise en place à Rason en 1991. Le dirigeant Kim Jong-il avait visité la ville en décembre dernier, en appelant à en faire "un des centres importants du commerce international". 

Dans ce contexte de réformes économiques majeures pour moderniser l'économie nationale en vue de l'édification d'un "pays puissant et prospère" à l'horizon 2012, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a annoncé, le 20 janvier 2010, la création d'une banque de développement d'Etat, afin d'investir dans des projets majeurs répondant aux priorités définies par les politiques publiques. La décision, prise par la Commission de la défense nationale, a été annoncée lors de la première réunion du conseil d'administration du Groupe d'investissement international coréen Taepung (Korea Taepung International Investment Group), organisme de coopération économique extérieur également créé en tant que filiale basée à Pyongyang de la nouvelle banque de développement, afin d' "encourager l'afflux d'investissements et de financements" pour cette banque, toujours selon KCNA.

La création d'une entité coréenne spécifique dédiée au financement de projets de développement prioritaires témoigne du rôle qu'entend jouer l'Etat, dès à présent, dans la modernisation de l'économie, alors que l'échéance de 2012 se rapproche et que la réévaluation monétaire et l'interdiction des devises étrangères a pu fournir les capitaux nécessaires à la création de la nouvelle banque de développement.

D'autres options étaient possibles - comme l'encouragement aux investissements étrangers. En effet, si, selon les informations données par KCNA, les capitaux seront apparemment d'origine étrangère pour tout ou partie, à l'instar des opérations d'investissements étrangers, le processus de décision et les choix d'investissements appartiendront aux responsables coréens de la Banque de développement et de sa filiale, le Groupe d'investissement international coréen Taepung. Donner le rôle principal à la puissance publique pour organiser le développement économique est une option qui a fait ses preuves dans d'autres pays industrialisés et en développement, tout en veillant à limiter les relations de dépendance vis-à-vis du capital étranger. 

Des investisseurs étrangers, notamment européens (regroupés au sein de
l'European Business Association), sont déjà présents à Pyongyang. Pour sa part, l'AAFC reste à la disposition de tout investisseur intéressé par des projets en Corée du Nord pour apporter sa connaissance du marché et de l'économie du pays, ainsi qu'entrer en contact avec les autorités nord-coréennes. Les membres et les partenaires de l'AAFC peuvent participer au financement de la Banque publique de développement. L'AAFC veille aussi à répondre aux demandes de coopération économique formulées par nos homologues coréens de l'Association d'amitié Corée-France, en particulier dans les domaines de l'agriculture et de la pisciculture.

Sources : AAFC,
Xinhua (d'après KCNA)

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 00:15

NoDollarEuroLe mercredi 30 décembre 2009, la chaîne télévisée publique chinoise CCTV a annoncé que le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait décidé d'interdire l'utilisation des devises étrangères pour les achats, tant de ses concitoyens que des étrangers, à compter du 1er janvier 2010. Cette nouvelle, qui reste encore à confirmer publiquement par les autorités nord-coréennes, s'inscrirait dans la continuité d'un ensemble de réformes économiques et monétaires adoptées au cours des dernières semaines, tendant à une régulation accrue des marchés privés.

Est-ce un retour aux fondamentaux de l'économie socialiste ? Après une
réforme monétaire basée sur la réévaluation de la monnaie nationale, le won, les autorités nord-coréennes auraient décidé d'interdire, à compter du 1er janvier 2010, l'utilisation des devises étrangères pour les achats sur leur territoire auxquels procèdent tant les Coréens que les résidents étrangers. Le mercredi 30 décembre au soir, la chaîne publique chinoise CCTV a en effet annoncé que les citoyens nord-coréens "seront interdits d'utiliser directement les dollars, les euros et les autres devises étrangères dans les magasins, les restaurants et les autres commerces de détail", tandis que les étrangers seraient tenus de procéder au changement de leurs devises en wons nord-coréens pour procéder à des achats en RPDC.

Dans l'attente d'une confirmation publique de cette mesure, celle-ci aurait des effets encore plus radicaux que la récente
réévaluation du won nord-coréen : sous réserve des taux de change applicables (les taux légaux du won étant nettement supérieurs à ceux appliqués sur les marchés privés), la réforme viserait non plus l'épargne accumulée par une classe moyenne enrichie par le développement des marchés privés, mais les quelques dizaines de milliers de personnes, souvent situées au coeur du pouvoir économique et politique, qui, en ayant accès aux marchés étrangers, se sont fortement enrichies à la faveur des réformes économiques officialisées en 2002.

Lors de leurs voyages d'étude en RPD de Corée, en 2006, 2008 et 2009, les délégations de l'AAFC avaient pu constater le rôle pivot d'un petit nombre de devises étrangères - d'abord le dollar, et dans une moindre mesure l'euro, le yuan et le yen - dans les échanges sur les marchés privés. Les autorités nord-coréennes manifestent ainsi clairement leur volonté de remettre en cause les mécanismes ayant permis l'accumulation rapide de fortunes personnelles, qui avait mis à mal une organisation économique relativement égalitaire, tout en permettant de recouvrir la pleine souveraineté économique de la RPD de Corée pour sa politique monétaire.

Le succès de cette mesure, à l'heure d'une
régulation accrue des marchés privés, reposera toutefois sur la capacité à éliminer les devises étrangères des circuits commerciaux. Si l'objectif est de faire du won nord-coréen l'unique devise utilisée dans les échanges nationaux, voire internationaux, la réforme devra avoir comme corollaires un meilleur approvisionnement des marchés et un encadrement efficace des prix.  

