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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 07:27

Selon l'agence officielle KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le gouvernement nord-coréen vise à atteindre un niveau de produit intérieur brut (PIB) compris entre 360 et 400 milliards de dollars (soit 14.000 à 16.000 dollars par habitant et par an) à l'issue du plan décennal annoncé en janvier 2011. Un objectif certes ambitieux, mais qui peut se réaliser pour peu que la RPD de Corée renoue avec les taux de croissance très élevés qu'elle a connus pendant trois décennies après la fin de la guerre de Corée.

 

Bâtir un pays puissant et prospère : tel est l'objectif qui mobilise toutes les énergies en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à l'horizon 2012, année du centenaire de la naissance du Président Kim Il-sung, fondateur de la RPD de Corée en 1948. Mais au-delà il s'agit de construire "un pays prospère à part entière" en 2020, à l'issue du plan de développement de dix ans annoncé en janvier 2011, et dont les contours ont été précisés depuis par l'agence KCNA.

 

Le plan décennal renoue tout d'abord avec des objectifs chiffrés : en 2020, le PIB nord-coréen serait porté à un niveau compris entre 360 et 400 milliards de dollars, soit 14.000 à 16.000 dollars par habitant - correspondant à un niveau proche de celui, en 2010, des pays industrialisés ayant rejoint l'OCDE.

 

pak_chol_su_taepung.jpgLe plan stratégique d'Etat pour le développement économique se fonde sur la création d'une Banque de développement national et d'une compagnie d'assurance pour garantir les investissements étrangers, dont les autorités nord-coréennes cherchent à favoriser l'essor depuis la promulgation de la première loi sur les joint ventures en 1984, alors que les mesures économiques de juillet 2002 ont accru l'autonomie de gestion des entreprises. Le groupe d'investissement international Taepung, présidé par le Coréen chinois Pak Chol-su et également vice-président de la Banque de développement national (à gauche, lors de la réunion du conseil d'administration du groupe Taepung, le 20 janvier 2011), doit jouer un rôle majeur pour l'implantation d'investissements directs étrangers.

 

Les secteurs de développement prioritaire sont la construction, l'agriculture et les industries de base (électricité, charbon, pétrole et minerais). La Corée du Nord dispose d'un riche potentiel énergétique et minier. Parmi les projets du plan décennal figurent le développement du port de Wonsan, notamment d'une industrie de constructions navales, l'essor des industries légères dans la ville de Sinuiju, frontalière avec la Chine, où a été établie une zone économique spéciale, ainsi que le développement à Nampo d'un centre industriel agroalimentaire et pharmaceutique. Deux îles offshore sur le fleuve Yalou doivent aussi devenir des zones économiques spéciales. 

 

Si les objectifs du plan décennal sont ambitieux, ils renoueraient en fait avec les taux de croissance très élevés (supérieurs à 10 %) qu'a connus la Corée du Nord pendant la majeure partie de son histoire économique, alors que les actuelles sanctions internationales constituent aujourd'hui un obstacle à l'essor des investissements étrangers.

 

Source : Asia Times Online (d'après KCNA).

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 22:04

Le 4 mai 2011, le Parlement sud-coréen a ratifié l'accord de libre-échange avec l'Union européenne, ce qui permettra son entrée en vigueur le 1er juillet prochain. Si les médias publics et les médias conservateurs sud-coréens ont applaudi la ratification de cet accord adopté avec les seules voix du parti majoritaire (Grand parti national, conservateur), celui-ci fait peser des menaces sur l'emploi, en Corée du Sud dans le secteur de l'agriculture et en Europe dans l'industrie.

 

accord_libre_echange_UE_Coree.jpg

 

Le 4 mai 2011, le Gukhoe - Parlement sud-coréen - a ratifié l'accord de libre-échange avec l'Union européenne. L'opposition du Parti démocrate (centriste) avait quitté l'hémicycle au moment du vote : le texte a donc été adopté avec les seules voix des députés de la majorité (163 pour, 1 contre et 5 absentions, sur 299 députés). Le texte entrera en vigueur le 1er juillet 2011.

 

La Corée du Sud a signé d'autres accords de libre-échange, avec le Chili, Singapour, l'Inde et l'Association européenne de libre-échange (AELE). L'accord de libre-échange signé avec les Etats-Unis en 2007 reste à ratifier par les Parlements des deux pays.