Source :
Associated Press

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 12:24

Le 30 novembre 2009, le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a introduit une réforme monétaire dont un des objectifs recherchés est la lutte contre l'inflation. Toutefois, la régulation des marchés privés, en fort essor depuis le milieu des années 1990, apparaît également comme une des finalités de la mesure, alors que les réformes économiques officialisées le 1er juillet 2002 ont accru les inégalités, tout en réduisant le rôle qui était traditionnellement dévolu au système public de distribution. Les incertitudes sur certaines modalités de la réforme monétaire - s'agissant du plafond des sommes échangées, ou du devenir des sommes ayant dû être déposées dans les établissements bancaires - mettent en lumière les enjeux d'une meilleure régulation du secteur privé, alors que les marchés privés ont toujours existé en RPD de Corée. Ces mesures doivent être resituées dans un contexte où de nouvelles dispositions législatives d'amélioration de l'économie ont été prises par le comité permanent de l'Assemblée populaire suprême.

Que voulait exactement le gouvernement nord-coréen en conduisant de manière accélérée, il y a moins d'un mois, sa cinquième réforme monétaire depuis 1947 ? Au-delà de cette question, le principe de la réforme était simple : cent anciens won équivalent à un nouveau won. Les Nord-Coréens devaient échanger leurs anciennes coupures dans la limite de 150 000 « anciens » won jusqu'au 6 décembre 2009. Au-delà de ce montant, l'argent devait être déposé dans un établissement bancaire pour un échange ultérieur dont les modalités n'étaient alors pas précisées.


 Nouveaux billets de 5000, 2000 et 1000 won (source : Choson Sinbo)


La lutte contre l'inflation apparaît comme l'un des objectifs poursuivis par le gouvernement nord-coréen, alors que les devises étrangères tendent à évincer le won - dont la valeur diminue en conséquence - sur les marchés privés. Cependant, compte tenu du plafond fixé pour les sommes échangées (150.000 won représentent cinquante fois le salaire mensuel moyen), la réforme a été interprétée par certains observateurs étrangers comme visant d'abord les bénéfices réalisés lors des opérations d'échanges sur les marchés privés.  

Certains médias sud-coréens, comme le Chosun Ilbo, ont fait état de révoltes qui auraient même conduit à des exécutions : ces informations, qu'il n'était "pas possible de confirmer" de l'aveu même de l'AFP, doivent être prises avec d'autant plus de réserves qu'elles émanent d'un des titres de la presse sud-coréenne les plus hostiles à la Corée du Nord. Il semblerait toutefois qu'il ait été procédé à des aménagements de la réforme monétaire, toujours selon le Chosun Ilbo qui fait état sur ce point de sources nord-coréennes apparemment crédibles :

- le plafond des sommes échangées aurait été relevé, le 13 décembre 2009, à 500.000 won ;

- les citoyens nord-coréens pourraient échanger tous leurs anciens billets contre de nouvelles coupures, à condition d'avoir déposé ces sommes dans les établissements bancaires ;

- il ne serait pas conduit pas de vérification sur l'origine des sommes ainsi accumulées jusqu'à 1 million de won, ni sur les sommes déposées au-delà de ce plafond, dès lors que des explications satisfaisantes seraient apportées sur l'origine de ces dépôts supérieurs à 1 million de won.

Si l'on peut s'interroger sur les modalités et les effets de cette réforme monétaire qui apparaît aussi comme une mesure de régulation des marchés, deux remarques s'imposent :

- d'une part, les marchés privés en Corée du Nord existent pratiquement depuis la fondation de la RPD de Corée : les premiers marchés privés - sous forme de marchés paysans - sont apparus, après la réforme agraire de 1946, avant la guerre de Corée (1950-1953) ; officialisés en 1954, ils ont permis aux paysans d'échanger leurs surplus, alors que l'existence de lopins individuels est une des caractéristiques du système agricole nord-coréen ; les marchés privés, officialisés en 2002, se sont ainsi développés à partir des années 1990 dans le cadre des marchés paysans, pour pallier les difficultés du système public de distribution à l'époque de la "dure marche" ;

- d'autre part, la régulation des marchés privés est une constante des politiques publiques conduites par les autorités nord-coréennes, afin de trouver un équilibre entre le système public de distribution - en principe plus juste, mais mis à mal par les difficultés économiques des années 1990 - et les marchés privés qui, tout en représentant une incitation individuelle au développement de la production, sont porteurs d'inégalités sociales. 


La régulation des marchés privés porte, notamment, sur leur nombre et leur localisation, la nature des produits échangés, les autorisations données aux vendeurs, en précisant notamment quelles sont les personnes habilitées à vendre sur ces marchés et les démarches administratives et fiscales à suivre. 

La réforme monétaire s'inscrit dans un cadre plus général de mesures destinées à relancer l'économie, alors que l'objectif prioritaire est la construction d'un pays puissant et prospère en 2012 : le 16 décembre 2009, le média nord-coréen Korean Central Broadcasting Station (KCBS) a annoncé que le comité permanent de l'Assemblée populaire suprême avait modifié plusieurs lois relatives à la gestion économique, notamment la loi sur la gestion de la propriété immobilière, la loi sur le niveau de consommation des biens de consommation courante et la loi relative à l'importation des équipements généraux.   

KCBS a rappelé que la loi sur la gestion de la propriété immobilière "fixe les principes fondamentaux sur l'enregistrement, la vérification, l'utilisation et le paiement des taxes d'usage des biens immobiliers", sans préciser le contenu de la réforme. Selon l'Institut des études extrêmes-orientales (Institute for Far Eastern Studies, IFES), il s'agirait de fixer des règles pour des utilisations privées de ces biens et d'améliorer le dispositif de collecte fiscale, alors que de nouveaux bureaux de gestion des biens immobiliers ont été créés depuis 2006.