 

Les économistes néolibéraux de la majorité conservatrice, au pouvoir à Séoul, avancent des promesses chiffrées d'essor des échanges commerciaux, de croissance et d'emploi, par nature impossibles à vérifier. Il n'est en revanche guère douteux que la dérèglementation et l'exposition à la concurrence internationale entraîneront des destructions d'emplois, tant en Corée du Sud (dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche) qu'en Europe (dans l'industrie, comme le secteur automobile). Pour sa part, la centrale syndicale sud-coréenne KCTU s'était tout particulièrement inquiétée des conséquences de la dérégulation des services publics, comme dans le secteur de l'eau, s'opposant à l'accord de libre-échange dont les négociations avaient commencé sous la précédente présidence démocrate de Roh Moo-hyun.

 

Sources :

- AAFC ;

- "ALE Corée-UE : l'Assemblée nationale a ratifié le texte de l'accord ce mercredi", Yonhap, 4 mai 2011 (dont photo). 

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 22:37

A l'occasion de la visite prochaine aux Etats-Unis, à San Diego et New York, d'une délégation économique nord-coréenne à compter du 20 mars 2011, sur l'invitation de l'Institute on Global Conflict and Cooperation de l'Université de Californie dirigé par Susan Shirk, Voice of America (VOA) a confirmé l'autorisation donnée par le gouvernement américain, en septembre 2010, pour l'importation de bière nord-coréenne. Les premières bouteilles doivent être commercialisées cet été.

 

220px-Taedonggangbeer.jpg"J'ai reçu l'autorisation finale le 30 septembre 2010", a indiqué Steve Park, un importateur américain qui avait déjà procédé à l'exportation d'alcool de riz (soju) nord-coréen aux Etats-Unis. Pour la première fois, de la bière nord-coréenne de la marque Taedonggang (Daedonggang) devrait ainsi atteindre le marché américain. L'arrivée de  la première livraison, portant sur 2.000 à 2.500 caisses, est prévue cet été.

 

La bière Taedonggang, dont une délégation de l'AAFC avait pu apprécier la qualité lors de sa visite en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en 2006, comporte 5 % d'alcool. Déjà consommée sur le marché intérieur. elle est en partie exportée, notamment vers la Corée du Sud et l'Allemagne.

 

Les Etats-Unis sont l'un des marchés les plus fermés aux produits nord-coréens, en raison de l'application d'un régime national de sanctions qui s'ajoute à l'embargo international. Les exportations américaines ont culminé à 23,75 millions de dollars en 2004 (soit 0,91 % des importations nord-coréennes) ; les importations américaines de Corée du Nord ont atteint un pic de 1,50 million de dollars en 2004 (soit 0,10 % des exportations nord-coréennes). Mais les échanges bilatéraux n'atteignent, certaines années, que quelques dizaines de milliers de dollars, constitués presque exclusivement d'exportations américaines.

 

Sources :

- AAFC ;

- Kim Se-jeong, "N. Korean delegation to visit NY", The Korea Times, 4 mars 2011 ;

- Benoît Quennedey, L'économie de la Corée du Nord, 2011, disponible auprès de l'AAFC.

 

 

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 23:33

En janvier 2011, le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a adopté un plan stratégique de développement économique sur dix ans, en vue de transformer la Corée du Nord en une puissance économique à part entière d'ici 2020. Cet horizon à dix ans prolonge l'objectif de construire, d'ici 2012, un "pays puissant et prospère".

 

15102010-10C'est le premier programme stratégique à long terme depuis le troisième plan septennal (1987-1993), inachevé en raison des difficutés économiques de la période de la dure marche : en janvier 2011, le gouvernement nord-coréen a défini un plan de développement décennal, visant à bâtir "un pays prospère à part entière" d'ici 2020. Ce nouvel horizon prolonge l'objectif de construire "un pays puissant et prospère" en 2012, année du centenaire de la naissance du Président Kim Il-sung.

 

Selon l'agence officielle KCNA de la RPD de Corée, "le plan fixe l'objectif stratégique de l'Etat pour le développement économique. Il met l'accent sur la construction d'infrastructures, le développement de l'agriculture et des industries de base, dont l'électricité, le charbon, le pétrole, les industries métallurgiques et le développement régional". La création d'un nouvel aéroport international et l'urbanisme figurent également dans les objectifs affichés. Selon des économistes sud-coréens, les douze projets prioritaires représenteraient un investissement de 100 millions de dollars. 