Alors que KBCS fait état d'une  réponse aux demandes émanant des entreprises, la loi sur le niveau de consommation des biens de consommation courante viserait une réduction des coût de production, selon l'IFES. Enfin, la loi relative à l'importation des équipements généraux fixerait de nouvelles règles de régulation des plans d'importation, des contrats et de l'utilisation des biens par les usines, les écoles, les hôpitaux et les diverses unités de consommation, dans une démarche d'amélioration de la qualité des produits.

Si des incertitudes demeurent sur le contenu des réformes économiques et monétaires menées depuis un mois en RPDC, elles apparaissent comme la traduction législative et réglementaire des efforts conduits parallèlement dans le cadre des campagnes « des 150 jours » et « des 100 jours » pour relancer l'économie.

Sources : AAFC,
AFP, Institute for Far Eastern Studies

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 21:59

Le 30 novembre 2009, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé la réévaluation de sa monnaie, le won. Si cette réforme est logique et même nécessaire dans le contexte nord-coréen pour lutter contre l'inflation et le marché noir, elle comporte aussi des risques qu'il convient de souligner.


Suite à la réévaluation monétaire annoncée le 30 novembre par le gouvernement nord-coréen, cent anciens won valent un nouveau won. La monnaie de la RPDC se décline désormais en neuf billets d'une valeur de 5000, 2000, 1000, 500, 200, 100, 50, 10 et 5 won, et en cinq pièces d'une valeur de 1 won et 50, 10, 5 et 1 chon. Les citoyens de RPDC avaient jusqu'au 6 décembre pour échanger leurs anciennes coupures dans la limite de 150 000 « anciens » won. Au-delà de ce montant, l'argent doit être déposé dans un établissement bancaire pour un échange ultérieur dont les modalités restent à préciser.


Cette réévalutation est la première depuis 1992 et vient après quatre autres réformes monétaires menées depuis 1947 en Corée du Nord.


En décembre 1947, les comités populaires de Corée du Nord décidèrent d'abandonner la monnaie héritée de la période de la colonisation japonaise. Les billets de banque de la période coloniale furent progressivement remplacés par les nouvelles coupures émises par la Banque centrale nord-coréenne, au taux de 1 contre 1.


Le 13 février 1959, une deuxième réforme monétaire visa à endiguer l'inflation consécutive à la guerre de 1950-1953, à revigorer le système financier et à doter le gouvernement des ressources nécessaires au développement d'après-guerre. A l'instar de la réforme du 30 novembre 2009, le taux de change fut fixé à 100 contre 1.


Le 7 avril 1979, dans le cadre d'une troisième réforme, un nouveau won fut mis en circulation, échangeable au taux de 1 contre 1.

Le 15 juillet 1992, une quatrième réforme prit effet dans le but de consolider le système monétaire, alors que les échanges de la RPDC étaient affectés par la disparition de ses principaux marchés et fournisseurs suite à l'effondrement du bloc socialiste. La Banque centrale émit de nouveaux billets se substituant aux anciens, au taux de 1 contre 1.

Pour Jo Song-hyon, de la Banque centrale de RPDC, cité par le Choson Sinbo, journal de l'Association générale des Coréens résidant au Japon, la réforme du 30 novembre 2009 s'inscrit dans la perspective de l'édification d'un « pays puissant et prospère » à l'horizon 2012, en garantissant la bonne circulation de la monnaie et en améliorant la qualité de vie de ceux qui travaillent. Toujours selon Jo Song-hyon, les salaires doivent être les mêmes qu'auparavant, mais exprimés dans la nouvelle monnaie, et les prix fixés par l'Etat dans les magasins publics retrouveront leur niveau du 1er juillet 2002. Les services tels que les magasins et restaurants ont d'ailleurs été fermés du 30 au 4 décembre 2009, le temps de fixer les nouveaux prix.
La réforme a été conduite en un temps record, ce qui a toutefois aussi été de nature à entraîner des phénomènes de constitution de stocks par les consommateurs, entraînant un regain initial d'inflation.


Suite aux réformes économiques du 1er juillet 2002 en RPDC, visant notamment à introduire une dose de marché dans l'économie et à rendre les prix plus flexibles, la masse monétaire s'est accrue alors que se font toujours cruellement sentir les effets de l'embargo appliqué depuis 1950 à la RPDC, « le pays le plus sanctionné au monde » (pour reprendre les propres termes de l'ancien président américain Bush) : pénurie de matières premières et d'énergie aggravée par une infrastructure vieillissante perturbant les livraisons de nourriture et de biens de consommation courante. En conséquence, les prix se sont envolés. Avec une inflation de 25 à 30 % selon les estimations, le won nord-coréen a perdu de sa valeur au profit des devises étrangères comme le dollar, l'euro ou le yuan chinois. C'est pour supprimer cet excès de liquidités sur les marchés que le gouvernement nord-coréen a procédé à la réévaluation du 30 novembre.


Certaines sources occidentales et sud-coréennes mettent en avant le caractère impopulaire d'une telle mesure. Cette analyse est à relativiser car, selon une étude de l'Institut des études sur l'Extrême-Orient de l'université Kyungnam de Corée du Sud,
le salaire moyen en RPDC se situait en 2008 entre 2800 et 3000 won (au taux officiel, un won équivaut environ à 140 dollars américains). La réforme monétaire du 30 novembre permet donc aux citoyens de RPDC d'échanger jusqu'à cinquante fois la valeur d'un salaire moyen ! La réforme pourrait surtout se traduire par une perte des économies accumulées par les classes moyennes, enrichies par les activités d'échanges sur les marchés privés - dans des conditions souvent à la limite de la légalité - même si la réforme « épargne » les détenteurs de devises étrangères, qui comptent parmi les personnes les plus riches. Il s'agit donc bien, à proprement parler, d'une réforme « populaire ».


Toutefois, selon Lee Jung-chul, de l'université sud-coréenne Soongsil, cité par l'agence Reuters, la réévaluation du 30 novembre n'aura que
des effets à court terme dans la lutte contre l'inflation et contre le marché noir si l'économie nord-coréenne ne parvient pas à assurer un approvisionnement régulier en biens de consommation. Si ce n'est pas le cas, prédit Lee Jung-chul, « la valeur du won va chuter davantage [...] et la dépendance vis-à-vis du dollar et du yuan se renforcera. En conséquence, l'inflation à l'origine du problème ne fera qu'augmenter. »
De fait, les marchés privés, tout en accroissant les inégalités, ont contribué à pallier les difficultés du système public de distribution, alors que la Corée du Nord continue de lutter pour l'autosuffisance alimentaire. La réévaluation s'accompagnera-t-elle d'une amélioration du système public de distribution, dans une économie mixte de fait ?

Déjà, la réévaluation ne devrait pas avoir trop d'impact sur les échanges entre la RPDC et la Chine qui se sont élevés à 2,04 milliards de dollars sur les dix premiers mois de l'année 2009, selon les données des douanes chinoises, en premier lieu parce que les transactions se font en dollars ou en euros. Un homme d'affaires chinois de la ville frontalière de Dandong, cité par Reuters, a même estimé que la réforme du 30 novembre vise à « préparer le chemin vers une plus grande ouverture de l'économie. Une fois la réévalutation achevée, et si la Corée du Nord parvient à stabiliser sa monnaie, celle-ci pourrait être mieux acceptée comme monnaie de règlement des échanges commerciaux [...], ce qui pourrait favoriser les affaires. »

De son côté, Paik Hak-soon, de l'Institut Sejong de Séoul, voit dans cette réévaluation « un moyen pour le gouvernement nord-coréen de s'engager dans le financement stratégique des projets du pays grâce au contrôle de la circulation de la richesse nationale [...] dans le cadre d'une réforme économique. »


En conclusion, face à certains effets sociaux pervers des réformes économiques de 2002, et compte tenu du contexte dans lequel évolue la République populaire démocratique de Corée toujours confrontée au plus vieil embargo du monde, la réévaluation du won peut être considérée comme un « mal nécessaire ». Elle ne devrait pas avoir d'impact sur la vie du plus grand nombre, tout en sanctionnant certaines fortunes vite acquises, lesquelles ont prospéré sur les difficultés du pays en accaparant une
« rente » issue de l'embargo. Si l'économie « légale » s'améliore et permet de surmonter les difficultés d'approvisionnement, cette réforme aura été la bonne décision prise au bon moment.  Les campagnes « des 150 jours » et « des 100 jours » menées cette année en RPDC pour moderniser l'économie peuvent donc être vues comme des mesures d'accompagnement de la réévaluation monétaire du 30 novembre.


Autres sources
:
Le Quotidien du Peuple, Yonhap



 Nouveaux billets de 5000, 2000 et 1000 won (source : Choson Sinbo)

 

Nouveaux billets de 500, 200 et 100 won (source : Choson Sinbo)

Nouveaux billets de 50, 10 et 5 won (source : Choson Sinbo)
 

Nouvelles pièces de 1 won et 50, 10, 5 et 1 chon (source : Choson Sinbo)


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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 00:27

C'est un pari peu ordinaire qu'ont réussi trois jeunes désigners suédois : faire fabriquer en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) des jeans vendus en Occident. Las, à peine apparus dans une boutique du magasin PUB à Stockholm, les jeans Noko de Corée du Nord ont été retirés des rayons, pour des raisons difficilement compréhensibles. Mais les jeans restent toutefois en vente via Internet.

C'était une première qui devait faire sensation : le vendredi 4 décembre 2009, étaient en place pour être vendus dans un magasin branché de Stockholm - le PUB - les jeans de la marque Noko, les premiers jeans fabriqués en Corée du Nord. Mais dès samedi ceux-ci étaient retirés des rayons de la boutique Aplace une demi heure avant l'ouverture, à l'initiative du PUB, dont la direction invoque tantôt des raisons politiques (selon le directeur du PUB, Rene Stephansen, "c'est une question politique à laquelle le PUB ne veut en aucun cas être associé"), tantôt le non-respect supposé du droit du travail en Corée du Nord.

Les jeans de la marque Noko sont pourtant l'aboutissement du pari peu ordinaire de trois jeunes désigners suédois, Jakob Ohlsson, Jacob Aastroem et Tor Rauden Kaellstigen : alors que le blue jeans n'est pas autorisé en Corée du Nord, étant perçu comme un symbole de la culture de consommation américaine, les trois entrepreneurs avaient obtenu la possibilité de faire fabriquer des jeans en Corée du Nord, dans un souci d'ouverture économique et culturelle réciproque entre la Corée et l'Occident. Les trois jeunes entrepreneurs, qui ont visité deux fois la Corée du Nord, ont retenu un site de Pyongyang dont l'usine, propre et spatieuse, leur a offert de meilleures conditions de travail qu'en Chine. Mais comme l'a également précisé Jakob Ohlsson dans un entretien accordé à Associated Press, "ce qui nous a réellement motivé, ce n'était pas l'argent mais la perspective d'ouvrir des portes", le blue jeans permettant de donner une autre image de la Corée du Nord auprès des Occidentaux, et notamment des jeunes Suédois.