 

Pour mener à bien ces projets, une nouvelle agence a été créée : le Bureau général d'Etat pour le développement économique.

 

Cette annonce est intervenue alors que plusieurs médias ont fait état de projets sino - nord-coréens pour développer les mines nord-coréennes d'une part, la zone économique spéciale de Rason, au Nord-Est du pays, d'autre part.

 

Sources : AAFC, New Kerala

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 00:04

Deux ans seulement après avoir lancé son réseau de téléphonie mobile, relevant directement de la troisième génération (3G), la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a commencé à fabriquer ses propres téléphones mobiles, pour répondre à une demande en croissance exponentielle.

 

15102010-10La croissance exponentielle du nombre d'abonnés au récent réseau de téléphonie mobile en Corée du Nord, qui date de seulement deux ans, a surpris nombre d'observateurs, à commencer par le groupe Orascom Telecom, détenteur de 75% du capital de l'opérateur local Koryolink - confortant encore le rôle du groupe égyptien comme un des investisseurs étrangers majeurs en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), présent également dans le secteur de la construction avec la rénovation en cours de l'hôtel pyramidal Ryugyong (photo AAFC, à gauche, octobre 2010).

 

Selon les données d'Orascom Telecom rendues publiques début novembre pour le troisième trimestre de l'année 2010, le nombre de souscripteurs au réseau de téléphonie mobile en RPD de Corée a progressé de plus de 60 % entre juillet et fin septembre 2010, de 184.000 à 301.000 abonnés. Plus de 50 % de la progression enregistrée au cours du troisième trimestre 2010 provient des régions situées en dehors de la capitale Pyongyang. En un an, le nombre de souscripteurs a plus que quadruplé en Corée du Nord.

 

Toujours selon Orascom, le nouveau service d'appel vidéo sur le réseau de téléphonie mobile 3G en Corée du Nord est de plus en plus populaire, en raison "du niveau élevé de la demande, en particulier dans le secteur de la jeunesse".

 

Initialement ciblée sur la capitale Pyongyang et les principales villes, la couverture par le réseau Koryolink a progressé rapidement, s'étant étendue de 60 à 75 % de la population du pays au cours du seul troisième trimestre de l'année 2010, en vue d'atteindre 90 % des Nord-Coréens d'ici la fin de l'année.

 

Pour répondre au boom de la demande intérieure, la RPD de Corée a décidé de se lancer dans la production industrielle de ses propres téléphones mobiles. Selon le journal des Nord-Coréens du Japon Chosun Sinbo, cité par l'agence sud-coréenne Yonhap, une entreprise d'électronique et de télécommunications à capitaux mixtes (joint venture) Checom Technology, basée à Pyongyang, produit chaque jour des centaines de téléphones mobiles. Toujours selon le Chosun Sinbo, des recherches sont en cours pour adapter les logiciels aux besoins des utilisateurs locaux.

 

L'essor de la téléphonie mobile s'inscrit dans le cadre plus général d'un développement rapide des nouvelles technologies en Corée du Nord. Le 15 novembre 2010, le ministère de l'Industrie électronique a indiqué que les objectifs de production annuels avaient d'ores et déjà été dépassés. Du 8 au 15 novembre 2010, s'est également tenue au Pavillon des Trois-Révolutions, à Pyongyang, la 11ème exposition nationale des logiciels utilisés dans le domaine de l'éducation.

 

Sources :

- Mobile business briefing, "Orascom : North Korea sees rapid growth in mobile and video calling", 9 novembre 2010 ;

- Cellular news, "North Korea starts manufacturing own mobile phones", 15 novembre 2010 ;

- KCNA, "11th National Education Software Exhibition Held", 15 novembre 2010 ;

- KCNA, "Ministry of Electronics Industry Hits Yearly Economy Target", 15 novembre 2010.

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 17:01

Après les exercices menés conjointement avec la Marine américaine fin juillet en mer de l'Est (mer du Japon), la Marine sud-coréenne a lancé le 5 août des manœuvres anti-sous-marines - les plus vastes de son histoire -  en mer de l'Ouest (mer Jaune), toujours dirigées contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Outre ces démonstrations de force, les autorités sud-coréennes cherchent à sanctionner par tous les moyens la RPDC accusée d'avoir torpillé une corvette sud-coréenne le 26 mars dernier. Ces accusations sont rejetées par la RPDC et contestées  par une part importante de l'opinion sud-coréenne et dans le monde car reposant sur des « preuves » de plus en plus faibles. Jusqu'à présent, cherchant à faire sanctionner la RPDC par la « communauté internationale » pour l'incident du 26 mars, le gouvernement de Séoul n'a rencontré que des échecs. Il voit donc d'un bon oeil l'annonce de sanctions américaines unilatérales contre la RPDC et entend s'y associer. Mais dans sa précipitation à vouloir tirer un trait sur le rapprochement inter-coréen initié par ses prédécesseurs depuis 2000, le gouvernement conservateur du président Lee Myung-bak semble avoir sous-estimé le prix demandé par les Etats-Unis en échange de leur soutien face à la Corée du Nord : l'adoption de sanctions contre l'Iran, plus important partenaire commercial de la Corée du Sud au Moyen-Orient. En voulant viser la Corée du Nord, le gouvernement sud-coréen pourrait bien se tirer une balle dans le pied.

 

Les 2 et 3 août 2010, Robert Einhorn, conseiller spécial du département d’Etat américain pour la non-prolifération et le contrôle des armes, était en Corée du Sud, avant de se rendre à Tokyo, pour discuter des sanctions qu'envisagent de prendre les Etats-Unis contre la Corée du Nord et l’Iran.

 

Avant son arrivée à Séoul, Einhorn avait salué l'Union européenne et plusieurs autres pays occidentaux pour les mesures prises afin de restreindre les transactions pétrolières et de gaz naturel ainsi que le commerce des armes avec l'Iran soupçonné de développer un programme d'armes nucléaires à base d'uranium hautement enrichi, des mesures en ligne avec les sanctions imposées en juin par la résolution 1929 du Conseil de sécurité des Nations Unies. L'Iran affirme que son programme d'enrichissement est utilisé uniquement pour produire de l'énergie, mais Washington a d'ores et déjà appelé la Corée du Sud à prendre des mesures unilatérales contre l'Iran, similaires à celles des pays européens.


Pour ce qui concerne la Corée du Nord, Washington a déclaré qu'il allait établir une liste d’entités et d'individus en vue de couper les sources de revenus provenant du commerce d’armes de destruction massive, de contrefaçons et de produits de luxe en violation avec les résolutions de l'ONU, notamment la résolution 1874 adoptée le 12 juin 2009 suite au second essai nucléaire nord-coréen. Les accusations américaines à l'encontre de la RPDC ne sont pas nouvelles et certaines ont été réfutées par des spécialistes.

 

all.jpg Manifestation le 2 août 2010 à Séoul, devant le ministère des Affaires étrangères, à l'occasion de la venue de l'envoyé américain, Robert Einhorn, pour demander l'arrêt des sanctions à l'encontre de la RPDC  et exiger l'ouverture de négociations en vue d'un traité de paix dans la péninsule coréenne (source : SPARK)

 

L'attitude américaine a de quoi satisfaire le gouvernement sud-coréen qui cherche à sanctionner la RPDC depuis qu'un groupe d'enquête mixte civil et militaire l'a accusée d'avoir torpillé une corvette sud-coréenne, le Cheonan, le 26 mars dernier en mer de l'Ouest. Ces accusations ont toujours été rejetées par la RPDC et les preuves avancées par le gouvernement sud-coréen sont de plus en plus contestées en Corée du Sud même et dans le monde. Malgré tous ses efforts – et le soutien des Etats-Unis -, le gouvernement sud-coréen n'a pas réussi jusqu'à présent à faire sanctionner la RPDC par la « communauté internationale »: le Conseil de sécurité des Nations Unies, saisi par les autorités sud-coréennes le 4 juin, a publié le 9 juillet une déclaration condamnant l'attaque contre le navire sud-coréen mais sans l'imputer à la RPDC; quant au Forum régional de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, principal canal pour le dialogue et la coopération sur la sécurité multinationale dans la région Asie-Pacifique, il a seulement exprimé le 23 juillet une inquiétude profonde et des condoléances suite au naufrage.

 

Les sanctions décidées, unilatéralement, par Washington à l'encontre de la RPDC réjouissent donc les milieux sud-coréens les plus conservateurs qui n'ont jamais accepté le rapprochement inter-coréen permis par la « politique du rayon de soleil » initié par Kim Dae-jung et poursuivie par Roh Moo-hyun, les prédécesseurs du président Lee Myung-bak.