C'était compter sans la réaction totalement inattendue de la direction du PUB. L'argument des droits du travail est spécieux : il n'a été conduit aucune enquête sérieuse préalable par les dirigeants du PUB sur les conditions de fabrication, et cette justification apparaît malheureusement comme une nouvelle illustration de la règle du deux poids, deux mesures : pourquoi accepter des produits fabriqués dans d'autres pays que la Corée du Nord, où les conditions de travail sont réputées aussi difficiles qu'en Corée du Nord par les mêmes journalistes occidentaux ? Comme l'a observé Jakob Ohlsson, "j'espère sincèrement que le (PUB) va retirer tous les produits labellisés Made in China".

Selon la législation du droit du travail en vigueur en République populaire démocratique de Corée, la durée quotidienne de travail est de huit heures et la durée annuelle des congés payés atteint trois semaines. Les activités non-professionnelles au bureau, à l'usine et aux champs se traduisent toutefois par des durées de présence effective nettement plus longues sur les lieux de travail.

L'argument politique a davantage le mérite de l'honnêteté, mais n'est pas plus acceptable, tant il tend à renforcer l'isolement de la Corée du Nord. Pour l'AAFC, l'ostracisme n'est pas une réponse adaptée à la pleine insertion de la Corée du Nord sur la scène internationale, gage d'une paix durable dans cette partie du monde où aucun accord de paix n'est encore venu remplacer l'accord d'armistice de 1953 ayant mis fin à la guerre de Corée.

Les designers suédois de Noko Jeans ne se découragent pas pour autant : les jeans, aujourd'hui exclusivement de couleur noire - apparemment dans un souci de se démarquer de l'image du blue jeans américain, restent en vente sur Internet, au prix unitaire de 1.500 couronnes suédoises (150 euros). Deux modèles sont proposés : serré (modèle Kara) et large (Oke). Le succès de la vente par Internet ne pourra que conforter ceux qui, comme l'AAFC, croient au dialogue et à l'ouverture.

Voir le
site de Noko Jeans, notamment pour l'achat en ligne des jeans Noko

Sources :
AP (dont photo), Aujourd'hui la CoréeThe Local (avec l'AFP)

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 21:07

Fondée en avril 2005 par des entreprises européennes présentes en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) afin d'encourager le développement des relations économiques entre la Corée du Nord et l'Europe, l'European Business Association (EBA) s'est affirmée comme un partenaire économique incontournable des entreprises nord-coréennes et des investisseurs européens en RPDC. Participant notamment aux foires économiques internationales de Pyongyang du printemps et de l'automne, l'EBA a également développé une expertise économique pour accompagner tout projet d'investissement européen en RPDC.

"Nous sommes apolitiques, ouverts et transparents, et générons de la valeur ajoutée pour nos membres et nos partenaires des deux côtés". La
présentation par elle-même de l'European Business Association (EBA) est sans ambiguïté : il s'agit d'un club d'affaires destiné à développer les relations économiques entre les pays européens et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Pour autant, l'EBA déclare que "notre engagement est fondé sur la ferme conviction que les relations économiques et commerciales entre l'Europe et la Corée du Nord présentent un grand potentiel en termes économiques et de diffusion de la paix, et que nous sommes en position de contribuer à la réalisation de ce potentiel". Une conviction partagée par l'AAFC, pour qui il "faut encourager toute action de coopération franco-coréenne contribuant à une pleine intégration de la République populaire démocratique de Corée sur la scène internationale".

L'EBA est constituée de trois entités juridiquement indépendantes, mais ayant des liens étroits entre elles : 

- la  Pyongyang European Business Association (EBA PY), créée en avril 2005 par les représentants de plusieurs compagnies européennes basées à Pyongyang, en liaison avec le Bureau Corée de la Commission européenne ; depuis l'automne 2007, la Pyongyang EBA participe aux foires commerciales internationales de Pyongyang qui se tiennent régulièrement au printemps et à l'automne,  

- l'European Business Association Pyongyang en Allemagne (EBA Berlin), fondée en avril 2008 ;
 
- le Bureau de liaison PY Berlin à Pyongyang.

Depuis l'été 2008, l'EBA a créé un bureau de relations académiques, pour permettre une meilleure connaissance de la Corée du Nord, de son
potentiel économique et des conditions d'échanges économiques et commerciaux, tout en facilitant également la connaissance de leurs partenaires européens potentiels par les Nord-Coréens.

L'EBA compte parmi ses membres :

- Birindelli & Associati, société italienne de conseil juridique aux investisseurs, pouvant aussi intervenir pour la résolution de litiges, présente également en Chine, à Hong-Kong, à Singapour et au Vietnam
 
Email : infodprk@bea-law.com
Numéro du bureau à Pyongyang : 0085-02-38117141

- la  Banque commerciale Daedong (Daedong Credit Bank), dont le directeur général, Nigel Cowie (photo Pr-inside.com), réside à Pyongyang : depuis 1995, la Banque commerciale Daedong, qui a la forme juridique d'une joint venture créée en liaison avec des hommes d'affaires basés à Hong-Kong, offre des services de banque commerciale et de détail à la communauté étrangère en RPDC, y compris les entreprises étrangères, les particuliers et les agences humanitaires 

Contact (en anglais) :

Daedong Credit Bank 401, Potonggang Hotel Ansan-dong Pyongchon District Pyongyang DPRK
Tel: 850 2 381 4866
Mobile: 850 193 801 8400
Fax: 850 2 381 4723
eMail: Nigel. Cowie.DCB@kcckp.net cowienigel@yahoo.co.uk
SWIFT: DCBK KPPY

Nigel Cowie, General Manager
Jo Gun-chan, Deputy General Manager
Kim Chol-sam, Treasurer

- l'entreprise de transport express international DHL (Korea Foreign Transportation Corporation)

Contact (en anglais) :

DHL Express Foreign Trade Ministry Building Jung Song Dong, Central District Sungri Street Pyongyang / DPRK
Phone +8502 381 43 24 Fax +8502 381 40 44
Email csfnj@dhl.com Email Burmaa.byambaa@dhl.com

Equipe en RPDC :
- Mr Kang Chan Il, Country Manager;
- Mr. Ji Chol, Operations Manager;
- Ms Burmaa Byambaa, Technical Advisor.
- Mr Poh Eng Seng, General Manager for DPRK and Mongolia, DHL Express, based in Beijing.