Mais les Etats-Unis voudraient qu'en échange du soutien qu'ils lui apportent face à la Corée du Nord, la Corée du Sud joigne ses efforts pour mettre en place des sanctions sévères contre l’Iran.

 

Or, la République islamique d'Iran est le premier partenaire commercial de la Corée du Sud au Moyen-Orient.

 

Les échanges bilatéraux entre la Corée du Sud et l'Iran ont atteint près de 10 milliards de dollars en 2009. Les exportations sud-coréennes vers la République islamique se sont élevées à environ 4 milliards de dollars en 2009, et ont augmenté de plus de 50% entre janvier et mai 2010 par rapport à la même période de l'année précédente.

 

L'Iran, quatrième producteur mondial de pétrole brut, a fourni 8,7% du pétrole importé par la Corée du Sud en 2009.

 

L'Iran est aussi un marché prometteur dans les domaines de la construction et de la chimie, et sa capitale, Téhéran, est considérée, avec Dubaï, comme une tête de pont pour les entreprises sud-coréennes opérant au Moyen-Orient. Des entreprises sud-coréennes, comme LG, Hyundai, Samsung Electronics, Hanjin Heavy Industries et Daewoo Shipbuilding, ont signé des contrats de plusieurs milliards de dollars avec l'Iran au cours de ces dernières années.

 

La Corée du Sud se retrouve maintenant confrontée à un dilemme : une participation de Séoul aux sanctions américaines contre l'Iran pourrait avoir un impact important sur les entreprises sud-coréennes au Moyen-Orient, alors que la Chine est en train d’accroître sa présence dans la région, mais rejeter l'appel des Etats-Unis constituerait un revers pour l’allié numéro un de Séoul, qui lui a apporté un soutien total face à la Corée du Nord dans l'affaire du Cheonan.


Le chef du bureau des finances internationales au ministère sud-coréen de la Stratégie et des Finances, Kim Ik-joo, a déclaré après sa rencontre avec Robert Einhorn que l'envoyé américain avait bien demandé la participation de la Corée du Sud au sujet des sanctions américaines contre l’Iran. Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, l'envoyé américain a notamment demandé au gouvernement sud-coréen de geler les avoirs de la succursale sud-coréenne de la banque iranienne Mellat,
une des institutions financières iraniennes figurant sur la liste noire des Etats-Unis, et de fermer cette succursale qui a servi d’intermédiaire aux entreprises locales pour les transferts d’argent vers l'Iran.

 

Confrontés au choix d'appliquer les seules résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies contre l'Iran, lesquelles ont valeur de lois internationales, ou de se plier aux nouvelles exigences américaines, les officiels sud-coréens affirment soutenir entièrement les préoccupations des Etats-Unis sur la non-prolifération. Mais ils voudraient aussi que les transactions avec l’Iran hors du domaine de la non-prolifération soient épargnées par les sanctions. Il n'est pas certain que la retenue de la Corée du Sud face à l'Iran, fondée sur des intérêts économiques bien compris, satisfasse son parrain américain.

 

Après un fiasco diplomatique, le gouvernement sud-coréen  pourrait donc maintenant connaître un fiasco économique, voire politique, faute d'avoir écouté les appels à la retenue lancés, notamment, par la Chine et par la Russie suite au naufrage du Cheonan.  Le gouvernement sud-coréen a préféré suivre la frange la plus conservatrice de la société sud-coréenne, aveuglée par sa haine envers les défunts présidents Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, et trop heureuse de pouvoir donner le « coup de grâce » au rapprochement intercoréen. Sans en mesurer toutes les conséquences, les conservateurs sud-coréens ont monté un dossier à charge contre la Corée du Nord, validé plus tard par un groupe d'enquêteurs venus de Corée du Sud, des Etats-Unis et d'autres pays alliés quand il aurait fallu une enquête scientifique et objective sur les causes du drame du 26 mars. Les autorités de Séoul ont aussi voulu profiter du naufrage du Cheonan pour réaffirmer l'alliance entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, une alliance où la Corée du Sud fait de plus en plus figure de supplétif des Etats-Unis pour leur stratégie d'endiguement de la Chine. Le gouvernement Lee Myung-bak voulait sanctionner la RPDC à tout prix. La facture vient d'arriver.

 

 

Sources :

Yonhap, « Einhorn se rendra en Corée du Sud et au Japon pour discuter des sanctions contre la Corée du Nord et l'Iran », 30 juillet 2010  

 Yonhap, « La Corée du Sud face à un dilemme suite à la pression américaine pour des sanctions contre l'Iran », 4 août 2010

Yonhap, « Les sanctions contre l'Iran constitueront "le plus grand défi" pour la Corée du Sud », 5 août 2010

 

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 21:41

Présente en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) depuis 2004, la société Aminex, cotée à Londres et à Dublin, a signé au printemps dernier un accord de prospection pétrolière sur une zone de 50.680 km2, située en mer de l'Est. Tandis que les dernières données économiques pour l'année 2009 indiquent un léger recul de l'économie nord-coréenne, la richesse de son sous-sol est sans doute l'une des clés de son développement, alors que l'un des mots d'ordre est la construction d'un pays "puissant et prospère" à l'horizon 2012.

 

aminex_north_korea-copie-1.jpg

Non-productrice de pétrole à l'heure actuelle, la Corée du Nord souffre d'une grave pénurie d'énergie qui résulte, notamment, de la fin des livraisons de pétrole soviétique dans des conditions plus favorables que celles du marché. Mais ce goulot d'étranglement de l'économie nord-coréenne est appelé à disparaître à moyen terme : outre les réserves de la mer de l'Ouest, dont l'exploitation devra faire l'objet d'un accord entre les deux Etats riverains concernés, la République populaire de Chine et la République populaire démocratique de Corée, l'accord signé il y a un mois entre les autorités nord-coréennes et l'entreprise de prospection pétrolière Aminex indique la très forte probabilité de réserves en mer de l'Est, même si leur étendue et la viabilité de leur exploitation économique restent encore totalement inconnues.

 

Aminex a signé un accord de prospection pétrolière avec le gouvernement nord-coréen en 2004, aux termes duquel Aminex apporte son soutien technique, commercial et légal aux efforts de la RPD de Corée pour la prospection et la production de pétrole et de gaz naturel. En contrepartie, Aminex dispose d'une priorité pour les licences dan les nouvelles zones de prospection.

 

Pour ses activités en Corée du Nord, Aminex a créé une société, Korex, dont les activités sont menées conjointement avec Chosun Energy, entreprise basée à Singapour. L'un des directeurs de Chosun Energy est James Passin, directeur d'un fond américain new yorkais.

 

Il y a un mois, un accord a été signé à Londres entre Brian Hall, président d'Aminex, et des représentants nord-coréens. 50 % des capitaux de Korex Ltd ont été vendus à Chosun Energy, et un contrat de partage de la production (acronyme anglais : PSC) a été signé pour une période de 10 ans en mer de l'Est (cf. carte ci-dessus, source Aminex) : la zone concernée couvre 50.680 km2, soit une superficie supérieure à celle de la Suisse. De l'avis des experts, il est peu probable que la société Aminex se soit lancée dans une telle opération, qui plus est dans une période de tensions intercoréennes accrues, sans un minimum de garanties quant à la présence plus que probable d'hydrocarbures en mer de l'Est.

 

La richesse du sous-sol nord-coréen constitue certainement l'une des clés du développement de l'économie de la RPDC, encore trop largement dépendante des aléas climatiques pour son agriculture et soumise à un régime de sanctions internationales, renforcées après l'essai nucléaire du 25 mai 2009. En l'absence de statistiques officielles nord-coréennes, la Banque de Corée (du Sud) a estimé que l'économie nord-coréenne avait reculé de 0,9 % en 2009, après une croissance de 3,7 % en 2008. Toujours selon la banque centrale sud-coréenne, les exportations nord-coréennes ont atteint 1,06 milliard de dollars en 2009, et les importations 2,35 milliards de dollars l'an passé.

 

Sources :

- Aminex 

- "Aminex signs oil exploration deal with North Korea", in The Irish Times, 1er juin 2010 

- "L'économie nord-coréenne a connu une contraction l'an dernier", Yonhap, 24 juin 2010 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 23:14

AirKoryoConformément à l'avis rendu par l'Agence européenne de la sécurité aérienne, la compagnie nationale nord-coréenne Air Koryo a été retirée de la liste noire de l'Union européenne, sous certaines conditions précisées le 30 mars 2010 : ce sont les appareils les plus récents d'Air Koryo qui pourront à nouveau voler en Europe.