Office phone no. +8610-64665566 extension 2068

- le groupe Karl Geuther, dont la marque commerciale Helia fournit des produits aux communautés expatriées dans le monde, et qui a ouvert ses bureaux à Pyongyang en mai 2006

Contacts (en anglais ou en allemand) :
 
Bremen Helia Supply Systems Karl Geuther GmbH & Co. KG Martinistr. 58 D-28195 Bremen

Tel.: +49 (0)421 1760-116 ; Fax:+49 (0)421 1760-182 ; E-Mail: helia.hb@helia.de
Internet:  http://www.helia.de

J. Blicker L. Grabhorn Berlin Helia Supply Systems Karl Geuther GmbH & Co. KG Office Berlin Wallstrasse 9-13 D-10179 Berlin Detlef Schulz: Stefan Wagner:
Fax: +49 (0)30 206297-13 +49 (0)30 206297-12 +49 (0)30 206297-10
Internet:
http://www.helia.de 

E-Mail: detlef.schulz@helia.de, stefan.wagner@helia.de

- KCC Europ Ltd., fondée en 2003 par l'homme d'affaires allemand Jan Holtermann, spécialisée dans les services Internet - notamment aux expatriés - et qui travaille en étroite coopération avec la Compagnie des postes et des télécommunications coréenne (Korean Post and Telecommunication Co., KPTC) et le Centre informatique de Corée (Korea Computer Center, KCC)

Représentant à Pyongyang :

Guenter Unterbeck
Chief Resident Representative
Bulgarian Embassy Compound
Embassy Village Munsudong
Pyongyang

Tel. 00850-381 7344
Fax 00850-381 7355

- le bureau de la joint-venture coréano-polonaise de transports maritimes

Contact en Corée :
Moranbong District, Pyongyang, DPRK
Tel: 850-2-18111-3814384; Fax: 850-2-3814607; E-mail: korpol@co.chesin.com 

Contact en Pologne :
 
Gorczycowa Str.4F, 81-591 Gdynia Poland
Tel. ++48 (0) 58 629 90 54-55; Fax. ++48 (0) 58 629 90 53; eMail: chopol@gdansk.supermedia.pl

Source:
www.kcc-europe.de

- l'agence britannique Koryo Tours de Nicholas Bonner (photo : Université de Leeds), basée à Pékin, et spécialisée dans les voyages en RPDC

Contact (en anglais) :

Office tel: + 86 10 64167544 ; fax: + 86 10 64152653

China mobile : + 86 13717971292

- Nosotek, première entreprise en
technologies de l'information à s'être implantée en RPDC
Contact : site de
Nosotek

- l'usine pharmaceutique PyongSu, qui a également le statut d'une joint-venture

Contact (en anglais) :

Remy Lardinois, President
Address: PyongSu Pharma Co., Ltd., Daehung-dong, Songyo District, Pyongyang, Democratic People´s Republic of Korea (DPRK),

Tel. 00850-2-381 52 52, 00850-2-381 43 83. Fax 008520-2-381 52 48
Email : pyongsupharma@yahoo.com

Site Internet de
PyongSu

- la compagnie russe des chemins de fer - Joint Stock Company (JSC) Russian Railways - impliquée notamment dans les projets de coopération ferroviaire entre la Russie et la RPDC qui, s'ils étaient prolongés jusque dans le Sud de la péninsule, feraient de la liaison Marseille-Pusan la plus longue ligne de chemin de fer au monde

Site Internet des
chemins de fer russes

- le bureau de Pyongyang de Spirax Sarco, spécialisée dans les technologies de conservation de l'énergie

Contact (en anglais) :

Spirax Sarco Representative Office Changgwang Foreigners´ Residential and Office Building Apartment No. 10-3 Central District Pyongyang Democratic People´s Republic of Korea

- le groupe CIS, fondé en 1872 et présent dans plus de 70 pays, spécialisé dans les inspections internationales pour protéger les intérêts de ses clients dans des affaires commerciales

Contact (en anglais) :

Dr. Barbara Unterbeck
CIS Commodity Inspection Services BV Rotterdam Permanent Representative to DPR Korea Embassy Village Munsudong Bulgarian Compound Pyongyang, DPR Korea (Korea North)

Tel./Fax 00850-2-381 7344 Fax 00850-2-381 7355 barbara.unterbeck@kcckp.net
Site Internet de
CIS 

- pyongyang-painters.com, société spécialisée dans la promotion et la vente des oeuvres de peintres de RPDC

Contact :
info@pyongyang-painters.com, tél : 0084 - 91 79 77 75 8

Contacts avec l'EBA (en anglais) :

European Business Association Pyongyang (EBA PY)
e-mail:
info@eba-pyongyang.org
Pyongyang, DPR Korea

EBA Berlin - Europäischer Wirtschaftsverein Pyongyang in Deutschland e.V.
e-mail:
info@eba-pyongyang.org
Bundesallee 26
D-10717 Berlin
+ 49 30 63371329 (Secretary)
+ 49 30 63371348 (Fax)
+ 49 30 63371345(Jan Holtermann)