La décision était attendue après l'avis rendu en ce sens, une semaine plus tôt, par l'Agence européenne de la sécurité aérienne : le 30 mars 2010, la commission Transports de l'Union européenne, par la voix de sa porte-parole Helen Kearns, a annoncé que la compagnie nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) Air Koryo, ainsi que la compagnie angolaise TAAG, étaient retirées de la liste noire de l'Union européenne des compagnies qui n'opèrent pas en Europe. A contrario, de nombreux avions d'Iran Air, ainsi que toutes les compagnies du Soudan et des Philippines, ont été incluses dans la liste noire, qui comporte plus de 300 compagnies ne respectant pas certaines conditions de sécurité.


Concernant Air Koryo et TAAG, la porte-parole a précisé : "Dans les deux cas nous voyons des progrès significatifs, et elles seront toutes les deux autorisées à voler en Europe avec certains appareils spécifiques."


Air Koryo a acquis récemment deux Tupolev Tu-204 et est en cours de négociations pour l'acquisition de plusieurs Sukhoi Superjet.


La décision relative à Air Koryo confirme que c'est l'ancienneté des appareils, et non d'autres critères comme l'entretien des avions ou le nombre d'heures de vol des pilotes, qui avait motivé son inscription sur la liste noire de l'Union européenne. Toutefois, des vols réguliers vers l'Union européenne ne semblent toujours pas à l'ordre du jour.


Source : Associated Press, "EU eases restrictions on North Korea, Angola airlines", 31 mars 2010 (sur le site BusinessDay) 

 

Iliouchine-62.JPGIliouchine Il-62 de la compagnie Air Koryo venant d'atterrir à l'aéroport de Pékin, le 16 septembre 2008 (photo : AAFC)

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 22:57

Le 24 mars 2010, une souce de la Commission européenne a indiqué que la compagnie aérienne Air Koryo de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pourra bientôt à nouveau opérer en Europe, sous certaines conditions. Il doit ainsi être levé une interdiction ancienne de quatre ans, depuis l'inscription d'Air Koryo en 2006 sur la liste noire de l'Union européenne.

800px-Air Koryo IL-62M P-881

En 2006, la compagnie nationale nord-coréenne Air Koryo a été inscrite sur la liste noire de l’Union européenne des compagnies aériennes qui n'opèrent pas en Europe, car l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) estime qu'elles ne respectent pas des normes suffisantes de sécurité internationale.

Cette mesure devrait toutefois prochainement être fortement assouplie, après une réunion des membres de l'AESA la semaine dernière pour examiner la liste noire, selon une procédure de révision périodique qui intervient trois fois par an. Organisme consultatif, mais dont les avis sont généralement suivis, l'AESA a recommandé que les restrictions frappant Air Koryo soient assouplies en la classant "Annexe B" : selon
cette même source de la Commission européenne, la compagnie nord-coréenne pourra à nouveau opérer en Europe sous certaines conditions, à l'issue de la première révision annuelle de la liste noire de l'Union européenne prévue fin mars 2010.

Des responsables d’Air Koryo ont participé à la dernière réunion de l’AESA pour répondre à ses questions sur les mesures de sécurité prises récemment par la compagnie. 

Sans être spécialistes des questions de sécurité aérienne, les responsables de l'AAFC s'étaient émus du classement d'Air Koryo sur la liste noire de l'Union européenne en 2006, laquelle comprend des compagnies d'une vingtaine de pays. En effet, à notre connaissance, il n'y a pas eu de catastrophes aériennes récentes graves impliquant des avions d'Air Koryo, malgré un accident ayant entraîné 23 morts le 1er juiller 1983, en Guinée. Cette situation diffère de celle des transporteurs cargo figurant, eux aussi, sur la liste noire, et qui en ont motivé l'établissement. Par ailleurs, il n'y a jamais eu de vol régulier d'Air Koryo à destination des pays membres de l'Union européenne, rendant d'autant moins probable une coopération approfondie entre Air Koryo et l'AESA, de nature à apporter l'ensemble des informations attendues. La recommandation récente de l'AESA correspond à une position plus conforme aux impressions recueillies par des membres de l'AAFC, ayant travaillé dans le secteur aérien ou voyageant régulièrement sur les lignes aériennes internationales, lorsqu'ils ont utilisé Air Koryo à l'occasion de leurs voyages en Corée du Nord, même si des progrès peuvent encore être accomplis.

Créée en 1954, ayant commencé ses opérations le 21 septembre 1955, l'Administration de l'aviation civile de Corée (acronyme anglais, CAAK) est devenue Air Koryo en 1993. La même année, les Nord-Coréens avaient commandé 3 Ilyushin Il-76 et 2 nouveaux Tupolev Tu-204 pour moderniser leur flotte. En septembre 2009, Air Koryo a acquis un nouvel exemplaire du Tupolev Tu-204-300 et un nouveau Tupolev Tu-204-100.  

Air Koryo dessert actuellement la Chine (Beijing, Shenyang, Dalian), la Russie (Khabarovsk, Moscou, Vladivostock) et Bangkok, en Thaïlande, ainsi que, en Corée du Nord, Pyongyang, Hamhung, Chongjin, Haeju et Samjiyon. A ces destinations s'ajoutent des vols charters avec, notamment, Séoul en Corée du Sud (depuis 2003), et plusieurs capitales européennes, dont Zurich, Prague, Vienne, Amsterdam, Budapest, ainsi que New York.

Sources : AAFC,
Yonhap, wikipédia

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 22:27

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a misé sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication pour accélérer son développement économique. Dans ce cadre, les autorités de RPD de Corée ont fait le choix des logiciels libres, et notamment de Linux, sur un marché aujourd'hui largement monopolisé par les firmes américaines à l'échelle mondiale. En 2009, les informaticiens nord-coréens ont ainsi lancé le premier système d'exploitation du pays, baptisé "Etoile rouge". Un étudiant russe de l'université de Kim Il-Sung, à Pyongyang, s'étant procuré une copie de ce système pour seulement 5 dollars, les médias occidentaux ont permis de mieux faire connaître Etoile rouge, dont la création témoigne des capacités informatiques souvent méconnues de la Corée du Nord, malgré le handicap d'un embargo technologique sévère. 

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"Vous devez créer un système d'exploitation typiquement nord-coréen basé sur le noyau Linux" : ces instructions de Kim Jong-il, figurant sur le fichier "lisez-moi" (readme.text) du système Etoile rouge, traduisent l'implication du dirigeant nord-coréen dans la création du premier système d'exploitation propre à la République populaire démocratique de Corée, mis en place en 2009 par North Korea Information Technology.

Comme le montre une version que s'est procuré un étudiant russe de l'Université Kim Il-sung, qui en a parlé sur le blog qu'il tient depuis l'ambassade de Russie à Pyongyang, si le système Etoile rouge s'inspire des distributions GNU/Linux existantes, il possède aussi des spécificités proprement nord-coréennes.

Deux versions sont disponibles : classique et Serveur. Il est possible d'acheter l'une ou l'autre version, pour la moitié du prix initial (seulement 5 dollars).

Basé sur l'environnement de bureau KDE, Etoile rouge s'installe en 15 minutes à partir d'un CD. Le bureau, classique, comporte une icône poste de travail, une corbeille et un lien vers la visite guidée du système. L’étoile rouge, en bas à gauche de l'écran, ouvre le menu système, permettant d'accéder au menu programmes à l’aide des icônes situés à sa droite.

Ce système embarque différents logiciels, comme le navigateur Naenara (découlant de Firefox), la suite bureautique OpenOffice, un gestionnaire de courriers électroniques, quatre jeux (Démineur, Solitaire, Jawbreaker et un jeu de logique où le joueur doit construire des formules chimiques correctes), et un émulateur Windows. Parmi les programmes de base figurent aussi plusieurs utilitaires, dont un pare-feu - pouvant aussi jouer le rôle de filtre - appelé "Forteresse de Pyongyang". Etoile rouge possède enfin des programmes développés par les informaticiens nord-coréens, notamment un antivirus.

Les caractéristiques techniques minimales de ce système - qui reste en cours de développement - sont un Pentium III à 800 MHz, 256 Mo de mémoire vive et 3 Go d'espace disque.

De nature à concurrencer Microsoft, tout au moins localement, Etoile rouge est une brèche ouverte - certes encore modeste - dans la domination des firmes américaines sur le marché informatique, alors que la Corée du Nord a fait le choix des logiciels libres comme un des outils de sa modernisation économique. La Corée du Nord possède déjà son propre réseau Internet, c'est-à-dire "un réseau national d’information indépendante de l’organisme américain de réglementation d’Internet", comme l'observe un blogueur,
Claude Picot.

Sources : Le Monde,
neteco.com (dont photo), Une distribution Linux Nord Coréenne : L’Étoile Rouge (article par Claude Picot)

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