Liaison Office Pyongyang-Berlin in Pyongyang
e-mail: info (ä) eba-pyongyang.org

Dr. Barbara Unterbeck
EBA Pyongyang and Berlin  Liaison Office
Embassy Village Munsudong, Bulgarian Compound
Pyongyang, DPR Korea
tel 00850-2-381 7344
fax 00850-2-381 7355
barbara.unterbeck (ä) kcckp.net
www.eba-pyongyang.org

Bureau for academic relations (EBA Berlin)

Dr. Stefan Heinemann, Representant
e-mail: s.heinemann (ä) eba-pyongyang.org

Source principale :
site de l'EBA

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 09:57

Du 20 avril au 16 septembre 2009, la République populaire démocratique (RPD) de Corée a conduit la "campagne des 150 jours", en vue de l'avènement d' "un pays puissant et prospère" à l'horizon 2012, année du centième anniversaire de la naissance du président Kim Il-sung, fondateur de la RPD de Corée. Le 21 septembre, un rapport du comité central du Parti du travail de Corée a dressé un bilan positif de cette campagne de mobilisation nationale, prolongée par une nouvelle campagne de 100 jours.

Destinée notamment à élever le taux de croissance économique (évalué à
3,7 % en 2008 selon la Banque centrale de Corée du Sud), la campagne de mobilisation nationale des 150 jours, du 20 avril au 16 septembre 2009, a été un succès, selon un rapport du comité central du Parti du travail de Corée rendu public le 21 septembre.

Selon ce rapport, les secteurs industriels du pays auraient dépassé les objectifs fixés de 12 %, et de nombreuses usines auraient atteint le quota de production fixé pour l'ensemble de l'année 2009. L'agriculture et l'industrie légère ont également fortement progressé. Ces résultats sont interprétés comme le signe qu' "aucune sanction de la part des impérialistes ne peut marcher sur nous", alors que
la résolution 1874 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, adoptée le 12 juin dernier, a alourdi les sanctions contre la RPD de Corée.

Le rapport du comité central du Parti du travail de Corée a appelé au lancement d'une nouvelle campagne de 100 jours pour prolonger les efforts, jusqu'à la fin de l'année 2009, dans la construction d'un pays puissant et prospère à l'horizon 2012, en observant que la RPD de Corée était déjà "une puissance idéologique et militaire", et qu'il restait encore à bâtir une puissance économique pour atteindre l'objectif fixé en 2012.

Ce bilan a été rendu public le même jour qu'
un rapport d'étude du groupe Goldman Sachs, qui a estimé que l'économie d'une Corée réunifiée pourrait, à terme, dépasser celles de l'Allemagne et du Japon.

Source :
Xinhua. Photo Alain Noguès (septembre 2009)

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 09:06

Selon le groupe d'études de Goldman Sachs, la puissance économique d'une Corée réunifiée dépasserait celles de la France et de l'Allemagne, et même du Japon, d'ici le milieu du siècle. Ces prévisions prennent en compte le potentiel économique de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à contre-courant des analyses sur le coût supposé de la réunification de la péninsule, fondées sur une référence insuffisamment pertinente à la réunification allemande.

Dans une étude rendue publique le 21 septembre 2009, le groupe d'études de Goldman Sachs a estimé que l'économie d'une Corée réunifiée, mesurée par son produit intérieur brut (PIB), pourrait dépasser celles de la France et de l'Allemagne, voire du Japon, d'ici le milieu du siècle. La Corée se classerait alors au huitième rang économique mondial. 

Kwon Goo-hoon, économiste du groupe Goldman Sachs, a pris en compte le développement rapide de pays tels que le Vietnam et la Mongolie pour soutenir l'hypothèse d'une croissance économique élevée de la RPD de la Corée, à contre-courant des études sud-coréennes qui ont pris comme référence la réunification allemande. De fait, Hong-Kong et la Chine, qui ont chacun leur propre système économique et politique, pourraient offrir un modèle plus pertinent pour la réunification de la Corée, comme l'a également estimé la Banque de Corée du Sud dans un rapport publié en mars 2009. Il est ainsi envisagé le maintien de deux systèmes monétaires et d'un contrôle des mouvements de personnes de part et d'autre de la zone démilitarisée (DMZ).

M. Kwon estime que le dynamisme économique de la Corée du Nord compensera le ralentissement de la Corée du Sud, handicapée notamment par le
vieillissement de sa population.

L'AAFC ajoute que  la RPD de Corée dispose d'atouts encore incomplètement utilisés, tels qu'un haut niveau d'éducation et des
ressources naturelles abondantes. Par ailleurs, la zone économique intercoréenne de Kaesong offre un modèle original de développement, contribuant à la prospérité de l'ensemble de la péninsule coréenne. 

L'étude de Goldman Sachs a été rendue publique peu après la présentation par les autorités nord-coréennes d'un bilan de la campagne des 150 jours, visant à préparer l'avènement d' "un pays puissant et prospère" à l'horizon 2012.

Sources : The Wall Street Journal,
tongilkorea.net (illustration)

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 23:12

Les locaux de l'Université de science et de technologie de Pyongyang (acronyme anglais : PUST) ont été inaugurés le mercredi 16 septembre 2009, en présence de James Kim, un Coréen américain qui a permis l'ouverture de cette première université nord-coréenne financée par des fonds privés étrangers. Le nouvel établissement marque la volonté des autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) d'opter pour les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) afin d'accélérer la modernisation du pays. Cet événement intervient alors que s'achève la "campagne des 150 jours", destinée à imprimer un nouvel élan dans l'objectif de bâtir un pays "puissant et prospère" à l'horizon 2012.

La taille de la délégation est à la hauteur de l'événement : accompagné de 200 personnes, le Coréen américain James Kim (de son nom coréen Kim Chin-kyung ou Kim Jin-kyong) a inauguré, ce mercredi 16 septembre 2009, l'ouverture de la première université nord-coréenne financée sur fonds privés. L'Université de science et de technologie de Pyongyang (Pyongyang University of Science and Technology, PUST) devrait compter jusqu'à 2.000 étudiants et 500 doctorants, sur un campus de 80.000 hectares. L'accord signé avec Pyongyang prévoit l'accueil d'étudiants coréens du Nord et du Sud de la péninsule, ainsi que de la diaspora - notamment aux Etats-Unis et en Chine. Un des six départements sera consacré au management industriel. A l'issue d'une formation qui inclura des cours en anglais, le nouvel établissement délivrera, notamment, des formations équivalentes au MBA.

Cet investissement privé, pour un coût de 150 millions de dollars américains, sur un terrain fourni par la République populaire démocratique de Corée, n'est pas la première initiative menée par James Kim en direction des Coréens d'Extrême-Orient. En 1992, il avait déjà financé la création de l'Université de science et de technologie de Yanbian, qui compte 1.750 étudiants, dans la préfecture autonome de Yeonbyeon, en Chine, où réside une
minorité de 2 millions de Coréens chinois.

Pour la création du PUST, James Kim a notamment su convaincre Ben Rosen, co-fondateur du groupe Compaq en 1982, qu'il a rencontré en Pyongyang en février 2008, lors du
concert donné en Corée du Nord par l'Orchestre philharmonique de New York. Il a également activé ses réseaux auprès des églises coréennes protestantes, d'ordinaire plus versées dans le prosélystime en direction des Nord-Coréens en Chine.  

L'histoire personnelle de James Kim retrace celle, tumultueuse, de la péninsule coréenne : né en septembre 1935, l'enfant a suivi son père, enseignant, qui s'est réfugié en Chine en 1939 pour fuir la colonisation japonaise de la Corée. Revenu en Corée en 1945, il s'engage volontairement, encore mineur, dans les troupes sud-coréennes : alors que 98 % des membres de son unité mourront au combat, il formule le voeu, s'il survit à la guerre, de consacrer le reste de sa vie à aider ses ennemis d'alors, les Nord-Coréens et les Chinois. James Kim a ensuite quitté la Corée du Sud des généraux pour s'établir aux Etats-Unis en 1976. Il a créé en Floride une PME spécialisée dans les perruques, avant de faire fortune dans le commerce de vêtements et de chaussures. Lors d'un de ses nombreux voyages en Corée du Nord, il a été emprisonné pendant 40 jours, en 1998 : ses activités humanitaires en direction des Nord-Coréens avaient alors conduit les services secrets de Pyongyang à le soupçonner s'espionnage pour les Etats-Unis. De fait, certaines ONG occidentales en Corée du Nord informent les services de renseignement de puissances étrangères. Son absence de culpabilité semble avoir convaincu les Nord-Coréens d'accepter de coopérer avec un capitaliste américain qui avait déclaré vouloir offrir son corps à la recherche médicale en République populaire démocratique de Corée, s'il devait être condamné à mort. 

James Kim a lancé le projet du PUST lors d'une rencontre avec Kim Jong-il, président de la commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée, en 2001. Les travaux ont commencé en 2002.

L'inauguration du PUST, initialement prévue l'an dernier, avait dû être différée pour différentes raisons, notamment politiques. Manifestation de la volonté d'ouverture du gouvernement nord-coréen, l'Université de science et de technologie de Pyongyang s'inscrit également dans une démarche volontariste pour renforcer encore la position internationale de la RPD de Corée dans le domaine des nouvelles technologies : lancé en début d'année à Pyongyang, le réseau de téléphonie mobile de troisième génération compte déjà plusieurs dizaines de milliers d'abonnés, et doit être étendu à huit autres grandes villes d'ici la fin de l'année. D'ores et déjà, un réseau à fibre optique relie Pyongyang et les principales villes nord-coréennes. Le groupe égyptien Orascom qui prévoit d'investir dans les nouveaux médias en RPD de Corée à hauteur de 400 millions de dollars et dispose d'une exclusivité de quatre ans dans la téléphonie mobile en Corée du Nord, a mis en place le réseau Koryolink en décembre 2008. Alors que les Nord-Coréens disposent d'un Internet local (ou Intranet) depuis 2002, un accès à Internet a été ouvert en début d'année.

Au moment où s'achève la "campagne des 150 jours", les nouvelles technologies constituent un des vecteurs privilégiés de la modernisation du pays. Avec les nanotechnologies et les biotechnologies, il s'agit d'un des trois secteurs prioritaires dans le secteur des sciences et de la technologie, pour lequel le budget 2009 prévoit une hausse des dépenses publiques de 8 %.

L'Université polytechnique Kim Chaek accueille déjà 15.000 étudiants dans des locaux aujourd'hui équipés de 15 salles informatiques, et des accords de formation dans le domaine informatique ont été signés, notamment, avec l'Inde et
Singapour. L'Université de science et de technologie de Pyongyang complètera ainsi le réseau éducatif et de recherche du pays qui compterait 100.000 chercheurs et spécialistes en technologie de l'information, mais dont le développement économique reste entravé par le plus vieil embargo au monde.

Sources :
- Bill Powell, "The capitalist who loves North Korea", sur le site de Fortune
- Philippe Pons, "Pyongyang fait preuve de volontarisme sur l'essor des nouvelles technologies", in Le Monde, 3 septembre 2009, p. 15
- dépêche
AFP

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